AccueilDécouvertesBikingMan IncaDivide 2026, 1200 km perdu dans les montagnes du Pérou

BikingMan IncaDivide 2026, 1200 km perdu dans les montagnes du Pérou

Pour être tout à fait sincère, il m’a fallu pas mal de temps pour débuter cet article. Plusieurs raisons à ça : déjà il me fallait « poser mes valises » physiquement, le temps de récupérer de l’effort et du décalage horaire. Ensuite, je pense que commencer à écrire allait marquer la fin de l’aventure et de l’état de déconnexion mentale qui va avec. Une sorte de retour à la réalité que je rejetais le plus longtemps possible.

Photo Benjamin Bodot

Je ne suis pas encore certain de bien réaliser ce que j’ai vécu. Mais, comme je l’ai dit à Axel (Axel Carion, l’organisateur des BikingMan) il y a peu, ce que je peux en dire et qui à mon avis résume bien la chose est que j’y ai pas mal pleuré. À la descente de mon premier col à 4000 m, face à l’immensité des montagnes enneigées qui s’offraient devant moi. Le deuxième col me fit le même effet, une claque. Mais aussi lorsque des Péruviens me couvrirent de couvertures, au coin du feu, après avoir essuyé une tempête de neige dans la descente vers Layo. À l’arrivée, assis dans ma chambre d’hôtel en réalisant que c’était fini, que j’avais bouclé cet IncaDivide 2026. Et enfin une dernière fois dans le taxi, m’emmenant à l’aéroport pour rentrer en France.

Ce fut beaucoup moins une course qu’une aventure. Et, je m’étais promis d’essayer de le vivre comme ça, en me détachant du classement et de la compétition. J’en garde un souvenir de déconnexion totale, de partage et d’accueil formidable des Péruviens. Et c’est avec des paysages, des visages, des saveurs et des odeurs plein la tête que je vais essayer de vous faire partager ça le plus sincèrement possible.

J’essaierai dans un prochain article de vous parler du Pérou en tant que destination de voyage à vélo. Car au-delà de cette course, je ne soupçonnais pas tout ce que ce pays a à offrir.

Photo BikingMan

Mardi 18 août, les vérifs

Après quelques mois de stress et de réveils nocturnes (désolé ma chérie), m’y voilà enfin, au départ de l’IncaDivide. Moment que j’ai autant espéré qu’appréhendé. Cela fait maintenant quatre jours que je suis arrivé pour m’acclimater à l’altitude. Habitant à 30 m au dessus du niveau de la mer, une course annonçant une dizaine de cols à plus de 4000 m dont un passage à 5200 m ne se prend pas à la légère. Certains participants sont là depuis plus de 10 jours et d’autres encore plus malins ont profité de chambres hypoxiques pour se préparer. Urubamba, la ville de départ, au cœur de la vallée sacrée des Incas, se situe à 2870 m, et les effets de l’altitude se font déjà bien sentir. Les premières nuits sont difficiles et le moindre effort se paie cash. Faire le malin et monter la dernière côte vers l’hôtel pleine puissance n’est pas bon pour l’ego, j’ai testé pour vous.

Interview avec Laurianne Levasseur et Pierre Rolland pour la vidéo Prologue du BikingMan – Photo BikingMan

Réunion de famille

Au risque de répéter ce que j’ai déjà écrit dans mes récits des BikingMan Maroc 2025 et 2026, aller sur une épreuve BikingMan c’est retrouver une famille. Après quatre épreuves, j’y retrouve des gens que je connais depuis des années et que j’apprécie, participants comme organisateurs. Cette fois-ci la famille s’élargit avec la présence des cousins brésiliens. Depuis quelques années maintenant, Vinicius Martin a développé une branche sud-américaine du BikingMan qui organise quatre épreuves au Brésil. C’est une organisation mixte qui est aux commandes de cet IncaDivide. Une présence chaleureuse qui apporte des notes samba à la playlist musicale.

La trace !

Ou le sujet de toutes les conversations et de toutes les craintes.

La trace – Illustration BikingMan

1200 km pour 24000 m de dénivelé. Une dizaine de cols à plus de 4000 m, dont le passage sur l’Ausangate à 5200 m, soit 400 m de plus que le Mont Blanc. C’est du sérieux. Je peux difficilement vous en dire plus à ce stade, c’est la découverte totale pour ma part, et c’est peu dire que je panique. Puis, pour ne rien gâcher, malgré la saison sèche, il pleut abondamment aujourd’hui.

La pluie ! – Photo BikingMan

Atteindre de tels sommets n’est pas anodin et plusieurs règles de sécurité ont été mises en place. L’ascension de l’Ausangate au départ de Marcapata ne sera autorisée qu’entre 3 h et 10 h du matin afin d’éviter d’être au sommet de nuit sous des températures de -15 degrés. Des bouteilles d’oxygène et des caissons hyperbares sont déployés dans les voitures d’organisation en cas d’urgence médicale. Enfin, le mercredi 19 août sera l’occasion d’un prologue non chronométré de 110 km et 1800 m nous emmenant à 3800 m. Cela pour tester notre acclimatation. Un test de saturation sanguine et un questionnaire médical à l’arrivée de ce prologue seront obligatoires pour prendre le départ de la course le lendemain.

Le grand écart des vélos au départ

Les vérifications sont toujours l’occasion de scruter et de comparer les choix des autres participants. Et, cette fois-ci c’est véritablement le grand écart. Les vélos qui défilent vont du gravel race au VTT, des pneus de 40 mm à profil lisse comme du 29″ de plus de 2″ de section garni de généreux crampons. Des montages très légers sous les 15 kg jusqu’aux baroudeurs à près de 25 kg. Les choix varient fortement suivant les stratégies de chacun, les estimations de temps de course et surtout des peurs, du froid, des casses, de l’inconnu.

C’est effectivement l’inconnu pour tout le monde. Malgré que tous soient des vétérans ayant déjà participé à des BikingMan, très peu connaissent le terrain. Il faut aussi dire que les chiffres ne sont pas les mêmes. La distance et le dénivelé restent assez proches d’un BikingMan « classique », mais avec plus de 50% de piste (ce sera plus), l’altitude et des températures annoncées entre -5 et 40 degrés. Le calcul est bien différent. Lorsque je boucle une épreuve au Maroc en 60 h, Axel m’annonce le double pour terminer ici. Quand je dors une heure par terre au bord de la piste au Maroc, c’est un hôtel qu’il me faudra pour tenir les jours restants. L’équation n’est plus la même et nous voilà tous débutants.

La vidéo de présentation de quelques vélos au départ reflète parfaitement cette diversité.

Ma configuration

Comme vous pouvez le voir dans cette vidéo, je me place encore une fois du côté conservateur du spectre avec un chargement plutôt conséquent. Tout de même réduit de 3 kg après les vérifications, soit un poids total de 22 kg sans eau. Sur les conseils d’Axel et face à la rudesse du terrain, j’ai fait le choix d’un monster gravel en titane. C’est un beau Chiru Fukai qui va m’accompagner, un vélo tout en titane développé par Pierre-Arnaud Le Magnan pour affronter la Rhino Run et les pistes désertiques et montagneuses de la Namibie. Une géométrie tolérante et permissive chaussée d’une paire de généreux pneus de cross-country Maxxis Aspen en 29″ x 2,25″ et d’une transmission courte. Un montage qui devrait se comporter à merveille dans les montagnes péruviennes. Je vous en ferai mon retour en fin de cet article.

Photo BikingMan

Pour l’équipement, quelques modifications et ajouts par rapport à ma configuration marocaine (détaillée ici). Un jeu complet de bagagerie Tailfin prend place sur mon vélo, avec une capacité d’emport de plus de 35 litres. Du matériel qualitatif, solide et d’une facilité d’usage sans pareille, que je vous présenterai bientôt dans un article dédié.

Ma monture – Photo Benjamin Bodot

Pour le textile, une fois rangée l’indispensable doudoune en plume, c’est tout habillé par Ekoi que je prends le départ. La marque fréjusienne m’a fourni tout le matériel nécessaire à cette aventure. Cet IncaDivide fera office de test grandeur nature pour leur équipement, dont je vous ferai un retour détaillé dans un prochain article. J’en profite pour remercier à nouveau Tom, Alexandre et l’équipe du showroom pour leur disponibilité et leur aide. Petit « spoiler« , je n’étais guère serein de partir sur une si longue distance avec un cuissard jamais testé. Ce fut une excellente surprise, aucune douleur ni brûlure après cinq jours !

Tout mon équipement Ekoï – Photo Benjamin Bodot

Mercredi 19 août, le prologue

Photo BikingMan

C’est une « petite » mise en bouche qui nous attend ce matin. 110 km pour 1800 m d’ascension nous menant à 3800 m d’altitude. Un galop d’échauffement pour tester l’adaptation du corps à l’altitude. J’oscille entre nervosité et impatience derrière la ligne de départ.

Photo BikingMan

À 7 h, la banderole tombe et nous partons en cette fin de nuit salir nos vélos dans la boue. En effet, après plus de 20 h de pluie, c’est la gadoue qui nous attend dès les premiers kilomètres et nos belles montures perdent vite de leur superbe. Au contraire de certains concurrents, pas de soucis d’adhérence ou de bourrage, mes gros pneus à tétines et mon cadre aux larges dégagements m’assurent une sérénité totale.

Edwige, Gregory et Pascal – Photo Benjamin Bodot

Pas de chrono, pas de pression, je préfère cheminer sagement et profiter de la route. J’en profite pour discuter avec quelques autres coureurs. Je retrouve notamment Edwige Pitel et Gregory Cassini que je croise régulièrement sur des courses et avec qui je ferai un bout de route. Voilà aussi Eddy Guichard, mon malheureux acolyte du Maroc 2025, que je suis content de retrouver ici.

Avec Edwige et Gregory – Photo BikingMan

C’est donc sur un rythme tranquille que j’arriverai à Urubamba après un peu plus de 5 h de route. Test de saturation sanguine et questionnaire médical validés. Je file laver mon vélo avant de refaire mon chargement pour le grand départ de demain.

Jeudi 20 août, le départ…

Peu avant le départ – Photo BikingMan

À 5 h du matin aujourd’hui le départ sera donné. 4 h 30, le petit-déjeuner est plutôt pensif, je me demande ce que je peux bien faire là et si un lit moelleux ne serait pas un meilleur choix pour cette journée. Il fait froid et la nuit est encore bien noire. C’est couvert de la tête aux pieds que je me rends sur la ligne de départ.

Photo BikingMan

Je me répète encore qu’il faut être complètement idiot pour faire ça, qu’un canapé et une bière sont une optique de vie bien plus enviable. Quel sport de crétin… À l’heure pile, les fauves sont lâchés et tout le monde s’élance. Nous traversons Urubamba dans la nuit et filons dans le faux plat descendant qui nous mène vers la première ascension.

En avant ! – Photo BikingMan

Notre premier 4000 m – 4400 m exactement – nous attend quelques dizaines de kilomètres plus loin. Un sacré morceau, 33 km pour en gravir les 1600 m.

Photo BikingMan

J’attaque au petit train, laissant les motivés partir devant. Le soleil commence à apparaître au milieu de l’ascension et vient enfin réchauffer les deux degrés ambiants. La montée continue et la barre des 3500 m est passée.

Je retrouve Eddy arrêté sur le côté. Mon regretté camarade du Maroc est malade et souffre fortement de l’altitude. Après 10 minutes à ses côtés, je reprends la piste pour enfin arriver au sommet.

Photo BikingMan

La fin est difficile, l’oxygène se fait rare et j’ai l’impression que l’on m’appuie sur la gorge, comme si le col de mon maillot était trop serré. Là-haut je retrouve Axel qui nous attend. J’enfile ma doudoune et mes gants longs tout en discutant avec le chef avant de m’élancer dans les longs kilomètres de descente.

La première descente – Photo BikingMan

Les sommets enneigés se dressent devant moi, c’est la claque, inattendue. Je réalise que j’y suis enfin, dans ces hautes montagnes péruviennes que j’imagine depuis des mois. Je me mets à pleurer sans même m’en rendre vraiment compte. 70 km et 3 200 plus bas, c’est le grand écart, je me retrouve aux portes de l’Amazonie, la température a grimpé à près de 35 degrés et l’humidité est forte.

L’Amazonie – Photo BikingMan

La piste enchaîne des petites bosses rapides et des passages de gués. Je m’amuse et profite du vélo qui répond parfaitement pour enchaîner ainsi jusqu’au premier checkpoint.

Photos Benjamin Bodot

La forme est bonne, il est 16 h et je pense repartir assez vite. Je retrouve Fred Chappelle dévorant un hamburger et Laurianne Levasseur accroupie devant son vélo. Le moral n’est pas très bon, ses sacoches ont les sangles cassées et elle a tordu sa patte de dérailleur sur une petite chute.

Mécanique avec Laurianne – Photo BikingMan

Je l’aide à réparer puis nous repartons ensemble vers le prochain village à 30 km de là.

Laurianne les pieds dans l’eau – Photo Benjamin Bodot

Nous arrivons à Colca à 18 h 50 et rejoignons assez vite le seul hospedaje (petit hôtel local) du village. Après un bon repas chaud, chacun rejoint sa chambre pour cette première nuit de course. Déjà, ou plutôt seulement, 218 km de fait. Ça va être long cette histoire.

Photo Benjamin Bodot

Vendredi 21 août, deuxième jour de course

Trois heures du matin, je quitte les draps licorne de mon lit pour retrouver mon vélo. Le programme du jour est copieux avec un premier col à 4 560 m.

Première nuit – Photo Benjamin Bodot

En sortant de ma chambre, je vois que Laurianne est déjà partie. Je ne le sais pas encore, mais je ne la reverrai plus de la course. La lionne s’est réveillée, elle a attaqué toute la nuit pour remonter une bonne dizaine de coureurs et pointer en 4ᵉ position, impressionnante. L’ascension est longue, à 8 h du matin le soleil pointe enfin derrière la montagne et m’apporte un peu de chaleur.

Photo Benjamin Bodot

Arrive alors Edwige, elle a passé la nuit au CP1 et elle est partie dans la nuit. Nous discutons 5 minutes et, sans réussir à tenir son rythme, je la laisse filer devant moi.

Au revoir Edwige – Photo Benjamin Bodot

Un peu plus loin je rejoins Aline Labourdère (Aline qui mouline !), pneu arrière crevé, rayon cassé et dérailleur en vrac. Fidèle à sa bonne humeur habituelle, elle en rit et s’occupe de réparer ça tant bien que mal pour pouvoir filer à la prochaine ville en quête d’un atelier. Sa pompe est cassée elle aussi, je lui prête la mienne, le temps de trouver le trou dans la chambre à air qui subit déjà sa deuxième crevaison.

Aline à la recherche de sa crevaison – Photo Benjamin Bodot

Je l’abandonne à son sort pour finir l’ascension et basculer enfin.

Photo Benjamin Bodot

La descente suivante est un bonheur, une piste large qui serpente pour me plonger à nouveau dans la forêt. Petit souci, mon frein arrière fait des siennes et il me faut pomper plusieurs fois à chaque freinage, une purge approximative sans doute.

Photo Benjamin Bodot

J’arrive en bas et rentre dans le village à la recherche d’un petit-déjeuner. C’est là qu’Edwige me hèle du bord de la route. Tranquillement assise et dégustant un sandwich à l’œuf. Je la rejoins et fais de même, deux sandwichs à l’œuf pour ce petit-déjeuner. Du plaisir en barre, le soleil nous réchauffe paisiblement, on est bien là, sur notre banc, au fin fond du Pérou. Et, pour prolonger ce bonheur matinal, Edwige me partage sa tarte aux pommes qu’elle promène depuis 2 jours. Que demander de plus ? Repu et motivé, je repars ensuite avec elle pour à nouveau la laisser filer devant moi.

13 h 50, j’arrive à Calca, dernière ville avant les 1400 m de montée vers un nouveau col à 4000 m. Je m’arrête dans un petit restaurant au bord de la route et je prends le temps de manger un vrai repas complet. Soupe de quinoa, riz, poulet et me voilà lesté pour enchaîner la grimpette suivante.

Photo Benjamin Bodot

Court single avant de rejoindre une large piste terreuse qui serpente dans la montagne. Il fait chaud et le moral n’est pas très bon, j’ai l’impression d’être collé. Finalement, j’y reviens, un canapé et une bière calé devant la télé, c’est peut-être mieux. Qu’est-ce que je fais là, à pédaler dans la chaleur, à plus de 10000 km de chez moi ?

Photo Benjamin Bodot

Il faudra attendre la bascule pour retrouver un peu de motivation, la descente est belle, rapide, elle virevolte à flanc de montagne et la température est bien meilleure. La nuit est tombée et je vois devant moi des feux qui s’agitent. J’accélère un peu et retrouve Fred et Edwige. Je ne suis pas seul avec mes problèmes de frein, le vélo d’Edwige couine et ses deux freins lui posent des soucis.

Challabamba – Photo BikingMan

Nous arrivons tous les trois à Challabamba vers 20 h 30 et tournons plusieurs fois dans la ville avant de trouver notre hôtel. Une grosse assiette de poulet accompagnée de frites et de riz, une douche rapide (merci Fred pour le gel douche) et au lit. 190 km aujourd’hui, la moyenne n’est pas folle.

Samedi 22 août, direction Marcapata

Trois heures du matin, réveil difficile, la fatigue commence à s’accumuler. Le yaourt à boire et les biscuits achetés hier soir font mon petit-déjeuner. Le but du jour est de passer le CP3 d’Ocongate à 95 km et rejoindre Marcapata avant la nuit, 65 km plus loin. L’organisation n’autorise l’ascension de l’Ausangate à 5200 m au départ de Marcapata qu’entre 3 h et 10 h. Je souhaite donc rejoindre Marcapata ce soir pour attaquer l’ascension dès 3 h demain. C’est encore endormi que je reprends la route ce matin. La sortie du village dans un pétard à 15 % va vite me réveiller et me faire ôter doudoune et jambières que j’avais enfilées 15 minutes plus tôt. La nuit est noire et je chemine dans la forêt en traînant ma faible motivation.

Photo Benjamin Bodot

Le soleil viendra un peu réchauffer tout ça, mais sans grande efficacité. Peu avant midi je rejoins enfin Ocongate, après la solitude de la forêt le décalage est total, c’est l’effervescence. Des fêtes se préparent dans toute la ville, du bruit, des couleurs et du monde tout autour de moi.

Photo BikingMan

Je ne me sens vraiment pas à ma place avec ma tête de Droopy et mon vélo poussiéreux. Trois allers-retours dans la rue principale avant de trouver l’entrée du CP2 masquée par la foule de la fête foraine voisine. Fred est déjà là, contemplant sa lessive séchant au soleil. J’y retrouve aussi avec plaisir Sophie, l’une des Race Angels que je croise depuis mes premières courses, ainsi que Fred, dont c’est la première fois. Je pose mon vélo et vais vite commander un repas. J’en profite pour faire le tour de ma machine et constate que mes plaquettes avant sont à changer.

Changement de plaquettes – Photo Benjamin Bodot

Mon frein arrière, quant à lui, pointe toujours aux abonnés absents. Arrive alors Edwige, elle aussi toujours en prise avec des freins capricieux. Nous jetons un œil à son problème pour découvrir que son étrier avant suinte l’huile. Cela goutte au niveau de la vis de purge et tout l’étrier est gras, difficilement réparable ici malheureusement. Nous mangeons ensemble en scrutant l’inquiétante météo. De la neige est annoncée en altitude, ce qui augure le pire pour le passage de l’Ausangate demain matin. 14 h, je me décide finalement à repartir pour finir les 65 km vers Marcapata, et surtout passer le col à 4750 m qui m’en sépare. 38 km et 1250 m m’attendent paisiblement. Je pars à petit rythme en regardant les nuages devant moi, une petite pluie fine m’accompagne…

Photo Benjamin Bodot

Quelques kilomètres plus loin je retrouve Fred sous un abri de planches, un début de grêle l’a fait se réfugier précautionneusement. Je le rejoins pour me couvrir de mon équipement étanche alors que la pluie s’intensifie. Sur le point de repartir, c’est Jorge Soncco que nous voyons arriver, il nous salue, tout souriant, en cuissard et maillot courts sous la pluie. Le local de l’étape nous fait bien comprendre que nous ne sommes pas vraiment à notre place. Retour sur le bitume, les paysages changent progressivement pour un environnement très alpin. Si ce ne sont les troupeaux d’alpagas le long de la route, on se croirait dans les Alpes. Fred a filé devant moi et je pompe tranquillement sur mes pédales en regardant les kilomètres défiler sur mon GPS. La pluie a cessé et Marcapata se rapproche.

La barre des 4000 m est franchie et je commence vraiment à avoir du mal à avancer, j’alterne la marche et le pédalage et regarde le sommet avec insistance. Cinq kilomètres me séparent encore du sommet et je décide de finir à pied. Voilà Edwige qui pédale à petit train, elle me rejoint dans cette fin d’ascension qu’elle supporte bien mieux que moi. Enfin la bascule, je suis épuisé. La nuit est tombée et une brume humide couvre la montagne. 25 km de descente nous attendent et c’est moyennement sereins que nous dévalons tous deux le bitume détrempé avec nos freins récalcitrants.

Trop de neige, trop dangereux, nous ne verrons pas l’Ausangate.

Enfin Marcapata ! Nous dégotons un hospedaje en plein centre-ville où nous retrouvons justement Axel, David et Franck de l’organisation. Ils sont plutôt inquiets de la météo et nous expliquent que les derniers à être passés aujourd’hui ont mis plus de 10 h pour rejoindre Phinaya, seulement 60 km devant nous, rassurant. Sur ces paroles peu réconfortantes, nous partons à la recherche d’un repas chaud. C’est attablés que nous recevrons le message annonçant que nous allons être détournés. Le passage sur l’Ausangate est définitivement trop dangereux avec la neige. À 3 h demain matin, un bus nous ramènera au CP2 d’Ocongate. Edwige est déçue, personnellement je suis plutôt rassuré. Pousser le vélo dans la neige m’enchantait déjà moyennement, mais en considérant mes difficultés en altitude, je craignais vraiment la très grosse galère.

Dimanche 23 août, quatrième jour

Encore des licornes – Photo Benjamin Bodot

2 h 30, je quitte mes draps licorne (encore une fois) pour charger mon vélo sur le bus qui me ramène vers Ocongate avec 12 autres concurrents.

Chargement des vélos – Photo BikingMan

Une sieste plus tard, nous voilà tous à nouveau au CP2 pour nous joindre au petit-déjeuner de ceux y ayant passé la nuit. À défaut de pistes à plus de 5000 m, c’est du bitume qui nous tend les bras vers le CP3. Difficile de remonter sur le vélo après cette coupure, la motivation n’est pas folle et il me faut véritablement me forcer. 5 h 30, je prends la route, le soleil arrive doucement et ma vitesse, bien supérieure à celle des jours passés, me remonte peu à peu le moral.

Photo BikingMan

Premier col et voilà à nouveau Edwige qui me dépasse, toujours aussi à l’aise, je vais lui crever les pneus à force ! Un beau bitume m’attend dans la descente sous un soleil radieux, une fois en bas je m’abrite dans les prolongateurs et profite de la vitesse et des kilomètres qui défilent bien plus vite que ces derniers jours. Un réconfort de voir le CP3 approcher si vite.

Photo Benjamin Bodot

Je double Aline et vois Edwige devant moi arrêtée sur le côté de la route. À bout de nerfs, ses problèmes de freins se sont accentués et elle s’est fait peur plusieurs fois dans la descente. Sur le point d’abandonner, j’essaie de la motiver à rejoindre au moins le CP3, plus très loin devant nous, avant de repartir. J’arrive à Sicuani à 15 h, je fais pointer mon carton et file prendre un bon repas au restaurant juste en face.

Photo Benjamin Bodot

Il me reste encore du temps avant la nuit et je décide de rejoindre Layo à 50 km de là. 50 km mais ponctués d’une belle piste grimpant de 1000 m vers un nouveau col à 4500 m, un de plus ! Après quelques kilomètres de route, je bifurque enfin sur cette piste qui serpente dans la montagne, la pente n’est pas trop importante et l’ascension se passe plutôt bien.

Photo Benjamin Bodot

J’arrive au sommet vers 16 h 30, il fait encore jour et il ne me reste que 16 km pour arriver à Layo. Une formalité, si ce n’est que le vent et le froid m’attendent dans cette descente et me forcent à me couvrir chaudement. Pour ne rien gâcher, c’est la neige qui s’invite maintenant, je m’arrête à nouveau et enfile encore une couche supplémentaire avant de repartir.

Les premiers flocons – Photo Benjamin Bodot

La neige s’intensifie et me recouvre petit à petit les bras et le casque. Je suis obligé d’enlever mes lunettes qui se couvrent au fur et à mesure et dois plisser les yeux pour distinguer la piste devant mes roues. C’est dur, très dur et je commence vraiment à avoir froid. Les premières habitations apparaissent enfin et j’entre dans Layo frigorifié. J’arrête le premier Péruvien que je croise sur mon chemin et lui demande l’adresse de l’hôtel le plus proche. Ce bon samaritain m’accompagne à l’hospedaje d’un de ses amis. Devant le portail, je me mets à trembler sans pouvoir me maîtriser, je suis en hypothermie et j’arrive difficilement à tenir mon vélo. Mes hôtes m’installent vite au coin du feu qui crépite dans la cour et me couvrent de couvertures. Je suis gelé, tremblant de partout et arrivant à peine à parler.

La tête dans les mains, je me mets à pleurer.
Je suis tout petit, tellement loin de chez moi au coin de ce feu.

Il me faut 30 minutes avant d’arriver à me lever pour qu’ils m’accompagnent vers une chambre chaleureuse où un lit douillet me tend les bras. Une pelletée de bonheur à travers la gueule. Je me déshabille et me blottis au fond du lit sous les épaisses couvertures. La chaleur m’envahit quand quelqu’un toque à la porte, c’est un maté de coca qu’ils m’apportent. Je les remercie cent fois et profite de chaque gorgée avant de m’endormir vers 18 h 30.

Une heure plus tard, je suis réveillé par mon GPS qui sonne. J’essaie de le mettre en veille mais l’écran est figé et aucun bouton ne fonctionne. J’arrive finalement à le redémarrer, en vain, l’écran se fige à nouveau et je ne peux rien faire, la neige a eu raison de lui. La navigation demain devra se faire au téléphone, il va me falloir être prudent et bien anticiper mes batteries.

Lundi 24 août, soyons prudent

Trois heures du matin, la nuit fut très bonne et je me sens en bien meilleure forme. Mon GPS est bien fichu et je vais devoir faire la navigation avec l’application maps.me installée en secours sur mon téléphone. Il me faudra faire attention pour économiser ma seule powerbank entre mon phare et mon téléphone. Il me reste 300 km à parcourir et je décide par précaution de couper la distance pour viser Rondocan comme objectif du jour. À 175 km, c’est le dernier village avant Cusco, 50 km, et encore un col à 4000 m, plus loin. Je laisse largement de quoi payer ma nuit sous ma tasse de maté vide et reprends la route. La fin approche et mon moral est très bon, j’avance sur le bitume dans le noir et commence à envisager l’arrivée de demain.

Photo Benjamin Bodot

Lorsque le soleil apparaît, je décide de m’arrêter dans un village pour profiter d’un bon petit déjeuner. Je choisis un stand de rue où une vingtaine de locaux prennent leur repas. Trois sandwichs à l’avocat ainsi qu’un grand matcha de quinoa bien chaud. Je profite du soleil tranquillement et engloutis trois sandwichs au fromage de plus. C’est parti, mon objectif n’est pas si loin, tout va bien.

Pause repas – Photo Benjamin Bodot

Toute la matinée je longe les différents lacs garnis de flamants roses de la plaine. Le vent de face ralentit considérablement ma progression mais je tiens bon.

Au détour d’un village, voici Natalia et Patrice, journaliste et photographe de l’organisation, qui surgissent d’un parking. Je discute avec eux et leur raconte mes déboires de la veille.

Photo BikingMan

Retour sur le bitume, il fait chaud, la vue est incroyable et la route est déserte. Longue descente pour Acomayo où j’arrive peu avant midi, trop tôt pour les restaurants qui bordent la route. Je m’arrête à la dernière boutique avant le col qui me sépare de mon objectif du jour et j’y retrouve un duo de Brésiliens très sympathique. Je vois que pour eux aussi le moral est bon et que tout le monde sent l’écurie approcher. Quatre paquets de gâteaux et du chocolat et me revoilà sur la route. Le chocolat disparaîtra tout de suite et deux paquets de gâteaux m’accompagneront dans cette ascension.

Photo Benjamin Bodot

C’est tranquillement et à petit rythme que j’atteindrai le sommet après 2 h 30 de pédalage pour basculer dans la dernière descente vers Honducan. Du moins ce que je crois, je me suis trompé et j’ai raté une bifurcation. La navigation avec le téléphone n’est pas évidente et je dois faire demi-tour pour remonter sur 2 km. Retour au sommet et voila une voiture d’organisation avec Natalia, Patrice et Didier à qui j’explique mes soucis de navigation.

Avec Natalia et Didier – Photo BikingMan

Je peux enfin descendre vers Honducan par le bon chemin, une piste à flanc de montagne incroyable, la vue est vertigineuse, c’est magnifique.

16 h 30, m’y voilà. Il est tôt et je suis encore en forme, mais je préfère rester ici pour ce soir. Cusco est à 50 km, après un long col, et mon téléphone consomme 10 % de batterie par heure en faisant la navigation. Ma powerbank est déjà bien entamée et je ne tiendrai pas la nuit entre mon phare et mon téléphone.

Je tourne un peu dans la ville à la recherche d’un lit pour ce soir avant de voir l’hospedaje discret sur la place principale. Sur cette même place, j’y retrouve un concurrent brésilien, la dernière descente l’a bien entamé et il masse ses douleurs cervicales avant de reprendre la route. Après une rapide discussion à l’aide de google traduction, il repart. De mon côté, c’est l’épicerie du coin de la rue qui sera mon objectif pour m’offrir un gros morceau de fromage et trois petits pains. Je prendrai ce repas bien installé sous le soleil en attendant l’ouverture de mon hospedaje du soir.

Mon dîner – Photo Benjamin Bodot

À 18 h, je découvre ma chambre, pas de licornes cette fois-ci mais un beau drap éléphant pour m’accompagner cette nuit. De son côté, mon vélo partage sa nuit avec une bonne centaine de cochons d’Inde de la ferme voisine. L’animal est considéré comme un repas de choix au Pérou.

Mardi 25 août, 125 km pour Urubamba

Trois heures du matin cette fois encore, mais pour la dernière fois ! Je me lève et dévore l’un des paquets de gaufrettes qu’il me reste avant de m’habiller pour ce dernier jour. Dans le noir, je traverse la rue pour aller chercher mon vélo. Portail fermé. Fuck ! Je m’étais assuré auprès de mes hôtes que cela reste ouvert pour pouvoir partir dans la nuit. Je tambourine au portail, ce qui réveille les chiens qui se trouvent derrière, qui se mettent à aboyer pour finalement réveiller tout le voisinage. Un vieil homme voûté finit par surgir derrière moi. En baillant, il m’ouvre le portail et me regarde enfourcher mon vélo sous les cris des cochons d’Inde dans les cages voisines. Départ en fanfare pour ce dernier jour !

Je sors du village tout penaud et plonge dans la nuit. J’ai perdu hier mon feu arrière et fixe ma frontale sur l’une de mes sacoches arrière pour être visible.

Photo Benjamin Bodot

Dernier col à plus de 4000 m de l’aventure, la fin approche. C’est une longue ascension qui m’attend, la piste s’enroule doucement dans la montagne sans jamais finir. Par deux fois des locaux en pick-up me proposent de m’emmener et c’est avec peine que je refuse. La navigation au téléphone fonctionne plutôt bien, mais je ne sais pas combien de kilomètres me séparent du sommet et chaque virage me laisse espérer la fin.

La bascule – Photo BikingMan

Une chapelle perdue marque la fin de la difficulté et la descente vers Cusco. 20 km pour dévaler 1000 m. Je ne comprends pas les messages sur le groupe whatsapp de la course annonçant une descente difficile. La piste est propre, large et ça descend vite. Je reste prudent avec mon seul frein avant. Après quelques kilomètres, je commence à comprendre ces messages et à mal supporter les chocs qui s’intensifient à mesure que je descends.

Photo BikingMan

Le terrain est miné et mes avant-bras commencent à souffrir. Une fois en bas, je pense être à bout des vibrations pour découvrir un véritable champ de bosses en terre sèche. Une dernière séance de marteau-piqueur avant de rejoindre le bitume de la ville. Il est 8 h et la circulation est importante. Dépaysement total après des jours perdu dans la montagne. Je galère encore avec la navigation sur le téléphone et me retrouve sur la voie rapide au milieu des voitures. La trace à suivre est un trait fin rouge quand les routes sont en trait large orange, pas évident. Je ressors vite de là et finis la traversée de Cusco sous les klaxons. Il me reste 70 km et un petit col de 500 m pour finir. Petit col, mais dont le début tape droit dans les courbes de niveau. C’est dans un pétard à 15 % que je suis collé pour sortir de Cusco. Avec le soleil qui me tape dans le dos et les gaz d’échappement dans le nez.

Passablement énervé par cette entrée en matière, les quelques chiens qui essaient de me chatouiller les mollets se font copieusement insulter.

La pente se calme enfin et je chemine doucement vers le sommet. Au bout de ce serpent de bitume, voilà enfin le sommet et la dernière descente avant les 40 km de faux plat vers Urubamba et la ligne d’arrivée. En bas, je pousse comme un damné sur les pédales, abrité derrière mes prolongateurs. L’arrivée approche de plus en plus, je slalome entre les nombreux nids de poules de la route ou saute les monstrueux dos d’ânes en béton. Urubamba, il est 10 h 30 et je remonte à travers la ville pour rejoindre l’hôtel du départ. Portail d’entrée en vue et enfin l’arche se dresse devant moi, c’est fini !

C’est fini ! – Photo BikingMan

Mais où sont donc Armandio et sa cloche que je retrouve à chacune de mes arrivées ? Malheureusement restés en France…

Les grands absents, Armandio et sa cloche – Photo BikingMan

Il est 10 h 30, cela fait plus de cinq jours que je suis parti d’ici et mon périple s’achève. Lauriane et Greg viennent me féliciter et je peux enfin prendre la pause en arborant fièrement mon beau t-shirt, ma médaille et mon diplôme.

Sophie la cheffe du protocole me remet mon t-shirt – Photo BikingMan

J’ai aussi l’honneur d’un interview du prestigieux envoyé spécial de Radio Sport et Monaco Info !

Assis sur mon lit fraîchement douché, je commence à réaliser ce qu’il vient de se passer. C’est fini, j’ai bouclé cet Incadivide. Ma plus grosse aventure cycliste. Plus de 1 000 km à travers les montagnes péruviennes, la vallée sacrée des Incas, 5 jours sur les pistes à traverser ces paysages. Ça y est. Me voilà, seul dans ma chambre, à pleurer comme un imbécile.

Tout ça pour du vélo ?

Et ça valait le coup ! Quelle claque ! Aujourd’hui, trois semaines après mon retour en France, je ne suis pas encore sûr d’avoir tout compris. Les paysages, les visages, les odeurs, les saveurs et les sons me reviennent. Quelle aventure. Merci encore Axel, Vinicius, toute l’équipe et tous les participants pour ce voyage. Ça va être dur d’en revenir. Ils nous promettaient un voyage incroyable et l’un des plus beaux pays du monde pour le vélo et je pense que le contrat est largement rempli, félicitations ! Vivement la prochaine !

Tout ça pour du vélo ? Tout ça grâce au vélo plutôt. Comme quoi ce si simple instrument nous permet de vivre de si grandes choses. Comme je le disais récemment à Patrick dans le podcast que nous avons fait à mon retour, il ne faut pas hésiter. Toutes les aventures sont bonnes à prendre et le voyage est à votre porte. 100, 200, 500, 1000 km ou plus, peu importe, allons rouler.

Et ce vélo ?

Un bonheur ! Je pense avoir eu le vélo parfait pour moi avec ce Chiru Fukai. Sa géométrie tolérante et son confort m’ont permis d’économiser le corps à travers les longs kilomètres de piste que j’ai parcourus. Grâce à sa capacité de filtration, son angle de direction et ses grandes roues, il me permettait d’avaler sereinement la piste et d’en lisser les aspérités. Bien secondé, il faut le dire, par les excellents pneus Maxxis Aspen, une accroche parfaite sur tous les terrains et une capacité à la vitesse assez étonnante. Si ce n’est le souci de frein arrière, qui n’a rien à voir avec le vélo en lui-même, je n’ai vraiment aucun reproche à lui faire après ces cinq jours à ses côtés. Du point de vue chargement, avec ses cinq portes bidons et son large cadre prompt à accueillir de grandes sacoches, j’étais plus que comblé pour emporter tout le nécessaire. Et même plus ! Un vrai bon vélo de baroudeur, pensé pour le bikepacking et l’aventure, sur lequel on peut compter.

Copain d’aventure – Photo Benjamin Bodot
Benjamin Bodot
Benjamin Bodot
Ingénieur en mécanique et amoureux de la petite reine sous toutes ses formes, Benjamin aime autant rouler que travailler sur ses vélos. Son éclectique collection oscille entre la randonneuse en acier des années 70, le routier en carbone, le pignon fixe et le gravel. Amateur de longues sorties en groupe ou en solo, il s’aligne plusieurs fois par an sur des courses d’ultra distance qu’il finit régulièrement dans le top 5, il a notamment gagné l’édition 2025 du BikingMan X au Maroc. Sur son vélo toute l’année, il a la chance de profiter de la météo et du relief niçois pour naviguer entre mer et montagne et parcourir près de 300 km par semaine sur routes et chemins.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Renseignez votre commentaire
Renseignez votre nom

Articles similaires

Du même auteur

Ils soutiennent Bike Café