Quel est mon moyen de transport préféré ? Le vélo, vous l’aurez deviné. Et quand il faut avaler 600 km en quelques heures, alors le train est mon ami. Voyager sur les rails permet de se poser, et lire. Ce week-end mon compagnon de voyage était ce premier livre de Benjamin Coissard.

La première raison qui m’a donné de lire ce roman est une interview de l’auteur que vous pouvez retrouver ici.

Et oui, je suis plutôt touché par ce type de discours : « Pour cette population rurale, la course cycliste ou le match de foot du dimanche sera la seule sortie et la seule animation du village. Il n’y a pas ou plus de cinémas, de bars ou d’expositions. Le sport est un événement culturel. »

Benjamin Coissard
Le premier roman de Benjamin Coissard

Sans faire mon bobo parisien, c’est vrai qu’ici nous sommes plutôt habitués aux grands évènements, à l’élite du sport, au sport qui brille. L’Équipe de France de Football, fraîchement auréolée de sa deuxième étoile, défile sur les Champs-Elysées et non sur la Place Saint-Pierre de Caen. Pareil pour l’arrivée en fanfare du Tour de France, après avoir traversée la France rurale, le strass et les paillettes sont réservés à la Capitale. Et si le sport ne nous intéresse pas, des bars, des expositions, des cinémas, … on trouve assez facilement de quoi s’occuper l’esprit et se socialiser. Enfin, j’aime bien l’idée que le vélo soit un évènement culturel. Cela me donnera un argument que je pourrais servir à ma femme quand je négocierais une sortie un dimanche matin. « Je ne vais pas rouler, chérie, je vais me cultiver je t’assure … ».

L’auteur, dans cette interview, évoque aussi le cyclisme comme étant un sport honteux. Comme un fardeau qu’il a dû porter dans sa jeunesse (Benjamin a couru autrefois au niveau régional).

« Et puis cette « passion honteuse » est aussi liée à la tenue du coureur. Pour certains hommes, mettre un cuissard ou un maillot près du corps, ce serait une atteinte à leur virilité. »

Parler ainsi de notre habit de lumières me plait aussi pas mal. Certains d’entre-nous sont prêts à porter pour plus de 1000 euros (prix catalogue) d’équipements pour suer dedans. Ils pensent, à tort sans doute, qu’en y mettant le prix, à défaut d’être beaux, ils ne seront pas trop moches.

Cette interview a été pour moi une invitation à passer chez mon libraire.

Le livre en main, je m’interroge si sa couleur jaune est un clin d’œil ou un coup marketing. Une façon de mette en opposition ce maillot tant convoité, avec le dessin du destrier de cyclo-cross que l’on imagine en acier Reynolds des années 1990. Ceux qui ont l’œil averti, s’étonneront des pneus cramponnés et des freins à tasseaux. Enfin, je m’aperçois que ce premier livre de Benjamin Coissard est également le premier livre de cette maison d’éditions. Je trouve cela presque émouvant, toutes ces premières fois réunies. Un peu comme le jour où je me ferais mon premier Ventoux, je serais ému et j’aurais probablement les jambes en coton.

Je vous laisse découvrir l’histoire en lisant le pitch de la maison d’éditions qui est parfait.

Ce roman permet de se projeter – pourquoi pas ? – et de se préparer à sa première compétition officielle de cyclo-cross, car c’est dans cette discipline que Loïc Benoit tente de briller. Les petits trucs et astuces des coureurs amateurs, qui s’alignent sur la ligne de départ. Benjamin nous fait vivre la course, ça sent la boue et la bouse et ça sent bon.

Ce livre, devrait être distribué dans toutes les écoles de cyclisme de France. Il parle d’un niveau que l’on pense accessible, parce qu’il évoque finalement le cheminement que tous les champions ont dû parcourir avant de devenir les étoiles médiatisées du cyclisme. Eddy, Bernard, Laurent, Jacques, Frank, Jann, Chris, Raymond, Geraint, Marion, Pauline, Jeannie, Peter, Greg,… ils ont tous, sans exception, un jour été de près ou de loin semblables à Loïc Benoit ou aux frères Michel.

Au fil des pages vous découvrirez le vélo d’en bas, celui des campagnes, celui des tours et des querelles de clochers. Benjamin nous confirme que le vélo, pardon le cyclisme, est presque toujours une histoire de famille, d’ambitions contrariées, une histoire de souffrances physiques et souvent psychologiques. À moins que ? À moins que, ce ne soit un refuge et une affirmation de soi ? La réponse à cette question, vous ne l’aurez qu’à la fin du livre en ce qui concerne notre héros. Et vous, sauriez-vous décrire l’ensemble des raisons qui vous motivent à pédaler ?

Si vous ne trouvez pas ce livre dans votre bike café préféré, demandez-le, je suis certain que les éditions de L’Éclisse se feront un plaisir de lui faire parvenir quelques exemplaires qui se vendront bien.

Informations

Pitch de l’éditeur

« Chez les Benoit, on est vélo. Élevé depuis son plus jeune âge dans la religion du cyclisme, Loïc essaie tant bien que mal de dissimuler cette passion qu’il aime autant qu’elle lui fait honte.

Comment, de retour au bureau le lundi matin, assumer d’avoir passé la veille à pédaler sang et eau pour gagner des courses de clocher ? Dur de retrouver les moqueries de ses collègues après les encouragements ou les huées des fans de la veille…

Pourquoi alors s’obstiner à troquer son costume propret de citadin pour le lycra châtoyant du maillot le week-end venu ? Endurer souffrances et privations, préparations et entraînements, angoisses et pression de la compétition ?

Pour gagner. Gagner pour les Benoit. Gagner malgré les crevaisons et les sauts de chaîne, gagner malgré les côtes boueuses et les virages glissants… Gagner et monter encore une fois sur le podium pour enfin, étoile d’un instant, briller dimanche. »

À propos de l’auteur

Benjamin Coissard
Benjamin Coissard

Benjamin Coissard a 34 ans. Il est enseignant en mathématiques dans un lycée professionnel. Il écrit depuis une dizaine d’années et avant ce premier roman, il avait écrit des nouvelles et de la poésie. Il a rencontré celui qui deviendra son éditeur en 2009 lors du prix Arthur Rimbaud.

Côté sport, il a commencé le vélo il y a vingt et un an et a pratiqué la compétition à un niveau régional. Issu d’une famille de cyclistes, il y a introduit pas mal de points communs entre Loïc Benoit et lui dans cet ouvrage.

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