À chacun son Ventoux …
Probablement le plus mythique de tous … Le Mont Ventoux est escaladé chaque année par des milliers de cyclistes venus du monde entier, fascinés par l’histoire sportive des lieux, la rudesse de sa pente et la rugosité de son paysage façonné par une météo qui semble sans limite ; le Ventoux alimente tous les fantasmes cyclistes et se prête à toutes les pratiques plus ou moins originales voire extrêmes. Il y a les « cinglés » qui le montent trois ou même onze fois dans la même journée, ceux déguisés en Batman, ceux en vélo couché à la force des bras, ceux qui le gravissent en chemisette et sandalettes avec deux bras dans le plâtre ou ceux qui bravent les intempéries en plein mois de janvier ; sans oublier ceux qui relient Bédoin au sommet en à peine 55 minutes après avoir absorbé à leur insu une potion destinée au chien de leur belle-mère…
Au Bike Café, on aime le Mont Ventoux en plein mois de juillet, mais sans aucune circulation ni chaleur… La nuit, la route éclairée par la lumière de la pleine lune. Voir le récit ici. Ou alors en fin de saison…

Au comptoir du Bike Café, tous les habitués y vont de leur petite anecdote personnelle sur le Mont Chauve, ou se laissent aller à des débats passionnés : quelle est la face la plus dure ? Le versant nord avec ses longues lignes droites qui semblent interminables ? Ou par Bédoin, la partie dans la forêt après St Estève ? Ou alors les derniers kilomètres dans la rocaille après le Chalet Reynard exposés au soleil et au vent ?
Et pour ceux qui fuient la foule et cherchent la tranquillité il y a aussi une 4ème voie, bien adaptée à la pratique du Gravel.
En mode Gravel, au milieu des cèdres
Qui n’a jamais remarqué juste après le Chalet Reynard cette belle piste qui part sur la gauche et semble se perdre dans la montagne ? Une route de traverse, sans circulation, et loin des paparazzis, qui permet de rejoindre la station du Mont Serein à flanc de cailloux.
Sur la carte il y a en fait plusieurs pistes qui jalonnent le massif du Ventoux. Toutefois celle qui semble la plus adaptée au Gravel part 2,5 km après le fameux virage de St Estève (soit environ 8 km après Bédoin) juste avant le Pavillon de Roland. Là il ne faut pas louper la piste forestière (« Jas de la Couanche ») qui part sur la gauche au milieu d’une cédraie.

Bonne surprise, les premiers hectomètres permettent presque de récupérer des efforts consentis sur la route principale : la pente s’est faite plus douce (4 km à 6-7%) et le revêtement est assez roulant, même goudronné par endroits. On peut profiter de la tranquillité de l’endroit et du paysage magnifié par le feuillage des arbres qui a pris ses couleurs d’automne. Jusqu’au carrefour dit des « Grands Pins » (1421 m), il faut quand même monter pendant 8 km avec une pente moyenne de 8 %.



C’est donc la deuxième partie de l’ascension qui est plus difficile avec des passages plus caillouteux ou gravillonneux ; avec une pente plus sévère également (4 kms à à 9 -10%), la vitesse descend sous les 8, 7 puis 6 km/h … Alors au moindre gros caillou on risque le surplace et la chute … à l’arrêt. À moins de posséder un bagage technique suffisant pour éviter ces obstacles ou justement faire une courte séance de surplace en plein effort (ce qui vous l’aurez compris n’est absolument pas mon cas). Du coup je reste concentré sur la piste et tente de choisir au mieux ma trajectoire pour conserver suffisamment d’inertie. Une ou deux fois je dois mettre pied à terre mais un graveleux un peu plus technique passerait sans problème.


Arrivé au Carrefour des Grands Pins, il faut prendre à droite vers le Chalet Reynard. Et là c’est un moment de pur plaisir Gravel. 8 km d’une piste de bonne qualité sans difficulté majeure, dans un calme absolu ; succession de faux-plats montants et descendants ; on suit la courbe de niveau 1420 m – 1520 m dans le décor lunaire du haut du Mont Chauve pour aboutir sur la route juste au-dessus du Chalet Reynard.




De retour sur le goudron, on parcourt ensuite les 6 derniers kilomètres « classiques » au milieu des pierriers avec en point de mire l’antenne du sommet qui semble nous narguer en permanence. Arrivé au sommet le paysage est toujours surprenant avec cette vue à 360°.


Pas de répit, on redescend ensuite côté Malaucène et après environ 4 km au niveau d’une épingle à cheveux on peut retrouver la piste forestière qui permet de rejoindre, par le carrefour des Pins, le Chalet Reynard à 9,5 km de là. On ne s’en lasse pas, même après un deuxième passage. Tôt le matin, cela doit être l’occasion d’apercevoir les fameux mouflons ou chamois du mont Ventoux. À cette heure-là de la journée, seul un écureuil, aux couleurs locales, peut-être étonné par mon vélo, a traversé la piste devant moi.
Une fois la route retrouvée on profite du bitume pour redescendre sur Bédoin sans être secoué.
Il existe d’autres pistes qui permettent d’accéder au Ventoux, notamment la piste des « Graviers Blancs » qui part de Bédoin et rejoint le carrefour des Pins, ainsi qu’une autre au nord par le col du Comte. Nos lecteurs pourront éventuellement nous renseigner sur la qualité de leur revêtement et leur compatibilité avec la pratique du Gravel ? J’ai entendu dire que c’était plus adapté au VTT.
Une fois en bas, les vignes et champs d’oliviers au pied du Ventoux offrent encore beaucoup de possibilités, chemins agricoles ou toutes petites routes pour prolonger le plaisir du Gravel dans un environnement de rêve. Pas besoin de grands sommet finalement …

À refaire au printemps prochain lorsqu’il y a encore quelques névés vers le sommet, définitivement !
Le tracé
70 km et 1923m de D+
Voir le tracé sur openrunner : http://www.openrunner.com/index.php?id=8004878






























































































