Le Vercors fait partie de ces territoires qui semblent avoir été dessinés pour le vélo d’aventure. Entre vastes forêts, hauts plateaux, anciennes voies de tramway, villages de montagne et pistes forestières, le massif offre un terrain de jeu exceptionnel pour celles et ceux qui aiment explorer autrement. Si le VTT y occupe historiquement une place importante, le gravel y trouve aujourd’hui un terrain d’expression particulièrement naturel.

Pendant deux jours, nous avons parcouru une sélection d’itinéraires imaginés pour découvrir les différentes facettes du massif. Des forêts d’Herbouilly aux gorges du Méaudret, des lieux de mémoire de la Résistance aux grandes étendues du Haut-Vercors, cette immersion nous a permis de découvrir une destination qui a su structurer une véritable offre dédiée au gravel, sans jamais perdre ce qui fait son identité : la nature, l’espace et le goût de l’aventure.
Les Grands Reportages sont des commandes passées à l’équipe rédactionnelle de Bike Café par des marques, des destinations ou des organisateurs qui souhaitent faire découvrir un produit, un territoire, un événement ou une expérience liés à l’univers du vélo. Réalisés sur le terrain, ils privilégient l’immersion, la rencontre et le récit afin d’offrir aux lecteurs un regard authentique sur les sujets abordés.
Ce Grand Reportage a été réalisé avec le soutien de la Communauté de Communes du Massif du Vercors.
Le Vercors, un massif façonné pour l’aventure à vélo
Le Vercors entretient depuis longtemps une relation privilégiée avec le vélo. Si le VTT y occupe historiquement une place importante grâce à l’étendue de ses espaces naturels et à son réseau de chemins, le territoire attire aujourd’hui une grande diversité de pratiquants. Au fil de notre séjour, nous avons croisé des cyclistes de tous horizons : vététistes, routiers, adeptes du VAE, mais aussi de nombreux voyageurs à vélo venus explorer le massif sur plusieurs jours.





Cette diversité s’est également retrouvée à Arcanson, notre camp de base durant ce séjour. Chaque soir, les discussions autour des vélos, des itinéraires et des aventures du jour réunissaient des pratiquants aux profils variés. Un reflet assez fidèle de ce qu’est devenu le Vercors : une destination qui a su développer une offre capable de répondre aussi bien aux attentes des sportifs qu’à celles des cyclotouristes en quête de découverte et d’immersion.
Une offre gravel structurée pour découvrir le Vercors
Parmi les différentes pratiques cyclistes présentes sur le territoire, le gravel trouve dans le Vercors un terrain particulièrement adapté. L’offre développée par la Communauté de Communes du Massif du Vercors s’appuie sur une sélection d’itinéraires classés selon quatre niveaux de difficulté (vert, bleu, rouge et noir), permettant à chacun de choisir un parcours en fonction de son expérience et de ses envies. Cette proposition s’inscrit dans une offre vélo plus large qui compte plusieurs centaines de kilomètres d’itinéraires balisés pour le VTT, le vélo de route et l’itinérance, avec notamment la Grande Traversée du Vercors (GTV), qui traverse le massif du nord au sud.


Les parcours gravel empruntent principalement les nombreuses pistes forestières, chemins carrossables et petites routes qui sillonnent le massif. Dans un territoire couvert à près de 60 % par la forêt, ils offrent une immersion privilégiée au cœur des paysages emblématiques du Vercors : plateaux d’altitude, forêts, falaises calcaires, alpages et villages de montagne. L’un des grands atouts de la destination réside dans cette possibilité d’enchaîner les kilomètres loin de la circulation automobile tout en profitant d’une grande diversité de terrains, de panoramas et d’ambiances, que ce soit pour une sortie à la journée ou une aventure sur plusieurs jours.
Arcanson, bien plus qu’un hébergement
Durant notre séjour dans le Vercors, nous avons posé nos sacoches à Arcanson, à Autrans-Méaudre. Cette maison familiale, fondée il y a plus de quarante ans et aujourd’hui dirigée par Sébastien et Aurélie, est bien plus qu’un simple hôtel-gîte : c’est aussi une agence de voyage spécialisée dans les activités de pleine nature. Été comme hiver, l’équipe organise des séjours autour du vélo, de la randonnée ou du ski nordique, en prenant en charge toute la logistique des itinérances, des hébergements au transport des bagages en passant par les itinéraires et le guidage numérique. Labellisé « Accueil Vélo », Arcanson dispose également d’équipements adaptés aux cyclistes, avec un local sécurisé, une station de lavage et de gonflage.





Mais ce qui fait vraiment la différence, c’est l’ambiance qui règne dans la maison. Les grandes tablées favorisent les échanges entre voyageurs, qu’ils soient vététistes, adeptes du gravel, randonneurs ou cyclotouristes, tandis que les repas généreux préparés par Dédé, cuisinier et cycliste passionné, prolongent naturellement les discussions autour des sorties du jour. Plus qu’un hébergement, Arcanson s’impose comme un véritable camp de base pour découvrir le Vercors à vélo, porté par une équipe accueillante et profondément attachée à l’esprit du voyage actif.
Jour 1 : entre forêts d’Herbouilly et mémoire du Vercors
Par Colin
Après un copieux petit-déjeuner pris à Arcanson, nous rejoignons rapidement le départ de notre itinéraire au niveau de La Bourrière. La journée débute par une belle montée sur piste forestière jusqu’à la route de Servagnet. À l’abri des arbres, la pente est régulière mais suffisamment soutenue pour faire monter le rythme cardiaque dès les premiers kilomètres. Pour cette première ascension, l’assistance de mon e-gravel s’est révélée particulièrement appréciable dans les passages les plus soutenus. Une longue descente nous conduit ensuite vers Lans-en-Vercors, tandis que quelques trouées dans la forêt dévoilent au loin des sommets encore enneigés.

Nous poursuivons sur une agréable piste roulante, la ViaVercors, aménagée en partie sur l’ancienne voie du tramway Grenoble–Villard-de-Lans. Mise en service au début du XXᵉ siècle pour désenclaver le plateau du Vercors, cette ligne ferroviaire électrique a fonctionné jusqu’en 1951 avant d’être remplacée par les transports routiers. Aujourd’hui reconvertie en voie douce, son tracé offre aux cyclistes un itinéraire confortable et chargé d’histoire.





Après Villard-de-Lans, nous alternons petites routes et pistes forestières en direction de Corrençon-en-Vercors, porte d’entrée de l’un des plus vastes domaines nordiques de France. Nous empruntons ensuite plusieurs portions des pistes nordiques qui traversent les vastes forêts de sapins et d’épicéas du Haut-Vercors. L’ambiance devient progressivement plus sauvage à mesure que nous gagnons de l’altitude, jusqu’à rejoindre la baraque de Malaterre où nous faisons une pause déjeuner bien méritée, dans une ambiance authentique et bienveillante.
La baraque de Malaterre, un siècle d’histoire et de transmission
Perdue au milieu des forêts du Haut-Vercors, l’auberge de Malaterre n’est pas une simple halte gourmande. Construite en 1904 par Séraphin, l’arrière-grand-père d’Alice, l’actuelle propriétaire, elle servait à l’origine d’abri aux bûcherons qui exploitaient la forêt de la Loubière. À une époque où les tracteurs n’existaient pas encore, le bois était extrait de la forêt grâce aux vaches Villardes, une race locale réputée pour sa robustesse et sa capacité à travailler dans les terrains difficiles du massif.

Transmise de génération en génération, la baraque est restée dans la même famille depuis plus de cent vingt ans. À la fin des années 1980, alors que le bâtiment tombait progressivement en ruine, les parents d’Alice décidèrent de lui redonner vie. Leur ambition n’était pas de transformer les lieux en attraction touristique, mais de préserver l’âme de cette ancienne baraque forestière. Aujourd’hui encore, les repas sont préparés sur une cuisinière à bois, le pain est cuit dans le four traditionnel de la ferme familiale et les recettes perpétuent un savoir-faire transmis au fil des générations.





À Malaterre, le mot transmission n’est pas un argument marketing. C’est l’histoire même du lieu. Une histoire familiale profondément enracinée dans les forêts du Vercors que l’on retrouve aussi bien dans l’accueil d’Alice et de son père Bernard que dans son assiette. Pour le voyageur à vélo, cette parenthèse hors du temps constitue bien plus qu’une simple pause déjeuner : c’est une rencontre avec une part du patrimoine vivant du massif. Pour ma part, c’est un vrai coup de cœur.
Herbouilly, un incontournable du gravel dans le Vercors
Le ventre satisfait et l’esprit encore imprégné des récits d’Alice, nous reprenons notre route en achevant l’ascension sur une petite route forestière. Le parcours alterne ensuite pistes et portions de route jusqu’à la prairie d’Herbouilly, l’un des sites les plus emblématiques du Haut-Vercors. Ancien alpage devenu aujourd’hui un vaste espace ouvert au cœur de la forêt, Herbouilly offre un contraste saisissant avec les kilomètres parcourus jusque-là sous le couvert des arbres. Ici, l’horizon s’élargit brusquement. Le vert intense des prairies se détache sur le bleu profond du ciel tandis que les crêtes environnantes dessinent un décor typiquement vercusien.


La progression à travers la prairie est un véritable moment de plaisir. Le regard porte loin, les reliefs se dévoilent et l’impression d’espace est omniprésente. Une nouvelle facette du Vercors apparaît alors, plus ouverte et pastorale que les forêts traversées depuis le matin. À la sortie de la clairière, nous poursuivons notre itinéraire en légère descente vers l’un des lieux les plus emblématiques du massif.
Valchevrière, un village martyr sur les chemins de la Résistance
Quelques kilomètres après avoir quitté la prairie d’Herbouilly, nous arrivons devant le monument dédié aux martyrs de Valchevrière. Une courte pause suffit pour comprendre que nous ne sommes pas dans un lieu comme les autres. Attirés par les ruines visibles en contrebas, nous décidons de parcourir les quelques centaines de mètres qui nous séparent du hameau.

Valchevrière est l’un des hauts lieux de la Résistance dans le Vercors. En juillet 1944, alors que les forces allemandes lancent leur offensive contre le maquis, une poignée de résistants commandés par le lieutenant Chabal défend le village jusqu’à son dernier souffle. Le hameau est finalement incendié et ne sera jamais reconstruit. Aujourd’hui, les ruines conservées et la petite chapelle restaurée témoignent de cette page tragique de l’histoire du massif. Plus de quatre-vingts ans après les événements, l’émotion reste palpable.




Nous repartons imprégnés de l’atmosphère de recueillement qui habite les lieux. La suite du parcours nous conduit dans les gorges du Méaudret où le ton change radicalement. Le sentier serpente au fil de l’eau dans une ambiance paisible et ombragée. Après cette parenthèse bucolique le long du ruisseau, nous retrouvons rapidement notre camp de base d’Arcanson, les jambes chargées de kilomètres mais surtout l’esprit nourri par la richesse des paysages, de l’histoire et des rencontres qui font le caractère si particulier du Vercors.
Jour 2 : la Route Barthélémy, l’autre visage du Vercors
Par Jean-Louis
Ce deuxième jour s’annonce aussi radieux que le précédent avec un soleil déjà bien présent lors de notre départ. Les participants d’une cyclosportive célèbre – une franchise venue de New-York – passent devant notre hébergement à grande vitesse et nous les abandonnons sans regrets à leur envie d’en découdre sur la route…
Nous démarrons par quelques bosses sur de petites routes, afin de chauffer la machine… et le bonhomme. On bascule dans la plaine d’Autrans avec le village en point de mire. Le chemin au revêtement idéal – gravier 1ᵉʳ choix – est bordé d’une verdure parsemée de touches jaunes de pissenlits et de boutons d’or. La progression est aisée, le cadre reposant, la température idéale : du gravel thérapeutique à prescrire en traitement aux stressés du métro-boulot-dodo !

Après une rapide traversée d’Autrans, où l’animation du dimanche matin est bien présente, nous commençons une ascension en sous-bois. D’abord, sur bitume puis dans les chemins forestiers. Nous grimpons ainsi jusqu’à l’altitude de 1300 m, toujours ombragés et bien contents de l’être !
Les haltes sont nombreuses pour admirer le paysage ou découvrir une curiosité naturelle : un scialet (https://fr.wikipedia.org/wiki/Scialet) ou une carrière ayant servi à extraire les lauzes, pierre naturelle utilisée traditionnellement pour la couverture des toits. La pratique du gravel est ainsi, en tous cas, telle que je la conçois : on peut descendre à bloc un chemin, grisé par la vitesse et le pilotage nécessaire à ce moment-là et, l’instant d’après, se mettre sur pause pour profiter d’un panorama ou découvrir la flore…




Nous cheminons toujours dans un sous-bois au soleil tamisé. Alors que notre guide local nous indique que nous sommes dans l’endroit le plus froid de la région, et apprécié à ce titre par les pratiquants de ski de fond, on découvre une plaque de neige. Je ne résiste pas à l’envie de la fouler de mes roues.
Au sortir du bois, nous arrivons au stade de neige de la station de ski d’Autrans, dans sa partie ski alpin et au pied d’une ascension qui nous mènera au point culminant de notre parcours du jour.
Après seulement deux kilomètres d’ascension, à l’écart de notre route se dévoile un tunnel – dit du Mortier – ouvrage d’art désormais désaffecté et à l’accès interdit… ce qui nous amène – bien évidemment – à traverser ledit tunnel pour y découvrir l’autre versant de la montagne : nous voilà récompensés avec une vue sur Grenoble, les sommets enneigés et la falaise derrière nous.




Le tunnel du Mortier, un ouvrage à l’histoire singulière
Il est percé à l’été 1967 en prévision des Jeux olympiques d’hiver de 1968, dont Grenoble est la ville hôte et pendant lesquels les épreuves de biathlon, de combiné nordique et de ski de fond se déroulent à Autrans. Il n’est toutefois ouvert à la circulation que le 23 avril 1968, soit après la tenue des jeux, vraisemblablement en raison de problèmes structurels. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tunnel_du_Mortier.

Nous poursuivons notre ascension sur la route forestière des Feneys, dont la majeure partie est fermée à la circulation motorisée au plus fort de la saison estivale. La vallée d’Autrans se dévoile parfois à travers les feuillages, alors que nous prenons gentiment de l’altitude. Le bitume dégradé, avec force nids de poules, les amas de neige au bord de la route, les branches cassées empiétant sur le passage, l’herbe qui mange une partie du bitume, tout concourt à une ambiance particulière où la nature reprend progressivement ses droits au fil des années…



On grimpe ainsi durant encore 7 kilomètres pour atteindre la cote de 1500 m. La vue se dégage et la route se sépare en deux. Mais, voilà l’heure de la pause repas : pique-nique tiré de la sacoche ? Pas du tout ! Nous allons au refuge des Feneys, tout proche. Un refuge ? Les randonneurs habitués des Alpes ou de la Savoie seront surpris de l’emploi de ce terme, mais ce lieu en a tous les attributs : non relié aux réseaux d’eau et d’électricité, on peut s’y restaurer, y dormir et une gardienne y vit sur place. Cette cabane est un véritable havre pour le promeneur ou le sportif qui a grimpé jusqu’ici. On y goûte une pâtisserie, un plat chaud, une boisson, cadeau précieux comme une gourmandise au beau milieu de la nature. Et, j’apprends avec surprise que ce lieu n’est pas unique mais que le Vercors est parsemé de refuges tels que celui-ci. Une aubaine, assurément, pour la pratique du gravel !



Le point culminant de notre parcours du jour étant atteint, il nous reste à redescendre… mais il serait dommage de ne pas faire un saut sur les crêtes de la Molière : toutes proches, à un kilomètre pour 100 m de D+. La grimpette après le repas mobilise une énergie certaine, et plus encore de force mentale, cependant la récompense est au-delà des efforts consentis : un magnifique panorama sur la chaîne enneigée des Alpes, et les massifs de la Chartreuse, Belledonne, Oisans qui s’offrent à nous . Hélas, le Mont-Blanc, potentiellement visible, est resté emmitouflé dans son écharpe de brume. Le plateau de la Molière est au cœur du parc naturel régional du Vercors, classé espace naturel sensible, et s’établit à 1630 m d’altitude. Une ambiance bucolique en ce lieu, à l’herbe tendre et si verte, au spectacle en 16/9ᵉ magnifiquement simple : on n’a pas envie d’en repartir.

On reprend néanmoins notre progression, en mode descente, par la route Barthélemy : tantôt en balcon avec vue sur Autrans, tantôt en forêt. Nous perdons ainsi 300 m d’altitude sur 11 km jusqu’au col de la Croix Perrin. Nous traversons une départementale pour rejoindre une piste en sous-bois, à la lumière très atténuée par la canopée ; ce qui donne une ambiance zen, renforcée par le sol d’un moelleux reposant. On se laisse gentiment glisser jusqu’à une clairière – la Croix de Servagnet – traversée la veille dans le sens ascendant. On en profite pour faire une variante dans la descente par un chemin cahoteux où j’oublie l’usage des freins, finissant complètement secoué ! Mais oui, ça aussi c’est gravel 😉.
Fin de partie, le gîte est tout proche.
Le Vercors, bien plus qu’une destination gravel
Au terme de ces deux journées passées à explorer les pistes et les petites routes du massif, nous repartons avec la conviction que le Vercors possède quelque chose de singulier. Bien sûr, les itinéraires sont de grande qualité et les possibilités de parcours semblent presque infinies. Mais, ce qui marque le plus, c’est la diversité des ambiances que l’on traverse en quelques heures de vélo : forêts profondes, vastes prairies d’altitude, villages de montagne, gorges encaissées et panoramas ouverts sur les Alpes.
Le gravel trouve ici un terrain d’expression particulièrement naturel. Les pistes forestières sont nombreuses, les routes secondaires peu fréquentées et les dénivelés suffisamment présents pour offrir leur lot de défis sans jamais faire oublier le plaisir de la découverte. Chaque itinéraire devient ainsi une invitation à ralentir, à observer et à s’imprégner du territoire.

Impossible de quitter le Vercors sans évoquer l’accueil de celles et ceux qui le font vivre. Des échanges partagés à Arcanson aux récits transmis à la baraque de Malaterre, en passant par les rencontres le long du parcours, nous avons découvert un territoire où l’aventure à vélo se nourrit autant des paysages que des femmes et des hommes qui les habitent.
Enfin, un territoire chargé d’Histoire, avec ces sites mémoriels, empreints du souvenir des combats de la Seconde Guerre mondiale, où l’on comprend que le relief des lieux a été l’allié des Résistants pour lutter jusqu’au bout.
Une destination où l’on vient pour rouler, mais dont on repart avec bien plus que des kilomètres au compteur.




