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À bicyclette : dans la roue de Youri

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à bicyclette
à bicyclette

En 2022, Youri, le fils de Mathias Mlekuz s’est suicidé alors qu’il avait 28 ans. Deux ans plus tard, avec l’idée de retrouver l’âme de son fils en refaisant un voyage à vélo que le jeune homme avait fait, Mathias décide de partir rouler sur ses traces, entre La Rochelle et Istanbul. À l’aide de photos et d’un livre que son fils avait réalisé sur son voyage, il trace un itinéraire qu’il décide de faire lui aussi à vélo. Son vieux pote, Philippe Rebbot, ne voulant pas le laisser seul dans sa triste randonnée, décide de l’accompagner. Par solidarité amicale, mais aussi pour évacuer la douleur de la perte du fils de son ami qu’il connaissait bien. Mathias et lui sont comédiens et ils se connaissent depuis 20 ans.

Ces deux là ne sont pas cyclistes, ni sportifs. Mathias est un peu “enrobé” et Philippe est tabagique et un peu porté sur la bouteille, voilà un drôle d’équipage. Mathias a sérieusement préparé le matériel de bivouac et dispose d’un bon vélo avec sacoches. Philippe, par contre, a emprunté le vélo de ville de sa femme et porte un énorme sac à dos. Pour parfaire le tableau il est habillé en costume de ville et porte une cravate. Pour rester digne, dit-il. Ce duo bizarre va cheminer ainsi sur l’EuroVélo 6 en direction de la Turquie, essayant à chaque fois que c’est possible de retrouver les endroits où le jeune Youri s’est arrêté afin de refaire les mêmes photos. Dans ce mélange par moment lourd de souvenirs et les instants de rire et de dérision, ces deux néo cyclistes imaginaient sans doute que la douleur physique éprouvée sur le vélo pourrait soulager leur souffrance morale. Le chien de Mathias qui les accompagne joue également un rôle important dans cette quête de fidélité à un être cher. Le voyage à vélo peut également être un acte mémoriel et celui de À bicyclette est très fort.

Bien que le titre de ce film évoque la chanson joyeuse et insouciante interprétée par Yves Montand, le sujet est bien différent. Ce film est plus un documentaire sur la souffrance d’un père qui dit qu’il ne cherche pas de coupable pour expliquer la disparition de son fils. Mathias et Philippe sont émouvants, dans des dialogues totalement improvisés qui sont ceux de leur vie réelle. Ils pleurent ensemble, s’engueulent et déconnent comme ils le font habituellement dans leur quotidien amical. Ils évoquent sur un mode philosophique la vie et la mort. Mathias est digne, même dans ses larmes, cherchant sans cesse la moindre trace laissée par son fils sur ce parcours.

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Deux personnages différents (sans oublier le chien de Mathias) partageant les mêmes douleurs dans ce road movie sensible et émouvant – photo du film À bicyclette.

Aucun dialogue écrit à l’avance, tout est improvisé et l’équipe de tournage était légère :  trois personnes à la technique, dont deux pour les images des appareils photos et un preneur de son, tous pédalant sur des vélos électriques. Un camping-car servait de véhicule technique pour assurer l’assistance de la troupe qui s’arrêtait dans les campings. Voilà un film sincère réalisé avec un très petit budget, mais avec beaucoup de cœur. J’ai adoré cette simplicité et cette justesse portée par une réalité de vie qui transperce l’écran.

La salle du cinéma Mazarin à Aix-en-Provence où je suis allé voir le film était bien remplie pour un vendredi ensoleillé à 14h20. J’ai été étonné de voir autant de personnes présentes, visiblement non cyclistes, mais qui étaient venues pour l’histoire.

Pour en savoir plus

Je vous recommande l’écoute du podcast de Jérôme Sorrel sur Rayons livres. Il a eu la chance de voir le film en avant-première et il a pu interviewer Mathias Mlekuz.

Informations

  • Titre : À bicyclette
  • Film français
  • Genre : Comédie dramatique
  • Auteur : Mathias Mlekuz
  • Acteurs : Mathias Mlekuz, Philippe Rebbot et le chien de Mathias
  • Production : F comme Film – M.E.S. Productions
  • Durée : 90 minutes
  • Date de sortie en salle : 26 février 2024

La bande annonce

Pitch du film

Le 24 septembre 2022, Youri, le fils de Mathias Mlekuz s’est suicidé à l’âge de 28 ans, et ce dernier découvre le dernier message de son téléphone portable « Je t’aime » destiné à une jeune Iranienne, Marzy, dont le fils était amoureux. À partir de là, le comédien décide en faire un documentaire intitulé Le Voyage de Youri.

À propos de l’auteur

D’origine slovène, Mathias Mlekuz grandit dans le Pas-de-Calais. Il prend des cours de théâtre à Lille et rejoint à 18 ans la troupe du Campagnol qui l’amène à Paris. Au théâtre, il joue Carlo Goldoni, Anton Tchekhov, William Shakespeare. Michel Deville, Léos Carax lui proposent ses premiers rôles au cinéma. À la télévision, il participe à de nombreuses séries comme Nos enfants chéris, Nicolas Le Floch.

En 2018, il réalise son premier long métrage “Mine de rien” avec dans les rôles principaux Arnaud Ducret et Philippe Rebbot.

Comme un lundi : la polymultiplication des plaisirs

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Polymultiplication

Chaque semaine, un billet d’humeur par un·e de nos rédacteur·rices. Aujourd’hui, Patrick.

Récemment, je relisais un texte dans lequel était évoquée la philosophie innovante de Paul de Vivie, alias Velocio. Ce Père fondateur du cyclotourisme, à la fin du 19ème siècle, évoque la sobriété heureuse. Pourtant, ce cycliste visionnaire n’a eu de cesse que de promouvoir le changement de vitesse, qu’on appelait à l’époque la “polymultiplication”. Il invente en 1908 le dérailleur, s’éloignant ainsi d’une certaine sobriété cycliste, mais son mérite aura été de rendre les cyclistes plus heureux. 

 “Polymultiplication, roue libre, freins puissants, alimentation végétarienne, y a-t-il là, oui ou non, de quoi permettre à un cycliste quelconque de doubler, sans fatigue anormale, ses étapes habituelles, de passer deux fois les Alpes entre le lever et le coucher du soleil, d’aller de Lyon à la mer le premier jour, et d’en revenir le lendemain ?. That is the question !”  

Paul de Vivie alias Vélocio

En fait, lorsque Velocio parle de sobriété heureuse en 1897, c’est qu’il devient végétarien. Son alimentation démontre que l’Homme peut pédaler sur de nombreux kilomètres et vivre vieux sans avoir besoin de viande : sobriété d’une certaine consommation et heureux de vivre vieux et en bonne santé. Il exprime une vision écologique prémonitoire dans une époque industrielle qui va voir arriver la déconstruction de cette sobriété, sous le prétexte de rendre les gens heureux.

Polymultiplication

En roulant sur mon single speed, je me demandais quelle serait sa réaction si, en revenant sur terre, Velocio découvrait aujourd’hui les 13 pignons du dernier SRAM RED XPLR et autre Classified Powershift ? Serait-il “polysatisfait” en constatant cette inflation de pignons et de technologie ? Il serait certainement heureux de constater que ses conseils ont fait école en matière de nutrition, mais serait-il heureux de voir la polymultiplication des technologies sensées nous rendre heureux. Je sens que le paradoxe est là… La polymultiplication est utile mais ne doit pas être une finalité technologique.

Dans notre monde du vélo où l’on oppose le mot sobriété à ses antonymes : délire, démesure, enthousiasme, exaltation… Il y a sans doute de quoi être heureux d’un côté comme de l’autre. L’ivresse de la vitesse, le délire des projets, la démesure de l’aventure, l’enthousiasme de partir rouler… peuvent nous satisfaire, comme le plaisir simple de rouler sobrement le nez au vent.

Polymultiplication

Le terme polymultiplication exprime une surenchère que l’on retrouve dans la célèbre course de vélo “La polymultipliée“.

Nous vous proposons sur Bike Café de ne pas opposer tous ces mots, pourtant tellement éloignés. Tantôt nous décortiquons des choix techniques innovants et nous testons de nouvelles machines, nous racontons des aventures lointaines et parfois nous vous emmenons en balade dans un « slow travel » ou encore nous poussons la porte d’un café vélo pour une pause curieuse. Nous sommes un peu comme Velocio : adeptes de la « polymultiplication », mais dans notre cas, c’est celle des plaisirs.

Retrouvez l’intégralité de notre rubrique “Comme un lundi” en cliquant >ICI<

Gravel Wine 2025, cuvée Primeur

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On l’a souvent dit – et écrit – ici au Bike Café, le vélo, et le gravel en particulier, est un vecteur de découverte du territoire et contribue au « slow » tourisme. D’ailleurs, Patrick s’y était risqué au pays de la Tramontane. Voici une preuve supplémentaire, avec ce concept nouveau associant le gravel avec la traversée de domaines viticoles pour y déguster les vins produits localement. Gravel Wine, ou comment le gravel rencontre l’œnotourisme… ou l’inverse !

La première édition de cet événement Gravel Wine s’est tenue début février dans la région Aixoise, en version preview, histoire de valider le concept avant le coup d’envoi officiel en 2026.
Une quarantaine de cyclistes sont présents en ce lendemain d’une journée copieusement arrosée, ce qui promet un terrain gras…

Lors du retrait de notre dossard, on se voit offrir une bouteille du cru de notre hôte vigneron et d’autres goodies vélo : sympa ! Le départ est donné à 9h pétantes, façon course UCI, prétexte ludique pour attribuer un lot à celle ou celui qui fera le hole-shot.

flyer Gravel Wine

Gravel, Wine… and boue

Le début de la randonnée nous mène par la route vers le village de Peynier, histoire de s’échauffer, pour ensuite s’enfoncer dans le massif du Regagnas et ses pistes, direction l’est et le pied du mont Aurélien. L’ascension est régulière, majoritairement sur de larges pistes DFCI avec quelques sections plutôt boueuses : une expérience pas si courante par ici où la caillasse règne en maîtresse des lieux ; à chaque région son côté “exotique” ! Après 16 kilomètres d’ascension, j’arrive au point culminant du parcours – 625 m – qui laisse découvrir un magnifique panorama sur la vallée de l’Arc avec la montagne Sainte Victoire en face ; un point de vue inédit pour moi, qui fréquente peu ces contrées : belle découverte !

La randonnée se poursuit sur un chemin en balcon avec un profil plutôt descendant sous le regard des monts Olympe et Aurelien. Pour nous amener tranquillement au premier domaine, et lieu de dégustation, le château de Roquefeuille. Jérémy, l’organisateur, nous y accueille avec une dégustation des vins du château dans les 3 couleurs ; mais également la possibilité de grignoter quelques victuailles et pas des barres de céréales ou des tranches de banane, mais un ravito d’une inspiration plus « Terroir ». À savoir : terrine sur pain de campagne, jambon cru, saucisson et fromage. Pas de doute, on est dans le thème !

Vieilles pierres, arbres centenaires, le lieu inspire la quiétude et le repos. Mais il reste encore du chemin à faire ! Me voilà reparti en direction du deuxième domaine, distant d’une vingtaine de kilomètres de là. On se dirige vers le village de Pourcieux, que l’on contourne par des petites routes et autres chemins de campagne, toujours bordés de vignes. On arrive à Pourrières, vite traversé, non sans avoir salué de loin la cave coopérative. Direction Puyloubier, pour s’approcher au plus près de la Sainte Victoire. On emprunte alors une départementale, bien connue des cyclistes effectuant le tour du massif, pour la quitter bien vite, au profit de chemins menant à l’Institution des Invalides de la Légion Étrangère, qui est aussi un lieu de production vinicole ; un point de dégustation potentiel, mais pas pour cette édition !

Pas d’arrêt à Puyloubier, où son ancien lavoir agrémenté d’un point d’eau est pourtant incontournable à l’accoutumée ; car le prochain domaine, Saint Ser, nous attend à quelques kilomètres. Cette fois-ci, le vigneron est présent pour nous expliquer son travail et les particularités de chaque cuvée ; on travaille ici en biodynamie. Je goûte le blanc, comme au premier domaine, ayant choisi de ne pas varier les couleurs. La situation de ce domaine permet de toucher du doigt les premiers contreforts de la Sainte Victoire tant il est situé au pied de celle-ci. Le soleil, qui est enfin de sortie, met en valeur la situation exceptionnelle de ce site viticole.

Mais, déjà je pense à rejoindre le terme du parcours pour discuter plus longuement avec le vigneron entrevu au départ de notre escapade gravelo-vinicole. Cette dernière liaison est un mix de chemins de vignes et de petites routes. Les terres rouges à proximité du massif de Sainte Victoire sont toujours un enchantement pour moi. Bien qu’habitué des lieux, je ne me lasse pas de ce contraste avec les autres coloris naturels environnants…

Sainte Victoire vue Sud
Terres rouges, arbres verts, ciel bleu… et la Sainte Victoire aux couleurs multiples ; garanti sans post-traitement ! photo Jean-Louis PAUL

Le Jas Monges et bien vite atteint, car seulement distant de quelques kilomètres. La visite de la cave, proposée par le propriétaire, et l’exposé de l’histoire de cette famille de vignerons nous permettent de mesurer le chemin parcouru depuis l’achat des premiers hectares de vigne dans les années 50. Après cette escapade temporelle, la terrasse ensoleillée nous tend les bras pour entamer l’apéro et y savourer les planches de dégustation pré-commandées avant le départ.

Bilan de ces 55 kilomètres de dégustation

Sur la base d’une promesse alléchante de convivialité et de découverte, on peut dire que le contrat est rempli. Même si les sections chronométrées annoncées n’ont pu être mises en œuvre – ce qui ne m’a pas manqué, mais je trouve que ce clin d’œil à l’enduro est intéressant – le parcours proposé est très plaisant, empruntant majoritairement des chemins. Les sessions de dégustation/ravitaillement, autour des plateaux de charcuterie et fromage, se font en toute décontraction et apportent quelques calories bienvenues en cette fraicheur hivernale.
D’ailleurs, ce positionnement au calendrier vélo est à privilégier – plutôt qu’aux beaux jours – où la chaleur combinée à l’effort sportif pourrait dégrader l’expérience de dégustation… et compliquer les liaisons à vélo 😉
J’ai apprécié la présence de crachoir, pour qui le souhaite, ainsi que la mise à disposition d’eau en alternative – ou en complément – des vins dégustés. Notons aussi la possibilité d’acheter du vin sur le parcours et de le faire rapatrier par l’organisation vers le lieu d’arrivée.

En points d’amélioration, on pourrait souhaiter une meilleure répartition des domaines visités au fil du parcours et, pourquoi pas, encore plus de chemins à la place du bitume ! Enfin, souhaitons que les vignerons participants soient tous présents pour échanger lors des dégustations, car c’est l’idée même autour du vin : le partage. Saluons l’effort de ceux qui ont joué le jeu, avec même pour l’un d’entre eux, une promo sur toutes les bouteilles achetées ce jour-là !

En bref, un cru bien né, dont l’élevage pourra continuer encore quelques mois pour un millésime 2026 encore meilleur !

Le site officiel de l’événement : Gravel Wine

Tenue Alé Women : un “Essential” pour les sorties d’hiver

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Tenue Alé Femme

Marque italienne reconnue mondialement, Alé se fait connaitre dans le cyclisme en 2013. Depuis plus de 12 ans, ses équipements sont designés en Italie et produits en Europe. Alé propose une collection de prêt à porter pour équiper les cyclistes amateurs jusqu’aux équipes pro, comme la team féminine Liv Alula. La marque Alé se démarquer sur le marché en explorant certaines niches, comme l’a démontré Patrick dans son test de sa panoplie cycling Klimatik. Ces dernières années montrent une montée importante du cyclisme au féminin. C’est ainsi que je vous propose de découvrir une tenue hivernale femme, pour continuer à enchaîner les kilomètres même sous des températures plus froides.
Photo de couverture de l’article par Michaël Buresi.

Tenue Alé hiver femme
Tenue Alé hiver femme au déballage – photo Cassandra Duméry

Cuissard long Alé Solid Essential Femme

Le cuissard Solid Essential Femme possède une coupe simple et fit. Il s’ajuste parfaitement au corps et le tissu utilisé pour sa fabrication est en microfibre stretch. Ainsi le cuissard est souple lors de l’enfilage. Le tissu intérieur avec son effet polaire est doux et amène rapidement une sensation de chaleur durant le pédalage. De ce fait, tout le cuissard est très respirant et évacue bien la transpiration.

Le dos du cuissard Alé Solid Essential remonte jusqu’en haut du dos et permet aux bretelles de bien tenir sur les épaules. En effet, l’hiver nous portons plus de couches de vêtements qui rendent les bretelles inaccessibles. En conséquence, il est important que le cuissard ne bouge pas une fois porté. De plus, La zone du dos possède un tissu technique mesh perforé : il permet une plus grande évaporation de la transpiration et sèche plus rapidement. Pour ma part, il est important d’être au sec lors des sorties hivernales.

Alé est une des rares marques à fabriquer elle-même ses peaux de chamois. Grâce à des études ergonomique, Alé réalise des peaux de chamois qui conviennent plus aux formes et points d’impacts du bassin féminin. Dans l’ensemble, je n’ai constaté aucune gêne provoquée par des frottements ou de mauvais plis du tissu ; ce qui pourrait être désagréable avec les coutures de cet insert. La densité du cuissard correspond à des sorties de moyenne distance. Pour ma part, une densité un peu plus grande aurait été un atout pour plus de confort.

À l’usage

J’ai pu tester le cuissard dans des régions froides et humides, telles qu’en Creuse et en Indre et Loire. L’humidité et le brouillard peuvent être redoutables sur le vélo. Finalement, aucun problème de cuisses engourdies n’a été constaté par cette météo où l’on avoisinait les 3°C. Dès les premières sorties, le confort du cuissard m’a agréablement surprise et aucune sensation de gêne au pédalage dû parfois à l’épaisseur de tissus trop raides. Personnellement, j’aurais aimé y trouver une fermeture éclair sur l’arrière du cuissard pour pouvoir aller aux toilettes aisément. L’hiver nous avons plusieurs superpositions de vêtements : un cuissard féminin devrait être adapté pour éviter d’avioir à les retirer pour un besoin naturel. Sur la durée, le cuissard Alé Solid Essential Femme est un produit agréable à porter qui permet d’affronter des températures froides sur des moyennes distances.

Veste manche longue Alé Follow Me Femme

Veste Ale Follow Me
Veste Alé Follow Me – photo Laurent Biger

Le maillot Alé Follow Me est fabriqué dans un tissu très souple, stretch et avec de fines coutures. Sa conception très ergonomique suit parfaitement les lignes du corps qui agit comme une “seconde peau”.

La veste possède une fermeture éclair très qualitative, recouverte par un rabat de tissu. Cela ajoute une légère protection face au vent qui pourrait pénétrer par là. Le col simple et fin recouvre le bas de la gorge pour éviter l’entrée d’air indésirable en mi-saison. De plus, le tissu du col passe bien au dessus de l’extrémité de la fermeture éclair, évitant le frottement avec la peau.

Les manches se terminent par une bande de tissu plus raide et large. Dans le temps, cela évitera une déformation et laissera une manche ajustée au bras. On trouve à l’arrière 3 poches non zippées suffisamment hautes pour y ranger toute sa panoplie nécessaire pour la sortie. Le maintien de la veste se fait très bien grâce à la généreuse bande silicone sur le bas intérieur de la veste. Celle-ci est suffisamment large et élastique pour ne pas gêner la pratique par d’éventuelles remontées de maillot sur le corps.

La veste est disponible dans d’autres coloris : bleu, violet et rose. Des couleurs plus vives et captivantes qui pourraient satisfaire les cyclistes qui souhaiteraient assortir leurs tenues à leur monture. C’est une attention qui peut s’avérer importante car cela reste un investissement à long terme.

À l’usage

Cette veste Alé manche longue Follow Me est un produit très qualitatif au look fit et féminin. Sa légèreté et ses lignes la rendent très agréable à porter lors des sorties. Alé propose 3 autres coloris différents (rose, bleu et aubergine) au design épuré, pour assortir son look à sa monture. C’est une veste légère, mi-saison, adaptée au moment où les températures sont encore très douces. Sa coupe très près du corps permet de la porter sous une veste thermique. Cela permet d’éviter de se compresser dans de grosses couches de vêtements tout en ayant une bonne isolation thermique.

Tenue Alé Cuissard Solid Essential Veste Follow Me
Une tenue qui répond aux exigences des entrainements – photo de Michaël Buresi

CONCLUSION

Dans l’ensemble, c’est une tenue agréable à porter et qui couvre une bonne plage de températures de la saison automnale jusqu’au printemps. En ce qui concerne l’hiver, bien sûr, le haut Follow Me qui est “fit” sera une excellente sous-couche sous une veste. Ce cuissard n’est pas conçu pour affronter la pluie, mais supporte quand même très bien le froid et le brouillard hivernal. Malgré une coupe très proche du corps, la tenue Alé suit très bien les mouvements corporels lors du pédalage, ne présentant aucune résistance lors d’entraînements un peu “sportifs”. Son prix reste abordable pour s’équiper d’une tenue qualitative qui permettra de passer un hiver dans de bonnes conditions lors de sorties clémentes.

Tenue Alé hiver femme
Dans l’ensemble, la tenue Alé est confortable à porter – photo Michaël Buresi

Comme un lundi : pas plus loin que le bout de mon nez 

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Le bout de mon nez

Chaque semaine, un billet d’humeur par un·e de nos rédacteur·rices. Aujourd’hui, Patrick.

Photo de couverture Patrick VDB : les pieds de lavandes, devenaient des rails...

Ça vous est arrivé de chercher une explication au-delà d’où elle se trouve ? Parfois on se livre à une batterie de recherches des plus complexes, alors que la cause est juste devant notre nez. Cette formule imagée par les centimètres d’une relative longueur nasale, m’a pris la tête un matin de balade au guidon de mon vélo mono pignon. On l’utilise souvent comme un reproche adressé à une personne qui manquerait de réflexion : « Mon pauvre ami, tu ne vois pas plus loin que le bout de ton nez… ». 

Le bout du nez
Route de la campagne aixoise – self photo Patrick VDB

Pour essayer de comprendre ce que je ressentais ce matin-là, presque honteux de vivre avec autant de plaisir cette banale sortie à vélo, j’ai cherché des citations qui tournent autour de cette expression populaire. La pensée de grands auteurs pourrait m’aider à voir justement au-delà du bout de mon nez. Vous allez rire, la meilleure réponse que j’ai trouvée est issue de l’IA. « Les mystères du quotidien s’évanouissent, lorsque l’on cesse de chercher plus loin que le bout de son nez et que l’on accepte l’évidence telle qu’elle est ».

Le bout du nez
Des rails de pieds de vignes guident mon regard vers le lointain décor des crêtes – self photo Patrick VDB

Eh oui, l’évidence de cette matinée c’était tout simplement que je savourais pleinement ma sortie en vélo. Sur ce parcours répété de nombreuses fois, j’aurais pu m’ennuyer, mais je découvrais encore des détails, des odeurs, des bruits. Une petite brise caressait mon visage, les rangées de vignes sans feuille et les pieds des lavandes, devenaient des rails sur lesquels roulaient des wagons d’émotions. La lumière de ce décor hivernal découpait à la serpe le premier plan du paysage et la brume lointaine floutait la montagne Sainte Victoire. Est-ce cette différence de netteté entre ce qui est proche et plus éloigné, qui ce matin-là m’a troublé ? Non, je ne crois pas… C’est tout simplement ce que l’ IA m’a rappelé. En fait, le mystère de mon quotidien est plus fort que mes rêves lointains, je ne veux pas qu’il s’évanouisse. Je peux vivre heureux et sans frustration sur mon petit parcours où je roule le nez au vent, dans le plaisir frustre que m’offre mon single speed. 

Sur Bike Café, on vit à vos côtés un quotidien fait aussi de plaisirs simples. On aime cette proximité et les histoires, qui derrière une apparente banalité, sont pour ceux qui les vivent une belle évidence. On ne se fixe pas d’échelle de valeur entre l’aventure vécue à l’autre bout du monde et celle qui est en apparence plus proche ou plus banale. Nous avons le plaisir de vous présenter parfois de lointaines aventures cyclistes, qui nous entrainent plus loin que le bout de notre nez. C’est agréable de voir que nos appendices nasaux sont de longueur variable et que devant la glace de l’évidence, on les trouve tous très beaux.    

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SOCA Cycles fabrique des vélos artisanaux à Caen

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Soca Cycles

La Soča est une rivière de Slovénie qui est considérée comme l’une des plus belles d’Europe. C’est aussi le nom que Simon Coulombier a choisi pour sa marque de vélo, en souvenir d’un voyage qu’il a fait dans cette belle vallée. Après un début dans le garage de ses parents, Simon vient de s’installer à Mondeville près de Caen. Cet ingénieur, qui aurait pu suivre sa carrière de concepteur de vélo chez Moustache, a choisi le retour sur ses terres normandes et la liberté de fabriquer ses propres vélos, pour une clientèle de connaisseurs.

L’artisanat est un long voyage. Pour Simon, il a commencé très tôt, un peu comme pour Brivaël Laurendeau, que j’ai interviewé récemment. Tout jeune, il bricole son biclou, mélangeant sa passion pour le vélo et sa curiosité précoce pour la mécanique. Avec des copains, qui comme lui pratiquent le VTT plutôt enduro, il devient le référent technique du groupe dans l’atelier qu’il a installé dans le garage de la maison familiale. Il suivra une filière scolaire classique : DUT, puis une école d’ingénieur en mécanique. Il avoue que ce cursus ne l’a pas passionné. Le seul avantage qu’il y a trouvé, c’est qu’avec ce bagage, il pourrait se rapprocher de son rêve : concevoir et construire des vélos. Cette formation va lui permettre d’entrer chez Moustache, après avoir obtenu son diplôme.

Simon raconte l’histoire de SOCA

C’était en 2018 et Moustache était alors en plein en plein boum… Concepteur de vélo, il va enfin pouvoir travailler dans l’univers auquel il a rêvé depuis l’enfance. Il va vivre de l’intérieur le développement de la marque des Vosges qui va passer de 30 salariés, au moment où il débute, à plus de 100 lorsqu’il la quitte. Il ira plusieurs fois à Taiwan et au sein de Moustache il va s’imbiber complètement de toutes les particularités de l’industrie du cycle. Tout cela aurait pu durer encore longtemps, mais l’idée de fabriquer ses propres vélos et sa vision du Monde l’ont poussé à sortir de l’industrie pour se lancer dans l’artisanat.

Soca Cycles
Ambiance atelier – photo Simon Coulombier

Les débuts de Soca Cycles

Simon possède des valeurs qui naturellement l’ont conduit vers cette filière artisanale. Le goût du travail manuel, la liberté de créer et un regard sur la façon de produire allaient le rendre plus heureux qu’une production en grande série. Il revient dans un premier temps dans le garage de ses parents après son départ des Vosges. Une sorte de retour aux sources, car ce lieu est celui des ses premières expériences mécaniques avec ses potes. Il fait l’acquisition d’un minimum de matériel pour se lancer dans la construction de ses premiers vélos, pour lui et ses copains. “J’ai fabriqué mes 3 premiers cadres SOCA dans le garage chez mes parents pour des amis et pour moi…” Ces premières réalisations confirment à Simon que sa conversion vers le métier de cadreur est ce qu’il veut faire. Il trouve un premier atelier et achète de l’outillage pour pouvoir proposer ses talents, cette fois à des vrais clients.

Il emménage ensuite dans un deuxième atelier dans les locaux du vélociste caennais “Rose cambouis” et la production devenant de plus en plus envahissante, c’est désormais dans un atelier plus vaste en banlieue de Caen, à Mondeville, que l’on peut rencontrer Simon. Sa réputation commence à se répandre : le bouche à oreille fonctionne et sa participation au dernier Concours de Machines a été récompensée par le prix de la meilleure solution de bagagerie, qu’il a partagée avec Gaëlle Bojko, la créatrice de “Cours s’il pleut”.

Soca Cycles
Simon et Gaëlle Bojko – créatrice de Cours s’il pleut, installée près du Mans – ont remporté le prix de la meilleure solution de bagagerie lors du Concours de Machines 2024 – photo DR

Créer son vélo SOCA

Soca cycles
L’étude d’un projet – photo Simon Coulombier

Simon travaille à la carte sur chaque projet. Pour faire construire son vélo chez lui, la démarche est simple. Il réalisera une étude posturale sur un “faux cadre” qu’il possède à l’atelier, ce qui va lui permettre de prendre les mesures et valider la position du client sur son futur vélo. Après validation du cahier des charges, le choix des tubes d’acier qui seront utilisés ainsi que celui des équipements, le travail peut commencer. Le goût du travail manuel de Simon, combiné à ses connaissances en matière de conception et des standards, permettent des réalisations soignées et adaptées aux différentes pratiques : voyage, route, gravel, VTT…

Soca cycles
Étude posturale sur un faux cadre réglable – photo Simon Coulombier

L’artisanat, tel que le conçoit Simon, permet de déconstruire un marketing basé sur la performance. La durée de vie, la réparabilité, le recyclage des cadres en acier a fait ses preuves au fil des années. Aujourd’hui le coût d’un vélo sur-mesure, sur la base d’un cadre fabriqué en France, est l’équivalent d’un beau vélo carbone. Pour pouvez contacter Simon via son site et les réseaux sociaux et voir ses réalisations. Une visite à l’atelier achèvera de convaincre.

Contacts :

Cannondale dévoile le SuperX, son nouveau vélo de gravel race

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Cannondale SuperX conçu pour le gravel race

Le fabricant américain a présenté officiellement son tout nouveau vélo conçu pour les compétitions de gravel. Le SuperX se veut l’héritier du SuperSix EVO SE (détenteur du meilleur chrono de l’histoire – 9h11′ pour 320 km sur la Unbound Gravel en 2024, aux mains de l’Australien Lachlan Morton). Un nouveau vélo, que nous vous présentons, qui est plus aérodynamique, plus confortable, bénéficiant d’une meilleure intégration et plus léger.

Cannondale SuperX conçu pour le gravel race
Le nouveau SuperX a un terrain de jeu de prédilection : la compétition – photo Cannondale

Le nouveau Cannondale SuperX : présentation

Cette nouvelle machine a déja connu son baptême du feu en participant l’an passé aux championnats du monde UCI de gravel. Alison Jackson (lauréate de Paris-Roubaix en 2023), Laura et Ted King ont couru avec le SuperX (37ème et 62ème place pour Alison Jackson et Laura King, respectivement et 124ème place pour Edward “Ted” King). Le Super X remplacera à terme le SuperSix Evo SE que notre contributeur Jean-Lin avait bien apprécié lors de son essai sur le Tour des Flandres.

Le nouveau SuperX se voit doté de plus de dégagement au niveau de la monte de pneumatiques : 48 mm et même 51 mm pour la fourche, avec un espace restant supplémentaire de 4 mm, de quoi pouvoir continuer à rouler vite même si la boue s’invite à la fête. À titre de rappel, la précédente génération était limitée à une monte de pneus maximale en 45 mm.

À noter, l’apparition d’inserts sur le tube supérieur pour y accrocher une sacoche dédiée. Une tendance qui se généralise depuis quelque temps sur certains modèles, et pas que sur ceux destinés à la compétition.

Le design de la douille de direction (Delta Steerer) offre à la fois une intégration totale de la câblerie ainsi qu’une surface frontale réduite, pour une meilleure pénétration dans l’air.

La géométrie “Outfront” associe un angle de direction ouvert (71° sur toutes les tailles, à l’exception de 70° sur la taille 46) à un déport de fourche de 55 mm, ce qui devrait augmenter la stabilité et le contrôle sur les terrains raides et meubles, tout en conservant la maniabilité vive dont vous avez besoin pour des changements de ligne rapides et des corrections de dernière seconde. Sur ce point, aucun changement par rapport au SuperSix Evo SE.

Cannondale SuperX géométrie
La géométrie du Cannondale SuperX – photo Cannondale

Sur le LAB71 SuperX, les ingénieurs de Cannondale ont réussi le pari de fabriquer un cadre de moins de 900 grammes (taille 56) grâce à l’utilisation d’un composite de fibres et de nano-résines encore plus avancé, doté de propriétés exceptionnelles de résistance à la traction et à la compression.

Cannondale SuperX vélo gravel race
Le SuperX Lab71 – le top de gamme de la nouvelle SuperX – est construit sur la base d’un cadre très léger (900 grammes en taille 56) – photo Cannondale

Le LAB71 se voit aussi doté d’un cockpit cintre/potence monobloc carbone. Un composant qui pourra être commandé en magasin pour celles et ceux recherchant un look totalement épuré.

Cannondale SuperX vélo gravel race cockpit monobloc carbone
Un cockpit carbone monobloc exclusif avec un prix également très élevé – photo Cannondale

Compatibilité transmissions : le nouveau SuperX est compatible avec les transmissions mécaniques et électroniques. Avec Shimano, il peut accueillir des transmissions monoplateau de 54 dents maximum et 50/34 en configuration 2x. Avec des composants SRAM, il peut accueillir une transmission monoplateau de 46 dents et 43/30 en configuration 2x.

Cannondale SuperX : 4 versions au choix

Le nouveau vélo de gravel race SuperX est proposé en 6 tailles (46, 51, 54, 56, 58 et 61) et 3 montages/niveaux de prix. Seul le LAB71, la version la plus haut de gamme est proposée en version kit-cadre.

Cannondale SuperX3 – 4 499 euros

Poids annoncé : 9,1 kg en taille 54

Cannondale SuperX3
Cannondale SuperX3

Le détail des composants sur le site du fabricant Cannondale SuperX 3

Cannondale Super X2 – 6 999 euros

Poids annoncé : 8,6 kg en taille 56

Cannondale SuperX2
Cannondale SuperX2

Le détail des composants sur le site du fabricant Cannondale SuperX2

Cannondale LAB71 SuperX


Kit cadre à 5 499 euros et vélo complet à 14 999 euros. Poids annoncé : 7,4 kg en taille 56.

Le détail des composants sur le site du fabricant Cannondale SuperX LAB71

Vous pouvez aussi consulter cette vidéo de présentation diffusée sur la chaîne YouTube de Cannondale

Comme un lundi : Esprit Gravel… es-tu là ?

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Bike Café

Chaque semaine, un billet d’humeur par un·e de nos rédacteur·rices. Aujourd’hui, Patrick.

Photo Patrick VDB : L’esprit gravel plane sur les marches de Notre Dame des Anges dans les Maures en 2016, pour Pierre et moi. Avec le premier gravel Giant Revolt et le CrossHill historique de Lapierre. Une première aventure en bikepacking entre Aix et Fréjus.

J’ai fait mes débuts en gravel en 2015, 10 ans déjà ! En roulant sur un Giant Anyroad, j’ai découvert des joies simples, découvrant sans limite (ou presque) un territoire où je venais d’installer ma nouvelle vie. Les pistes et les petites routes de la montagne Sainte Victoire m’attiraient, j’avais trouvé avec ce vélo le moyen de les sillonner. Le VTT ne m’a jamais emballé, trop lourd, trop compliqué et peu d’attirance pour l’esthétique de ces machines. J’en ai possédé un lorsque je pratiquais le Trail Running, mais c’était un moyen de soulager ma charge d’entraînement en course à pied, tout en restant en nature. Le vélo de route que j’avais à l’époque, chaussé de pneus de 25 sur de fragiles roues, n’osait pas s’aventurer en dehors des routes bitumées et bien lisses. Ce gravel est arrivé à point nommé : un territoire vierge pour moi devant mes roues, un outil pour le découvrir et un esprit d’aventure qui m’y a poussé. L’esprit gravel m’a immédiatement habité. Cette sorte de “Sainte Trinité” gravelistique devenait ma nouvelle religion. Le père étant le créateur de ce beau territoire, le fils le moyen d’aller le découvrir et l’esprit en serait la façon de vivre librement cette découverte. 

Esprit Gravel
En compagnie de Matthieu et Fabrice, guide sur le Tour de la Sainte Victoire, pour un reportage paru dans le magazine Cyclist – photo Damien Rosso

Lorsqu’en 2016 les réseaux sociaux se sont enflammés sur le phénomène gravel, certains se sont moqués de mon évocation un peu mystique pour tenter d’analyser ce phénomène. La formule « Esprit es-tu là ? », ça évoque un peu trop les tables qui tournent, lors de séances occultes. Les pragmatiques du vélo basique, VTT ou route, casque enfoncé jusqu’aux yeux, m’ont « trollé » sur les réseaux. La moquerie est souvent un réflexe, pour repousser l’idée de voir s’effondrer ses convictions. Comment oser, en matière de vélo, employer ce terme qui touche à la perception, l’affectivité, l’intuition, la pensée, le jugement, la morale ? Dans un monde vélo où il était habituel, depuis des décennies, de faire rentrer dans des “cases” des pratiques bien acquises, l’esprit n’est peut-être pas de mise. De toute évidence, le gravel était un intrus. À plus forte raison, l’esprit qui l’habitait n’avait rien à faire dans la réalité du monde cycliste. 

Esprit Gravel
Sur les pistes vers la Sainte Victoire, rouler sur un vélo en bambou de Gamory Cycles, ça fait rêver – photo Bike Café

J’ai fait la sourde oreille aux mises en garde, cultivant cet esprit – sans doute en moi – celui du gamin frondeur qui justement n’admet pas ce qui est établi ou conventionnel. C’est aussi l’esprit de curiosité, qui me pousse à tenter un chemin, sans savoir où il mène. C’est parfois une impasse, mais c’est souvent une formidable découverte sur le vélo, comme dans la vie. 

Esprit Gravel
Sous le regard de la Sainte Victoire avec Matthieu lors de l’essai du Salsa Warbird – photo Philippe Aillaud

Sur Bike Café, mes amis et moi, nous nous sommes mis à écrire pour partager avec vous cet esprit, qui est toujours vivace. Le gravel s’est installé commercialement et il s’est même segmenté : rando, aventure, race… Malgré ça, il garde un esprit partagé par ces différentes pratiques : un gravel reste un gravel, qu’il file comme l’éclair ou musarde sur les chemins. Il y a bien des déclarations que j’entends parfois, pour annoncer la mort du gravel qui ne serait qu’un vélo d’endurance route Allroad pour certains ou encore un VTT léger pour d’autres. Soit, il y a d’énormes ressemblances, je suis le premier à l’admettre, mais voilà l’esprit gravel est toujours là, il reste unique et raconte l’histoire de ce vélo qui a fait sauter les clivages.

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Strava l’a constaté : en 2024, nous avons fait la pause café

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pause café

Strava nous le confirme : le sport ne rime plus avec épuisement. Bonne nouvelle, qui va sans doute rassurer bon nombre d’entre-nous. Dans son décryptage annuel des nouvelles tendances 2024(*), Strava indique que les données enregistrées sur son site, montrent une forte augmentation du nombre de clubs et des activités en groupe. La recherche de liens sociaux semble devenir le principal moteur qui nous pousse à pratiquer une activité sportive. Cette évolution des comportements se concrétise par la participation à des activités en club (au sens Strava du terme) au niveau mondial, qui a augmenté de 59%.
Photo de bandeau, le comptoir de Pista Café – Patrick VDB.

Pause café
Photo Pierre Pauquay

Le sport, site de rencontres

La recherche de la forme physique se mêle à l’amitié. C’est ce qui est exprimé par 58 % des répondants. Ils ont déclaré avoir élargi leur cercle d’amis via des groupes sportifs. Près d’un sportif(tive) sur cinq de la génération Z (les personnes digital native, nées à la fin des années 1990), est même sorti(e) avec une personne rencontrée par le biais du sport. Ces “Gen Z” sont quatre fois plus enclins à vouloir rencontrer des gens ainsi, plutôt qu’au bar ou en boite de nuit. On m’avait dit que le vélo était devenu le nouveau golf, mais j’apprends qu’il est aussi le lieu potentiel d’autres types de rencontres. Ces activités en groupe ont comporté trois fois plus de pauses que les activités en solo. Elles ont augmenté de 13 %, reflétant une tendance à privilégier les conversations ou les pauses café durant les sorties.

Strava
S’arrêter pour admirer le Vaccarès – photo Patrick VDB

Ces statistiques sont décidément très intéressantes, car elles révèlent également une augmentation moyenne de 40 % de la durée des activités (course, vélo, randonnée), enregistrées dans un groupe de plus de 10 personnes, comparativement aux activités en solo. Pour le vélo, ce constat confirme l’engouement pour des distances plus longues qui, quand on roule à plusieurs, passent plus vite.

Pista Cycling Café
Pause café chez Pista Café – photo Patrick VDB

Strava, un réseau social sportif

Dénoncé par des “repentis” tricheurs, ce réseau social de la performance pourrait devenir le terrain de jeu de ceux qui manipulent leurs données pour gonfler leurs performances. Cette tendance 2024, qui met l’accent sur la quête de convivialité, démontre le contraire. C’est devenu “has been” de bomber le torse. Certains gros bras, qui utilisaient ce réseau comme la vitrine de leurs performances, ont vieilli et du coup, la disgrâce de la contre-performance les fait disparaitre de Strava. Parfois, certaines perfs outrageuses, sont simplement le fait du hasard d’un GPS, qui n’a pas été éteint lors du retour en voiture d’un entrainement. C’est flagrant et on en rigole tous. Pareil pour les vélos électriques, chacun analysera comme il l’entend la valeur de sa performance sportive.

Strava
Capture d’écran du bilan 2024 – source Strava

C’est curieux, et presque paradoxal, que la technologie participe à augmenter la dimension sociale du cyclisme. Les applications de suivi GPS et les réseaux spécialisés, ont dans ce domaine plus d’intérêt que les réseaux sociaux généralistes. Ces outils donnent envie de sortir, de rouler, de rejoindre les groupes à un point de départ, de regarder les parcours réalisés par les copains. Les échanges sont ici plus cordiaux, basés sur une passion commune. On échange les photos et les souvenirs qui vont avec. Les KOM (King Of Mountain) ont perdu de l’intérêt, mais il faut avouer qu’il n’est pas désagréable d’obtenir une “médaille” sur un segment, ce qui montre que vous avez battu votre record personnel sur cette portion.

Avec tous ces parcours, les traces communautaires se partagent, certaines pouvant néanmoins poser des problèmes de sécurité militaire (voir l’article du Monde). Il redonne au mot social une sincérité, qui est tellement factice par ailleurs. Ces clubs, ces événements, ces liens échangés en temps réel, chamboulent le monde du vélo. Certains me disent à quoi bon prendre une licence, s’habiller tous pareils, se voir sans se connaître, rouler pour rouler et ne pas s’attendre lors d’une sortie. Le succès des sorties en groupe sur Strava, c’est peut-être d’offrir un espace de rencontre pour partager une passion : pas de contrainte, c’est libre et gratuit.

Strava
Capture d’écran du bilan 2024 – source Strava

Puisque le café et la pause qui l’accompagne sont évoqués par Strava, on notera également que dans cette évolution sociologique du monde du vélo, il y a la multiplication des Cafés Vélo, qui proposent des “social ride”. Et si vous voulez faire une pause café virtuelle pour passer un moment avec nous, n’hésitez pas à vous inscrire à notre club Strava de Bike Café et à notre newsletter hebdo : gardons le contact.

(*) Strava a analysé les milliards de données uniques générées par sa communauté mondiale de plus de 135 millions de personnes réparties dans plus de 190 pays, en les combinant avec des informations issues d’un sondage global aléatoire mené auprès de plus de 5 000 sportifs, utilisateurs ou non de la plateforme.

Voir tous les chiffres du dossier 2024

Strava

Pédalier gravel Aerozine X18 : ajustable et exclusif

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Aerozine

Aerozine est une marque taïwanaise spécialisée dans la réalisation de pièces haut de gamme pour les vélos de piste, de route, VTT et gravel. Fondée en 2004, AEROZINE a fait de l’usinage de précision CNC sa signature technologique. Le nom AEROZINE dérive de « AERO » (aérodynamique) et « ZINE » (alliage/ingénierie). Le pédalier gravel Aerozine X18 Cold Mode se distingue par des caractéristiques enviables et surtout par un système qui permet de faire varier la longueur des manivelles. Il n’en fallait pas plus pour attiser la curiosité de Bike Café.

Pédalier gravel Aerozine X18 Cold Mod – photo Aerozine

Pédalier gravel Aerozine X18 Cold Mod : présentation et caractéristiques

Reçu dans un emballage soigné, ce pédalier brille par une finition de haut vol. Pour ce test, j’ai choisi un exemplaire en longueur de manivelles 165-170 mm (oui deux longueurs, vous comprendrez bientôt…) et équipé d’un plateau de 40 dents.

AEROZINE
Aerozine X18 Cold Mod – photo Laurent Biger

Un poids étonnant

Sorti de son écrin, je suis surpris de l’extrême légèreté en manipulant ce pédalier. Il faut dire que je viens tout juste de démonter un pédalier Shimano de la gamme GRX-600. Autant dire que c’est le jour et la nuit (tout comme leur prix, cela dit). Aussi, je commence par l’épreuve de la balance. L’affichage confirme ma sensation avec un poids d’environ 550 g (entretoises incluses).

Un pédalier parmi les plus légers du marché – photo Laurent Biger

Un pédalier fait d’aluminium CNC

Ce pédalier est entièrement fait d’aluminium. Manivelles, axe et plateau sont fabriqués selon les procédés d’usinage CNC. L’usinage CNC (Computer Numerical Control, en français Commande Numérique par Ordinateur) est un processus de fabrication dans lequel des machines commandées par ordinateur sont utilisées pour usiner des pièces en aluminium. L’usinage CNC permet de produire des pièces avec une grande précision, avec des tolérances de l’ordre du micron, ce qui permet de réaliser des pièces complexes. Cette technologie est donc particulièrement présente en mécanique de précision. L’axe de 30 mm de diamètre illustre cet usinage CNC, avec une finition exemplaire et une précision d’usinage parfaite (que j’ai vérifié au pied à coulisse sur toute sa longueur).

AEROZINE
L’usinage CNC s’est imposé pour les pièces mécaniques de précision – photo Laurent Biger

Le plateau

La découpe du plateau illustre ce qu’il est possible de faire avec la technologie CNC. Celui-ci est fait d’alliage d’aluminium 7075. Aerozine le propose en 40 ou 42 dents. Son dessin particulièrement ajouré participe amplement au faible poids du pédalier.

Plateau Aerozine Gravel – photo Aerozine

Par ailleurs, il est compatible pour des transmissions Shimano ou SRAM en 10, 11 ou 12 vitesses et disponible en plusieurs coloris plutôt originaux.

Plusieurs coloris, bien utiles pour personnaliser son gravel – photo Aerozine

Une longueur de manivelle ajustable

Hormis son poids et sa finition, qui sont exemplaires, voilà l’innovation principale de ce pédalier. Aerozine propose des manivelles dont on peut ajuster – plus ou moins – la longueur. Plus précisément, c’est le concept ALS pour Adjust Length System. Pour cela, il suffit de choisir le pédalier (ou seulement les manivelles) dans sa longueur de manivelle “maximale” souhaitée. Par exemple, dans mon cas, j’ai souhaité choisir 170 mm. Là-dessus, il faut choisir ensuite des interfaces (manivelle / pédale), par incrément de 5 mm / 3 mm / 2,5 mm / 1 mm / 2,5 mm.

Les interfaces permettant la variation de longueur de manivelles – photo Aerozine

Toujours pour mon exemple, j’ai choisi des interfaces de 5 mm, ce qui permet d’ajuster la longueur de manivelles entre 165 ou 170 mm, au choix. Bien sûr, vous l’aurez compris, ce n’est pas la manivelle qui s’allonge ou se raccourcit par magie, mais bien la position du filetage pour la pédale. Finalement simple d’un poids de vue mécanique, ce système est facile à mettre en place et très bien conçu (aucun jeu).

Caractéristiques du pédalier gravel Aerozine X18 Cold Mod

Si le poids, remarquable, a déjà été évoqué plus haut, voici les autres caractéristiques qui peuvent intéresser les lecteurs les plus aguerris. Ainsi, vous pourrez apprécier les données importantes, comme le Q-factor, ou la ligne de chaine.

Matériau Aluminum CNC
Couleurs disponibles pour les manivellesRouge, vert, or, bleu, violet, argent, noir (modèle testé)
Longueur de manivelles170-175 mm | 165-170 mm (modèle testé)| 160-165 mm | 155-160 mm | 150-155 mm | 140-145 mm | 130-135 mm | 120-125 mm
Interface ALS (Adjust Length System)5 mm | 3 mm | 2,5 mm | 1 mm
O.L.D (largeur de moyeux arrière requis)142 mm
Matériau et diamètre de l’axeAluminum / 30 mm
Boitiers de pédalier compatiblesBSA (30 mm) | BB92/90 | BB30 | PF30 | T47
Q-Factor149,6 mm
Interface pour le plateauType SRAM 3-vis Direct Mount
Compatibilité plateauTransmissions 10, 11 et 12 vitesses SRAM ou SHIMANO
Matière du plateauAluminum CNC
Tailles de plateau40 (modèle testé) ou 42 dents
Ligne de chaine50 mm
Couleurs disponibles pour le plateauRouge, vert (modèle testé), or, bleu, violet, noir
PoidsEnviron 550 g (selon les tailles et choix de plateau)

En complément, Aerozine propose plusieurs “spider” qui permettent d’utiliser des plateaux plus “traditionnels”. Pour exemple, le modèle ci-dessous est destiné à accueillir un ou des plateaux de type Shimano GRX.

Interface “Spider” pour plateau traditionnel de type BCD 110/80 mm, 4 bras, asymétrique – photo Laurent Biger

Montage du boitier de pédalier BlackBearing

En tout premier lieu, il est bon de se rappeler qu’entre un pédalier et son cadre il y a un boitier de pédalier. Un élément ô combien essentiel, puisqu’il assure la liaison mécanique entre les deux. En l’occurrence, ici c’est le Rondo Ruut CF2 G2 dont vous avez pu lire le test complet qui va accueillir ce pédalier. Sur ce vélo, le boitier de pédalier est au format T47, donc fileté. Plus précisément, au format T47A, pour Asymetrical. Ce qui se traduit par un roulement interne du côté gauche, et un roulement externe du côté droit. J’ai donc commandé un boitier T47A pour axe de 30 mm. Mon choix s’est fait sur un modèle à roulement acier de chez BlackBearing. Notamment parce que celui-ci est livré avec sa clé de montage.

Le boitier BlackBearing est accompagné de ses “spacers” et d’une clé de montage – photo Laurent Biger

De plus, BlackBearing est une société française. Par ailleurs, ce boitier est plutôt léger, et livré avec des entretoises (spacers) qu’il faudra utiliser au besoin.

Le boitier de pédalier BlackBearing sur la balance – photo Laurent Biger

Là dessus, la notice de montage est claire et compréhensible grâce à des schémas explicites. Le montage de celui-ci est très simple. C’est là un des avantages d’un boitier de pédalier fileté. L’outil livré avec ce boitier est à raccorder avec une clé à embout 1/2”.

Montage du pédalier gravel Aerozine X18 Cold Mod

En ayant au préalable bien compris les indications du document technique de Aerozine, le montage se fait sans difficulté particulière.

Montage du pédalier Aerozine – photo Laurent Biger

Pour autant, la faible tolérance entre l’axe et les roulements du boitier de pédalier exige d’être précis dans ses gestes, et dans la quantité de graisse à appliquer sur l’assemblage.

Si vous avez déjà monté des pédaliers Shimano, vous ne serez pas trop dépaysé par le montage de celui-ci. De plus, le document technique apporte toutes les précisions nécessaires.

Vue éclatée du pédalier Aerozine X18 Cold Mod – illustration Aerozine

Pour autant, si nous n’êtes pas très à l’aise en mécanique, je vous conseille de solliciter votre vélociste préféré. En effet, il serait dommage d’abimer une si belle pièce !

Le test terrain

Une des premières caractéristiques que je relève à l’essai est un Q-factor relativement faible. Comparé au pédalier Shimano FC-RX600-1 qu’il a remplacé sur ce Rondo Ruut CF2 G2, c’est l’affaire de quelques millimètres mais c’est notable. Du moins pour moi, qui suis très sensible aux réglages et qui ai toujours préféré les pédaliers au Q-factor les plus faibles. Pour mémoire, le Q-factor est la distance entre les points de fixation des pédales sur les manivelles, mesurée parallèlement à l’axe du boîtier de pédalier. La valeur de 149,6 mm me convient parfaitement. Cette valeur pourra varier – à la marge – en fonction du boitier de pédalier (via les spacers) et du cadre.

Le test terrain sur un groupe 1 x 11 vitesses Shimano GRX-600 – photo Laurent Biger

J’ai fait les premières centaines de kilomètres avec les interfaces du pédalier permettant une longueur de manivelles de 170 mm. Puis, le changement étant simple et rapide comme nous l’avons vu plus haut, j’ai basculé sur la position 165 mm (en ajustant la hauteur de selle en conséquence). Mais me concernant, je suis mieux sur la longueur précédente de 170 mm. Pour autant, pouvoir faire varier cette longueur aussi facilement pourra sûrement trouver des applications pratiques. Que ce soit tout simplement pour tester la valeur idéale, propre à chacun, ou l’adapter à certains usages. Pour ma part, j’ai constaté que mon cycle de pédalage avec des manivelles de longueur plus faibles que celle de la longueur théorique pour ma taille (172,5 mm), était plus “agréable” sur les parcours plats. En revanche, dans les ascensions à très forts pourcentages (>8 %), je me trouve plus efficace avec des manivelles plus longues.

Pédalier Aerozine sur le Rondo Ruut CF2 G2 – photo Cassandra Duméry

Par ailleurs, je n’ai constaté aucun craquement durant les 885 kilomètres avec ce pédalier et ce boitier de pédalier. Bien sûr, je ne manquerai pas de mettre à jour cet article quand le compteur de kilomètres aura tourné… Concernant le maintien de la chaîne, important en montage mono-plateau, ce pédalier Aerozine fait aussi bien que le pédalier Shimano FC-RX600-1. Bien sûr, dérailler occasionnellement est toujours possible, mais dans des conditions bien particulières. La ligne de chaine est cohérente pour un usage gravel sur des parcours ayant du relief, ce qui accroit la fluidité de la transmission.

Pédalier Aerozine X18 Cold Mod – photo Cassandra Duméry

Au bilan

Finalement, ce pédalier gravel Aerozine est une belle surprise. Une surprise, car l’innovation dans le domaine des pédaliers est rare. Ici, Aerozine propose un système simple mais ingénieux pour se permettre de changer facilement la longueur des manivelles. De plus, la finition est exceptionnelle, ce qui en fait naturellement un produit d’exception. Si le tarif semble élevé, il est finalement comparable à des produits concurrents dans la même gamme de poids. Ce pédalier gravel Aerozine X18 Cold Mod trouvera sûrement sa place sur des montages haut de gamme et personnalisés.

Site fabricant (seul point de vente à ce jour) : Aerozine Gallery – AEROZINE
Prix : environ 363 € en saisissant le code BikeCafe qui offre 20 % de réduction sur la commande directement sur le site fabricant.