L’édito de Bike Café
Ce matin, sur mon petit vélo, je me sens mieux car j’ai réglé ma hauteur de selle au « millipoil ». Après un changement de pédales, j’ai dû revoir mon réglage : rien n’est acquis sur un vélo. J’ai remarqué à cette occasion que l’unité de mesure qui caractérise le progrès sur le vélo est le millimètre. Quand j’ai repris le vélo en 2008, nous roulions sur des pneus de 23 mm qui sont passés rapidement à 25, puis 28, 30, 32… Depuis l’avènement du freinage à disque, la largeur des pneus s’est sentie libre. On nous a dit : confort, rendement, sécurité… alors pourquoi s’en priver ! Difficile pour certains de l’admettre. Il y a quelques années, un copain qui changeait de vélo a acheté un Giant équipé en standard de pneus de 28 mm tubeless, alors qu’il avait précédemment l’ancien modèle en 25, avec chambre à air. Il était catastrophé, me disant qu’il allait les démonter pour remettre des 25… Il a depuis compris l’intérêt de cette progression des pneumatiques. Pour les manivelles c’est pareil, mais cette fois dans le sens de la déflation. On oublie nos 172,5 – résultat de (170 + 175) / 2, nous obligeant à chatouiller le 1/2 millimètre – pour choisir des 165 mm. Tadej Pogačar est passé par là. Je ne vous parle pas du reste : toutes les mesures sur un vélo s’expriment en millimètres. Paradoxe pour une machine qui évolue à coup de millimètres, alors qu’elle se destine à parcourir des kilomètres (couverture : mon nouveau vélo millimétré par Quokka)

Cette constatation matinale n’est pas l’objet de cet édito, mais elle y conduit. Je voulais juste partager avec vous mon étonnement sur ces tout petits millimètres qui semblent être peu de choses, mais qui ont opéré des transformations profondes sur nos vélos. L’élargissement de la section des pneus millimètre par millimètre a changé la donne. Il est démontré que cette majoration, qui parait infime, améliore le freinage, la tenue en virage, le confort… L’ensemble des cyclistes, des professionnels jusqu’aux cyclistes du quotidien, profite de ces avancées et nous vivons une sorte d’effet papillon. Bénéfique cette fois, puisqu’il ne nous renvoie pas au chaos, mais nous conduit au progrès. Mine de rien, tous ces millimètres par-ci, par là, ne facilitent pas la vie des concepteurs de vélo. La chasse d’une fourche (trail en anglais), qui détermine la tenue de route et le pilotage, peut également être influencée par ces millimètres supplémentaires. Si on raisonne par l’extrême en passant d’un pneu de 25 à un 50 sur le même vélo, on aura un comportement différent.
Au Bike Café, les effets sur le monde du vélo, issus des marginalités techniques ou d’usage, nous intéressent. Le battement de l’aile d’un papillon, qui semble être un détail par rapport aux sujets récurrents, déclenche chez nous une grande curiosité. S’informer au début sur une nouveauté, une tendance, une pratique nouvelle, une culture… nous passionne. Ce matin je mesure que le vélo ne m’a pas encore dévoilé tous ses secrets. Cet objet qui se déplace agréablement grâce à cette harmonie millimétrée mérite qu’on l’observe et qu’on le comprenne. C’est la mission qu’on s’est donnée avec Bike Café.
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