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Roc’n news gravel

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Norco une beau gravel
Norco une beau gravel

Voilà un salon du Roc d’Azur qui me conforte dans l’idée que le gravel n’est plus une simple niche. On peut parler plutôt d’un véritable chenil et bientôt ce seront des meutes de cyclistes, chevauchant des gravel bike, qui vont déferler sur les sentiers et les routes partout en France.

Nous avons passé 3 jours à arpenter les allées du salon pour repérer les produits qui sont dans la tendance gravel. Voilà ce que nous avons entre-autres vu et retenu ; mais nous sommes loin d’être exhaustifs. Certains de ces produits feront l’objet de tests sur notre site avec toute l’objectivité qui est la nôtre et le parti-pris que nous assumons dans le cadre de nos essais.

Solenne maillot sweat hoddie Café du cycliste

Café du cycliste
Solenne Café du cycliste – photo Bike Café

Peut-on parler de maillot de vélo pour « Solenne » ? En effet ce vêtement ressemble plus à un sweat qu’à un classique jersey manches longues de vélo. Au hasard des allées du salon du Roc nous avons rencontré William du Café du cycliste, qui portait une pré-série de cette sorte de sweat.

Il me plait bien ce maillot, avec ses poches cyclistes derrière, ses vraies poches devant et sa petite capuche. Tant pis pour le CX je crois bien que je vais l’adopter pour mes sorties gravel et mes balades à vélo en ville.

Dispo de XS à XXL Prix : 170 €

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Shimano Ultegra RX pour dérailler en gravel

Shimano CX à l'arrivée de la Gravel Roc. Un essai à lire bientôt sur Bike Café - photo Laurent
Shimano RX à l’arrivée de la Gravel Roc. Un essai à lire bientôt sur Bike Café – photo Laurent

Avec une tension de ressort de chape plus importante ce nouveau dérailleur, préconisé pour le gravel, le CX et le voyage, va permettre d’éviter les claquements de ka chaîne sur la base du cadre et les déraillements lors de passages de vitesses sur des surfaces cabossées. Nous publierons bientôt son essai en cours sur le vélo de Laurent qui a fait la Gravel Roc avec (photo ci-dessus).

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Fourche titane Cycles LEON

Fourche Titane Cycles Leon
Sur le stand des Cycles Leon une superbe fourche de gravel en titane – photo Bike Café

Elle nous rappelle les anciennes fourches de vélos de piste. Sauf que ici il s’agit d’une fourche titane pour le gravel, destinée à apporter souplesse et filtration avec ses deux lames superposées. Superbe …

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Des maillots techniques SIX2

Maillots Six2
Maillots Six2 – photo Bike Café

Intéressant de parler chiffons sur le stand de SEMC qui distribue SIX2. La technologie SIXS CARBON UNDERWEAR s’adressait à des sous-vêtements qui offrent une solution efficace pour évacuer la transpiration et permettre une thermorégulation optimale. Utilisables en toutes les saisons ces produits protègent aussi bien du froid que du chaud.

Nous avons apprécié la gamme de maillots sobres et techniques qui peuvent tout à fait convenir à la pratique du gravel.

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Julbo Outline

Julbo Outline
Julbo Outline

Choisies par le team Caminade, les lunettes Julbo Outline sont équipées de verres Reactiv photochromiques. Les branches sont ajustables et le pince nez réglable pour faire en sorte qu’elles conviennent à tous les visages …

Prix  100 €

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Vaude version bike packing

Bikepacking Vaude
Bikepacking Vaude – photo Bike Café

Les fabricants de sacoches traditionnelles ont mis un peu temps pour intégrer ce nouveau concept de bagagerie vélo à leurs catalogues. Vaude comme Ortlieb ont marqué le pas à cause du marché de la sacoche traditionnelle qui était le leur. Voici ce retard comblé avec cette série de sacoches de cadre très légères et bien conçues.

  • soudage étanche
  • montage facile
  • fabrication écologique
  • 8 litres – 180 g
  • Prix 75 € (Frame

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Norco le gravel canadien

Gravel Norco Search
Gravel Norco Search sur le Roc d’Azur – photo Bike Café

Fondé en 1964, Norco Bicycles revendique ses racines canadiennes. Si vous cherchez un gravel polyvalent il vous faudra regarder le “Search”. Nous avons pu voir sur le stand de Norco ce beau gravel qui intègre tous les marqueurs de la pratique. Il est disponible en acier, alu ou carbone.

Norco est distribué en France et nous espérons bientôt vous présenter un essai de ce vélo sur Bike Café.

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Niner

Gravel Niner RLT 9
Gravel Niner RLT 9 sur le Roc d’Azur – photo Bike Café

Posséder un Niner c’est un peu entrer dans l’histoire du vélo hors route. Niner a été fondée en 2005 par Chris Sugai et Steve Domahidy. Chris est actuellement président et chef de la direction de la société qui après son dépôt de bilan en 2017 a été reprise par Emersion International Limited. L’entreprise a été pionnière du 29 pouces d’où le nom Niner.

Les vélos Niner naissent à Fort Collins, dans le Colorado. L’équipe installée là-bas n’hésite pas à aller rouler sur les pistes de gravier situées à deux pas de leur bureau. Lorsque qu’ils sont trop fatigués pour faire du vélo, on peut les trouver en train de pêcher à la mouche, ou en train de se détendre dans le patio des brasseries artisanales ou dans des cafés de Fort Collins.

Vous l’avez compris le Niner est un vélo décontracté capable d’attaquer pistes et routes. À découvrir aussi lors d’un prochain essai.

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Orbea

Gravel Orbea
photo Bike Café

La marque espagnole est très active sur le segment du gravel. Elle aime le custom et la personnalisation de ses vélos comme le prouve ce gravel qui ne passe pas inaperçu à côté du Terra que nous avions testé l’an dernier.

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Bergamont

Bergamont Grandurance
Bergamont Grandurance – photo Bike Café

Depuis 2015 l’entreprise de Hambourg a été rachetée à BMC par Scott. Elle garde son identité et elle produit une gamme très large de vélos. Nous avons repéré ce superbe gravel Grandurance sur le stand du Roc d’Azur.

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Scott

Gravel Scott Addict
Gravel Scott Addict – photo Bike Café

Le Scott Addict reste le fer de lance de la marque sur le segment gravel. Ce vélo léger et maniable que nous avions testé il y a deux ans à l’époque en double plateaux, évolue toujours avec des peintures et des équipements soignés.

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Rose

Gravel Bike Rose
Gravel Bike Rose – photo Bike Café

Sans épine ce nouveau Rose est séduisant et d’emblée il connait un certain succès grâce à la qualité de ses composants et son rapport qualité / prix.

Le Backroad Gravel est équipé de pneus Schwalbe G-ONE Allround Evo au look classique en 38 mm mais il peut accueillir des pneus jusqu’à 42 mm de largeur. Les roues ROSE R Thirty Disc sont légères et résistantes. La tige de selle ROSE RC-170 Flex Carbon atténue les chocs désagréables et le cintre Ritchey WCS Evomax procure plus de place aux avant-bras pour mieux maîtriser le vélo. Restant fidèle à sa philosophie ROSE permet une configuration à la carte avec des montages Shimano Ultegra et Ultegra Di2, SRAM Force ou Shimano 105.

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BH gravel

Gravel Bike BH
RX Team BH – photo Bike Café

C’est en 1909, au cœur d’Eibar (Guipuzcoa, Espagne), ville manufacturière d’armes, que voit le jour le projet industriel de BH (Beistegui Hermanos), fruit du génie et de l’esprit d’entreprise des trois frères : Cosme, Domingo et Juan Beistegui Albistegui. Installée à Vitoria, la marque développe des vélos et des composants de haut niveau pour toutes les disciplines du cyclisme : vélos de route, de montagne, tout-terrain, VAE, y compris vélos de fitness et elliptiques.

Le Gravel X, est un vélo capable de vous emmener dans les endroits les plus inaccessibles, dont vous pouvez profiter pleinement en toute confiance et sécurité sur des kilomètres et des kilomètres. Le beau RX Team, vu sur le stand, carbone pourra également convenir aux amateurs de gravel performance.

Infos sur le site.

B’Twin Triban RC 520

Trois modèles de pré-séries d’un vélo de gravel abordable étaient présents sur la Gravel Origins aux mains de pilotes B’twin. Son prix sera inférieur à 1000 € … et pourtant il a tout d’un grand : cadre alu, fourche carbone, Shimano105 R7000, roues tubeless … Sortie mars 2019. Il va faire un carton. Un essai de ce vélo est planifié sur Bike Café.

Gravel Btwin Triban 52O
Gravel B’twin Triban 52O – photo B’Twin

L’objectif de Decathlon est de rendre le sport accessible à tous en offrant des produits présentant le meilleur rapport qualité / prix. La sortie imminente de ce gravel est un indicateur fort de la percée du gravel. En effet une marque comme Decathlon, qui s’adresse principalement à un marché de masse, ne se lancerait pas dans l’aventure si le potentiel des ventes n’était pas là  …

Sortie en mars 2019

Infos et essai à venir sur Bike Café

La Gravelxinoise 2018 : pari tenu et réussi

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Comme un lundi
Gravelxinoise 2018

L’an dernier la Gravelxinoise avait débutée sous un déluge d’eau qui avait contraint de nombreux participants à l’abandon. Cette fois, pas une goutte de pluie, la météo particulièrement favorable a été la complice des organisateurs, comme pour se faire pardonner de la mauvaise farce de l’an dernier.

Il faut dire que l’équipe organisatrice avait tout fait pour faire oublier le déluge de 2017 car, en dehors de la météo exceptionnelle, deux nouveaux parcours parfaitement tracés pour le gravel avaient été concoctés par Martial et ses acolytes. La Gravelxinoise 2018 a été un total succès et le premier marqueur de cette réussite aura été les inscriptions qui ont été bouclées en moins de 2 jours, avec plus de 160 demandes pour un nombre d’inscrits volontairement limité à 100.

Gravelxinoise
Ambiance du départ  – photo Philippe

C’est donc 112 participants, dont 9 femmes, un équipage mixte en tandem qui se sont répartis pour moitié, sur les parcours de 73 et 103 km. Parmi ce beau peloton, on pouvait reconnaître des visages connus du vélo comme celui de Bruno Lebras, venu en voisin. Le lieu de départ et d’arrivée est resté identique : la gare de Valmondois. Point stratégique de concentration pour amener sur place les participants parisiens, via la ligne du Translilien Paris Nord.

Gravelxinoise
Les femmes bien représentées sur la Gravelxinoise – Photo Philippe

Lorsque l’équipe du Bike Café arrive au parking de la gare, il est trop tôt pour prendre un petit noir au Café de la Gare qui est fermé. C’est Murielle, de Boost Cycles, qui nous accueille avec des barres énergie Chimpanzee.
Retrouvailles et échanges entre les graveleux de plus en plus nombreux en Ile-de-France. Il est 8 h 30 et les participants se regroupent derrière une ligne de départ informelle, dans une ambiance décontractée et bon enfant. Le peloton démarre gentiment et s’effiloche tranquillement, au gré des ambitions de chacun. Rien à voir avec le départ tonitruant de la Mavic Gravel Roc, auquel nous avons pu assister la semaine précédente au Roc d’Azur.

Gravelxinoise
Le peloton démarre gentiment et s’effiloche tranquillement au gré des ambitions de chacun – photo PDM

Ces parcours dans le Vexin nous étonneront toujours. Les deux circuits se situent en plein Parc National du Vexin Français. La région est magnifique et Van Gogh, venu s’installer à Auvers – pour une autre raison que la peinture – sera suivi par bien d’autres peintres et ce ne sera pas par hasard. Nous découvrons sur ce parcours une suite de petits villages, de châteaux, églises, moulins,… ornant ce paysage vallonné au gré de buttes entaillées par l’Oise et le Venesson. Le retour final en bord de l’Oise à Auvers, nous ferait presque oublier que cette eau vient de Belgique.

Gravelxinoise
Photo Marie

Côté trace, les organisateurs nous ont offert une parfaite alternance entre petites routes goudronnées à l’écart des voitures et chemins agricoles ou forestiers. Sous le soleil qui se lève, c’est un régal, même si la température en cette fin octobre pique un peu les doigts serrés sur le guidon. Aucun balisage sur le parcours, c’est une trace GPX, transmise après l’inscription et reportée sur le GPS, qui permet l’orientation. C’est assez efficace, jusqu’au moment où, distrait par la beauté du paysage, on détourne le regard du petit cadran fixé au guidon. On se retrouve alors hors parcours et il faut faire un peu de « jardinage » pour revenir sur la trace. Il n’y a pas vraiment de passages techniques, mais nous avons eu tout de même un rayon de cassé dans une descente attaquée un peu vite. La fin de parcours a dû être gérée de façon prudente.

Les parcours des 70 km et 100 km s’entrecroisent régulièrement et la vigilance reste de mise sur le GPS, pour ne pas suivre les cyclistes du grand parcours : le 73 était assez long pour nous. Confrontés à une crevaison lente et pernicieuse, nous avons comme les Shadoks pompé et re-pompé souvent. Notre moyenne s’en est ressentie « Ça monte encore ? …» s’essouffle à dire Nicolas à son père. C’est vrai que pour 73 km, il y a tout de même 1050 m de D+ et pour ceux du 103 km : 1500 m. Pas mal pour une petite campagne vallonnée en Ile-de-France.

Arrive le moment du ravitaillement commun aux deux parcours. Nouveau moment de rencontres, mais aussi instant de plaisir du palais : sur une table, devant leur maison Trevor et Sophie proposent : saucissons, fromages, mousse de foie gras, en supplément du sucré traditionnel. Trevor, anglais émigré, nous parle de vélo : « No gravel pour moi, mais single speed et VTT, … ». L’heure tourne – même si ce n’est pas une préoccupation majeure à cet instant où il fait bon de profiter du soleil – il faut songer à rentrer.

Gravelxinoise
Les organisateurs Martial, David et Sébastien “Alors les gars … heureux ?” – photo PDM

Voici l’arrivée avec notre retour sur le parking de la gare où David des Cycles Léon, Sébastien de Boost Cycles (partenaires de la Gravelxinoise) et le gentil organisateur en chef Martial prennent le pouls des participants en imaginant déjà la prochaine édition.

Ils ont dit …

Bruno Lebras ( Plusieurs titres de champion de France en Cyclo-cross et en VTT – double médaillé de bronze aux championnats du Monde de CX – 90 – 91) – Bruno est le régional de l’étape … la Gravelxinoise se déroule sur les lieux de ses parcours d’entraînement. « Je connais bien la région, depuis le temps que je crapahute par ici. J’ai pensé que c’était l’occasion de faire un truc différent de ce que je fais d’habitude. Entre le VTT et le cyclo-cross, le gravel c’est un peu des deux : alors pourquoi pas ! … Je m’intéresse plus maintenant aux épreuves d’ultra, comme la BTR ou la TCR, sur la route donc, mais j’aime toujours rouler en pleine nature, c’est plus sécurisant. La Gravelxinoise est un beau projet qui prend tournure d’année en année. Le parcours était bien dosé, entre petites routes et chemins. Il m’a même fait découvrir des endroits, dans cette région que j’ai pourtant sillonnée lors de mes séances d’entraînements. » 

Sébastien Morin (Boost Cycles – partenaire de l’événement) « Le tracé, je le trouve juste formidable, c’est vraiment l’essence même du gravel : il est hyper homogène, hyper varié. On passe sur de beaux points de vue qui dominent des paysages, ce qui est rare en Ile-de-France où l’on roule souvent dans des forêts.»

Gravelxinoise
Cyrus – photo FBouscarat

Cyrus Macaigne, qui arbore une casquette avec une visière sur laquelle on peut lire  une citation de Pythagore :« Délaisse les grandes routes prends les sentiers … » Il a suivi ce théorème version gravel ce matin Cyrus, et il n’a pas été déçu.

Gravelxinoise
Sylvain – photo FBouscarat

Sylvain Barillon, double finisiher de la French Divide :« Un tracé parfait, quelques petits coups de culs en plus par rapport à l’an dernier. J’ai roulé avec David Schuster qui a fait deuxième de la French Divide cette année … un beau parcours. »

David Robert, Cycles Leon – partenaire de l’événement) :« L’année dernière j’avais des jambes et c’était difficile, cette année sans jambes, c’était encore plus difficile. Le parcours était magnifique, j’ai fait la boucle avec Martial. »

Gravelxinoise
Fred – photo FBouscarat

Frédéric Bernard  Fondateur et organisateur de la Gravel Tro Breiz : « Très beau parcours. Je suis originaire du coin. Bien qu’habitant en Bretagne depuis 3 ans, je connais bien ces endroits et je dois dire que Martial a vraiment exploité toutes les possibilités, avec une fin quand même un peu sadique pour nous faire remonter une dernière bosse. Une vraie gravel. »

Gravelxinoise
Alexandre – photo FBouscarat

Alexandre Cauchy  (Boss de Mohawk’s) : « L’organisation était parfaite, le parcours très agréable mêlant chemins, sous bois, traversées de champs et quelques passages sur route pour traverser des villages. Un ravito convivial chez un particulier. Pour ma part, j’ai fait le 70 km, départ avec Bruno Le Bras, Joseph Vitorio et sa troupe, c’est parti à bloc. Pour moi la deuxième partie du parcours a été un peu plus compliquée car j’ai peu roulé ces derniers semaines. Nous sommes arrivés vers 12 h 30, une petite bière et une belle matinée sous le soleil ! À refaire avec plaisir. »

 

Gravelxinoise
Serge – photo FBouscarat

Serge Barnel (rouleur globe-cycleur) Ceux qui le suivent sur facebook savent qu’il a la bougeotte : il est partout, la preuve il est ici : « Nous, alpins, je le confesse, considérons, les citadins de haut lorsqu’il s’agit de l’organisation d’activités en pleine nature. Mea culpa et chapeau bas pour la Gravelxinoise ! La douceur des limons accueillants du plateau du Vexin, conjuguée au savoir-faire de traceur Martial m’ont renvoyé à mes certitudes. Pédaler à l’automne, dans des tableaux de Van Gogh est un privilège rare. La séduction fut totale. »

 

 

Le bonheur de se faire rouler dans la farine

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Happycratie le bonheur à vélo
Happycratie le bonheur à vélo

Puisque nous allons parler du livre Happycratie, on va commencer cette chronique avec légèreté – en musique donc – si vous le voulez bien. Parce qu’après, c’est du lourd ! …

Estimez-vous heureux, je vous épargne la version longue de ce fameux clip qui dure 24 h.

Souvenez-vous, il n’y a pas si longtemps j’ai tenté de vous parler de bonheur, en chroniquant, ici-même, le livre de Meik Wiking à propos du bonheur à la danoise. Je ne sais pas si vous l’avez lu, j’espère que vous aviez mieux à faire, de mon côté je continue de croire que si le bonheur tenait en une chanson écrite par Pharrel Williams ou une paire de chaussettes en laine, ça se saurait.

Spinoza, philosophe néerlandais (hasard ou coïncidence ? Encore un qui vient d’un pays vélo friendly) du 17ème siècle, aurait mieux fait de s’occuper de ses tulipes, plutôt que de tenter de philosopher et identifier « Qu’est-ce que le bonheur pour l’Homme ? ».

HappycratieToujours est-il que, quelques jours après avoir jeté les premières lignes de ma chronique sur le livre du Hygge, j’ai découvert la sortie de ce livre « Happycratie » paru aux éditions Parallèle** en cette fin Août 2018. Quel ne fut pas mon bonheur de me sentir moins seul et de découvrir que des gens plus intelligents que moi (je ne sais pas s’ils sont cyclistes) dénoncent avec méthode et force d’arguments cette industrie du bonheur, cette psychologie positive, cette injonction sociétale qui nous impose d’être heureux.

Mais merde ! … Laissez-nous déprimer en paix ! Arrêtez de nous balancer à la figure des #instahappy à longueur de journée.

Si on veut tenter d’aller mieux, aidez-nous, accompagnez-nous, mais avec des vrais raisonnements. Pas avec des conseils à la noix, qui produisent l’effet inverse.

« Bhououou, le bonheur a l’air si simple, une bonne gaufre et ma vie est remplie. »
« Bhououou, même ça je n’y arrive pas, je suis trop nul. »

Ce livre Happycratie va vous réconcilier avec vous même et vous aider à mieux définir ce qu’est le vrai bonheur (en opposition au bonheur futile).

À toutes fins utiles :
Le suffixe « cratie » sert « à former un mot en rapport avec un pouvoir ». Ainsi la démocratie défini le pouvoir détenu par le peuple (théoriquement, mais là c’est un autre débat). L’happycratie serait donc un néologisme définissant le pouvoir détenu par le bonheur. La vélocratie n’existe pas encore dans le Larousse mais on n’est pas loin.

Je n’arriverais pas à développer un raisonnement aussi pointu et étayé que Edgar Cabanas et Eva Illouz, les auteurs de ce livre. C’est pour cela entre-autres que je vous invite à lire cet ouvrage. Je n’irais pas non plus jusqu’à prétendre qu’ils écrivent tout haut ce que je pense tout bas ! (Je ne pense pas moi, je mouline). Ceci étant dit, tout au long de leur démonstration les auteurs nous expliquent les effets pervers de cette philosophie positive, cette philosophie du bonheur ; fondée sur l’individualisme plutôt que sur la communauté, ce courant de pensée a été récupéré par les pouvoirs en place (politique, patronat notamment) comme un façon d’évaluer la pertinence des actions qu’ils mettent en place :

  • Si le peuple est heureux, mon action politique est la bonne“, Emmanuel Macron n’a-t-il pas récemment invité les Français à se rendre un peu plus compte de la chance que nous avons de vivre en France et d’arrêter de râler ? (pour ceux qui ont oublié un article du Point c’est ici).
  • Ou “Si mon salarié est heureux, tout va très bien dans l’entreprise“, madame la marquise.

https://youtu.be/T5WdpSPeQUE

  • Si vous doutez encore, prenez une heure pour écouter ce podcast proposé par France Inter : sus au diktat du bonheur ;
  • Si vous souhaitez en savoir un peu plus, vous pouvez aussi aller rendre visite au Think Tank (groupe de réflexions) consacré à Spinoza ici : Spinoza Think tank

Par contre, puisque nous parlons de bonheur, à priori à vélo (ou avec) puisque nous sommes sur un blog sur le lequel le vélo et sa pratique sont au centre, en suivant le raisonnement des auteurs :

  • Si vous ne ressentez pas la plénitude du bonheur sur votre vélo, vous êtes normaux.
  • Si vous pratiquez le vélo (urbain, gravel, route, vtt, bmx, piste, …) et que cela ne vous amène qu’une sensation de bien-être, sachez que c’est déjà pas mal.
  • Si vous vous écriez au sommet du Galibier “Quel bonheur!”, vous n’êtes pas un imbécile heureux, mais simplement un cycliste content d’en avoir fini avec cette montée interminable.
  • Si vous avez un énorme sourire en coin sur le visage, sur votre piste cyclable qui vous mène au boulot, alors que vous dépassez allègrement 347 voitures embouteillées, idem, vous êtes quelqu’un de normal.

Le bonheur n’est ni une science, ni un lieu, ni un moment, ni un état, ni une recette de cuisine. Vous pouvez décider de vous laisser guider, au petit bonheur la chance, il vous tombera dessus. vous pouvez aussi lire cet ouvrage qui vous permettra d’accepter que le bonheur n’est qu’un but et non une fin en soi.

* Le concept de psychologie positive est peut-être né à la fin du XXème siècle, à la lecture de ce livre il est permis de penser que le premier homme politique à l’avoir mis en place était bien Jules César, 2000 ans avant notre ère qui, pour acheter le bonheur de son peuple, lui offrit sans retenue “du pain et des jeux”. Finalement l’idio-cratie semble avoir encore de beaux jours devant elle.

** Premier Parallèle est aussi entre autres livre, l’éditeur de cet ouvrage “Le coureur et son ombre” écrit par Olivier Haralambon. 

Informations

  • Titre : Happycratie Comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies
  • Auteur(s) : Edgar Cabanas et Eva Illouz – Traduit de l’anglais par Frédéric Joly
  • Editeur : Premier parallèle
  • Site web éditeur :http://www.premierparallele.fr/livre/happycratie
  • Nombre de pages : 260 
  • ISBN : 9791094841761 (papier) existe en numérique
  • Date de publication : 23 août 2018
  • Prix TTC : 21 € (papier) 11,99 € (numérique)

Pitch de l’éditeur

Le bonheur se construirait, s’enseignerait et s’apprendrait : telle est l’idée à laquelle la psychologie positive prétend conférer une légitimité scientifique. Il suffirait d’écouter les experts et d’appliquer leurs techniques pour devenir heureux. L’industrie du bonheur, qui brasse des milliards d’euros, affirme ainsi pouvoir façonner les individus en créatures capables de faire obstruction aux sentiments négatifs, de tirer le meilleur parti d’elles-mêmes en contrôlant totalement leurs désirs improductifs et leurs pensées défaitistes.
Mais n’aurions-nous pas affaire ici à une autre ruse destinée à nous convaincre, encore une fois, que la richesse et la pauvreté, le succès et l’échec, la santé et la maladie sont de notre seule responsabilité ?
Et si la dite science du bonheur élargissait le champ de la consommation à notre intériorité, faisant des émotions des marchandises comme les autres ?
Edgar Cabanas et Eva Illouz reconstituent ici avec brio les origines de cette nouvelle « science » et explorent les implications d’un phénomène parmi les plus captivants et inquiétants de ce début de siècle.

La Dirt’ Issanka, une nouvelle gravel aventure

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Dirt' Issanka Gravel aventure
Dirt' Issanka Gravel aventure - Illustration Dan de Rosilles

Le nom de Dirt’ Issanka, que Jean-Yves a choisi pour la gravel aventure qu’il nous propose le 2 décembre prochain, est un clin d’œil à la Dirty Kansa. Cette gravel race légendaire a été créée aux US en 2006 par Jim Cummins et Joel Dyke. Ils ont, à cette époque pionnière, officialisé avec cette épreuve une belle rando que beaucoup de cyclistes pratiquaient depuis des décennie sur les pistes des Flint Hills, dans le centre-est du Kansas.

Dirt' Issanka Gravel aventure
L’affiche de la Dirt’Issanka réalisée par D. Flinois avec un logo qui fait explicitement référence à celui de la Dirty Kanza – image DR

Outre la ressemblance du nom, l’approche de Jean-Yves est un peu comparable. Il nous explique : « Régulièrement, une fois par mois en général, je fais un parcours que j’ai appelé Montpellier City Tour. C’est un tracé qui peut faire 90 à 140 km et à chaque fois que je le fais je prends énormément de plaisir car il est très varié. Je peux me retrouver sur les bords du canal du Rhône à Sète et j’apprécie la vue dégagée vers la mer. J’aperçois les collines sur lesquelles je vais pouvoir rouler une ou deux heures plus tard. À l’inverse, lorsque je serai là-haut je verrai la mer et Montpellier » C’est cette découverte, sans arrêt renouvelée, qui a donné l’idée à Jean-Yves de partager avec les autres cyclistes ce parcours qu’il apprécie.

Dirt' Issanka Gravel aventure
Jean-Yves “Jaywai” souhaite faire partager ce parcours qu’il apprécie – photo Dan de Rosilles

Jean-Yves a été très inspiré par les grandes courses gravel qui se déroulent aux États-Unis. Il regarde régulièrement, sur les réseaux sociaux, les vidéos de ces mythiques épreuves. Et cet intérêt a débouché naturellement sur cette envie d’organiser une épreuve gravel, dans le même esprit, mais en version française. Jean-Yves est passé par toutes les disciplines du vélo, qu’il pratique régulièrement depuis l’âge de 4 ans. Depuis deux ans il s’est mis au gravel sur son Kona orange. D’abord avec des pédales plates et en jean, c’est comme ça que j’ai connu Jean-Yves l’an dernier sur ARL-MRS.  Puis, plus sérieusement, il a découvert que le gravel était bien plus que du vélo. « Sur Arles-Marseille l’an dernier, je me suis rendu compte que le gravel c’était bien plus qu’appuyer sur des pédales. C’est des rencontres, c’est aussi de la compétition avec soi-même et pas contre les autres. Ces événements créés de façon conviviale nous aident à repousser ces limites … », précise Jean-Yves, qui a trouvé avec cette première expérience, une source d’inspiration pour la Dirt’ Issanka.

Dirt' Issanka Gravel aventure
Jean-Yves est passé par toutes les disciplines du vélo – photo Dan de Rosilles

Une « Dirty » à la sauce montpelliéraine

Le terrain et les décors sont très variés, des pistes, du single pas trop technique, de la piste cyclable, des incursions en ville à Montpellier, les berges du Lez, Palavas, … « Je me suis dit qu’il manquait un événement vélo fédérateur sur Montpellier. Pourtant la ville bouge pas mal, l’ouverture du magasin Avenue du vélo le prouve, il y a de nombreux groupes informels sur Facebook, … Il manquait quelque chose pour réunir les pratiquants de cette tendance gravel qui s’affirme », explique Jean-Yves.

Dirt' Issanka Gravel aventure
C’est en roulant au bord du canal d’Arles à Sète que l’idée a germé – photo Dan de Rosilles

Jean-Yves, connu sur Strava sous le pseudo Jaywai Jaywai (traduction phonétique en anglais de ses initiales J Y), a alors créé un groupe Strava : Original Montpellier Gravel qui réunit déjà 77 membres. Pour inventer cet événement à la sauce montpelliéraine, Jean-Yves s’est rapproché d’Arles Gravel, ce collectif créé à Arles par Dan de Rosilles. C’est en roulant tous les deux, à la fin de l’été le long du canal du Rhône à Sète, dans le bois des Aresquiers et les salins de Frontignan qu’ils ont eu l’idée d’associer les deux clubs pour proposer un événement original et convivial, favorisant la promotion du gravel et permettant aux cyclistes du grand sud de se rencontrer.

Il y aura deux distances au choix un 100 et un 50 miles … Derrière l’intitulé de ces distances on retrouve la référence US à la Dirty Kanza, que l’on pourra traduire en 160 km et 80 km. Jean-Yves et Dan ont imaginé cette formule à deux distances, pour offrir aux riders aguerris une belle journée de vélo dans une grande variété de paysages, sans exclure les moins entraînés qui ne seront pas déçus par le tracé du 80 km qui résume cette diversité et que les deux compères souhaitent faire découvrir à tous.

Dirt' Issanka Gravel aventure
Cet événement offrira aux riders une belle journée de vélo dans une grande variété de paysages – photo Dan de Rosilles

Issanka

Il y a des lieux aux noms étranges qui intriguent, c’est le cas d’Issanka. Qui connaît encore ce parc baigné de fraîcheur entre Balaruc et Gigean ? Planté de grands arbres on y trouve de nombreux petits ponts qui enjambent la Vène. Ce parc d’Issanka était, dans les années 1900, le lieu de promenade préféré des sétois. Ils venaient y passer une journée sous les arbres, au bord de la rivière qui se jette dans l’étang de Thau.

Dirt' Issanka
Issanka au début du siècle dernier, un lieu fréquenté par les cyclistes venus de Sète – image d’archive

Aujourd’hui Issanka est un lieu fantôme, oublié, marginalisé où quelques maisons abandonnées et des ruines, rappellent qu’autrefois il y avait ici de la vie. Il n’y a que nos vélos de gravel, instruments d’aventures et de découvertes, pour venir déchirer les toiles de cet oubli.

Dirt' Issanka
On reviendra – photo Jean-Yves Pouzache

C’était un peu logique que ce lieu étrange inspire le nom de l’épreuve que vous pourrez découvrir le 2 décembre 2018. Vous avez sans doute remarqué sur l’affiche la mention : « Collection Automne-Hiver » ce qui veut dire qu’il y aura une suite, avec une « Collection Printemps – Été », qui aura lieu 6 mois pile après la version hivernale. Les jours seront plus longs, et ce sera peut-être l’occasion de découvrir aussi des distances plus longues … Attendons les surprises que Jean-Yves nous réserve pour le début juin.

Dirt' Issanka Gravel aventure
Il y aura une suite, qui aura lieu 6 mois pile après la version hivernale – photo Dan de Rosilles

Vous pouvez vous inscrire à cet événement indifféremment sur la page du club Strava de Arles Gravel ou sur celle de Original Montpellier Gravel (ou les deux si vous préférez), pour l’une ou l’autre des deux formules proposées :

Version 50 miles sur la page d’Arles Gravel

Version 50 miles sur la page d’Original Montpellier Gravel

Version 100 miles sur la page d’Arles Gravel

Version 100 miles sur la page d’Original Montpellier Gravel

Nous sommes partis faire l’Eroica sur nos vieux vélos italiens

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Carnet de voyage à l'Eroica
Carnet de voyage à l'Eroica

Au départ il s’agissait d’une phrase anodine, lancée au milieu d’un atelier, un matin de mai. « Et si on allait à l’Eroica à vélo … ». Mon ami Didier, saute immédiatement dans la roue de ma proposition et sans réfléchir, il me dit : « Carrément ! … ». J’avais proposé ça sur le ton de la blague, mais lui il l’avait déjà intégré à son calendrier. C’est fait : début octobre nous irons en Toscane en partant de Nice sur nos vélos vintage.

550 km à parcourir sans idée précise de l’itinéraire. On sait juste qu’on longera la côte et qu’ensuite on prendra à gauche. Pas mal le road-book minimaliste : c’est simple et ça libère l’esprit.

Carnet de voyage à l'Eroica
Nos vieux vélos italiens

L’idée est de partir léger et de rouler façon « Dolce vita ». Cette fois, ce sera grand luxe, on ira à l’hôtel le soir. Pas besoin de sacoches de cadre sur nos vélos qui ne sont pas fait pour ça. Ils sont beaux et on n’a pas envie de les défigurer avec des bagages. Nous les avons choisi italiens forcément : un Bianchi et un Pinarello. Ils sont nés il y a quelques années, pour aller vite et pour faire la course, nous ferons avec de la longue distance.

Après de nombreuses courses d’ultra, comme la Transcontinental Race ou la French Divide, Didier et moi sommes habitués à ces longues chevauchées. L’idée est de prendre son temps, de pouvoir visiter, rouler ensemble et échanger. C’est avant tout l’envie de se faire plaisir, de bien manger, de profiter de l’Italie. Rouler en acier, avec du 52 x 42 et 5 vitesses, c’est revenir à l’essentiel du cyclisme, position basse peu de confort, des boyaux de la colle sur les doigts. La vie quoi …

Mercredi 5 octobre : Saint Laurent du Var – Albenga. 123 km 4 h 24 2300D+

Un départ tardif vers 11 h, qui donne tout de suite le ton du voyage, car rien n’était vraiment prêt. J’avais fini de monter mon vélo le soir précédent et ce n’était qu’un cadre nu deux jours avant. Un départ aux aurores aurait été la preuve d’un excès de confiance.

Carnet de voyage à l'Eroica
Notre première pizza italienne

Départ donc du magasin de vélo SPOC, où nous avons tous les deux nos attaches. Nice – Monaco – Menton, et passage de la frontière. Nous mangeons notre première pizza italienne à Vintimille. À partir de San-Remo nous prenons une superbe piste cyclable qui est une ancienne voie ferrée longeant la mer sur plus de 20 kilomètres. C’est superbe, les cités balnéaire se suivent, certaines se ressemblent, beaucoup sont encore vivantes malgré que nous soyons en basse saison. La pêche et l’industrie sont toujours là. On sent que ces côtes ne sont pas uniquement dédiées au tourisme. Nous arrivons à Albenga un peu par hasard sur un « On s’arrête ? » « ok ! … ».

Carnet de voyage à l'Eroica
Des villes pas uniquement dédiées au tourisme.

Petit hôtel deux étoiles, nous dormons avec les vélos dans la chambre. Le soir c’est taverne locale, vin rouge, poissons et spécialités du coin. Nous rentrons à l’hôtel le pied léger. Une journée de vélo, plus de la bière et du vin sont synonymes de sommeil lourd. Tant mieux car demain on roule.

23 h 20 :  “Tu as mis ton réveil ?” … “Oui, oui t’inquiète ! …

Jeudi 6 octobre : Albenga – Sestri Levante. 144 km 5 h 31min 2236D+

Carnet de voyage à l'Eroica
Nous arrivons à Gênes – photo Gabriel

9 h 15 … le réveil ne sonnait pas aussi fort que le vin de pays. Il est clair qu’on a de loin dépassé le chant du coq. Pas de stress, on roulera plus vite, profitons du café italien pour nous réveiller. Direction Savone sur un bon rythme, la côte méditerranéenne est superbe, alternance de lieux sauvages et de sites industriels. Les sens en alerte, yeux grands ouverts nous arrivons à Gênes ville toute en longueur, bruyante et bouillonnante. Il nous faut environ 35 minutes pour la traverser.

Carnet de voyage à l'Eroica
Passé Gênes en direction de Rapallo, et jusqu’à Sestri Levante se succèdent maisons de maîtres, jardins somptueux et routes sinueuses

Carnet de voyage à l'Eroica
On a l’impression de faire partie de la carte postale

Passé Gênes en direction de Rapallo, et jusqu’à Sestri Levante se succèdent maisons de maîtres, jardins somptueux et routes sinueuses. Nos vélos italiens, qui sentent l’air du pays, prennent ici tout leurs sens. On a l’impression de faire partie de la carte postale. Après avoir trouvé gîte et couvert dans une charmante petite ville, nous nous jurons de rouler plus longtemps le lendemain. Si on continue à cette allure l’Eroica se fera sans nous.

Carnet de voyage à l'Eroica
Nos vélos italiens, qui sentent l’air du pays, prennent ici tout leurs sens.

Vendredi 7 octobre : Sestri Levante – Castel Fiorino. 195 km 3300D+ 7 h 30

Cette fois on part à 7  h 30, juste le temps de se mettre en jambe et déjà, une grosse bosse de 7 km s’annonce pour réveiller les corps encore endormis. Nous sommes sur les hauteurs de la Spezia, le trafic est moins dense, la nature est superbe. Nous sommes seulrment à 600 mètres d’altitude mais on se croirait bien plus haut. Les routes ressemblent beaucoup par certains endroits à leurs cousines corses.

Carnet de voyage à l'Eroica
Cette fois on part à 7 h 30

Nous contournons la Spezia, direction Carrare et ses impressionnantes carrières, là il faut redoubler d’attention car le traffic des poids lourds est intense. Les vélos roulent bien, même si le vent de face nous ralentit un peu. La ville de Lucca et ses remparts nous accueille pour un rapide Coca Cola, et nous reprenons la route. Des lignes droites, et encore des lignes droites, à ce moment précis il faut débrancher le cerveau et rouler, le vélo fait le reste. Arrivés à Castel Fiorino, il ne nous reste que 50 kilomètres pour Gaiole in Chianti, mais le village étant petit les hébergements sont limités durant l’Eroica.

Carnet de voyage à l'Eroica
Un peu de mécanique

Nous décidons de ne pas tenter le diable. Nous dormons donc à Castel Fiorino, nous sommes arrivés en Toscane, après 3 jours de route et presque déçus d’être déjà là. “On peut avoir un peu de rab s’il vous plaît ?

Samedi 8 octobre : Castel Fiorino – Gaiole in Chianti. 60 km

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Nous voulons arriver en début d’après-midi pour profiter de l’ambiance et des stands.

Départ à 9 h après un bon café. Nous voulons arriver en début d’après-midi pour profiter de l’ambiance et des stands. L’Eroica est une fête et nous voulons voir la totalité de ce qu’elle propose. Nous sommes reçus d’entrée par des bosses à 15% qui nous donnent un avant goût du menu du lendemain. Le toscan n’est pas vraiment copain avec les virages. Le tracé est simple, si tu te trouves face à une colline tu la montes tout droit, c’est plus rapide … Pour les voitures sans doute, mais beaucoup moins pour les vélos. Les cuisses chauffent, et nos 42 x 25 nous obligent à utiliser tous les muscles de nos corps pour hisser les vélos en haut des bosses. C’est là que la différence se fait avec des vélos modernes. Il faut être coureur, pour emmener ce genre de braquet sur de telles pentes, il n’y a pas d’échappatoire, impossible de mouliner. Il pleut, mais nous arrivons à Gaiole in Chianti sur un sprint à la pancarte après 3 jours de road trip.

Carnet de voyage à l'Eroica
Full Bianchi old school

Le village est en effervescence, tout y est coloré, il y a de la musique, des odeurs et de l’acier. Beaucoup d’acier : Columbus, Tange, Reynolds, … ici pas de production chinoise composite. Nous sommes dans le royaume du vintage, du tube brasé et du jersey en laine. Je suis frappé par l’équilibre entre cet événement d’envergure, et le respect de l’esprit des débuts. Les grosses marques présente comme Campagnolo ou Bianchi jouent le jeu et ne s’imposent pas au milieu des exposants individuels toujours nombreux. Tout cela forme un ensemble cohérent, loin des gros salons qu’on a l’habitude de voir.

Carnet de voyage à l'Eroica
Les petits coureurs

Après une bonne bière, du chianti et un sandwich à la porchetta, nous dormons dans le fourgon d’un ami venu de France pour l’occasion. Demain debout à 6 h, on roule à 7 h 30.

Dimanche 8 octobre Eroica 136 km

Carnet de voyage à l'Eroica
Tu peux donc partir sans stress, après un petit café.

L’avantage de ce genre d’événement c’est que ce n’est pas une course. Tu peux donc partir sans stress, après un petit café et faire tourner les jambes tranquille. Tout de suite nous sommes dans le bain, il a plu la veille et les Strade Bianche, sont plus marrons que blanches.

Carnet de voyage à l'Eroica
Le paysage est juste grandiose dans la brume du matin.

Le paysage est juste grandiose dans la brume du matin. C’est tout simplement magique. Les cyprès et les belles demeures, se dessinent sur des crêtes entourées d’un voile blanc. La nature nous joue son bouquet automnal fait de jaune, d’orange et de marron. On oublierait presque qu’on fait du vélo.

Carnet de voyage à l'Eroica
Les vélos se comportent toujours aussi bien.

Nous arrivons près de Sienne, là de belles bosses nous accueillent. Les vélos se comportent toujours aussi bien. L’acier est parfait pour ces routes en terre, il faut juste gérer le freinage quasiment inexistant. L’idée n’est pas de faire la course, mais il est parfois grisant de faire quelques démarrages pour se donner l’allure d’un Darrigade, d’un Merckx ou d’un Hinault. Rouler en ancien, c’est aussi faire travailler son imaginaire et son affect. Loin de la recherche absolue de performance.

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Les ravitos sont là tous Les 25 kilomètres environ.

Les ravitos sont là tous Les 25 kilomètres environ, tellement copieux et sympathiques qu’on arriverait presque plus lourd à l’arrivée qu’au départ. La cote de mont Saint Anne est le juge de paix de l’Eroica. Ça monte sec, beaucoup poussent le vélo. Ça tire sur les cuisses …

Carnet de voyage à l'Eroica
On a l’impression d’être sur des pistes de Gravel Bike

Les Strade Bianche peuvent être clairement considérées comme des pistes de Gravel Bike, il faut donc faire attention en descente avec les boyaux et le freinage est approximatif. Je n’ai pour ma part pas crevé, avec mes boyaux Vittoria entrée de gamme. Nous rentrons par une belle route, asphaltée. le sourire aux lèvres bien sûr.

Carnet de voyage à l'Eroica
Nous pensons déjà à revenir l’année prochaine.

Nous n’avions pas encore franchi la ligne d’arrivée, que nous pensons déjà à revenir l’année prochaine. C’est dire que l’ambiance, la trace et le concept nous ont conquis. Je conseille à tous ceux qui voudraient se monter un vélo pour l’année prochaine de choisir un modèle solide, de bonne qualité sans être exotique. Des tubes Reynolds, avec un montage Mafac, ou Huret feront très bien l’affaire par exemple.

Carnet de voyage à l'Eroica
Rendez-vous l’année prochaine.

Alors rendez-vous l’année prochaine sur les traces blanches, casquette sur la tête et musette sur l’épaule.

Nos vélos

Bianchi modèle record 745 1975

Carnet de voyage à l'Eroica
Bianchi 1975
  • Groupe Campagnolo Nuovo Valentino
  • Pédalier Gipiemme.
  • Freins Universal 66

Pinarello prestige S 1981

Carnet de voyage à l'Eroica
Pinarello Prestige S 1981
  • Columbus KL
  • Groupe complet Campagnolo Super Record
  • Roues Mavic GP 4 moyeux Campagnolo Record petite flasques.
  • Selle San Marco Concor super leggera.

Vélos restaurés par @dynamocyclerepairs sur Instagram

Gabriel Refait

Bike Packing, même les pros s’y mettent

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Les cyclistes pros et le bike packing
Les cyclistes pros et le bike packing

Les courses cyclistes pro sont souvent bien loin de l’esprit d’aventure qui inspire les publications de Bike Café. À l’arrivée, les coureurs font du home-trainer puis s’isolent dans leurs énormes bus suréquipés pour récupérer de leurs efforts avant l’étape du lendemain. Ils n’ont même pas le droit de boire une bonne bière sitôt la ligne passée.

C’était donc surprenant et décalé de lire sur twitter, que deux cyclistes professionnels belges, et non des moindres (Thomas De Gendt et Tim Wellens), viennent d’achever leur saison par un petit voyage en « bike packing » d’une semaine en complète autonomie.

Juste après le Tour de Lombardie, dernière grande classique de la saison qui s’est tenue le week-end dernier (14/10/2018), nos deux comparses ont dit au revoir à leurs équipiers et ont quitté Côme pour retrouver leurs Flandres natales, à bicyclette sur leurs vélos de « boulot » et habillés avec les équipements de l’équipe Loto Soudal …

Les cyclistes pros et le bike packing
Bike Packing avec un vélo à 10 000 € …

6 jours de vélo et 1000 km sur un parcours plutôt montagneux traversant l’Italie, la Suisse, l’Allemagne, la France et le Luxembourg,

Thomas De Gendt (31 ans) et Tim Wellens (27 ans) ne sont pas les premiers venus. Le premier est un des plus grands baroudeurs du peloton, habitué aux échappées au long cours et collectionneur de maillots du meilleur grimpeur sur les courses à étape ; son palmarès compte des victoires d’étapes sur les 3 grands tours Italie, Espagne, France dont celle du Ventoux de 2016. On peut ajouter une troisième place sur le Giro ou encore des étapes sur Paris Nice. Tim Wellens est un puncheur, à l’aise sur les classiques vallonnées qui venait juste de terminer sa saison par une très belle 5ème place au Tour de Lombardie…

Les cyclistes pros et le bike packing
Image inhabituelle d’un pro roulant la nuit…

On peut lire un résumé (en anglais) de leur périple sur le compte Twitter des 2 coureurs : https://twitter.com/degendtthomas?lang=en

Cela fait plaisir de voir des coureurs pros qui ont encore la passion de leur sport et qui, après une saison bien remplie (plusieurs grands tours et probablement plus de 40 000 km au compteur), prolongent le plaisir par une belle virée de plusieurs jours en bike packing…

Les cyclistes pros et le bike packing
Nos deux comparses à l’arrivée de leur longue échappée

Quelques semaines avant eux, deux autres pros américain et irlandais moins connus, Larry Warbasse and Conor Dunne, avaient fait la même chose entre dans les alpes italiennes et française via les fameux cols gravel de Tende et du Finestre, juste après que leur équipe ait mis la clé sous la porte.

Les cyclistes pros et le bike packing
Deux coureurs bien sympas : Tim Wellens à gauche et Thomas De Gendt

Dans un tout autre registre il semblerait bien que la tendance gravel continue de se propager dans les courses pro (voir aussi notre article de 2017 sur le sujet), comme l’a prouvé récemment le parcours audacieux du dernier Paris – Tours qui empruntait les chemins de vignes non goudronnés du Vouvray (12,5 km dans les 50 derniers kilomètres de la course), offrant ainsi de très belles images aux spectateurs …

Gravel Bike et cyclisme pro
Non non on n’est pas sur le dernier Arles – Marseille mais bien sur Paris – Tours, l’une des plus anciennes courses du calendrier qui vient de se mettre au gravel…

La Mavic Gravel Roc … comme si vous y étiez

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Mavic Gravel Roc 2018
photo Sportograf

Roc d’Azur, samedi 13 octobre, 07 h 00, sur la base nature de Fréjus : je fais tourner mes jambes sur mon home-trainer de campagne, repensant à ma participation de l’année dernière. Enfin ce matin le soleil est là … les conditions météo ont mis à mal le Var et boulversé toute l’organisation du Roc d’Azur.

07 h 30 : l’échauffement est terminé, il est temps de venir se présenter dans le sas de départ, déjà bien rempli avec les 240 participants de cette Mavic Gravel Roc. Je me place à droite sur la grille de départ, en deuxième ligne. Non loin, au centre, Steve Chainel, actuel champion de France de cyclo-cross et aux portes du Top 10 mondial, répond aux questions du speaker. Parmi les favoris il y a également Nicolas Roux, ambassadeur MAVIC, sponsor officiel de cette course.

Le départ est enfin donné, et dans les premières lignes c’est explosif. C’est difficile de trouver de la motricité sur ce terrain détrempé. En fin de ligne droite on s’enfonce dans une boue assez profonde, surtout sur la partie droite où je me trouve. Trop tard, cela aurait été mieux d’être au centre !

Mavic Gravel Roc 2018
Départ dans la boue

Qu’importe, on remet des watts pour rattraper le temps perdu et j’arrive peu de temps après sur la passerelle à priori très glissante puisqu’il y a deux coureurs à terre.
On avale la traversée du premier camping, une rapide liaison routière et nous voilà à l’attaque de la première côte qui nous conduit au travers d’un centre de vacances planté de bungalows. Refusant de mettre pied à terre, je tente de rester coute que coute sur mon GT Grade. La sanction est immédiate : le single est raviné et les racines saillantes me projettent rapidement au sol. Un peu de course à pied en mode cyclo-cross et je repars sans trop avoir perdu de terrain… L’ascension du Fournel se dessine, toujours aussi majestueuse avec cette vue imprenable sur notre gauche. Je ne me ménage pas et je gagne une petite dizaine de places dans ces forts pourcentages.

Mavic Gravel Roc 2018
Toujours aussi majestueuse avec cette vue imprenable sur notre gauche … photo Sportograf

Je m’étais fixé de partir fort, et de ne pas me réserver jusqu’en haut du Fournel, sachant qu’au-delà de ce point, une autre course d’usure commencerait. Je ne croyais pas si bien dire car le mot usure va prendre tout son sens et sous divers aspect durant ces 68 km et 1350 m de D+.

Mavic Gravel Roc 2018
Chacun défend chèrement sa place … photo Sportograf

Hormis l’usure physique que l’on peut avoir sur ce type d’épreuves, les conditions de course vont contraindre les coureurs à s’adapter en permanence. Les pistes sont totalement dévastées par les fortes pluies des deux jours précédents. Chacun défend chèrement sa place car sur ce terrain la trajectoire idéale vaut de l’or, ce qui nécessite parfois de savoir s’imposer. La première “liaison” routière ne se passe finalement pas si mal pour moi. Contrairement à l’édition 2017, je suis dans un groupe franco-italiens qui tente de s’organiser en relais. Cela fonctionne et nous roulons à un bon 45 km/h de moyenne jusqu’à la prochaine piste. Le parcours parfois chaotique n’est pas roulant. Les pluies torrentielles n’ont laissé que la roche sur les pistes charriant des déchets végétaux qui vont provoquer de très nombreuses crevaisons parmi  les concurrents. J’en serai finalement épargné. De nombreux passages à gué ponctuent le parcours, dépassant parfois le genou. Certains singles sont devenus des bourbiers, obligeant parfois à porter sur de courtes distances. Que dire des descentes ? Certaines pistes DFCI sont restées plutôt propres, ou seulement entrecoupées par de petits fossés creusés par l’eau, ce qui obligent néanmoins un pilotage assez aérien pour les avaler à haute vitesse.

Mavic Gravel Roc 2018
Certaines pistes DFCI sont restées plutôt propres … photo Sportograf

Certains “singles tracks” en descente font traces communes avec le XC Marathon. Ils mettent à mal nos aptitudes techniques (très hétérogènes dans la communauté gravel) mais également physiques par les chocs répétés sur nos montures, rappelons-le “tout rigide”. Les secousses se transmettent presque intégralement sur nos poignets, nos bras et notre dos. Je fais une dizaine de kilomètres avec un italien de niveau physique et technique semblable au mien. On s’aide parfois, pour trouver la meilleure trajectoire au milieu de ce parcours très sélectif. Je le distancerais néanmoins à l’avant-dernier ravitaillement, où il décide de s’arrêter. Je dépasse quelques malchanceux au bord des pistes, occupés à réparer leurs roues et certains coureurs visiblement éreintés.
Viens enfin la fameuse montée du Col du Bougnon, que nous abordons après une très rapide descente sur route. Changement brutal de braquets, je passe de tout à droite à tout à gauche en quelques mètres, car mes souvenirs de la pente de cette piste sont intacts… Heureusement, elle est en bon état et le public, toujours aussi nombreux sur ce spot emblématique du Roc d’Azur, nous encourage. Je gravis cette côte avoisinant les 20% et dans sa partie finale, un ami posté ici m’indique je suis en 25ème position. Je suis plutôt agréablement surpris de cette place, je vais tâcher sur la grosse dizaine de kilomètres restant de la conserver, ça ne va pas être facile.
Après de belles et rapides pistes en descente, nous quittons le massif pour nous mêler dangereusement à la circulation routière. À ce moment précis nous sommes deux, un italien et moi, et nous évitons de justesse l’accident : arrivés à vive allure dans une descente en courbe, nous sommes surpris par un embouteillage. L’italien évite de justesse la voiture en s’esquivant sur la gauche et moi sur la droite en empruntant un semblant de piste cyclable. Tout comme l’année dernière, ce passage dans la circulation est décidément très dangereux. À mon sens, l’organisation devrait revoir ce point avant qu’il ne se produise un accident. Nous abordons enfin le chemin des douaniers, passage également célèbre du Roc d’Azur.

Mavic Gravel Roc 2018
Passage sur le sentier des douaniers – photo Sportograf

Nous rattrapons des coureurs en VTT (probablement du Roc Trophy ou du Roc Junior) qui malheureusement nous ralentissent dans cet étroit sentier technique, où pourtant leurs montures sont plus adaptées que les nôtres. Peu  fair-play, ce groupe ne nous laisse pas pour autant passer, ce qui a pour conséquence de nous faire rattraper par des coureurs que nous avions distancé auparavant…

Mavic Gravel Roc 2018
Dans cet étroit sentier technique ça bouchonne – photo Sportograf

Enfin la plage ! Salutaire, même si également technique, je vais pouvoir me débarrasser de ces quelques coureurs XC définitivement « lents ».

Mavic Gravel Roc 2018
Enfin la plage ! Salutaire, même si également technique – photo Sportograf

On enchaîne avec la portion plate et droite en direction de la base nature, où notre groupe de quatre s’organise un peu. Certains préfèrent s’abriter, espérant peut-être tirer leur épingle du jeu dans un sprint final. Passage de la dernière passerelle, et surprise, la dernière large piste qui amène sur le dernier petit pont en bois est devenue « une rivière » d’environ 20 cm de profondeur. Original. Je passe en tête le petit pont et entrevoie l’arrivée. Je redoute de perdre des places chèrement acquises tant je me sens plutôt mal en point pour un sprint final, qui est loin d’être mon point fort. Finalement, le terrain jouera en ma faveur : la boue est massivement présente sur les derniers mètres. On se croirait à l’arrivée d’un cyclo-cross belge. Contrairement à certains de mes compagnons de route, et aux coureurs VTT qui ont déjà mis pied à terre, j’arriverais tant bien que mal à rester sur mon vélo pour franchir la ligne d’arrivée en 25ème position après 3 h 13 d’efforts, pour ces 68 km et 1350 m de dénivelé positif.

Mavic Gravel Roc 2018
Contrairement à certains de mes compagnons de route j’arriverais tant bien que mal à rester sur mon vélo pour franchir la ligne d’arrivée – photo Sportograf

Cette version 2018 est très différente de l’édition 2017. Par vraiment par le parcours, qui reste similaire mais surtout de par les conditions très humides qui ont modifier l’état des pistes. Sur les 240 concurrents au départ, nous ne serons que 185 classés à l’arrivée, ce qui atteste des conditions particulières qui ont mis à mal les organismes et le matériel.
Une fois encore, la course Gravel du Roc d’Azur est un concentré de cyclisme : des pistes DFCI, des cols routiers, des singles techniques, et cette année on pourra y ajouter des bourbiers.

Pour espérer bien s’y classer, hormis la condition physique, il faut un facteur chance non négligeable. Il faut savoir s’adapter en permanence aux changements radicaux et incessants du parcours. On est bien loin d’épreuves gravel sur de larges pistes bien plus homogènes que l’on peut trouver aux USA. Mais finalement, est-ce un mal ? Quelque part, avec ce parcours où l’on ne roule jamais plus de 10 km dans les mêmes  conditions, la course gravel du Roc d’Azur n’aurait-elle pas déjà trouvé sa propre identité après seulement trois éditions ? Je pense que oui, au vue de la fréquentation en hausse pour cette course, et ce malgré l’ajout d’une randonnée au long cours la Gravel Origins 83. Le nombre croissant de coureurs étrangers à cette course (Italiens en premier, mais aussi allemands et suisses) semble également le confirmer.
Dans ce type d’épreuve, il y autant de courses que de coureurs. À travers ce témoignage, j’espère avoir su vous retransmettre le vécu de la mienne.

 

Quand l’envie de rouler rime avec ENVE …

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Test roues ENVE G23
Test roues ENVE G23

Tout le monde le dit et on le répète souvent : les roues jouent un rôle essentiel dans le rendement d’un vélo. Une belle paire de roues transforme un vélo moyen en bon vélo. Alors, quand vous avez la chance, comme nous, de rouler sur un Open Up, équipé des dernières roues gravel G-Séries de ENVE, et dans les décors du Roc d’Azur, je vous laisse imaginer le “petit nuage” sur lequel nous nous sommes retrouvés.

G-Series pour le gravel et le CX

Test roues ENVE G23
Une série pour le gravel et le CX – photo Bike Café

ENVE, dont la distribution en France vient d’être reprise par Mohawk’s, nous a présenté sur le Roc d’Azur des jantes carbone adaptées à la pratique du gravel : c’est la G-Series qui se décline en G23 (largeur interne 23) pour le 700c et G27 (largeur interne 27) pour le 650b. Les bords des jantes sont arrondis. Cette jante est une véritable arme anti-pincement. Sa structure est légère grâce à un moulage effectué autour d’une vessie qui est ensuite retirée après avoir fait son travail de moule interne. Sur ces jantes les trous des têtes de rayons (au nombre de 24) ne sont pas percés mais moulés afin d’éviter les départs de fissures.

Test roues ENVE G23
La finition brute laisse voir la qualité du travail effectué sur les fibres de carbone – Photo Bike Café

L’ensemble est conçu pour apporter souplesse, légèreté et résistance. Elles sont fabriquées aux USA et la finition brute (pas de peinture), laisse voir la qualité du travail effectué sur les fibres de carbone.

Test roues ENVE G23
Départ sur le sable – photo Bike Café

Nous devions depuis un certain temps tester un Open Up. Le rendez-vous était pris depuis les Pro Days pour ce test lors du Roc d’Azur. Alexandre, le boss de Mohawk’s, nous avait concocté une petite surprise en équipant le vélo de test d’un train de roues ENVE G23 chaussées de WTB Cross Boss en 35. Nous étions 3 cyclistes, sur 3 vélos différents et nous avons tourné sur chaque vélo pour ensuite échanger nos sensations. Nous sommes partis sur les pistes de la gravel Roc avec ces belles roues sur le Open.

Test roues ENVE G23
Les roues envoient bien sur les parties de pistes roulantes – photo Bike Café

Test roues ENVE G23
Il fallait des roues amphibies cette année sur le Roc – photo Bike Café

Le confort est là et la légèreté du train roulant participe aux relances. Après avoir traversé les zones inondées nous avons attaqué des DFCI plus rugueuses. Les roues passent bien et absorbent remarquablement les obstacles. La légèreté de l’ensemble du vélo le rend alerte dans les montées. La polyvalence du Open met en valeur l’excellent comportement des roues. On nous dit souvent que les roues en carbone sont trop rigides, ce n’est pas le cas pour ce produit et je pense qu’il serait temps de faire taire cette affirmation, venant d’une autre époque. Rendement et confort sont présents sur notre parcours, qui s’est terminé par un tronçon de route. Pour parfaire ce tableau plutôt flatteur, il convient de souligner la légendaire finition des produits ENVE qui permet d’obtenir une paire de roues haut de gamme de très bonne qualité.

Test roues ENVE G23
Malgré un braquet court la légèreté des roues aide dans la montée vers les petites Maures – photo Bike Café

Bien évidemment ce test espresso survole un peu le sujet, mais on a senti rapidement le rendement des roues même sur un essai aussi court. Il faudrait pouvoir confirmer pour le confort sur un test de plus longue durée.

Le seul défaut de ces roues sera le prix, mais c’est la rançon de la qualité. Elles sont garanties 5 ans (même contre l’impact), en cas de crash : remplacement à vie.

Custom

Test roues ENVE G23
Installation des roues ENVE sur le vélo de test – Alexandre et Thomas de Mohawk’s nous prépare le vélo – photo Bike Café

Choisissez votre moyeu : DT350S, DT240S, DT180S, Chris King … Mohawk’s a musclé son équipe pour reprendre la commercialisation des produits ENVE. Côté roues vous pourrez choisir vos moyeux et vos roues seront montées avec des rayons Sapim CX Ray par leur monteur spécialisé.

Côté design les stickers des roues seront faits à la carte pour harmoniser le décor de vos roues à la couleur de votre cadre. Si vous changez de vélo Mohawk’s se fera un plaisir de vous faire des stickers à la nouvelle couleur.

  • G23 (équipées en DT 240 CL) : 1,305 kg la paire
  • G27 (équipées en DT 240 CL) : 1,276 kg la paire

Prix entre : 2750 et 3200 € la paire selon le choix de moyeux

Spécifications

Test roues ENVE G23
Finition magnifique – photo Bike Café

G23

  • Profondeur : 25 mm
  • Largeur externe : 31,5 mm
  • Largeur interne : 23 mm
  • Nbre de trous : 24
  • Diamètre : 608 mm
  • Sections acceptées : 35c – 45c
  • Poids de la jante seule : 330 g

G27

  • Profondeur : 25 mm
  • Largeur externe : 35,5 mm
  • Largeur interne : 27 mm
  • Nbre de trous : 24
  • Diamètre : 571 mm
  • Sections acceptées : 42c – 2.25″
  • Poids de la jante seule : 320 g

Voyage, voyages, …

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Stevenson by Chilkoot
Voyages avec un âne dans les Cévennes

En 1878, dimanche 22 septembre exactement, Robert Louis Stevenson partait pour un voyage à pied du Nord au Sud à travers les Cévennes. Par un heureux hasard, le dimanche 23 septembre 2018, au gré de mes recherches désintéressées dans ma bibliothèque municipale, je tombe sur ce livre : “Voyages avec un âne dans les Cévennes” de Robert Louis Stevenson. Pile 140 ans après, le même premier dimanche d’automne, je rencontre finalement Monsieur Stevenson et son âne Modestine.

Cela faisait quelques temps que ce récit m’interpellait. Là au détour d’une lecture du magazine 200, le vélo autrement, ici en discutant avec un ami randonneur qui partait cet été se faire “La Stevenson à pied, sans âne et sans pistolet” (jugea-t-il important de me préciser). Aussi, ce voyage est très souvent cité en référence par tout ceux qui ont des fourmis dans les jambes, ceux qui aiment voyager en prenant leur temps, que ce soit à pied ou à vélo. Ce livre me paraissait être LE LIVRE que chaque randonneur se devait d’avoir lu. Il est vrai que peu d’écrivains peuvent s’enorgueillir d’avoir leurs récits convertis en GR. Le périple de Stevenson, est aussi connu sous le nom de GR 70 – Le Chemin Stevenson.

Le hasard du calendrier m’invite donc à lire ce livre, au rythme des pas du bourriquet. Chaque jour une étape ou un chapitre. Modestine avance moins vite que je ne lis. L.R. Stevenson est plus préoccupé par les affaires de religion que je ne le suis.

Le récit évolue avec le marcheur. Tout d’abord concentré sur les contingences matérielles et le difficile apprentissage du métier de muletier, au fil de son périple L.R. Stevenson se détache “des embarras de la vie” pour décrire les rencontres qu’il fait, l’histoire du pays qu’il parcoure. Ainsi, Stevenson nous propose plusieurs voyages :

  • physique,
  • spirituel,
  • poétique,
  • historique,
  • romantique,
  • géographique.
Stevenson by Chilkoot
Départ de La Stevenson – photo Chilkoot

Chaque lecteur trouvera son propre degré de lecture. Pour ma part, je trouve que notre écossais exprime finement l’intérêt spirituel d’une telle aventure, en solitaire. Son récit s’accommode parfaitement d’une randonnée à pied ou à vélo. D’ailleurs Chilkoot, la compagnie des pionniers, organisateur d’épopées à vélo, a proposé le week-end du 29 et 30 septembre une virée, sobrement intitulée « La Stevenson », 2 jours 265 km. Nos mulets en acier sont plus efficaces que la “chétive ânesse pas beaucoup plus grosse qu’un chien ; de la couleur d’une souris“.

Pourquoi on roule ?

C’est une question toute simple qui devrait trouver autant de réponses qu’il y a de cyclistes. L.R. Stevenson exprime avec beaucoup de justesse, cette notion de voyages à pied et aujourd’hui à vélo.

Quant à moi, je voyage non pour aller quelque part, mais pour marcher. Je voyage pour le plaisir de voyager. L’important est de bouger, d’éprouver de plus près les nécessités et les embarras de la vie, de quitter le lit douillet de la civilisation“.

donkey

Ainsi, le titre original de ce livre est “Travels with a Donkey in the Cévennes“. Les plus aguerris noteront que LR Stevenson a mis un “S” à “voyages”.

ane 1
ane 2
ane 3

Quand la plupart des ré-éditions de ce livre en Français oublient sous la presse de la machine ce fameux “s”, qui selon moi fait toute la différence.

Voyages avec un âne dans les Cévennes

C’est pour ce “s” qui n’est pas oublié que je vous recommande cette version du livre “L.R. Stevenson “Voyages avec un âne dans les Cévennes” édition 10/18 établie par Francis Lacassin. Cette édition est enrichie par l’éditeur d’une centaines de pages, permettant de mieux comprendre et situer cette œuvre, son auteur et le contexte. possibilités

En 2019, aurais-je mon badge de participant à la Stevenson proposée par Chilkoot ? Je ne sais pas encore, mais d’ici là un bon nombre d’entre vous pourront s’aventurer sur les traces de Robert Louis. Laissez-vous porter et profitez des possibilités de voyages qu’offrent votre vélo.

Enfin, impossible de parler de voyage-voyage sans écouter, en boucle ceci :

Éternellement …

Informations

Pitch de l’éditeur

En septembre 1878, le jeune R. L. Stevenson entreprend de traverser à pieds les Cévennes, seul avec son âne. Pendant douze jours, sur les chemins des bergers, il note les lignes sensuelles et pittoresques de la nature qu’il prend pour refuge. Invitation au voyage, ode à la liberté, ce livre sert d’éclatant prélude à la poésie d’un des plus grands romanciers en devenir.

” Voyage avec un âne dans les Cévennes – un des premiers livres, qui ait fait découvrir M. Stevenson aux amoureux du style – abonde en charmantes illustrations de sa tendance à voir le monde comme une bohème non pas vraiment raffinée, mais glorifiée et pacifiée. ” Henry James

À propos de l’auteur

Né en 1850 à Edimbourg,Robert Louis Stevenson a très vite abandonné ses études d’ingénieur puis de droit pour se consacrer à sa passion, l’écriture. Le succès arrive avec L’Île au trésor (1883) et L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde (1885), deux livres qui n’ont jamais vieilli. Atteint de tuberculose, il parcourt le monde à la recherche d’un climat propice à sa guérison, et ses voyages autant que son pays natal, deviennent une source d’inspiration. Il meurt en 1894 aux îles Samoa, où il s’était installé avec sa femme Fanny.

En seulement quarante-quatre années de vie, Robert Louis Stevenson (1850-1894) s’est hissé au firmament des lettres britanniques. Ce styliste incomparable a donné plusieurs chefs-d’œuvre de la littérature universelle, dont L’Ile au trésor (1883), L’Etrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde (1886), qui lui apporte la reconnaissance internationale ou Voyage avec un âne dans les Cévennes (1879), bréviaire des randonneurs.

Le Roc fait la pluie et le beau temps du gravel

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Roc d'Azur
Photo ASO/Aurélien VIALATTE

Tout avait bien mal commencé. Dès mercredi la pluie s’est concentrée au dessus de Fréjus inondant les installations de la base de loisirs et les sentiers sur le parcours. C’était bien mal parti. Les exposant bataillaient pour monter leurs tentes sous les averses, les camions englués dans la boue approchaient difficilement, … bref c’était l’apocalypse. Le déluge a continué toute la nuit.

Roc d'Azur
Photo : ASO/Thomas MAHEUX

Les organisateurs ont dû réagir face aux dégâts constatés et le jeudi l’ouverture au public s’est faite à 12 heures. Les épreuves du jeudi ont été annulées car des sections entières des parcours étaient impraticables et certaines installations sur le terrain avaient souffert. Pendant la journée de jeudi la pluie n’a pas cessé, devant le podium du Roc une sorte de mer intérieure s’étai formée.

Roc d'Azur
Une mer intérieure s’était formée – photo Bike Café

Après la pluie le beau temps

A 6h30 j’étais au départ de la “Gravel Origins” qui du coup, devenait la première épreuve sur les parcours de ce Roc 2018 particulier. Je tire un grand coup de chapeau à ASO qui a eu le culot de lancer une épreuve comme celle-ci. Dans cette ambiance fébrile du départ je retrouve l’ADN aventureuse du tout premier Roc. Avec plus de 100 cyclistes au départ, cette rando confirme l’engouement actuel pour le bike packing. Comment ne pas avoir la chair de poule en voyant les participants prendre leurs trackers et régler leurs GPS avant de s’enfoncer dans la pénombre de ce petit matin.

Roc d'Azur
À 6h30 nous étions au départ de la “Gravel Origins” – photo Bike Café

On ne sait pas comment, ni par quel miracle les épreuves sont parties ensuite et se sont enchaînées. Nous avons vu revenir des guerriers et des guerrières maculés de boue. La station de lavage était prise d’assaut par une file ininterrompue de cyclistes crottés de la tête aux pieds poussant des montures dont on ne distinguait plus la couleur.

Roc d'Azur
Le soleil est revenu – photo Bike Café

Les allées du Roc se sont remplies d’un public ravi de retrouver là un des plus grand salon du vélo orienté vers le public. VTT, Gravel, route, … toutes les familles du cycle viennent faire fête ici et les nuages, repartis au loin, l’ont bien compris : ils n’étaient pas les bienvenus au Roc et on espère jamais les revoir.

Un programme gravel assumé

La 3ème édition de la Gravel Roc s’est élancée tôt le samedi matin, sous les premiers rayons du soleil. Sur cette épreuve de 67 km (70% sentiers, 30% bitume) plusieurs grands champions sont venus en découdre dans un esprit ludique. « Il y a de la compétition mais dans un esprit fun, explique Steve Chainel, champion de France de cyclo-cross, vainqueur de l’épreuve. C’est une sorte de cyclo-cross géant. C’est vraiment top. Tout le monde se fait plaisir. » Même enthousiasme pour Nicolas Roux, coureur élite : « C’est un peu VTT, un peu route. On est libre et ça c’est génial. »

Roc d'Azur
Départ de la MAVIC Gravel Roc – Photo ASO/Aurélien VIALATTE

Revenus sur la Base Nature après deux jours sur les routes et sentiers du Var, les pionniers de la Gravel Origins 83 peuvent témoigner de cette liberté. Arrivés en milieu d’après-midi après avoir parcouru 167 km vendredi ils ont bivouaqué à Artignosc-sur-Verdon. Le retour à la base de loisirs s’est fait le samedi sur 135 km. Ils ont franchi environ 5 000 m de dénivelé sur les deux jours. À leur arrivée les premiers coureurs étaient quasi euphoriques. « Ces deux journées ont été absolument géniales, témoignent-ils tous en chœur. Des paysages grandioses, une superbe ambiance au bivouac et une organisation top. Merci merci et encore merci. »

Bravo à ASO qui propulse le gravel sur les chemins de la popularité. Il y a 3 ans il fallait oser introduire une épreuve dans le très riche agenda du Roc. Sur cette MAVIC Gravel Roc il y a eu 185 arrivants. Et puis cette année c’est le bike packing qui a fait sont entrée avec la Gravel Origins 83. « En tant que plus grand événement VTT au monde, nous nous devons d’être précurseur, estime Edouard Cassignol. C’est dans l’ADN du Roc. Le Gravel Origins 83 est un grand succès. Même si l’épreuve est sportivement très exigeante, les participants se sont régalés dans des paysages extraordinaires. Nous avons lancé quelque chose que nous allons faire grandir et nous en sommes fiers. ». L’épreuve a effectivement séduit tous les participants et elle va, j’en suis sûr, devenir une classique.