Les fabricants de cycles ont cherché depuis l’apparition du roulement à billes à l’intégrer dans les moyeux. Mais les premiers roulements n’avaient pas la qualité de ceux d’aujourd’hui. Les moyeux Campagnolo sont restés longtemps les leaders incontestés avec une solution cône / cuvette / billes avant que Mavic, le premier, impose la solution idéale du roulement à billes acceptable économiquement .

Un fixie avec des moyeux Maxi-Car … Pourquoi pas ! …

Connaissez-vous les moyeux Maxi-Car ? …  Ce n’est pas sûr, surtout si vous êtes un jeune cycliste. Mais si comme nous vous avez un peu de vécu sur la selle de vieux « spads » cette marque est, pour les connaisseurs, synonyme de  « Rolls » dans le domaine des moyeux.

Si vous passez ces moyeux au carbone 14 ils vous révèleront une période située bien avant que notre société entre dans un consumériste forcené. Ils sont plutôt issus d’une conception d’ingénieur que résultant d’une stratégie commerçante : la fonction marketing n’existait pas encore … Comment faire prospérer une entreprise sur la base d’un produit quasi inusable avec forcément un prix élevé lié au faible volume de production ? Malgré la prospérité du marché du cycle à l’époque, l’équation ne pouvait pas fonctionner.

Cette réputation est-elle réelle ?

Ces moyeux obsolètes (comprendre qu’ils ne sont plus fabriqués actuellement) sont devenus des pièces « collector ». Pour le vérifier rendez-vous sur eBay où vous découvrirez le prix de ces bijoux qui pourtant ne proviennent pas des boutiques de la place Vendôme. La demande, venant curieusement des USA et maintenant du Japon, a fait grimper la cote.

La production initiale de ces moyeux estampillées par leurs étiquettes rouges était limitée et ces « haut de gamme » étaient destinés au « must » des randonneuses construites par exemple par René Herse, Alex Singer ou Gilles Berthoud ainsi qu’aux tandems « Follis » du célèbre artisan lyonnais. Conséquence de cette rareté, on ne retrouve pas souvent ces moyeux montés sur les vélos survivants de l’époque et à plus forte raison sur un fixie ou un single speed.

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Pour le coup, le projet d’équiper un single speed avec des moyeux Maxi-Car devenait un challenge intéressant pour les passionnés de vélo vintage de T&N. Il a suffit d’une rencontre avec Olivier un autre passionné du vélo ancien (on vous en reparlera) qui nous a procuré une paire de roues équipées de ces fameux moyeux pour que notre projet devienne réalité. Petite anecdote ces roues étaient montées sur une randonneuse qui allait finir sa vie à la déchèterie voisine si Olivier n’avait pas opportunément intercepté ces précieuses reliques sur le chemin de leur destination mortuaire  …

Moyeux Maxi-Car …
on vous explique tout …

Le projet T&N / Maxi-Car

A la suite d’un premier article sur les différents moyeux « vintage  » du marché de l’époque, plusieurs commentaires publiés sur notre site nous rappelaient que nous avions oublié dans la liste les fameux moyeux Maxi-Car. C’était vrai ! … Il n’en fallait pas plus pour nous entraîner dans une nouvelle recherche et voici que l’occasion s’est présentée sous la forme de cette paire de roues dénichées par Olivier.

Nous vous proposons donc de compléter le sujet moyeux et même d’aller plus loin pour tous ceux qui découvre le vélo « vintage » en équipant notre single mulet Le Robust avec ces morceaux de l’histoire du vélo français.

Une peu d’histoire …

L’histoire des moyeux Maxi-Car remonte aux années 30 la première mention de cette marque serait datée de 1935. La production s’est arrêtée en 1999. Cette longue période d’existence n’en a pourtant pas fait un produit de grande diffusion. Les moyeux Maxi-Cars étaient connus pour leur durabilité et leur fiabilité. Ils étaient également réputés pour leur rendement. Très appréciés des randonneurs et des spécialistes du tandem ces moyeux sont restés dans la niche haut de gamme du moyeu français.

Source Forum Tonton Vélo - Source Forum Tonton Vélo
e moyen Maxi-Car en 1937 c’était ça …

La société Rousson & Chamoux produisait déjà des moyeux sous une marque déposée R.F.G. comme en témoigne l’illustration ci-dessus. Le premier Maxi-Car aurait été créé en 1946 et le nom serait lié au rapprochement avec la marque MAXI qui fabriquait des freins à tambours (Société de Dépalle) et C.A.R (Charles-Albert Ripet) qui en est le concepteur. C’est à partir de 1962 que le modèle type 3 a été créé et que Rousson et Chamoux a exploité le moyeu Maxi Car orné de sa célèbre étiquette rouge après en avoir déposé la marque. C’est cette période plus précise qui va nous intéresser.

Le catalogue Maxi-car

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Pour nous l’histoire commence maintenant car nous nous retrouvons face à des roues dans un état très moyen. Alors on commence à sortir les outils et on se lance …

Remise en état

Les roues sont arrivées à l’atelier Fixie et les premières opérations vont consister au nettoyage, démontage et contrôle.

Pour le nettoyage, les  moyeux toujours sur la roue on passe un grand coup de dégraissant au pinceau sur les moyeux, les rayons et la jante.

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Outillage nécessaire – photo©PDM Track&News

Ce chantier nécessite en plus d’un outillage classique quelques outils spécifiques :

– une paire de clés  de 17. L’une des clé est classique, mixte, plate ou à œil, l’autre est plate et ne doit pas dépasser 3 mm d’épaisseur du type clé à cône mais peu courante dans cette dimension. A défaut on sera contraint de mutiler une clé plate de 17 « made in PRC » très ordinaire en la ramenant à la bonne épaisseur avec une disqueuse.

– une clé à ergots, deux rondelles plates dia 10 mm et 12 mm.

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L’état des caches de poussière – photo©PDM Track&News

Premier obstacle, le démontage des caches poussières. Sur le papier la clé à ergots devrait convenir mais à voir l’état de ces caches sur notre moyeu on comprend que cela va être un peu plus compliqué. Les trous ne débouchent pas et leurs profondeurs réduites augmente le risque de ripage des ergots sur le cache. On va utiliser 2 rondelles plates acier standard avec un diamètre 10 et l’autre de 12. On expliquera plus loin comment les utiliser.

Un morceau de tube PVC diamètre 32 mm longueur 50 mm : il facilitera le démontage des roulements sans écraser les rondelles chicane

– une massette bronze ou un maillet bois

Démontage du moyeu avant

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Éclaté du moyeu avant – illustration©PDM Track&News

a séquence des photos) )

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Le moyeu côté fixe et côté réglage – photo©PDM Track&News

Ces moyeux sont dissymétriques  il y a un côté « fixe » et un côté « réglage ».

La légende de l’éclaté précise le côté sur lequel on intervient.

Contrairement aux moyeux actuels Maxi Car utilise des roulements en trois parties dans lesquelles les billes sont encagées. Il n’y a donc aucun risque de voir les billes s’éparpiller par terre au démontage.

Voilà désormais toutes les pièces qui constituent le moyeu avant …

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Toutes les pièces du moyeu avant – photo©PDM Track&News

Passons maintenant au moyeu arrière

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Éclaté du moyeu avant – illustration©PDM Track&News

Ce sera à l’identique du moyeu avant sans oublier l’étape préliminaire de démontage de la cassette et de la roue libre. Il y aura en plus un jeu d’entretoises permettant le montage la roue en bonne position dans le cadre.

On peut désormais, après un bon nettoyage des pièces internes, procéder à un examen complet. Le démontage pourrait s’arrêter là si les roulements sont en bon état. Inutile donc de sortir le roulement du côté fixe de son axe pas plus que les cuvettes montées dans le moyeu. Si les roulements « grattent », si les billes ou les cuvettes sont oxydées ou marquées : on change.

À vérifier également le pas de vis des axes et écrous, mais c’est le plus souvent les écrous qui sont à changer.

 Dans le cas du remplacement des roulements …

Démontage du roulement côté fixe 

Il faudra compléter l’outillage initial par un tube cuivre de plombier diamètre extérieur 16 mm. Avec le maillet après avoir positionné le tube en appui sur la bague intérieure du roulement, on vient tapoter l’extrémité de l’axe qui dépasse pour faire sortir l’axe du roulement.

Démontage des cuvettes du moyeu

Si l’on doit remplacer la partie du roulement avec les billes, le roulement ne faisant qu’un avec les cuvettes on remplace le tout ce qui nécessite de sortir les cuvettes du moyeu

Outillage nécessaire : un chalumeau à gaz. On commence par décoller soigneusement l’étiquette du moyeu  afin de pouvoir la remettre en place ultérieurement avant de chauffer sans trop d’excès l’un des côtés du corps du moyeu. Par dilatation la cuvette doit tomber toute seule de cette partie du moyeu juste en tapotant au maillet sur le côté opposé du moyeu. On retourne la roue pour la seconde cuvette

La conception Maxi-car

 

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Les roulements « magnéto »

Par rapport  à un moyeu Campa et autres Normandy ayant un montage classique cône / billes / cuvettes ou bien la nouvelle génération de moyeux à roulements annulaires ( terme pompeux pour désigner un roulements à billes ), la différence la plus importante est l’utilisation d’un roulement à billes type « magnéto ».

Ce type de roulement a été développé spécifiquement pour l’équipement des dynamos et magnétos dans l’automobile d’ou son nom. Il est en trois parties (2 bagues et une cage à billes) à la différence d’un roulement classique qui est en une seule partie.

L’avantage de cette solution était de bénéficier d’une vraie qualité de roulement face à une solution cône / billes / cuvettes. Il suffit d’examiner un cône ou une cuvette de l’époque pour comprendre que fabriquer des roulements à billes est une activité à part entière. Campa était l’un des rare fabricant de moyeux à émerger du lot en pouvant s’approcher de la qualité d’un roulement.

Un roulement à billes une fois positionné et lubrifié, relativement protégé de la poussière et de l’humidité offre peu d’usure et surtout une bien moindre résistance au roulement. À la même époque le roulement « magnéto » supportait bien mieux les charges radiales – ce sont les charges exercées sur le côté de la roue – qu’un roulement à billes classique.

Le choix d’un roulement type « magnéto » en dehors d’un aspect économique ( il est plus cher qu’un roulements à billes classique), n’est pas aussi obsolète qu’il y parait.

Les roulements actuels à billes à gorges profondes ont largement évolués. Devenus des solutions économiques, avec des résistances aux charges encore accrues, ils restent malgré tout plus sensibles aux charges radiales que les roulements « magnéto ». Concevoir aujourd’hui un moyeu autour de tels roulements n’est pas si ridicule surtout si on les associent à une solution d’étanchéité actuelle (type joint à lèvre). En effet l’étanchéité dans la solution Maxi Car était un peu sommaire.

Actuellement notre ami Curtis Odom ( voir l’article qui lui est consacré ) privilégie cette solution sur ses moyeux tout comme on croit l’avoir lu à propos des derniers Campa. La boucle est bouclée le roulement magnéto roule toujours …

T&N pour ne pas rester en reste travaille sur un projet de ce genre afin d’intégrer ce type de roulement à des moyeux qui n’étaient pas nés pour ça …  mais on en reparlera …

Autre détail

La partie filetée des axes de moyeux :

Cette partie filetée  est de 9,5 mm au pas de 1.00 mm alors que le standard le plus courant est de 9 mm au pas de 1.00 mm pour l’avant et 10 mm au pas de 1.00 m, pour l’arrière.

Ne soyez donc pas étonnés pour le cas ou vous voudriez remplacer des écrous endommagés de ne rien trouver qui se monte dessus. Évitez même de vouloir les monter à tout prix c’est l’axe qui ne s’en remettrait pas.

Ou trouver des pièces pour mes moyeux Maxi Car

Les roulements « magnéto »

Ils ont toujours au standard des fabricants et on peut donc lors de la remise en état, si cela est nécessaire les remplacer.

Pour 5 £ voila ce que l’on trouve sur le site UK de Simply Bearings en qualité « usuelle », si vous souhaitez une qualité « industrielle » sur Ebay un revendeur français propose des roulements d’origine SKF ainsi que toutes les pièces qui composent ces moyeux( voir lien et sujet à éclaircir)

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Les écrous au standard de 9,5 x 1,00 sont identiques aux écrous de roues de Vélosolex, on peut donc  sous réserve d’en modifier l’épaisseur pouvoir les utiliser pour remplacer les écrous défaillants.

Les axes, rondelles chicanes, caches poussières

le site sur Ebay propose ces pièces. Mais pour certains axes il faudra en passer par un usineur local , c’est ce qui sera proposé dans la suite de cet article ou les axes à serrage rapide ont été modifiés pour recevoir des écrous.

À suivre prochainement le remontage des moyeux Maxi Car … et quelque tours de roues sur notre vélo d’essai.

8 COMMENTAIRES

  1. Dans votre reportage vous avez oublié la Société Gilles Berthoud qui fabique des randopnneuses haut de gamme au même titre que Follis, Singer et autres. J’ai moi-même fait fabriquer une randonneuse haut de gamme par Gilles Berthoud, les moyeux de roue sont des Maxi-car, après 30 ans, les moyeux sont toujours en état.

  2. bonjour,
    j’ai 1 moyeu av axe plein + 1 moyeu ar axe plein avec tambour
    ces moyeux proviennent d’un tandem
    je ne trouve pas l’éclaté des pièces pour l’ar (tambour)
    je voudrais modifier la longueur de l’axe ar pour passer de 145 mm à 130 mm
    est-ce possible ?
    merci pour tout info

  3. Bonjour,
    Je les croyais vraiment increvables, jusqu’à ce soir…
    Je viens tout juste de casser l’axe du moyeu MAXICAR AR de ma randonneuse Rando-Cycles de 1991, sans gloire, en rentrant du boulot, et sous une pluie battante, évidemment! Mais après largement plus de 100 000 km parcourus, généralement bien chargé, sur tous types de routes et chemins, je ne peux quand même pas me plaindre…
    Je vois dans l’article ci-dessus que la solution pour le réparer est de faire usiner une pièce à façon. Mais quelqu’un peut il me préciser le type d’acier à utiliser?
    Merci d’avance.

  4. Et Routens! vos avez oublié Routens couturier Grenoblois du cycle dans les années 55 à 80. J’en possède encore deux en 650B et 700 que j’utilise toujours. Cordialement. Photos à votre disposition.

    • Bien volontiers si vous avez des photos … Effectivement Routens pourrait être le sujet d’un prochain article dans notre rubrique vintage : il faut que l’on recueille des éléments pour retracer son histoire.

  5. Avec ce type de moyeux, au demeurant d’une excellente fluidité quant aux roulements (Allemands), ce sont les axes qui pêchent… Personnellement, j’en ai eu 3 qui ont cassé à l’arrière !! 2 sur Follis en 650 et un sur Colnago 700. Pourtant je ne pèse que 68 kilos et ne suis qu’un randonneur qui ne maltraite pas son matériel. Le 1er a laché à l’époque (sans que je m’en aperçoive) lors de mon raid  » Léman-Adriatique (Thonon-Venise) ». Ce n’est que de retour chez moi que j’ai découvert la casse lors du démontage de la roue arrière. J’avais demandé à Rousson et Chamoux le remplacement gracieux de la pièce et leur avait dit qu’heureusement que le blocage rapide était plus costaud que leur axe pour maintenir la roue en place ( Quand je pense que j’ai, entre autres cols, descendu allègrement le Stelvio avec l’axe peut- être déjà rompu !). Un ingénieur rencontré sur une rando m’avait alors expliqué que le serrage exagéré des axes dans le moyeu pouvait provoquait un flambage créant ce problème. Lors du démontage de l’axe il faut effectivement taper fort pour le chasser de son logement ! Depuis ces ennuis, j’ai alors monté sur mes roues des moyeux Mavic d’une très bonne fluidité avec jeu réglable, roues en place. Aucun ne m’a créé de soucis.

  6. D ‘abord bonjour.merci mille fois pour toutes ces explications
    Mention speciale pour le dessin eclaté du moyeu arriere qui m a fait gagner de heures de casse tete (les ecrous de butée etaient tous du meme coté et il y avait une pièce de trop du cote roue libre.grace a vous j ai pu identifier la piece en trop et remonter le moyeu nickel.
    Merci encore.

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