Nos sorties en vélo de gravel s’organisent et attirent de plus en plus de cyclistes qui apprécient les découvertes que ce vélo polyvalent nous offre. Au départ de la sortie Maures Gravel, un des participants me dit “Tu vois la diversité des vélos et des équipements … on est tous différents et on va tous rouler ensemble le même parcours.” Cette observation, résume assez bien ce qu’est notre famille, un peu bordélique et disparate mais combien sympathique et tolérante.
Gravel Maures – la route des crêtes un lieu incontournable pour la Gravel Maures – photo Bike Café
La Gravel Maures version 2 est désormais installée dans le calendrier des randos gravel du sud de la France. Laurent Biger, qui en réalise le tracé, et le groupe strava Maures Gravel en sont les instigateurs. Sortie gratuite et libre seule la trace gps est fournie quelques jours avant le départ.
La gravel au pays de Maurin
La vidéo :
Musique de The Dark Robot
Il y a eu le livre, le film, le feuilleton télé, la BD, … mais, dans le pays de Maurin des Maures, il n’existait pas encore de rando gravel. Laurent Biger en a été le premier traceur, et en faisant la découverte de ce beau territoire il a été rejoint par des cyclistes de la région pour constituer un club à la sauce Strava : le club Gravel Maures. Ils adorent leurs pistes et leur région qui possède quelques atouts touristiques de valeur : le village de Collobrières, le site de Notre-Dame des Anges, la route des crêtes. L’an dernier nous avions pu découvrir cela, et cette année, sur un parcours revu et amélioré, nous avons encore plus apprécié la beauté de ces paysages.
Il ne faisait pas chaud au départ et, pendant que d’autres s’apprêtaient à défiler dans les grandes villes ou encore à aller acheter un brin de muguet, nous étions une trentaine de cyclistes devant la salle polyvalente de Gonfaron … Laurent nous prévient : nous allons passer discrètement dans la réserve naturelle de la plaine des Maures. En effet, cet espace protégé est interdit aux manifestations vélos, et nous y ferons une brève incursion sur la pointe des pneus.
Gravel Maures – Stéphane se lance dans le passage du gué, d’autres hésiterons un peu et certains passeront à pieds – photo Adrien
Cette année, contrairement à l’an passé, l’approche vers les difficultés sera progressive. On traversera un paysage de campagne et de vignes. On devra quand même franchir au km 15 le gué des Aurèdes en se faufilant dans la plaine. La piste des Aurèdes nous mène à la D75 avec un tout petit bout de goudron avant d’attaquer le sérieuse montée dans la forêt domaniale des Maures jusqu’au col de la Court (579 m).
On est quelques uns à marquer un instant d’hésitation sur le chemin à suivre. Le groupe à éclaté dans la montée et je ne suis pas un spécialiste du suivi GPS. Un coup d’oeil sur Openrunner et la top 25 pour vérifier que la trace nous entraîne bien sur la fameuse piste des crêtes qui mène jusqu’à la Garde-Freinet (km 35) où sera notre lieu de pause repas. Le soleil n’est toujours pas là mais la couche nuageuse commence à se rompre.
Gravel Maures : la pause casse-croûte à la Garde-Freinet photo Bike Café
Après la pause casse-croûte, je repars avec le “groupetto” qui fermera la marche, encadré par Laurent toujours en éveil pour voir si tout va bien. Il répond même au téléphone pour guider un groupe parti devant nous. Une petite cote à la sortie de la Garde histoire de faire passer le sandwich, mais le vrai dessert nous attend au pas de la Suve où l’on va attaquer une superbe piste, large mais raide, qui nous ramène de l’autre côté du col de Court (575 m).
Gravel Maures – Une superbe piste, large mais raide, qui nous ramène de l’autre côté du col de Court (575 m) – photo Laurent
Le suite sera la belle montée sur une superbe petite route vers le site de Notre-Dame des Anges où nous restons un moment pour profiter de cette belle randonnée. On aura même du mal à quitter les lieux car, comme vous le savez peut-être : la croyance affirme que le pèlerinage à Notre-Dame-des-Anges guérit de la paresse … Dans notre cas, à ce niveau d’effort, on peut considérer que notre petit groupe a réalisé un beau pèlerinage et qu’en retour nous sommes définitivement guérit.
Gravel Maures
Photos … échanges cordiaux et la descente sur Gonfaron sera sublime … surtout pour les descendeurs. Je ne fais malheureusement pas partie de cette catégorie et je vais un peu souffrir. Mes camarades me feront la gentillesse de m’attendre pour que je ne me perde pas sur la superbe piste de Vaumiane.
Gravel Maures – la photo souvenir en haut à Notre-Dame des Anges qui nous a guérit de la paresse
Merci à Laurent et au groupe Maures Gravel pour cette organisation qui va devenir un rendez-vous incontournable en pays varois. On reviendra c’est sûr.
Voici quelques nouveautés qui pourront sans doute vous aider dans votre pratique “Allroad”. Les équipements textiles Alpha de UYN seront appréciés par les riders en itinérance. Ils sont aérés et sèchent très vite. Côté pratique les démontes pneus Crankbrothers vont vous faciliter la vie au moment du montage et du démontage de vos pneumatiques. Le sac veste de Camelback sera apprécié lors des sorties gravel. Blackburn propose une pompe pour faciliter le montage de vos pneus tubeless et cette petite trousse bien pratique pour emmener votre petit matériel de réparation de bord de route. Avec les nouveaux Garmin 530 et 830 vous trouverez sans doute la fonction ClimbPro intéressante. Elle permet d’afficher automatiquement et en temps réel le dénivelé et la pente restants jusqu’au sommet …
1 – UYN : une collection biking complète
Alpha Biking est la nouveauté UYN® dans le monde du cyclisme pour le printemps/été 2019. La collection destinée aussi bien aux hommes qu’aux femmes, se distingue par sa conception intégrant les technologies les plus avancées du secteur. Elle utilise des matériaux innovants, tels que la fibre 100% naturelle Natex. Les vêtements UYN® fabriqués avec cette fibre naturelle sont 25% plus légers que les matériaux traditionnels et sèchent 50% plus rapidement.
UYN Alpha
La flexibilité et la respirabilité des tissus permettent à la collection Alpha Biking de garantir le confort ainsi que des performances de haut niveau jamais atteintes auparavant.
Le nylon de ce démonte-pneu est doux pour vos jantes et ne ternira pas vos cerceaux de carbone bien-aimés, ni vos jantes colorées.
Sur des pneus très serrés, vous aurez toujours besoin d’un deuxième levier pour faire l’ouverture initiale avant de glisser dans le levier de vitesse et de le faire glisser le long du cerceau.
Cranbrothers démonte pneus
L’extrémité opposée est conçue pour vous aider à mettre le pneu. Il a une sorte de griffe accrochée qui se clipse sur votre jante et vous la passez autour de votre jante comme si vous retiriez le pneu. Tout ce qu’il faut, c’est l’assise initiale du pneu, puis vous zoomez sur le flanc du pneu et le tout s’abrite sans craindre de pincer la chambre à air. C’est toujours le cauchemar de monter un pneu et à mon avis c’est le meilleur caractéristique de cet outil.
Les nouveaux Edge 530 et 830 intègrent de nouvelles fonctionnalités conçues pour tous les férus de cyclisme. Qu’il s’agisse de rouler sur la route, d’explorer des sentiers inconnus ou de partir dans la jungle urbaine, les Edge 530 et 830 proposent de nouvelles données de parcours et d’orientation, des améliorations en terme de navigation, des fonctionnalités de suivi et de sécurité.
Les Edge 530 et Edge 830 sont compatibles avec toutes les pratiques du vélo. Ils possèdent des fonctionnalités que vont appréciées les cyclistes “Allroad” .. Par exemple la fonction ClimbPro qui permet d’afficher automatiquement et en temps réel le dénivelé et la pente restants jusqu’au sommet, permettant aux cyclistes d’estimer l’effort requis pour le reste du parcours.
Des spécificités les plus pointues : analyse des données physiologique de l’activité, transmissions de données sur la base d’un plan d’entraînement, utilisation conjointe avec des capteurs compatibles, acclimatation des utilisateurs aux changements de température et d’altitude2, … à l’utilisation de la cartographie Garmin Cycle Map préchargée sur ces 2 modèles ces deux compteurs sont très complets.
Ce sac adapte à toutes les pratiques cyclistes les traditionnelles. Il s’inspire des vestes d’hydratation utilisées utilisées en trail running. Dans son utilisation pour le vélo, ce sac d’hydratation Chase Bike Vest a pour double objectif de mieux répartir le poids supporté par le cycliste, et de lui faciliter l’accès à son ravitaillement en roulant !
Camelback
Plusieurs poches zippées sont intégrées à l’avant et à l’arrière et une dernière est réservée à un bidon Quicks Stow sur la bretelle droite. Un espace de rangement de 2,5 litres est disponible, auquel s’ajoute la poche d’hydratation Crux fournie (1,5 litre).
Si vous avez franchi le pas et que vous êtes passés au tubeless, vous vous demanderez comment vous avez vécu sans cette pompe. Il suffit de pressuriser la chambre et d’un simple appui sur l’interrupteur, tout cet air remplira le pneu, ne lui laissant pas d’autre choix que de claquer en gonflant.
Chamber Tubeless Blackburn : une pompe pour le tubeless
Une fois le pneu en place, relevez le commutateur pour contourner la chambre et vous pourrez le gonfler de façon classique avec précision à l’aide de la jauge offrant une bonne lisibilité.
Voilà une petite sacoche de selle pour ranger tout son matériel de réparation. Fixée au chariot de selle et maintenue sur la tige de selle elle restera bien stable.
Blackburn Barrier Small Seat Bag
Ses coutures soudées réduisent non seulement l’encombrement, le poids et les matériaux, mais elles améliorent les performances en éliminant le trou d’aiguille, une zone potentielle de saturation et de fuite. Les coutures soudées créent également une finition propre à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du sac.
Si vous êtes un lecteur assidu de Bike Café, vous connaissez tous maintenant Pierre-Arnaud Le Magnan. Nous avons raconté ses aventures sur la difficile Silk Road Mountain Race Road et plus récemment en Australie sur la Hunt 1000. Pierre-Arnaud est, je pense, le seul concepteur et patron d’entreprise dans le domaine du cycle qui s’investit autant physiquement dans la mise au point des produits qu’il commercialise. Alors que certains restent bien au chaud dans leur bureau d’études, lui n’hésite pas à affronter le pire pour valider ses concepts et tout cela fait l’originalité de la marque Chiru ainsi que celle de Carbon Endurance Components (CEC) qui imagine les équipement de demain. Cadres en titane, accessoires et roues mixant carbone et fibre Dyneema, on est sur du “pointu” dans le domaine des matériaux.
La tournée européenne de Pierre-Arnaud
On pourrait, comme cela est le cas pour Tintin, retracer les aventures de P.A. en intitulant les épisodes : P.A. au pays des montagnes célestes, P.A. au pays des Kangourous, … On ne s’en prive pas sur Bike Café. Cette fois encore, après un long échange téléphonique avec lui alors qu’il est rentré chez lui à Hong-Kong, il m’a raconté ses aventures nordistes et nous avons parlé de confort et de ses tests menés tambour battant sur les pavés du nord.
Le “Pierre-Arnaud tour” européen nous conduit cette fois en Belgique et dans les Hauts-de-France … Le Nnnnooooorrrrrrd, comme on dit chez nous en Provence. On s’éloigne un peu de l’exotisme du Kirghizistan et des étendues sauvages et hostiles de l’outback australien, mais Pierre-Arnaud a toujours un tour dans son sac pour rendre moins banale sa petite virée dans nos contrées civilisées. Tout part d’un vélo qu’il a conçu : le Kegeti qu’il a fini de mettre au point sur la Silk Road Mountain Race. Ce vélo a d’ailleurs hérité de son nom de baptême là-bas en souvenir du Kegeti pass, qu’il a franchi sur cette course, à 3700 m d’altitude.
Le Chiru Kegeti version XC et Monster gravel … un peu sale à l’arrivée.
Ça commence comme une histoire belge lors du Roc Laissagais. Chiru était partenaire de l’événement et avait un stand là bas. Pierre-Annaud décide de s’aligner avec son Kegeti sur l’épreuve de XC sur 50 km au milieu des furieux équipés eux de VTT … Combat honorable, car avec son guidon dropbar, totalement atypique dans le peloton des VTT, et son vélo tout rigide il fini, bien crotté, sur le podium de sa catégorie d’âge.
Le Chiru Kegeti version XC et Monster gravel … il a bien été crotté dans l’épreuve belge.
“Pour des questions de logistique sachant que je ferai la Malteni la semaine suivante je suis venu avec un seul vélo pour faire les deux épreuves. Moyennant des pneus et des équipements différents ça pouvait le faire. Je pensais que le parcours de ce 50 km serait assez roulant, mais en fait c’était un parcours où ça tabassait énormément. J’étais le seul en gravel dans cette course. Dans toutes les montées j’étais bien et je rattrapais des mecs, mais dans les descentes ils me repassaient“, me raconte Pierre-Arnaud.
Sur la Malteni – photo Malteni Bootleggers
La semaine suivante – à deux bouteilles de bière plus loin au pays des brasseurs – c’était la Malteni Bootleggers. Changement de décor car ce n’était plus un corps à corps dans des sentiers tortueux, mais un départ plus calme par vagues, sur des terrains extrêmement variés mixant les célèbres secteurs pavés des courses flandriennes et du Paris-Roubaix, les montées sur les terrils, les bordures de champs et les sous-bois. “Je suis revenu à des pneus de 42 mm comme l’exigeait le règlement. Mes boudins Gravelking paraissants un peu maigres sur la carcasse de mon monster gravel. Des roues de 29 pouces remplaçaient les habituelles 27,5, et l’ensemble passait bien dans le cadre. J’avais reçu ma potence suspendue et ma tige de selle suspendue également pour tester ces équipements sur les pavés du nord. Le vélo ainsi équipé s’est très bien comporté notamment sur tous les secteurs pavés où je voyais bien que j’avançais plus vite que les autres. Sur les 20% de partie roulante je n’ai pas été réellement désavantagé. La Malteni, c’est comme un Paris-Roubaix, c’est plus violent qu’une course de montagne : tu es tout le temps en train de pousser“, m’explique Pierre-Arnaud.
Le Chiru Kegeti version bikepacking pour la Malteni.
La potence Flex Ten
La nouvelle potence suspendue que Pierre-Arnaud testait sur la Malteni est une Flex Ten. Elle est dispo au catalogue CEC pour le moment en 90 mm et le sera sera doute en 80. Elle possède un débattement de 25 mm et le réglage de la dureté s’effectue par vissage. Elle existe pour barre en 31.8 mm et son poids est de 280 g.
Le Chiru Kegeti version XC et Monster gravel
“Il y a un vrai bon avenir sur cette potence suspendue. En terme de pilotage dans les descentes techniques je constate un vrai gain à côté des autres concurrents. Je prenais largement l’avantage. La ten est rigide latéralement et il n’y a aucun flou latéral venant compromettre la précision. C’est du même ordre de ce que fait Spe avec le petit amortisseur dans la colonne de direction. Dans notre cas l’action est perpendiculaire et il y aura juste une légère plongée du guidon dans les freinages, mais il est bloqué en butée et ce n’est pas un réel problème. La Malteni était la course idéale pour tester ce produit …“, explique Pierre-Arnaud qui nous promet de nous en envoyer une pour la tester sur nos pistes rugueuses de Provence.
La Malteni : tu ne vois pas passer la journée …
Le Chiru Kegeti version Malteni sur les terrils et les pavés du nord …
“Pour la région, tu ne t’attends pas à des paysages exceptionnels mais il faut reconnaître que ce tracé offre une diversité très intéressante d’endroits. On n’arrête pas de faire des transitions entre des sections techniques et des parties plus roulantes. Tu ne vois pas passer la journée. Je n’avais pas de montre et ça faisait 6 heures qu’on roulait et j’avais l’impression d’être parti depuis 2 heures. Le concept de partir par vagues de 5 ou 6 et d’être espacés d’une minute évite les départs rageurs où ça force devant avec des bouchons qui se forment. Et là en fait, on se retrouve à rattraper des gens et à rouler de groupe en groupe qui ne sont pas déséquilibrés. Tu peux rester un moment avec discuter et puis si ça va pas assez vite tu peux remonter dans un autre groupe. Ça donne un côté plus sympa, plus social à la course dans laquelle chacun cherche quand même sa performance personnelle. Je suis parti tout derrière et je suis arrivé 6ème ou 7ème ce qui m’a permis de rencontrer environ 90 personnes. J’ai vu du monde …“, commente Pierre-Arnaud.
Depuis Pierre-Arnaud est retourné chez lui à Hong-Kong et il prépare la participation de Chiru à différentes épreuves du calendrier international avec une “Chiru Brigade” : un team bikepacking. Il y aura donc des vélos Chiru sur plusieurs épreuves : la Baroudeuse en juillet avec un coureur belge Ben, il y aura une autre coureur belge Kim avec qui P.A. avait fait la Silk Road et qui sera sur un Chiru sur la Tour Divide, Ben sera aussi sur la HT 550 et également un vélo sur la TCR … On aura l’occasion d’en reparler prochainement.
Nos vélos de gravel nous conduisent à la découverte de territoires les plus variés. Certains sont porteurs d’une histoire riche, qui nous fait remonter le temps lorsque qu’en pénétrant leurs paysages, on y retrouve les traces du passé. Ainsi, il y a peu de temps, j’étais intrigué par des sortes de Menhirs qui se dressaient au bord d’un chemin baptisé “Carraire des arlésiens”, situé au-dessus de Vauvenargues, non loin d’Aix-en-Provence. Sur ce panneau de rando, planté au bord du chemin, le mot “carraire” était déjà pour moi totalement inconnu. Ces deux découvertes : ces pierres levées et ce mot étrange allaient être le point de départ de mon enquête.
Quand on cherche on fini par trouver … le hasard va m’aider dans mes recherches. Il se trouve que sur Arte, un documentaire de 52 minutes, “Sur la route des bergers”, réalisé par Pascal Cardeilhac et produit par ARTE France / ZED Production a été diffusé début avril. Ce documentaire va dans un premier temps répondre à mes questions et même plus, car il met en scène la marche sur cette piste de transhumance de Antoine de Baecque. Il a rejoint Arles à Vinadio en Italie sur “La routo” qu’empruntait autrefois les moutons dans cette longue migration de 500 km. Il se trouve que ce marcheur avait écrit ce livre “Ma transhumance” que je me suis procuré rapidement. Voilà donc une curieuse synchronisation entre l’objet de ma curiosité sur cette piste que je découvre, ce documentaire et de ce livre ! Parlons du livre puisqu’il s’agit dans cette chronique de le découvrir.
La lecture de ce livre m’a passionnée. Sans doute d’abord puisqu’il répondait à ma quête d’informations concernant “la routo”, mais aussi car l’écriture d’Antoine de Baecque est agréable et on a plaisir à cheminer avec lui sur ce chemin de transhumance. Difficile de séparer l’homme et le mouton dans ce “routo movie”. On suit la piste et les réflexions qui accompagnent cette lente progression. La marche est propice à la réflexion et Giono, qui est souvent cité, accompagne la pensée de notre marcheur. Le carnet des notes journalières est présent dans le texte, mais autour des détails des aléas de la route et des rencontres, l’esprit s’évade et les chapitres du livre cheminent à la vitesse des moutons.
Ce livre, que je referme, me donne envie de lui donner une suite. Ce sera sans doute pour moi aussi suivre la routo en vélo de gravel, avec des sacoches de bikepacking, et d’entraîner sur cette trace des arlésiens, quelques amis pour faire redonner vie à cette histoire de la Transhumance. En 2020, le GR69 qui reprend cet itinéraire sera ouvert aux randonneurs voilà un beau projet et merci à Antoine de nous avoir ouvert cette trace historique et poétique.
« Une métamorphose de mon être, soit la vraie expérience de la transhumance. Le fait d’épuiser ma marche, et de demeurer pourtant au coeur du mouvement, me transforme en profondeur. Mes pensées se perdent moins, je surplombe moins les choses. Je me focalise sur le troupeau qui avance devant moi. Je suis porté par sa puissance.»
De juin à octobre, randonner dans les Alpes du Sud signifie marcher en altitude en compagnie des moutons, aujourd’hui encore plus de trois cent mille bêtes se retrouvent chaque année dans les alpages d’estive. Ce moutonnement des troupeaux accompagne le marcheur comme une respiration vivante de la montagne.
Antoine de Baecque est parti sur les traces du parcours millénaire des bêtes et des hommes, cette transhumance traditionnelle disparue dans les années 1950.
Il a cheminé sur les anciens sentiers de la transhumance par des voies oubliées serpentant au milieu d’un paysage que le passage des moutons a façonné.
Il a inauguré la Routo, cet itinéraire de randonnée bientôt homologué GR qui chemine sur plusieurs centaines de kilomètres à travers les Alpes, entre la plaine de la Crau en Provence jusqu’au Piémont italien.
Ce récit voyageur d’un parcours montagnard, d’une quête de la mémoire millénaire d’une transhumance accompagnant la mémoire intime du marcheur, raisonne comme un hommage au lien entre hommes et bêtes, au bonheur de reprendre le cours d’une vie vécue dans et par la nature.
À propos de l’auteur
Historien et critique de cinéma, Antoine de Baecque a écrit sur la Nouvelle Vague, Truffaut, Godard, Rohmer, Pialat, mais aussi sur Tim Burton ou le cinéma américain contemporain.
Historien et marcheur, Antoine de Baecque a publié La Traversée des Alpes (Gallimard, 2014), Histoire de la marche(Perrin, 2016), Les Godillots. Manifeste pour une histoire marchée (Anamosa, 2017). Il est professeur à l’Ecole normale supérieure.
Sa démarche est au centre d’un documentaire diffusé sur Arte, “Sur la route des bergers“.
Documentaire Sur la route des bergers Documentaire de 52 minutes, “Sur la route des bergers”, réalisé par Pascal Cardeilhac. ARTE France / ZED Production
Première diffusion sur ARTE mardi 2 avril 2019 à 15h30, puis mercredi 10 avril à 10h20 (disponible pendant 7 jours en replay sur arte.tv)
Je pensais naïvement que nous faisions tous du vélo dans la joie et le bonheur partagé. Je me disais que, rouler le nez au vent en appuyant sur les pédales, nous éloignait de notre quotidien parfois agressif. Je m’aperçois que cette thérapie du bonheur n’a pas atteint tous les cyclistes, et que le sectarisme cycliste gagne du terrain. Certaines réactions, après la parution de nos articles, nous le démontre régulièrement. Heureusement, cette fâcheuse “râlerie” est une expression minoritaire, et en grande majorité, le vélo donne le sourire et peu importe comment on pédale et avec quoi on pédale.
Le vélo déclenche parfois des dérapages verbaux
Je me suis livré à un petit profilage des râleurs patentés sur la base de réactions, qui ont suivi nos articles. J’apprends qu’il y a l’élite : ceux qui savent ! Ils sont capables de verser une larme de bonheur devant une soudure, surtout si elle est made in France. Il y a ceux qui font des sorties de 200 minimum et qui regardent de haut les adeptes de l’Ultra Courte Distance. Il y a les exorcistes du vélo qui voient le diable du marketing partout. C’est obsessionnel, ils pensent que nous sommes tous des moutons tondus par la mondialisation. Plus récemment j’ai découvert ceux qui vomissent sur les vélos électriques, qui viennent heurter une sorte de pureté cycliste basée sur la valeur de l’effort. Et puis il y a les autres, les “racers” aux jambes huilées, chevauchant carbone et ne tolérant pas dans leurs roues un vélo en acier de plus de 10 kg, … Il y a ceux qui clament que le gravel c’est une niche (pour quels chiens : on ne sait pas ! …) et que c’est une mode passagère … Pour tous ceux-là, on ne peut que regretter qu’ils ne possèdent pas cette tolérance qui permet de voir les choses avec le regard de l’autre.
André Huret met au point un mécanisme servant à faire passer la chaîne d’une bicyclette d’un pignon sur un autre : le dérailleur. C’est avec ce dispositif que des champions tels que Lucien Weiss, Maurice Archambaud et Georges Speicher vont remporter de belles victoires. Cependant, malgré ces résultats positifs sur le plan sportif, le dérailleur ne s’impose pas sur le plan commercial. (Photo Pierre)
Dans les temps plus anciens, bon nombre d’innovations ont déclenché immédiatement des anathèmes vélocipédiques. L’histoire du dérailleur est sans doute le meilleur exemple. On disait déjà à l’époque, comme on le dit aujourd’hui pour l’électrique, que ce n’était pas du vélo. Quand les polémiques s’essoufflent, les imprécateurs ressortent les vieux “dossiers” : les relents de dopage, les vieilles anecdotes sarcastiques, les sujets clivants comme les freins à disques, le gravel, les pneus, … il faut qu’ils remettent de l’huile sur le feu de la discorde sinon ce n’est pas drôle.
Mais non : nous ne sommes pas vendus …
Autrefois tous ces débats ne dépassaient pas le cercle des discussions des pelotons du dimanche matin, mais voilà maintenant il existe les réseaux “asociaux”. Facebook vous connaissez ? … C’est là que se déroule régulièrement, et à toute heure, une foire d’empoigne où tout le monde donne des leçons à tout le monde. On y trouve des “trolls”, joyeux lurons, habitants sournois de cette forêt numérique. Ils guettent les publications au coin du bois avec leur humour parfois limite pour en pourrir les échanges. Il y a également ceux qui n’ont rien compris, mais qui l’ouvrent quand même, … Généralement ils ne lisent pas les textes qui dépassent la taille d’un message facebook. Il y a les donneurs de leçons façon “gourous”, ceux qui ont reçu la flamme divine et qui re-cadrent (normal dans le vélo) les pauvres ignares que nous sommes. Enfin il y a ceux qui nous accusent d’être vendus aux marques. Ils n’ont juste pas remarqué que sur notre site il n’y avait aucune pub contrairement à plein d’autres bourrés de Google AdSense et autres bannières.
Mon propos n’est pas de remettre en cause les débats contradictoires. Mais comme on le sait lorsque l’on fait du vélo il vaut mieux éviter les ornières alors attention à ne pas tomber dans celles des préjugés.
Profitons de ces moments de partage
Alors dites-moi chers amis cyclistes … qu’est-ce que ça peut faire que l’on roule sur un carbone, pesant moins lourd que la monture de mes lunettes, ou que l’on roule sur un VAE ou une enclume. Peu importe que l’on ait les moyens de s’offrir un vélo artisanal sur mesure, alors qu’on est d’une morphologie bêtement standard, que l’on soit suffisamment fortuné pour acquérir un vélo de “dentiste” dont le prix d’achat est inversement proportionnel à nos performances cyclistes. Et franchement il n’y a rien de grave, si pour des questions budgétaires, on avale les kilomètres dans la joie sur un prêt à rouler “made in ailleurs” ? …
Regardez plutôt la “banane” de tous ceux qui font du vélo, c’est à mon sens le plus important. Sans être des bisounours béas ou crédules, c’est ce que nous défendons sur Bike Café, site indépendant, non rémunéré et non rémunérateur. Nous continuerons à suivre la route sur laquelle notre curiosité nous entraîne : allant d’un vélo Décathlon à un magnifique vélo artisanal Victoire. Le vélo est une aventure, alors roulons ensemble pour vivre dans la joie et la bonne humeur notre passion commune.
Est-ce que le blanc est une couleur ? … Le réponse semble-t-il est : non, car le blanc n’est pas une couleur à proprement parler puisqu’il est la “somme” de toutes les couleurs. Curieux me direz-vous, mais tout cela est scientifique puisqu’il s’agit d’une histoire de longueur d’onde de la lumière. Sans jouer les Eddy Barckay, en vous invitant à une fête du vélo tous habillés de blanc sachez que certains fabricants utilisent le blanc pour leurs produits les plus récents. Voici une sélection “Bike Café” pleine de blancheur …
Le MT4 de 2.11 Cycles
Voilà une vélo de randonnée / voyage / gravel moderne, basé sur un kit cadre et fourche en acier CrMo conçu par 2;11 Cycles pour être parfaitement polyvalent. Ce kit constitue une base de choix pour un vélo performant et durable.
Un vélo polyvalent
Sur la base de kit cadre 2-11Cycles MT4 2-11Cycles propose un vélo complet et prêt à rouler avec des composants éprouvés :
Roues Hope 20five
Pneu Compass standard 700cx35 Bon Jon Pass montage CAA.
Guidons Deda gravel 100
Groupe Sram APEX 1 Hybride avec étriers Juintech Flat Mount
Selle BBB échelon
Tige de selle BBB
Potence BBB
Sa géométrie exclusive de ce cadre, plus longue et basse qu’habituellement assure un comportement stable et confortable et permet la compatibilité à des morphologies de pilote de 1 m 63 à 1 m 95 avec seulement deux tailles disponibles, SM et ML.
Ce cuissard a été conçu pour les sorties longues, les sorties d’endurance. Nous sommes quelques uns à l’avoir apprécié, et cette année Ozio nous le propose en plusieurs couleurs, dont ce superbe blanc.
Ozio Gran Fondo 3 en blanc
La peau de chamois est issue du plus grand spécialiste italien de peaux haut de gamme, Elastic Interface. Sa mousse à haute densité, son tissu très respirant et rapidement sec, en font un best seller de la marque, unanimement appréciée.
Le short est fabriqué avec un Lycra compressif, très léger, agréable à porter, et qui permet une exceptionnelle liberté de mouvement.
Toutes les coutures extérieures sont surpiquées et celles intérieures sont plates, ce qui prévient les irritations dues aux frottements.
Les bandes de maintien très fines situées sur les cuisses laisseront le short bien en place tout au long de la sortie.
Ce maillot est destiné aux cyclistes aguerris ? Un maillot Gore-tex Infinium dans son équipement est indispensable. La coupe ajustée de ce maillot adaptée à la performance est peu encombrante grâce aux empiècements mesh bien positionnés, sous les bras et sur les côtés.
Le maillot porté par Fabian Cancellara
Ce maillot hautement technique est un must pour rouler par tous les temps. Windstopper et résistant à l’eau en cas de pluie ce maillot est conçu en tissu extensible et confortable au niveau de la peau.
Les plus belles matières ont été utilisées pour concevoir ces magnifiques chaussures Night. Leur style est parfait avec ces lacets qui sont de retour sur bon nombre de chaussures de vélo. Les avantages sont nombreux :
Le style épuré car les lacets sont moins massifs que des straps velcros ou des réglages micrométriques.
Le confort absolu lié à l’absence de points de compression et des possibilités de serrages adaptées à chaque forme de pied.
Le système breveté d’emplacement des oeillets et la matière élastiques des lacets renforcent encore ces avantages.
Quoc Night White
Un anneau élastique est présent au centre pour y bloquer fermement les lacets une fois noués pour éviter tout contact avec la transmission.
L’empeigne en microfibre et l’intérieur en mesh renforcé sont là pour apporter une parfaite ventilation. La semelle externe est en composite de carbone pour un maximum de rigidité et une excellente transmission de la puissance de pédalage. Les patins du talon peuvent être remplacés facilement si besoin. Semelle intérieure en mousse EVA et traitée anti-odeurs.
De la sortie à vélo pour aller au marché aux activités sportives les plus exigeantes, mais aussi pour tout ce qui se trouve entre ces deux extrêmes, le Mojito X Peak – casque pour route et gravier avec visière crête amovible – est conçu pour assurer confort, fraîcheur et protection grâce à son système de réglage Up’n’Down, une mentonnière en cuir écologique et sa nouvelle visière amovible. Le casque est disponible dans trois couleurs.
Casque Kask Mojito X Peak
Fabriqué en utilisant le système In-Moulding innovant, le MOJITO X offre une tenue ajustée et confortable grâce à son système de réglage Up’n’Down. Le matériau du rembourrage interne est traité avec le processus antibactérien et antimicrobien Sanitized®. La mentonnière possède une jugulaire en cuir écologique qui est extrêmement confortable et aide à prévenir les irritations de la peau. Le nouveau MOJITO X PEAK est pourvu d’une visière amovible pour vous protéger des éléments.
Petit détail, qui a son importance l’été, un kit mousse + filet anti insectes est disponible en option (Prix 22 €).
Poids : 220 g
Disponible en noir, blanc et rouge
Tailles : S (48-56) / M (52-58) / L (59-62) / XL (63-64)
Il y a tout juste 2 mois nous vous parlions de l’aventure que préparait Maximilian ; avec son pote Shervin : rallier l’Alaska pour rejoindre Ushuaia, à vélo. Ça y est, ils sont sur la route depuis le 29 mars 2019 exactement, date à laquelle Maximilian et Shervin sont partis, en catimini de Paris. Quelques verres avec les copains, la famille et pas d’autre programme que celui de quitter le bar après le départ du dernier pote. La nuit va être longue, ou courte, c’est selon.
Shervin et Maximilian sont-ils de fieffés menteurs ? Ils me parlent depuis 3 mois de leur projet “Alaska/Argentine”. Ils oublient qu’ils partent de Paris. Quand pour nombre d’entre nous, aligner 500 km en 2 ou 3 jours relève de la gageure, pour eux c’est à peine un apéro. Ils n’ont pas voulu faire simple dès le départ, pourquoi partir simplement d’un aéroport d’Ile-de-France pour rallier l’Alaska, alors qu’un vol magnifique à partir de Francfort, en Allemagne le propose ? C’est vrai ça, pourquoi se poser ce genre de question ? Tout ça pour économiser 200 balles, sur le prix du billet d’avion. Alors oui, pour aller cap à l’Ouest, logiquement, ils sont partis vers l’Est. Logiquement, ils sont partis en pleine nuit. Logiquement, le coeur léger profitant de l’effet euphorisant des 2 ou 3 bières (peut-être 4) consommées ce soir là. Logiquement ils sont partis vivre leur aventure peu commune. Logiquement, ils ne font rien comme tout le monde ces deux là.
Logiquement, ils sont partis en pleine nuit
Comment se prépare-t-on pour un tel périple ? Quelles sont les motivations pour vouloir rouler plus d’un an sur son vélo, tous les jours ou presque ? Quel matériel emporter ? Combien ça coûte un tel voyage ? Voici quelques-unes des questions que je me suis posé en rencontrant Maximilian.
Je passerais assez vite sur la motivation de vivre une telle aventure. J’ai passé un peu de temps avec Maximilian avant son départ, et finalement sa motivation semble être différente de celle de Shervin. Je crois que c’est un sujet très intime, il peut y avoir 1,000 (2,000 ?) bonnes raisons d’avoir envie de se lancer dans un tel périple. Il y a probablement autant de raisons de vouloir y renoncer. Je les laisse dévoiler eux mêmes cette envie (ou pas) sur leur blog.
Le vélo : le plus baroudeur de la gamme Genesis, le Tour de Fer
Aujourd’hui, je vais plutôt évoquer l’aspect matériel. Un an sur un vélo pour traverser 2 continents du nord au sud signifie qu’ils vont rencontrer des amplitudes thermiques GeneGenimportantes : probablement entre -20°c et +50°c. Ils devront bivouaquer dans des endroits ou la nature et le climat est peu accueillant et où l’homme doit se faire tout petit, parce qu’il n’est que de passage. L’homme, habituellement prédateur, peut devenir une proie dans certains territoires hostiles.
Pour un tel voyage à vélo, il me semble que le choix le plus important est : le vélo ! Leur choix c’est porté sur la marque Anglaise Genesis. J’ai cru comprendre que Genesis a choisi de leur faire confiance (et réciproquement donc) en les aidant par la fourniture de matériel. Leur choix s’est porté logiquement sur le plus baroudeur de la gamme le Tour de Fer. Présenté, il semble à juste titre, ainsi par Genesis : “THE BIKE YOU’D TURN TO IF YOU WERE TO QUIT YOUR JOB AND EMBARK ON AN IMPROMPTU PEDAL-POWERED WORLD TOUR!”. Comme si ce vélo leur était pré-destiné !
Vous pouvez les suivre, les encourager, sur leur blog, sur instagram. Max est @maxschnell555.
On connaissait son usage dans le milieu DH, et dans la discipline plus récente mais en pleine expansion qu’est l’Enduro. Cette fois la mousse s’introduit aussi dans les pneus de nos vélos de gravel. C’est encore rare, mais ça vaut le coup de tester et je me suis lancé dans cette expérience.
J’ai pu ainsi tester deux kit CUC de la marque espagnole ZÉRO FLATS. Un premier destiné à mon VTT en 29 pouces et un pour mes roues de gravel, que j’ai monté en l’occurrence sur mon NS BIKE RAG+. Je vais vous parler principalement de ce dernier montage, en 30 mm de section, même si mes remarques s’appliquent au deux, voire se complètent.
Déballons déjà ce petit emballage – photo Laurent Biger
Pliée en huit, la paire de « mousses » est impressionnante de légèreté. Avec cela, un flacon de liquide préventif, et une paire de valves tubeless classiques sont fournis. Ce kit vous coutera environ 55 euros. Pas vraiment donné donc, même si pour certains le fait de pouvoir finir une course ou tout simplement rentrer à la maison n’a pas de prix…
Lisons les instructions de montage, en français
Je les applique à la lettre, avec un rendu une fois les mousses de 30 mm montées ici sur une roue carbone de Gravel de l’artisan Storm parfaitement ajusté :
Zero FlatsZero Flats
En appliquant le mode opératoire du fabriquant, je n’arriverai finalement pas à monter correctement le pneu (ici un Panaracer Gravel King en 43 mm). Je change de méthode et monte d’abord le pneu sur un de ses flancs, avant d’y introduire les mousses. Montage nettement plus rapide et plus efficace avec cette méthode, que je conseille donc. L’introduction du liquide préventif par la valve est quelque peu contrarié par la mousse qui occulte en partie l’orifice de la valve. Il ne faut pas hésiter à bouger le pneu à cet endroit pour libérer un peu plus la valve. J’ai trouvé ce phénomène également sur le montage VTT, et j’en conclue qu’il vaut mieux adopter l’ajout du préventif directement dans le pneu avant le « claquage » de celui-ci, et non pas le tenter par la valve.
Zero Flats
Une fois le montage terminé, en appliquant une pression d’environ 2,5 bars, les premiers tours de roues ne laissent pas paraître de changement dans le comportement du pneumatique.
En descendant volontairement à une pression anormalement basse, afin de simuler une crevaison non colmatée par le préventif, le comportement est évidemment altéré, mais la mousse limite l’effet. L’ensemble est tout à fait contrôlable, bien qu’il faille revoir sa vitesse largement à la baisse. Le pneu ne sort pas de son logement, même avec une pression quasi nulle. Les mousses remplissent donc leur premier rôle qui est de pouvoir finir une course ou simplement rentrer chez soi. En pratique VTT engagée, au vue des basses pressions utilisées, l’intérêt des mousses permet également d’éviter les pincements. Un rôle secondaire peut être aussi évoqué : celui de préserver vos couteuses jantes en cas de chocs particulièrement violents, en particuliers à basse pression. J’ajouterai également un rôle psychologique, puisqu’en effet, les utilisant depuis en Gravel et VTT, savoir que l’on pourra sûrement rentrer (le fabriquant annonce 20 km) apporte un sentiment de tranquillité et peut se substituer à l’emport d’une chambre à air selon la sortie ou course envisagée.
Le poids est de 50 gramme pour 1 mousse de 40 mm, donc moins de 50 g pour le modèle gravel de 30 mm.
Sans le savoir, l’histoire de cette sortie « Dans la roue de Raoul Taburin » commence le 28 septembre 2018, à Florac, dans les Cévennes. À la veille de « La Stevenson » (1), après avoir déposé à la Salle des Fêtes communale, les victuailles pour le ravito et la nuitée-étape du lendemain soir, j’embarque dans le van Chilkoot, au Cri du Papillon, une drôle de monture à la robe bleue Gitane…
Quelques mois plus tard, au début avril 2019, comme dans un film de Claude Sautet, « Les choses de la vie » (2) me conduisent à parcourir le programme cinéma de la semaine à venir (ce que je fais très rarement d’ordinaire) et j’y remarque la séance de projection en avant-première – en présence du Réalisateur – du film Raoul Taburin à La Cigale de Cavaillon. Nous sommes en pleine semaine d’avant la « Reine des Classiques » (3) et alors que « de battre mon cœur » sur les pavés de « L’Enfer du Nord » (3) a déjà commencé, le souvenir d’un certain « Ghislain Lambert » (4) et d’une interprétation magistrale de ce « petit cycliste » par – déjà – l’immense Benoît Poelvoorde me font visionner sans attendre la bande annonce de ce « Raoul Taburin ».
Je ne sais pas faire de vélo …
Raoul Taburin – Sempé
« Je ne sais pas faire de vélo ! ». Tel serait donc le terrible secret de ce Raoul Taburin, marchand de cycles et mécanicien hors-pair d’un petit village de Province. Avec cette bande annonce et quelques clics plus tard sur la toile, je découvre que le film est une adaptation d’une bande dessinée de Jean-Jacques Sempé (5). Un peu comme on apprend à faire du vélo, on en apprend donc tous les jours, à moins que ce ne soit chez moi une lacune de culture à l’égard de cet immense dessinateur humoriste à qui l’on doit notamment les illustrations du Petit Nicolas. J’apprends aussi, ou plutôt découvre, que cette adaptation cinématographique de Raoul Taburin par Pierre Godeau (Réalisateur) et Guillaume Laurent a été tourné à portée de quelques tours de manivelles de mon Luberon, en Drôme Provençale et plus précisément à Venterol (pour incarnation du village de Saint-Céron) au Nord de Nyons et à Mollans-sur-Ouvèze (pour les scènes de l’atelier des Cycles Raoul Taburin), à l’entrée de la vallée des Baronnies.
Dès lors, « La bicyclette bleue » (6) Gitane du Cri de Papillon se rappelle à moi, et revient « comme un boomerang » (7). Consécutivement à sa restauration complète chez Road Art à Marseille (8) par Thomas Degert, puis à son exposition au restaurant Le Jardin du Quai (L’Isle-sur-la-Sorgue) à la veille du 4ème Tour du Vaucluse Historique (9), le Gitane Sprint 1978 (re)dort accroché au mur d’une dépendance, désormais aux côtés de mes Victoire, Bianchi, Cannondale et autre BMC…
La bicyclette bleue se rappelle à moi – photo Luc Royer
L’idée, ou devrais-je dire plutôt la curiosité d’aller découvrir et ressentir, en amont de la projection, les sites de tournage de ce Raoul Taburin qui s’apprête à débouler dans les salles et sur les écrans, me fait sortir la carte d’une région que je connais certes bien mais au final, après Nyons, « c’est le Nord ! » et je dois reconnaitre que je n’y ai jamais posé les roues…
De la Cigale à Venterol … et retour
Comme toujours devant une carte dépliée, je m’emballe tout d’abord. Choix quasi exclusif de petites routes sauvages et sinueuses, de cols et de panoramas, de détours, de gorges et autres villages perchés, mais très vite je mesure que le compteur kilométrique et le cumul de dénivelé positif s’emballent à leur tour… D’ordinaire, mes itinéraires transposés sur Strava ont pour objectif d’être parcourus au guidon d’un vélo moderne, voire d’un vélo à pignon fixe, aux matériaux et composants contemporains, légers, vifs et précis. Pour ce vendredi 12 (avril), pour cet avant-ride d’avant-première, le vélo sera tout autre. Son cadre est en acier, composé de tubes Reynolds 531. Sa fourche cintrée – en acier elle aussi – semble si frêle. Son cintre Guid est étroit et d’un confort tout relatif avec ses cocottes et leviers de freins Weinmann et ce malgré un ruban de cuir noir flambant neuf. Son pédalier Sugino Super Maxy est équipé de deux – énormes – plateaux respectivement de 52 et de 42 dents alors que la roue-libre/cassette Maillard n’offre que six – tous petits – pignons, de 14 à 21 dents… L’avant-ride doit donc rester raisonnable d’autant qu’un vélo de quarante ans d’âge, vieilli en garage, ne s’emmène et ne se pilote pas comme un vélo contemporain…
Dans la roue de Raoul Taburin – Le bonheur est dans la trace – photo Luc Royer
Je trace et retrace sur Strava, sur ces routes que je connais si bien au point d’en visualiser chaque courbe, chaque ondulation, chaque paysage. J’abandonne vite toutefois l’idée d’escalader à l’aller la côte – sadique – de Saumane (10) puis, plus au Nord, celle du Col de la Madeleine après Bédoin en retraçant tout droit, plus raisonnablement, par L’Isle-sur-la-Sorgue, Pernes-les-Fontaines, Carpentras et Le Barroux. Après Malaucène, au pied des 21 kilomètres de l’ascension Nord du Ventoux, je trace par la D13, Entrechaux et la D5 pour rejoindre Mollans-sur-Ouvèze et ainsi entrer dans la Drôme. Après viennent naturellement Faucon, Puyméras, Mirabel-aux-Baronnies, Nyons et enfin Venterol, le Saint-Céron du film, le village de Raoul Taburin. Je m’imagine déjà sur place, en terrasse du Café du Centre, pour un déjeuner mérité, le Gitane Sprint 1978 à robe bleue fièrement appuyé contre la fontaine… Quelle que soit la météo, à l’exception d’un rare vent du Sud, le retour devrait être plus facile, plus descendant, voire facilité par un « vent-arrière » en cas de Mistral. Valréas, ou l’Enclave des Papes, sa route touristique (du Tour du Vaucluse Historique 2018 (9)) pour rejoindre Saint-Maurice-sur-Eygues avant de traverser l’Ouvèze. Viendront ensuite Buisson, Roaix, Sablet, Gigondas et Vacqueyras dont les noms sonnent bon les Côtes-du-Rhône, et puis, dans la plaine, Sarrians, Monteux, Velleron et L’Isle avant de boucler la boucle devant La Cigale à Cavaillon. Verdict : 172 kilomètres et un dénivelé positif de 1641 mètres. Cela s’annonce comme une sérieuse solitaire puisque je n’ai pas réussi à enrôler d’autres cyclistes propriétaires de vélos des années 70-80. J’ai bien contacté Lino Lazzerini, ancien coureur et propriétaire d’une collection d’exception à Cavaillon (11) ainsi que Lionel Tartelin dit Ventouman (12) mais, ces derniers ne peuvent être du voyage dans les roues de Raoul Taburin. J’irai donc seul.
Le cliquetis mélodieux, unique, des vélos de mon enfance.
Inspiré, pour ne pas dire habité, par les quelques images de la bande annonce, je multiplie les photos « teaser » sur les réseaux sociaux en y associant divers accessoires d’une panoplie en partance. « Parce que l’on est des grands enfants, pour se sentir vivant, pour donner du sens à l’existence, on se raconte des histoires » (Pierre Gouyou-Beauchamps en voix-off dans le film de la Chilkoot Quest 2018). Maillot de laine Gitane, offert début avril par Lino à l’occasion d’une visite dans son « musée » personnel (qui mériterait tant des locaux et conditions de conservation à la hauteur de la précieuse collection). Paire de gants en tricot et cuir ainsi qu’une casquette Rapha. Une paire de chaussures Pantofola d’Oro L’Eroica, ramenée en octobre dernier par Thomas Degert de Gaiole in Chianti et de l’événement éponyme (L’Eroica) (13) et bien sûr, le Gitane Sprint 1978 aux freins réajustés par mes soins, à la selle ancienne remplacée pour l’occasion par une selle moderne Selle Italia afin d’assurer (au moins) un point de confort essentiel et aux roues Mavic MA contrôlées et retendues dans l’atelier du Culture Vélo de Cavaillon.
Afin de m’imprégner pleinement de l’histoire de Raoul Taburin, j’ai commandé le samedi précédent le livre originel de Sempé, dans une version livre-album, réédité (dans le cadre de la sortie du film) chez Denoël en mars 2019. Je réceptionne le mercredi précédent l’avant-ride, le précieux ouvrage à couverture et reliure bleue toilée à la Librairie de l’Étoile, au bout de ma rue. La lecture peut commencer et le dessin en double-page 48-49 me parle immédiatement tant il illustre le petit cycliste que je suis, doux rêveur et si souvent décroché à l’arrière des pelotons… Comme j’ai aimé Ghislain Lambert, je vais aimer ce Raoul Taburin.
Nous sommes mercredi 10 avril au soir, l’avant-ride est pour après-demain et j’entrevois par la fenêtre de ma chambre un ciel « bleu pétrole » (14). « L’orage a passé sur le village encore vide » (15). Quel temps fera-t-il vendredi ? Sur l’écran de mon iPhone, Météo France annonce une belle journée ensoleillée mais un Mistral de 20 à 50 km/h en rafales. L’aller, jusqu’à Venterol risque donc d’être à vent contraire…
Jeudi 11 avril. Une nouvelle journée d’attente, d’impatience mais aussi de trouille en regard du Mistral annoncé et bel bien levé. Toute la journée, il n’a cessé de commencer à boxer, crescendo, telle « La boxeuse amoureuse » (16). En tout début de soirée, le Mistral cale et un SMS de mon ami Loïc change la donne. Ce dernier m’exprime – photo de son superbe Peugeot Service Course vert à l’appui – son envie de participer à cette sortie vintage baptisée « Raoul Taburin Ride ». Un peu plus tard on s’appelle et convient de se retrouver le lendemain à 08 h 00 au Café de France, celui immortalisé par un cliché de Willy Ronis, à L’Isle-sur-la-Sorgue. Tard dans la nuit, Loïc a prévu de finaliser « son Taburin » en l’équipant notamment de porte-bidons qui lui font défaut.
Mon radio réveil marque 22:00. Nous ne sommes pas dimanche soir mais jeudi soir et j’entrevoie à travers les volets de ma chambre, les « Lumières dans la nuit » (17). En ce début de veillée d’armes, ce ne sont pas les envolées lyriques d’Édouard Baer mais bel et bien mon esprit qui tourne à plein régime. Itinéraire, liste des équipements à ne pas oublier, quelle sera demain la force du vent, arriverai-je à emmener les développements pour « costauds » du vélo jusqu’à cette Drôme si loin et si proche ? Serai-je suffisamment frais à mon retour pour profiter pleinement de la projection du film ? Comme à chaque veille de grosse sortie, cela surchauffe à l’étage et je peine à trouver le sommeil. Je pense à ce petit cycliste de Sempé, décroché, distancé, seul à l’arrière d’un peloton qui s’apprête à disparaitre à l’avant, aux confins de la feuille de papier. Je me rassure en me disant qu’au moins, à deux, il nous sera plus facile de lutter à l’aller contre un « Mistral gagnant » (18)…
Vendredi 12 avril. C’est le grand jour, celui auquel je pense depuis samedi dernier.
07:15. Me voilà avec mon Gitane sous l’affiche du film Raoul Taburin qui annonce l’avant-première de ce soir à 21 h 00. Il parait qu’on en parle dans le journal local, dans Vaucluse Matin… D’ici à cette projection, je m’offre le luxe d’un aller-retour de quelques 172 kilomètres en tenue d’époque (ou presque) au guidon d’un vélo de 40 ans. 40 ans, l’âge où en 2010, chassé de mon statut de « cadre sup » de la communication par une crise économique prétexte à toutes les restructurations (de primes pour les restants), j’ai commencé à renouer progressivement avec le vélo.
Après un premier « 200 » (19) à l’âge de 11 ans de Châtenay-Malabry (20) à Flée via la Beauce, après des années de « gravel » avant l’heure en Forêt de Verrières dans les années 80, après mes années « Vélo Vert » (21) en tant que stagiaire parmi les pionniers du VTT du tout début des années 90, après des années d’oubli aussi, j’étais certes revenu au vélo courant 2006 en faisant l’acquisition chez Cyclix à Cavaillon d’un Lapierre Scandium et en gravissant, quelques mois plus tard, à 36 ans et deux enfants, mon premier Ventoux, du poil aux jambes. S’en suivent quelques sorties du dimanche, quelques sorties aussi avec des collègues du bureau, mais rien de plus. Dix ans plus tard, à la fin février 2016, au soir d’une énième cérémonie protocolaire en Mairie de ma petite bourgade de province, je comprends qu’est venu le crépuscule de ma vie d’avant. J’ai touché le fond en tant que Pro, et il me faut trouver le rebond en tant qu’amateur. Ce rebond pour plus exactement ce second souffle viendra du vélo et des cathédrales, celles de la première « BTR » officielle, organisée début juin 2016 par Chilkoot de Vézelay à Barcelone…
En ce matin du 12 avril 2019, je n’ai plus de poil aux jambes et pourtant la transmission à douze vitesses de mon Gitane a le cliquetis mélodieux, unique, des vélos de mon enfance et de mon adolescence. Elle déroule « son même thème, sa chanson vide et têtue » (22), celle d’une chaîne qui roule sur les galets d’un dérailleur de la fin des années 70. Bien calé sur ma selle, une main sur le haut du guidon, je manœuvre régulièrement de l’autre main la manette du dérailleur arrière et l’ajuste à l’oreille, tout comme celle du dérailleur avant afin d’éviter tout frottement de chaîne. Filant droit et à bonne allure sur le plat le long de la ligne de chemin de fer en direction de L’Isle, la mélodie de la transmission agit telle une « madeleine de Proust ». Me revoilà, roue dans roue, avec mon grand frère, nos Peugeot demi-course lancés à pleine vitesse en Vallée de Chevreuse, parfois jusqu’à la fringale parce que nous ne pouvions nous empêcher de vouloir déposer un à un nos ainés du haut de l’impertinence et de la fougue de notre jeunesse…
Au café de France – photo Luc Royer
Au Café de France, à L’Isle-sur-la-Sorgue, c’est dans un concert strident de patins de freins secs que je retrouve Loïc, non pas au guidon du Peugeot annoncé mais à celui d’une superbe randonneuse Motobécane à robe vert clair. Alors que nous prenons la direction de Pernes, franchissant la Sorgue, nous assistons impuissants à l’agonie d’une canne qui vient probablement d’être percutée par une voiture. Son cou semble brisé et son compagnon à col vert suit la scène, paniqué, depuis le trottoir d’en face. Le cœur lourd, je pense à « Amour », (24) cette nouvelle d’une triste partie de chasse de Maupassant. Après la traversée de Carpentras, au sortir du hameau du Serres, nous attaquons « La longue Route » (23) ascendante vers Le Barroux et Malaucène et alors que je n’ai qu’une trentaine de kilomètres dans les jambes, je comprends que la journée sera longue. Je n’ai plus quinze ans, ni même vingt ans et le tout à gauche m’offre au mieux un 42/21… Difficile d’en garder sous la pédale surtout que Loïc est un cycliste bien plus « costaud » que moi.
Dans la roue de Raoul Taburin – Loïc est un cycliste bien plus « costaud » que moi – photo Luc Royer
J’appuie avec fermeté sur les pédales Kyokuto et peine à garder les chaussures bien calées à l’avant des cale-pieds à lanières de cuir (je ne cesse de penser à ces maudites cales que j’ai attendues toute la semaine en vain en provenance d’Allemagne et que je trouverai certainement ce soir dans ma boîte aux lettres…). La prochaine fois, j’équiperai les semelles de mes chaussures Pantofola d’Oro de ces cales rainurées pour pédales plates afin d’éviter cette perte d’énergie liée à de régulières et désagréables glissades des pieds vers l’arrière, hors des cale-pieds à lanières. Définitivement, nos pédales automatiques modernes ont du bon…
Dans la roue de Raoul Taburin – Mollans-sur-Ouvèze, vers l’atelier de Raoul Taburin Cycles… – photo Luc Royer
Viennent enfin la bascule et le village de Malaucène. Souvenirs sur place de départs du très estival et convivial Tour du Ventoux de Nuit (25). La poursuite se fait en descente, entre les platanes, avant de prendre à droite la D13 vers Entrechaux et Mollans-sur-Ouvèze, vers l’atelier de Raoul Taburin Cycles…
Dans la roue de Raoul Taburin – Le tournage dans ce village a été un grand moment – photo Luc Royer
Il est 10 h 15 quand nous faisons notre entrée dans Mollans-sur-Ouvèze. Après le pont de l’Ouvèze, Loïc ravitaille en eau à la fontaine. Nous trouvons facilement le vieux garage ayant servi pour le tournage des scènes de l’atelier du film Raoul Taburin. Quelques photos sur place et l’on se remet en route en direction de Mirabel-les-Baronnies via Faucon et Puyméras.
Dans la roue de Raoul Taburin – Le père Forton lui cédera son fonds de commerce – photo Luc Royer
Face à nous, nous découvrons la splendeur des terres et collines du vignoble de Vinsobres. André, un ancien collègue du Syndicat des Eaux nous offre le café à Mirabel. La route jusqu’à Venterol n’est plus longue, tout au plus une dizaine de kilomètres. Nous y serons donc, comme prévu, pour le déjeuner. Nyons derrière nous, Loïc s’élève sur « la plaque » (le dérailleur avant étant grippé par la rouille, il fera l’aller-retour sur le plateau de 48 dents) en direction de Venterol, splendide village tout en rondeur de la Drôme provençale.
Dans la roue de Raoul Taburin – Quelques photos devant une façade à la superbe glycine en fleurs – photo Luc Royer
Nous nous hissons jusqu’à la place et son Café, théâtres de très nombreuses scènes du film. Quelques photos devant une façade à la superbe glycine en fleurs et nous redescendons jusqu’au Café de la Poste pour un frugal déjeuner.
Dans la roue de Raoul Taburin – Une bière locale “Mange soif” et un repas frugal – photo Luc Royer
Alors que 14 h sonne au clocher de l’église de Venterol, après avoir pris la pose pour quelques « figougnes » au même endroit que différentes scènes du film Raoul Taburin, nous quittons Venterol pour notre trajet retour vers L’Isle et Cavaillon.
Dans la roue de Raoul Taburin – Vélo vintage
La D619 s’élève tout d’abord en direction de la Chapelle Sainte-Perpétue puis ondule et enfin descend jusqu’à Vinsobres. Nous voilà soudainement en pleine Eroica (13) tant les paysages nous font penser ici à la Toscane et à ses Strade Bianche bordées de vignes et de cyprès. Cette route des vins, entre Drôme et Vaucluse est une splendeur. Les villages de Villedieu puis de Roaix traversés, nous poursuivons notre dégustation à vive allure, bénéficiant d’un puissant vent arrière. Ce sont désormais les villages de Séguret, de Sablet, de Gigondas et de Vacqueyras, célèbres « Côtes-du-Rhône », qui nous offrent la saveur de leurs paysages. Les derniers kilomètres s’annoncent et nous offrent moins de saveurs. C’est plat. Sarrians, Monteux et puis Pernes. Vers 16H15, nous sommes à quai, en terrasse du Grand Café de la Sorgue à L’Isle-sur-la-Sorgue. Loïc s’en retourne en voiture vers Céreste et moi j’en termine avec les dix derniers kilomètres jusqu’à Cavaillon et le cinéma La Cigale.
Dans la roue de Raoul Taburin – Vélo vintage
Plus tard dans la nuit, au sortir de l’avant-première du film et alors que je marche vers chez moi à côté de mon « Taburin » (exposé avec deux autres dans la salle de La Cigale le temps de la projection), je repense à cette canne ensanglantée et forcément morte ce matin. Elle est morte comme est morte mon enfance, cette période de ma vie à laquelle je levais insouciant les bras au ciel, victorieux de courses imaginaires, champion d’un jour au guidon tour à tour d’un vélo vert à trois vitesses, puis d’un vélo blanc à 10 vitesses et aujourd’hui encore, alors que j’entrais dans Cavaillon au guidon de ce Gitane bleu à 12 vitesses. Et pourtant, depuis la vision le matin même de cette canne mortellement blessée, j’avais roulé tout le jour avec « ce sentiment affreux que tout était mort » (26).
Dans la roue de Raoul Taburin – Un livre dédicacé par le réalisateur et un ticket de cinéma rejoindront les souvenirs de cette belle journée – photo Luc Royer
J’avais rêvé de prendre la roue de Raoul Taburin pour percer son secret et je mesurais soudainement, à l’aube de la cinquantaine, alors que « personne, absolument personne ne sait ce qui va échoir à tel ou tel, sinon les guenilles solitaires de la vieillesse qui vient » (26), que je n’avais rien fait d’autre aujourd’hui que de prendre la roue de mes propres secrets et regrets…
Luc Royer
RAOUL TABURIN RIDE CAVAILLON – VENTEROL – CAVAILLON : 176 KM / D+ 1598 M – le vendredi 12 avril 2019
RAOUL TABURIN A UN SECRET Un film de Pierre Godeau (Sortie en salles aujourd’hui : le 17 avril 2019) Avec Benoit Poelvoorde, Édouard Baer et Suzanne Clément La bande-annonce officielle HD du film RAOUL TABURIN
Nos vélos en détail :
Gitane Sprint 1978 – Coloris Bleu Gitane
Gitane Sprint 1978 – Coloris Bleu Gitane
Cadre : Gitane en acier Reynolds 531 – Taille 56
Pédalier : Sugino (avec manivelles Super Maxy 170 mm) 52-42
Roue libre : Maillard 6 vitesses 12-21
Pédales : Kyokuto Pro VIC II Made in Japan
Cale-pieds : Christophe avec sangles de cuir Christophe
Leviers de Freins : Weinmann
Freins : Weimann
Guidon : Guid
Dérailleurs : Huret
Roues : Mavic MA 36 rayons
Pneus : Michelin Select Sport 700x20C
Tige de selle : SR Laprade
Selle : Selle Italia SLR Max Flow/
Motobécane – Coloris Vert
Motobécane – Coloris Vert
Cadre : Motobécane en acier – Taille 56
Pédalier : RFQ plateaux Simplex 48-36
Roue libre : 5 vitesses 16-21
Freins : MAFAC Racer
Potence : Pivo
Dérailleur AV : Huret Dérailleur AR : Svelto
Roues : Jantes SUPER CHAMPION 36 rayons / Moyeux Normandy
Pneus : Panaracer Gravel King 700×28
Garde-boues : Bluemels Club Special
Selle : Lampough Waterproof
Dynamo : Soubitez 6V 3W
(1) La Stevenson 2018 – LE PUY > ALÈS – À vélo sur les traces de Robert Louis Stevenson et de son ânesse Modestine (29-30 septembre 2018) – Un événement CHILKOOT (2) Les choses de la vie – Un film de Claude Sautet avec Michel Piccoli et Romy Schneider (1970) (3)PARIS-ROUBAIX – « La Reine des Classiques » cyclistes depuis 1896 (4) Le vélo de Ghislain Lambert – Un film de Philippe Harel avec Benoit Poelvoorde, José Garcia et Daniel Ceccaldi (2001) (5)RAOUL TABURIN – Un livre illustré de Jean-Jacques Sempé (1995) – Nouvelle édition « album » chez Denoël (Mars 2019) (6)LA BICYCLETTE BLEUE – Un livre roman de Régine Deforges (1981) et une série de trois téléfilms de Thierry Binisti (2000) (7)COMME UN BOOMERANG – Une chanson de Serge Gainsbourg (1975) (8)ROAD ART – www.road-art-13.com (9)TOUR DU VAUCLUSE HISTORIQUE – Un événement CHILKOOT (chaque début Novembre) (10) SAUMANE – Village et Château du Vaucluse où le Marquis de Sade passa une partie de son enfance (11) LINO LAZZERINI – un article de Patrick Van Den Bossche publié dans le magazine Cyclist N°13 (Juillet/Août 2018) (12) SUR LES PENTES DU MONT CHAUVE AVEC VENTOUMAN – Un article de Patrick Van Den Bossche publié dans le magazine Cyclist N°8 (Sept./Oct. 2017) (13) L’EROICA – une série annuelle d’événements de vélo vintage créée par Giancarlo Brocci www.eroica.it (14) BLEU PÉTROLE – Un album d’Alain Bashung (2008) (15) NICOLAS – Une chanson de William Sheller (1993) (16) LA BOXEUSE AMOUREUSE – Une chanson d’Arthur H (2018) (17) LUMIÈRES DANS LA NUIT – Une émission hebdomadaire d’Édouard Baer sur France Inter (Chaque dimanche soir à 22H) (18) MISTRAL GAGNANT – Une chanson de Renaud (1986) (19) 200 – Le Vélo de Route Autrement (comme 200 kilomètres) – Un magazine trimestriel édité par l’Agence Cinquième Colonne (20) CHÂTENAY-MALABRY – Une chanson de Vincent Delerme (2002) (21)VÉLO VERT – un magazine mensuel créé en 1989 et édité par Riverside Publications (22) HORS-SAISON – extrait d’une chanson de Francis Cabrel (1999) (23) LA LONGUE ROUTE – un livre de Bernard Moitessier (1971) (24) AMOUR – une nouvelle de Guy de Maupassant – LE HORLA (1887) (25) TOUR DU VENTOUX DE NUIT – Un événement CHILKOOT (26) SUR LA ROUTE – Un livre de Jack Kerouac (1957)
Au chapitre des nombreuses nouveautés de l’année, Smith nous annonce entre autres 2 nouveaux casques : le Forefront 2, évolution du modèle précédent et le Trace … C’est du VTT pour le Forefront et de la route pour le Trace : logique non !
Pour ceux qui comme nous aiment le gravel, ces 2 modèles peuvent très bien convenir pour notre pratique, l’essentiel pour un casque étant de nous protéger dans toutes les circonstances. On a testé ces 2 modèles : Philippe pour le ForeFront II, il est enduriste et pratique le gravel et moi ayant un profil plus routier, pour le Trace.
Un casque à suivre à la Trace
Trace, voilà un beau nom pour un casque de vélo ! … Smith, nous invite donc à suivre les cyclistes qui tracent la route, bien protégés par ce nouveau casque. Avec le beau soleil qui est revenu, j’ai eu envie de mettre de la couleur dans ma tête et sur ma tête. Le look de ce nouveau casque Smith Trace est parfait pour rouler en harmonie avec les genêts en fleurs, bordant les routes de Provence.
Casque Smith Trace en mode gravel – photo Bike Café
De la sécurité avant tout
On ne me demande jamais de pousser le test d’un casque jusqu’à son extrémité … heureusement. Ne comptez pas sur moi pour aller volontairement jusqu’au crash test pour vérifier la complète efficacité du produit. On va donc croire sur parole les concepteurs qui ont intégré les meilleures technologies pour sécuriser nos sorties vélo. Trace est doté du système de protection à l’impact multidirectionnel (MIPS®), qui réduit les forces de rotation appliquées sur le cerveau lors d’un choc transversal. Associée à la technologie MIPS, la doublure du casque est séparée de la tête grâce à un plan de glissement à faible frottement qui permet à la coque de coulisser par rapport au crâne lors de l’impact, réduisant ainsi les dommages potentiels sur le cerveau.
Confort et ergonomie
En escaladant le col de l’Espigoulier sous les premières chaleurs de printemps, j’ai pu apprécier le système AirEvacTM (exclusif à Smith) qui permet de libérer la chaleur et empêcher la formation de buée sur les lunettes.
Col de l’Espigoulier – Smith Trace en mode route – photo Bike Café
Côté performance ce casque confirme qu’il peut améliorer votre trace aérodynamique. Lors de tests comparatifs indépendants en soufflerie il est sorti vainqueur face aux casques les plus performants de sa catégorie en 2018. C’est celui qui a généré le moins de résistance à l’air confirmant qu’il possède de belles qualités aérodynamiques, facteurs de performance.
Côté confort Smith a pensé à tout : canaux de fixation latéraux pour les lunettes, réglage de la doublure haute performance antimicrobienne, compatibilité avec les systèmes de fixation pour éclairage.
Casque Smith Trace
J’ai apprécié le confort de ce casque, son faible poids (280 g en taille M) et son look à la fois décontracté et hyper technique avec ce ceinturage entier en Koroyd.
Pour l’avoir utilisé plusieurs étés, la différence avec un casque classique est sensible. Mais sans une aération bien pensée, la structure ne serait pas suffisante. Et les aérations sont bien présentes, judicieusement placées, le tout avec un design propre à la marque. Pour cette nouvelle version, l’aération est assurée par 7 entrées d’air (5 étant protégées par des inserts Koroyd, ce qui réduit légèrement le débit d’air). Un flux d’air est dirigée vers le bas de l’avant de la coque afin de créer une ventilation vers les lunettes pour lutter contre la buée. Ensuite l’air réchauffé sort par les 13 évents latéraux et arrières, dont un sans insert Koroyd expulsant ainsi plus d’air sommital.
Le ForeFront première génération
Ses plus : ventilation, confort, réglages.
Ses moins : visière montée sur ergots en plastique, sangles à l’arrière nécessitant un bon placement avant de mettre le casque, support pour masque rajouté (je dois dire que je j’utilise épisodiquement un masque en vtt).
Le ForeFront II
Casque Smith Forefront 2 – Smith a complètement redessiné son Forefront – photo Philippe Aillaud
Tout en gardant le même style, Smith a complètement redessiné son Forefront.
Ses plus : les mêmes que la version I, avec en plus une meilleure protection de l’arrière du crâne et du rocher (plus descendante et structure nid d’abeille), un enveloppement du crâne plus prononcé. La version testée est dotée de l’option Mips qui augmente encore la sécurité de vos chers neurones.
Casque Smith Forefront 2 – La visière montée sur vis propose 3 positions – photos Philippe Aillaud
Et les points négatifs ont été revus et corrigés ! La visière montée sur vis propose 3 positions permettant de rouler entre autres avec un masque haut sur le casque, chose très peu habituelle sur un gravel, une encoche calant la sangle du masque.
Un insert métallique, obturé par une cache en temps normal, permet de visser un support de caméra d’action (vendu séparément) sur le sommet de la coque. Ce support sécurisé est conçu pour se séparer du casque en cas de choc important…
À origine, un jeu de mousses supplémentaire était fournies, remplacées sur le II par une pochette souple de protection du casque. Même si les mousses sont disponibles auprès des revendeurs Smith, je préférais la première option.
Les améliorations possibles :
Fournir de base un jeu de mousses supplémentaires et des caches pour ceux qui souhaiteraient l’utiliser sans visière.
Ce casque clairement orienté vtt conviendra en gravel plutôt dans une environnement « hostile » :
Sur terrain technique où la chute est plus présente et risquée, dans les sentes à végétation foisonnante (visière).
Si vous êtes sensible au design spécifique de ce casque et sans sacrifier la technicité et la protection d’un couvre-chef,
Si vous voulez une protection maximale couvrant bien la base du crâne (partie la plus sensible aux traumatismes) et appréciez la présence d’une visière, ce casque est fait pour vous.
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