Certes beaucoup moins prestigieux et connu que son grand voisin le col du Parpaillon, le col de Valbelle, situé dans les Hautes Alpes, présente cependant plusieurs intérêts pour les graveleux chasseurs de cols. C’est également un col à plus de 2000 m (2372 m exactement – plus haut que l’Izoard donc), mais il est sans doute moins brutal et plus abordable que son cousin du Parpaillon ; et surtout il peut être inclus dans plusieurs circuits en boucle, sur un ou deux jours, ce qui n’est pas toujours si évident en montagne…

Un petit cousin (et voisin) du Parpaillon …

Le col de Valbelle permet de rejoindre Embrun à Vars en passant par la station de ski de Risoul bien connue des marseillais. Tout comme le Parpaillon, il démarre du village de St André d’Embrun ; le début du col n’est pas facile à trouver car très peu signalé ; en bas il faut chercher un panneau indiquant « Les Jorettes » qui permet de trouver une toute petite route, très tranquille, montant au col de la Coche. Le col de la coche (1791 m) est entièrement goudronné avec un revêtement plutôt en bon état ; on monte à flanc de montagne en surplombant la vallée de la Durance avec de très beaux points de vue. La pente est assez irrégulière et il n’est pas facile de trouver son rythme ni le bon braquet. Il y a un passage dans la forêt de Saluces dans la partie centrale qui peut faire mal (pente à 10-15% sur 1 ou 2 km) mais dans l’ensemble il reste abordable (10 km à 7% selon Strava). Et comme la route ne mène nulle part (c’est un cul de sac, le goudron s’arrêtant au col à 1750 m d’altitude), il est possible de n’y croiser personne … À noter aussi qu’une piste forestière « des Eaux Pendantes » permet d’atteindre le col ; je ne l’ai pas testée mais elle est peut-être compatible avec un vélo gravel pour ceux qui fuient absolument le goudron.

Ensuite la direction du col de Valbelle est bien indiquée ; la section Gravel de 8,5 km (pour 600 m de dénivelé environ) jusqu’au col peut alors commencer …

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Début de la Section Gravel juste après le col du Coche – photo Sébastien

 

Le Garagiste m’avait pourtant prévenu …

La transition sur la piste est toujours un moment particulier, on a un peu l’impression d’ouvrir le champ des possibles avec un vélo type route. Le garagiste de St André m’avait pourtant bien dit que je ne passerai pas le Valbelle avec un vélo de course … Pressé, je n’ai pas pris le temps de lui expliquer la philosophie du Gravel.

Il faut vraiment déguster ces premiers kilomètres de pur gravel. La pente est douce (environ 4-5%), la piste de bonne qualité zigzague au milieu des arbres et des passages plus « alpins ». L’esprit s’échappe, les sensations sont bonnes, on pourrait presque se laisser griser et emmener du braquet … Un jeu d’enfant comparé au Parpaillon.

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Une belle piste idéale pour le Gravel dans un décor qui se passe de commentaire – photo Sébastien
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Puis tout coup, sans prévenir, la pente se cabre sérieusement et comme c’est souvent le cas dans ces moments le revêtement devient également plus caillouteux. Si je n’avais pas rêvassé au milieu de ces paysages, j’aurais bien dû m’apercevoir qu’en faisant seulement 200 m de dénivelé en 4 km, les 4,5 derniers km (pour 400 de D+) ne laisseraient pas de répit. Retour à la réalité un peu brutal donc. Mais cela reste faisable en restant sur le vélo avec les développements adaptés (34 x 32 au moins).

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Les troupeaux de vaches ont remplacé ceux des skieurs … – photo Sébastien

J’ai dû mettre le pied à terre une seule fois, pour passer un petit raidard de 20% sans élan, juste après le passage d’une clôture électrique fermée. On passe donc au milieu des vaches, et des descendeurs VTT sous des télésièges en pleine « hibernation » estivale.

Le col est à la croisée de plusieurs pistes : rouges, bleues, vertes… On peut même monter jusqu’aux cols du Vallon (2466 m), ou des Saluces (2444 m) plus au sud sur une piste (non essayée) qui semble en bon état.

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Vue de la piste du haut du col de Valbelle – photo Sébastien

Le col de Valbelle est donc au final plus abordable que son cousin Le Parpaillon ; le revêtement de la piste est en meilleur état et la pente moins difficile (malgré les 4 derniers km) ; une belle entrée en matière donc pour monter un col Gravel à plus de 2000 m dans une tranquillité absolue (même si les remontées mécanique réduisent un peu l’aspect sauvage du paysage).

À inclure dans un circuit

Et surtout le Valbelle peut faire partie de plusieurs circuits en boucle. Celui que j’ai fait (et que je conseille) part d’Embrun puis passe par les stations de Risoul et Vars via une piste forestière très sympa, descente asphaltée sur Guillestre avant de rejoindre Embrun par une petite départementale. Environ 80 km, 2000 m de dénivelé (dont 1800 m dans la première moitié), pour à peu près 22 km de piste gravel ; cela reste tout à fait abordable sans entraînement poussé, surtout si on prend son temps. De plus il existe un raccourci (ex. en cas de mauvais temps) en descendant directement à Guillestre par la route depuis la station de Risoul.

Le parcours sur Openrunner : http://www.openrunner.com/index.php?id=7869486

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Sinon pour prolonger le plaisir du gravel, il faut emprunter depuis Risoul une piste forestière assez roulante qui rejoint Vars via la Cabane de Razis. Quand on surplombe Risoul la piste se trouve à droite en regardant la station ; elle fait remonter à 2000 m d’altitude à travers les mélèzes. En haut la vue s’ouvre sur le vallon du col de Vars. Superbe. Pour les plus courageux, un détour en aller-retour vers le Lac de Peyrol (et son restaurant d’altitude – ouvert l’été) est possible.

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Vue sur les villages traversés par la route du col de Vars (versant nord) – photo Sébastien

Une fois à St Marcelin, on rejoint Guillestre par la route du col de Vars. Le seul passage de cette boucle avec circulation se situe après Guillestre lorsqu’il faut emprunter la Nationale direction Gap sur 1 à 2 km avant de retrouver la tranquillité d’une petite départementale direction St André d’Embrun avec une route en balcon sur la Durance.

Et puis pour les cyclo-montagnards qui aiment les vrais défis, on peut inclure le col de Valbelle dans un parcours de 120 km avec plus de 4000 m de dénivelé (donc très concentré) franchissant 3 grands cols à plus de 2000 m : Valbelle en gravel (2372 m), Vars (2108 m, par la route) puis retour à Embrun par le Parpaillon (gravel 2645 m). Une tuerie à ne pas tenter si on doute de sa forme ; ou alors le faire à la cool en « bike packing light » sur deux jours… En 2015, les PCR (Paris Chill Racing) l’ont tenté en un jour dans l’autre sens.

 

 

 

 

1 COMMENTAIRE

  1. Cote Guillestre, il y a aussi la montée à Risoul en passant par l’ancienne route, d’abord godron puis piste. Cette dernière monte au dessus de la station vers le col, avec un ar vers le belvédère de l’homme mort.

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