L’édito de Bike Café
Ce matin, sur mon petit vélo, je repense à un échange récent avec un artisan cadreur qui me parlait de son métier. Ce jeune entrepreneur évolue, comme beaucoup de ses homologues, dans l’univers paradoxal de ceux qui ont fait de leur passion un métier. Est-ce réaliste à notre époque pleine de contradictions ? Nous aimons les produits fabriqués avec passion, nous admirons les artisans qui défendent un savoir-faire, nous revendiquons notre attachement au local et au durable, mais sommes-nous prêts à en payer le prix ? Les artisans cadreurs ne sont pas les seuls à se confronter à cette ambivalence. Cafés vélo, fabricants de sacoches et d’accessoires… ils ont en commun cette passion devenue la variable d’ajustement de leur commerce. Elle finit par être la monnaie invisible qu’ils ne peuvent pas réclamer en juste dû des heures de travail réellement effectuées.

En 10 ans j’ai commandé et fait construire quatre vélos artisanaux en acier réalisés en France. À chaque expérience, j’ai vécu intensément leur naissance. Le délai de production a été à chaque fois proche de la gestation d’un enfant – certains cadreurs célèbres affichant même des délais éléphantesques en la matière – J’ai donc été un peu comme ce père qui, après avoir semé la petite graine du projet lors de la commande, a hâte d’en découvrir le résultat. Les deux derniers projets m’ont d’ailleurs rapproché encore plus de ce rôle paternel car je recevais des photos en cours de fabrication à l’instar de clichés d’échographies prénatales. J’ai vendu le premier de ces quatre vélos. Je sais que vendre un enfant est un crime, aussi les trois suivants resteront chez moi jusqu’au moment où je ne serai plus capable de les chevaucher. Les vélos les plus écologiques sont ceux que l’on garde.

Je comprends les difficultés que ressentent ceux qui se lancent dans un métier passion. La réussite financière n’est pas une fin en soi dès lors que ce que l’on fait nous rend heureux. Au Bike Café, nous pouvons nous comparer à ces artisans. Nous mettons notre passion au service de votre information. Depuis plus de 10 ans maintenant, sans subvention, sans apport financier extérieur, sans publicité agressive, nous avançons, nous innovons, nous progressons sans compter nos heures de selle et de clavier. J’ai l’impression moi aussi de faire un métier passion. Comme ces produits issus de l’artisanat, nous voulons que notre média soit durable, pour continuer à fournir une information indépendante, basée sur l’expérience. Par vos inscriptions à notre newsletter et le suivi de vos consultations sur notre site, vous nous aidez à vivre notre passion.
Retrouvez l’intégralité de notre rubrique “Comme un lundi” en cliquant >ICI<



« Les vélos les plus écologiques sont ceux que l’on garde. »
Yep, mais si l’on en a, au hasard n+1, on ne peut les rouler tous en même temps..! 😉