Le 24 août dernier, VAN RYSEL officialisait l’arrivée de deux nouveaux gravel. Dans notre écho des marques, nous avions évoqué cette évolution de la gamme, avec la volonté de la marque nordiste de proposer une nouvelle approche du gravel, pensée pour répondre aux attentes des pratiquants, compétiteurs ou non !

C’est l’EDR-G CF que j’ai eu l’occasion de prendre en main. Dans sa version équipée du Shimano GRX monoplateau, ce gravel en carbone mise sur une conception orientée endurance, un rangement intégré au cadre et de nombreuses possibilités de fixation pour adapter le vélo à ses sorties. Mais au-delà des caractéristiques annoncées, qu’en est-il sur le terrain ?

Pour me faire une idée, j’ai choisi de commencer avec mes roues DT Swiss en carbone, avant de revenir au montage d’origine en aluminium. Une manière de découvrir le vélo sous deux configurations et d’en apprécier les différentes facettes.
J’ai ensuite mis l’EDR-G à l’épreuve sur une longue distance, à l’occasion d’un BRM gravel de 200 km. Un terrain de jeu intéressant pour évaluer son comportement au fil des kilomètres et établir un bilan de cet essai.
Un gravel carbone pensé pour l’endurance
Avec son cadre et sa fourche en carbone, le VAN RYSEL EDR-G affiche une conception orientée vers les longues sorties, sans oublier les contraintes propres à la pratique du gravel. Le cadre intègre un compartiment de rangement et dispose, avec la fourche, de 15 points de fixation pour adapter le vélo à différents usages.

Le rangement intégré est particulièrement intéressant : le kit de réparation fourni comprend une chambre à air en TPU, un multitool, une mini-pompe et deux démonte-pneus. L’ensemble représente environ 260 g. C’est autant de matériel que l’on peut directement emporter dans le cadre, sans devoir nécessairement utiliser un support ou une sacoche supplémentaire.


Fiche technique du VAN RYSEL EDR-G CF Shimano GRX 610
| Caractéristique | Description |
|---|---|
| Cadre | Carbone, compatible UDH |
| Fourche | Carbone |
| Transmission | Shimano GRX 610 mécanique, monoplateau 12 vitesses |
| Boitier de pédalier | type press fit |
| Plateau | 40 dents |
| Cassette | Shimano XT 10-51 dents |
| Dérailleur arrière | Shimano GRX RX822-SGS |
| Commandes et freins | Leviers Shimano GRX 610 et étriers GRX 400 |
| Disques | Shimano RT64, 160 mm à l’avant et à l’arrière |
| Roues d’origine | DT Swiss G1800 Spline en aluminium |
| Moyeux | DT Swiss 370 |
| Jantes | 20 mm de hauteur, 26 mm de largeur interne |
| Pneus d’origine | Schwalbe G-One R Performance, 700 × 45 mm |
| Dégagement maximal annoncé | 50 mm |
| Tige de selle | Carbone |
| Cintre | DEDA GERA en aluminium |
| Géométrie du cintre | Rehausse de 10 mm, backsweep de 12°, flare de 24° |
| Points de fixation | 15 sur le cadre et la fourche |
| Rangement intégré | Compartiment dans le cadre avec kit de réparation fourni |
| Poids annoncé | 9,75 kg en taille M, sans pédales |
| Prix public | 2 199,99 € |

La présence d’une tige de selle en carbone est appréciable à ce niveau de prix. Elle participe à la cohérence de l’équipement, même si le confort final dépend de nombreux paramètres : la géométrie, les pneus, leur pression et bien sûr le poste de pilotage.


VAN RYSEL EDR-G : une géométrie qui inspire confiance
C’est l’un des premiers aspects qui m’a marqué à la prise en main : l’EDR-G m’a semblé très proche de mon Canyon Grizl dans ses sensations générales, tout en affichant un comportement encore plus stable et facile à appréhender.

Les données de géométrie apportent quelques éléments de lecture. En taille M, l’EDR-G présente un reach de 380 mm, contre 402 mm pour le Grizl CF SL 8. Son tube supérieur est également plus court, tandis que l’angle de direction de 70,5° est plus ouvert que celui du Canyon, annoncé à 72,25°. Les bases mesurent 435 mm sur les deux vélos.
Ces différences peuvent contribuer à expliquer les sensations ressenties, notamment cette impression de stabilité et de facilité lorsque le terrain devient cassant. L’angle de direction, à lui seul, ne suffit toutefois pas à déterminer le comportement du vélo : le déport de fourche, les pneus et leur diamètre interviennent également.

Sur le terrain, j’ai trouvé l’EDR-G rassurant. Il donne envie de se laisser guider, sans avoir constamment à corriger sa trajectoire. Pour quelqu’un qui découvre le gravel, cette facilité de prise en main peut constituer un véritable avantage. Cela ne remplace évidemment pas l’apprentissage technique, mais un vélo prévisible aide à prendre confiance.
La position m’a également paru naturelle, avec moins de tensions musculaires ressenties. J’ai toutefois une petite réserve concernant la possibilité de poser les avant-bras sur le haut du cintre pour varier les appuis sur les longues portions roulantes : la forme du DEDA GERA ne s’y prête pas aussi naturellement que je le souhaiterais.
Une première configuration en roues carbone
Pour cette première partie de l’essai, j’ai installé mes roues DT Swiss en carbone, avec leur profil de 42 mm, chaussées de pneus de 55 mm. L’objectif était de conserver un ensemble roues-pneus proche de celui que j’utilise en ce moment afin de mieux appréhender le comportement du cadre.

Je suis rapidement parti dans l’Estérel, sur un itinéraire que j’ai plutôt l’habitude de parcourir à VTT. Les pistes cabossées ne lui ont pas posé de problème : l’EDR-G les avale sans difficulté et conserve une belle stabilité lorsque le terrain se dégrade.

Sur une montée technique particulièrement cassante, je suis même passé presque aussi facilement qu’avec mon VTT. La transmission y contribue largement. Avec son plateau de 40 dents et sa cassette de 10 à 51 dents, le vélo dispose d’un développement minimal de 0,78, suffisamment court pour conserver de la marge dans les passages difficiles. C’est d’ailleurs la même cassette que celle que j’utilise sur mon VTT.
Il faut néanmoins préciser que mes pneus de 55 mm dépassent le dégagement maximal de 50 mm annoncé par VAN RYSEL. À l’avant, le passage ne m’a pas posé de problème. À l’arrière, en revanche, le dégagement est très juste. Sur terrain sec, cette configuration s’est montrée exploitable, mais je resterais prudent dans la boue ou lorsque les chemins sont très chargés en débris.

VAN RYSEL annonce un usage orienté vers le gravel d’endurance, sur route et chemins peu à moyennement accidentés. Avec des pneus plus larges, l’EDR-G peut aller chercher des terrains plus exigeants. Cette première sortie m’a donné envie de poursuivre l’essai sur une distance plus importante, avec un objectif : vérifier si ce confort et cette facilité se confirment au fil des kilomètres.
Un BRM gravel de 200 km pour juger de l’endurance
Pour aller au-delà des premières sensations, j’ai engagé l’EDR-G sur un BRM gravel de 200 km dans l’Estérel. Au compteur : 191,71 km, 3 925 m de dénivelé positif et 101,61 km de chemins non goudronnés pour 12 h de selle. Je raconte le déroulement de cette sortie plus en détail dans mon article consacré au BRM gravel de 200 km dans l’Estérel. Ici, c’est surtout le comportement du vélo sur la durée qui m’intéresse.

Sur une telle distance, le confort ne se résume pas à la capacité du cadre à absorber les chocs. Il faut aussi considérer la position, les appuis, les pneus et tous ces petits détails qui finissent par compter lorsque l’on passe une journée entière sur le vélo.

J’ai particulièrement apprécié le confort feutré de l’EDR-G. Les chemins restent perceptibles : on ne peut évidemment pas effacer les aspérités du terrain. Mais, les vibrations sont bien filtrées et je n’ai pas été gêné par des bruits de gaines venant taper à l’intérieur du cadre. Je n’ai pas non plus ressenti de vibrations particulièrement désagréables remontant vers la selle ou les bras.

Au fil des heures, cette capacité à limiter les sollicitations répétées participe à réduire la fatigue. C’est un point important pour un vélo qui revendique une vocation endurance. J’avais déjà pu apprécier les qualités d’endurance d’un autre modèle de la marque lors de mon essai du VAN RYSEL EDR CF ULTRA. Avec l’EDR-G, je retrouve cette attention portée au confort, particulièrement appréciable lorsque les kilomètres s’accumulent.

Le cintre DEDA Gera mérite également que l’on s’y attarde. Son flare prononcé procure un appui intéressant dans les descentes lorsque les mains sont placées en bas du cintre. Sa forme supérieure, avec une légère rehausse, m’a aussi incité à poser les mains sur le haut pour soulager le haut du corps. Je souhaitais essayer ce type de cintre depuis quelque temps et cette sortie m’a permis d’en découvrir les avantages. La position devient plus haute (donc reposante pour le haut du corps) lorsque la cadence diminue.

Tout n’est pas parfait pour autant. La selle VAN RYSEL d’origine ne m’a pas convenu sur cette longue distance. C’est évidemment très personnel : une selle qui ne correspond pas à ma morphologie ou à mes habitudes pourra tout à fait convenir à un autre cycliste.
Le rangement intégré a également montré son intérêt lors de cette journée. J’utilise habituellement une petite boîte à outils Topeak fixée sous le tube diagonal, à la place du porte-bidon inférieur. Avec l’EDR-G, le compartiment du cadre permet de loger le nécessaire de réparation fourni, ce qui libère cet emplacement. Il faudra simplement vérifier que la chambre à air fournie est adaptée à la largeur des pneus utilisés.

Un montage d’origine qui tient la route
Après cette première configuration, je suis revenu au montage d’origine : les roues DT Swiss G1800 Spline en aluminium, équipées de Schwalbe G-One R Performance en 45 mm.

Il n’est pas question ici de considérer les roues en aluminium comme un équipement au rabais. Les DT SWISS G1800 sont des roues de fabrication rigoureuse, dotées de moyeux infatigables DT 370. Le montage d’origine est fiable, cohérent avec le programme du vélo. Les pneus Schwalbe G-ONE R 45 mm complètent un ensemble qui permet de profiter de l’EDR-G sans devoir immédiatement envisager une évolution.

Avec les pneus de 45 mm, j’ai même eu le sentiment de percevoir encore davantage le travail de filtration du cadre. Les vibrations sont bien contenues et le vélo conserve un comportement dynamique. Avec ses bases de 435 mm, il répond bien aux sollicitations au pédalage et ne donne jamais cette sensation d’enclume que l’on peut parfois redouter sur un vélo pensé pour l’endurance.

Les roues carbone de ma première configuration m’avaient toutefois donné une impression différente sur les portions roulantes : le vélo semblait conserver sa vitesse plus longtemps. C’est un ressenti personnel, qui dépend aussi du profil des roues, des pneus et des conditions de roulage. Une paire de roues peut constituer une évolution intéressante pour qui souhaite faire évoluer son montage, mais elle n’est absolument pas indispensable pour apprécier le vélo tel qu’il est vendu.

Pour aller plus loin sur cette question des grosses sections, j’ai également consacré un essai au Maxxis Aspen ST en 55 mm. Un test qui permet de mieux comprendre ce que ces pneus de gros volume peuvent apporter, mais aussi les compromis qu’ils imposent sur un gravel.
Une transmission et un freinage bien pensés
Je reste attaché aux transmissions mécaniques, notamment pour leur facilité de dépannage et de réparation lorsqu’on roule loin de chez soi. Sur ce point, le Shimano GRX 610 mécanique à 12 vitesses m’a donné entière satisfaction.


Les changements de rapports sont précis et rapides. La commande permet de remonter de plusieurs pignons en un seul mouvement, jusqu’à trois dans le sens du développement plus facile, tandis que la descente des pignons s’effectue un par un. C’est pratique lorsque le terrain change rapidement ou qu’une pente se redresse sans prévenir.

J’utilise de mon côté une transmission mécanique Shimano GRX 800 à 12 vitesses. Sur le terrain, je n’ai pas constaté de différence de fonctionnement suffisamment marquée pour influencer mon choix. La différence de poids entre les composants existe, mais elle ne m’a pas sauté aux yeux pendant l’essai.

Pour le tarif proposé, l’équipement est bien pensé. Les commandes et leviers GRX 600 sont associés à une cassette et une chaîne Shimano XT, tandis que le dérailleur arrière GRX RX822-SGS appartient à la famille GRX 800. Le mélange des composants ne donne pas l’impression d’un montage déséquilibré : il permet de conserver une transmission adaptée au gravel, avec une large plage de développements.

Le freinage est confié à des freins Shimano GRX associés à des disques RT64 de 160 mm à l’avant comme à l’arrière. Les plaquettes en résine d’origine offrent un mordant satisfaisant et je n’ai pas ressenti le besoin de les remplacer. Des plaquettes plus haut de gamme peuvent bien sûr être envisagées selon les préférences et les conditions d’utilisation, mais ce n’est pas une dépense que j’ai jugée nécessaire durant cet essai.
L’heure du bilan
On a aimé
- La stabilité et la facilité de prise en main, même lorsque les chemins deviennent cassants ;
- Le confort sur longue distance, avec une filtration des vibrations particulièrement appréciable après plusieurs heures de selle ;
- Le dynamisme du cadre, qui répond bien au pédalage sans donner une sensation de lourdeur ;
- La transmission monoplateau Shimano GRX mécanique, précise, avec une large plage de développements grâce à la cassette 10-51 ;
- Le montage d’origine cohérent, avec les roues DT Swiss G1800, les pneus Schwalbe G-One R et un équipement bien pensé pour le prix ;
- Le rangement intégré au cadre et le kit de réparation fourni, pratiques pour les sorties longues.

On a moins aimé
- La selle d’origine ne m’a pas convenu sur une longue distance. C’est toutefois un point très personnel, qui dépend de la morphologie et des préférences de chacun ;
- Le reach assez court ne me permet pas de poser naturellement les avant-bras sur le cintre pour varier les positions sur les longues portions roulantes. L’ajout d’un prolongateur pourrait être une bonne alternative pour retrouver cet appui et gagner en confort sur les longues distances.
Pour qui ?
Le VAN RYSEL EDR-G CF s’adresse à ceux qui recherchent un gravel carbone polyvalent, avec une vraie orientation endurance. Il conviendra particulièrement aux cyclistes qui enchaînent les longues sorties, alternent routes et chemins et souhaitent conserver de la confiance lorsque le terrain devient plus exigeant.
Sa stabilité et sa facilité de prise en main en font aussi une option intéressante pour les pratiquants qui découvrent le gravel et veulent progresser sur des pistes variées. Sa transmission avec un développement court permet d’aborder sereinement les montées difficiles. Les adeptes de longues distances et de bikepacking apprécieront également le rangement intégré au cadre. Quant aux amateurs de dynamo, ils pourront profiter du passage interne prévu pour faciliter l’intégration du câblage.
À 2 199,99 €, l’EDR-G CF propose un ensemble cohérent pour qui privilégie le confort, la polyvalence et les longues distances plutôt que la recherche d’un vélo radicalement orienté compétition.
Pour en savoir plus
Retrouvez toutes les caractéristiques du vélo sur le site officiel de la marque : VAN RYSEL EDR-G CF.
Prix du EDR-G CF (modèle testé) : 2199,99 €
Site fabricant : VAN RYSEL EDR-G



