L’édito de Bike Café
Ce matin, sur mon petit vélo, je pense à la popularité, devenue la quête de ceux qui cherchent la reconnaissance. Vu les manœuvres nécessaires et autres compromis pour l’obtenir, je constate l’acharnement nécessaire pour arriver à plaire à tout le monde. Cette période préélectorale donne le ton général des promesses pour y parvenir. En appuyant plus fort sur mes pédales, je me dis « Et toi, tu ne serais pas en train de faire pareil avec ton petit édito du lundi ? » En fait, la différence importante par rapport à cette quête effrénée de popularité, c’est qu’en écrivant ce billet de début de semaine, je ne cherche pas à vous plaire. Pas de manipulation électorale ou commerciale : je veux juste partager avec vous ce qui me passe par la tête. Je n’ai rien à vous vendre. Tant pis pour les 👍, les ❤️, les 🙏, les 👏… que je n’obtiendrais pas sur ma page Insta. Face au nombre de pages vues, grâce à la popularité mécanique des algorithmes, je préfère le lecteur (trice) qui revient spontanément sur notre site, celui ou celle qui s’abonne à notre newsletter, qui conserve Bike Café dans ses favoris, qui écoute mes podcasts hebdo, qui lit un article plusieurs mois après sa publication, qui envoie l’article à ses copains ou copines, qui vient rencontrer l’équipe sur un événement (toute l’équipe sera sur le Roc le 8 octobre), qui a confiance en nous… (Photo de couverture : la Masse Critique à Bruxelles – Pierre Costini)
L’adjectif populaire me ramène encore une fois à la bipolarité du monde du vélo entre l’univers sportif et loisir et l’usage populaire au quotidien. D’un côté populaire et euphorique au regard du plaisir de faire du vélo et de l’autre plus discret sur ce que le « peuple » et ses représentants entendent faire du vélo dans le contexte du transport alternatif. L’étude sociologique du vélo dans l’histoire du vélo décrite dans le livre de David Sayagh nous éclaire sur cette alternance de popularité. Aujourd’hui il existe une distinction brutale entre le vélo-spectacle sportif, adulé et patrimonial, et le vélo utilitaire perçu comme une nuisance dans la circulation des véhicules ou une variable d’ajustement minoritaire. La popularité est donc un indicateur instable de notre société selon l’époque et le contexte.
La recherche de popularité a pris une importance qui n’est pas justifiée du fait de son caractère éphémère. Elle consomme une énergie qui pourrait être utilisée aux endroits où on en a bien besoin. Elle est sondée, vantée, adulée… et tout cela coûte très cher. Est-elle vraiment le critère majeur de reconnaissance ? C’est ma question du jour. Pour nous au Bike Café, on répond simplement en étant sincères dans nos articles. Vous avez fait de nous un média, en venant nombreux lire les sujets variés que nous vous proposons. Ce n’est pas nous qui avons cherché à vous plaire, pour obtenir votre reconnaissance, c’est vous qui nous faites ce plaisir par votre fidélité.
Retrouvez l’intégralité de notre rubrique “Comme un lundi” en cliquant >ICI<


