Julien Camy est journaliste, documentariste et historien du cinéma. Il a déjà réalisé deux documentaires, La Boulangerie du coin (2012) et L’Art et la manière culturelle à l’école (2014). Il a publié également un ouvrage dont il est le co-auteur avec son père sur le sport et le cinéma. Les questions humaines, sociales et culturelles sont essentielles dans son travail. Il se lance cette fois dans un projet documentaire singulier dont le héros sera une légende française du sport cycliste : René Vietto.

Cette rencontre avec l’histoire de ce champion cycliste n’est pas vraiment un hasard car Julien est né dans le même quartier que René Vietto : à Rocheville au Cannet. C’est là qu’il a commencé lui aussi à faire du vélo. Il découvrira plus tard l’histoire de ce champion méconnu qui va lui donner envie d’en faire un sujet de documentaire.

J’ai rencontré Julien à Aix-en-Provence … Il raconte …

Vietto l’homme de bronze

Ce grimpeur exceptionnel des années 30 est surtout célèbre par le don de sa roue avant à son leader : Antonin Magne, sur le Tour de France 1934. Celui que l’on surnommait « le roi René » a été l’un des plus grands grimpeurs de l’histoire du Tour. Sa popularité était immense. Sa carrière cycliste s’est poursuivie dans la période d’après-guerre jusqu’en 1949. René Vietto a inspiré Louison Bobet qui, lorsqu’il était gamin et jouait aux billes avec son frère Jean pour faire avancer des figurines de coureurs, choisissait de s’identifier toujours au personnage de Vietto.

René Vietto était un personnage de cinéma disaient certains. Un homme très en verve capable de manier l’humour et qui avait un sens très aigu de la formule témoignent d’autres. « J’ai toujours regardé le paysage. J’aurais aimé être peintre plus que coureur. Je me regardais souvent dans les vitrines quand je roulais, ainsi je me voyais en reflet dans les paysages« , disait René Vietto.

Bike Café
Sur le Tour en 34 dans les Pyrénées dans le Tourmalet et l’Aubisque il bénéficie d’un « bon de sortie » de son leader Antonin Magne et il gagne l’étape devant Lapébie.

Raphaël Geminiani disait que Vietto était un homme de bronze. Il n’a pas connu l’or dans sa carrière mais sa solidité et son tempérament évoquait cet autre métal dont on fait les statues. Cette image a donné le titre du documentaire de Julien.

René Vietto a été également, tout au long de sa carrière, à la recherche de ce qui pourrait améliorer la performance. Il a notamment été le premier à placer son bidon sur le cadre, au lieu de le mettre au guidon, afin de faciliter le pilotage du vélo. Il a fait des trous dans le cuir de ses chaussures pour faciliter l’évacuation de l’eau lors des étapes sous la pluie. Il a allégé son cadre en créant des évidements dans les tubes aux endroits appropriés. Il a aussi baissé la hauteur de son guidon en le soudant sous la potence, pour obtenir une position plus basse …

Julien a retrouvé des anciens compagnons de René Vietto. Ils se souviennent de cette époque devant la caméra et livrent le témoignage à l’accent méridional de nombreuses anecdotes imagées. « Je voulais faire parler les gens et travailler sur la légende et le récit. Je souhaite que cette légende devienne un conte que l’on puisse se raconter de père en fils. Que ces témoignages puissent se transmettre selon une tradition orale« , précise Julien.

Un crowdfunding pour terminer le film

Pour finaliser son film, Julien Lamy a ouvert sur Ulule un appel à participation de type crowdfinding. Les donateurs qui aideront le réalisateur dans son projet pourront bénéficier de diverses contre-parties en fonction des sommes versées.

Pour soutenir le projet vous pouvez vous rendre sur la page  : https://fr.ulule.com/rene-vietto/

Bike Café
Julien Camy le réalisateur du documentaire l’homme de bronze … Rencontre à Aix-en-Provence : il roule sur un Urago d’époque. Urago était une marque niçoise installée sur le boulevard du Riquier. Elle a équipé des coureurs cyclistes à partir de 1935 et cela jusqu’en 1964. Urago a disparu dans les années 80 comme beaucoup de marques françaises.

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