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Exclu : Test Bombtrack Hook 2022, le vélo gravel confortable et polyvalent

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Test Bike Café Bombtrack Hook gravel modèle 2022
Les roues de ce Bombtrack constituent le point faible de ce vélo gravel polyvalent, au global. Photo : El Genio - Bike Café

Bombtrack, la marque Gravel/Vélo Aventure par excellence

Et voilà, je sors d’un moelleux canapé. Bombtrack a créé une communauté de cyclistes et d’aventuriers autour d’elle : modeste et les pieds sur terre peut-on lire sur le site. S’en est suivi une collection de vélos faits avec cet esprit-là. Le Hook n’échappe pas à la règle. La promesse de la marque est la suivante : « dessiné avec un esprit de course, cela ne l’empêche pas d’être un parfait commuter, randonneur ou un vélo de cross pour l’été » (traduit littéralement). 

Test Bike Café Bombtrack Hook gravel modèle 2022
Le Hook ou Crochet est un modèle iconique chez le fabricant allemand Bombtrack. Photo : El Genio – Bike Café

Clairement, à regarder la gamme de près, il y a peu de modèles typés route (l’Audax, l’Arise, l’Outlaw et l’Oxbridge). Même ceux-ci sont typés « aventure ». Par aventure, il faut comprendre la grande aventure ! C’est à dire les sentiers battus, les trails, single track etc. Prenez Sofiane Sehili, ambassadeur de la marque et ultra-cycliste, et vous avez une illustration de l’engagement de la marque dans la pratique.

A noter que Bike Café a été le premier média à pouvoir tester le Hook, dans sa mouture 2022.

Hook, le modèle gravel acier

Le Hook est donc l’un des modèles de Bombtrack dédié au gravel. Le Hook gravel a également des frères d’armes en carbone et en titane. Vous êtes servis. Le modèle testé dans cet article est en acier Cromor de Columbus, (l’entrée de gamme, à deux épaisseurs d’acier, contrairement aux aciers plus fins et plus légers qui sont généralement en triple épaisseur « triple butted »).

Test Bike Café Bombtrack Hook gravel modèle 2022
Bombtrack Hook acier, millésime 2022. Le coloris bleu (2021) est remplacé par ce combo réussi noir et violine. Photo : El Genio – Bike Café

Le Cromor, c’est de l’acier costaud pour le gravel, mais un peu lourd. Les haubans arrière sont bien travaillés et arrondis au niveau des raccords avec les axes arrières qui apportent une bonne dose de douceur.

Test Bike Café Bombtrack Hook gravel modèle 2022
Le matériau qui compose ce cadre Bombtrack Hook est du Cromor, un acier double butted fabriqué par Columbus. Photo : El Genio – Bike Café

Bombtrack Hook, le montage du vélo test

Le point intéressant est le choix de la boîte de pédalier (au format T47) en 86,5 de large ce qui permet d’avoir les bases arrières plus écartées pour passer des pneus un peu plus large jusqu’à 42 mm sans garde-boue. La fourche carbone confère un peu de rigidité à la machine. Elle est pourvue de trois inserts de chaque côté. Pas de doute, elle est faite pour être équipée. Comme son acolyte, le cadre se présente avec des fixations pour une sacoche sur le top tube et 3 sets de fixations pour les bidons. Ou autre accessoire. En tout cas, ce ne sont pas les périphériques Bombtrack qui vous lâcheront.

L’équipement gravel est costaud avec de l’aluminum pour la tige de selle, la potence et le cintre. Du solide et du rigide, on sent que le cintre ne bronche pas dans l’enchaînement de trous et autres nids de poule. Je le ressentais dans les mains.

Test Bike Café Bombtrack Hook gravel modèle 2022
Un cintre alu “maison” sur le Bombtrack Hook. Photo : El Genio – Bike Café

Idem pour la fourche carbone, c’est du costaud. Pas de doute possible. Le groupe GRX 400 est une valeur sûre : en mécanique ça fonctionne sans souci et le développement en 48/32 et sa cassette en 11/36 font l’affaire. J’ai omis de préciser : le pédalier est maison et est construit sur un axe de 30. Je me suis rendu compte après essai que j’étais en 10 et non 11 vitesses. Comme quoi, je ne sais pas pour vous, mais je me suis fait quelques illusions.

Test Bike Café Bombtrack Hook gravel modèle 2022
10 ou 11 vitesses sur le Shimano GRX400 ? à vous de compter. Photo : El Genio – Bike Café

Ça fait réfléchir… et vous ? Les roues (de 700, il est possible de monter des roues gravel 650b) comme les pneus sont des WTB. Le tout monté avec des chambres à air. Encore une fois, Bombtrack mise sur la fiabilité !

Test Bike Café Bombtrack Hook gravel modèle 2022
Le Bombtrack Hook à l’aise sur les pavés glissants. Photo : El Genio – Bike Café

Un bémol sur les roues

Si nous faisons le point sur la situation : il n’y a que des valeurs sûres. Honnêtement, trop à mon goût. Sur un vélo fait pour du gravel et du commuting « élargi », pourquoi ne pas basculer sur une monte tubeless ? Pourquoi ne pas proposer des garde-boues ? Les câbles sont à l’extérieur, ce en quoi je suis favorable. C’est simple et facilement remplaçable/réparable. L’autre point que j’ai découvert au fur et à mesure du test, ce sont les roues. Il me semble qu’il faut un équilibre sur un vélo : c’est à dire qu’un cadre super rigide avec des roues super rigides, à mon goût, cela manque de vie.

Test Bike Café Bombtrack Hook gravel modèle 2022
Les roues de ce Bombtrack constituent le point faible de ce vélo gravel polyvalent, au global. Photo : El Genio – Bike Café

Prenez un cadre qui pardonne avec des roues qui contraignent et il y a une forme d’alchimie qui prend avec des éléments qui se complètent bien. Sur le Bombtrack Hook, j’ai trouvé les roues trop souples pour ce cadre acier entrée de gamme. Même en jouant sur la pression des pneus (avec chambre à air), c’est un peu sorcier. Vous ne mettez pas suffisamment de pression, vous avez l’impression de coller à la route. Vous en mettez trop et vous rebondissez de toute part.

Test Bike Café Bombtrack Hook gravel modèle 2022
Passage dans les sous-bois. Photo : El Genio – Bike Café

Ici, je dois reconnaître que le tubeless aurait tout son intérêt. C’est dommage car avec une meilleure paire de roue, il y avait moyen d’augmenter gentiment la plage d’utilisation du vélo. 

Le Bombtrack Hook sur la route 

Matthieu (le rédac chef) m’appelle : « Jean-Lin, tu as un peu de temps libre pour faire un test ? Oui, avec plaisir ! Ce sera un Bombtrack ! » Top. Quelques jours après, je reçois de Clément (le responsable commercial de Traffic Distribution, le distributeur français) le modèle Hook en acier. Je ne savais pas que c’était une version acier. Ma curiosité est piquée, nous verrons bien chemin faisant ce que cela me fait vivre. Je le monte, je laisse la potence perchée en haut du tube de fourche. Rien à faire, j’ai l’impression d’être nez au vent. Je la baisse au maximum et c’est mieux, même si je suis encore un poil haut. Pas grave, cela fait partie du test.

Test Bike Café Bombtrack Hook gravel modèle 2022
Sur la route, pour obtenir le bon rendement, il faut bien choisir la pression de gonflage. Ou passer en monte tubeless pour gagner en confort et performance. Photo : El Genio – Bike Café

Je suis limite côté pression, je rentre à la maison, c’est de la route. Je prends volontiers le chemin qui longe la route traversant le bois de Boulogne. Gravel rime pour moi aussi avec fun. Je saute le trottoir et appuie sur les pédales. Je « jumpe » de nouveau le trottoir avec 2 kilomètres à parcourir, direction le 16ème arrondissement par lequel je passe pour rentrer à la maison.

Premières sensations : le vélo a de l’inertie (je me rends compte, renseignements pris, qu’il pèse 11kg). Je le ressens car les accélérations ne sont pas foudroyantes. Je n’ai pas mis beaucoup de pression dans les pneus et suis à la limite. Les pneus s’écrasent trop. Je remettrai un poil plus d’air pour demain. J’ai aussi ressenti une grande tendresse lié à l’ensemble cadre acier et roues alu.

Test Bike Café Bombtrack Hook gravel modèle 2022
Sur le Bombtrack Hook, j’ai trouvé les roues trop souples pour ce cadre acier entrée de gamme. Photo : El Genio – Bike Café

Sans parler de la pression des pneus. En réinjectant davantage de pression, cette sensation de tendresse domine clairement. Je m’enfonce moins de par la pression mise dans les chambres à air. C’est mieux. Ce soir, je roule à Longchamp. Je m’échauffe, je fais quelques tests d’accélérations qui confirment ma première impression : je ne ressens pas des accélérations franches. Sur mon pignon fixe en acier ou sur mon route : rien de tel. Elles sont plus marquées.

L’acier double épaisseur joue pour quelque chose. J’ai l’impression que mon énergie se disperse, excessivement. MAIS Il est trop tôt pour en déduire quoi que ce soit.

Test Bike Café Bombtrack Hook gravel modèle 2022

Le lendemain, direction le bois de Malmaison non loin de Garches. Ce sera aussi le lieu où nous prendrons quelques photos avec Christophe. Les couleurs automnales sont présentes. Les feuilles mortes et humides aussi, les rigoles d’eau bien marquées. La veille, un bon coup de vent et un bon grain ont fait trembler les bois.

Les branches jonchent le sol : il faudra porter puis repartir sur le vélo. Let’s go ! Les montées sur les feuilles mortes et humides montrent les limites des pneus WTB en 40 mm. Ça patine un peu quand même. Je retrouverai également ce sentiment en Normandie le week-end du 1er novembre. J’avais pourtant baissé la pression en prévision. Je ne suis pas confiant et n’ose pas me lâcher. Dès que le terrain devient un peu trop tordu et cabossé, le vélo est pénalisé par son inertie. Il est dénué de son côté joueur. La session photo et training continue. Je retrouve le bois de Boulogne quelques kilomètres plus loin. Le terrain est plus sec, moins tordu et plus linéaire. Le vélo est plus à son aise, moins dérangé par les changements de direction et les accélérations plus soudaines. 

Le Bombtrack Hook en mode gravel

Son domaine de prédilection semble se dessiner : terrain stable, allure plutôt au train et sans changement brusque de direction. Là, il prône le confort, la stabilité et promet une bonne polyvalence.

Test en terre normande

Je pars le samedi soir en Normandie pour y passer le week-end. Entre deux averses et avant la fin de journée, une bonne partie de gravel s’annonce. Le vent est omniprésent (45 km/h), le terrain bien gras. Direction Ries, je bifurque vers Arromanches et tourne juste à côté de l’église avec un beau pétard à faire pâlir un Wout Van Aert dans un grand jour. Le gravier se transforme en terrain gras, je patine. Je m’en doutais. C’est gras, je dois bien me dépenser. J’y laisse quelques plumes, le manque de rigidité me pénalise car mon énergie n’est pas complètement retransmise. J’en remets une, rien à faire, je ne vais pas plus vite. Je passe la crête et je redescends en direction de la ferme des Martragny.

Test Bike Café Bombtrack Hook gravel modèle 2022
Les branches jonchent le sol et il faudra porter puis repartir sur le vélo, en mode cyclo-cross. Photo : El Genio – Bike Café

Avant la fin de la descente, je pique à gauche, terrain gras = mains en bas du cintre et serre les freins, redresse prudemment et relance direction Arromanches avec une belle montée pour arriver en haut de la colline. La montée est humide mais pas autant que du côté de Ries. Ça passe nickel en moulinant. Je passe le long faux-plat jusqu’au rond-point en haut et repique vers la dernière cale d’Arromanches. Au lieu de me jeter sur la plage, je préfère prendre la montée le long de la falaise : ça monte sévère mais le terrain est stable. Je prends le chemin jusqu’aux batteries de Longues-sur-mer. La vue est splendide, le soleil est de mise et la lumière douce. Le terrain alterne entre du stable, du bizarre, des cailloux, des flaques et je vous en passe. Bref, de quoi mettre à l’épreuve le Hook. 

Sur ce Bombtrack Hook, ce qui domine c’est son confort et une forme de sentiment de sécurité/ stabilité. Il faut être régulier avec ce vélo : rien de sert courir, il faut partir à point. 

Du gravel “camembert” à la sauce boue

Je quitte le chemin des falaises pour rejoindre la départementale. J’ai le vent trois quart arrière. Je file à 33-35 km/h sans souci. J’aperçois le panneau « Ries 4 ». Je reprends le vent de 3/4 face, l’inertie du vélo m’aide. La route est un peu cabossée. Les pneus de 40 mm et l’acier apportent un confort notoire. Je le ressens tout de suite. J’avale la descente qui m’amène près de l’église de Ries, je rentre dans le village rapidos. Je prends direction Bazenville et hop première à droite direction Bayeux par les champs. Je ne serai pas déçu.

Test Bike Café Bombtrack Hook gravel modèle 2022
Les tapis de feuilles humides n’ont pas fait peur à notre testeur qui a emmené le Bombtrack Hook sur quasiment tous les terrains. Photo : El Genio – Bike Café

Entrée : boue et marre d’eau ; plat de résistance : re-boue et champs ; fromage : camembert coulant pas piqué des hannetons, re-fromage et dessert en forme d’éclair au chocolat : terrain stable à l’extérieur et crème coulante à souhait en-dessous (comprendre succession de flaques en tout genre). Jolies zigzags pour éprouver la maniabilité du vélo. J’arrive à Bayeux juste à côté d’un shop local Cycles 14 (Cédric et Enzo sont super sympas si vous passez dans le coin). La nuit tombe il est temps de rentrer au bercail.

Un vélo de gravel à l’aise sur le sable et les gravillons

Gravillon et sable stable permettent de sentir le terrain de prédilection du Hook. C’est confort et vous emmenez le vélo à votre rythme. Il est sain. Presque trop. Le tout en version canapé. Vous ne vous faites pas surprendre par le terrain car le vélo encaisse et bien. C’est très probablement l’apport de l’acier et votre dos le remercie. Aucun doute. Pour l’emmener (comme pour l’acier en général), je trouve qu’il ne sert à rien de mettre trop de braquet tout de suite.

Test Bike Café Bombtrack Hook gravel modèle 2022
Les chemins gravillonneux sont le terrain de prédilection du Bombtrack Hook. Photo : El Genio – Bike Café

Je commence toujours en vélocité et ensuite j’insiste. Sinon ma cadence n’est pas en phase avec le rythme du cadre et ça chauffe plus rapidement dans les cannes. La cerise sur le gâteau arrive : une belle boue version mousse au chocolat. Vous savez celle qui colle au plat lorsque vous lui mettez la tête à l’envers. Bref, je m’enlise. Je suis passé sur le pignon de 36 pour mouliner mais malgré cela, je manque de poser le pied à terre pour éviter la chute. Je m’en sors et arrive à Ries. Terrain stable, j’évite quelques flaques, et emmène le Hook à bonne allure et vraiment dans un confort notable.

Test Bike Café Bombtrack Hook gravel modèle 2022
A l’issue d’une journée en terre normande, le Bombtrack Hook prend un peu de repos… Photo : Jean-Lin Spriet

Au croisement à gauche et tout droit dans Asnelles. J’arrive sur la digue de la plage. Le soleil est couché. Il fait presque nuit. J’allume mes lumières. 

Pour conclure sur ce Bombtrack Hook : un gravel polyvalent et confort !

Il me reste un kilomètre et demi pour rejoindre la maison. Mes idées sont claires sur ce vélo. Je n’ai pas ressenti le sentiment de course avec lequel Bombtrack a dessiné ce vélo. Il manque de nervosité et de rigidité à cet égard. En revanche, le côté confort, stabilité, sécurité et vélo durable, pas de doute, c’est dans le mille ! 

L’acier, les points de fixation pour les sacoches, la possibilité de monter des garde-boues en font un bon vélo avec un spectre d’utilisation qui va du commuter au vélo de randonnée. Bombtrack vient de poster une vidéo de présentation de son Hook, millésime 2022 :

Et qui dure. Avec 2 sets de roues, il y a de quoi faire sans souci. Si en plus vous passez sur du tubeless, vous vous assurez un champ d’utilisation beaucoup plus large. Hook signifie crochet en anglais. C’est le genre de vélo que l’on sort tout le temps sans se poser de questions. Bonne route !

Bombtrack Hook, caractéristiques complètes et prix

Test Bike Café Bombtrack Hook gravel modèle 2022
Bombtrack Hook acier, millésime 2022. Le coloris bleu (2021) est remplacé par ce combo réussi noir et violine. Photo : El Genio – Bike Café

Le tarif du Bombtrack Hook est de 2.500€. La version Allroad, le Hook Ext en mono plateau et gros pneus de 27.5’’ est facturée quant à elle 2.700€.

Caractéristiques

  • Cadre : COLUMBUS CROMOR double butted
  • Fourche : carbon, TA, 1.1/2” – 1.1/8”
  • Cintre : BOMBTRACK CX-10 drop bar, 31.8 mm, 10° flare
  • Grips : BOMBTRACK COMMAND bar tape
  • Potence : BOMBTRACK ROAM forged aluminium stem, -7°
  • Headset : Sealed external aheadset, 1.1/2” – 1.1/8”
  • Manettes : SHIMANO GRX ST-RX400 STI 2 x 10
  • Freins : SHIMANO GRX BR-RX400 hydraulic disc brakes with 160 mm rotors
  • Pédalier : BOMBTRACK LYER forged aluminium crank, direct mount interface (SRAM compatible),30 mm spindle
  • Chaine : KMC X10 EPT Anti Rust chain
  • Plateaux : Aluminium, subcompact, 48 / 32 T, direct mount spider
  • Cassette : SHIMANO CS-HG50 10-speed, 11 – 36 T
  • Dérailleur Av : SHIMANO GRX FD-RX400
  • Dérailleur Arr : SHIMANO GRX RD-RX400
  • Moyeu Av : BOMBTRACK TAU sealed hub, 6-bolt disc
  • Moyeu Arr : BOMBTRACK TAU sealed hub, 11-speed, 6-bolt disc
  • Serrages : 12 x 100 mm / 12 x 142 mm
  • Tige de selle : BOMBTRACK BEECH 27.2 mm x 300 mm
  • Jantes : WTB ST i19 double wall, TCS 2.0, 32h
  • Pneus : XS – S WTB RESOLUTE 42-584 / M – XL WTB VENTURE 40-622, tubeless ready
  • Poids : 11.0 kg (size M)

Gamme Gravel complète

Tyrol du sud : nouveautés gravel germano-italiennes

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Cinelli Nemo Gravel Tig Schwalbe G-One R Tyre tire cycling Campagnolo Ekar
À l’occasion du Q36.5 Gravel Camp Experience pendant lequel j’ai roulé trois jours en gravel dans le Tyrol du Sud, j’ai eu l’occasion de découvrir dans cette région italienne à tendance germanophone des nouveautés de chez Schwalbe et Cinelli. Sans en tirer de conclusions définitives (trois jours c’est un peu court pour un test approfondi), je me devais de faire part aux lecteurs de Bike Café de ces intéressantes découvertes.

Cinelli, et c’est parti !

Pour profiter pleinement de l’expérience du Q36.5 Gravel Camp, j’avais demandé qu’on me fournisse un vélo de test. C’était une option possible lors de l’inscription au gravel camp et j’ai donc pu bénéficier dès mon arrivée du tout nouveau Cinelli Nemo Gravel Tig en taille S. Ce vélo en acier Columbus Spirit HSS triple butted s’est révélé léger, réactif, joueur, rapide, un vrai bonheur sur les pistes roulantes et les petites routes de montagne que nous avons majoritairement empruntées.

Cinelli Nemo Gravel Tig Bike
Le Cinelli Nemo Gravel est léger, sportif et joueur – photo Dan de Rosilles

J’ai atteint les limites du vélo dans les passages cassants et techniques, où sa rigidité et ses caractéristiques sportives ont laissé peu de place à l’erreur pour le mauvais pilote que je suis ; mais ce vélo n’étant pas fait pour ça, on ne l’en blâmera pas… Par contre, il a été très sécurisant lors des descentes vertigineuses sur route. Ce vélo serait pour moi idéal comme gravel léger / de course / route longue distance, s’il possédait des emports sous le tube diagonal pour un troisième bidon ou une trousse à outil, ce qui n’est malheureusement pas le cas… Il dispose par contre d’emports sur le tube horizontal, option que je trouve moins fondamentale (je n’ai jamais pu trouver de sacoche top-tube à visser qui soit adaptée à mes besoins).

Cinelli Nemo Gravel Tig Bike
Dessiné pour la course, ce vélo est un gravel rapide, plus “dirt roads” que “tout-terrain” – photo @gianlucavanzetta

En matière de transmission, “mon” Nemo était équipé du groupe Campagnolo Ekar. Certes, c’est une magnifique expérience d’avoir pu tester ce groupe, attachant et original, avec une vraie personnalité, comme la plupart des produits Campagnolo. Par contre, l’étagement de la cassette sur les grosses couronnes m’a laissé dubitatif. Mais sur ce vélo plus “dirt roads” que “tout-terrain”, un groupe à double-plateaux, type Shimano GRX par exemple, m’aurait paru plus pertinent.

Cinelli Nemo Gravel Tig Bike Fulcrum Rapid Red 500 DB wheels
Les roues Fulcrum Rapid Red 500 DB ont été aussi une belle surprise – photo Dan de Rosilles

Enfin, pour terminer ce rapide compte-rendu, je me dois d’évoquer les roues Fulcrum Rapid Red 500 DB qui se sont révélées parfaitement adaptées aux parcours pentus et montagneux. Leur profil particulièrement bas (24 mm) est à contre-courant de la “mode” des jantes hautes, mais c’est un excellent choix pour assurer un bon contrôle du vélo lors du pilotage sur les parties les plus techniques. Ces roues légères et solides, spécifiquement conçues pour du gravel rapide, sont tout à fait cohérentes sur ce vélo. Ces roues ont d’autant plus convenu à ce gravel camp, qu’elles étaient équipées de pneus tout aussi légers et véloces, les nouveaux Schwalbe G-One R.

Schwalbe, l’invité-surprise du Q36.5 Gravel Camp Experience

Schwalbe G-One R Gravel tire tyre cycling
Jürgen Bach de Schwalbe Germany me propose d’essayer le tout nouveau G-One R – photos Dan de Rosilles

Puisque le Tyrol est à cheval entre Italie et Autriche, il était cohérent de rouler un vélo italien avec des pneus germaniques. C’est donc avec grand plaisir que j’ai découvert la présence de Schwalbe sur ce gravel camp, dignement représenté par Jürgen Bach de Schwalbe Germany. Ce fut l’occasion pour moi d’une double belle découverte : le tout nouveau pneu Schwalbe G-One R et la chambre en TPU Aerothan.

Schwalbe G-One R Gravel tire tyre cycling SKS/MYBIKE mobile app
Jürgen Bach applique un protocole de pressions en fonction du montage tubeless ou avec chambre avec une rigueur toute germanique – captures d’écran SKS/MYBIKE et photo Dan de Rosilles

Le G-One R a été conçu pour aller vite, très vite (R signifie “Race”). On notera que sur ce modèle Schwalbe abandonne sa sacro-sainte “pastille ronde” déclinée jusqu’alors sur les différentes versions de G-One, pour un profil complexe et subtil constitué de sortes de “parenthèses-gouttes d’eau” disposées en chevrons, que Schwalbe a nommé “Boomerang”. Le pneu est bicolore (“Transparent Sides”… c’est tellement à la mode en ce moment) et ne pèse que 480gr en 700 X 40 C, ce qui est très léger pour un pneu gravel.

Schwalbe G-One R Gravel tire tyre cycling Aerothan tube TPU
Je vais profiter de ce test pour découvrir la mystérieuse et impressionnante chambre en TPU Aerothan – photos Dan de Rosilles

Lorsque j’ai dit à Jürgen Bach que j’émettais des doutes sur la capacité d’un pneu tubeless à se comporter au mieux lorsqu’on le monte avec une chambre, il m’a proposé un protocole expérimental personnalisé : pour les deux premiers jours, rouler les G-One R équipés de chambres Aerothan en les gonflant à la pression préconisée, puis passer en tubeless le troisième jour pour apprécier la différence.

Schwalbe G-One R Gravel tire tyre cycling
Le G-One R est léger et va vite, très vite – photo Dan de Rosilles

Dès le premier jour, sur des singletracks forestiers avec quelques pierres et racines saillantes, j’ai tout de suite ressenti le besoin de baisser la pression, ce que j’ai fait “à vue de nez”, n’ayant pas de testeur avec moi. En rentrant, j’ai pu vérifier que j’avais diminué la pression avec chambre au niveau de celle préconisée en tubeless. J’ai conservé cette pression pour la deuxième journée, et bien m’en a pris, car malgré ce gonflage trop faible “en théorie” pour un montage avec chambres, je n’ai pas eu de crevaison et le comportement des pneus a été parfait.

Schwalbe G-One R Gravel tire tyre cycling
Malgré les chambres Aerothan j’ai dégonflé les G-One R pour les rouler à la pression préconisée pour le tubeless (sans aucun souci) – photo Dan de Rosilles

On ne peut pas tirer de conclusions hâtives après seulement deux journées de vélo, mais sur des chemins caillouteux tout de même exigeants et cassants par endroits, je constate que les chambres Aerothan en TPU ont fait le job. Elles sont tellement légères qu’elles n’entravent pas la vivacité du pneu, et suffisamment solides pour supporter des pressions très basses qui ne nuisent pas au comportement du pneu et au confort. A posteriori, en comparant avec le montage tubeless du troisième jour, je n’ai remarqué ou ressenti aucune différence de comportement entre des pneus montés avec les Aerothan et quand ils l’ont été en tubeless.

Schwalbe G-One R Gravel tire tyre cycling easy fit mounting fluidtubeless
Le montage en tubeless est l’occasion de tester l’astucieux fluide de montage “Schwalbe Easy Fit” qui facilite grandement le passage du pneu sur la jante – photo Dan de Rosilles

Que ce soit en tubeless ou en Aerothan, ces pneus m’ont vraiment plu, beaucoup plus que les différentes versions de G-One “à pastilles rondes” que j’ai testées auparavant. La traction en montée et l’adhérence en courbe et au moins aussi bonne, mais la vitesse et le rendement sur surfaces rapides sont bien meilleurs. J’ai pris aussi le risque de quelques freinages sur des surfaces lisses et mouillées, surfaces sur lesquelles les G-One à pastilles rondes se dérobe volontiers, et j’ai eu la nette impression qu’avec ce nouveau profil, le risque de glissades se dissipe.

Schwalbe G-One R Gravel tire tyre cycling Doc Blue Sealant
“Doc Blue” est le préventif maison de chez Schwalbe – photo Dan de Rosilles

Seul moment où le G-One R a montré ses limites : un sol de gravier recouvert d’une mince pellicule d’eau boueuse. Le pneu a “chargé” tout de suite et a perdu beaucoup de vitesse. Je suppose que ce pneu conçu pour des terrains secs aura beaucoup moins de rendement sur des surfaces terreuses/poudreuses mouillées en surface, où il aura tendance à “prélever” cette couche mouillée et collante. Il faut également signaler que ce pneu radical, conçu spécifiquement pour la course, n’est pas adapté au bikepacking, puisque en 700 X 40 C le constructeur préconise une charge maximum de 70kg.

Schwalbe G-One R Gravel tire tyre cycling
Sur un gravier recouvert d’une fine couche de limon, le G-One R conçu pour les terrains secs “charge” immédiatement et perd soudain de son rendement – photo Dan de Rosilles

Cinelli Nemo Gravel et Schwalbe G-One R, un duo typé course

À la fin de ce “Q36.5 Gravel Camp Experience”, j’avoue être resté un peu sur ma faim… Non pas parce que vélo et pneus ne m’ont pas convaincu, mais plutôt parce que j’ai ressenti une certaine frustration à rendre ce matériel sans avoir pu passer plus de temps à l’éprouver. Certes, je ne suis pas assez sportif pour être un chasseur de KOM, mais rouler à fond sur du matériel aussi performant m’a plu, et j’aurais bien poussé l’expérience un peu plus loin !

J’aurais bien continué à rouler à fond avec du matériel aussi performant que le Nemo Gravel et les G-One R – photo Dan de Rosilles
Cinelli Nemo Gravel Tig Ekar 51 S 4450 €
Pneus Schwalbe G-One R   de 65 à 70€
Chambres Schwalbe Aerothan 28,99€

Le vélo fait son Festival du film

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Cyclist Film Festival
Cyclist Film Festival

Cyclist Film Festival

Le magazine Cyclist, qui vient de faire paraître son 33ème numéro, est désormais bien installé en France. Il a su trouver un lectorat qui affectionne les belles images, les rencontres, les récits et la découverte du vélo. Depuis 2021, sa parution est complétée par un Hors Série Gravel qui cible plus particulièrement cette pratique devenue très tendance. Le Cyclist Film Festival, à travers le cinéma, n’est que la suite logique de l’esprit nature et créatif du magazine. Il permet d’aller plus loin, en organisant des rencontres avec ses lecteurs et tous les cyclistes, amateurs de belles images et de sensations fortes. Cyclist nous propose une sélection de 5 films qui seront projetés dans 16 salles, il y en aura forcément une pas loin de chez vous.

Cyclist Film Festival

Le programme

De l’ultra distance, jusqu’au gymkhana périlleux en ville, le Cyclist Film Festival a réuni une sélection de films de qualité. Regardez la bande annonce…

https://youtu.be/UsIZUeA56So
Cyclist Film Festival

ONBOARD : THE TRANSCONTINENTAL RACE

France  –  55 min  – Version française
Réalisateur : Antonin Michaud-Soret

« Rouler une TCR, c’est abandonner au bord d’une route des Alpes ou des Balkans, le sommeil, la lucidité, l’hygiène, toute notion de confort, et toute forme connue d’intelligence alimentaire ». LA TRANSCONTINENTAL RACE, c’est 4 000 km en vélo à travers toute l’Europe, sans assistance. Navigation libre entre les 4 points de contrôle. 17 jours pour finir dans les temps. Un documentaire exceptionnel filmé sur trois années de course.

Cyclist Film Festival

THE FROZEN ROAD

Angleterre  – 24 min – Version originale sous-titrée
Réalisateur : Ben Page

Auréolé de multiples prix dans les plus grands festivals de film d’aventure de la planète, nous n’avons pas résisté à vous faire partager ce classique du genre sur grand écran. Ben Page est un dur au mal, le « Mike Horn » du vélo d’aventure. Certains jugeront ce périple dans l’Arctique canadien un brin immature, nous, nous le considérons comme l’entêtement sans faille d’un homme à aller au bout de son idée (folle).

AMBROCELA

France  – 22 min – Version française
Réalisateur : Jérémie Reuillier

Fred Horny est un passionné. Le VTT, il le pratique toute l’année et par tous les temps. Après sa traversée des hauts sommets Ethiopiens en 2019, il retrouve Guillaume Geisert pour une aventure plus « locale », COVID oblige. Fred tutoie les grands sommets des Alpes françaises, pour finir au pied des Grandes Jorasses. Bref, de l’itinérance et de l’endurance « Mountain Bike spirit ».

Cyclist Film Festival

BOMBTRACK AT THE « 3 PEAKS CYCLOCROSS »

Angleterre  – 6 min – Version originale sous-titrée
Réalisateur : Clem Shovel

Les 3 Peaks c’est tout simplement la course de cyclocross la plus difficile au monde. Organisée dans le parc national des Yorkshire Dales depuis 1961, cette course est considérée comme la pionnière des courses d’aventure et tout terrain. Nous suivons le pilote français Clem Shovel qui revient pour la sixième fois sur cette course avec l’objectif de passer en deçà de la barre symbolique des 4h…

Cyclist Film Festival

HUNTRESS

USA  – 7 min – Version originale sous-titrée
Réalisatrice : Kelsey Leigh

NYC, ces rues bondées et l’obligation pour les coursières de « faire le job ». Au-delà du risque quotidien pour se faufiler dans la circulation de la mégapole américaine, ce documentaire nous plonge dans les défis auxquels ces messagères de l’extrême sont confrontées. Avec ses images sublimes et une intensité crescendo, HUNTRESS apporte la meilleure des réponses aux derniers machos du vélo urbain.

Le festival est organisé par le magazine Cyclist, l’un des leaders de la presse cycliste en France, depuis 6 ans. Le magazine a su s’entourer des meilleurs journalistes et photographes ; le Cyclist Film Festival, à travers le cinéma, n’est que la suite logique de l’esprit nature et créatif du magazine.

Créée en 2005, la maison d’édition Turbulences Presse a débuté tout d’abord dans la presse enfantine et depuis le nombre de ses titres n’a cessé de croître. L’édition de magazines de cuisine, et de revues sportives est venue compléter l’offre de l’équipe de Samuel Goutebelle, basée à Clermont-Ferrand. En plus des magazines, Turbulences Presse édite des livres et propose désormais des Festivals de films sportifs. Après le succès du Festival Nature Trail, voici un nouvel événement avec 2 heures de films de rêves et d’aventures dédiés au vélo. Ils seront projetés dans 16 salles et 3 pays à partir de janvier 2022.

Les dates
10 janvier 2022DIJON
11 janvier 2022GRENOBLE
12 janvier 2022GENÈVE
13 janvier 2022LYON
14 janvier 2022CLERMONT-FERRAND
17 janvier 2022BRUXELLES
18 janvier 2022NANTES
19janvier 2022BORDEAUX
20 janvier 2022TOULOUSE
21janvier 2022MONTPELLIER
22janvier 2022MARSEILLE
24janvier 2022STRASBOURG
25janvier 2022LILLE
26janvier 2022PARIS
27janvier 2022ROUEN
28 janvier 2022RENNES

Billeterie réservez votre place

Q36.5 Gravel Camp Experience : l’irrésistible ascension

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Q36.5 Gravel Camp Experience Adventure
Lors du Gravel Camp Experience de la marque italienne de vêtements de cyclisme Q36.5 - photo @gianlucavanzetta

En tant qu’envoyé spécial de Bike Café, j’ai été convié à la deuxième édition du “Gravel Camp Experience” organisé par Q36.5, une marque de vêtements de cyclisme installée dans les Dolomites Italiennes. À cette occasion, Q36.5 proposait à une petite dizaine de journalistes européens trois jours de gravel intensif, à la découverte du Tyrol du Sud et des produits de leur collection automne/hiver 2021.
Ayant déjà testé et apprécié plusieurs produits Q36.5, comme leurs mitaines Unique Gloves et plusieurs pièces de leur gamme “Adventure”, j’étais très curieux de rencontrer “In Real Life” et sur son propre terrain de jeu l’équipe qui produit ces vêtements haut-de-gamme. J’ai donc fait le déplacement pour gravir des montagnes et vivre plus vite et plus haut l’expérience gravel Q36.5.

It’s a long way to Bozen

800 km de voiture m’ont été nécessaires pour rejoindre le Q36.5 Gravel Camp Experience – photos Dan de Rosilles

C’est donc après huit-cent kilomètres et onze heures de voiture (une fois n’est pas coutume), que votre rédacteur préféré a atteint Bozen (Bolzano en italien), dans cette région fort reculée et très exotique pour un Arlésien qu’est le Trentin-Haut-Adige, dans le Tyrol du Sud. Ici, figurez-vous, on est en Italie… mais tout le monde parle allemand ! Ce versant méridional des Pré-alpes faisait partie de l’Autriche il y a encore un siècle, et il en est resté des spécialités culinaires (comme les fameux knödel), une architecture typique et la langue germanique. Heureusement, toute l’équipe de Q36.5 et les autres journalistes invités ont fait l’effort d’échanger en anglais pendant ce gravel camp ; je les en remercie chaudement !

Dans le Trentin-Haut-Adige, les panneaux de signalisation sont d’abord en Allemand, ensuite en Italien – photo Dan de Rosilles

Luigi Bergamo, le visionnaire attentif et créatif

Q36.5 est, dans le marché ultra-concurrentiel du vêtement de vélo en Italie, une nouvelle marque créée par Luigi Bergamo, un esthète féru de cyclisme et de technologie. Cet homme d’affaire visionnaire, novateur et perfectionniste, a rassemblé autour de lui une équipe jeune et dynamique constituée de créatifs et de commerciaux tous très impliqués et cyclistes de haut niveau. À n’en pas douter, Luigi Bergamo a la ferme intention de faire de Q36.5 une marque d’excellence. Je l’interroge sur la raison qui l’a amené à penser des vêtements pour le gravel. “Chez Q36.5 on s’intéresse à toutes les formes de cyclisme et toutes les tendances, et le gravel s’est désormais fait une vraie place dans le monde du cyclisme” dit-il. “Nos vêtements sont extrêmement confortables, techniques et solides, ils peuvent être utilisés aussi bien sur route que sur les pistes”. Je ne peux que valider cette affirmation, la polyvalence des vêtements Q36.5 que j’utilise déjà me permet de le confirmer.

Q36.5 Italian cycling apparel Luigi Bergamo Trentino Dolomites
Luigi Bergamo (à d.) est un chef d’entreprise perfectionniste et créatif – photo @gianlucavanzetta

Des nouveautés haut-de-gamme

Lors de la visite du show-room de Q36.5, en périphérie de Bozen, je constate mi-amusé, mi-impressionné l’excellente cohésion qui règne dans l’équipe. Le staff fait montre d’une grande admiration et d’un grand respect envers le “boss”, mais celui-ci a su aussi créer une relation cordiale et complice avec ses assistants, subtil équilibre que l’on peut observer dans les équipes qui entourent un grand couturier ou un artiste réputé. Tout le monde est très investi, mais sans esbroufe. On va à l’essentiel, les vêtements qui nous sont présentés, tous mûrement conçus et exclusivement fabriqués en Italie, sont là pour le prouver : il s’en dégage une aura de sérieux, de qualité et d’originalité.

Q36.5 Italian Cycling Apparel Showroom Daniela Fusar Poli
Au show room Q36.5 Daniela Fusar Poli me présente des produits encore en développement (que je suis donc obligé de flouter sur l’image) – photo @gianlucavanzetta

Outre quelques prototypes qui annoncent le printemps 2022 (mais dont je ne peux encore parler car ils sont sous embargo – nous y reviendrons, j’espère, dans quelques mois), nous pouvons admirer les nouvelles productions de la marque, orientées “Adventure” (traduisez : gravel / VTT / bikepacking) et automne/hiver bien sûr : les chaussures haut-de-gamme Unique Adventure Shoes, la très chaude et technique veste à double panneau avant Interval termica, et bien sur la déclinaison de gilets, baselayers, jerseys et cuissards présentés sur les portants qui tous donnent très envie d’être touchés, essayés et utilisés sur les pistes pentues des Dolomites.

Q36.5 Italian Cycling Apparel Showroom
Les vêtements présentés sur les portants donnent tous envie d’être touchés et essayés – photos Dan de Rosilles

Un kit sur mesure

Ça tombe bien, ces trois jours de gravel intensif ont été l’occasion d’éprouver la qualité des vêtements Q36.5 sur des parcours très exigeants. Encadrés par des cyclistes de très haut niveau (Mario Kummer, cinq Tours de France, quatre Tours d’Italie et quatre Tours d’Espagne, ancien directeur sportif de Telekom et Astana ; Ivan Santaromita vice-champion d’Italie 2010 ; Elena Valentini multiple championne de cyclo-cross), j’ai pu choisir et tester la tenue correspondant à ma pratique et au contexte dans lequel je roule. J’ai donc opté pour une panoplie adaptée à l’automne-hiver dans le sud de la France, une région tempérée mais avec de forts différentiels de température du matin au soir, pour des efforts intensifs sur de longues distances, sur route et en gravel.

Q36.5 Italian Cycling Apparel
Elena Valentini, championne de cyclocross, porte ici les Arm Warmers Header SunAir – capture d’écran site Q36.5

J’ai donc composé la tenue suivante :

Q36.5 Italian cycling apparel showroom
Au showroom Q36.5 de Bozen j’ai pu sélectionner les vêtements les plus adaptés à ma pratique – photo Dan de Rosilles

Un test grandeur nature

Dans le cadre pittoresque qui nous a servi de terrain de jeu, j’ai pu valider l’excellente versatilité de ma tenue, aussi efficace à 25°C dans la vallée qu’à 8° en haut des cols. Au plus près du corps, le Baselayer 2 a très vite séché dans les descentes qui ont suivi des montées où j’ai pourtant dû puiser dans mes ultimes réserves pour tenir la cadence infernale imposée par nos guides et les autres journalistes présents, pour certains anciens coureurs pro. Lors de la pause de demi-journée en extérieur le deuxième jour, j’ai gardé le baselayer sous le gilet et la veste coupe-vent pendant que je faisais sécher le jersey sur un poteau en bois. Cela m’a permis de ne pas avoir froid et de repartir avec un baselayer et un jersey parfaitement secs.

Dolomites Cycling Trentino
Dans le cadre pittoresque qui nous a servi de terrain de jeu, j’ai pu valider l’excellente versatilité de ma tenue – photo @gianlucavanzetta

Lors de la pause de midi le troisième jour dans un restaurant de montagne, je n’ai gardé que le baselayer sur le dos de façon à ce qu’il sèche plus vite, cette stratégie m’a permis de repartir sur ce plateau à deux-mille mètres d’altitude juste après le déjeuner, en descente, sans avoir froid. En combinant le baselayer, le jersey, le gilet et la veste coupe-vent, j’ai bénéficié d’une tenue complète d’hiver (du moins l’hiver tel que je le pratique dans le sud de la France), en jouant sur les superpositions / soustractions de couches en fonction de la température, de l’altitude, de la vitesse et de l’intensité.

Q36.5 Italian Cycling Apparel
Au restaurant d’altitude, chacun s’est organisé pour sécher au plus vite et repartir en descente avec des vêtements parfaitement secs – photo Dan de Rosilles

Il est à noter qu’outre leur versatilité et leur complémentarité, les vêtements Q36.5 sont extrêmement légers et compacts, j’ai donc pu rouler durant ces trois jours en transportant l’intégralité de la panoplie avec moi, veste, gilet et manchettes rangés dans les poches arrières du jersey entre deux descentes, ou dans une mini sacoche de selle lorsque je ne les utilisais pas. Le gilet dispose même d’une poche de compression en filet intégrée à l’intérieur du col, qui permet de le réduire à la taille d’une grosse pomme.

Q36.5 Italian Cycling Apparel Adventure Insulated Vest compression
Le gilet isolé Adventure dispose d’une astucieuse poche de compression à l’intérieur du col – photos Dan de Rosilles

La plupart du temps, j’ai roulé seulement avec le baselayer et le jersey. Dans les montées par exemple, j’ai roulé jersey à demi ou complètement ouvert, ne le refermant que pour le plat et les pistes de gravel vallonnées en forêt. Malgré sa finesse, ce jersey, combiné au baselayer, est étonnamment isolant. Je prends conscience de l’effort de recherche et développement qui a été consacré à l’étude de la combinaison des textiles entre eux. Souci du détail et précision technique sont les mots-clé qui caractérisent définitivement cette ligne “Adventure” développée par Q36.5. Nos guides, qui connaissent parfaitement le parcours et les qualités intrinsèques de chaque vêtement, on d’ailleurs participé activement à ce test en nous conseillant différentes combinaisons de couches en fonction de l’heure, de l’altitude, et de la spécificité du parcours.

Q36.5 Italian Cycling Apparel Dolomites Bolzen
Nos guides nous ont conseillé différentes combinaisons de couches en fonction de la spécificité du parcours – photo @gianlucavanzetta

Le cuissard Gregarius Cargo Adventure lui aussi a tenu son rang. Les poches extérieures m’ont permis de fourrer à la hâte les papiers usagés des barres énergétiques que j’ai avalé en cours de route… Vous le savez, je ne suis pas trop sucre, mais le niveau sportif de ce gravel camp m’a tellement sorti de ma zone de confort que j’ai dû négocier avec mon régime habituel. Le chamois de ce cuissard, développé par Elastic Interface® CyTech Italy, s’est révélé très confortable dès la première sortie, alors qu’il était neuf et n’avait donc pas été lavé préalablement. La compression des cuisses est excellente, de généreuses zones réfléchissantes judicieusement disposées garantissent la sécurité lorsqu’on roule de nuit (cette caractéristique est d’ailleurs commune à tous les vêtements Q36.5 que j’ai utilisés).

Q36.5 Gregarius Cargo Adventure pad bib short cycling apparel
La peau du cuissard Gregarius Cargo Adventure, co-signée Q36.5 et Elastic Interface, est fine et d’excellente qualité – photo Dan de Rosilles

Seul reproche à faire à cette panoplie, les chaussettes, qui ne m’ont pas convaincu. À l’enfilage, elles se sont étirées démesurément. L’emplacement réservé au talon s’est retrouvé au niveau de ma cheville, alors que du tissu disponible restait à l’avant des orteils. En manipulant les chaussettes, j’ai pu les réajuster, elles ont repris une forme normale autour de mon pied. Mais malgré cette étonnante élasticité, je ne les ai pas trouvées suffisamment ajustées. Peut être aurait-il fallu que je descende à la taille en dessous ? C’est en tout cas un critère à prendre en compte lors d’un achat, en interprétant “vers le bas” le guide des tailles disponible sur le site.

Q36.5 Adventure socks Unique Adventure shoes cycling
Les chaussettes Adventure s’étirent démesurément et m’ont paru trop grandes par rapport à la fourchette de tailles indiquées ; par contre, les chaussures Unique Adventure sont paraît-il très bien mais je ne les ai pas essayées – photo Dan de Rosilles

Q36.5, une future marque de référence ?

Mais voici qu’arrive la fin de ce “Q36.5 Gravel Camp Experience”… Trois journées très excitantes et riches d’enseignements, de cyclisme et de convivialité. Je retrouve Luigi Bergamo pour déguster une dernière bière blanche de fermentation haute, non filtrée, lumineuse et trouble : la fameuse Hefeweizen Bier du Trentin-Haut-Adige. Je lui fait remarquer que Q36.5 prend de l’ampleur et je m’étonne qu’il n’y ait pas encore de magasins ouverts dans des grandes villes européennes. Il sourit : “On ouvre un magasin à Zurich dans les semaines qui viennent” me dit-il. “La question n’est pas de savoir combien de magasins on va ouvrir, ni où ; mais encore faut-il rencontrer les bonnes personnes”.

Q36.5 Italian Cycling Apparel Showroom show room Bolzen Bolzano
Pour Luigi Bergamo, ouvrir des magasins “In Real Life” est d’abord une affaire de rencontres – photo @gianlucavanzetta

Je comprends que Luigi Bergamo est un stratège qui veut aller loin mais en construisant sur des bases solides. Son entreprise est à l’image de ses vêtements, pertinente et inattaquable. En très peu de temps, la marque Q36.5 a réussi à créer des produits avec des qualités que l’on retrouve chez seulement quatre ou cinq marques de référence dans le vêtement de cyclisme : Une parfaite coordination des matières et des couleurs, une totale transversalité des collections, où l’on peut puiser indifféremment pour composer une panoplie adaptée à n’importe quel cycliste et à n’importe quelle pratique, et enfin des coupes inclusives et des tissus évolutifs, qui conviennent à toutes les morphologies.

Q36.5 Italian Cycling Apparel
Les vêtements Q36.5 conviennent à toutes les morphologies de cyclistes – photo @gianlucavanzetta

Chez Q36.5, les prix sont élevés. On a affaire à des vêtements très techniques, aux spécificités poids/volume exceptionnels et entièrement fabriqués en Italie. Mais ces vêtements haut-de-gamme se vendent déjà très bien en Europe, aussi en Asie (particulièrement en Corée), ce qui laisse présager une irrésistible ascension de la marque et des perspectives de développement prometteuses. Prochaine étape, les magasins… “encore faut il rencontrer les bonnes personnes” disait Luigi Bergamo. Des candidats ?

Kit “Adventure” Q36.5 :

Avignon : le vélo avec passion

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Avignon Vélo Passion
Avignon Vélo Passion le salon des exposants - photo avignonvelopassion2021©bryanregnier

Lors de l’événement Avignon Vélo Passion la ville des Papes confirme sa volonté de développer l’usage du vélo sous toutes ses formes… Elle travaille depuis plusieurs années sur le déploiement du vélo dans la cité, mais également et plus largement avec la région du Vaucluse, avec de solides arguments touristiques et entrepreneuriaux. Contrairement aux plans vélos que l’on voit fleurir opportunément dans certaines villes qui enfourchent vite fait la bicyclette, Avignon et le Vaucluse font du vélo un atout majeur du développement de la région toute entière.

Politique et plan vélo

C’est un fait : le confinement a été le catalyseur d’un nombre important de plans vélos. La politique, qui devrait anticiper les évolutions sociales, a démontré une nouvelle fois son “retard à l’allumage” sur le sujet vélo. Elle agit souvent en réaction et très rarement par anticipation. Puissance du lobbying du tout voiture, incompétence, manque de culot, attentisme électoral, peur du changement… les raisons sont nombreuses. Le gouvernement, vient de confier début octobre une mission parlementaire sur l’industrie du vélo en France, au député LREM du Val-de-Marne Guillaume Gouffier-Cha, qui est par ailleurs le vice-président du Club des élus nationaux pour le vélo. Il en sortira peut-être un jour un beau rapport qui, on l’espère, ne sera pas obsolète lorsqu’il paraîtra. En effet, il est grand temps de faire revenir en France une production qui est encore largement délocalisée. L’enjeu est de taille, et une nouvelle fois, alors que la France était une “nation de vélo”, on risque de payer ce retard vis-à-vis d’une demande qui explose.

Avignon Vélo Passion
Photo Jérôme Armand

Comme pour les concepts “achetés sur étagère”, proposés aux communes sans imagination : éco-quartiers, smart city… certaines d’entre elles, ont cédé aux offres de prestataires qui ont senti venir le filon vélo. D’autres, comme Avignon et le département du Vaucluse, ont fait le choix d’adapter le développement à leurs besoins au travers d’initiatives qui s’appuient sur les structures et les opérateurs locaux. C’est rassurant de voir qu’au niveau local on sait faire, et bien faire, sans avoir recours à des projets fumeux, qui n’existent que pour donner le change et décrocher des subventions.

Le vélo n’est pas uniquement ce moyen de transport alternatif, qui est souvent mis en scène pour illustrer son développement. C’est aussi une industrie et du tourisme, et il faut mettre en relation tous les opérateurs de cet écosystème pour fertiliser un développement profitable à tous.

Avignon lance le speed dating du vélo

J’ai assisté, avec mon ami Jérôme de Radio Cyclo, aux rencontres professionnelles organisées en marge de l’événement Avignon Vélo Passion. Ces rencontres baptisées Cycle Meet’” étaient une première, et elles ont été franchement une belle réussite. Le ton des prises de paroles était emprunt de réalisme et de sincérité, bien loin des discours langue de bois que nous entendons régulièrement au sujet du vélo.

Avignon Cycle Meet
Ces rencontres baptisées “Cycle Meet'” étaient une première – Vaucluse Provence Attractivité

Tous les sujets ont été abordés par des intervenants de qualité qui sont venus décrire les actions concrètes entreprises sur le territoire et les projets à venir. On a abordé les tendances et les évolutions de la filière vélo en France et son incidence sur l’offre vélo en Vaucluse. André Ghestem, Directeur Général de Shimano France et Président de la commission Cycle de l’union Sport et Cycle a introduit ce thème avec à la clé des statistiques édifiantes.

« Je pense que c’est une région qui possède un potentiel énorme qui n’est pas exclusivement orienté mobilité, même si il y en a, comme dans toutes les villes. Ici, ce potentiel intègre le tourisme et il accepte tous les types de vélos : le vélo balade, le VTT, le gravel, le vélo de route… Il faut raisonner vélo et pas seulement spécialité », déclare André Ghestem dans cette interview.

Dans un deuxième temps nous sommes redescendus sur le local avec le détail des nouveautés vélo à venir en Vaucluse : aménagement des véloroutes et voies vertes, vélo loisir, développement du gravel…

Avignon Vélo Passion
Avignon Vélo Passion, les rencontres professionnelles Cycle Meet’ – photo avignonvelopassion2021©bryanregnier

Après avoir pris un peu de retard, des rendez-vous personnalisés étaient organisés. Une sorte de “Speed dating” pour que les professionnels des filières vélo, tourisme… et autres puissent échanger pendant 15 minutes sur la base de prise de rendez-vous. Cette formule a été particulièrement appréciée et ces prises de contacts vont permettre aux opérateurs de tous ces secteurs de croiser et fertiliser leurs projets par la suite.

Le résumé en vidéo d’Avignon Vélo Passion 2021

Pour Bike Café, média alternatif et peu conventionnel, ces rencontres nous ont apporté beaucoup de fraîcheur sur un thème vélo qui est souvent traité de façon sectaire. Pour nous, le vélo doit évoluer et progresser dans un monde aux parois devenues “poreuses”. Avignon et la région du Vaucluse en donnent un bon exemple en mettant en relation les acteurs de la filière, et au delà en ouvrant les contacts avec des opérateurs d’autres secteurs qui pourront contribuer à faire évoluer la pratique du vélo de façon globale, sans regarder le sujet par le petit bout de la lorgnette. Nous avons déjà réfléchi de notre côté à des projets éditoriaux qui mettront en avant les richesses de ce territoire, que nous connaissons, mais que ces rencontres nous ont encore plus dévoilé.

Entrez dans la Legend Wheels

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Test des roues de gravel Legend Wheels
Test des roues de gravel Legend Wheels

L’évolution du vélo présente parfois un côté « mystérieux » et bien malins seront ceux qui pourront décoder l’alchimie de ses mutations. Cette remarque s’applique également au domaine des roues, avec un marché dont l’offre ne cesse de s’élargir avec toujours plus d’innovations techniques. Le développement des propositions de montages artisanaux réalisés à la carte, va de pair avec la tendance concernant la personnalisation de nos montures. Techniquement, nous constatons de vrais ruptures techniques avec par exemple, l’agrandissement de la largeur interne de la jante afin de mieux « assoir » les pneumatiques.

Legend wheels, entreprise française installée depuis 2016 dans le paysage des monteurs de roues route, VTT et cyclocross, s’est naturellement tournée récemment vers le marché des roues gravel tout en conservant son approche : performance, légèreté et personnalisation. Nous allons tenter de percer les mystères de ses magnifiques roues gravel Legend Wheels, que j’ai eu l’occasion de tester pendant plus de deux mois sur environ 800 km avec tous les types de terrains et lors de rides très variés.

Entrons dans l’univers de Legend Wheels.

L’histoire de Legend Wheels

Contrairement à ce que ce nom pourrait laisser penser, Legend Wheels est une entreprise bien française basée dans le Tarn et Garonne, dans un village près de Montauban. Le terrain de jeu là bas est idéal pour tester et valider les produits. Legend Wheels est spécialisée dans le montage à la carte de roues carbones légères et performantes, pour l’univers de la route, du VTT, du cyclocross et du gravel désormais.

L’histoire débute en 2016. Devinez où ? Dans le garage familial, comme une grande majorité des belles histoires liées à l’univers du vélo. Axel et Arnold Crochard, ex semi-professionnels, constatent que les roues haut de gamme carbone ont encore une marge de progression tant en terme de performance que de finition et de rapport qualité/prix. Ils se lancent dans l’aventure, réalisent du sourcing, conçoivent leurs cercles qui seront sous-traités en Asie, utilisent les excellents moyeux et rayons DT Swiss et commencent à monter des roues pour leur entourage présent dans l’univers du vélo de route particulièrement. Les premiers retours sont bons et les commandes commencent à affluer. L’entreprise sponsorise des coureurs et l’équipe cycliste Occitane Cyclisme Formation en DN1. L’histoire est lancée. Le nom Legend Wheels a une connotation internationale et permet d’être plus facilement « reconnaissable » hors de nos frontières. Succès aidant, une extension est réalisée en 2018. Puis en 2021, l’entreprise déménage dans un bâtiment plus spacieux et fonctionnel.

L’équipe devant le nouveau bâtiment fonctionnel, sobre et plus spacieux, photo Legend Wheels

L’équipe est désormais composée de quatre personnes : Arnold et Axel Crochard, les fondateurs, Gabriel Retou, monteur de roues et Clément Lalba, l’ingénieur chargé de la R&D qui vient juste de quitter les pelotons de l’Élite Nationale. Clément est en charge de la R&D car Legend Wheels conçoit ses propres cercles et est propriétaires de ses moules, la fabrication est réalisée en Asie. Pour les moyeux, l’entreprise fait confiance à DT Swiss depuis le début de l’aventure. On ne saurait la contredire sur ce choix. Elle propose également un moyeu badgé Legend Wheels sous-traité à Bitex, mais amélioré au niveau des roulements afin de proposer une offre plus accessible.

Performance, légèreté, montage à la carte et personnalisation, la marque de fabrique de Legend Wheels.

Dès le départ, l’équipe a compris que le montage artisanal de qualité, la personnalisation, la légèreté et la performance ainsi qu’un bon rapport qualité/prix bien placé sur le haut de gamme carbone, permettrait à la marque de se différencier sur ce marché certes en expansion mais très concurrentiel.

Test des roues de gravel Legend Wheels
Le montage à la carte des roues dans les nouveaux locaux, photo Legend Wheels.

La personnalisation intervient à plusieurs niveaux via le configurateur en ligne sur le site. Tout d’abord, vous pourrez personnaliser votre couleur de design, moyennant une plus-value (entre 100 et 150 € par paire) si vous sortez de la couleur initiale du modèle. À noter que ce ne sont pas des stickers juste posés sur la jante, mais un vernis protecteur appliqué sur l’ensemble de la jante, gage de longévité. Le rendu est vraiment esthétique et haut de gamme.

Coucher de soleil sur l’estuaire de la Loire. La maison suspendue, à l’image du gravel Niner suspendu sur ses roues Legend Wheels à la finition très réussie, photo Hugues Grenon

Vous choisissez ensuite votre corps de roue libre parmi toutes les options existantes aujourd’hui. Puis votre moyeu : RS Legend Wheels, DT 350, 240 ou 180. Cerise sur le gâteau, vous pouvez choisir un moyeu Son Dynamo également pour les baroudeurs désirant être autonomes niveau électrique.

Pour les rayons, droits (straitght Pull) sur toute la gamme, vous pouvez choisir votre tension en fonction de vos caractéristiques et envies : standards, race avec une tension de +10% ou Endurance avec une tension de -10% pour plus de confort et souplesse. Scotch et valve tubeless sont inclus.

Enfin, vous pouvez choisir également en option le kit « prêt  à rouler » en piochant parmi une gamme de cassettes, de disques et de pneus (Pirelli pour l’instant pour les modèles de roues Gravel) afin de recevoir une roue complète qu’il ne reste plus qu’à monter sur votre vélo.

Vous pouvez aussi venir directement à l’entreprise qui vous accueillera dans son showroom.

Test des roues de gravel Legend Wheels
Vous pouvez passer à l’entreprise visiter le showroom et échanger sur vos futures roues, photo Legend Wheels

Les caractéristiques techniques et esthétiques des 39 P Disc Pro III testées.

Le modèle testé est le modèle haut de gamme gravel 39P Disc Pro III en carbone UD fibres Toray T800. Comme sa référence l’indique la hauteur de jantes est de de 39 mm ce qui reste rare en gravel mais en ligne avec la philosophie performance de Légende Wheels.

La configuration est la suivante :

  • ·Moyeux RS Legend Wheels (6 cliquets, roulements inox), dimensions d’axes au choix, montés ici en 15/100 AV et 12/142 ARR.
Test des roues de gravel Legend Wheels
Moyeu Legend Wheels, photo Hugues Grenon
  • Finition (sans plus-value) noire mate / logo noir brillant,
  • Tension de rayons standards (3 choix de tensions possible).

Les caractéristiques de série :

  • Largeur : 30,8 mm
  • Largeur interne : 24 mm
Test des roues de gravel Legend Wheels
Une belle largeur interne de 24 mm qui permettront de monter en section et bien assoir le pneu dans la jante, photo Hugues Grenon
  • Rayons : mix Dt Swiss Aerolite et Aerocomp, 24 AVT/AR croisés par 2.
  • Catégorie : ASTM2 en rapport avec la pratique gravel (utilisation route et VTT avec des sauts de 15 cm).
  • Pneus recommandés de 28 à 50 mm.
  • Poids limite max : 110 kgs.
  • Fixation disques centerlock.
  • Fonds de jante tubeless posé et livré avec valves tubeless.
  • Poids annoncé configurateur de la paire :  1380 g
  • Poids mesuré avec scotch et valves : 1445 g
  • Prix dans cette configuration : 1499 € TTC

Legend Wheels a décidé de rester sur son créneau de la roue carbone légère et performante, qui fait son succès, en gardant une hauteur de jante généreuse mais aussi une belle largeur interne qui fait la différencie avec des productions similaires actuelles moins généreuses.

Test des roues de gravel Legend Wheels
Une belle largeur et hauteur de jante, on parle bien des roues du vélo hein !, photo Hugues Grenon

Les tests terrains

Test des roues de gravel Legend Wheels
Place aux tests terrains hors du bitume, photo Hugues Grenon

Pour les tests, vu la saison encore clémente par ici, j’ai monté les désormais classiques et reconnus Hutchinson Touareg en 40 mm de large, en tubeless évidemment. Le montage s’est réalisé très aisément sans forcer pour les positionner sur la jante. Claquage à la pompe à main. Un pneu dégonflé le lendemain mais le préventif fera son effet dès le second gonflage puis plus de problème ensuite. Le pneu prend donc bien sa place et le ballon a été mesuré à 41 mm à une pression de 2,2 bars.

Les disques sont des Ultegra en 160 mm.

Première impression, les jantes transforment le look du vélo. On aime ou pas mais elles donnent une touche racing apportant un peu de sportivité à ce Niner plutôt typé baroude.

Les Legend Wheels seront roulées sur environ 800 km sur tout type de terrain : chemins, singles, route, sable, cailloux et également sur deux rides bikepacking.

Test des roues de gravel Legend Wheels
Les Legendwheels vous accompagneront aussi bien sur des rides engagées que sur des rides au long cours, photo Hugues Grenon

Premiers essais sur de la pure route bitumée, pour voir ce qu’elles ont dans le ventre sur du roulant. Je m’interroge sur ma capacité à les emmener car ma pratique s’est vraiment éloignée du goudron depuis quelques temps maintenant, que la hauteur de jante pourrait en faire des roues exigeantes et rigide et que ma forme à ce moment-là est moyenne. Vu leur légèreté (moins de 1,4 kgs la paire), ça envoie bien, mais effectivement je sens qu’elles dévoilent leur plein potentiel sur route qu’à partir de vitesses assez élevées (28/30 kmh). Une fois lancées, elles sont sur des rails et les kilomètres défilent. Il est vrai que je n’atteints ces vitesses que très rarement en gravel « routier », comme une grande majorité d’entre nous d’ailleurs. Olivier, mon ami du Café Vélo, ancien coureur sur route, les trouvera très rapides et performantes.

Bonne surprise quand ça grimpe, elles s’emmènent relativement aisément, malgré leur profil haut. En cas de vent latéral, il ne faudrait pas plus de hauteur de jante, mais en pratique gravel nous sommes plus souvent abrités par rapport à la route.

Autre constat rassurant, le confort est au rendez-vous. La hauteur de 39 mm, assez inhabituelle en gravel, pourrait les rendre rigides voire inconfortables, mais avec des pneus gravel tubeless de bonne section et une tension de rayon adaptée, ce sont de vrais tapis volants.

Test des roues de gravel Legend Wheels
Les roues filent comme le vent pour rejoindre le bistrot du Paradis, elles sont aussi motivées que leur testeur !, photo Hugues Grenon

Direction mon terrain de jeu de prédilection, les chemins de graviers, les pistes sablonneuses et les singles techniques.

Les roues n’ont pas été épargnées par les tests sur tout type de terrain, photo Hugues Grenon

Je suis certes dans mon élément, mais ces roues sont vraiment plaisantes à rouler dans ces conditions. Constat confirmé également concernant leur confort sur ces terrains de jeu : elles absorbent très bien les chocs et filtrent parfaitement les vibrations. Evidemment le pneu et la pression choisis y sont pour quelques chose, mais ce ne sont pas des bouts de bois. Vous pourrez gagner en rigidité en choisissant une tension de rayon supérieure (+10%) ou gagner encore en confort en la choisissant moins élevée (-10%). La traction est excellente et le vélo ne rebondit pas et reste collé au sol. Pour preuve, une montée impossible, réalisée d’habitude en VTT ou fatbike qui est passée étonnamment également en gravel.

Test des roues de gravel Legend Wheels
Les Legend absorbent bien les chocs et vibrations, des petits graviers aux plus grands cailloux !, photo Hugues Grenon

La direction ne bronche pas. C’est clair, net et précis.

Le moyeu RS Legend Wheels à 6 cliquets est plutôt réactif, n’est pas trop bruyant et c’est tant mieux. Je recherche un maximum de silence en roue libre en ride nature et ne suis pas fan des bruits de « crécelles ».

Allons maintenant les emmener bien chargées en trip bikepacking.

Test des roues de gravel Legend Wheels
Une belle baroude bikepacking qui révèlera le potentiel des Legendwheels, photo Hugues Grenon

Une belle révélation. C’est presque dans cette pratique que je trouve qu’elles ont révélées leur meilleur potentiel. Vélo bien chargé, ça ne bouge pas. Sur le bitume ça file fort et en montée elles s’emmènent facilement. Je pense que dans cette configuration, leur légèreté, combinée à leur hauteur de jante généreuse, leur donne un excellent rendement et l’avantage se creuse alors sur des roues alu moins haut de gamme.

Un second trip bikepaking de 200 km environ, avec encore plus de dénivelé que le premier (600 m sur les 30 premiers km, un exploit par chez nous …) confirmera cette caractéristique.

Test des roues de gravel Legend Wheels
Une belle grimpette pour atteindre le col des Quatre Garde…à 325 m d’altitude que nous grimperons deux fois de suite, Photo Pascal Paineau

La finition de la jante n’a pas bronché après ces deux mois de tests. Le vernis protecteur permet de garder intact la finition d’origine et protège la finition des impacts divers légers. Pas de saut ni de voile à déplorer à la fin de ce test sur les deux roues.

Test des roues de gravel Legend Wheels
La roue a été malmenée par deux barbares mais n’a pas bronché tant au niveau finition que voile ou saut, photo Hugues Grenon

Pour conclure

Test des roues de gravel Legend Wheels
Lever du soleil annonçant un beau trip gravel, photo Hugues Grenon

Un bon vélo est un ensemble adapté et cohérent mais repose sur deux piliers principaux : le cadre et les roues. L’un ne va pas sans l’autre. Les Legend Wheels vous permettront d’upgrader et d’alléger votre monture, si votre cœur balance pour des roues carbones haut de gamme. La hauteur de jante les rendra quelque peu singulière dans le monde du gravel, mais cette hauteur n’entache pas le confort si vous adaptez parfaitement vos pneus et leur pression.

Elles donnent à votre vélo un côté race et « techno » qui séduira les plus sportifs d’entre vous. La personnalisation et le montage à la carte est un vrai plus, tout comme les kits « prêt à rouler ». Pour les plus baroudeurs d’entre vous, elles peuvent être montées avec un moyeu Son en option. Notons que les délais actuels sont maîtrisés : 1 semaine sur des roues « standards » et 8 semaines sur des roues personnalisées. Le tarif est haut de gamme, mais cependant mieux placé que certaines autres productions équivalentes de série. N’oublions pas qu’elles sont entièrement montées à la main et développées en France. Une version plus accessible est disponible pour  1200 € TTC.

Toutes les informations sur : https://www.legendwheels.com/

Baselayer Isadore Apparel, ce doudou des cyclistes

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Cycling sous-couches

Le vélo est un sport parfois très dur, à cause des efforts consentis et des conditions météo pas toujours clémentes. En gravissant les cols, dans les longues descentes, face au vent, sous la pluie, au plus chaud de l’été ou au cœur de l’hiver, tout ce qui peut nous protéger et nous rasséréner est bienvenu.

Les sous-couches (baselayers en anglais) sont des vêtements essentiels pour le confort du cycliste. Portées à même la peau, été comme hiver, sous les jerseys, gilets ou vestes, elles garantissent une meilleure isolation thermique et l’évacuation de l’humidité pendant l’effort.
Je suis allé me faire dorloter chez Isadore Apparel, qui propose une impressionnante palette de sous-couches à son catalogue. J’y ai choisi trois modèles différents que j’ai portés tour à tour pendant 3 mois, du plus fort de l’été à la fin de l’automne, afin de vous livrer un retour d’expérience en matière de cocooning, de douceur, de quiétude et de tendresse.

Isadore Apparel baselayer vélo
Le vélo est un sport très dur, tout ce qui peut nous rasséréner est le bienvenu – photo Dan de Rosilles

Isadore Apparel, made in Europe

Isadore est une jeune marque de vêtements de cyclisme créée par Martin and Peter Velits, deux frères jumeaux, anciens cyclistes professionnels Slovaques. À l’image de ses créateurs, cyclistes pro originaires d’un pays qui n’est pas particulièrement au cœur de la culture vélo, Isadore s’attache à développer des vêtements pertinents, beaux et efficaces qui s’affranchissent des conventions véhiculées par les marques traditionnelles. Ainsi, leurs vêtements sont conçus en tenant compte des pratiques alternatives comme le cyclisme urbain, le gravel, la longue distance, mais aussi en essayant de développer une esthétique originale ou en utilisant des matières naturelles et des matériaux recyclés. Tous leurs vêtements sont conçus et fabriqués dans des pays européens.

Martin Velits Peter Velits Isadore cycling Apparel
Martin (à g.) et Peter Velits (à d.) sont de jeunes ex-cyclistes pro et fondateurs de la marque Isadore Apparel – captures d’écran site Isadore Apparel

Pourquoi porter une sous-couche ?

J’avoue avoir découvert les avantages du baselayer sur le tard, d’abord parce que ce vêtement, invisible car porté à même la peau sous le jersey, n’est que très rarement valorisé sur les photos et dans la communication des marques de vêtements de cyclisme.
Ensuite, faut-il faire intensément du vélo, sur de longues distances et en toutes saisons, pour souffrir réellement et durablement du froid, de la chaleur, d’irritations dues aux frottements répétés du jersey contre le torse et de la désagréable sensation de tissu mouillé collé à la peau que l’on ressent en pleine intensité ou dans les descentes de col ; là, il faut pouvoir imaginer qu’il existe des solutions pour éliminer ce problème… aussi incroyable que cela paraisse, avec un bon baselayer on peut totalement oublier les inconvénients des vêtements de vélo.

Baselayer sous-couche merino mérinos Isadore Apparel cycling
Tant que le jersey n’est pas ouvert, on ne voit pas le baselayer – photo Anne Fontanesi

Enfin, les (bons) baselayers sont chers, parce qu’ils sont techniques, nécessitent un gros effort de recherche et développement pour les marques et sont souvent constitués de matériaux nobles et/ou aux spécificités complexes et performantes : évacuation de l’humidité, séchage ultra-rapide, isolation thermique (chaleur et froid), confort au contact, propriétés anti-bactériennes…
Donc pourquoi investir une belle somme dans un vêtement qu’on ne voit pas et dont on ne perçoit pas forcément l’utilité ? Tant que l’on a pas essayé un bon baselayer, on ne peut pas vraiment croire à l’importance de ce vêtement. Mais ensuite, il devient difficile de s’en passer… Aussi, si vous ne souhaitez pas investir quelques dizaines d’Euros de plus dans des vêtements de vélos dans les jours qui viennent, je vous conseille de cesser la lecture de cet article immédiatement ; sinon, il est vraisemblable que vous achetiez bientôt un baselayer, un élément indispensable dans une garde-robe de cycliste.

Au fil des saisons

L’une des principales qualités qu’on recherche pour un baselayer est la versatilité. Il devra couvrir un large panel de températures et de conditions météo. Ceci dit, chaque baselayer est conçu pour une certaine plage de température et/ou un moment de l’année. Par exemple, les trois baselayers Isadore que j’ai testé me permettent de couvrir les températures que je rencontre autour d’Arles la plupart du temps, puisque je roule entre 8 et 30°C dix mois sur douze. Le modèle “Alternative SS Baselayer” a été parfait pendant les grosses chaleurs d’août, en septembre, mais s’est révélé un peu juste en octobre, même pendant les belles journées. Le modèle en résille “Merino Light SS Baselayer” est un excellent choix pour la fin d’été/ automne, alors que le modèle en mérinos “100% Merino SS Baselayer” va m’accompagner tout l’automne et pendant les plus belles journées d’hiver.

Isadore Apparel baselayers base layers sous-couches cycling
J’ai testé 3 baselayers proposés par Isadore Apparel pour répondre à toutes les situations ou presque – captures d’écran site Isadore Apparel

Mais un cycliste situé plus au nord ou en altitude devra plutôt choisir au moins un baselayer à manches longues et/ou en mérinos épais dans sa garde-robe pour couvrir des demi-saisons plus froides et un hiver rigoureux. Bien sûr, pour trouver la juste protection thermique, le baselayer doit se combiner avec la couche qui le recouvre, pour pouvoir s’harmoniser avec les variations de températures. Le même baselayer peut ainsi être utilisé à bon escient sous un jersey ultra-léger ou sous une veste d’hiver ; la sous-couche, au contact même du corps, est le premier rempart contre le froid et va se combiner en multi-couches avec une ou deux protections supplémentaires.

Un (bon) baselayer n’a pas d’odeur

Isadore Apparel baselayer vélo
Dans le cadre d’un usage intensif, gorgé de sel et de sueur, un bon baselayer ne doit pas sentir mauvais – photo Anne Fontanesi

Une autre qualité à rechercher pour une bonne sous-couche est sa capacité à rester inodore.
Bien sûr, tout le monde ne fait pas de l’ultra-distance et la plupart des cyclistes lavent leurs vêtements après chaque sortie. Mais un vêtement qui sent mauvais à tendance à le rester ou à le redevenir rapidement même après lavage. C’est pour cela que les sous-couches de qualités sont souvent fabriquées en mérinos, une laine de mouton particulièrement résistante aux mauvaises odeurs, ou en fibres synthétiques spécifiquement conçues ou traitées pour résister aux bactéries. Certes, les fibres inodores ont tendance à perdre leurs qualités au fur et à mesure des passages en machine, mais des fibres vraiment résistantes aux bactéries vont le rester au moins pendant deux saisons. Et rien ne vous empêche de faire persister les qualités anti-bactériennes de vos baselayers en les lavant à la main, à l’eau froide ou tiède avec juste un peu de savon (ils sèchent très vite de toute façon) pour augmenter leur durée de “vie non odorante”.

À vélo comme à la ville

Isadore Apparel cycling shirt Alternative SS baselayer
Le baselayer peut transformer un vêtement “de ville” en vêtement de cyclisme – photo Dan de Rosilles

Il est à noter qu’un baselayer peut être porté dans la vie de tous les jours. Un vêtement qui moule le torse, qui sait disparaître sous le vêtement qui le recouvre, qui isole du froid comme du chaud et qui résiste aux mauvaises odeurs est un vêtement idéal pour tous les jours et toutes les activités.
Réciproquement, c’est une “base sportive” qui va permettre, pendant l’activité cycliste, de porter “en surface” un vêtement originellement non prévu pour le vélo : chemisette, chemise, pull-over… deviennent d’originaux vêtements de vélo avec des qualités “sportives” supportées par le baselayer. À la sous-couche le boulot d’isolation, de confort et d’évacuation d’humidité, au vêtement qui le recouvre la fonction esthétique.

Manches courtes ou manches longues ?

Isadore Apparel baselayers
Plus que toute autre marque, Isadore Apparel propose une large palette de baselayers – capture d’écran site Isadore

En ce qui me concerne, j’utilise essentiellement des baselayers à manches courtes car j’ai pour habitude rouler la plupart du temps avec des jerseys à manches courtes que je complète avec des manchettes lorsqu’il fait froid. mais, comme dit plus haut, je vis dans le sud de la France et j’ai quand même un ou deux baselayers à manches longues pour les jours les plus froids ou lorsque je m’expatrie au nord de la Durance.
Conscients de l’importance du baselayer dans le kit de vêtements cyclistes, Isadore propose des baselayers déclinés à manches courtes ou longues pour toutes saisons et toutes régions. Leur codification à base de 5 soleils ou 5 flocons permet de repérer facilement quels sont les plages météorologiques correspondant à chaque sous-couche. Pour ce qui est des caractéristiques et des qualités des baselayers proposés par Isadore, j’ai testé trois différentes catégories parmi celles qu’ils proposent : “Alternative”, “Merino Light” et “100% Merino”.

Alternative SS Baselayer

Isadore Apparel Alternative SS Baselayer
Le Alternative SS Baselayer est très fin et disparaît même sous les jerseys d’été les plus ajustés – ^hoto Dan de Rosilles

Chez Isadore la gamme “Alternative” rassemble sous-couches, jerseys et cuissards fabriqués à partir de fibres synthétiques recyclées. Le baselayer “Alternative” est conçu pour les sorties estivales chaudes et à haute intensité et contribue à maintenir la température corporelle bien régulée et la peau sèche. De toute la gamme, c’est sans doute le baselayer le plus adapté aux sorties “sportives” : courtes, intenses, répétées. Ce baselayer est très mince et disparait même sous les jerseys d’été les plus fins et les plus ajustés. Je dois dire que j’ai été surpris qu’un tissus synthétique soit aussi doux et aussi frais sur la peau. la sensation de confort est parfaite et ne galvaude pas le concept de “seconde peau”. Ce qui est étonnant c’est que l’effet d’évaporation de la sueur garantit une sensation de fraîcheur dans les montées en plein soleil, sans pour autant refroidir le torse dans les descentes. Je ne sais franchement pas comment cela est possible, mais les techniciens d’Isadore ont réussi cet exploit. Je suppose que le baselayer “Alternative” évacue immédiatement la transpiration pendant l’effort (d’où la sensation de fraîcheur) et qu’il est déjà sec (ou presque) dès le début de la descente, d’où l’effet de protection thermique.

Isadore Apparel cycling shirt Alternative SS baselayer
En pleine intensité la sous-couche Alternative SS procure une vraie sensation de fraîcheur – photo Anne Fontanesi

Bien que ce baselayer soit conçu pour les jours les plus chauds de l’année, je l’ai porté avec bonheur dans une fourchette de températures allant de 18 à 35°, il est donc plus versatile que ce qu’on pourrait penser de prime abord. Comme en été le linge sèche très vite, il ne fait pas hésiter à laver à la main cette sous-couche après chaque sortie. Un peu de savon et d’eau froide suffisent pour un baselayer extrêmement facile à laver et à entretenir. Par expérience, je sais que les fibres synthétiques ont tendance à sentir mauvais plus vite que le mérinos, mais sur les 6 semaines pendant lesquelles j’ai porté ce baselayer je n’ai remarqué aucune dégradation des propriétés anti bactériennes. À suivre l’été prochain, après une pleine saison d’utilisation…

Merino Light SS Baselayer

Isadore Apparel Merino Light SS Baselayer sous-couche base layer cycling
La résille crée une couche d’air isolante entre la peau et le jersey – photo Dan de Rosilles

Cette résille crée une couche d’air isolante entre la peu et le jersey et assure une évacuation rapide de l’humidité. C’est mon type de baselayer favori en demi-saison, et de mon point de vue le système de sous couche le plus versatile pour couvrir une très large palette de situations météo, ce qui en fait le baselayer idéal en gravel ou en ultra-distance par exemple. Ce baselayer mélange la laine mérinos à 80%, gage de douceur, de confort et de protection anti-bactérienne et un polyamide extensible (20%) qui contribue à l’ajustement et à la durabilité du tricot. L’avantage du mérinos qui compose la résille est un contact hyper doux avec la peau, ce qui évite l’effet “quadrillage” de certaines résilles tout en synthétique.

Isadore Apparel Merino Light SS Baselayer base layer
L’étiquette est cousue à l’extérieur du baselayer pour éviter tout frottement contre la peau – photo Dan de Rosilles

On remarquera que l’étiquette du vêtement est cousue à l’extérieur pour éviter tout frottement indésirable. Le bord des manches, du cou et du bas de la sous couche sont terminés par un biais qui évite les effets de rouleaux aux extrémités du vêtement. Cette résille Isadore est sans aucun doute la plus “discrète” que j’aie eu l’occasion d’essayer, elle se fait complètement oublier sur la peau et reste invisible sous le jersey. Bien sûr, le ressenti de confort est subjectif, mais en ce qui me concerne, j’ai porté ce baselayer sous des jerseys plus ou moins épais à des températures allant de 12 à 25°C. La couche d’air qu’il maintient entre la peau et le jersey constitue une excellent isolation thermique aussi bien contre la chaleur que contre le froid. Avec une résille, le contact entre peau et tissu est réduite à son minimum et la désagréable sensation de tissu mouillé est quasiment inexistante.

100% Merino SS Baselayer

Isadore cycling Apparel 100% SS Merino Baselayer base layer
En hiver, un jersey en mérinos sur un baselayer en mérinos m’offre un confort optimal et la liberté d’ouvrir/fermer le jersey pour m’adapter aux températures qui changent au fur et à mesure de la journée – photo Dan de Rosilles

Le baselayer “pur mérinos” est à réserver aux sorties les plus paisibles, les plus longues et/ou les plus froides. Le mérinos est la matière idéale si vous devez porter le même vêtement pendant plusieurs jours, sur le vélo et pour dormir : Il vous préservera, vous et votre entourage, des mauvaises odeurs. Je ne remercierai jamais assez mes vêtements en mérinos que lorsque je fais la queue à la boulangerie après deux jours de vélo non-stop : personne ne se retourne en plissant le nez, ce qui n’est pas le moindre des avantages pour des vêtements de vélo…
Le mérinos, outre ses propriétés anti-bactériennes, présente aussi l’immense avantage de ne pas “tenir froid” lorsqu’il est mouillé ; ainsi lorsque vous transpirez dans du mérinos, ou lorsque vous prenez une averse, vous aurez moins froid qu’avec n’importe quelle autre matière sur vous. Cela fait du mérinos un matériau très intéressant pour les baselayers, mais aussi pour les chaussettes, les bonnets…

Isadore Apparel 100% SS Merino Baselayer base layer cycling
Le 100% SS Merino Baselayer porté avec un short en jean’s fait bonne figure au restaurant ou dans le train mais reste un formidable haut de cyclisme – photo Dan de Rosilles

Enfin, un tricot de qualité en mérinos est très joli et peut être porté à la ville comme un vêtement “normal”. J’avoue qu’à ce titre, j’ai porté la sous-couche “100% Merino” d’Isadore au moins autant hors du vélo que sur le vélo, dans une fourchette de températures allant de 8 à 20°C. Lorsqu’on descend du vélo, associé à une chemise, une veste légère ou telle quel, ce mérinos fin (180g/M) est un vrai et beau vêtement, ce qui est à considérer sérieusement lors des raids en bikepacking, ou le poids et le volume nous est compté et où des vêtements aussi bien adaptés au vélo qu’au restaurant ou au train sont vraiment les bienvenus.

Quelques conseils pour un meilleur usage du baselayer

Choisissez la juste taille pour votre baselayer. Trop lâche, il sera mal adapté pour être porté sous un jersey ajusté. Trop serré, il perdra de ses capacités isolantes en limitant la couche d’air qu’il crée entre la peau et le jersey. Pour choisir le baselayer qui vous conviendra le mieux, pensez à utiliser le guide des tailles disponible sur les sites marchands, comme sur celui d’Isadore par exemple.

Isadore Apparel Baselayer
Prenez le temps de vérifier le guide des tailles sur le site d’Isadore avant d’acheter – capture d’écran site Isadore Apparel

Au départ, juste avant de partir rouler, assurez vous d’avoir un peu froid. Sinon, ça veut dire que vous êtes trop couvert et que dans l’effort vous allez transpirer, mouiller vos vêtements et donc avoir encore plus froid. Même si vous frissonnez avant de commencer à pédaler, rassurez-vous, votre baselayer vous protègera dans l’effort dès que votre température corporelle va monter et votre confort sera optimum.

Combinez l’effet isolant de votre baselayer avec des couches plus ou moins isolantes en fonction de la saison. Mais préférez toujours les sur-couches les plus techniques et les plus respirantes car les vêtements étanches annulent l’efficacité du baselayer en piégeant l’humidité à l’intérieur des vêtements. En cas de courtes averses par exemple, il vaut mieux parfois porter des vêtements non imperméables mais qui vont sécher très vite après l’averse, plutôt que de porter une veste étanche qui vous gardera plus mouillé que si vous aviez reçu l’averse.

Isadore Apparel Alternative SS Baselayer
Combinez votre base layer avec d’autres couches techniques en fonction de la météo et de la saison – photo Anne Fontanesi

Lors d’une pause-café pendant une sortie intense, pensez à enlever immédiatement (ou du moins ouvrir) votre jersey pour aérer le baselayer au maximum. C’est ainsi, à l’air et au contact de votre corps qu’il sèchera le plus vite, vous permettant de repartir ensuite avec une première couche sèche et sans les frissons désagréables qui caractérisent la reprise d’après pause par temps frais ou froid.

> Alternative SS Baselayer 55 €

> Merino Light SS Baselayer 50 €

> 100% SS Merino Baselayer 65 €

Avignon Vélo Passion vous propose 3 épreuves gravel de 70 à 200 kms

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Du gravel et bikepacking à Avignon
Le Vaucluse est un terrain de jeu idéal pour la pratique du gravel. A Rasteau, le département a ouvert un centre dédié à sa pratique et pour s'initier au bikepacking. Photo : Gravel Ventoux Tourisme

La prochaine édition du salon Avignon Vélo Passion surfe sur la tendance Gravel ! Avec 3 épreuves organisées durant le week-end du 30 et 31 octobre au départ de la cité papale, Ventoux Gravel Aventure vous propose de sortir des sentiers battus et découvrir à votre rythme les beautés de son territoire, dans le cadre du salon Vélo Passion organisé par Avignon Tourisme.

Trois parcours inédits de 70 à 200 km sur un ou deux jours ont été imaginés pour offrir aux participants un concentré de sport et d’évasion et des expériences inédites à la découverte du patrimoine historique et de la nature vauclusienne.

“Sur les chemins de la Cité des Papes, du Grand Avignon jusqu’aux Monts de Vaucluse et du Luberon, les tracés sélectionnés empruntent peu de routes fréquentées par les voitures au profit des voies cyclables, des chemins et de la sécurité des cyclistes.”

Lionel Beccari, organisateur de l’événement

Le Gravel Découverte

Une randonnée de 70 km aux portes d’Avignon qui joue les contrastes entre le cœur historique et les espaces naturels préservés de l’Île de la Barthelasse. Avec des passages exclusifs sous le Palais des Papes, le Pont Saint-Bénezet, par le Fort Saint-André à Villeneuve et les digues du Rhône, de la Durance… Ce circuit quasiment plat s’apparente autant à une balade urbaine qu’à
une randonnée de pleine nature.
– Départ samedi 30/10/2021 à 12h00

Le Gravel Aventure

100 km (1500 m de D+) pour un parcours sportif de toute beauté et un tracé équilibré entre les routes à faible fréquentation routière, les sentiers et les pistes qui conduisent d’Avignon au sein du Parc naturel du Luberon. Ce tracé a été idéalement dessiné pour les vélos de gravel, révélant au fil des kilomètres des panoramas privilégiés et des points de vue inoubliables sur les paysages vauclusiens.
– Départ dimanche 31/10/2021 à 07h30

Le Gravel Bike Packing

En itinérance et en autonomie sur 200 km environ (2000 m de D+), 3 étapes et deux journées sur les chemins du Vaucluse, le parcours de Gravel BikePacking traverse de superbes paysages entre Avignon et Gordes. 

La beauté des villages vauclusiens, un détour par le vallon secret de l’abbaye de Sénanque ou la traversée du village des Bories font de ce tracé un raid sportif unique, riche de merveilleuses découvertes.
– Départ samedi 30/10 à 12h00
– Arrivée dimanche 31/10 entre 16 et 18h00
– Bivouac nocturne à Velleron
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Plus d’informations, règlement et inscriptions ici !

Le Salon Vélo Avignon Passion

Avignon Vélo Passion est une manifestation qui regroupe, sur un même site, au cœur de la Provence et le temps d’un week-end, l’ensemble des pratiques « vélo ». Un mode de déplacement doux et durable, plus que jamais d’actualité : électrique, vélo urbain, VTT, vélo de route, Gravel, Vélo Cargo, BMX, draisienne…

Avignon Vélo Passion, c’est aussi :

  • Des compétitions de BMX avec un millier de pilotes attendus
  • Une balade en famille sur le chemin des Canaux (23 kms)
  • Un bike and shoot pour les enfants de 6 à 12 ans associant parcours à vélo et tir à la carabine infra-rouge.
  • Une chasse aux galets en vélo pour les enfants de 5 à 12 ans.
  • Un hall complet dédié à la pratique de la draisienne pour les enfants, à partir de 2 ans.

Sur près de 35.000 m2, un village d’exposants, des animations, des évènements sportifs, des rencontres avec les professionnels ainsi que de nombreux temps forts permettent de découvrir 1001 façons de pratiquer le vélo.

INFORMATIONS PRATIQUES

AVIGNON VÉLO PASSION
Parc Expo d’Avignon
Vendredi 29/10 de 9 à 19h00
Samedi 30/10 de 9 à 20h00
– Open Pro Show Indoor BMX à 19h30
Dimanche 31/10 2021 de 9 à 18h00.
Organisation Avignon Vélo Passion
Avignon Tourisme – Tél. 04 90 84 02 04
Renseignements : Office de tourisme Avignon
Tél. 04 32 74 32 74

www.avignon-velopassion.com

Présentation du salon, en mode teasing :

Pour cette 4e édition, sportifs du dimanche, amateurs éclairés, experts ou non-initiés partagent désormais un seul mot d’ordre : Tous à vélo !

Le vélo inspire les inventeurs

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Les inventions dans le monde du vélo
Les inventions dans le monde du vélo

Le vélo inspire la recherche et depuis le brevet de son invention, enregistré en 1843 par Alexandre Mercier, la bicyclette a toujours suivi les progrès technologiques. Parfois, lors de nos visites sur les salons, nous découvrons des stands qui nous attirent par l’ambiance “Concours Lépine” qui règne autour. De nombreux badauds s’y arrêtent, les yeux écarquillés essayant de comprendre comment fonctionnent les inventions qu’ils découvrent.  Avec les 2 innovations que nous avons récemment découvertes, on n’est pas dans la caricature de l’épluche-patate ou du système génial pour plier les tee-shirts, mais véritablement sur des idées que l’on pourra retrouver sur les vélos de demain.

Fasten : montage de roues facile

On est tous agacé par les crevaisons, surtout de la roue arrière… Les freins à disques, l’axe traversant ajoutent à la manipulation d’une chaîne grasse son lot de problèmes. Le système Mavic Speed Release avait été une première réponse à cette problématique. Fasten va plus loin avec les parties mécaniques qui restent fixées sur le cadre lors d’un montage de roue. Finies les mains salies par la graisse de la chaîne lors d’une réparation au bord de la route, finie la recherche de l’axe traversant qu’on a posé on ne sait où, fini le tâtonnement pour remettre le disque entre ses mâchoires…

Fasten système de montage de roues de vélo
Fasten rend le montage de roues facile – photo Fasten
Fasten Jean-Paul Lagar Award Eurobike 2021
Jean-Paul Lagar avec son Award Eurobike 2021 – photo Eurobike

Fasten est une méthode révolutionnaire de fixation pour les roues équipées de freins à disque sur les vélos de courses. Ce système a reçu un Award remporté au concours de l’Eurobike 2021 à Freidrichshafen. Son inventeur est Jean-Paul Lagar, un entrepreneur albigeois, qui depuis 2004 travaille sur différents sujets visant à améliorer de nombreux concepts dans le monde du vélo.

Jean-Paul Lagar a mis au point ce système génial qui permet de monter et démonter ses roues de façon simple. Le système de roue libre et de cassette ainsi que les freins restent sur le vélo. Seule la roue avec son axe creux se dépose. Cela permet l’interchangeabilité des roues avant et arrière qui deviennent identiques. Le mieux pour comprendre ce qui semble magique, est de regarder cette petite vidéo très explicite.

Fasten permet de changer la roue arrière en un tour de main, en quelques secondes et sans outil. Les roulements sont désormais fixés sur le cadre et la fourche ; de plus, on peut interchanger les roues entre l’avant et l’arrière : ce sont les mêmes roues. On peut oublier tous les inconvénients liés au placement du disque entre les plaquettes, le remontage de la cassette dans les galets du dérailleur… Si vous êtes cycliste, je ne vais pas vous faire un dessin vous aurez compris le gain apporté par ce système.

Jean-Paul Lagar a bon espoir qu’un premier modèle de vélo sorte en 2022 équipé de Fasten. Son système a intéressé de nombreuses marques et son Award très remarqué montre qu’il pourrait y avoir encore du progrès sur nos vélos qu’on pensait aboutis.

Infos sur le site de Lagar Concept

Les lunettes CosmoVision

Les lunettes Cosmo ne sont pas celles de Thomas Pesquet. Ces lunettes, que nous avons pu poser sur notre nez dans les allées du salon du Roc d’Azur, intègrent la technologie ActiveLook permettant d’afficher des données directement dans le verre. Ce dispositif d’affichage que l’on peut trouver dans les cockpits d’avions ou dans les pare brises de certaines voitures, arrive dans les verres de nos lunettes de sports. Ce sont des lunettes connectées…

Cosmo Vision intègre ActiveLook
Essai sur le stand AciveLook du Roc d’Azur – photo Philippe Aillaud

La solution ActiveLook permet l’affichage, en temps réel, des données utiles : vitesse, cadence, rythme cardiaque… Cette technologie miniaturisée est couplée à un savoir-faire logiciel qui permet son intégration dans les lunettes sans nuire à leur design ou leur ergonomie. Peu consommatrice, elle offre une autonomie importante pour accompagner les sportifs dans leurs pratiques.

ActiveLook

Fruit de 5 ans de recherche et développement, avec un investissement de plusieurs millions d’Euros, ActiveLook® fournit une offre complète qui comprend un hardware et une API ouverte pour facilement l’intégrer chez des fabricants de lunettes et des fournisseurs de services connectés tiers. En intégrant la technologie ActiveLook®, les marques de lunettes peuvent ainsi enrichir leur gamme de lunettes de sport permettant d’afficher des informations critiques via une transmission en temps réel de type Bluetooth.

Nous avions vus en 2019 également sur le salon du Roc d’Azur le modèle Evad de Julbo. D’autres produits comme ces lunettes Cosmo arrivent sur un marché qui se développera au rythme de l’intégration qui sera faite des outils de navigation que les cyclistes utilisent aujourd’hui via des compteurs qui affichent les données classiquement sur leur écran.

Les lunettes connectées de Cosmo Vision sont une application concrète de cette technologie et elle seront commercialisées début décembre. Elles fonctionnent avec une appli sur téléphone mobile et bientôt avec d’autres systèmes qui auront intégré l’API d’ActiveLook qui est ouverte aux développeurs.

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Ruée vers l’or, avec Gaerne et Boa

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Le gravel nous rend flous
Le monde devient flou

Cette ruée vers l’or, dans laquelle je me suis lancé avec les Gaerne G.STL, sonne un peu “bling bling”… On est loin de l’ambiance pieds dans le ruisseau, manœuvrant la bâtée pour trouver une pépite. Pour ces chaussures, la découverte a été plus simple, il m’a suffit d’ouvrir la boite, pour admirer les disques dorés fixés sur chaque pied. Le look très précieux de ces chaussures ne doit pas masquer le côté hyper technique du produit. C’est sûr, elles ne passeront pas inaperçues, mais je peux vous dire que je n’ai jamais ressenti un tel plaisir à rouler avec aux pieds cette combinaison de performance et de confort.

Présentation

Ces deux dispositifs permettent une transmission de puissance et un contrôle précis.

Je découvre la tige de la chaussure réalisée en microfibre faite d’une seule pièce. Elle est percée au laser pour assurer la ventilation du pied. L’ANATOMIC HEEL CUP 1.0 (autrement dit la coque du talon) possède un traitement interne antidérapant qui permet une meilleure stabilité et un bon contrôle du pied. Cette coque est combinée au TARSAL SUPPORT SYSTEM 1.0 (la semelle interne) qui cale bien le talon et épouse parfaitement le pied du cycliste. Ces deux dispositifs permettent une transmission de puissance et un contrôle précis.

Gaerne G.STL et Boa Li2
Gaerne G.STL et Boa Li2
Boa System Li2

La nouvelle plateforme de ce modèle G.STL équipée du nouveau disque Li2 de BOA constitue une avancée majeure avec son design qui lui a permis de recevoir le Design & Innovation Award 2021. Ce nouveau BOA System est plus petit, encore plus solide et d’une durabilité accrue. Avec son micro-ajustement, clic par clic, le Li2 actionne huit zones de fixation assurant une multitude d’ajustements précis et disponibles en un tour de main. Les nouveaux cadrans Boa, en aluminium anodisés, sont d’excellente facture. Ils apportent une finition haut de gamme remarquable et une meilleure adhérence, pour une prise en main parfaite dans toutes les conditions d’usages.

La semelle externe en carbone EPS ultra légère et ultra mince est faite en fibres de carbone tressées. C’est elle qui va assurer le transfert de puissance sur les pédales. Quatre orifices d’aération captent l’air pour assurer la ventilation à l’intérieur de la chaussure. La semelle est dotée d’un insert antidérapant au niveau des orteils et d’un coussinet interchangeable à l’arrière.

Ajustement à la carte

Je suis un fan de la chaussure et j’apprécie qu’elle “habille” parfaitement le pied. Ancien coureur, j’ai pendant plusieurs années testé des chaussures de running, en arrivant à la conclusion que la chaussure ne doit pas se substituer aux mouvements naturels du corps humain. Dans le domaine du vélo, c’est un peu particulier, il faut que le maintien du pied soit efficace pour accompagner le mouvement de rotation circulaire. Accroché par la cale, le pied, qui est solidaire de la pédale, doit tourner en tirant / poussant. Par ailleurs, l’appui exercé sur la pédale doit être ferme afin de transmettre le maximum de force aux leviers du pédalier. Qui dit maintien, dit serrage et qui dit fermeté implique une certaine rigidité de la semelle.

Test Gaerne G.STL avec BOA Li2 - photo Bike Café
J’apprécie qu’une chaussure “habille” parfaitement le pied – Photo Bike Café

Ce combo est en principe contradictoire au confort. Le pied, emprisonné, sera compressé sur une plaque rigide, avec pour conséquence un certain inconfort. C’est pour parer à cet inconvénient que les serrages de type Boa ont été inventés, et rapidement adoptés par les grandes marques de chaussures, pour leurs modèles haut de gamme. L’ajustement à la carte, tout en en roulant, constitue un atout majeur dans l’adéquation maintien / type d’effort. Par ailleurs, et comme pour les cadres de vélo en carbone, les semelles conçues avec ce matériau réputé rigide, ont bien évolué. 

Test Gaerne G.STL avec BOA Li2 - photo Bike Café
Je serre les 2 Boa qui activent le tirage progressif, clic par clic – Photo Bike Café

Dans ces Gaerne, je retrouve cette double préoccupation. Je glisse mon pied dans la chaussure et la sensation de confort est immédiate. Je serre les 2 Boa qui activent le tirage progressif, clic par clic, des lacets de serrage qui ondulent comme les serpents auxquels ils ont emprunté le nom. En serrant au maximum je ne ressens aucun point de gêne. La taille 42 est conforme à ma longueur de pied de 26,5 cm. Le tableau de correspondance des tailles du site, m’a permis de choisir ma pointure exacte. Ce détail est important, et même crucial. Dans d’autres marques (Fizik par exemple) je fais du 41,5 là c’est du 42. Chez Gaerne il existe également des 1/2 pointures. 

Les cales 

Test Gaerne G.STL avec BOA Li2 - photo Bike Café
Les cales Crankbrothers Candy me permettent une polyvalence route / gravel – Photo Bike Café

Mes options pédales vont choquer les routiers puristes. J’ai choisi Crankbrothers (standard 2 trous) car je pratique le gravel, la route et le single speed. Pour la route et le gravel j’étais lassé de changer de pédales pour mes différents types de chaussures. J’ai donc opté pour un adaptateur 3 trous / 2 trous pour être universel. J’ai sur mon single des Eggbeater titane pour le look de ces objets qui d’ailleurs s’accordent avec les teintes (et le tarif) de ces chaussures “Ruée vers l’or”. Sinon, pour un meilleur appui, j’ai des Candy sur mes autres vélos. J’aime bien ce montage qui m’offre en plus la possibilité de marcher (un peu), car la cale métallique n’est pas directement en contact avec le sol.

Test Gaerne G.STL avec BOA Li2 - photo Bike Café
La semelle interne en EPS perforé. Le galbe du talon contribue au parfait maintien du pied – Photo Bike Café

Je roule sur l’or 

Le positionnement des cales au montage sur les chaussures est facilité par les repères tracés sur la semelle. Je reporte mes cotes qui ont été déterminées lors d’une étude posturale. Me voilà prêt à tester ces chaussures. Dans un premier temps ce sera en single speed, avec la contrainte de pousser mon 46 x 19 sur des passages jusqu’à 12%. Dans ce genre d’exercice le maintien du pied est hyper important. La rotation accélérée des manivelles de 165 entre 90 et 100 tours par minute crée également des contraintes au niveau du talon et celui-ci doit être particulièrement bien maintenu dans le chaussant. La coque de talon (Anatomic Heel Cup) s’en sort plutôt bien. L’appui métatarsien est parfait avec la semelle intérieure aérée grâce à des perforations. Ces premiers essais se sont déroulés sous une température allant de 10 à 25°C et la ventilation, via les 4 aérations, est largement suffisante. 

Gaerne G.STL avec Boa Li2
Sur mon single speed, vérification du maintien du talon – Photo Bike Café

Rattrapé sur une longue ligne droite par un jeune triathlète, je colle à sa roue et repasse devant. Étonné par ma vitesse de rotation on discute un peu et il m’indique que mon pied, vu par l’arrière, reste bien calé et en ligne. 

Après ces circuits single de 50 à 70 km, je me lance sur mon WishOne avec les pédales Candy. Circuit plus long avec des bosses de 2 à 4 km. Je serre les “Boa” en gardant la plaque (pour moi une modeste soucoupe de 48 dents). Je tire mon braquet en force accompagnant à chaque fois la remontée de la pédale : le pied ne bronche pas. Je manipule les disques : serrage, desserrage en roulant. Le crantage plus marqué de cette version alu rend la manipulation plus facile et je suis plus précis dans la manœuvre. Le transfert de puissance est très bon. Sur le plat, calé en fond de selle et dans les drop je sens l’efficacité de la rigidité. Cette semelle rigide ne rend pas la chaussure inconfortable.

Bilan

Test Gaerne G.STL avec BOA Li2 - photo Bike Café
De toutes mes chaussures de vélo c’est de loin la meilleure et surtout celle qui a le mieux réussi à associer des qualités qui pourraient être antagonistes – Photo Bike Café

Efficacité et confort : pour moi les deux cases sont cochées pour cette G.STL. De toutes mes chaussures de vélo, c’est celle qui a le mieux réussi à associer ces qualités qui pourraient être antagonistes. Le look sophistiqué, mélangeant noir mat et brillant et le doré, est sublime. C’est un modèle dédié au 60ème anniversaire de la marque italienne. Le Boa System apporte un plus esthétique et technique. La répartition des tensions de serrage est parfaitement dosée et équilibrée. La contre partie du confort est le poids : elles pèsent 300 g, ce qui à côté de mes Fizik Infinito peut paraître lourd, avec une différence en sa défaveur de 70 g. C’est pour cela que cette Gaerne G.STL va cibler plutôt les pratiques longue distance, pour lesquelles le confort contribuera à la performance.

Reste le prix de ce modèle haut de gamme qui peut faire tousser. Ramené à mon budget de chaussures de Running, je le relativise. Une paire de Gaerne G.STL fera plusieurs saisons, ce qui n’est pas le cas en course à pied, où autrefois quand je courais beaucoup, j’usais 3 paires / an.           

Caractéristiques

  • Excellent indice de rigidité de 12.
  • Poids : 300 g (taille 43).
  • Couleur : Noir mat/Or.
  • Prix : 419 €

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