“En latin, Dilecta pourrait se traduire par « aimée, estimée » … „ photo Philippe Aillaud

Je n’avais jamais encore roulé sur un vélo « trait d’union » : c’est chose faite. Je viens de tester le Dilecta Le Blanc et ce vélo est une véritable passerelle entre l’époque glorieuse d’une marque disparue à la fin des années 60 et l’actuel renouveau des beaux vélos français. J’avais rencontré en septembre 2020 Eric Vanhaverbecke, qui a relancé la marque Dilecta. Le vélo que je teste n’était alors que quelques tubes d’acier. Nous avons parlé de l’histoire de la marque Dilecta en regardant, autour d’un café, les photos de son père qui portait fièrement le maillot de l’équipe Kakomé Dilecta.

Test du vélo Dilecta Le Blanc
Nous avons choisi de tester dans un premier temps le vélo de route, construit sur la base d’un cadre en acier – photo Philippe Aillaud

Le Blanc est le nom du modèle route que j’ai testé, mais c’est aussi celui du lieu de naissance de la marque Dllecta. En latin, Dilecta pourrait se traduire par « aimée, estimée », voilà un bon présage avant de se lancer dans ce test. La marque était très célèbre avant la guerre, elle vient de renaître en donnant naissance, pour l’instant, à deux modèles, nous avons choisi de tester dans un premier temps le vélo de route, construit sur la base d’un cadre en acier. Nous avons également en cours de test au Bike Café, le modèle gravel baptisé « Forçat ».

Histoire d’une résurrection

Le mot résurrection est fort pour qualifier le retour à la vie de la marque Dilecta. Il n’y a rien de biblique, ni de miraculeux dans cette renaissance, elle est simplement l’oeuvre d’un homme passionné de vélo : Eric Vanhaverbeke. L’histoire est néanmoins savoureuse. Un jour, Éric retrouve dans un tiroir de vieilles photos de son père qui était coureur cycliste professionnel dans les années 60. Il posait en compagnie de Darrigade, Marcarini, Mastrotto, Vermeulen, … et d’autres, sur ces photos en noir et blanc avec un maillot Kakomé Dilecta. La marque, installée au Blanc dans l’Indre, était puissante avant guerre, produisant jusqu’à 25 000 vélos par an Dans les années 60, l’entreprise berrichonne avait tenté un retour dans la compétition avec cette équipe pro, que l’on a vue en 66 et 67, avant d’arrêter son activité en 1968 face à la montée en puissance d’autres marques comme Peugeot, Mercier, Gitane et Motobécane. Eric fait des recherches : la marque était éteinte, il décide de la faire revivre.

Le passé réinventé

Test du vélo Dilecta Le Blanc
Le nom du modèle « Le Blanc » peint sur la base arrière de ce vélo – photo Philippe Aillaud

Grâce à ses connaissances dans le milieu cycliste, Éric s’entoure d’une équipe pour concevoir des vélos actuels, plutôt haut de gamme, en revisitant ainsi l’ancienne marque du Berry. L’exercice impliquant l’évocation des racines d’un passé glorieux, dans le cadre d’un nouveau projet, n’est pas simple. Le vélo que je découvre intègre subtilement des marqueurs d’autrefois, sans concession au modernisme et au niveau technique des beaux vélos actuels. Le nom du modèle « Le Blanc » peint sur la base arrière de ce vélo et sa couleur jaune qui était identitaire des vélos Dilecta – comme le fuschia l’était aux Mercier, le vert aux Heyliett, le blanc aux Peugeot, le bleu aux Gitane, … – évoquent les racines de ce passé.

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André Darrigade a couru sur les cycles Dilecta

Si vous passez un jour dans la région arrêtez vous au Blanc : les traces de cette histoire y sont encore présentes. Vous pourrez visiter le musée des amis du Blanc où vous verrez des vélos Dilecta et dans cette commune de l’Indre, d’un peu  plus de 6000 habitants, il y a un vélodrome avec une piste ciment qui a vu tourner les plus grandes gloires du vélo.

Le retour de l’acier

Le modèle Le Blanc est un vélo de route construit en Columbus Spirit HSS, le haut de gamme en matière de tubes en acier. La fabrication du cadre été confiée à Cyfac qui construit déjà des vélos sous sa propre marque, mais également pour les marques Méral et WishOne. Les Dilecta bénéficient de la même qualité de construction que les vélos sur-mesure de Cyfac, car ils sont soudés par les mêmes artistes du chalumeau à La Fuye en Indre-et-Loire.

Test du vélo Dilecta Le Blanc
Les cadres Dilecta sont soudés par des artistes du chalumeau … photo Dilecta

Le vélo est doté d’une douille conique sur laquelle on trouve une fourche carbone Futura SLX. Les freins sont de type Flat Mount. Le retour de l’acier, pour construire de beaux vélos, plus intemporels que les modèles en carbone, est en marche depuis quelques années. On revient à une tendance vélo « à la française » qui relance une tradition qui était devenue confidentielle depuis les années 80.

Test du vélo Dilecta Le Blanc
photo Philippe Aillaud

Dilecta s’inscrit parfaitement dans ce renouveau qui a vu également le retour du Concours de Machines qui a remis en lumière l’artisanat du cycle. Le retour de l’acier est donc en marche, et il est désormais prouvé qu’un vélo de 8,5 kg, comme celui-ci, doté de bonnes roues avec des pneus confortables pouvait tout à fait être endurant et performant. Recherche de confort, valorisation d’un travail manuel abouti, durabilité, personnalisation, … l’acier redonne ces valeurs aux vélos actuels.

Confortable et sportif

Cette période hivernale n’est pas idéale pour rouler et je dois dire qu’il m’a été parfois nécessaire de me pousser pour aller rouler. Gants chauffants, et emmitouflé je me suis lancé quand même sur les routes du pays d’Aix. La beauté de ce vélo a rendu la chose plus facile. Le jaune lumineux de sa robe invite à partir et au sein d’un peloton le vélo se démarque. « C’est quoi ce nouveau vélo que tu testes Patrick ? », me dit-on dans mon petit groupe du dimanche matin.  J’explique le renouveau de Dilecta et je ne réponds pas à la petite blague relative à la couleur évoquant un vélo de facteur de la Poste. D’ailleurs la petite vanne sera ravalée par son auteur dans la cote suivante, où sur 2 kilomètres il s’échinera sur son carbone à 7,5 kg à essayer de suivre mon Le Blanc …

Test du vélo Dilecta Le Blanc
Deux kilomètres dans la Cride, montés en relances en danseuse « à l’ancienne » avec du braquet … photo Bike Café

Au bout de 2 sorties les qualités routières de ce vélo me sont apparues par l’arrière. Je m’explique … Le bon rendement d’un vélo de route passe par sa capacité à rester bien en ligne. Le louvoiement de la roue avant, même peu perceptible, vous le comprendrez est préjudiciable à l’efficacité. Ce Dilecta est guidé sur la route par son triangle arrière qui apporte une très bonne rigidité latérale. Je le ressens particulièrement dans les faux plats montants avec du braquet. Le vélo file bien droit. Dans les bosses, je n’ai pratiquement pas utilisé le plateau de 34 pour passer les difficultés locales.

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Ce Dilecta est guidé sur la route par son triangle arrière qui apporte une très bonne rigidité latérale – photo Bike Café

Je ne vais pas revenir sur ce qui a été dit dans l’excellent article de Jean-Lin Spriet à propos du poids des vélos. Ce routier sportif, construit en acier, sera plus lourd qu’un carbone. Ceci dit il est bon de savoir pour ceux qui préfère ce matériau, que Dilecta prépare la suite avec une version carbone route. Ce Le Blanc construit en Columbus Spirit HSS, pèse 8,7 kg sur la balance avec pédales, compteur, …

Test du vélo Dilecta Le Blanc
Ce Le Blanc construit en Columbus Spirit HSS pèse 8,7 kg sur la balance avec pédales, compteur, … photo Bike Café

En danseuse, un peu à l’ancienne, dans un déhanchement rythmé, j’ai pris plaisir à utiliser le ressort de l’acier. L’équipement du modèle de test, qui est un modèle de « pré série », est parfait. Les roues Mavic montées avec chambres sur les Hutchinson Fusion, filent bien sur la route. Là encore j’ai pu comparer en roulant en groupe. J’étais obligé de freiner par moment car, malgré mon poids relativement léger de 64 kg : je descendais bien plus vite que mes compagnons, pourtant plus lourds. Le comportement en descente est sain, les trajectoires précises et le vélo se pilote sans surprise.

Sur le plat, et dans les légères descentes, l’inertie est une alliée extraordinaire. Quelques coups de pédales pour rester dans les roues suffisent. Contrairement aux vélos très légers, sur lesquels il faut remettre en permanence des watts dans la « chaudière », le vélo trace bien lorsqu’il est lancé. J’ai découvert la forme intéressante du guidon carbone Deda Superzero. Ce guidon possède une partie plate inclinée, qui offre une pose de mains particulièrement ergonomique. Par contre, pour y mettre des prolongateurs et différents supports, il faudra choisir un autre modèle. Les périphériques en carbone choisis pour ce vélo sont de qualité et le montage est cohérent.

Un caractère sportif évident

Test du vélo Dilecta Le Blanc
Un caractère sportif évident pour ce Dilecta Le Blanc – photo Bike Café

Au total j’ai fait 500 km de route, lors de cet essai, souvent seul, et parfois en groupe et j’ai particulièrement apprécié le rendement de ce vélo qui sera un excellent « routier » au caractère sportif évident.  Sa première qualité vient de la rigidité du triangle arrière qui est la base  d’appui du vélo et qui lui renvoie une très bonne motricité.

Test du vélo Dilecta Le Blanc
Bonne motricité en relance – photo Bike Café

Les tubes d’acier ont été formés et aplatis pour réussir l’alliance difficile du confort et de l’efficacité. La rigidité, issue de cette alchimie, permet de garder le vélo dans un rail. Bien campé sur ses bases, le vélo ne bouge pas et on évite ainsi l’effet « zigzag » transmis à l’avant, préjudiciable à la progression. Ce Le Blanc excelle par exemple dans les faux plats montants, bien calé sur la selle lorsqu’on appuie sur les pédales le vélo donne tout ce qu’il a. Pour passer des « raidards » il suffit de se lever en danseuse et mettre un peu de puissance : le vélo ne part pas à la godille.

Test du vélo Dilecta Le Blanc
L’acier, oublié pendant de nombreuses années par les marques de cycles, redevient aujourd’hui un critère de choix pertinent et différenciant – photo Bike Café

Côté confort, l’acier et les pneus de 28 apportent la nécessaire souplesse verticale de l’ensemble. L’acier, oublié pendant de nombreuses années par les marques de cycles, redevient aujourd’hui un critère de choix pertinent et différenciant. Sur le site Dilecta, vous aurez un choix de montages différents proposés : en Shimano (Ultegra  DI2)  et en Campagnolo (Chorus et Super Record). Pour 300 € vous pourrez avoir une couleur spécifique avec vos initiales ou votre nom point sur le cadre.

Les disponibilités actuelles sont de l’ordre de 3/4 semaines (si le cadre brut est disponible en stock), 3 mois sinon. Il faudra compter 3 à 4 mois pour une commande cadre ou vélo à la demande. Les kits cadres & fourches sont disponibles ainsi que les commandes de vélos complets sur le site de la marque.

Petit plus : la gamme de vêtements DILECTA complétera votre équipement … J’ai personnellement apprécié le cuissard lors de quelques sorties. Voir sur le site

Géométrie

Test du vélo Dilecta Le Blanc
Une peinture de qualité – photo Dilecta
Test du vélo Dilecta Le Blanc
Géométrie du Dilecta Le Blanc
Tailles XS – 51cm S – 54cm M – 56cm L – 58cm XL – 61cm
A – Top Tube 536,7mm 550mm 566mm 580mm 594mm
B1 – Seat tube 510mm 532mm 545mm 564mm 583mm
B2 – Seat tube 470mm 492mm 505mm 524mm 543mm
C – Chain Stay 418mm 418mm 418mm 418mm 418mm
D – Head Tube 120mm 140mm 150mm 170mm 190mm
E – Seat tube angle 74° 73,5° 73° 73° 73°
F – Fork height 368mm 368mm 368mm 368mm 368mm
G – Head tube angle 72° 72,5° 73,5° 73,5° 73,5°
H – BB drop 68mm 68mm 68mm 68mm 68mm
R – Fork rake 45mm 45mm 45mm 45mm 45mm
S – Sloping 5,7° 5,3° 5,3° 5,3° 5,2°
Reach 384mm 386,6mm 394,2mm 402,4mm 410,5mm
Stack 528,9mm 549,7mm 562,8mm 581,8mm 601mm
Wheel base 993,5mm 998,1mm 1000,1mm 1014mm 1027,8mm

Caractéristiques

Test du vélo Dilecta Le Blanc
Le Blanc cadre acierColumbus Spirit HSS – fourche carbone Columbus Futura SLX – photo Philippe Aillaud

Sur le vélo essayé :

  • Modèle : Le Blanc cadre acierColumbus Spirit HSS – fourche carbone Columbus Futura SLX
  • Groupe : Shimano Ultegra DI2
  • Roues Mavic Cosmic SL32 avec pneus Hutchinson Fusion performance
  • Périphériques : cintre, potence, tige de selle en carbone Deda Superzero – porte bidons Zéfal Pulse L2 carbone –  Selle  Italia SLR  boost manganese
  • 5 Tailles (XS, S, M, L, XL)
  • Poids : 8,4 kg
  • Prix : 6490 €

Découvrez tous les prix et détails sur le site de Dilecta 

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