Il existe des gens qui ont de curieuses manies, comme par exemple les collectionneurs, qui accumulent chez eux les objets les plus bizarres. Il y a également ceux qui réalisent des exploits délirants et qui, dans le cadre du Guinness World Records, se livrent à de curieux challenges. Pour Jean-Marc Lugaro, le truc c’est d’accumuler à son compteur GPS, les kilomètres qu’il avale chaque jour à vélo comme un métronome. Cette année  il termine second au niveau mondial du très disputé challenge de la distance Strava avec 49 000 kilomètres au compteur sur 2 230 080 participants. C’est bien plus que le tour du globe terrestre au niveau de l’équateur qui est de 40 075 km. Il termine premier français et le 1er vétéran de ce challenge incroyable.

Un défi personnel

Jean-Marc a toujours aimé rouler, et il ne faut pas le forcer pour qu’il sorte son vélo de bon matin vers 4 heures pour avaler ses kilomètres quotidiens. J’ai fait sa rencontre par hasard, un jour au retour d’une sortie venteuse au mois de novembre avec mon club le CSPA. Jean-Marc s’était joint à nous, car ce collectionneur de kilomètres n’est pas un loup solitaire, bien au contraire. Il cherche souvent la compagnie de cyclistes sur sa route « Ça fait passer le temps et les kilomètres semblent moins longs pendant que l’on discute … à condition de trouver des gens qui roulent à 23 km/h …« , précise Jean-Marc. Chemin faisant, il m’explique sa participation au Challenge Strava dont j’ignorais complètement l’existence. Avec une modestie touchante, il me dit qu’il est à l’époque en tête de ce challenge mondial et que demain il va faire un aller-retour à Saint-Tropez en vélo.

Bike CaféJ’hallucine complètement en entendant les chiffres qu’il m’annonce et nos chemins se séparent après le village d’Éguilles. Je descends sur Aix et Jean-Marc part, malgré le Mistral, faire une boucle pour compléter son kilométrage du jour. Arrivé à la maison je regarde Strava sur le net pour découvrir ce challenge et vérifier que ce cycliste de rencontre ne m’a pas raconté des cracks : c’était bien vrai. Depuis cette rencontre, j’ai suivi régulièrement le défi personnel de Jean-Marc sur Strava.

Portrait d’un chasseur de kilomètres

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Jean-Marc sait ce que c’est de faire des kilomètres à vélo il a déjà un palmarès d’endurance bien étoffé : 2 Paris-Brest-Paris, les 24 heures du Castelet (580 km), 4 Bordeaux – Paris, 6 fois 365 jours consécutifs, la chaîne Pyrénéenne d’un bout à l’autre, le tour de l’Europe en vélo sacoche, …

Devant une telle débauche de kilomètres, on pourrait croire que Jean-Marc n’a que ça à faire dans la vie : rouler … Et bien non, il a un métier qui l’occupe 35 heures par semaine, et qui ne le tient pas assis derrière un bureau. Il est policier municipal dans son village de Saint-Cannat, entre Salon et Aix-en-Provence. Il prend son service à 13 heures jusqu’à 20 heures parfois plus. Cela lui laisse le temps de partir le matin à la fraîche pour avaler ses kilomètres. Les journées de la semaine sont bien organisées … Jean-Marc est marié et son épouse comprend la passion dévorante de son cycliste de mari.

Il roule en moyenne 50 heures par semaine ce qui fait environ 1200 km régulièrement. « Il y a eu des moments difficiles car la fatigue est présente et il faut récupérer. Il y a le vent et le froid le matin. Le plus dur c’est de se lever pour partir à 3 ou 4 heures du matin. Je cherche des routes longues et plutôt plates. J’emprunte la N7 et je vais souvent sur Arles et à partir de septembre je suis allé beaucoup sur la cote …« , précise Jean-Marc.

Son vélo

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Pour ce challenge Giant France a accepté d’équiper Jean-Marc qui a ainsi pu rouler en toute confiance avec le fameux modèle d’endurance de la marque : le Defy. Il a reçu son vélo en juillet « Là, tout s’est accéléré avec ce vélo, si je ne l’avais pas eu je n’y serais pas arrivé. Deux fois je suis rentré en basse pression suite à des crevaisons lentes. Les tubeless m’ont apporté confort et sécurité. J’ai changé les pneus et les chaînes tous les 45 jours …Quand j’ai laissé mon ancien vélo type « service course » pour ce vélo d’endurance mes douleurs, au niveau des omoplates et des fessiers, ont disparu … », témoigne Jean-Marc

Giant a complété son équipement de matériel et accessoires pour lui permettre de réaliser au mieux ses exploits quotidiens. Jean-Marc utilise également un compteur GPS Giant qui lui offre une autonomie supérieure au Garmin qu’il utilisait avant : 28 heures contre 14 … il lui fallait au moins ça pour enregistrer ses bornes. Le vélo est équipé de 2 sacoches, une à l’avant et l’autre à l’arrière, pour caser son ravito et ses équipements … La longue distance c’est plusieurs centaines de casse-croûtes au jambon et au pâté, des viennoiseries et plus de 2000 pâtes de fruits.

Et la suite

« Là maintenant je vais aller sur les 1000 jours, c’est-à-dire 1000 jours de vélo consécutifs j’avais déjà engrangé 350 jours en 2016 … ça va m’amener à septembre 2018 pour faire les 1000, mais je vais lever le pied sur les kilomètres« , précise Jean-Marc qui devrait quand même comptabiliser 110 km en moyenne par jour pour atteindre le compteur vertigineux de 110 000 kilomètres.

Giant va continuer à aider notre « ultra rouleur » pour ce nouvel objectif de 1000 jours. Il réalise pour la marque un sacré test longue distance et son audience de 700 abonnés sur Strava porte le message de l’efficacité du matériel utilisé. Jean-Marc regrette d’ailleurs de ne pas avoir pu profiter plus tôt du Defy, dont le confort lui aurait sans doute permis de dépasser les 50 000 kilomètres dans l’année.

 

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Aix-en-Provence - Après la création de Running Café, la co-fondation de Track & News Patrick remonte sur le vélo en créant Bike Café. Il adore rouler sur route et sur les chemins du côté de la Sainte-Victoire. Il collabore en freelance à la revue Cyclist France. Affectionne les vieux vélos et la tendance "vintage". Depuis sa découverte du gravel bike en 2015, il s'adonne régulièrement à des sorties "off road" dans sa belle région de Provence.

1 COMMENTAIRE

  1. Moi qui ne suis pas endurant, je ne peux être que fasciné par les capacités physiques et mentales hors normes de M. Lugaro. Par contre, le plaisir de la collection, de l’accumulation… c’est quelque chose qui m’est étranger.

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