La réputation des pneus “Grand Prix” de la marque allemande Continental n’est plus à faire, avec ses best sellers 4000 et maintenant 5000. À Bike Café, nous avions déjà testé avec conviction il y a quelques mois les 5000, dans leur première version, tout de noir vêtus. Mais là, avec cette variante à laquelle s’ajoute le qualificatif “Transparent”, Continental propose un produit qui par son design léché et maîtrisé me semble tout à fait intéressant. Rien de mieux qu’un test pour vérifier si l’objet correspond bien à sa réputation et vérifier ce qu’il propose de nouveau. Me voici donc partie, cet été 2021, sillonner les inégales et rudes routes du Morvan et les tarmacs plus doux de la Bourgogne du Sud et des Alpilles, avec mon pignon fixe équipé de ces tout nouveaux pneus.
Sur mon fixie, j’ai pour habitude de rouler avec des pneus de qualité qui me garantissent une saison entière sans crevaison ni déchirure, malgré les contraintes excessives induites par le pignon fixe. Aussi, en montant ces nouveaux pneus, je vais être en mesure de comparer avec objectivité leur qualité et leur résistance avec les modèles que je connais déjà, dont les GP 4000. Continental annonce ces pneus de section 25 mm à 225 grammes, soit 10 grammes de plus que la version noire. Voilà qui est étonnant, on aurait pu penser que la version “Transparent” soit plus légère… sans doute des contraintes techniques, liées au flancs bruns, ou à d’autres raisons qui m’échappent. Mais 10 grammes ce n’est pas grand chose, le test s’annonce tout de même excitant en matière de sensations car mes roues Asterion aux rayons ligaturés sont très légères et vivaces et réagissent au quart de tour à la moindre relance. Armées de ces pneus, les roues ne devraient pas perdre de leurs qualités.
“Transparent ” fait référence aux flancs des pneus, qui laissent voir leur structure et les détails de l’assemblage – ces flancs brun-tabac très chics, rangent ce modèle dans la famille des pneus bicolores, actuellement très en vogue. Il s’agit donc clairement d’une nouvelle version plus esthétique et branchée du nouveau pneu-phare de chez Continental. Au toucher, la bande de roulement est sèche, très finement granuleuse (disons plutôt sableuse), contrairement aux 4000 qui au toucher étaient plus caoutchouteux. Les motifs du profil semi-slick sont très espacés, ce qui est la tradition de la gamme Grand Prix. Le choix technique des motifs en forme de triangle ou plutôt d’aileron de requin, leur motif quadrillé et leur emplacement laissent à penser qu’ils ont été scrupuleusement étudiés et fabriqués pour garantir l’adhérence en courbe et sur route mouillée. Ce pneu “all seasons” semble donc tout indiqué pour toutes les routes et toutes les conditions météo.
La typographie choisie pour inscrire la marque et la section sur les flancs attire l’attention : En majuscule semi-fermée, épaisse, et légèrement oblique, cette composition me rappelle d’abord les inscriptions des sponsors, marques ou publicités visibles pendant les grands prix de formule 1, quand je regardais Ayrton Senna et Alain Prost… mais par rapport à l’ancienne typographie utilisée sur les 4000, la typographie a évolué et propose un graphisme plus contemporain et le drapeau à damier a disparu. Avec l’inscription “25mm” qui a pris aussi de la taille et de l’importance visuelle, Continental continue à jouer sur une symbolique de puissance, d’agilité et d’endurance, certes assez masculine, mais l’allusion à la course automobile est moins marquée et le look est incontestablement rajeuni.
C’est le moment de monter ce pneu, sur mes jantes initialement conçues pour des tubeless et qui sont donc assez hautes. Je m’y reprends à plusieurs fois et parviens à mes fins, non sans difficulté, grâce à quelques gouttes de savon. Le pneu à tringle souple est petit en diamètre et ne se laisse pas apprivoiser facilement, l’élasticité du compound est trompeuse, les tringles sont très tendues en fait. Néanmoins, la prise en main des pneus confirme une fabrication de qualité, le “fait à la main en Allemagne” n’est pas une réputation usurpée. Cela m’amène toutefois à espérer que, une fois montés, il le seront une bonne fois pour toute, et que j’éviterai toute crevaison. Ce ne sera sans doute pas le cas, mais après quelques centaines voire quelques milliers de kilomètres, les tringles de pneus s’assouplissent et se détendent et on peut monter et démonter beaucoup plus facilement.
Je mesure la section à 24 millimètres, ce qui est peu pour un pneu annoncé à 25 ; mais mes jantes sont étroites, 19mm, et ce pneu neuf a tendance, au montage, à s’affiner vers le haut plutôt que s’élargir ; je pense qu’à l’usage, il va s’arrondir un peu. On peut noter, comme sur les autres pneus Continental, les deux petits trous rond sur la bande de roulement qui sont des témoins d’usure.
Mes premiers essais se déroulent dans le Morvan, au pied du Mont Beuvray, entre Saint-Léger-sous-Beuvray et La Grande Verrière, à 15km d’Autun, là où précisément les coureurs du Tour de France sont passés cette année. Les souvenirs de mon précédent séjour dans le Morvan se ravivent au moment de commencer ce test : ici les goudrons sont abîmés, rugueux, agressifs pour les pneus. Les routes sont dégagées de tout automobiliste, les pentes sont affirmées et courtes, la météo est très changeante.
Je décide de gonfler mes pneus à 7 bars pour assurer le meilleur rendement possible. Très vite, je m’aperçois qu’à cette pression maximum pour mon poids, le vélo est trop raide. Le revêtement aux graviers protubérants et inégaux, prévu pour des hivers verglacés et neigeux, me renvoie trop de secousses et de vibrations. Les épaules, les bras et les poignets souffrent. D’autant plus que les qualités d’adhérence du pneu s’effacent lorsqu’il est trop gonflé. Je descends donc à 6 bars, ce qui s’avère largement suffisant. Les sensations sont plus agréables, le pneu adhère mieux, sans rebondir, le pilotage devient plus fluide et s’assouplit. Je gagne en confiance pour me lancer à plus grande vitesse sur ces petites départementales sinueuses.
Je joue avec les bandes de roulement, oscillant entre les zones en dévers plus granuleuses et celles plus lisses car “cirées” par les pneus des voitures. J’alterne ainsi de droite et de gauche pour relancer en montée et/ou éviter les irrégularités. Chaque coup de pédale me propulse davantage et j’apprécie les trajectoires nettes et précises que le 5000 valorise. C’est un vrai plaisir que de ressentir autant de précision, d’adhérence et de vivacité sur des routes aussi brutes.
Après trois jours de vélo autour d’Autun, je suis parfaitement à l’aise sur ces routes et j’ai trouvé mes marques avec les pneus. Je descends la pression à 5,5 bars, mais sur des revêtements aussi agressifs la vitesse s’en ressent et le gain en confort n’est pas notable, mon vélo en acier filtre déjà très bien. Pour la suite de mon programme Bourguignon, je vais donc rester à 6 bars.
Mon test de poursuit en Bourgogne du sud, sur la route des vins, proche de Cluny, où les revêtements sont meilleurs (est-ce parce que les températures hivernales y sont plus clémentes ?). Le fameux “grip” des 5000 va devoir faire ses preuves, car la météo s’annonce pluvieuse. En pignon fixe, j’aime cette sensation d’être en prise directe avec le goudron. Il ne s’agit pas d’être collée à la route mais de ressentir instantanément le rendement et l’adhérence du pneu en fonction de la qualité de la surface.
Ici les parcours sont très vallonnés ; les montées ne sont pas très longues, mais sur une sortie on accumule beaucoup de dénivelé. Heureusement, mes roues sont légères et favorisent la relance, et en fixie l’énergie transmise à la roue arrière est restituée et si on garde suffisamment de vitesse, on a l’impression que le vélo nous aide à gravir la pente. Dans cette situation, assise sur la selle ou en danseuse, l’équilibre entre l’accroche du pneu et son rendement est essentiel. Avec les 5000, je me régale, ils conviennent parfaitement à mon vélo et à la situation.
Sous la pluie, les impressions de sécurité et d’efficacité se confirment avec le gonflage à 6 bars qui se révèle définitivement parfait pour moi et mon poids de 55 kg. L’eau est évacuée facilement par les pneus. Le mariage entre grip et rendement est au tout à fait réussi. Les kilomètres parcourus sur des routes plutôt bosselées me confirment les grandes qualités de confort de ces GP 5000 “Transparent”.
Mon test se poursuit sur mes routes familières des Alpilles dont je connais chaque courbe, chaque bosse, chaque particularité. En cette période estivale de grande affluence touristique, les routes sont surchargées d’automobilistes hagards à l’affût d’une place de parking disponible. Je me dirige vers le village des Baux de Provence et son fameux segment Strava, le “Les Baux – 9%”, une rageuse et roulante ascension de 700 mètres à 9,4% de moyenne. Je slalome entre piétons, motos et voitures, ce qui rajoute à la difficulté mais me permet de ressentir davantage les qualités de traction et de précision de ce pneu dans un contexte proche d’un milieu urbain. Les derniers mètres avant le col de la Vayède sont plus pentus (11%), il me faut toujours être à la fois en fréquence et en force pour ne pas subir ce final difficile. J’évite avec aisance, en zigzagant, les automobilistes indécis et distraits et encore une fois, je constate la parfaite combinaison entre traction, vélocité et précision que proposent les Grand Prix 5000 Transparent. C’est avec grand plaisir que je m’amuse à gravir plusieurs fois cette côte, malgré la foule de touristes qui se pressent au Baux sous un soleil tout méditerranéen. Cela confirme que sur un goudron lisse et chaud, ces pneus sont excellent et favorisent les sensations de vitesse et de légèreté.
L’équilibre et la polyvalence sont les qualificatifs qui me paraissent les plus appropriés pour qualifier les Continental 5000 Grand Prix Transparent. Ils sont rapides et précis sur tout type de revêtement et dans toutes les conditions météo, avec une excellente filtration si le gonflage est bien ajusté. Je me suis sentie efficace et en sûreté sur des routes parfois dégradées ou très fréquentées, pour des distances variant de 40 à 100km (car je n’ai malheureusement pas eu la possibilité de faire des tests longue distance pour l’instant). Le prix du pneu me semble complètement justifié (47,99€ chez notre partenaire Cycletyres), d’autant plus que c’est un véritable “all seasons” qui pourra être utilisé toute l’année. Ce n’est pas le pneu le plus facile à monter du marché, mais sa polyvalence, son efficacité et son look m’ont absolument conquise.
Caractéristiques
700 x 25C (25-622) 225 g
700 x 28C (28-622) 235 g
Type | Tubetype |
Gomme/Shore | Black Chili |
Tramme carcasse | 110 tpi x 3 nappes |
Conditions | Toutes |
Prix : 47.99 € (chez notre partenaire Cycletyres)
Bonjour à tous.
Je suis monté en Michelin , je testerais Schalwbe la prochaine fois, ou Hutchinson, mais quelles que soit les qualités éventuelles des Continental, je refuse leur emploi et surtout de donner de mon argent à cette société.
Perso , je suis de ceux qui boycottent une marque qui se conduit mal. Donc , depuis la fermeture honteuse des usines de pneumatiques voitures de Continental France , je boycotte absolument tous leurs produits, itou pour Bridgestone et GoodYear.
Chacun est libre de ces choix.