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Sélection matos route juin 2026

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Sélection route juin 2026

L’équipe de Bike Café vous présente une sélection de nouveaux équipements qui pourront vous être utiles pour rouler sur route ou pour équiper votre vélo du quotidien pour aller au travail. Voici notre sélection, qui conviendra selon les produits à ces différents usages. Vous pouvez retrouver toutes nos pages sélection ici.

Lunettes Van Rysel Taaien

Testées par Philippe

Je suis un adepte convaincu depuis – presque – toujours des lunettes à verres photochromiques sur un vélo pour leur facilité à s’adapter aux variations de luminosité, en général sur une plage de trois indices (1-3 ou 2-4). Par rapport à la version précédente, la Decathlon Roadr 920 testée ici, la Taaien voit sa plage d’indice s’agrandir. Cette Van Rysel est-elle la digne héritière de la 920 ?

Sélection matos route
Lunettes Van Rysel Taaien – photo Philippe Aillaud

La Taaein se démarque de la 920 par un poids légèrement inférieur (25 g au lieu de 27 g) alors que la monture encadre complètement les verres. Ces derniers sont en polyuréthane contre polycarbonate mais sans traitement HD (haute définition). Surtout la plage passe de 1-3 à 0-3, ce qui permet une vision très claire sous de fortes ombres.

Sélection matos route
Lunettes Van Rysel Taaien – photo Philippe Aillaud

Si une pochette souple est toujours fournie, l’étui de transport rigide n’est plus de mise, remplacé par un boîtier/emballage en carton qui les protège efficacement en mode stockage.

Sur la route

Tout aussi panoramiques que les 920, les Taaien ne souffrent pas de leur monture complète qui aurait pu bloquer la vision périphérique. Je retrouve le plaisir de rouler en regardant le monde derrière des verres protecteurs qui affûtent ma vue sous n’importe quelle luminosité et embellissent la vision. Le maintien est parfait même en gravel chahuté et le confort toujours aussi bon.

Sélection matos route
Lunettes Van Rysel Taaien – photo Patrick VDB

Décathlon met en avant la plus forte résistance du polyuréthane, que je n’ai pas testée, et une excroissance sur les branches pour « relever les lunettes instantanément » qui ne fonctionne pas avec mes casques dotés de filet anti-insectes.

Caractéristiques

Sélection matos route
Lunettes Van Rysel Taaien – photo Patrick VDB

Enchanté par le modèle précédent Roard 920 et sa vision panoramique acérée quelle que soit la luminosité, je craignais des lunettes plus classiques avec ces Taaein. Que néni, je retrouve leurs qualités avec plus de technicité, le tout pour un prix quasi constant.

Les plus :

  • qualité et champ de vision ;
  • plage d’indice ;
  • confort et discrétion.

Les moins :

  • disparition de l’étui de transport rigide.

Test des Roadr 920 : https://bike-cafe.fr/2023/05/lunettes-photochromiques-decathlon-roadr-920/

Van Rysel Taaien : https://www.decathlon.fr/p/lunettes-de-velo-photochromiques-taaien-gris/377864/c1c258m8987064

Casque POC Ventral Air

Testé par Patrick

Je connais la marque POC depuis plus de 10 ans. J’avais été impressionné par leur stand sur l’Eurobike en 2015. Toutefois, je n’ai jamais possédé de casque de cette marque suédoise. Ce manque est désormais comblé par ce test du modèle Ventral Air Mips, qui m’a attiré par sa légèreté et l’aération de sa structure. Avec la canicule actuelle, l’argument de la marque “Notre nouveau casque performant est conçu pour offrir une sensation de fraîcheur inédite…“, m’a convaincu. Voyons si la promesse est au rendez-vous…

Le packaging et la qualité visuelle de ce casque sont irréprochables. En le soupesant, je sens effectivement la légèreté de ses 240 grammes. Elle va me faire oublier sa présence sur ma tête. J’ai également choisi ce modèle pour son système Mips qui me rassure en termes de sécurité.

Sur la route

Avant de sauter sur le vélo, je procède à l’essayage. Vous le savez sans doute : nos boites crâniennes ne sont pas toutes identiques ! Cette particularité rend le choix d’un casque délicat. On le sent immédiatement, dès qu’on pose un casque sur la tête, si sa forme est adaptée à notre morphologie crânienne. Appréhension : ouf, je “chausse” ce nouveau bol protecteur à la perfection. Un petit tour de la molette de serrage : tout va bien.

Poc Ventral
Les lunettes Elicit s’installent sur le casque… et elles tiennent bien – photo Patrick VDB

Sur la route, je ressens la confirmation du confort de ce casque. Sa forme dégage bien le front, permettant le port de lunettes tendance qui deviennent des “masques” très larges. L’aération est parfaite : l’air circule bien à l’intérieur et ressort par les évents à l’arrière. Je suis comblé : cet été, ce casque va me sécuriser sur les chaudes routes des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse.

La protection supplémentaire Mips me rassure. Malgré son faible poids, ce casque Ventral exprime la sécurité, qui est l’argument principal de la marque POC. Ce nouveau modèle est la version “standard” de ce modèle disponible en grande largeur pour les “grosses têtes”.

En bonus

Tant qu’à faire, et pour avoir un ensemble, j’ai opté pour les lunettes POC Elicit. Comme le casque, elles ont pour caractéristique principale le poids : 23 grammes seulement. J’ai trouvé qu’elles s’accordaient bien avec le casque au niveau look et ergonomie. Les verres polarisés teintés marron révèlent bien les couleurs vertes. Elles offrent une protection oculaire totale et un champ de vision optimal.

Poc Ventral

J’aime beaucoup le design des branches façon truss. Cette forme grillagée est originale et concourt à la légèreté de ce masque. Elles existent également avec des verres polarisants.

Le casque Ventral Air

Les lunettes Elicit

Maillot Van Rysel

Testé par Pierre

En parallèle de l’aventure en World Tour depuis deux ans, Van Rysel s’intéresse de plus en plus au cyclisme ultra distance. Nous l’avons encore vu récemment avec l’EDR CF Ultra testé par Yann. En complément de l’offre vélos, le fabricant français introduit également une gamme textile pensée pour la pratique, dont un maillot à manches courtes EDR Ultra disponible en coloris gris ardoise, beige lin et violet glycine.

La conception du maillot s’appuie sur des panneaux mesh, disposés sur les côtés et l’arrière. Un grand classique, simple mais efficace, pour évacuer l’humidité. Pour garantir le maintien du maillot, de petites bandes de picots en silicone sont présentes sur les manches, ainsi qu’une bande élastique au niveau de la taille. Un classique chez la marque, hérité de la gamme Racer. Le plus intéressant se situe à l’arrière du maillot, avec la présence de 8 poches au total. En complément des traditionnelles trois poches dorsales, Van Rysel a rajouté une grande poche filet, deux poches zippées et enfin deux poches poubelles sur les côtés. Pour garantir la tenue, même chargé, l’ajout de deux bandes élastiques est très bien vu.

Sur la route

Avant l’envoi pour essai de cette version gris ardoise par la marque, j’ai eu l’occasion de mettre ce maillot à l’épreuve lors de l’UBF Cévennes et du 9420 Challenge, dans sa version violet glycine. J’apprécie la légèreté de la matière, et la coupe ajustée “Pro Fit“, deux éléments qui rendent ce maillot particulièrement agréable à porter durant de longs efforts. L’évacuation de l’humidité est assez efficace lorsque le mercure grimpe, sans être gêné par une quelconque sensation de maillot qui soit trop “collé” à la peau lors des longues ascensions.

Le maillot Van Rysel EDR Ultra dans les Gorges du Verdon, lors d’une journée caniculaire – crédit photo Pierre Dubarry



Le gros point fort de ce maillot EDR Ultra, ce sont ses poches. Je suis habitué à charger le maillot et le cuissard, plutôt que les sacoches, sur mes épreuves ultras. Et, de ce point de vue, il est très bien conçu. Il m’a offert suffisamment de place pour emporter quelques gels, barres, mon smartphone, une flasque de 250 ml, un tube de pastilles électrolytes et plusieurs doses de boisson. Par-delà la quantité, je retiens surtout l’efficacité du système de maintien, qui évite d’avoir cette sensation désagréable de ballotage lorsque les poches sont bien remplies. Les deux poches zippées sur les côtés ont toutefois la fâcheuse tendance à s’ouvrir si le maillot est un peu trop chargé. Il faudra en tenir compte, afin d’éviter de perdre ses papiers lors d’un ultra…

Comme souvent chez la marque, ce maillot EDR Ultra de Van Rysel offre un rapport qualité/prix indéniable. Couplé au cuissard Matchy Ultra testé récemment, l’association fut redoutable lors de ma dernière épreuve. Et, je compte bien la renouveler à nouveau lors de la Race Across France.

Pneus Vittoria Corsa PRO Control

Testés par Laurent

Dans la gamme route de Vittoria, le Corsa PRO représente le porte-étendard de la marque italienne, massivement utilisé par les équipes professionnelles. D’ailleurs, Vittoria communique sur le fait que le Corsa PRO est le pneu de route tubeless le plus titré jamais fabriqué. Mais, pour les conditions de course les plus difficiles, c’est bien la variante “Control” qui endosse ce rôle de référence. Notamment pour courir sous la pluie ou sur les pavés de Roubaix.

Vittoria Corsa PRO Control

Sa carcasse est légère, en coton et en aramide durable, tressée en 320 TPI, pour combiner souplesse, rendement et résistance aux perforations.

Vittoria Corsa PRO Control

La formule Graphène + Silice est un composé renforcé conçu pour les conditions difficiles. Elle offre une résistance accrue aux crevaisons et une meilleure adhérence latérale, améliorant le contrôle sur des surfaces imprévisibles et/ou humides.

Une carcasse renforcée, y compris face à la perforation

Un autre atout de ce modèle est le choix de dimensions : 700 x 26, 700 x 28, 700 x 30, 700 x 32, 700 x 38, et même 700 x 42 mm ! Quant au poids, j’ai pu peser la version en 700 x 32 mm à 367 g, et mesurer une largeur de 33 mm sur une jante de largeur interne de 24 mm.

Sur la route

De mon côté, et sans prétendre évidemment à pouvoir solliciter un pneu comme peut le faire un coureur du World Tour, j’ai pu tester ces pneus sur plus de 1200 km, dans le cadre de mon test du Cyfac Paradox, que vous pourrez lire bientôt. Ce test est complémentaire à celui de Dan, réalisé dans des conditions d’utilisation différentes. En résumé, je l’ai utilisé dans sa version 700 x 32 mm durant 1000 km à l’entrainement puis les 200 km restants en compétition : un championnat national fédéral au mont Ventoux, suivi d’une épreuve du Savoie Tour.

Un pneu dont le rendement reste excellent – photo Jean-Alexis Duthoit

Clairement, j’ai été conquis par ce pneu, aussi bien à l’entrainement qu’en courses. Il a le mérite de mettre le cycliste en confiance dès les premiers kilomètres. Ainsi, même sur des chaussées dégradées, j’ai pu me sentir en confiance pour prendre des angles que je n’aurais pas forcément osés avec d’autres pneus. En Savoie, j’ai essuyé plusieurs averses orageuses, parfois violentes. Même sous des trombes d’eau et une chaussée largement submergée, je n’ai jamais perdu l’adhérence.

Même sur des routes dégradées, on se sent en confiance – photo Jean-Alexis Duthoit

Dans ces conditions, et quand on doit déjà slalomer entre les pierres en descente de col, cela permet de rester concentré sur son pilotage. Alors oui, cette performance a un prix, conséquent. Mais, en recueillant quelques témoignages d’amis, je comprends que même après 3000 km, le Vittoria Corsa Pro Control reste encore utilisable et performant. Au final, je pense que l’investissement en vaut la peine…

Sacoche de guidon Apidura (2L)

Testée par Patrick

Nous avons récemment abordé les sacoches vide-poches dans un dossier consacré à ce sujet. Cette sacoche Apidura de guidon est un modèle légèrement plus volumineux qu’un vide-poche. Elle cible plutôt un usage urbain. C’est comme ça que je l’ai interprété du fait de sa prise au vent frontale importante et de son ergonomie qui la réserve à des guidons plutôt ronds sans support de compteur qui viendrait gêner l’ouverture de type rabat.

Sélection matos route
Photo Patrick VDB

Le rangement est constitué d’un compartiment principal unique avec une poche intérieure en filet pour isoler des clés ou autres petits objets. Le système de fermeture est de type rabat avec bandes velcro. La fixation au cintre est assurée par deux sangles Velcro renforcées en Hypalon et une sangle à boucle en nylon qui se fixe au tube de direction pour éviter le ballotement. Cette sacoche est étanche grâce à sa fabrication par soudure. Un graphique réfléchissant offre une visibilité nocturne et la sacoche dispose d’un point de fixation pour un éclairage avant.

Apidura, société historique du backpacking, nous offre un choix très large. Récemment, j’ai testé la série packable qui cible le voyage à vélo. Avec ce modèle, je vise plutôt mes déplacements locaux pour quelques petites emplettes sur mon vélo urbain single speed.

Sur la route

Sacoche Apidura

La conception de cette sacoche la réserve aux vélos sans compteur et sans prolongateurs car son ouverture par rabat, pratique par ailleurs, élimine la présence d’accessoires sur le guidon qui la surmonteraient. L’utilisation de cette sacoche se limite à ma balade matinale et quelques petites courses en ville avec mon single speed. Je peux glisser ma mini-pompe, quelques outils et une chambre à air.

Grâce au maintien bien ferme du serrage par velcros, la sacoche ne bouge pas. La petite sangle qui ceinture la douille de direction évite que la sacoche ballote, notamment en danseuse. Le côté pratique est de pouvoir ouvrir le rabat en roulant pour attraper mon appareil photo. La petite poche filet est utile pour mettre mes clés. Cette sacoche me permet de rouler en chemisette : je peux vider mes poches complètement dans son contenu de 2 litres.

Éclairage FABRIC LUMARAY V3

Testé par Pierre

Les lumières avec support GPS se sont largement démocratisées ces dernières années, on se souvient toutefois moins que l’inventeur du format en 2018 ne fut autre que la marque britannique Fabric. Pour ceux qui ne seraient pas familiers du concept, l’idée est de permettre d’optimiser la place sur son cintre, en combinant un éclairage qui se fixe directement sur son support GPS habituel, et l’installation du GPS Garmin/Wahoo lui-même, tel un “sandwich”.

Le fabricant nous dévoile la Lumaray V3, une nouvelle version qui constitue une évolution notable. Notamment en termes de luminance, l’éclairage des LED passe ainsi de 60 lumens pour la V2 à 400 lumens sur cette version. Cinq modes d’éclairages classiques sont proposés, parmi lesquels des modes fixes et clignotants, ainsi que cinq autres modes animés. La visibilité de 270 degrés permet d’être vu aussi bien de face que de côté, tandis que le boîtier a été étanchéifié avec une certification IPX6, lui garantissant la résistance à la pluie. On note également l’ajout d’une fonction sonnette (personnalisable). La compatibilité avec les supports GPS Garmin et Wahoo est assurée.

Sur la route

J’ai eu l’occasion d’essayer cette solution d’éclairage quelques semaines, sur plusieurs sorties en soirée et lors d’une course ultra. J’apprécie le facteur de forme de cette petite Lumaray, qui s’insère aisément sur la fixation GPS Garmin installée sur ma potence. Il est aussi possible de la fixer sur un support de cintre déporté.

Le point fort de cette Lumaray, et ce plus généralement de ce type d’éclairage, est de pouvoir signaler sa présence aux automobilistes dès le crépuscule. Et, sur ce point-là, j’avouerai ne plus m’en passer lors de mes sorties en début de soirée, tant cette solution occupe moins de place que ma lampe habituelle. La multiplicité des modes n’apporte en revanche pas grand chose selon moi. J’utilise exclusivement le mode flash lent en début de soirée, et bascule en mode Boost (300 lumens) lorsque la luminosité du ciel diminue. Il ne faudra cependant pas attendre de la Lumaray V3 qu’elle soit une solution d’éclairage. Testée en complément d’une Lezyne 1400 lors d’une course ultra, en pleine nuit, la bascule vers cette petite solution permet de se rendre compte que l’on n’y voit absolument rien dans la pénombre. Il s’agit ni plus ni moins que d’une solution d’éclairage d’appoint. De ce point de vue-là, je ne peux que la recommander. L’autonomie reste logiquement limitée en mode Boost (environ 3 heures), mais en mode flash on dépasse les 30 heures.

Un éclairage peu puissant, mais sécurisant en début de soirée – crédit photo Pierre Dubarry

En ce qui concerne les fonctions annexes, je retiens la sonnette, qui est assez pratique. Bien que le son de celle-ci soit personnalisable, après plusieurs tentatives de liaison à mon PC, l’éclairage n’a jamais été reconnu. Impossible d’y transférer un fichier pour remplacer la sonnette originale “vintage”. Il est également intéressant de souligner que l’éclairage peut être utilisé comme solution de recharge de secours. Il suffit de relier la sortie USB-C du Lumaray à son GPS ou smartphone. La capacité de la batterie lithium-ion atteint 1650 mAh, c’est plus du double de mon Garmin Edge 840 par exemple. Cela pourra éventuellement dépanner un smartphone en charge de secours.

Comme un lundi : dans le train

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La route de Giono

L’édito de Bike Café

Ce matin, en roulant sur mon petit vélo, je pense au Tour de France qui approche. Difficile de passer à côté : nous recevons une avalanche de communiqués de marques n’ayant parfois n’ont rien à voir avec le vélo, qui s’associent à l’événement. La collection de bouquins plus ou moins réussis, consacrés à la Grande Boucle, ressort dans les bacs des libraires. On y trouve les mêmes récits rabâchés par des auteurs médiatiques courtisés par les éditeurs. Le Tour de France fait vendre. C’est sans doute pour ça que la SNCF, notre compagnie ferroviaire publique, devient cette année et pour trois ans « fournisseur officiel » du prestigieux événement cycliste. Concrètement, ce partenariat consiste à mettre à disposition le samedi 25 juillet un TGV Inoui spécial, pour le transfert des coureurs et quelques accompagnateurs entre les Alpes et la région parisienne. Même si je salue l’usage de ce moyen de transport plus vertueux, ce coup de com me fait sourire, quand je pense à la relation quotidienne des cyclistes avec le rail. « Ferroviaire, chemin de fer, vélo, territoire, populaire, ça se marie », a dit Jean Castex, « c’est une évidence ». Mariage ou divorce, chaque cycliste confronté au transport de son vélo dans le train appréciera. (On débarque à Sisteron du train de cette ligne menacée entre Marseille et Gap – photo Philippe Aillaud)

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La Vache qui rit, rigole dans son coin… Elle ne prendra pas le train – photo DR

En roulant ce matin, j’essaie d’imaginer l’opération qui sera sans doute parfaitement scénarisée pour plaire aux médias. Je me mets à imaginer les champions assis dans un train, que je verrais bien peint en jaune pour la circonstance. Visuellement, ça va être chouette et bien visible à la veille de la 21ᵉ et dernière étape de ce Tour 2026. Je pense que les caméras éviteront de filmer la cohorte des véhicules vidés de leurs passagers, mais remplis de bagages et de vélos. Tout ce matériel sera sur la route et les vélos échapperont à l’humiliant démontage pour rentrer dans des housses format 90 x 130 x 50 cm obligatoires pour voyager à bord. Est-ce que cette opération séduction est bonne pour le vélo ? Je vous laisse juge. Est-elle le signal d’un nouveau regard de l’entreprise nationale sur le transport des vélos dans ses trains ? C’est pas sûr. Je n’ose même pas imaginer le coût de cette opération médiatique, qui rendra encore plus douloureux le manque d’investissement orienté vers le transport quotidien du vélo dans les trains. Le message me semble contre-intuitif pour les cyclistes qui galèrent régulièrement dans leurs déplacements. 

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Les anciennes gares hébergent parfois des lieux vélo… Un autre rapprochement consécutif à l’abandon par la SNCF des “petites lignes” – photo le Bon wagon à Duingt près d’Annecy

Après cette réflexion matinale ironique sur les dérives du monde de l’image, qui n’a plus peur de rien, j’ai cherché pour sourire dans le jargon cycliste des expressions ferroviaires en relation avec le vélo. Ne dit-on pas en cyclisme qu’on accroche le wagon ou que l’on prend le bon wagon, quand on saute dans les roues d’un groupe qui va bon train ? Et puis finalement, le TGV existe aussi dans le vélo, c’est ainsi que les commentateurs surnomment à juste titre un groupe de sprinteurs lancés à très grande vitesse vers la ligne d’arrivée. On verra donc cette année le train et le vélo associés sur la Grande Boucle. On aimerait le voir plus concrètement dans une vraie politique de mobilité multimodale. On aimerait aussi un peu plus de place pour nos vélos dans les trains des grandes lignes pour nous acheminer vers nos belles destinations de voyage. Merci au chef de gare national, Jean Castex, de penser à nous en maintenant en service les petites lignes menacées et en nous faisant une place dans les trains nationaux pour nos petits vélos.

Patrick.  

Retrouvez l’intégralité de notre rubrique “Comme un lundi” en cliquant >ICI<

Cycle ! Magazine #27

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Cycle! Magazine
Cycle! Magazine

Dans l’univers des médias, chahuté par les nouvelles technologies de la communication, il est difficile de définir le positionnement de Cycle ! Magazine. Je trouve que cet OVNI des médias vélo ressemble plus à une revue ou encore à un mook (magazine-livre) qu’à un magazine… C’est un objet que l’on ne jettera pas dans la poubelle jaune lorsqu’on a fini sa lecture. Pour résumer ce qu’est Cycle ! Magazine, il faut interpréter le point d’exclamation qui est collé au mot Cycle dans son titre. Le point d’exclamation, que l’on voit généralement en fin de certaines phrases, s’appelait autrefois point d’admiration. Cela traduit assez bien le sentiment porté sur le vélo par Lucie Malas et Thomas Vurst qui animent cette publication.

Dans sa forme et dans son modèle de distribution, Cycle ! Magazine affiche là encore son originalité. Sans publicité, ce magazine est financé par son prix de vente, une façon de ne pas avoir à gérer le rapport avec les marques et le choix des contenus. La vie sans pub est donc possible ! On ne le trouvera pas dans les kiosques, aux côtés des titres vélos habituels. Son format discret n’est pas fait pour émerger sur les linéaires des marchands de journaux. Pour trouver cette publication, il faudra passer par le réseau de libraires ou par les points de lecture dans certains cafés vélo.

Cycle! Magazine

Nous avons reçu au bureau de Bike Café notre #27 et je vous en parle librement car je n’ai aucun article dans ce numéro. J’ai publié quelques sujets dans ce magazine à chaque fois avec un grand plaisir et une liberté totale dans mes textes. Lucie et Thomas ont un très grand respect pour les auteurs. Cyclistes randonneurs eux-mêmes, ils partagent avec passion une certaine ouverture sur le monde sincère et authentique du vélo, sans se soucier des phénomènes de mode.

Cycle! Magazine

Je découvre avec gourmandise ce #27. Le sommaire suit généralement un angle très ouvert sur un thème. Cette fois c’est : “Au bon endroit, au bon moment”, un thème qui m’est cher et que j’avais abordé dans un édito. Contrairement aux magazines très rubriqués, ici le sommaire est une liste de sujets. Je retrouve avec plaisir la plume de Pierre Pauquay, qui collabore ponctuellement à Bike Café, et tous les autres. La mise en page est sobre et claire.

Si vous aimez le vélo, je vous conseille Cycle ! Magazine et si vous êtes en Provence en octobre, venez participer à la Cezanne Cyclo Classic les 3 et 4 octobre à Aix-en-Provence, il y a de fortes chances que Lucie et Thomas y soient.

Cycle! Magazine

Informations

TitreCycle ! Magazine
ÉditeurÉditions Rossolis
Site web éditeurhttps://cyclemagazine.fr/
Nombre de pages160
ISBN9782940840014
Date de publication6 mars 2025
Prix TTC14 €

Pitch de l’éditeur

Cycle! Magazine

Au bon endroit, au bon moment

Contenu : Portfolio ; cycle ! concours photo, Finalistes et nominés de la 1ère édition 2026 ; La Fileuse, La légende de la reine des petites reines de Cholet ;  Le Chalenge Tourmagne, Sur les traces de deux  pionniers du voyage à vélo ; La nuit, je Mans ; De quoi se bidonner, Ernest Casarca – Un récit de baguenaude à vélo (première partie); Eternels seconds ; L’aventure dans l’aventure, Transports et vélo au long cours ; On n’est pas arrivées à Istanbul!, Quand une simple blague devient réalité ; Ruka Gravel, La planque vélo la mieux gardée d’Europe ; Un petit tour en Algérie ; D’une grande beauté, Sur les routes du Rwanda ; Bibliocycle!; Cézanne Cyclo Classic, Rétrospective 2025 ; Cyclo Balado !

Les contributeurs sont : Julien Douvier, Thomas Maheux, Michel Dalloni, Pierre Pauquay, Carlos Madrid, Victor Juste, Marco Pastonesi, Bertrand Vidailhet, Marion Jover, Flore Kilens, Nolwenn Paliern, Emmie Collinge, Phil Gale, Claude Marthaler, Stefano Ferrando, Gabriel Refait, Hido J., Ella Moser, Thomas Vust.
Photo de couverture : Julien Douvier
Prix : 14 €  E.Shop

À propos de la rédaction

Lucie Malas et Thomas Vust sont des éditeurs suisses francophiles et francophones ; ils connaissent bien la France qu’ils sillonnent sur leurs randonneuses. Très discrets, ils éditent de nombreux ouvrages avec leur maison d’édition Rossolis et le magazine dont Lucie est la rédactrice en chef. Nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises et à chaque fois nos échanges ont été agréables et apaisants dans un monde du vélo qui est souvent agité par le toujours plus des nouveautés.

Roues gravel race DUKE Sierra Æra : le test sur 1000 km

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En 2011, fort de son succès en tant qu’artisan monteur, JPRacingBike1 crée sa propre marque de roues : DUKE Racing Wheels. Toutes les roues DUKE sont assemblées à la main en France, en Vendée. Le fabricant conçoit ses propres profils de jantes, en carbone ou aluminium, via des moules exclusifs. DUKE, c’est l’histoire d’un monteur artisanal devenu concepteur de roues haut de gamme, avec une identité forte : innovation et montage à la main. Cet été, DUKE vient de dévoiler ses nouvelles roues gravel en carbone Sierra Æra. Nous avons eu la chance d’obtenir une paire de Sierra ÆRA W42/48 en test, que j’ai pu évaluer à l’entrainement et en gravel race sur la manche UCI Wish One Millau Grands Causses. Photo de couverture de Laurent Biger.

Roue avant DUKE Sierra Æra W42 – photo Laurent Biger

Roues gravel DUKE Sierra Æra : présentation

DUKE propose une multitude de variantes de Sierra ÆRA, directement visible sur leur site. Ainsi, on peut y retrouver des roues Sierra ÆRA équipées de moyeux DT SWISS ou DUKE, de rayons Sapim, ou encore Berd. En plus de cela, plusieurs hauteurs de profils sont proposées (42, 48 et 56 mm), tout comme plusieurs largeurs externes (classique ou wide). Bien évidemment, en fonction des configurations, le poids diffère, tout comme le budget à y consacrer. La paire de roues que j’ai pu tester est cette Sierra ÆRA W42/48, que nous allons détailler ensemble.

Emballage

Une unique carton contient la paire de roues. Une fois ouvert, on visualise deux roues bien calées et bien protégées.

Un emballage simple mais protecteur – photo Laurent Biger

Chaque roue se trouve dans une housse à l’effigie de la marque.

Une housse DUKE pour chaque roue – photo Laurent Biger

Là-dessus se trouve une petite boite en carton de belle facture. À l’intérieur se trouvent : un goodies DUKE, quatre rayons de rechanges avec leurs écrous, ainsi que dans le cas présent, un corps de roue libre supplémentaire MicroSpline (en option) :

Photo Laurent Biger

Le fait d’avoir des rayons de rechanges est tout de même une attention rassurante. Les marques concurrentes feraient bien de s’en inspirer !

Quatre rayons de rechange : rassurant – photo Laurent Biger

Les moyeux DUKE MadMax3

C’est le nouveau moyeu DUKE MadMax3, dans sa version SP (Straight Pull), qui équipe ces roues. Les roulements, en acier, proviennent de chez TPI. TPI Bearing est un fabricant taiwanais de roulements qui équipe un grand nombre de roues du commerce. Quant aux joints, ils sont en caoutchouc des 2 côtés, de type LB/LU, LB : joint bleu “Light Contact” pour une meilleure fluidité (montage côté intérieur) et LU : joint noir “Strong Contact” pour une meilleure étanchéité (montage côté extérieur).

Moyeu arrière DUKE MadMax3 SP – photo Laurent Biger

Les moyeux, avant et arrière, sont entièrement usinés dans la masse (CNC) à partir d’aluminium 7075 T6. Sur ceux-ci viennent se fixer des disques de freins au standard Centerlock.

Moyeu avant DUKE MadMax3 SP – photo Laurent Biger

Les moyeux DUKE MadMax3 sont compatibles avec des axes traversants de 12 x 100 mm pour le moyeu avant, et 12 x 142 mm pour le moyeu arrière. Par ailleurs, ces moyeux sont conçus – dans cette version – pour accueillir 24 rayons droits chacun.
Enfin, le moyeu avant pèse environ 102 g, et l’arrière autour de 189 g, selon le montage (données fabricant, non vérifiés).

Le système de roue libre

Le système de roue libre est de type ratchet conique. Du côté du moyeu, la couronne fixe est en titane. Alors que celle mobile, du coté roue libre, est en acier. 

Système ratchet conique – photo Laurent Biger

Là-dessus, 36 points d’engagements assurent la transmission du mouvement. Le corps de roue libre est en aluminium, et se voit être proposé en plusieurs standards : XD / XDR / HG / MicroSpline. De quoi couvrir 90 % des transmissions des vélos gravel actuels.

Les jantes

Les jantes sont fabriquées en carbone de fibre Toray T1100. Chacune percée de 24 trous, leur profil est symétrique. On retrouve ici le concept SpokeCore : les trous de rayons sont formés par moulage, et non pas par un perçage brut qui coupe les fibres. Cela pour obtenir une structure plus homogène et plus robuste. Quant à l’aspect dynamique, le fabricant met en avant le concept DRC, pour Dynamic Response Comfort. Cette technologie est censée apporter du dynamisme, mais sans sacrifier le confort. En outre, ces jantes ne sont pas hookless, mais bien d’une conception avec crochet.

Dans cette configuration, les jantes avant et arrière sont différentes. Cela dans un but de trouver le bon compromis entre aérodynamisme et maniabilité : une roue avant large (pour l’aérodynamisme, j’y reviendrai plus tard) et plus basse que l’arrière.

Jante avant DUKE Sierra Æra W42

  • largeur interne : 28 mm
  • largeur externe : 43 mm
  • hauteur de profil : 42 mm

Jante arrière DUKE Sierra Æra 48

  • largeur interne : 28 mm
  • largeur externe : 34 mm
  • hauteur de profil : 48 mm

Là-dessus, la surface est d’un noir brillant, sur laquelle on note l’inscription massive DUKE par sticker (couleur personnalisable). La surface est sculpté selon le profil Æra CFD :

Profil Æra CFD – photo DUKE

Un profil spécifique à DUKE, bosselé, qui est censé réduire la traînée aérodynamique de 10 % en comparaison d’une surface lisse. De plus, le fabricant que cette performance se fait sans perte de stabilité face au vent latéral.

Les rayons et leurs écrous

Dans cette configuration, les rayons sont droits, en conformité avec le moyeu Straight Pull. Plus exactement, ce sont des rayons Sapim CX-Ray.

Rayons droits sur moyeu Straight Pull – photo Laurent Biger

Le fabricant belge Sapim est probablement le plus connu et le plus utilisé quand il s’agit de rayons et de leurs écrous. Le même fabricant fournit ici les écrous de rayons, personnalisable quant à leur couleur.

Rayons et écrous Sapim – photo Laurent Biger

Fond de jante et valve

Le ruban adhésif pour le “fond de jante” permet l’étanchéité nécessaire au montage tubeless. Installé avec soin, ce ruban noir recouvre la jante sur toute sa largeur.

Photo Laurent Biger

La valve tubeless est une production DUKE en aluminium de 63 mm. Tout comme le ruban adhésif, la valve est déjà installée.

Photo Laurent Biger

Il est intéressant de noter que le bouchon de valve peut faire démonte-obus. Pour autant, pour mon test, j’ai remplacé l’obus de ces valves par le système BBB Core Cap, dont je vous avais parlé dans ce dossier (cela explique les différences sur certaines photos).

Photo Laurent Biger

Poids

Enfin, pour être complet avec cette présentation statique, parlons du poids. J’ai pesé chaque roue dans la configuration décrite ci-dessus :

  • Roue avant (avec fond de jante et valve) : 665 g
  • Roue arrière (avec fond de jante, valve et corps de roue libre XDR) : 711 g

Soit la paire à 1376 g (jantes et fonds de jantes inclus). Au regard du prix de vente à moins de 1 936,28 € la paire, on peut déjà considérer que le rapport poids/prix reste dans la moyenne de la catégorie des roues “gravel race”.

Roues gravel DUKE Sierra Æra : le test terrain sur 1000 km de routes et pistes

J’ai testé ces roues durant 1000 km, à l’ entrainement ainsi qu’en course. Les entrainements se sont déroulés majoritairement sur le massif des Maures. Puis, j’ai engagé ces roues en Gravel Race sur la manche UCI Wish One Millau Grands Causses. Une course que je vous ai racontée dans cet article. Par ailleurs, j’ai testé ces roues avec deux types de pneus : Vittoria Terreno PRO T50 Mixed Gravel Race en 700 x 45 mm, puis Hutchinson Caracal Race en 700 x 40 mm.

Pour commencer, la roue libre distille une sonorité relativement élevé. Pour moi, qui suis un adepte des roues libres silencieuses, c’est loupé ! En cela, c’est avant tout une histoire de goût… Et puis, j’ai connu des roues libres aux sonorités bien plus désagréable que celle-ci.

Photo Jean-Alexis Duthoit

La rapidité d’engagement de la roue libre est de l’ordre de 10 degrés maximum (360°/36 points d’engagement). Cette rapidité s’avère à la hauteur pour l’usage sportif auquel se destinent ces roues DUKE.

Les roues gravel DUKE Sierra Æra engagées en gravel race UCI – photo Jean-Alexis Duthoit

Dynamisme et confort

Malgré une hauteur de profil déjà respectable, je n’ai pas eu la sensation d’être gêné par un surcroit de rigidité. Est-ce là le bénéfice de la technologie DRC, pour Dynamic Response Comfort, mis en avant par la marque ? Peut-être… Dans tous les cas, le compromis entre dynamisme et confort me semble excellent pour ces roues.

Roue avant DUKE Sierra Æra W48 – Photo Jean-Alexis Duthoit

En plus de permettre un ballon intéressant pour le pneu, la largeur interne de 28 mm va amoindrir le risque de pincement. Un autre point positif est que, plus la largeur interne est importante, plus le montage et claquage des pneus tubeless est aisé.

Moyeu avant DUKE MadMax3 – photo Jean-Alexis Duthoit

Aérodynamisme

Une largeur interne importante a pour conséquence une largeur externe à la hausse. Le premier bénéfice est pour la performance aérodynamique du couple jante/pneu. En effet, pour une performance aérodynamique optimale, la largeur externe de la jante doit être sensiblement égale ou supérieure (105 %) à celle du pneu.

Sur cette vue, on distingue le profil bosselé CFD propre à DUKE, et la largeur externe sensiblement égale au pneu – photo Laurent Biger

Ce principe aérodynamique est aujourd’hui parfaitement appliqué dans le peloton professionnel sur les vélos de route. Depuis maintenant environ deux ans, on remarque que les fabricants tendent à l’étendre à leurs gammes de roues gravel “performance”. D’où ce choix de Duke de proposer la Sierra Æra, dans sa version W(ide) pour la roue avant, de loin la plus exposée à la résistance à l’air.

J’ai engagé ces roues en gravel race UCI, à Millau – photo Virg.Govignon

Quant à la robustesse, difficile d’en juger après environ 1000 km. Pour autant, même après des entrainements soutenus et une manche UCI, force est de constater l’absence de voile ou d’autres détériorations précoces. C’est plutôt rassurant pour la suite.

Roue arrière DUKE Sierra Æra après une gravel race UCI – photo Jean-Alexis Duthoit

Roues gravel DUKE Sierra Æra : au bilan

Sur une période de deux ans, on peut constater une évolution majeure et rapide sur les roues de gravel “performance” : la prise en compte de la largeur dans la performance aérodynamique. Ainsi, avec ces Sierra Æra, DUKE confirme son positionnement actuel, résolument axé sur la performance et de l’innovation. D’ailleurs, les excellents résultats sportifs de coureurs équipé(e)s en roue DUKE semblent le confirmer. Au regard du tarif, ce sont des roues que l’on imagine sans peine sur des vélos typés gravel race. Soit des vélos qui roulent à des moyennes souvent élevées, dont les propriétaires sont exigeants et à la recherche de gains notables. Avec ces roues Sierra Æra, DUKE leur apporte une réponse qui mérite toute leur attention…

  • Page fabricant de la famille de roue DUKE Sierra Æra : DUKE-sierra-aera
  • Prix public de la version testée (paire) : 1 936,28 € TTC

L’Ardéchoise : une fête du vélo populaire portée par l’esprit de village

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l'Ardéchoise

Chaque mois de juin, l’Ardéchoise transforme les routes d’Ardèche en une immense fête du vélo. Créée en 1992 autour de Saint-Félicien, cette manifestation rassemble aujourd’hui plusieurs milliers de cyclistes venus de toute la France et de nombreux pays étrangers. Derrière les chiffres impressionnants et les différents parcours proposés, l’Ardéchoise repose avant tout sur un modèle singulier : l’implication de centaines de bénévoles, de villages mobilisés et d’associations locales qui font vivre l’événement.

L’Ardéchoise ne ressemble pas totalement aux événements cyclistes à la mode qui occupent aujourd’hui les réseaux sociaux. Ici, le vélo reste un prétexte à la rencontre, à la découverte d’un territoire et à une certaine idée du partage. Cette singularité explique sans doute pourquoi cette épreuve continue d’attirer des publics très différents, du compétiteur aguerri au cyclotouriste contemplatif.

Une histoire née au cœur des montagnes ardéchoises

Un ancrage local.

Lorsque l’Ardéchoise voit le jour au début des années 1990, l’objectif consiste à valoriser un territoire rural parfois éloigné des grands circuits touristiques. Très vite, l’événement dépasse le cadre d’une simple randonnée cycliste. Les organisateurs construisent progressivement un rendez-vous où le vélo sert de fil conducteur à la découverte des paysages ardéchois. Les cols, les vallées et les routes de bonne qualité et peu fréquentées deviennent les acteurs principaux d’un événement qui s’inscrit durablement dans le paysage cycliste français.

L'ardéchoise
Un territoire rural parfois éloigné des grands circuits touristiques – phto Patrick VDB

Au fil des années, l’Ardéchoise développe plusieurs formules capables d’attirer des profils de cyclistes très différents, tout en conservant son ancrage local.

Les Gorges de l’Ardèche : quatre jours pour voyager à vélo

Le nom des cols franchis devient le chapelet poétique de cette randonnée

Parmi les nombreuses formules proposées, les itinérances occupent une place particulière. Nous avons choisi le parcours « Les Gorges de l’Ardèche », une aventure de quatre jours qui permet d’aborder l’événement sous un angle différent. C’est mon ami Alain qui m’a entraîné dans l’aventure. Il est fan de l’Ardéchoise qu’il a faite plusieurs fois et qu’il m’a “vendue” lors de nos sorties du week-end.

Les gorges de l’Ardèche à Vallon Pont d’Arc – photo Alain Magré

Loin de la logique de la performance pure, cette formule privilégie le voyage à vélo. Chaque étape offre des paysages variés où alternent gorges profondes, plateaux sauvages, villages de caractère et routes secondaires particulièrement agréables à parcourir. Avec Alain nous nous sommes fixés comme règle d’honorer chaque ravito, pour saluer les bénévoles, quitte à prendre qielques kilos 😊

Le relief reste bien présent, mais il devient rapidement un élément du décor. Le nom de chaque col franchi devient un grain du chapelet poétique de cette randonnée. Le temps passé sur le vélo laisse davantage de place à l’observation, aux rencontres et à la découverte du territoire.

Nos étapes

Saint Félicien –> Marcols-les-Eaux (112 km – 2037 m de D+) : La particularité de notre randonnée est que nos gros sacs (10 kg maxi), que nous venons de déposer à la consigne, nous attendront aux lieux d’hébergement. En ce qui nous concerne, nous serons dans un premier temps hébergés en gîte, puis en camping et enfin dans un internat de collège. Cela signifie qu’il faut ajouter des liaisons hors parcours pour rejoindre la fin de l’étape.

L'Adéchoise
Départ à 7 h du matin à Saint-Félicien pour Alain et moi

On s’aligne sur la ligne de départ pour enregistrer le top électronique du départ via le capteur intégré à la plaque de cadre. Nous avons couché la veille dans une ferme chez Vincent et Ludivine. Vincent nous a raconté sa vie de paysan, fier de son travail entre élevage et culture. Entre cette nuitée chez l’habitant et notre dîner au bistrot “Chez les Blondes”, on est direct dans l’ambiance et la convivialité.

Cette première étape est une mise en jambe. Les premières gorges sont celles du Doux, au fond desquelles on aperçoit la voie du chemin de fer touristique qui part de Lamastre. On prend la direction du sud dans les paysages du Vivarais. L’ambiance des ravitos nous encourage à participer à la fête : on marque un arrêt à chacun d’entre eux. Les bénévoles redoublent d’imagination. Le maire est souvent présent pour nous accueillir. Fruits, fromage, gâteaux maisons… Combien de kilos va-t-on prendre à ce petit jeu ?

  • Les cols : Après les gorges du Doux on attaque le premier col. Il porte un nom symbolique : le col de la Justice (679 m), sera t-elle favorable à notre voyage ?
  • Les rencontres :Christophe du club cyclo d’Aix-en-Provence sur le ravito de Vernoux. Le soir au gîte, Sylvie et son mari Gilles, originaires du Doubs et Claire, cycliste nordiste solitaire ayant déjà un Paris-Brest-Paris à son palmarès. Nous partageons notre gîte du soir. Tous les trois sont de vrais cyclistes qui nous racontent leurs pratiques passionnées du vélo.
  • L’hébergement : La Maison de Tante Jeanne à Marcols-les-Eaux. Super endroit : bonne table, apéro le soir sur la terrasse, dîner préparé maison. Petit déjeuner 3 étoiles.
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Une nuitée confortable dans le gite de la Maison de Tante Jeanne – photo Alain Magré

Marcols-les-Eaux –> Sant-Alban-Auriolles (152 km – 2030 m de D+)

Départ vers 7h15 du gite avec Sylvie, Patrick, Gilles, Alain et Claire – photo Arielle qui tient le gite Tante Jeanne

On dit au revoir à Arielle, notre sympathique hôtesse, et on attaque directement une montée ombragée dans un décor de campagne vallonnée qui s’ouvre à notre gauche. Il fait frais. On traverse des hameaux encore endormis. Direction le sud. Le col de la Fayolle que l’on attaque vers le 30ᵉ kilomètre va nous réveiller. On descend ensuite vers Privas où on ne trouve pas le ravito. Pareil à la sortie de la ville, le ravito traditionnel n’existe plus. On attaque la difficile montée du col du Benas. On profitera en haut d’une vue spectaculaire sur Privas. Le ravito en haut n’est plus là non plus. On se couvre à nouveau pour attaquer la descente, il y a du vent : prudence, prudence avec les jantes de 45 et les disques qui prennent le vent latéral. Ce sera la plus grosse étape en termes de kilomètres de notre périple.


Après un accueil romain à Alba-la-Romaine – normal – la prochaine vue spectaculaire sera celle de Vallon-Pont-d’Arc et sa flottille de kayaks. Il faudra faire un long bout hors parcours ensuite pour rejoindre le camping où nous sommes hébergés. Ce camping 5 étoiles s’étend sur plusieurs hectares. Nous retrouvons Sylvie et Gilles qui sont hébergés au même endroit. On partagera le dîner avec eux et 140 cyclistes de l’Ardéchoise qui, comme nous, font étape ici.

  • Les cols : les cols de la Fayolle et de Benas ne sont pas longs ;
  • Les rencontres : on retiendra surtout l’accueil chaleureux des villages. Les thèmes sont toujours très travaillés par les communes qui s’investissent à fond.
  • L’hébergement : Camping 5 étoiles du Ranc Davaine. Énorme avec sa capacité d’accueil de 3000 personnes. Notre chalet tout neuf est bien équipé, on sera à l’aise pour cette deuxième nuitée. Repas partagé avec 140 cyclistes qui sont hébergés là comme nous.

Saint-Alban-Auriolles –> Saint-Cirgues en Montagne (118 km – 2430 m de D+)

C’est la grosse étape de ces 4 jours en terme de D+. Je la redoute, avec notamment la longue ascension du col de Meyrand (1370 m). Ce 3ᵉ jour va être dur pour moi. La montée n’en finit pas. Alain, qui connait bien les lieux, me conseille des pauses aux points d’eau sur le bord de la route. On s’arrête à l’ombre pour mieux repartir. À Loubaresse (1220 m), on fait trempette dans l’eau froide de la fontaine, ça nous fera un bien fou. Le col de Meyrand franchi, il y derrière le col du Pendu, qui n’est pas mal non plus. Les pourcentages moyens sont plus élevés que les deux premiers jours. Mon vélo un peu lourd est doté d’un ratio de 1 (34-34) : je gère…


Récompense ensuite : la descente vers Mazan l’Abbaye où l’on verra les ruines de l’ancienne abbaye en contrebas de la route. On file vers Saint-Cirgues-en-Montagne et je rêve à une bonne bière après avoir pris une douche dans notre chambre de pensionnaire du collège local. Une petite marche du collège jusqu’au restaurant de l’hôtel Renaissance où on retrouve Sylvie et Gilles qui, eux, sont logés sur place à l’hôtel. Gilles a eu l’aide d’un médecin cycliste qui participe à la randonnée. Il a refait ses pansements, mais depuis sa chute Gilles est courbatu et il peine sur le vélo. Reste le dernier jour, courage ! On rentre se coucher dans nos petits lits d’étudiants : je vais bien dormir.

  • Les cols : Le gros morceau sera cette montée de 22 km avec pour objectif le col de Meyrand (1370 m) et ensuite le bien nommé col du pendu (1428 m).
  • Les rencontres : On retrouve Sylvie et Gilles, qui est couvert de pansements suite à une chute. Le sympathique couple qui tient l’hôtel-restaurant le Renaissance où nous allons dîner : Corinne et Frédéric.
  • L’hébergement : Collège de la Montagne Ardèchoise. On va dormir dans une chambre des pensionnaires du collège.

Saint-Cirgues en Montagne –> Saint-Félicien (115 km – 1 900 m D+)

C’est la dernière étape. On décide de couper la première partie qui mène au lac d’Issarlès en pensant à notre horaire ensuite pour rentrer dans les Bouches-du-Rhône. Frédéric, le patron de l’hôtel Renaissance qui est cycliste, nous indique une petite route qui va nous faire gagner quelques kilomètres et qui effacera un col. On est en région de montagne et d’élevage. Les troupeaux nous regardent passer, ils se disent sans doute en habitués : “Tiens, voilà l’Ardéchoise …

Cette étape est la plus belle pour moi, la partie vers le mont Gerbier de Jonc est superbe. Voir la Loire couler comme un ruisseau de montagne ne laisse pas imaginer le fleuve qu’elle va devenir. Après être arrivé au sommet à 1415 mètres, la belle descente vers Saint-Martial sera appréciée à l’ombre des grands arbres qui la bordent. La suite sera dure et très casse-pattes. Tous les parcours de l’Ardéchoise convergent sur ce tronçon, y compris la cyclo-sportive avec des cyclistes qui s’imaginent être sur le Tour de France. La moto, qui ouvre la voie à grands coups de sifflet aux compétiteurs, arrive en trombe, suivie de “furieux” qui descendent à fond la caisse. Heureusement, à une fourche la cyclo part à gauche et nous à droite. C’est la fête du vélo et des vélos, on en voit de toutes sortes, mais c’est surtout le royaume du carbone et des beaux vélos. Je repère dans cette masse deux vélos Victoire en acier un peu perdus dans cet univers cycliste dominé par le composite.

L'ardéchoise
Photo Patrick VDB

C’est dans une des montées finales que deux anciens collègues de boulot et de sport me rattrapent. Cela faisait 18 ans qu’on ne s’était pas vus. Ils ont fait le circuit 3 jours, costauds également. Encore une longue descente sous une forte chaleur avant d’arriver à Saint-Félicien. On récupère nos sacs au milieu de centaines d’autres. Chapeau à l’organisation pour cet acheminement précis et ponctuel sur chaque lieu d’hébergement. Je dépose mon vélo d’emprunt sur le stand de CMT où je retrouve Jean-Pierre Ramoul et Caroline Pique. Direction le bistrot “Chez les Blondes” qui est le QG de mon copain Alain, habitué de l’Ardéchoise, pour deux pintes de bière et une salade avant de repartir à Aix-en-Provence avec beaucoup de souvenirs et quelques douleurs.

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Alain : mon coach Ardéchoise – photo Patrick VDB

Un grand merci à Alain qui a fait tout ce périple en portant un œil bienveillant et protecteur sur moi. Lui, il a fait ce parcours en pignon fixe (42×19) les spécialistes apprécieront la performance…

  • Les cols : Je retiens bien sûr le spectaculaire passage au mont Gerbier de Jonc et les derniers petits cols de fin de parcours qui me feront sentir le cumul en D+ de cet exigeant périple.
  • • Les rencontres : deux anciens copains de boulot et de sport en entreprise que je n’avais pas vus depuis 18 ans. Deux vélos Victoire perdus au royaume du carbone. Et, plein de cyclistes avec lesquels j’ai échangé quelques mots.

Cette formule quatre jours rappelle finalement que le cyclisme ne se résume pas toujours à une moyenne horaire ou à un classement.

Quand les villages deviennent les héros de l’Ardéchoise

L'Adéchoise
Le Maire de Saint-Barthélémy le Plain nous accueille – photo Patrick VDB

L’une des particularités de l’Ardéchoise réside dans l’implication des communes traversées. Tout au long des parcours, les villages se parent de décorations parfois étonnantes. Les habitants préparent des animations, des ravitaillements et des accueils qui donnent à l’événement une dimension festive rarement observée ailleurs.
Cette mobilisation collective constitue probablement l’une des clés de son succès. Les cyclistes traversent des territoires qui ne se contentent pas de les regarder passer. Ils participent à la fête. Dans une époque où de nombreux événements sportifs se professionnalisent fortement, cette dimension associative conserve un caractère singulier.

L’Ardéchoise : un mélange de toutes les tribus cyclistes

L’Ardéchoise offre également une photographie assez fidèle du cyclisme français. On y croise le champion local qui connaît chaque virage, le cyclotouriste expérimenté qui enchaîne les grands brevets depuis des décennies, mais aussi des pratiquants occasionnels venus relever un défi personnel.

L'ardéchoise

Les vélos eux-mêmes racontent cette diversité. Certains participants roulent sur des machines très modernes tandis que d’autres utilisent des vélos plus anciens entretenus avec soin. On y voit également des vélos plus anecdotiques : vélos pliants, vélos couchés, VTT… Je n’ai vu qu’un seul pignon fixe : celui d’Alain qui m’accompagnait. Ce brassage constitue assurément l’une des richesses de l’événement. À l’heure où les pratiques cyclistes tendent parfois à se segmenter entre route, gravel, bikepacking, ultra-distance ou vélotaf, l’Ardéchoise réunit encore des pratiquants qui ne fréquentent pas nécessairement les mêmes univers le reste de l’année.

Un événement parfois jugé démodé mais toujours vivant

Les nouvelles générations de cyclistes cherchent souvent d’autres formats. Le gravel, l’aventure en autonomie, les voyages bikepacking ou les courses d’ultra-distance occupent désormais une place importante dans l’imaginaire collectif. Face à ces nouvelles tendances, certains considèrent parfois l’Ardéchoise comme un événement appartenant à une autre époque. Pourtant, cette lecture paraît réductrice.

L'ardéchoise
photo Patrick VDB

L’événement continue de proposer une expérience que peu de rassemblements offrent aujourd’hui : celle d’un cyclisme populaire, accessible et profondément ancré dans un territoire. Loin des contenus calibrés pour les réseaux sociaux, l’Ardéchoise met en avant une autre réalité du vélo. Une réalité moins spectaculaire mais peut-être plus représentative de la diversité des pratiquants français.

L'ardéchoise
photo Patrick VDB

Observer l’Ardéchoise de l’intérieur revient finalement à porter un regard sur une partie du paysage cycliste français. On y retrouve des retraités passionnés, des clubs historiques, des familles, des sportifs réguliers, des cyclistes occasionnels et des voyageurs attirés par la découverte des paysages. Cette diversité contraste parfois avec l’image véhiculée par certaines tendances plus médiatisées.

L’Ardéchoise rappelle que le vélo reste avant tout un moyen de découvrir un territoire, de rencontrer d’autres personnes et de partager un effort commun.

La vidéo

Un souvenir sans prétention issu de ma GoPro que je sortais de ma poche quand je pouvais.

Mon avis

L’Ardéchoise continue de réunir chaque année plusieurs milliers de participants grâce à une recette qui évolue peu, mais qui conserve sa pertinence : des paysages remarquables, des routes adaptées au vélo, un engagement bénévole exceptionnel et une forte dimension humaine. Dans notre univers cycliste souvent attiré par la nouveauté, la technologie ou les formats émergents, cet événement rappelle qu’il existe encore une place importante pour un cyclisme populaire, festif et profondément collectif. Avec Alain, mon compagnon de route, nous avons rencontré de nombreux cyclistes différents venus ici vivre ce partage. Nous avons échangé avec tous ces bénévoles en nous arrêtant systématiquement à chaque ravito.

Au-delà des kilomètres parcourus, l’Ardéchoise raconte peut-être quelque chose d’essentiel : le vélo reste avant tout une aventure humaine.

Mon vélo

À l’occasion de cette participation à ces 4 jours cumulant 500 km et 8800 m de D+, j’ai souhaité tester un vélo conçu pour l’endurance sur route. Je vous présente ce CMT GT titane lors d’un test complet réalisé sur 900 km et beaucoup de D+.

Je salue le savoir-faire de CMT en matière de construction de cadres en titane. Ceux qui savent fabriquer ce type de vélo en France sont rares : il faut le souligner. Le travail du titane nécessite la mise en œuvre de conditions de soudure particulières et une expérience professionnelle basée sur une fabrication régulière.”

Caractéristiques

– Fourche Deda EDG Allroad (carbone)
– Transmission mécanique Shimano 105 en 2 x 12 vitesses
– Cassette Shimano : 10-34 dents
– Cintre Deda carbone et potence Deda Alu Superbox DCR
– Jeu de direction et collier de selle Hope
– Roues Mavic Cosmic SL 45
– Pneus Hutchinson Blackbird All Season tubeless 28 mm
– Freins avec disque Hope
– Tige de selle Deda et Selle SMP VT20

Shokz Opendots 2 : des écouteurs à clip, légers et confortables, qui me laissent entendre les cigales

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Shokz OpenDot 2

Avec les Shokz OpenDot 2 la marque, née en Chine et installée commercialement aux États-Unis, poursuit son développement dans l’univers des écouteurs à oreilles libres. Connue pour ses casques à conduction osseuse largement adoptés par les coureurs, les triathlètes et les cyclistes, Shokz explore désormais une autre voie technologique. Le Shokz OpenDot 2 n’utilise pas la conduction osseuse traditionnelle, mais un système de diffusion sonore ouvert qui laisse le conduit auditif libre.

Cette approche répond à une attente croissante des sportifs : écouter de la musique, un podcast ou les indications d’un GPS tout en restant attentif à son environnement. Avec cette deuxième génération d’écouteurs à clip, Shokz propose davantage de confort, une meilleure qualité sonore et un design qui s’apparente autant à un accessoire de mode qu’à un produit électronique.

Une évolution du concept d’écoute à oreilles libres

Écouter et entendre à la fois…

Depuis plusieurs années, Shokz a construit sa réputation autour de la conduction osseuse. Nous avons d’ailleurs publié quelques articles sur ce sujet. Cette technologie transmet les vibrations sonores via les os du crâne et libère totalement les oreilles. Le Shokz OpenDot 2 adopte une philosophie différente. Les écouteurs se fixent directement sur l’oreille grâce à un système de clip et diffusent le son à proximité du conduit auditif sans l’obstruer.

Sur cette route déserte j’entends tous les bruits environnants – photo Patrick VDB

Cette configuration permet de conserver une perception naturelle de l’environnement extérieur. Pour les pratiquants de vélo, de course à pied ou de randonnée, cette caractéristique représente un argument important, notamment lorsqu’il s’agit de partager l’espace avec d’autres usagers.

Un design léger pensé pour un usage prolongé

L’un des principaux arguments en faveur des Opendots 2 concerne la légèreté du produit. Chaque écouteur affiche seulement 6,4 grammes sur l’OpenDot 2. Shokz a également retravaillé l’arceau JointArc™ en nickel-titane afin qu’il s’adapte aux différentes morphologies d’oreilles tout en limitant les points de pression. Effectivement cette pression est parfaitement supportable : on les oublie.
Ces écouteurs sont des objets hybrides que l’on peut situer à mi-chemin entre un accessoire technologique et un bijou contemporain. Le design compact permet notamment de les porter avec des lunettes, une casquette ou d’autres accessoires sans interaction gênante.

Shokz OpenDot 2
Écouter le bruit cristallin de la fontaine – photo Patrick VDB

Cette évolution reflète une tendance plus large observée sur le marché des écouteurs ouverts où l’esthétique devient presque aussi importante que les performances techniques.

Shokz OpenDot 2 : une qualité audio renforcée

Avec ce modèle positionné comme le produit premium de la gamme, Shokz annonce plusieurs évolutions sonores. L’OpenDot 2 reçoit la technologie Bassphere™ 2.0 associée au système MirrorPitch™. Cette combinaison permet d’obtenir des basses plus présentes et une restitution sonore plus homogène. J’ai pu le vérifier en écoutant le podcast “Rayons libres” de mon ami Jérôme en traversant les champs de vignes… J’ai pensé à mes oreilles libres qui mixaient le dialogue parlé sur le thème du “Love Tour” et le bruit de la nature environnante.

Je peux entendre les abeilles qui viennent se gaver des lavandes. Cette photo montre la cohabitation de ces écouteurs avec les branches des lunettes et les lanières du casque – photo Patrick VDB

Le casque bénéficie également d’une compatibilité Dolby Audio destinée à enrichir l’immersion sonore lors de l’écoute de musique, de vidéos ou de podcasts. Dans l’univers des écouteurs ouverts, où la proximité avec l’environnement limite naturellement l’isolation acoustique, cette recherche d’équilibre est importante.

Pensé pour les sportifs

Le développement des technologies à oreilles libres accompagne depuis plusieurs années les besoins des pratiquants sportifs. Le Shokz OpenDot 2 conserve cette orientation grâce à une certification IP57 qui assure une résistance à l’eau et à la poussière adaptée aux entraînements extérieurs. En cette période estivale, je n’ai pas testé cette étanchéité.

Shokz OpenDot 2
Les écouteurs dans leur boîtier de chargement – Photo Patrick VDB

L’autonomie atteint jusqu’à 40 heures avec le boîtier de recharge compatible Qi. Une charge complète permettrait jusqu’à dix heures d’écoute continue selon les données communiquées par la marque. Pour les cyclistes adeptes des longues sorties ou des voyages à vélo, cette autonomie pourrait limiter les contraintes liées à la recharge quotidienne.

Deux micros sinon rien

Parmi les nouveautés annoncées, Shokz introduit pour la première fois un microphone à conduction osseuse associé à deux microphones aériens. Cette architecture vise à mieux isoler la voix de l’utilisateur lors des appels téléphoniques tout en réduisant les bruits ambiants. J’ai testé la réception et l’émission d’appels et c’est effectivement bien meilleur qu’avec mon Openrun à conduction osseuse uniquement.

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La réception et l’émission d’appels sur la route est possible avec un son clair – photo Patrick VDB

Cette évolution témoigne d’une volonté d’élargir les usages du produit au-delà du simple cadre sportif. L’OpenDot 2 se positionne ainsi comme un équipement utilisable aussi bien lors d’un déplacement urbain qu’au bureau ou pendant une activité physique.

Les écouteurs sportifs dans la course à la nouveauté

L’arrivée de cette gamme OpenDots illustre la transformation du marché de l’audio sportif. Alors que la conduction osseuse a longtemps constitué la signature technologique de Shokz, les écouteurs à clip répondent à une demande différente. Ils cherchent à combiner confort, discrétion, qualité sonore et maintien d’une bonne perception de l’environnement.

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Le petit boîtier qui renferme les écouteurs est également la base de recharge (cordon USB non fourni) – photo Patrick VDB

Cette évolution accompagne les nouveaux usages des sportifs, mais également ceux des utilisateurs du quotidien qui souhaitent rester connectés sans s’isoler du monde extérieur.

Mon avis

Avec le Shokz OpenDot 2, la marque poursuit sa réflexion autour de l’écoute à oreilles libres en explorant une voie différente de la conduction osseuse qui a construit sa réputation. Je possède depuis trois ans un Openrun que j’utilise intensivement en vélo, sur mon home trainer et même au quotidien pour répondre au téléphone en gardant mes mains libres. Je me suis habitué à cette façon de recevoir et d’émettre. J’aime cette liberté de pouvoir écouter et entendre. Au niveau sonore, ce nouvel Opendot apporte un gain indéniable. Le son est pur, les basses sont profondes. Au téléphone, l’échange est même meilleur qu’avec le haut-parleur du smartphone.

La légèreté du produit, son design discret, son autonomie importante apportent un progrès certain par rapport au demi-collier de la conduction osseuse. À vélo, il libère le dessus des oreilles qui sont déjà occupés par les branches de lunettes. Je supporte assez bien le pincement du bord de l’oreille, qui sera peut-être la contrainte à surmonter par rapport aux modèles à conduction osseuse.

J’aime bien le positionnement de l’objet à la fois technologique et quotidien. Il traduit l’évolution du marché des écouteurs sportifs. Pour les cyclistes, les coureurs ou les adeptes d’activités outdoor, cette nouvelle génération peut constituer une alternative intéressante aux écouteurs traditionnels qui isolent davantage de l’environnement extérieur.

Reste toutefois une question qui continue d’alimenter les débats chez les pratiquants : la réglementation française n’a pas encore totalement intégré l’arrivée de ces nouvelles technologies à oreilles libres, alors même qu’elles ont précisément été conçues pour permettre aux utilisateurs de rester attentifs à ce qui les entoure. Personnellement, en ville et sur route chargée, j’évite l’usage de ces écouteurs. Si j’ai un appel téléphonique, je m’arrête. Par contre, sur les petites routes ou sur les sentiers, je peux écouter un podcast, une playlist audio… tout en entendant la nature.

Prix et disponibilités

L’OpenDots 2 (Blanc nacré, Gris, Noir) et l’OpenDots Air (Violet Aurore, Noir) sont disponibles depuis le 4 juin aux prix respectifs de 199 € et 139 € sur le site officiel de Shokz et chez les revendeurs partenaires (Amazon, Fnac, Darty, Boulanger, Decathlon, I-RUN).

Prendre un café au Matchy Cyclist Clubhouse

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J’ai profité d’un déplacement professionnel à Annecy pour aller découvrir le Matchy Cyclist Clubhouse. Ouvert depuis 4 ans, c’est le quartier général de la marque d’équipement Matchy Cycling. Ce café vélo est situé au cœur de la ville Savoyarde, c’est le lieu de rencontre de la communauté cycliste locale.

Qu’est ce donc que Matchy Cycling ?

Bien avant d’être un café vélo, Matchy Cycling est une marque d’équipements cyclistes créée en 2016 par Flore et Geoffrey. Elle propose une large gamme textile, allant de la route au gravel. On y trouve des produits innovants qui apportent des solutions différentes et intelligentes. 

Motivée par une démarche écoresponsable, la marque est soucieuse de l’impact de ses produits et elle privilégie le circuit court et local. Ils utilisent entre 30 et 100 % de matières recyclées et toutes les activités de conception et de fabrication sont réalisées dans un périmètre de 150 km autour de leurs locaux annéciens. Une proximité qui leur permet aussi une grande flexibilité et de pouvoir proposer de la personnalisation à partir de faibles quantités.

Détail du maillot aero – Photo Matchy

La vente d’équipements

Le Matchy Cyclist Clubhouse représente le cœur même de la marque. En même temps lieu de travail de l’équipe, mais également l’endroit où vous pourrez retrouver l’intégralité de leurs produits. Véritable showroom, toutes les collections y sont disponibles et je peux témoigner qu’il y en a véritablement pour tous les goûts et budgets.

J’ai particulièrement apprécié l’originalité des designs de la gamme Origins mais aussi et surtout la recherche derrière les produits de la gamme Ultra. Une combinaison ainsi que des maillots et cuissards, garnis de poches et intégrant de l’hydratation. Une collection pensée spécifiquement pour la longue distance, dont Pierre a d’ailleurs récemment testé le cuissard.

L’organisation d’événements

La passion du vélo leur reste bien chevillée et c’est en selle que l’expertise se construit et que les produits sont testés. Le duo qui est aux manettes de Matchy est également l’organisateur du challenge cycliste Les Géants pour la quatrième année consécutive.

Illustration Matchy

Le 14 août prochain, 250 cyclistes s’élanceront à travers quatre formats d’ultra-cyclisme. Deux parcours routes et deux parcours gravels allant de 250 à 700 km. Des boucles au départ du clubhouse cheminent au travers des meilleurs spots de leur région. Une aventure dont vous pourrez lire le récit sur Bike Café, car Pierre participera à l’épreuve route. Les inscriptions sont encore ouvertes, si l’envie vous prend de parcourir quelques cols parmi les plus beaux des Alpes.

Le café

Mais n’oublions pas la raison principale qui m’a conduit à pousser la porte du QG savoyard de Matchy Cycling.

Photo Matchy

Le clubhouse est aussi et surtout un lieu de rencontre entre passionnés. Il est ouvert du mardi au samedi. Un lieu dédié au vélo, idéal pour se retrouver avant une sortie autour d’un café ou l’achever autour d’une bière. Vous pouvez aussi simplement venir profiter de l’ambiance et partager avec d’autres passionnés ou assister à la diffusion en direct des grandes courses du calendrier cycliste.

Des sorties régulières sont proposées au départ du café. Le samedi ou le soir en afterwork, plus ou moins longues et dont certaines sont réservées aux femmes. Ils organisent également des conférences sur des thèmes spécifiques tels que la nutrition ou des présentations de produits avec des marques partenaires.

Photo Matchy

Vous pouvez retrouver le calendrier des sorties et événements organisés directement sur la page du Clubhouse.
Adresse : 5 Avenue du Stand, 74000 Annecy
Site internet : Matchy Cycling
Instagram : Matchy Cycling et Matchy Cycling Clubhouse

Comme un lundi : de vélo populaire

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L’édito de Bike Café

Ce matin, les souvenirs de mes quatre jours passés sur l’Ardèchoise m’accompagnent lors de ma sortie matinale. Je repense aux belles routes, aux paysages, aux cols et j’entends encore les encouragements des bénévoles. Je me remémore ces moments festifs d’échanges à chaque ravito. L’Ardéchoise est une fête du vélo populaire, portée par l’engagement associatif et l’esprit de village. C’est ainsi que je vais titrer le reportage que je vous proposerai bientôt sur Bike Café. Ces quelques jours passés, hors du temps de mon quotidien, des communiqués de presse et de l’actualité sportive bouillonnante, nous ont plongés dans la profonde réalité du vélo. Je dis « nous », car j’ai vécu ici un partage total de notre passion. Je savais, pour l’avoir vécu de façon plus intime, que le vélo était une sorte de « club de rencontre ». Cet objet roulant, facilement identifiable, rend les gens heureux et chacun a une histoire à partager avec lui.

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Boire une bière à Saint-Agrève malgré les kilomètres qui restent à faire – photo Patrick VDB

Dans mon rôle d’observateur du monde du vélo, j’avoue que j’avais une lecture parfois réductrice de ces événements cyclo que je trouvais un peu dépassés par des organisations plus récentes, fondées sur l’autonomie allant même jusqu’à l’autosuffisance. C’était oublier cette forme de cyclisme populaire, accessible et profondément ancré dans un territoire. Loin des contenus calibrés pour les réseaux sociaux, l’Ardéchoise met en avant une autre réalité du vélo, celle peut-être plus représentative de la diversité des pratiquants français. J’ai pris une bonne claque de réalisme. Une distance créée par les années s’était installée en moi, depuis les brevets de montagne auxquels je participais à la fin des années 70. Que l’on chevauche un vélo un peu daté avec freinage à patins ou un destrier carbone de 7 kg, on partage le même effort dans ces cols ardéchois et on partage un ravito sans comparer nos machines. Le plaisir devient simple et authentique. 

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Retrouver un copain que l’on n’a pas vu depuis 18 ans, au hasard d’une montée de col – photo Patrick VDB

Dans le vélo, comme partout, il y a des modes et des évolutions, c’est la vie. C’est souvent cette actualité qui est mise sur le devant de la scène. Ce tourbillon de la nouveauté nous entraîne et parfois nous éloigne de la réalité du terrain. Je suis heureux d’avoir vécu cette Ardéchoise qui est un miroir du vélo en France. J’y ai croisé des vrais gens, des cyclistes passionnés, des bénévoles heureux de jouer un rôle dans cette fête. Les couleurs historiques jaune et violette sont encore dans mon regard ce matin. Leur reflet authentique ne sera jamais ringard car il est populaire.

Patrick.  

Retrouvez l’intégralité de notre rubrique “Comme un lundi” en cliquant >ICI<

Wish One Millau Grands Causses : la grande fête du gravel race français

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Wish One

Depuis cinq éditions maintenant, la course Wish One Millau Grands Causses s’impose comme un rendez-vous incontournable des UCI Gravel World Series. Depuis la première édition en 2022, Bike Café est présent et accompagne cette prestigieuse course qui attire les meilleurs spécialistes de la discipline. Cette Gravel Race est qualificative pour les championnats du monde de gravel UCI 2026 qui se dérouleront en Australie, mais aussi pour les championnats d’Europe UEC 2026 en Belgique. Photo de couverture Virg. Govignon

Une course du calendrier UCI, mais aussi du Gravel’Tour Wish One 

Cette année, en plus d’être une manche de la coupe du monde UCI de gravel, la Wish One Millau Grands Causses fait partie du calendrier du Gravel’Tour Wish One. Un challenge, dont nous sommes le partenaire média à travers une série d’articles et de podcasts. Ainsi, ce challenge investit de nombreux territoires en France, avec, entre autres : les Grands Causses, les Gorges du Tarn, le Massif Sud Bourgogne, les Monts du Lyonnais et le Massif des Alpilles. Vous pouvez retrouver tous les détails de ce challenge dans ce précédent article de présentation :

Un territoire de caractère, porté par les valeurs du sport

Situé au sud de l’Aveyron, le parc naturel régional des Grands Causses est l’un des plus grands espaces naturels d’Europe, au sud du Massif Central. Le Parc s’articule autour de vastes plateaux calcaires (dont le célèbre Larzac) entrecoupés de profondes gorges (Tarn, Dourbie, Jonte).

Un territoire de caractère – photo Amaury LOUIN – Agence LVO

Pour preuve que la Wish One Millau Grands Causses s’intègre toujours plus loin dans son territoire, on remarque que le parcours traverse le camp militaire du Larzac, lieu d’entrainement de l’armée de Terre. Situé sur la commune de La Cavalerie dans l’Aveyron, ce n’est pas la partie la plus facile du parcours, loin de là, mais assurément une des plus impressionnantes !

Le camp militaire où passe le parcours UCI 130 km – photo Amaury LOUIN – Agence LVO

L’effervescence des grandes courses

L’événement Wish One Millau Grands Causses commence dès le vendredi, avec l’ouverture du village monté pour l’occasion autour du siège des cycles Wish One. L’emplacement est impressionnant puisqu’il est situé en dessous du viaduc de Millau.

La société Wish One, sous le célèbre viaduc de Millau – photo Jean-Alexis Duthoit

Le samedi est consacré aux retraits des dossards, des starter packs, et du briefing obligatoire. C’est aussi le jour de notre arrivée ! L’effervescence des grandes compétitions se manifeste déjà. Malgré la chaleur assommante, beaucoup sont déjà sur leur vélo pour aller reconnaitre les parcours. Le tracé des parcours est réalisé et partagé par la société française OpenRunner, devenue une référence incontournable pour beaucoup d’organisateurs de grands événements. Notamment pour l’impression possible au format A1 des parcours.

OpenRunner héberge les parcours de l’événement au format GPX, et sont visibles par tous au village – photo Jean-Alexis Duthoit

De notre côté, nous en faisons de même : retraits des dossards, un petit “déblocage” sur le vélo, puis briefing. Parler des courses, c’est bien, mais courir in situ, pour les raconter ensuite, c’est encore mieux. Pour nous, comme pour nos lecteurs. Aussi, cette année encore nous sommes deux engagés : Benjamin et moi-même, tous deux sur le format UCI 130 km. Si pour moi le format UCI n’est pas une découverte, pour Benjamin, oui. En effet, comme vous avez pu déjà le lire sur Bike Café, il est habituellement engagé sur de bien plus longues distances, notamment sur de prestigieuses épreuves d’Ultra.

Jour J : des watts et encore des watts…

À l’approche de l’heure du départ, nous venons nous placer dans les sas de nos catégories respectives, largement derrière le sas Elites (et oui, nous avons largement dépassé la quarantaine…). Le parcours est sur nos compteurs GPS, et semble bel et bien identique à celui que j’ai pu faire l’an dernier : 130 km et 2200 m de D+ (parcours ici).

Dans le sas des Elites femmes, on peut aisément reconnaitre la championne de France de gravel en titre, Axelle DUBAU-PRÉVÔT – photo Jean-Alexis Duthoit

Après le départ des Elites, une catégorie par sas s’élance toutes les minutes. Celle de Benjamin, puis la mienne.

Start ! photo Jean-Alexis Duthoit

D’emblée, on aborde le Pouncho d’Agast : 8,5 km pour un dénivelé positif de 489 mètres et une pente moyenne de 5,7 %. Optimiste, je pars comme un cadet pour tenter de rejoindre mon ami du sas précédent. Bien mal m’en a pris ! Si je réussis en effet à le rejoindre à la moitié de cette ascension majeure, je peine à retrouver un rythme cardiaque supportable…

Le Pouncho d’Agast en guise d’entrée – photo Virg Govignon

Comme quoi, même avec de l’expérience, on est toujours capable d’erreurs “de jeunesse”. Mon cas ne semble pas isolé, puisque, avec Benjamin, nous rattrapons le “reliquat” de sas plus jeunes, partis quelques minutes avant nous. La descente dans les gorges du Tarn, via une étroite route, est toujours aussi magnifique, bien que dangereuse aussi. Le camp militaire du Larzac reste, selon moi, le secteur clé de ce parcours aussi beau qu’exigeant.

Un sol qui change rapidement de compact à meuble – photo Virg Govignon

Très exposé au vent, il ne pardonne aucun cycliste esseulé(e). Mais, en étant trop proche, il s’avère dangereux car le sol devient régulièrement meuble sur des portions de longueur variable. Ces aspects rendent ce secteur éprouvant.

Très exposé au vent, le camp militaire ne doit pas s’aborder seul – photo Virg Govignon

Cette année, j’ai fait le choix de partir “léger” avec seulement deux petits bidons et quelques gels, en prévoyant de m’arrêter à chaque ravitaillement. Je ne regrette pas cette approche, même si j’ai continué à payer mon départ tonitruant une bonne partie de la matinée, avec un passage particulièrement dur entre les deux ravitaillements (70 et 100 km).

Il ne faut pas se fier à mon expression : je souffre ! photo Virg Govignon

Au final, je termine moins bien que l’an passé, avec 15 minutes de plus au chrono, péniblement dans la moyenne du classement de ma catégorie…

La chaleur éprouve nos organismes – photo Jean-Alexis Duthoit

Mais, c’est aussi là l’intérêt propre à la compétition. À force de glaner des KOM et de se tirer la bourre avec les copains, on peut finir par croire que l’on “est bon”. Rien de tel qu’une manche UCI pour savoir la vérité, factuelle et souvent cruelle. En cela, la compétition de haut niveau reste le juge de paix, salutaire et même nécessaire pour l’égo – souvent fort – des compétiteurs.

Ravitaillement des Elites au kilomètre 70 – photo Jean-Alexis Duthoit

Dans tous les cas, je ne peux que vous encourager à franchir le pas, et à vous inscrire à cette épreuve. On n’en ressort jamais indemne, certes. Mais, on en ressort toujours avec des images en tête. Des images de paysages bouleversants, de concurrents impressionnants, que nous gardons en mémoire. Plus les corps souffrent, plus les images perçues se gravent profondément, laissant des souvenirs indélébiles.

La découverte du gravel race UCI par Benjamin

Il est 7 h 45, j’attends fébrile dans mon sas au milieu de mes camarades quarantenaires. À 8h04, nous serons ainsi lâchés pour parcourir les 130 km et 2400 m de dénivelé positif parmi les 850 participants à cette épreuve. C’est un peu le baptême du feu pour moi qui suis plus habitué à rouler en solitaire. Me retrouver au beau milieu d’une meute de chiens enragés me stresse quelque peu et par précaution (ou peur) j’ai préféré me placer en fond de sas. Cela me permet de discuter avec d’autres participants moins enclins à partir comme des fous. Je retrouve aussi Laurent, juste derrière la barrière, en première ligne de son sas.

Je suis un des premiers dans mon sas, mais il va vite se remplir – photo Jean-Alexis Duthoit

A 8h00, les Elites partent enfin, le départ est impressionnant. Les autres sas défilent toutes les minutes et enfin voilà notre tour. Cela part assez fort, mais les 8,5 km de montée vers le Pouncho d’Agast, nous emmenant sur le Causse noir, vont vite ralentir le groupe. J’essaie de rester sage en tenant ma cadence et je me fais doubler régulièrement par les plus rapides des sas suivants. Le rythme est clairement impressionnant.

C’est notre tour de partir, enfin – photo Jean-Alexis Duthoit

Arrivé sur le Causse noir, les sections gravel débutent et je crois que je commence doucement à me prendre au jeu. Les pistes sont propres, très roulantes et le paysage défile très vite, je me régale. Descente dans les gorges pour remonter sur le Larzac et découvrir ses larges chemins à travers champs. Le paradis du gravel sur des kilomètres.

Je roule un moment avec quelques Elites femme, comme ici dans une zone de ravitaillement – photo Jean-Alexis Duthoit

Ça attaque, je double dans les bosses, me fait doubler juste derrière, un vrai jeu vidéo ! Le temps passe vite et je continue comme ça sans voir le temps défiler ni même vraiment lever la tête. Prenant de l’adrénaline à la pelle.

Pas trop le temps de lever la tête dans ce format de course UCI – photo Jean-Alexis Duthoit

100 km depuis le départ à pousser sur les pédales comme un damné et la fatigue commence à se faire sentir. Je rejoins un camarade anglais avec qui je parcourrai les 30 derniers kilomètres, nous relayant et nous encourageant mutuellement jusqu’à la ligne d’arrivée que nous franchirons peu après 13 h.

La ligne d’arrivée – photo PhotoAdventure

Quelle expérience ! Je redoutais vraiment le côté course en paquet mais j’ai découvert l’excitation et l’énergie que cela apporte. L’impression d’avoir plongé la tête la première dans un mixeur et de ne pas avoir respiré pendant cinq heures. Ça va vite, les pistes sont incroyables et l’organisation assure parfaitement tout le long de la trace et aux ravitos, quel pied ! Un énorme et sincère merci, vivement la prochaine !

Les vainqueurs

Sur la photo ci-dessous se trouvent les récompensés – femmes et hommes – de la catégories Elite.

Les six premiers Elite femme & homme – photo Jean-Alexis Duthoit

Podium Elite femme :

  • 1 – WRIGHT Sophie (UK) en 04:35:25
  • 2 – SCHUGAR Sofia (USA) en 04:58:26
  • 3 – LAUBIG Leonie (DEU) en 05:06:57


Podium Elite homme :

  • 1 – DRECHOU Hugo (FRA) en 04:00:09
  • 2 – MICHELS Jente (BEL) en 04:00:13
  • 3 – PERRY Toby (UK) en 04:00:21

Classement complet disponible ici : Classement-wish-one-millau-grands-causses-2026

Vidéo “best of” de cette édition 2026 (réalisée par Activ Images) :


CMT Bikes GT quand l’endurance rime avec titane

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CMT Bikes

Cette année, retour sur la route pour moi avec quelques sorties longues et surtout une première participation à l’Ardéchoise 4 jours sur le circuit des gorges de l’Ardèche. Cette randonnée itinérante était une belle occasion pour tester un vélo d’endurance afin de profiter agréablement de ce parcours spectaculaire, mais exigeant. Au départ de Saint-Félicien, le programme, c’est 490 km avec 8550 m de D+ à faire en quatre jours. Avec la préparation, je vais pouvoir comptabiliser 900 kilomètres avec ce CMT GT. (photo de couverture Colin Gosse)

Le titane

La réputation de ce matériau n’est plus à faire dans le monde du vélo. Le titane bénéficie d’une aura extraordinaire qui est basée sur les qualités intrinsèques de ce métal. Il offrirait également une meilleure flexibilité verticale, absorbant mieux les vibrations liées à la route pour contribuer à obtenir un confort optimal. La soudure des tubes en titane nécessite une certaine expertise et une installation particulière. Ces contraintes expliquent qu’il existe peu d’entreprises de France capables de produire des cadres en titane. CMT, qui produit uniquement des vélos en titane, s’appuie sur une expertise de 25 ans.

CMT Bikes
C’est au niveau du boitier de pédalier que l’on peut apprécier la qualité des soudures – photo Philippe Aillaud

Le vélo

Le vélo que j’ai reçu pour ce test est le modèle GT 2025 Open de la marque CMT. C’est l’entrée de gamme de cette série GT dans laquelle 3 niveaux d’équipements sont proposés : Open (8,9 kg), Elite (8,2 kg) et Pro (7,7 kg). La présentation mate du titane du cadre est obtenue par un microbillage réalisé à l’atelier. Il a pour but d’uniformiser le rendu de la surface en effaçant le bleuissement du métal au niveau des soudures. Ce traitement permet également de durcir le matériau. Le marquage se fait avec des stickers pour lesquels il existe plusieurs choix de coloris ou par sérigraphie.

GT CMT
Confirmation du poids du vélo – photo Patrick VDB

Géométrie

La description géométrique de ce vélo d’essai présente une configuration ramassée avec un reach de 374 mm qui est relativement court par rapport à celui de mon vélo habituel de 385 mm. Je retrouve le même angle de direction de 71,5 °. L’empattement de 1004 mm confirme que l’ensemble est plus court que mon WishOne acier. Je ne vais pas pouvoir reproduire mes réglages habituels qui auraient nécessité une tige de selle avec recul en 31,5 de diamètre. Le risque de toe overlap (pointe de pied qui touche le pneu avant) est important en fonction de la pointure et du réglage de la cale des chaussures. C’est juste, mais je souligne que ce vélo est un vélo de test et pas celui qui m’aurait été proposé sur la base de mes mensurations si j’étais un client.

GT CMT

Chez CMT, chaque modèle est décliné en 5 tailles standards qui sont ajustables selon 3 paramètres (stack, reach, angle selle), offrant plus de 1500 combinaisons de géométries possibles. Cette approche permet d’obtenir des cadres sur-mesures en partant de ces cinq tailles de base. Pour ce modèle, en taille M :

  • Top tube ajustable de 530 à 550 mm
  • Douille de direction ajustable de 155 à 175 mm
  • Angle de tube de selle ajustable de 73.5° à 75°.

Spécifications

La version qui est mise à ma disposition est équipée ainsi :

  • Fourche Deda EDG Allroad (carbone)
  • Transmission mécanique Shimano 105 en 2 x 12 vitesses
  • Cassette Shimano : 10-34 dents, 12 vitesses
  • Cintre Deda carbone
  • Potence Deda Alu Superbox DCR
  • Jeu de direction et collier de selle Hope
  • Roues Mavic Cosmic SL 45
  • Pneus Hutchinson Blackbird All Season tubeless 28 mm
  • Freins de disque Hope
  • Tige de selle Deda
  • Selle SMP VT20
  • Prix : 5 390,00 € 

Dans le cas d’un montage avec une transmission mécanique, les câbles des dérailleurs sont externes, ce qui n’est pas le cas pour les Shimano Di2 et SRAM AXS. CMT me précise que cela correspond à la demande générale des clients qui préfèrent ce type de routage pour les montages mécaniques.

Lien vers le modèle

Sur la route

Première sortie de 40 km pour affiner les réglages. Finalement, je m’adapte au reach plus court que mes vélos habituels. Il me procure une position plus haute. Je découvre la selle SMP qui est confortable. On verra si elle le reste sur des distances plus longues. Le fonctionnement du groupe Shimano 105 est précis et silencieux. J’ai rôdé les plaquettes neuves par une série de freinages. Le disque avant léchait un peu et finalement tout est rentré dans l’ordre.

CMT Bikes
La montée des gorges de la Nesque – photo Alain Magré

J’ai enchaîné quelques sorties, dont une sur les routes de la partie sud du Ventoux. C’était la première de la saison sous une telle chaleur. Le D+ et la température ont eu raison de moi. À Sault, j’ai dû faire une longue pause car je sentais l’insolation arriver. Il restait 40 km et je me demandais comment j’allais pouvoir terminer. Finalement, peut-être aidé par ce vélo, la forme est revenue pour terminer ce parcours exigeant, mais qui sera utile pour préparer l’Ardéchoise sur quatre jours.

L’Ardéchoise en titane

CMT Bikes
Partir 4 jours sur les routes d’Ardèche – photo Alain Magré

Je me faisais une joie de partir quatre jours sur ce vélo titane. La réputation de confort du matériau me laissait présager une randonnée soft. En fait, ce vélo est quand même rigide. Pour moi, l’arrière a bien fait le job. La courbure et la forme des haubans apportent un confort vertical intéressant, malgré une tige de selle qui n’aide pas beaucoup dans ce domaine. L’avant, bizarrement, est très rigide. Je pense que les roues carbone Mavic et la tension des rayons ne convenaient pas à mon profil cycliste. À la suite d’un choc sur une pierre, le pneu tubeless Hutchinson Blackbird est sorti partiellement du crochet interne de la jante. Impossible de refaire claquer avec une petite pompe à main. J’ai mis une chambre que j’ai conservée jusqu’à la fin du test avec une pression faible de 4 bars. L’arrière en tubeless étant gonflé à 3 bars.

Photo Alain Magré

Le périple de quatre jours a été accompli ainsi équipé. Le vélo s’est montré un peu “pataud” en montée. J’ai très peu relancé en danseuse car il était mieux dans un rythme régulier, plus conforme à sa vocation de vélo d’endurance. Je n’ai pas réussi à m’adapter au guidon Deda et sa forme aéro n’est pas compatible avec les multiples accessoires à fixer sur un guidon. Ma petite sacoche Restrap de 1,5 litres est passée. La lampe pouvait se poser sur une patte sous le support de compteur intégré par serrage au guidon. J’ai ressenti des fourmillements dans la main gauche : celle qui bougeait moins au niveau du passage des vitesses.

Après 900 km d’essai, sur différentes routes, j’ai pu rendre le vélo sur le salon de l’Ardéchoise.

CMT Bikes
Jean-Pierre Ramoul et Carole Pique… Désormais plusieurs marques sont présentes sur leur stand : CMT, Cyfac, Meral… Photo Patrick VDB

Le bilan

C’est le 4ᵉ vélo titane que j’essaie et à chaque fois je me dis que ce n’est pas le matériau uniquement qui fait le confort d’un vélo. Je n’ai pas trouvé ce CMT GT plus confortable que mon WishOne Sub en acier avec lequel j’ai fait au printemps un BRM 200 dantesque sur le même type de routes. L’alchimie du confort est subtile car les roues jouent un rôle important, ainsi que la position et les points d’appui du cycliste : selle/tige de selle et guidon/potence. Ce vélo de test était malheureusement trop court pour moi. Je n’ai pas pu appliquer mes réglages habituels en longueur. Comme je l’ai expliqué plus haut, ce vélo sera adapté lors de la commande à vos mesures, ce qui n’a pas été mon cas. L’empattement et le reach court provoquaient un “toe overlap” ce qui en soi n’est pas gênant, mais qui montre que ce cadre n’était pas à ma taille.

CMT Bikes
Photo Alain Magré

J’ai eu quelques petits soucis liés au montage, mais là encore il faut considérer que c’est un vélo de test. J’ai monté une chaîne neuve coupée à la bonne longueur. Celle qui était en place était trop courte.

Au chapitre des points positifs de ce vélo, il y a ce dessin arrière que je trouve réussi. La qualité de la fabrication est irréprochable. Le traitement microbillé du métal donne une teinte mate et sombre au cadre. Cela plaira à certains, moins à d’autres qui aiment le titane brossé. J’aurais apprécié une monte pneumatique plus généreuse, surtout en tubeless en 32 ou 34, pour vraiment jouer le confort avec un gonflage à 2,5 bars. La sortie du pneu suite à ce choc à l’avant n’aurait pas eu les mêmes conséquences. Je pense que j’aurais choisi aussi des roues avec des jantes moins hautes et moins rigides. Il convient de pondérer mon avis, qui est celui d’un cycliste un peu âgé et qui n’a plus le potentiel de watts d’un quadra.

Sinon, je salue pour conclure le savoir-faire de CMT en matière de construction de cadres en titane. Ceux qui savent fabriquer ce type de vélo en France sont rares : il faut le souligner. Le travail du titane nécessite la mise en œuvre de conditions de soudure particulières et une expérience professionnelle basée sur une fabrication régulière.