EKOÏ est une marque connue pour son immense catalogue d’équipements pour le cycliste. De son site internet au peloton professionnel, EKOÏ a souvent su surprendre là où l’on ne l’attendait pas vraiment. À ce sujet, vous pouvez d’ailleurs lire cet article qui retrace l’histoire de la marque :
On pourrait citer par exemple l’étonnant – et efficace – système PW8, que nous avons testé, Patrick et moi. Cette fois encore, EKOÏ souhaite surprendre en proposant des roues gravel en carbone. Après un test de 1100 km sur deux vélos très différents, voici ce que je peux dire de ces roues gravel EKOÏ GR-50. Photo de couverture de Jean-Alexis Duthoit.

Roues gravel EKOÏ GR-50 CARBON : présentation
Désormais, EKOÏ propose pas moins de neuf paires de roues à son catalogue. Ainsi, on peut y retrouver les GR-50 Carbon, qui ont récemment rejoint le catalogue de la marque. Ce sont – pour le moment – les seules roues gravel du catalogue de la marque EKOÏ.
Emballage
Un seul carton abrite les roues. Plutôt imposant, ce carton est épais et protecteur. Rien d’innovant sur cet aspect, mais cet imposant emballage est rassurant pour le client qui achètera ces roues en ligne, ou qui les retirera au showroom de Fréjus.

Après avoir retiré le papier bulle de protection, c’est déjà la finition qui capte mon regard. Je retrouve là un niveau de finition exemplaire, sans aucun reproche. Du côté du design, EKOÏ n’a pas cherché à innover, mais plutôt à rassurer. C’est beau, et c’est classique.

Les moyeux
Les moyeux, avant et arrière, sont entièrement usinés en Haute-Savoie chez Alpin Components. Un usinage CNC dans la masse à partir d’aluminium de série 6000.




Les roulements sont remplaçables (car normalisés), et se trouvent entre des joints LLU/LLB. Un joint LLU plus protecteur est orienté vers l’extérieur pour réduire l’intrusion d’eau et de saleté, tandis qu’un joint LLB, à contact plus fluide, est orienté vers l’intérieur pour maintenir la lubrification interne.

Quant au système de fixation des disques de freins, il est exclusivement proposé au standard Centerlock. Un standard qui a largement supplanté le « six trous » sur le marché route et gravel.

Ces moyeux sont conçus pour accueillir 24 rayons droits, nommés également Straight Pull. Ils sont compatibles uniquement avec des axes traversants, aussi bien pour le moyeu avant (12 x 100 mm) que pour le moyeu arrière (12 x 142 mm). Enfin, le moyeu avant pèse 96 g, et l’arrière 212 g (données du fabricant). Des poids intéressants, qui traduisent que l’on est en présence de moyeux plutôt haut de gamme.

Le système de roue libre KONIK D2W
Le corps de roue libre (KONIK D2W, développé par Alpin Components) vient se positionner dans une couronne dentée à 40 points d’engagement.

Le système est à ratchets flottants. Le profil de la denture adopte une orientation particulière (protégée par un brevet). Ce système KONIK D2W, pour Dual Wave Washer, bénéficie d’un « dispositif d’énergisation » comprenant deux rondelles ondulées spécifiquement étudiées pour mouvoir les deux ratchets.

Ces ratchets sont de type flottant, ce qui évite tout blocage et/ou risque de débrayage. Ce système bénéficie d’un dispositif de rattrapage de jeu automatique qui contrôle en permanence la précharge des roulements et ne nécessite aucun réglage. Cette vidéo permet de mieux comprendre la cinématique de ce système français :
Le système KONIK D2W est équipé d’un joint radial à lèvre et d’un joint de type labyrinthe afin de contrer l’intrusion d’éléments extérieurs. Ce système de joints spécifiques au système KONIK D2W a été développé en partenariat avec Hutchinson. Afin de pouvoir s’adapter à la plupart des groupes du marché, EKOÏ propose des roues libres à différents standards. Voici les corps de roues libres disponibles, avec leur poids respectif (vérifié) :
- Shimano Microspline : 69 g
- Shimano HG : 60 g
- SRAM XDR /XD : 53 g



C’est lors de la commande en ligne, sur le configurateur du site fabricant, que l’on peut choisir le type de roue libre, en fonction de la transmission de son vélo.
Les jantes
Les jantes sont faites de carbone Haut-Module. Chacune percée de 24 trous, leur profil est symétrique, et leur hauteur est de 50 mm.

Comme le démontrent les photos ci-dessous, la largeur interne est de 25 mm et la largeur externe de 31 mm. En outre, elles sont d’une conception avec crochets.


Là-dessus, la surface d’un noir mat et sobre est agrémentée d’une sérigraphie GR-50 tous les 120 degrés, accompagnée d’une discrète mention EKOÏ. Sur ce point, c’est sobre mais suffisamment visible. En somme, un design équilibré, et finalement élégant.


Pour ces jantes, EKOÏ préconise des pneus de 29 à 52 mm de large (tubeless ou chambre à air).

Les rayons et leur écrou
Les rayons en acier inoxydable Sandvik T302+ qui équipent ces roues sont des Pillar Racing Spoke, un fabricant Taïwanais. Le choix d’un acier inoxydable provenant de la société suédoise Sandvik est plutôt rassurant dans le sens où cette marque est un des leaders de son domaine industriel.

Ces rayons de la série Wing sont le haut de gamme du fabricant Pillar. Leur profil en ogive est censé réduire la traînée aérodynamique, comme l’explique le fabricant dans cette vidéo :
Ces rayons sont reliés au moyeu par une fixation de type Straight Pull (droite), via des écrous du même fabricant, Pillar.
Fond de jante et valve
Le ruban adhésif pour le « fond de jante » permet l’étanchéité nécessaire à un montage tubeless. Installé avec soin, rien à redire sur ce ruban adhésif noir, tout à fait classique.

La valve tubeless est une production en aluminium de 65 mm en provenance de chez Wheelox, fabriquée en France.

Sur le site du fabriquant Wheelox, beaucoup d’arguments sont listés en faveur de ces valves, dont voici la conception :

Poids
Enfin, pour finir cette présentation statique, parlons du poids. J’ai pesé chaque roue dans la configuration décrite ci-dessous :
- Roue avant (avec fond de jante) : 677 g
- Roue arrière (avec corps de roue libre HG et fond de jante) : 802 g
Soit la paire de roues à 1479 g.


Dernière information, l’assemblage des roues est réalisé à la main et en France.
Les roues EKOÏ GR-50 CARBON, de l’atelier aux pistes
Pour situer le contexte de cet essai, j’ai commencé les tests de ces roues lors de mes dernières sorties sur le Distance 45i. Soit un gravel en acier à tendance sportive, dont vous pouvez retrouver le test complet ci-dessous.

Ensuite, démontage et montage sur mon Rondo Ruut CF2 G2 (un gravel en carbone, largement upgradé depuis 2024). Ces changements de vélos, et de transmissions, ont été l’occasion de procéder à un changement de roues libres. Livrées avec le corps HG, j’ai procédé à son démontage, pour le remplacer par le corps XDR (le Distance 45i étant équipé d’une transmission SRAM XPLR à 13 vitesses), puis par le corps MicroSpline (mon Rondo étant en 12 vitesses Shimano). Sur ce point, sans être un cas unique, le processus est assez peu répandu. En effet, il faut se munir de deux clés plates de 17 (ou d’une clé de 17 et d’un étau, au choix) pour pouvoir désolidariser le corps de roue libre.

Rien de bien compliqué, mais c’est plus long que la plupart des autres systèmes. Mais, d’un autre côté, c’est aussi plus sécurisant, puisque dans le cas présent, aucun risque que la cassette ne se désolidarise de la roue, en emportant avec elle le corps de roue libre. C’est du vécu, et je pense que certain(e)s voient très bien de quoi je parle…
Sur les pistes
D’abord testées sur le Distance 45i, équipé d’un cadre en acier, puis sur le Rondo Ruut CF2 G2, équipé d’un cadre en carbone, j’ai testé ces roues avec trois paires de pneus, toutes en tubeless, et dans cet ordre :
- KENDA Crusher 700 x 45 mm ;
- WTB Vulpine S 700 x 45 mm ;
- VITTORIA RideArmor en 700 x 38 mm (évoqué dans le chapitre suivant).
La largeur interne de 25 mm est pour ainsi dire, un « standard » dans les jantes gravel. Certaines sont bien plus larges, mais beaucoup de fabricants continuent de persévérer dans le choix d’une largeur interne de 25 mm. Notamment en mettant en avant que les flancs du pneus sont moins vulnérables que sur une jante plus large.

Quoi qu’il en soit, le « ballon » procuré par cette largeur reste tout à fait intéressant pour notre usage gravel. Sur les pistes, et malgré une hauteur conséquente de 50 mm, je n’ai pas eu la sensation d’être gêné dans mon pilotage, ni vraiment dans le domaine de la filtration, du confort. Il faut dire que je roule majoritairement sur des roues en carbone, avec des profils de 35 à 55 mm de haut.

Cependant, il est logique de retrouver une maniabilité en retrait face à une roue sensiblement similaire au profil plus bas. Cela ne sera perceptible que sur des virages serrés sur sol dégradés.

Mais au-delà de 25 km/h, quel plaisir ! À partir de cette vitesse, on entre vraiment dans le périmètre d’action de ces roues EKOÏ GR-50. Plus on accélère, et plus on ressent le bénéfice de ces roues, et plus précisément de leur hauteur de 50 mm. C’est indéniablement un atout pour qui veut rouler vite sur les pistes.

Sur la route
Parce qu’il est extrêmement rare de ne pas faire de route lors d’une sortie gravel, il me semble indispensable de juger des roues gravel sur le bitume. Sur le macadam, les roues EKOÏ GR-50 ne déméritent pas, loin de là ! Quant au bruit distillé par la roue libre, il reste assez présent, sans être envahissant. Mais ce paramètre diffère d’un vélo à l’autre (un cadre en carbone ayant une tendance à faire raisonner certains bruits d’éléments en rotation).

Tout comme sur les pistes, le rendement qu’offrent ces roues est vraiment intéressant à partir de 25 km/h. En deçà de cette vitesse, des roues moins hautes, et donc plus légères (à budget équivalent du moins) seront à privilégier.

Dans ma dernière phase de test, j’ai monté les pneus VITTORIA RideArmor en 700 x 38 mm. Un pneu large, mais bel et bien de la gamme route, parfait pour les routes secondaires de l’arrière pays varois.

Avec cette monte pneumatique sur les roues EKOÏ GR-50 CARBON, je n’ai eu aucun mal à suivre le peloton cyclo-sportif avec lequel je roule occasionnellement, et même à y prendre des relais appuyés.

Enfin, un mot concernant les valves que le fabricant décrit ainsi : Valves Tubeless haut débit incluses (facilite l’installation du préventif). Malheureusement, je n’ai trouvé aucun avantage à utiliser ces valves, bien au contraire.

Elles s’encrassent avec le liquide préventif, et elles s’avèrent fragiles (j’en ai cassé une lors d’un regonflage). Clairement, si vous souhaitez des valves tubeless performantes, je vous conseille la lecture de ce dossier : Que valent les nouvelles valves tubeless ?

Quel bilan pour ces roues EKOÏ GR-50 CARBON ?
Bien finies et bien construites, ces roues assemblées en France méritent que l’on s’y attarde. Venant du fabricant EKOÏ, souvent innovant, je m’attendais à plus d’audace dans les choix techniques. Mais non, pas cette fois. Pour ces roues, EKOÏ assume des choix éprouvés : une largeur interne standard et un design général qui l’est tout autant. L’accent est mis sur le choix des composants – de qualité – et l’assemblage à la main sur le sol français. Cette paire de roues satisfera avant tout les pratiquants qui ont des moyennes de vitesse supérieures à 20 km/h sur les parcours gravel, et qui prennent plaisir à « appuyer » durant les portions de route. À ce tarif, reste à voir si EKOÏ saura placer ses roues sur un marché où la concurrence est affûtée et expérimentée. Ce n’est pas gagné ! Mais, la marque de Fréjus a souvent su bousculer le marché, alors attendons de voir…
- Page fabricant : Roues gravel EKOI GR-50 Carbone
- Prix : 1 329,99 € la paire


