L’édito de Bike Café
Ce matin, sur mon petit vélo, devant cette fourche de deux routes qui se présente à moi, je pense au choix dont on dit souvent que c’est un embarras. L’excès d’options face à un trop grand nombre de possibilités peut créer de l’anxiété, car choisir une option c’est renoncer à toutes les autres. Plus elles sont nombreuses, plus le renoncement sera pesant. Comment être sûr d’avoir fait le bon choix pour assumer l’engagement que cela implique ? Jean-Paul Sartre disait : « Nous sommes nos choix.« De façon moins existentielle, face à ces deux routes, je décide que mon choix sera de ne pas choisir. Je laisse mon vélo décider pour moi, dans une sorte de pile ou face arbitré par l’orientation de ma roue dans cet embranchement. Plus loin, sur la route choisie par mon vélo, je pense à l’expression en forme d’oxymore que l’on utilise souvent : « le choix s’impose ». Son paradoxe exprime bien que la notion de choix disparait lorsqu’on n’en a pas le libre arbitre. C’est un peu ce qui se passe ce matin, par cette option choisie par ma roue avant. Parfois il est confortable de dire : « Je n’ai pas eu le choix… »

Quelques jours après cette pensée cyclable matinale, je me retrouve sur le Roc d’Azur devant un étalage de choix incroyable. De stand en stand, sur ce salon du cycle, je vois des vélos qui font de l’œil aux visiteurs qui circulent dans les allées. Comment le cycliste pourra-t-il, de façon sûre, faire le choix d’une nouvelle machine devant une telle offre ? Pour y arriver, il devra appliquer des contraintes et celle du prix sera sans doute la plus cruelle. Est-ce qu’un choix imposé ainsi est un vrai choix ? L’expression « le choix s’impose » me revient à l’esprit en observant ces badauds qui caressent des guidons qu’ils ne pourront jamais saisir. Est-ce que le marché du vélo ne souffrirait pas finalement d’un rythme infernal de l’évolution de l’offre, qui enverrait le message : attendons la prochaine version ? Une attente qui serait reportée de version en version dans l’hypothèse d’une certaine stabilité et d’une baisse des prix. Choisir, c’est renoncer et peut-être beaucoup repartiront de ce salon en décidant d’attendre encore face à l’imbroglio d’un choix rendu difficile par le contexte économique et l’abondance de l’offre.

Pour Bike Café, le choix est plus simple. Nous avons dès nos débuts pensé à l’expérience que l’on veut vivre. Le choix d’un vélo doit être basé sur ce que l’on souhaite en faire. On pense à la destination et pas forcément à la version d’un vélo. C’est ce que vous en ferez avec votre vélo qui vous rendra heureux et pas autre chose. Au Bike Café, on teste des machines et du matériel dans le cadre d’un véritable usage. Le choix s’opère et s’impose par l’adéquation entre le plaisir de rouler et le matériel. On essaie ainsi de vous aider à minimiser la frustration des renoncements que l’offre pléthorique actuelle peut créer. Comme ma roue avant, laissez-vous entrainer dans la lecture de nos articles et votre choix sera le bon.
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