L’édito de Bike Café
Ce matin, les souvenirs de mes quatre jours passés sur l’Ardèchoise m’accompagnent lors de ma sortie matinale. Je repense aux belles routes, aux paysages, aux cols et j’entends encore les encouragements des bénévoles. Je me remémore ces moments festifs d’échanges à chaque ravito. L’Ardéchoise est une fête du vélo populaire, portée par l’engagement associatif et l’esprit de village. C’est ainsi que je vais titrer le reportage que je vous proposerai bientôt sur Bike Café. Ces quelques jours passés, hors du temps de mon quotidien, des communiqués de presse et de l’actualité sportive bouillonnante, nous ont plongés dans la profonde réalité du vélo. Je dis « nous », car j’ai vécu ici un partage total de notre passion. Je savais, pour l’avoir vécu de façon plus intime, que le vélo était une sorte de « club de rencontre ». Cet objet roulant, facilement identifiable, rend les gens heureux et chacun a une histoire à partager avec lui.

Dans mon rôle d’observateur du monde du vélo, j’avoue que j’avais une lecture parfois réductrice de ces événements cyclo que je trouvais un peu dépassés par des organisations plus récentes, fondées sur l’autonomie allant même jusqu’à l’autosuffisance. C’était oublier cette forme de cyclisme populaire, accessible et profondément ancré dans un territoire. Loin des contenus calibrés pour les réseaux sociaux, l’Ardéchoise met en avant une autre réalité du vélo, celle peut-être plus représentative de la diversité des pratiquants français. J’ai pris une bonne claque de réalisme. Une distance créée par les années s’était installée en moi, depuis les brevets de montagne auxquels je participais à la fin des années 70. Que l’on chevauche un vélo un peu daté avec freinage à patins ou un destrier carbone de 7 kg, on partage le même effort dans ces cols ardéchois et on partage un ravito sans comparer nos machines. Le plaisir devient simple et authentique.

Dans le vélo, comme partout, il y a des modes et des évolutions, c’est la vie. C’est souvent cette actualité qui est mise sur le devant de la scène. Ce tourbillon de la nouveauté nous entraîne et parfois nous éloigne de la réalité du terrain. Je suis heureux d’avoir vécu cette Ardéchoise qui est un miroir du vélo en France. J’y ai croisé des vrais gens, des cyclistes passionnés, des bénévoles heureux de jouer un rôle dans cette fête. Les couleurs historiques jaune et violette sont encore dans mon regard ce matin. Leur reflet authentique ne sera jamais ringard car il est populaire.
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