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Pneus all-road/endurance tubeless Continental GP5000 S TR : un nouveau 32 mm route dans la cour des grands

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Continental Grand Prix GP 5000 S TR road cycling all-rounder all-road tyre tire
Les Continental Grand Prix 5000 S TR, de sacrés all-rounders - photo Dan de Rosilles

Désormais, la tendance de monter des pneus plus larges sur les vélos de route se confirme. Les routiers les plus “aéro”, qui ne juraient que par le 23 mm, n’hésitent plus à utiliser des pneus de 25 mm. Les adeptes de longue distance privilégient le 28 mm, voire le 32 mm, souvent en tubeless, particulièrement pour des pratiques all-road, bikepacking et ultra-distance. La tendance “enduroad” est désormais un élan que l’on ne peut plus arrêter.
Parallèlement à beaucoup de marques de vélos qui proposent des modèles entre route et gravel aux passages de roues de plus en plus généreux, les fabricants de pneumatiques mettent à leur catalogue des sections de plus en plus larges.
Continental ne déroge pas à la règle, et renforce sa présence dans ce créneau avec ce nouveau venu dans la famille Grand Prix 5000, le “S” Tubeless Ready. Nous avons donc décidé de tester ce “S” de 32 mm de section pour identifier ses terrains de prédilection et comprendre l’utilisation que les cyclistes sur route peuvent en avoir.

Continental Grand Prix GP 5000 S TR road cycling all-rounder all-road tyre tire
Belle gomme, cher Monsieur Continental… – photo Dan de Rosilles

S comme Spécial

Continental présente ce pneu comme particulièrement léger, rapide et solide des flancs. Pour ce qui est de la première assertion, il n’a pas à rougir face à la concurrence car avec ses 319 grammes pesés sur ma balance il s’aligne avec les Hutchinson Sector (315 grammes) et domine les Pirelli Cinturato Velo (350 grammes), tous deux d’excellents pneus “allrounders” que nous avions testés pour Bike Café ces derniers mois.

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À moins de 320 grammes, les GP 5000 S TR sont les champions poids-plume dans leur catégorie – photo Dan de Rosilles

Pour ce qui est de la rapidité et de la solidité, seul un test de terrain pourra nous fournir des éléments de réponse. Mais tout d’abord, penchons-nous sur la construction de ce pneu. Continental développe sa gamme GP5000 depuis quelques temps déjà (Anne avait testé les 5000 Transparent avec bonheur il y a quelque temps dans ces colonnes). En quoi ce “S” est-il différent de son frère aîné, le GP 5000 ?

Continental Grand Prix GP 5000 S TR road cycling all-rounder all-road tyre tire
C’est sur leur face intérieure que les GP 5000 S TR dévoilent toute leur particularité – photo Dan de Rosilles

S comme Squelette

Extérieurement, le motif “Lazer Grip” est le même, la gomme “Black Chili” et le film de protection “Vectran Braker” sont rigoureusement identiques… S’agit-il juste d’un effet d’annonce, d’un rafraîchissement de produit, d’un “coup de comm” ?
En fait, la réponse se trouve au plus profond du pneu, au niveau de son squelette. Alors que le 5000 “originel” propose une structure en 3 couches de 60 TPI chacune, le 5000 TR S n’en affiche que 2, mais beaucoup plus serrées, puisque en 110 TPI.

Continental Grand Prix 5000 technologies road cycling S TR all-rounder all-road GP
Même si de l’extérieur il est difficile de remarquer les différences entre le GP 5000 et le GP 5000 S TR, la construction de ces deux pneus montre bien des différences – captures d’écran site web Continental

Dans le premier cas, Continental propose un pneu très structuré avec trois maillages superposés pour un total de 180 TPI, alors qu’ici en seulement deux couches on arrive à 220 TPI… Cela permet d’obtenir un pneu à la fois plus léger, plus solide et surtout plus confortable car plus souple. Ce maillage qui court de tringle à tringle protègera bien sûr la zone de roulement, mais aussi les flancs du pneu.

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Je n’ai pas rencontré de difficultés particulières pour monter et faire claquer les GP 5000 S TR – photo Florent Santi

S comme Sérieux

Au sortir de la boîte, pas de surprise particulière, comme d’habitude chez Continental le pneu respire le sérieux. La surface est mate et un peu grise, ce qui indique la présence des silicates dans la gomme. Comme toujours, on retrouve les deux trous sur la bande de roulement, les fameux TWI (Tread Wear Indicators). Continental et Michelin intègrent ces indicateurs sur certains de leurs pneus pour vélo de route. Lorsque ces trous ne plus visibles, le pneu est usé et donc à remplacer.

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Ces deux petits trous sur la bande de roulement ne sont pas des défauts mais les TWI ‘Thread Wear Indicators” (indicateurs d’usure) chers à Continental – photo Dan de Rosilles

C’est sur son envers que le pneu marque sa particularité. L’intérieur montre des stries perpendiculaires à la bande de roulement, qui ont sans doute un rôle à jouer dans la répartition uniforme du préventif pendant qu’on roule. Au montage, je ne rencontre pas de difficultés particulières pour passer les flancs de la jante et faire claquer ce pneu tubeless. Mais avant d’aller rouler, je m’en vais voir mon ami Adrien Moniquet, forgeron d’argent et de titane à Maussane-Les-Alpilles, qui utilise ces pneus depuis quelques semaines déjà sur son Surly Steamroller.

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Adrien Moniquet pose avec son Surly Steamroller équipé des Continental Grand Prix 5000 S TR – photo Dan de Rosilles

S comme Sexy

C’est Sébastien Morin – qui propose sur son site BoostCycles une très belle et très étudiée sélection de pièces et de vélos – qui a monté ce pignon fixe “à la carte” pour Adrien. Il a choisi de l’équiper avec les GP 5000 S TR ; je lui demande ce qui a motivé ce choix :
« Adrien souhaitait rouler en tubeless avec son Surly Steamroller (un cadre très confortable et pouvant passer des pneus larges, NDLR). Pour le montage à la carte de son fixie, j’ai sélectionné un modèle de pneumatique route avec le cahier des charges suivant : Tubeless ready, section de 32 mm (pour s’accorder au mieux avec les capacités du Steamroller et apporter du confort), équilibre entre rendement, accroche et résistance ».

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Adrien ausculte régulièrement ses pneus – photo Dan de Rosilles

S comme Select

Sébastien ajoute : « À mon avis, le Continental GP 5000 TL est une véritable référence sur route. Mais c’était aussi pour moi l’occasion de sortir des sentiers battus puisque Continental ne fait pas partie de la sélection habituelle chez Boost Cycles. J’aime proposer des choix différents lorsqu’un montage à la carte l’impose. Je ne me mets pas de limite, si ce n’est celle de la disponibilité.»

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Le GP 5000 S TR équipe le pignon fixe d’Adrien Moniquet – photo Dan de Rosilles

Enfin, il conclut : « Le fait que ce soit un pignon fixe a influencé mon choix, dans le sens où le fixie implique des contraintes supplémentaires au niveau de la résistance. Or, le Continental GP 5000 TL a bonne réputation dans ce domaine.
Sur le moment, Adrien souhaitait utiliser son Steamroller uniquement sur route. J’ai donc sélectionné un des meilleurs choix possibles en tubeless pour son utilisation. Au final, la section intermédiaire permet de rendre le vélo très polyvalent et désormais je sais qu’Adrien s’aventure aussi sur les chemins avec son Steamroller.
»

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Mesuré à 32mm pile sur mes jantes, le GP 5000 S ne devrait pas vous jouer de mauvais tour si votre passage de roue est limite – photo Dan de Rosilles

S comme Surfaces

Il n’y a plus qu’à aller tester moi-même ce 5000 S TR. Devinez : je vais le tester sur mon pignon fixe !
Je dois dire que ce vélo a ma préférence pour les tests de pneus. Effectivement, le lien direct avec les roues, sans l’amorti du dérailleur et de la roue libre, permet de mieux sentir les qualités des pneus et les met à la torture.

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Comme en ce moment je roule en pignon fixe sans privilégier un terrain plus qu’un autre, c’est sur des parcours véritablement “tout-terrain” que j’ai mis les 5000 à l’épreuve. Des parcours roulants bien sûr, mais où les goudrons plus ou moins rugueux laissent parfois place à la terre, aux graviers, à l’herbe, aux galets… C’est dans de telles conditions qu’un pneu “all-rounder” doit faire ses preuves en matière de confort, de robustesse et de vitesse.

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Sur route, le GP 5000 S TR m’a semblé particulièrement rapide – photo Florent Santi

S comme Solide

Dans ces conditions, les pressions de gonflage sont bien sûr primordiales. Avec mes 66 kg, pour du 32 mm j’alterne des pressions plutôt “hautes” (4 Bars) pour optimiser la vitesse sur route, et je descends jusqu’à 3 Bars pour un confort optimum sur les chemins. Comme ses concurrents, le GP 5000 TR S ne déroge pas à la règle : la section de 32 mm offre une merveilleuse plage de comportements et une large palette de gonflages, capables de s’adapter à tous les besoins, tous les pilotages, tous les terrains. Cette section de 32 mm est, à mon avis, la plus polyvalente qu’on puise utiliser sur un vélo “all-roads”. Dans tous les cas de figure et à toutes les pressions, le GP 5000 TR S ne m’a jamais trahi, ni en terme d’adhérence, ni du point de vue de la solidité, car aucune crevaison ou problème n’est à signaler pendant ce test.

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Entre 3 et 4 bars, selon la pression choisie, ces GP 5000 S TR montrent toute leur polyvalence – photo Florent Santi

S comme Super

Malheureusement, mon planning de test de ces mois-ci ne m’a pas permis de dépasser, à l’heure où j’écris ces lignes, les 1000 km avec ces pneus, mais il est évident que je vais les laisser en place et les rouler encore longtemps. Après un peu plus de 500 km tout de même, une fine auscultation de la bande de roulement ne montre aucune lésion, si ce n’est des micro-coupures très superficielles, une paille au vu du régime auquel j’ai soumis ces pneus.

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Avec les GP5000 TR S, Continental signe un coup de maître, plaçant ces “all-rounders” haut-de-gamme au niveau de ses principaux concurrents. Sans doute plus rapides que les Pirelli Cinturato Velo et les Hutchinson Sector (je n’ai néanmoins pas d’outils de mesure objectifs pour affirmer ce qui reste donc une impression), je les placerai en seconde place pour le confort (derrière les Sector) et à la seconde place pour la solidité (derrière les Cinturato Velo). Mais là encore, ces deux classements sont à prendre avec des pincettes, car mon magnifique terrain de jeu Provençal n’est pas à proprement parler un laboratoire scientifique…

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Après plus de 500 km sur tous les terrains, les GP 5000 S TR ne m’ont jamais fait faux-bond – photo Florent Santi

Gravel bikepacking et single mania

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Gravel et single mania
Gravel et single mania

Quand on parle de single, en ce qui concerne le vélo, cela signifie que l’on roule avec un seul pignon sur la roue arrière. Il existe deux catégories qu’il faut bien distinguer : le pignon fixe et le single speed. Dans le premier cas il s’agit d’un entraînement en prise directe de la roue arrière, dans le second le pignon dispose du dispositif de roue libre. Dans les deux cas, mais dans des contextes différents, le cycliste qui fait ce choix du pignon unique, s’impose quelques contraintes qui peuvent surprendre les adeptes du dérailleur. Photo de couve, le vélo de Maxime Barat.

Essayons de comprendre pourquoi certains sont atteints par cette “single mania”, notamment dans le monde du gravel longue distance. Alors masochisme, philosophie ou simplement plaisir assumé ? J’en ai parlé à 2 illustres utilisateurs de ce type de transmission : Maxime Barat, qui a terminé avec le deuxième temps, devant beaucoup de “déraillés”, lors de la French Divide 2021, et Rémi Lequint (dit “Quinquin”), qui a bouclé la Sea to Peak 2021 sur son vélo made in “par lui-même”.

Un peu d’histoire

Comme vous le savez le vélo, dans sa forme actuelle, est une invention qui remonte au 19ème siècle. À l’origine ce vélo était un “single” et l’usage du dérailleur viendra plus tard dans le cyclotourisme et il faudra attendre la fin des années 30 pour le voir sur le Tour de France. Au fil des années, les pignons qui ornaient notre roue arrière se sont multipliés. Lorsque je roulais dans les années 80 avec 6 vitesses je pensais que l’on avait atteint le maximum. Aujourd’hui nous en sommes au double et nous avons même atteint le chiffre de la chance : 13… Est-ce une chance ?

Mon propos n’est pas nostalgique, mais je me souviens que dans nos périodes hivernales d’entraînements on roulait en pignon fixe pour se préparer à la saison de printemps. On faisait ça sur des distances courtes, en mettant l’accent sur la vélocité que cette pratique permettait de développer. Les techniques d’entraînements ont évolué et aujourd’hui peu de coureurs se préparent ainsi à l’ancienne.

Pourquoi faire compliqué, quand on peut rester simple ?

Aujourd’hui rouler en single ou en pignon fixe est devenu presque ringuard, alors que c’était “hype” au début des années 2000. Les légendaires coursiers à vélo, qui étaient à l’origine de cette mode urbaine, souffrent de problèmes de genoux et ils disposent maintenant de vélos confortables ou de vélos cargos électriques. Les “solistes” urbains du pignon arrière sont moins nombreux. Je perçois néanmoins un frémissement, qui annonce un retour vers la simplicité. Ce qui est le plus étonnant, c’est qu’il m’est venu d’un terrain où je ne l’attendais pas : les pistes du gravel bikepacking et même du gravel engagé longue distance.

Une tendance forte aux US

Encore une fois cette tendance nous vient des US, ce qui est normal au regard du nombre de pratiquants présents sur l’énorme marché du cycle de ce grand pays. Le média “Bikepacking.com” se fait régulièrement l’écho de ces étranges cyclistes, qui ont fait le voeux de sobriété en matière de pignons. Pour faire le lien entre les coursiers à vélo et les amateurs de single longue distance, je vous invite à relire le portrait d’Alexendera, que Fabian avait fait pour Bike Café. Elle a été “coursière”, avant de s’aventurer vers des parcours plus lointains. Elle roule sur un Chumba monté en Singlespeed, équipé d’un pédalier de 36 dents associé à une cassette de 19 dents. Alexendera roule en pédales plates, chaussée de grosses « boots », qui ne sont absolument pas destinées au vélo, et encore moins à de l’ultra.

Toujours aux US le couple Katie et Andrew Strempke s’illustre sur des VTT légers montés en SS en participant à des courses de folie. Cette année, la course “Pinyons and Pines” consacrait la fête des singlespeeds, avec dans les 5 premiers finisseurs 4 cyclistes roulant de cette façon. Andrew a remporté la course au général et Katie s’est classée troisième au classement général et a été la première femme à franchir la ligne. (infos et photo sur Bikepacking.com)

Single Speed Mania
Katie et Andrew Strempke 

Et en pignon fixe alors !

Alors là c’est plus rare … la longue distance gravel ou “off road” en fixe, c’est une autre affaire. C’est pourtant le choix qu’à fait ponctuellement un de nos chroniqueurs le plus actif : Dan de Rosilles en terminant la Pirinexus 360 avec un braquet de 37 x 15 (ratio 2.5) et 37 x 20 (ratio 1.9) en retournant la roue. Au passage, il réalise ce petit exploit sur un vélo vintage sur lequel les pattes arrières ont été modifiées, pour assurer la tension de chaîne.

Il a même récidivé sur la Veneto Gravel : 720 km et 4300 m de D+ en 37X17, Chapeau …

Portraits croisés

Pour illustrer cette “single mania” j’ai contacté 2 ambassadeurs en France de ce retour à la simplicité en gravel bikepacking. Rémi et Maxime. Tous deux sont des bikepackers expérimentés et leurs exploits, dans le simple appareil d’un pignon unique, sont remarquables.

Les points communs de leurs vélos sont nombreux. Il y a tout d’abord le guidon plat choisi, qui autorise plus de manoeuvrabilité, le choix de l’acier pour la solidité du vélo, le ballon des pneus qui apporte le confort et qui permet d’aborder tous les terrains, l’importante sacoche de triangle (8 litres pour Rémi) qui permet d’emporter l’équipement minimal, placé idéalement sur le vélo. Enfin, pour conclure sur ces similitudes, il y a ce simple pignon arrière, qui est le sujet de cet article.

Les vélos de Maxime et Rémi sont bien des vélos pour le bikepacking léger dans l’esprit gravel, même si le flat bar et le dimension des pneus les rapprochent de la silhouette d’un VTT.

Maxime

Maxime Barat et son Brother single speed
Vendredi 3 septembre, Musette organise une soirée pour parler de ma French Divide en monovitesse et vous présenter mon fidèle Brother Cycles BIG BRO.

J’ai commencé le pignon fixe en 2015, je faisais déjà des longues sorties sur route. Ça m’a toujours plu, mais pour moi c’était trop contraignant de voyager avec un seul pignon en fixe“, explique Maxime. Il délaisse la route pour s’orienter plutôt sur VTT et le gravel, jusqu’au jour où fin 2019 il casse son vélo de voyage et il ne trouve pour le remplacer qu’un cadre spécifique pour le single speed. Du coup le voilà reparti sur un pignon unique, comme ceux de ses potes à Bordeaux qui roulent pour beaucoup en single l’hiver. Le terrain là-bas est plutôt plat et sablonneux ce qui malmène les cassettes multi-vitesses et engendre des frais qui sont bien plus élevés que sur une transmissions single.

Lorsque Maxime décide de refaire la French Divide après avoir déjà participé en 2018 sur un MR4, il contacte le Bike Café Musette à Bordeaux. “Eux, comme ils sont anglais et américains, ils sont branchés sur ce type de machines. Quand je leur ai dit que je voulais faire la French Divide mais que je n’avais pas trouvé le vélo pour ça, ils m’ont dit : attend Max on va te trouver ça …“, me dit Maxime qui s’empresse à aller le tester dans un premier temps avec un dérailleur car ce cadre possède des pattes coulissantes compatibles avec les 2 types de montages. C’est seulement une semaine avant l’épreuve, mis en confiance par le kilométrage effectué précédemment sur son single perso, que Maxime décide de démonter le dérailleur pour prendre le départ en mono-vitesse. “Et je me suis régalé …”, me dit Maxime qui signe le deuxième temps de cette édition 2021.

Single mania le single speed de Maxime Barrat
Single mania le single speed de Maxime Barat

Sur la French Divide Maxime a roulé en 32 x 18 ce qui fait un ratio de 1,8. “Sur le plat je roule à 22 km/h, entre 12 et 22 je suis assis, entre 7 et 12 je suis en danseuse et en dessous de 7 km/h je pousse“, précise Maxime.

Le podcast avec Maxime

Le vélo de Maxime est un Brother Big Bro

Rémi

Le poids de la machine est un critère important pour Rémi “C’est du bon sens, essayez un vélo à 25 kg dans les chemins et un autre à 15 kg, vous verrez tout de suite la différence“, explique t-il sur son blog. Cliquez sur ce lien pour découvrir la Préparation du vélo de Rémi pour la Sea to Peak.

Le vélo de Rémi Lequint qu'il a fabriqué lui-même
Le vélo de Rémi Lequint qu’il a fabriqué lui-même – photo Rémi Lequint

Le vélo de Rémi est son RouBaiX qu’il a fabriqué chez Lafraise. Il est monté en 29×2.2 avec des roues RAR avec moyeu dynamo à l’avant et en single speed. Il dispose de deux ratios : 1.9 et 1.7 pour la plaine et la montagne. Le guidon droit est là pour différentes raisons, en single speed. Selon Rémi avoir un cintre large avec du levier est un plus : “C’est comme si j’avais 2-3 vitesses en plus. Ensuite j’aime vraiment la position dans le technique, j’ai plus de contrôle et freiner avec juste un doigt est vraiment un plaisir. Enfin, ayant eu une tendinite au coude, j’ai remarqué que le drop bar était en partie en cause, ça se passe mieux avec le flat“.

Single mania le single speed de Rémi Quinquin
Le montage single speed du vélo de Rémi : 2 pignons du même côté pour disposer de 2 ratios : 1,7 et 1,9 – photo Rémi Lequint

Lorsque Rémi aborde le sujet de son choix de transmission il admet une recherche  simplicité et de déconsommation, ajoutant que le pilotage est plus efficace, plus fluide, plus pur comme diraient certains. “Oui, il y a un côté anti-conformiste, mais ce n’est pas un choix aberrant, au contraire, il ne faut pas oublier que l’Highland Trail 550 s’est gagné en single cette année et que c’est un singlespeed qui fini deuxième sur le Tour Divide 2018. Comme quoi, en longue distance, le single a un réel intérêt par sa régularité induite, même si il demande une bonne préparation pour s’y adapter et comme on dit … », précise Rémi, ajoutant « Tout est possible en single, à vérifier … »

Le podcast avec Rémi

Nouvelles fourches titane route et gravel chez CEC

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La nouvelle fourche titane de CEC
La nouvelle fourche titane de CEC

Dans le monde du vélo le titane est considéré comme le “graal”, en matière de construction de cadres. Les montages que l’on trouve associent généralement à ces cadres des fourches en carbone. Des marques se sont quand même lancées sur le “tout titane” et elles proposent des fourches faites du même métal. Ces fourches présentent quelques avantages, et nous avons pu en parler avec Pierre-Arnaud Le Magnan, président de Chiru Bikes et de CEC (Carbon Endurance Components). Il se trouve qu’il va prochainement commercialiser deux nouveaux vélos qui pourront tirer parti de cette nouvelle fourche CEC en titane qui sera également dispo pour des montages sur d’autres vélos… et même sur des cadres en carbone.

Pourquoi une fourche en titane ?

La nouvelle fourche titane de CEC
Le titane permet d’amortir les vibrations de haute fréquence… Ici la version 400T sur un cadre Kunlun route – photo Pierre-Arnaud Le Magnan

Ce n’est pas uniquement pour faire joli que CEC propose une fourche en titane. Pierre-Arnaud explique cela très bien : “La majorité des vibrations sont transmises au vélo par l’avant et notamment par la fourche. Elle est fixée par un seul point (le pivot) au cadre et contrairement à l’arrière, tenu par les bases et les haubans, ce point d’ancrage unique se trouve être la source d’oscillations. L’idée était donc d’utiliser les qualités intrinsèques du titane pour absorber une partie de ces vibrations“. Une célèbre marque française de cadre de vélo en carbone a longuement étudié le confort vibratoire du cycliste et mis en évidence le rôle clé de la fourche sur ce point ; cela a mis la puce à l’oreille de Pierre-Arnaud. L’autre avantage est industriel. Plus besoin de développer un moule pour chaque longueur. “C’est intéressant notamment pour les lancements et les petites séries. Je prépare 2 nouveaux vélos qui bénéficieront de ces fourches. Je vais pouvoir facilement combiner tous les besoins de fixations, passages, angles… en fonction du besoin particulier de chaque modèle“, précise Pierre-Arnaud. L’idée est donc d’utiliser les propriétés du titane pour rendre le vélo plus confortable et plus moelleux que ce soit sur les routes ou sur chemins. Le titane permet de dissiper les vibrations des hautes fréquences, plus communément appelé “road buzz”. Avec sa masse volumique inférieure de 40% par rapport à l’acier ces fourches restent légères. Les fourches en acier sont aux alentours de 1,2 kg sur des cadres Surly par exemple, pour les modèles de CEC on démarre à 680 g sur le modèle route. L’avantage poids restera néanmoins aux fourches en carbone.

Confort et maintient de la rigidité

La nouvelle fourche titane de CEC
Les fourches roulent depuis plusieurs mois. Voici le modèle 430 qui assurera le passage de pneus larges. Ici avec du 2.2 – photo Pierre-Arnaud Le Magnan

Les qualités du titane peuvent devenir des défauts sur une fourche qui subit pas mal de contraintes et qui doit garder le vélo en ligne même lors d’un freinage puissant. L’effort asymétrique exercé sur le moyeu via le disque de freinage peut intervenir sur la réaction du vélo si la fourche est trop “molle”. Les premiers essais n’étaient pas très bons “Au freinage ça broutait sur nos premiers protos“, avoue Pierre-Arnaud. CEC a depuis résolu les soucis de comportement dynamique et ces nouvelles fourches ont passé haut la main les tests ISO. Les fourches roulent depuis plusieurs mois et Pierre-Arnaud lui-même les a testé dans les plus dures conditions.

La nouvelle fourche titane de CEC
Testée par Pierre-Arnaud lui-même sur les pistes en mode gravel montagne à Taïwan – photo Carbon Endurance Components

L’usage du titane permet de développer le concept d’intégration optimale… Les bikepackers seront ravis car ils pourront accessoiriser selon leur configuration favorite. “Les fourches carbone de route n’offrent pas habituellement toutes ces possibilités… Sur le titane nous avons plus de flexibilité pour proposer des points de fixation multiples ou du routage interne. La fourche CEC pèse 680 g en route et un peu plus en gravel (30-40 g sur le modèle 400T)… Sur la route, c’est impressionnant on a quelque chose qui est beaucoup plus doux, il y a vraiment une différence par rapport au carbone et on le sent immédiatement“, précise Pierre-Arnaud. Les chocs frontaux sont amortis et le confort sur les routes difficiles est assuré. 

Pierre-Arnaud est allé ensuite tester le modèle 430 sur une petite expédition en montagne à 3000 m avec des pneus en largeur 2.2. “Dès qu’on passait dans les parties techniques en descente, j’ai laissé sur place mes compagnons d’aventure qui étaient équipés plus classiquement… Sur ce type d’obstacles qui nécessite un pilotage hyper fin… Là c’est bon on peut fermer les yeux et garder des vitesses très élevées“, précise Pierre-Arnaud qui je sais possède une bonne expérience dans ce domaine : moi malgré ce super matos, j’ouvrirai les yeux 😉

La nouvelle fourche titane de CEC
La nouvelle fourche titane de CEC se monte aussi bien sur des cadres carbone ou acier. À noter les bossages arasants permettant de conserver un esthétisme raffiné – photo CEC

Sur le marché, les fourches carbone en longueur de 430 mm sont rares ; installer cette fourche – même sur un cadre carbone – peut devenir intéressant pour monter un “Monster”, sans aller jusqu’aux fourches plus hautes qui défigurent un peu les vélos. Avec une 430, la clearance sera augmentée et le “toe overlap” sera dégagé, même avec le montage de gros pneus. Le cadre doit néanmoins être conçu spécifiquement pour cette longueur de fourche. 

Les premières fourches arrivent, d’abord en modèle route et gravel. Sur la route, ces fourches présenteront l’avantage d’offrir du confort et de l’anti vibration sur toutes sortes de cadre. C’est bien sûr plus joli sur un cadre titane, mais on peut trouver un intérêt sur un montage mixte avec du carbone ou du titane, d’autant que sur des vélos qui nécessitent une belle intégration freins / éclairage le fait d’avoir un T de fourche conique totalement creux présentera quelques avantages pour passer câbles et durites. Le câble de roue dynamo pourra sortir sur le té de fourche, mais il pourra également passer à l’intérieur du tube de direction pour se connecter à l’interface de Sync avec la sortie USB… On retrouve cette même comptabilité sur des fourches en acier, mais pas sur celles en carbone. 

Prix et dispo 

Modèle #375T avec axe et accessoires : 710 €

Modèles #400T ou #430T avec axe et accessoires : 734 €

Infos sur le site : www.cecomponent.com

Exclu Bike Café : interview de Michael Horvath, CEO de Strava

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Nouvelles fonctionnalités 2022 pour Strava
Strava a réalisé une mise à jour importante de ses fonctionnalités en 2020.

Bike Café fait partie des rares médias à avoir pu interviewer Michael Horvath, CEO et co-fondateur de Strava. Ce dernier était de passage à Paris pour annoncer un nouveau partenariat de trois ans avec le Tour de France et le Tour de France Femmes avec Zwift.

Nouvelles fonctionnalités 2022 pour Strava
Michael Horvath, co-fondateur et CEO de Strava

Lors de cet entretien enregistré mercredi 23 mars, Bike Café vous communique le détail de ce partenariat et vous dévoile en exclusivité quelques nouveautés qui arriveront dans le courant de l’année pour enrichir les fonctionnalités de guidage, notamment sur la partie off-road (VTT & Gravel). Grégory Vermersch, responsable pour la France et l’Espagne, était également présent et s’exprime à la fin de l’interview.

Le podcast de l’interview

Strava en 2022 – le “réseau social et sportif” du vélo numéro 1


En 2022, Strava annonce quelques chiffres qui font tourner la tête et dont beaucoup de plateformes numériques aimeraient pouvoir se vanter :

  • 99 millions d’athlètes enregistrés sur Strava.com dans le monde entier ;
  • 40 millions de nouvelles activités enregistrées chaque semaine ;
  • Plus de 30 millions de “segments” Strava ;
  • Plus de 2 300 athlètes professionnels ;
  • Plus d’1 million de nouveaux membres qui s’abonnent chaque mois ;
  • Plus d’1,8 milliards d’activités enregistrées et plus de 9,6 milliards de “likes” (appelés Kudos sur Strava) donnés sur ces douze derniers mois ;
  • Plus de 16 milliards de kilomètres parcourus par les cyclistes en 2021 ;
  • Plus de 4 millions de photos partagées chaque semaine ;
  • Plus de 9,7 millions d’athlètes qui enregistrent de nouveaux records personnels chaque mois.

Un nouveau partenariat de 3 ans avec le Tour de France

Michael Horvath et Mark Gainey, les 2 fondateurs de Strava, ont officialisé ce mardi 29 mars un nouveau partenariat de trois ans entre l’application américaine et ASO, portant sur le Tour de France et le Tour de France Femmes avec Zwift. Strava évoque un nouveau “hub” de contenu, dédié à raconter l’histoire des coureurs à travers leurs téléchargements d’activités quotidiennes et leurs photos. Les fans pourront entrer dans les segments et revivre les meilleures performances de la journée, dynamisant et motivant leur propre poursuite sportive.

Concrètement, les utilisateurs de Strava, à la fois les membres Premium et ceux possédant un compte gratuit, pourront consulter les activités des cyclistes professionnels (statistiques de course, photos…) qui sont de plus en plus nombreux à utiliser la plateforme américaine. Pour info, 72 % des cyclistes professionnels engagés sur le Tour de France 2021 étaient présents sur Strava. A noter que 62 % des étapes gagnées sur le Tour de France 2021 ont été enregistrées sur Strava.

“Nous nous engageons à promouvoir l’équité et l’inclusion dans le sport et nous croyons fermement et soutenons l’avenir du cyclisme féminin.
Le Tour est l’événement sportif annuel le plus regardé au monde. Ce partenariat et les futurs événements sur Strava permettront à davantage de cyclistes, y compris le peloton féminin, de CRÉER DE L’ENGAGEMENT avec les cyclistes du monde entier, de nouvelle façon, et d’inspirer les cyclistes, quel que soit leur sexe, leur âge ou leur lieu de résidence.”

Michael Horvath, CEO et co-fondateur de Strava

En 2022, Strava continuera aussi d’ajouter un drapeau sur l’activité du cycliste pro ayant gagné l’Etape. 

Pas encore de grandes nouveautés cette année mais Strava annonce le lancement d’activations beaucoup plus importantes pour 2023, pour mettre en avant ce partenariat. Au fil de la discussion, Michael Horvath a révélé une information intéressante : Thierry Gouvenou, directeur technique du Tour de France et surtout responsable du mythique tracé chaque année, utilise Strava “parmi d’autres outils” pour créer chacune des étapes de la Grande Boucle ! Bien joué de la part du géant américain et dommage pour d’autres applications, comme le Français OpenRunner, pourtant à la pointe aussi en termes de développements techniques.

La création d’itinéraires, toujours payante mais un compte premium “enrichi”

La création de parcours ou itinéraires sous Strava (Section “Explorer”) est une fonctionnalité devenue payante en 2020 et qui le restera en 2022. A noter que l’abonnement est maintenu en 2022 à 7,99 € par mois ou 59,99 € par an.

Nouvelles fonctionnalités 2022 pour Strava
Proposition d’itinéraires vélos, sur la base d’une distance à définir.

Michael Horvath justifie ce choix pour des raisons de rentabilité financière mais aussi en raison de nombreuses nouvelles fonctionnalités, à venir, qui vont s’ajouter aux 80 nouvelles fonctionnalités lancées pour les abonnés payants ces 2 dernières années. Parmi les nouvelles fonctionnalités payantes lancées en 2020, citons les suivantes :

  • Le nouveau journal d’entraînement, qui comprend plus de 32 types d’activités ;
  • La possibilité d’ajouter des filtres permettant de classer son fil d’actualité et de voir les activités des autres usagers selon la distance, l’altitude, et le type d’activités ;
  • L’analyse de la condition physique mensuelle qui attribue un score à votre forme physique actuelle et la compare à celle du mois précédent, des trois mois, des six mois, de l’année et même des deux années précédentes ;
  • L’intégration des nouveaux fonds de cartes MapBox ;
  • Le réseau social a amélioré ses options de planification de route avec la possibilité de minimiser ou de maximiser le dénivelé et de choisir selon ses préférences de types de surface (goudronnée / chemin / n’importe quelle surface).

Si vous souhaitez le détail des nouveautés, améliorations et transformations de l’abonnement Strava en 2020, notre confrère Guillaume de Matos Vélo l’a bien expliqué dans son article de mai 2020.

Nouvelles fonctionnalités 2022 pour Strava
Le dénivelé, mis en avant par des coloris foncés sur cet itinéraire.

La stratégie de Strava face aux nouvelles pratiques (gravel, bikepacking…) et les nouvelles fonctionnalités à venir

“Notre approche face à la concurrence est de se concentrer sur l’expérience utilisateur et de développer de nouvelles fonctionnalités alors que d’autres acteurs du marché vont investir beaucoup pour de l’acquisition payante, par exemple” explique Michael Horvath. Ce dernier confie que ces dernières années, les investissements ont été majoritairement réalisés sur la route mais qu’à partir de 2022, les efforts vont se concentrer sur la partie “trail” ou “off-road”, que l’utilisateur pratique la course à pied, le VTT ou le gravel.

Nouvelles fonctionnalités 2022 pour Strava
Strava s’est fait connaître chez les routiers. 2022 marquera un tournant avec d’importants développements prévus sur le gravel et l’off-road.

Michael Horvath mentionne aussi le lancement cet été de la possibilité d’ajouter du contenu vidéo à ses activités

Lors de la création ou de la suggestion d’itinéraires, la cartographie va être également enrichie pour proposer plus de sections convenant aux pratiques route, VTT ou gravel. 

Il est également prévu de pouvoir ajouter un niveau de difficulté sur les segments, qui intégrera le type de revêtement et la technicité du chemin “off-road” emprunté.

Pas encore de guidage vocal, fonctionnalité présente chez Komoot, par exemple. Strava souhaite d’abord renforcer la partie de création d’itinéraires, en renforçant les points d’intérêts notamment.

Dernière nouveauté : Strava envisage aussi de développer un système de messagerie sécurisée pour que les utilisateurs puissent échanger plus facilement.

Michael Horvath, un néo-pratiquant de gravel

Interrogé sur sa pratique, le co-fondateur de Strava, a confié à Bike Café qu’il pratiquait le vélo de route, depuis sa région de San Francisco (Californie) mais aussi le gravel depuis le début de l’année.

“Le gravel a été une révélation. C’est une expérience totalement différente et j’adore ça. Il y a tellement de parcours propices à cette pratique où que vous alliez que cela rend le gravel vraiment génial. Je prévois de faire un premier petit voyage cet été dans le nord de la Californie”.

Un pratiquant de plus dans notre grande famille !

Plus d’informations sur Strava

Gravel Sobre Versatile, son nom lui va si bien

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Sobre Versatile

L’aventure de la marque et de la société Sobre Bikes commence en 2008. Laurent et Eric, passionnés de VTT depuis son avènement en France dans les années 80, tous deux férus de technique et de mécanique, imaginent et dessinent le VTT qu’ils aimeraient rouler et trouver en France. Avec une ligne directrice : la quête de la meilleure efficacité terrain et du meilleur rapport qualité/prix. Le premier prototype est réalisé en parallèle de leur activité professionnelle de professeurs de physique chimie et de mécanique.

Sobre Versatile
1er prototype du VTT Sobre avant le début de l’aventure en 2008, photo Sobre Bikes

À l’époque, en 2008, le carbone et l’aluminium régnaient en maître sur le marché et l’acier était devenu un matériau rare adulé par les aficionados de ce métal et les nostalgiques de sa belle époque. Ce matériau avait cependant des caractéristiques parfaites pour répondre à la question de l’efficacité en VTT et du rapport qualité/prix. Il permettait également de se démarquer de la concurrence sur un marché du cadre VTT acier, devenu un marché de niche. Laurent et Eric se tournent naturellement vers Taïwan pour la fabrication des cadres puisque le savoir-faire acier se trouve désormais là-bas et que la production de masse permet de proposer des cadres présentant un rapport qualité/prix imbattable. La conception et la définition de la géométrie est entièrement réalisée par Laurent, Eric s’occupant de la gestion et la partie commerciale. Ils sont basés dans le Beaujolais, un beau terrain de jeu très varié, d’où cette mention sympathique sur le vélo « Born in Beaujolais, Handmade in Taïwan ».

Sobre Versatile
Une maxime et un logo sympathiques, photo Hugues Grenon

Restait à trouver le nom. Des vélos efficaces, bien conçus et à l’excellent rapport qualité/prix, à la couleur unie, des vélos « Sobre » en quelque sorte.

Les VTT Sobre sont devenus au fil des ans des best-sellers pour les aficionados des VTT aciers à la géométrie joueuse et performante tel que le Dad, qui en est à sa 11ème version, le Cash ou le Off. Un modèle titane en 26 pouces avait même été commercialisé il y a une dizaine d’année. Acheter et rouler un Sobre permet d’avoir un vélo cohérent, efficace, solide et bien conçu pour un prix très bien placé. La vente se fait majoritairement via le site internet. Laurent est là pour vous conseiller et vous accompagner sur la taille adéquate. Mais elle peut se faire également via un réseau de revendeurs qui s’occupent alors du montage à la carte du vélo, si jamais vous n’êtes pas à l’aise en mécanique.

Laurent, qui navigue seul à la barre de l’entreprise depuis 2015, a décidé de lancer son modèle gravel en 2016, le Versatile, alors que ce type de vélo n’en était qu’à ses balbutiements en France. Mais la pratique, et surtout l’esprit d’aventure et de liberté procurés par ce vélo lui ont tout de suite plu.

Le Versatile arrive aujourd’hui à sa 5ème version, que nous avons pu tester grâce au café vélo « La Pince à Vélo » qui a réalisé un montage à la carte aux petits oignons en parfaite adéquation avec ce vélo.

Sobre Versatile
Olivier du café vélo La Pince à Vélo qui a réalisé ce montage aux petits oignons, photo Hugues Grenon

Définition de versatile : pour des objets, qualifie l’adaptabilité à un grand nombre de situations ou d’usages, polyvalent.
Voyons si le nom de ce gravel est en adéquation avec cette définition.

Les caractéristiques techniques et la géométrie

Le triangle principal est réalisé en tubes Reynolds 520 double butted (double épaisseur) et le triangle arrière en Cromo 4130.

Sobre Versatile
Des tubes de qualité, éprouvés et solides, photo Hugues Grenon

Des tubes solides et éprouvés, adaptés à l’esprit du vélo. Ils sont soudés au TIG (Tungsten Inert Gas), procédé qui permet d’avoir une continuité de matière entre les pièces assemblées car les tubes sont fusionnés entre eux avec le métal d’apport. Cette technique permet d’obtenir une structure solide, mais aussi de diminuer le temps de main d’œuvre car les soudures ne sont pas limées et doivent donc être réalisées parfaitement et nécessitent un grand savoir-faire. La qualité des soudures est réussie sur ce Versatile, grâce à l’expérience des faiseurs Taïwanais. Une très belle et qualitative peinture poudre cuite au four complète le tableau.

Sobre Versatile
De belles soudures TIG régulières recouvertes d’une peinture qualitative, photo Sobre Bikes

Le cadre est traité anticorrosion interne-externe, un très bon point que l’on ne retrouve pas systématiquement sur d’autres cadres aciers à des prix bien supérieurs, cherchez l’erreur. Chapeau-bas à Sobre sur ce point.

Le poids du cadre est somme toute correct : nous le verrons. Il permet d’obtenir un vélo au poids total raisonnable avec un montage cohérent. Nous l’avons pesé ici en taille M à 2215 g, visserie et patte de dérailleur incluses.

Sobre Versatile
Un poids du cadre tout à fait correct, photo Hugues Grenon

Les standards du cadre sont dans l’air du temps, tout est fait pour que l’entretien soit optimisé et peu onéreux :

  • Douille de direction classique en 44 mm permettant une fourche pivot conique ou droit ;
  • Tige de selle en 27,2 mm pour plus de confort ;
  • Collier de selle 29,8 mm livré avec le cadre ;
  • Possibilité de monter un dérailleur avant ;
  • Boîtier de pédalier 68 mm BSA ;
  • Freinage flatmount ;
  • Axe arrière 12×142 mm, en option ;
  • Patte de dérailleur démontable ;
  • Pneus de 700×42 mm ou 650×48 mm ;
  • Nombreux inserts : 3 porte-bidons (2 dans le triangle avant, 1 sous le tube diagonal) et 2 inserts sur le top-tube également pour visser une sacoche ;
  • Œillets et points de fixation pour porte-bagages et garde-boues ;
  • Couleurs : Noir brillant ou Olive ;
  • Passage des gaines semi-intégré : interne pour la gaine de frein arrière et apparente pour la gaine de dérailleur pour faciliter l’entretien.

 Quatre tailles sont désormais proposées contre 3 auparavant pour convenir à un maximum de cyclistes.

Au niveau de la géométrie, on reconnaît la patte experte de Laurent venant de l’univers du VTT. Un top-tube assez long bien dans la tendance afin d’assoir la position et la stabilité du vélo, un tube de selle très sloping et des bases très courtes à 424 mm pour optimiser la vivacité et les relances. La douille de direction est assez haute. Le stack est assez élevé. Le reach étant dans la moyenne, la position est plutôt relevée, donc confortable. Un bon compromis donc et une polyvalence – ou plutôt versatilité – pour ce gravel.

Sur le papier il doit donc être performant, joueur mais néanmoins confortable. Cela dépend évidemment aussi des équipements choisis.

Les équipements de ce montage à la carte

Sobre Versatile
Un équipement de bon niveau pour ce montage à la carte et cohérent avec ce Versatile pour en tirer le meilleur, photo Marc Planchenault

Le Versatile a été équipé des excellentes roues alu gravel Magad fabriquées par les monteurs artisanaux sarthois Roadborn que nous vous présenterons dans un prochain article. Des jantes larges, dans la tendance actuelle avec perçages asymétriques, équipées de moyeux à cliquets et rayons straightpull (droits), le tout chaussé des excellents pneus Tufo Speedero en 700×40 qui, malgré leur appétence pour les terrains roulants et secs, s’en sont honorablement sortis en terrain gras hors dévers et « montées impossibles ». Montage tubeless, of course, avec un claquage à la pompe à main déconcertant de facilité, ouf… Roues pesées à 1730 g la paire nue.

Sobre Versatile
Les excellentes roues Magad alu de chez Roadborn, monteur artisanal sarthois, photo Hugues Grenon

La transmission s’appuie sur l’excellent groupe Shimano GRX 810/812 avec un mono plateau de 40 dents et une cassette 11/42. Une denrée rare qu’Olivier de La Pince à Vélo a fini par compléter entièrement après quelques mois d’attente et de recherches auprès de différents fournisseurs, pénurie oblige.

La fourche a été proposée par Sobre Bikes. Une fourche en carbone Toray T700 très complète : passage interne, 3 inserts sur chaque fourreau, perçage pour l’éclairage, inserts garde-boue, 12×100 mm, pneus de 700×47 mm possibles, pesée à 570 g. Une fourche acier est également proposée (1146 g).

Les périphériques, potence et tige de selle, sont des classiques mais éprouvés Ritchey gamme Comp. Mention spéciale au cintre Ergotec gravel très ergonomique. Pour info, ce cintre est commercialisé sur le site du Cyclo.com (46,99 €).Selle perso Fizik Terra Argo X1 pour le test.

Au total le vélo est pesé, hors pédales et porte-bidons, à 9955 g, plutôt très bien pour un vélo acier avec un montage cohérent sans faire dans l’ostentatoire.

Sobre Versatile
Poids total un poil sous la barre des 10 kg, plutôt très bien pour un cadre acier avec un montage cohérent et performant sans être ostentatoire, photo Hugues Grenon

– Le cadre est vendu 525 €.
– La fourche carbone 299 €.
– Les roues Magad Roadborn sont proposées à 549 € dans cette configuration.

Ce montage à la carte a une valeur d’un peu plus de 3000 € TTC au total.

Un gravel performant, confortable et joueur

Sobre Versatile
Un gravel performant et joueur qui vous donnera un max de plaisir, photo Marc Planchenault

Le comportement du vélo est parfaitement en adéquation avec sa géométrie et son programme. Le niveau de performance est élevé, même étonnement élevé, au regard du poids du vélo, qui n’est certes pas une enclume mais qui n’est pas hyper léger comme le serait un alu ou carbone avec des équipements équivalents. Le Versatile ne demande qu’à accélérer et maintient sa vitesse de croisière aisément. Un très bon point. Les roues contribuent à ce comportement performant, ainsi que les pneus Tufo d’excellente facture et très roulants avec leur gomme souple.

Les relances sont très franches grâce aux bases très courtes.

Sobre Versatile
Des relances franches et efficaces grâce à des bases courtes, photo Hugues Grenon

Le confort n’est pas en reste, et correspond au niveau de la performance. Le vélo filtre parfaitement les vibrations et les chocs plus importants, que ce soit à l’arrière ou à l’avant. Le Versatile est un véritable tapis volant qui permet d’envoyer du kilomètre confortablement et à bonne vitesse.

La géométrie, typée VTT avec un sloping prononcé, permet d’enchaîner les singles sereinement. La maniabilité est au rendez-vous, on n’en attendait pas moins d’un gravel dessiné et conçu par une marque à l’ADN VTT !

La stabilité est rassurante que ce soit à haute vitesse ou dans les passages plus techniques. Le cintre Ergotec gravel, très évasé, est parfait pour une prise en main efficace. Une belle découverte.

Sobre Versatile
Une excellente maniabilité ce Sobre Versatile, photo Hugues Grenon

Un mot sur le groupe GRX haut de gamme qui est un régal d’ergonomie et de fonctionnement. Quelle souplesse et rapidité dans le passage des vitesses ! Le freinage est de haute volée, une fois le rodage effectué. Une valeur sûre, tellement sûre qu’il difficile de s’en procurer en ce moment au vu de son succès mérité.

Conclusion

Sobre Versatile
Un véritable coup de cœur pour ce Versatile, photo Hugues Grenon

Versatile, ce nom lui va si bien. Mais j’ajouterais que ce n’est pas qu’un gravel polyvalent, bon partout mais qui n’excellerait nulle part, bien au contraire. Ce Versatile est très performant tout en étant extrêmement confortable. C’est un véritable coup de cœur de mon côté et le plaisir a été au rendez-vous tout au long de ce test. Un vélo qui vous donne le smiley. Il vous permettra également de partir sur des voyages au long cours grâce à ses multiples inserts.
Il bénéficie d’une belle qualité de fabrication et de finition ce qui ne gâche rien. Ce Versatile sera un excellent compagnon pour un rapport qualité prix inégalable. A 525 € le cadre, difficile de trouver mieux. Il reste dans la lignée de l’esprit originel de Sobre Bikes : un max de plaisir pour un budget maîtrisé. Le montage proposé est assez haut de gamme mais en chinant des pièces d’occasion et/ou en baissant un peu en gamme au niveau du groupe et des roues vous pourrez faire diminuer le budget global si besoin.

Toutes les infos sur le site de Sobre Bikes

Retrouvez aussi plus d’informations sur le site de La Pince à Vélo

Histoire de vélo : le Jacques Mercet de Jean-Pascal

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Le Mercet de Jean-Pascal
Le Mercet de Jean-Pascal - photo Roland Cogotti

Histoire de vélo… Voici une nouvelle série d’articles – que nous voulons vous proposer mensuellement – pour vous présenter un vélo charismatique de la grande période : 1950 à 1980. Nous évoquerons son constructeur et surtout la destinée particulière de ce vélo, qui a suivi un chemin et créé une histoire, qui lui a permis d’aboutir chez son propriétaire actuel. Les vélos dont nous parlerons ne seront pas des vélos de décoration mais des vélos qui roulent : “not a wall hanger” comme disent les anglo-saxons. Comment la rencontre s’est faite ? Quel lien les a réuni ? (photo de couve Roland Cogotti avec l’accord de Cyclist France)

Dans les oubliettes de l’histoire

Le monde du “Tout voiture” des années 80-90 a fortement détruit l’industrie du cycle, mais il ce bouleversement n’a pas fait disparaitre totalement les marques qui existaient à l’époque. Certaines ont survécu et beaucoup sont italiennes : Colnago, Pinarello, Cinelli, Gios, De Rosa… En France, il existe aussi quelques rares rescapées : Bertin, Peugeot, Gitane… même si certaines, ont perdu l’ADN sportive qui les caractérisait. D’autres, qui étaient “mortes”, comme Méral et Dilecta, renaissent faisant remonter, sous une forme moderne, l’histoire d’un patrimoine oublié. Des ateliers artisanaux renaissent et s’organisent en association, pour présenter chaque année, dans le cadre d’un concours de machines, une vitrine de leur savoir-faire.

Dans cette tourmente industrielle, l’artisanat du cycle a été particulièrement malmené. Des petites structures ou de simples ateliers, reposant sur le travail d’un seul artisan sont tombés dans les oubliettes de l’histoire. Seuls quelques passionnés connaissent encore leurs noms et la réputation de leurs ouvrages. Essayons modestement sur Bike Café de faire revivre ces artistes, qui ont créé dans leurs ateliers de magnifiques vélos, que quelques collectionneurs passionnés possèdent encore.

Un petit tour en Suisse avec Mercet

Histoire de vélo Jacques Mercet
Jacques Mercet devant une de ses réalisations – photo collection A .Bertusi

Pour ce premier volet, concernant ces constructeurs de talent, je vous propose d’évoquer le suisse Jacques Mercet (1920- 2001) et d’illustrer son travail, par un vélo que possède un ami collectionneur. Mercet a été un coureur amateur en Suisse, dans les années 60. Ses résultats sportifs ont été très modestes car il y a eu la seconde guerre mondiale. Il a néanmoins remporté quelques victoires locales en vétéran. On retiendra surtout de lui, la passion qu’il a exprimée comme cadreur de vélos de course, dès le début des années 60. Il a été un pionnier de la recherche aérodynamique sur le vélo, en étant par exemple le premier à faire passer les câbles à l’intérieur des tubes de ses vélos. Il utilisait, en plus du Columbus, des tubes Ishiwata 017 ce qui n’était pas courant. C’est dans le sous-sol de son immeuble qu’il avait installé son atelier, réunissant plusieurs caves pour disposer d’une surface suffisante à la construction de ses cadres, et au montage de ses créations.

Histoire de vélo Jacques Mercet
Le dessin d’un cadre fait par Jacques Mercet est déjà une oeuvre d’art – photo collection A .Bertusi

Sa trajectoire professionnelle est singulière, car il était employé auprès de la Direction d’arrondissement des télécommunications de la région de Lausanne. C’est sur son temps libre qu’il fabriquait des cadres de vélos de course dans l’atelier installé dans son immeuble. Sa production était forcément modeste, mais néanmoins significative dans ces conditions. Le nombre de cadres construits par an était variable, de 10 à 30 dans les années 60 et 70. La dernière de ses créations date du début des années 1990.

Jacques Mercet cadreur suisse
Jacques Mercet, le cadreur Suisse – photo publiée sur le Forum Tonton Vélo

Sur le Forum Tonton Vélo, un passionné de l’histoire de Mercet s’exprime ainsi concernant ce cadreur atypique : “ Le temps passant, et au vu de la remarquable qualité de sa production (on parle de moins de 350 cadres uniquement sur mesure durant sa vie), la renommée arrive sans faire aucune publicité. Les amateurs et connaisseurs éclairés sachant reconnaitre et apprécier les mains de l’artisan, ou plutôt de l’artiste, faisaient la cour pour avoir un cadre sur mesure, mais cela ne suffisait pas, car Monsieur Mercet avait un caractère bien trempé pour ne pas dire autre chose et peu arrivaient à passer le seuil de son atelier.
Mercet était un artiste qui fabriquait des œuvres d’art, les vendant presque à regret et son atelier abritait même des cadres dont il ne voulait pas se séparer… Chez lui, quand on faisait partie du “club Mercet”, c’était comme aller chez un grand tailleur. Il prenait le poids et les mensurations exactes de tout le corps. Ensuite ces mesures étaient reproduites sur une planche à dessin avant la commande du matériel (acier Columbus, groupe Campagnolo, etc.) ; il n’était pas question de mesurer tubes et câbles au centimètre : c’était le millimètre qui était à l’honneur chez lui.
Tout était fait à la main, tout était ajusté dans une parfaite harmonie.”

Histoire de vélo Jacques Mercet
Mercet était un artiste qui fabriquait des œuvres d’art, les vendant presque à regret et son atelier abritait même des cadres dont il ne voulait pas se séparer… – photo collection A .Bertusi

Le Mercet de Jean-Pascal

Voilà encore une belle histoire de transmission, que nous raconte Jean-Pascal, le propriétaire actuel du Mercet, que nous vous présentons dans cet article.

Laissons la parole à Jean-Pascal qui nous raconte l’histoire de ce vélo.

L’historique du vélo

Ce vélo appartenait à Albert Beaume, un camarade de club de mon père, que tout le monde surnommait “Titi”. Dans les années 70-80 mon père roulait en FSGT au club des chantiers navals de La Seyne-sur-Mer. On était l’époque, où l’on fabriquait en France de nombreux paquebots, dans ces chantiers qui étaient de vraies ruches industrielles… Le week-end, les cyclos des chantiers revêtaient un autre bleu, celui en laine de leur maillot de vélo.

Ils participaient aux challenges de toute la région, et j’ai souvent suivi mon père sur des Marseille – Nice, le Tour de la Sainte Baume, la grimpée du Ventoux ou lors de l’organisation de son club : La Seyne-sur-Mer – Allos. D’ailleurs des années après j’ai pu réaliser cette belle sortie, en plus de ma saison en FFC. Mon père n’était pas peu fier de me présenter à ses anciens copains de club, dont le fameux Albert. Celui-ci était connu pour son goût très pointilleux sur la mécanique et ses vélos “tournaient ” comme des horloges. C’est peut être ça qui l’a conduit à commander ce vélo à cet “obscur” cadreur suisse… Allez savoir ! Au décès d’Albert, la troupe connaissant mon goût pour les vieux vélos et ma petite collection balbutiante, me proposa de récupérer l’un de ses vélos : ce Mercet.

J’ai terminé le montage en restant “period correct” – photo Roland Cogotti

Il était quasi complet, mais les roues, la selle et les freins avaient été troqués contre des composants nippons plus récents… J’ai alors commencé à chercher des informations sur ce cadreur. J’ai découvert qu’il était suisse. J’ai contacté l’administrateur d’un superbe site de collection suisse : vintage speed bicycles, qui m’a expliqué que ce cadreur était très peu connu, très élitiste et que même ses compatriotes en savaient peu sur lui. J’ai découvert quelques photos de cadres similaires sur internet, sans plus.

Le ressenti de Jean-Pascal

Histoire de vélo Jacques Mercet
Jean-Pascal sur son Mercet – photo Roland Cogotti

Ce vélo est aussi beau à voir qu’à rouler. C’est le genre de vélo qui te fait regarder très souvent ton ombre sur l’asphalte ! Narcisse ne m’en voudra pas, mais une telle mécanique, sur laquelle on se sent bien posé, c’est rare. La patte de l’artisan se fait ressentir, dès les premiers coups de pédales.

L’arrière très court, le rend réactif aux relances, et malgré son âge, il est encore difficile de le prendre en défaut au niveau de la rigidité. J’ai roulé par le passé sur des cadres soudo-brasés beaucoup plus souples, et certains même dangereux, tant la souplesse pouvait s’accompagner de vibrations dans la direction. Ici on sent une rigidité certaine, mais juste comme il faut, la motricité est bien présente. Malgré la mode à l’époque du tout en arrière, privilégiant le pédalage en force, ce cadre me permet de grimper très correctement, moi qui ne suis pas très puissant de nature.

Difficile de connaître la nature réelle des tubes, mais l’alchimie est là et le vélo est fait pour aller vite, restant utilisable pour bon nombre de cyclistes. Je le rapprocherais de mon Colnago Mexico niveau rendement, avec un petit moins au niveau facilité dans les courbes ou les descentes.

La restauration

Je me suis efforcé de rester dans une certaine cohérence d’époque avec cette touche vélo de chrono, inspirée par les gaines internes et les manettes de vitesses. Pour cela j’ai puisé dans mon stock où j’ai trouvé ces leviers profils CLB ultra lights et “period correct”, Campagnolo n’ayant à l’époque fait que quelques protos pour certains coureurs pros. J’ai eu la chance de dégotter une roue libre alu de la marque, ainsi qu’un bidon profil en parfait état. Les mâchoires modifiées pour un axe borgne sont restées présentes ainsi que les dérailleurs Campa Super Record toujours aussi diaboliquement beaux et précis. Les manettes courbées par Mercet et positionnées à l’abri des tubes demandent tout de même un peu de doigte et d’habitude pour les manoeuvrer.

La potence et le cintre sont d’origine avec cette ligne pantographée à l’intérieur de la potence. La selle était morte, j’ai opté pour une Concor qui renforce le côté Aero, je ne désespère pas de trouver un modèle profil. Les jantes évolueront sans doute vers des Wolber profil. La sortie de gaine arrière a nécessité l’utilisation de gaine ultrafine comme celle qu’utilisait Mercet.

Ses cotes

  • Longueur axes : 55,5 cm
  • Hauteur axes : 54 cm
  • Angle avant : 72,5°
  • Angle Tube de selle : 72,7°
  • Bases arrières : 400 mm
  • Axe boitier/axe roue avant : 59 cm
  • Bec de selle jusqu’au cintre : 52 cm 

Jacques Mercet créateur de vélos de rêve
Pionnier de la recherche aérodynamique sur le vélo, en étant par exemple le premier à faire passer les câbles à l’intérieur des tubes – photo Roland Cogotti

Depuis j’ai retrouvé d’autres vélos et des renseignements également par le biais de collectionneurs Suisses ou sur sur le forum “tonton vélo”. Merci à A .Bertusi Instagram @cycles_mercet pour les informations et les photos.

Histoire de vélo Jacques Mercet
Les marqueurs des cadres Mercet… finition du tube de selle, passage du câble de frein dans le tube horizontal – photp collection A .Bertusi

D’ailleurs, un de ces afficionados a participé au dernier concours de vélo en Suisse, je suis en rapport avec lui, il possède beaucoup d’archives Jacques Mercet qu’il publie sur Instagram. C’est un Mercet qui a s’est classé second derrière un Sablière à ce concours dans la catégorie prix du public, mais pas un des siens, preuve de l’engouement pour cet artiste cadreur.

Planète Gravel, un nouveau venu en kiosque

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Planète Gravel #1
Planète Gravel #1

Le succès du gravel auprès des cyclistes donne des idées aux éditeurs. Saluons aujourd’hui la naissance d’un nouveau magazine dédié à notre pratique préférée : Planète Gravel. Après les hors-séries de Vélo Vert et Cyclist, voici un troisième magazine qui arrive en kiosque, pour accompagner le développement de cette pratique devenue de plus en plus populaire.

Sur une autre Planète 

Le nom de ce magazine est particulièrement bien trouvé car longtemps, comme le souligne Richard dans son édito, les marques ont considéré que nous étions sur une autre planète, et qu’elle n’était pas assez peuplée pour vraiment les intéresser. Elles nous présentaient des vélos de cyclocross ou des “à peu près”, ça a bien changé ! Aujourd’hui nous sommes nombreux, et la sortie de ce magazine le prouve. Nous vivons une époque formidable : le choix en terme de matériel est pléthorique, les pratiques gravel sont diversifiées et cohabitent sans complexe. Imaginez une planète où règne la paix et dans laquelle le mot “liberté” est devenu un slogan. J’ai d’ailleurs retrouvé ce mot en page 23 dans le témoignage d’une pratiquante : Florence qui dit “J’aime le gravel parce que le sentiment de liberté est encore plus grand que sur la route“. Un bonheur par rapport à ce qui se passe dans le Monde actuellement. 

Planète Gravel #1
Liberté, ce mot en page 23 dans le témoignage d’une pratiquante…

Planète Gravel magazine donne le ton de cette pratique libertaire. On sent que le magazine est l’œuvre des “vrais” pratiquants. Il y a du matos, des conseils, des tests… c’est du pur “jus de gravel”, bien ancré sur le “off road”. Sur les photos, je n’ai pas vu beaucoup de bitume, ce qui m’a un peu frustré, moi qui aime les petites routes poétiques où l’herbe pousse au milieu. Dans une colonne, j’ai quand même noté ce que disait mon copain Alex, co-créateur de la Malteni, qui a évoqué un peu de pavés et de terrils.

Planète Gravel #1
Il y a du matos, des conseils, des tests… c’est du pur jus de gravel

J’ai aimé la rubrique “C’est mon gravel” qui donne la parole à un pratiquant présentant son vélo, et qui explique son cheminement dans cette pratique ainsi que ses choix matériels. C’est bien plus intéressant que le nombrilisme, non argumenté, de certains posts facebookiens 😉  J’aime également l’ouverture proposée par le magazine sur la compétition gravel… Eh oui, n’en déplaise à certains, la compétition a aussi sa place dans le gravel, surtout lorsqu’elle pratiquée de façon éthique, honnête et dans un bon esprit. Elle mérite à ce titre d’être un vrai sujet. J’ai aimé faire un tour dans le “Bourbier de la Midsouth” et ses chemins de terres rouges qui m’ont rappelé (en beaucoup plus gras) quelques pistes du Arles-Marseille du côté de Vitrolles. 

Planète Gravel #1
Avec Nico Le Carré j’ai pu faire un tour dans le Verdon de façon originale…

Page 66, j’ai découvert un portrait sympa de Vincent et de sa marque Batsoul. Avec Vincent on s’est connu alors qu’il avait co-fondé Velocoop à l’époque balbutiante du bikepacking, dont il a été un des pionniers en France. J’ai été heureux de découvrir ses nouvelles créations de sacoches. Avec Nico Le Carré, j’ai pu faire un tour dans le Verdon de façon originale… “L’avantage du bikepacking c’est que chacun peut le faire à son goût…“, dit-il, et je trouve qu’il a eu bon goût en associant vélo et kayak.

Bref, amis lecteurs de Bike Café je vous conseille de monter dans la fusée pour aller faire un tour sur la Planète Gravel. Pour l’instant ce N°1 est encore difficile à trouver chez les distributeurs, enfin moi j’ai eu du mal et j’espère que ce n’est pas le cas partout. Sinon, réclamez le à votre point de vente habituel il pourra sans doute le faire venir. 

Le #2 est déjà annoncé pour juin prochain. Il y aura 4 numéros par an pour rythmer toutes les saisons du gravel que l’on peut pratiquer toute l’année. 

Informations

  • Titre : Planète Gravel
  • Rédacteur en chef : Benjamin Lacoste
  • Editeur : Angy communication
  • Site web éditeur : https://www.editionsduchateauvoisin.com
  • Nombre de pages : 100
  • ISSN : en cours
  • Date de publication : mars 2022
  • Prix TTC : 5,95 €

Maxxis Ravager : un bon pneu Gravel pour l’hiver

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Maxxis Ravager
Maxxis Ravager (photo Laurent BIGER)

Bien que solidement implantée aux USA, Maxxis est une marque taiwanaise qui est devenue en l’espace d’une cinquante d’années un des leaders du pneu cycle. Maxxis fut un des premiers fabricants à proposer des modèles spécifiques à la pratique Gravel. Notamment le Maxxis Rambler, introduit en 2016 et que Patrick avait immédiatement testé. Aussi, je vous propose aujourd’hui mon retour d’expérience sur le plus cramponné de la gamme Gravel : le Maxxis Ravager, que j’ai pu tester dans la boue mythique de Verdun en cette période de dégel.

Maxxis Ravager Gravel Hiver
Les Maxxis Ravager dans leur domaine : un sol meuble ! (photo Laurent BIGER)

Présentation du Maxxis Ravager 

Distribué en France par Tribe, c’est la version SilkShield que j’ai reçue pour test, offrant donc des flans renforcés. A noter que cette version est tressée en 60TPI. Par ailleurs, une autre version en 120TPI est disponible au catalogue Maxxis, utilisant la technologie EXO. Bien évidemment Tubeless Ready, il est décrit par le fabricant comme étant un pneu à choisir « …lorsque les conditions sont inconnues, offrant une traction supplémentaire dans la boue et les sols meubles ». 

En premier lieu, j’ai vérifié le poids annoncé par le fabricant de 530 g. Finalement, j’ai constaté un poids de 510 g. Un écart somme toute négligeable et qui plus est, à notre avantage.

Poids pneu gravel
Poids du Maxxis Ravager (photo Laurent BIGER)

Ensuite, j’ai procédé au montage sur des jantes en carbone plutôt larges, en l’occurrence des Giant CXR1 de 25 mm de largeur interne. Le montage s’est réalisé facilement, avec notamment un claquage rapide et franc. Par ailleurs, les flancs sont parfaitement étanches et aucune porosité n’est à déplorer. Ainsi, une fois montés j’ai pu mesurer ces Maxxis Ravager à une largeur de 40,7 mm pour une pression de 2,5 bars.

Maxxis Ravager
Dimension du Maxxis Ravager (Photo Laurent BIGER)

Le test terrain du Maxxis Ravager 

En premier lieu, j’ai choisi de ne monter ce Maxxis Ravager qu’à l’avant, laissant à l’arrière un Maxxis Receptor. Entre les deux, c’est un peu le jour et la nuit, tant le Receptor parait slick à côté du Ravager. Pour rejoindre les pistes, j’emprunte quelques kilomètres de route qui font ressortir immédiatement le caractère bruyant de ce pneu Ravager. Cela étant, ce n’est clairement pas une surprise pour un pneu au dessin si cramponné.

Maxxis Ravager
Dessin du Maxxis Ravager, dans son élément naturel (photo Laurent BIGER)

En revanche, une fois sur les pistes, ce pneu exprime pleinement son potentiel et affiche un caractère affirmé. Les grandes pistes de Verdun ont l’avantage de rester praticables malgré une météo fréquemment humide. Aussi, je vais devoir m’en écarter pour trouver des chemins plus boueux. Pour cela, rien de bien compliqué, il suffit de quitter les pistes historiques qui jalonnent le champ de bataille de Verdun. Désormais sur terrain meuble (c’est peu dire…), je constate en premier lieu les limites très vite atteintes du Maxxis Receptor de ma roue arrière…

Maxxis Ravager
Conditions sévères où le Maxxis Ravager se montre plutôt rassurant (photo Laurent BIGER)

Me concentrant pour cette sortie sur le Ravager monté à l’avant, je ne peux que constater l’efficacité globale de ce pneu pour se guider dans les sols boueux. Même si ce n’est pas un pneu spécifique à la boue (il faut souvent aller dans les gammes cyclo-cross pour cela), ce Maxxis Ravager se montre efficace et même rassurant dans cet univers inhospitalier et gluant. En revanche, le Maxxis Receptor à l’arrière est lui totalement dépassé dans ces sévères conditions…

Maxxis Receptor
Dans ces conditions, le Maxxis Receptor monté à l’arrière est totalement dépassé (Photo Laurent Biger)

Un confort en retrait

Après cela, un autre essai avec ce Ravager cette fois monté aussi à l’arrière viendra confirmer ses prétentions à évoluer sur sols meubles. Grâce à un dessin bien conçu, la motricité se montre convaincante dans la plupart des situations. En revanche, le confort n’est clairement pas le point fort de ce Maxxis Ravager. Du moins dans cette version SilkShield. A vrai dire, ce n’est pas une surprise pour un pneu tressé en 60TPI. Quoi qu’il en soit, les flans se montre assez rigides, même autour de 2 bars. Cela étant, leurs protections semblent efficaces, bien que dans cette région les pierres sont rares et moins agressives que dans le sud-est par exemple, où je roule encore régulièrement.

MAXXIS RAVAGER
Technologie SilkShield et tressage 60 TPI

Côté longévité, je n’ai pas encore assez fait de kilomètres avec ces Maxxis Ravager pour me permettre d’en juger. Ainsi, je mettrai à jour cet article une fois plus de distance réalisée.

Les Maxxis Ravager sur la GravelMan Breizh

Entre-temps, mon ami Dom Petit m’a apporté son retour d’expérience. Il revient tout juste du GravelMan Series – Breizh où il a utilisé une paire de Maxxis Ravager. Ajouté aux quelques photos ci-dessous, je vous livre son témoignage à chaud après ces 300km en Bretagne :


“Terrain merveilleux pour tester des pneus. Gros bourbiers à souhait ! Malgré mon manque de maîtrise en pilotage, je trouve que les pneus gardent leur cap tout en évacuant bien la boue. Sur la route, ils roulent bien mais sont bruyantS. Difficile de tout avoir sur le même pneu ! Montés en tubeless et Gonflés à moins de 3 bars, c’était parfait pour le chargement du vélo et son pilote de 86kg. Aucune crevaison sur l’épreuve”.

Dom Petit (GravelMan Series – Breizh : Édition #1)

Au bilan

Finalement, ces Maxxis Ravager sont sans surprise. Comprenez par là qu’ils répondent présents là où les attend, à savoir se montrer efficace sur les sols meubles. Et c’est effectivement le cas ! En revanche, dans cette version SilkShield, aux flans particulièrement renforcés, il faudra faire l’impasse sur le confort, qui se montre fort logiquement en retrait sur cette version tressée en 60TPI. Quoi qu’il en soit, c’est un pneu à considérer si vous pratiquez le Gravel dans des régions aux conditions climatiques contrastées, à fortiori si vous roulez également l’hiver. De plus, son montage à l’avant (où il excelle) complété par un pneu plus roulant derrière peut aussi être un excellent choix !

Caractéristiques Maxxis Ravager SilkShield TR :

Yuzzu Gravel Series : le calendrier 2022

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Yuzzu Gravel Series

En premier lieu, les Yuzzu Gravel Series ont vu le jour en 2021, en pleine crise COVID et à la suite de l’annulation du Roc d’Ardenne où figurait une épreuve Gravel. D’ailleurs, pour tout vous dire, j’étais complètement passé à côté de cette séries d’épreuves Gravel dont certaines étaient pourtant proches de nos frontières. Quoiqu’il en soit, la Belgique, terre de vélo, se voit pour la deuxième année consécutive l’hôte des Yuzzu Gravel Series. De plus, une des épreuves accueillera une manche des Gravel World Series, à seulement 1h de route de notre frontière !

Yuzzu Gravel Series
Yuzzu Gravel Series 2022

Aussi, il me semblait bien utile de vous présenter les cinq épreuves belges qui composent ces Yuzzu Gravel Series, à travers les descriptifs que nous a communiqué l’organisateur Golazo.



Hesbaye Gravel

Yuzzu Gravel Series
Hesbaye Gravel


Tout d’abord, le lundi 18 avril 2022 (lundi de Pâques), les Yuzzu Gravel Series font escale à Jodoigne dans le Brabant wallon pour le tout nouveau Hesbaye Gravel. Les adeptes du gravel peuvent s’attendre à une magnifique journée offroad le long des champs vallonnés de Hesbaye. De jolis villages tels que Jauche et Beauvechain vous procureront instantanément une sensation de vacances. Tout le monde trouvera son bonheur avec des itinéraires de 50, 90 et 130 km. D’ailleurs, les débutants comme les expérimentés auront l’occasion d’opter pour un itinéraire à leur niveau.


Abdijentocht Gravel

Yuzzu Gravel Series
Abdijentocht Gravel


Puis un mois après la randonnée découverte en Hesbaye, soit le dimanche 22 mai, les Yuzzu Gravel Series s’arrêtent cette fois en Campine. Ainsi, l’Abdijentocht Gravel donnera lieu à une randonnée de gravel paradisiaque reliant les abbayes d’Averbode, Postel et Tongerlo. Successivement sur des chemins en gravier, des sentiers forestiers, des chemins de halage et des routes non asphaltées. En faisant du vélo parmi les moines, le gravel sera une vraie religion l’espace d’une journée.


Grit ! Gravel Fest Pajottenland

Yuzzu Gravel Series
Grit ! Gravel Fest Pajottenland


Ensuite, le samedi 18 juin, le Grit ! Gravel Fest lancera l’été. Après le Hageland en 2021, le coeur du Pajottenland, au sud-ouest de Bruxelles dans la province du Brabant-Flamand, fait office d’épicentre en 2022. Ainsi, le paysage vallonné mettra un peu plus les mollets à l’épreuve. Avec en chemin des panoramas enchanteurs en guise de récompense. Grit ! , la plateforme digitale de gravel, ravira les participants avec différents exposants du monde du gravel. Aussi, il sera possible de tester les nouveaux vélos de gravel auprès des marques présentes.


Houffa Gravel

Yuzzu Gravel Series
Hoouffa Gravel


Le Houffa Gravel fut le rendez-vous d’ouverture de la première saison des Yuzzu Gravel Series en mai 2021. Pour la deuxième édition, l’événement de gravel dans les Ardennes déménage à la fin du mois d’août. Plus précisément le samedi 27 août. Pour une bonne raison puisque figure au programme du lendemain à Houffalize l’UCI Gravel Fondo ! Les amoureux de gravel peuvent donc déjà réserver leur week-end en Ardennes. Les mètres de dénivelé ne manqueront bien évidemment pas lors du Houffa Gravel, durant lequel vous serez aussi plongé en pleine nature.


Nationaal Park Gravel

Yuzzu Gravel Series
National Park Gravel


Enfin, le Nationaal Park Gravel à Maasmechelen clôture la saison le samedi 24 septembre. Le Parc National de la Haute Campine, le seul parc national du pays, est un vrai joyau bien trop méconnu. D’ailleurs, on pourrait se croire en Scandinavie : de grands lacs, des forêts à perte de vue, des vues enchanteresses et des ascensions difficiles. Le Nationaal Park Gravel fait l’effet de montagnes russes dans la nature limbourgeoise. De plus, comme l’événement est prévu un mois plus tôt qu’en 2021, vous profiterez (avec un peu de chance) d’un véritable été indien.


CALENDRIER DES YUZZU GRAVEL SERIES 2022 :

  • Lundi (de Pâques) 18 avril : Hesbaye Gravel
  • Dimanche 22 mai : Abdijentocht Gravel
  • Samedi 18 juin : Grit ! Gravel Fest Pajottenland
  • Samedi 27 août : Houffa Gravel
  • Samedi 24 septembre : Nationaal Park Gravel
  • Infos & inscriptions : www.yuzzugravelseries.be

Valves tubeless Reserve Fillmore : enfin le haut débit !

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Reserve Fillmore Tubeless high flow valve
Valves tubeless Reserve Fillmore - photo Dan de Rosilles

Les pneus sans chambre (tubeless en anglais) ont conquis bon nombre de cyclistes, particulièrement dans le monde du tout-terrain et du gravel. Cette méthode de montage réduit les risques de crevaisons et de pincements et permet de “rouler confort” avec moins de pression dans les pneus.
Dans l’intention de simplifier la mise en œuvre du tubeless et sa maintenance, les fabricants rivalisent d’ingéniosité et inventent de nouveaux équipements, plus ou moins efficaces, plus ou moins pertinents. On voit se développer des pneus spécifiques, des cercles sans trou au fond de la jante et désormais sans crochet, des liquides préventifs de toute sorte, des outils de montage et d’entretien et des kits de réparation de plus en plus élaborés…
Reserve Wheels, une marque spécialiste des roues en carbone pour le VTT (fondée en 2014 par des ingénieurs de Santa Cruz Bicycles), propose pour sa part une valve réputée imbouchable et à très haut débit d’air, la valve Fillmore. Pour en savoir plus, Bike Café a gonflé ses poumons et a soufflé sur la braise, pour voir jusqu’à quel point cette nouvelle valve pouvait mettre le feu.

Reserve Fillmore Tubeless high flow valve
La valve Fillmore de chez Reserve, sous tous les angles – captures d’écran site web Reserve


Au commencement était la valve Presta

La valve Presta est le standard qui équipe majoritairement les chambres à air des roues de 650b et 700 utilisées sur route et en gravel. C’est donc la valve qui a été adoptée pour les montages tubeless. Faisant directement corps avec la jante, la version tubeless reprend les caractéristiques techniques d’une valve Presta standard, à savoir une tige de valve externe et un corps de valve interne, un “obus de valve”, équipé d’un petit joint caoutchouc qui vient fermer la valve lorsqu’il est repoussé vers le haut par la pression de l’air.

Reserve Fillmore Tubeless high flow valve
Avec ou sans capuchon, ici dans un montage tubeless, la valve Presta équipe la grande majorité des roues de route et de gravel – photos Dan de Rosilles

Mais ce qui fait l’efficacité de la valve Presta est aussi sa faiblesse, car en tubeless on utilise du liquide préventif, dont le rôle est de s’infiltrer partout où l’air s’enfuit pour colmater les trous. C’est donc tout naturellement que le liquide préventif a la fâcheuse tendance à obstruer les valves Presta.

Artères bouchées

Reserve Fillmore Tubeless high flow valve
Le préventif fait sont travail de colmatage à des endroits où il ne faudrait pas – photos Dan de Rosilles

Bien sur, on peut limiter cet inconvénient, tout d’abord lors du montage d’un nouveau pneu, en évitant d’introduire le liquide par la valve, mais plutôt par un flanc du pneu qu’on aura réouvert pour l’occasion ; mais c’est bien dommage (et parfois risqué) de réouvrir un pneu qu’on vient à peine de faire claquer…

Ensuite, il faut s’appliquer à placer ses valves à 45° lorsqu’on gonfle, dégonfle, ou stocke son vélo pour une longue période, car c’est dans cette position que le liquide aura le moins tendance à “coloniser” la valve. On peut aussi régulièrement démonter l’obus de valve pour le nettoyer avec un chiffon imbibé de WD40, ce qui limitera l’accumulation de latex au bout de l’obus.

Reserve Fillmore Tubeless high flow valve
Pour gonfler ou dégonfler un pneu tubeles ou stocker le vélo il est préférable de mettre les valves à 45° pour éviter qu’elles ne se bouchent – photo Dan de Rosilles

Mais malgré toutes ces précautions, au fil du temps les valves se bouchent en partie, et le regonflage devient fastidieux, avec un tuyau de pompe qui monte en pression et l’air qui passe au ralenti dans le pneu, ce qui empêche de lire clairement sur le manomètre de la pompe quelle est la pression qu’on a réellement mise dans le pneu.

Reserve Fillmore Tubeless high flow valve
Le préventif a tendance à obstruer le corps des valves Presta – photos Dan de Rosilles

La solution Fillmore

C’est pour éviter cette situation particulièrement énervante que Reserve a développé la valve Fillmore. L’astuce consiste à avoir imaginé un corps de valve sans obus, juste traversé par une fine tige qui vient actionner un clapet situé en bout de valve. C’est simple ; presque primitif, mais finalement assez efficace. Même si le liquide a tendance à s’accumuler “au pied” de la valve comme avec les systèmes habituels, le large clapet équipé d’un joint torique évacue les conglomérats et rétablit sans peine une circulation d’air maximale.

Reserve Fillmore tubeless high flow valve
Les valves Fillmores ont été conçues pour être plus performantes que les valves Presta – capture d’écran site web Reserve

Du coup, un excellent débit d’air est garanti pour toutes les opérations qui le nécessitent : pour faire claque le pneu par exemple, moment fatidique où il n’est plus besoin de démonter l’obus de valve Presta pour faciliter le débit brutal du compresseur. Idem lorsqu’on introduit le liquide préventif, rien ou presque ne lui permettra de s’agglomérer dans le corps complètement creux de la valve Fillmore.

Dans les détails

Même si les valves Fillmore sont très intéressantes dans le sens qu’elles sont les championnes incontestables du haut débit, restent des petits détails que vous devez prendre en compte avant de décider si vous devez vous équiper ou non de ces valves.

Reserve Fillmore Tubeless high flow valve
Attention de ne pas perdre le capuchon d’une valve Fillmore : certes, il permet des micro-ajustements de pression, mais surtout, il est indispensable pour assurer la fermeture de la valve – captures d’écran site web Reserve

Tout d’abord, le système “micrométrique” de purge, grâce aux capuchons de valves qu’on dévisse à peine pour laisser passer un fin filet d’air, est très efficace, mais prenez garde à ne pas perdre ce capuchon lorsque vous devrez le dévisser entièrement pour regonfler votre pneu.
Effectivement, ce capuchon est spécifique aux valves Fillmore, il est impossible de le remplacer par celui d’une valve Presta traditionnelle. Si vous le perdez, plus rien n’empêchera le pneu de se vider au moindre appui sur la tige de valve. Avec une Presta, on n’a pas besoin du capuchon, il suffit de serrer l’écrou situé au sommet de l’obus de valve pour empêcher celui-ci de descendre et l’air de sortir. Avec une Fillmore sans capuchon, la moindre sollicitation de la tige centrale permettra à l’air de fuiter.

Reserve Fillmore Tubeless high flow valve
Non démontable et plus fin qu’une base de Presta, la partie supérieure de la Fillmore nécessitera un adaptateur pour l’embout Schrader du compresseur – photos Florent Santi

Il y a une autre particularité à prendre en compte : la partie supérieure des valves Fillmore, qui n’est pas démontable comme l’est l’obus des Presta, nécessitera de changer ses habitudes lors de l’utilisation d’un compresseur. Le diamètre plus large à la base des Presta est proche de celui des valves Schrader et permet, lorsqu’on a dévissé l’obus, d’utiliser l’embout du compresseur, prévu pour du Schrader, sans adaptateur. Avec la Fillmore, il faudra utiliser un adaptateur Presta > Schrader pour que l’embout du compresseur jointe avec la valve.

Reserve Fillmore Tubeless high flow valve
Comme le diamètre extérieur des valves Fillmore est plus étroit que celui d’une valve Presta à sa base, il faudra adapter vos méthodes de remplissage, sous peine de renverser du préventif – photos Florent Santi

Autre exemple de situation où vous devrez peut-être changer vos habitudes, lorsqu’on utilise des flacons de préventifs qui intègrent dans leur bouchon une membrane pour une application directe sur la valve. La Fillmore, plus fine, ne jointera pas avec la membrane située dans le bouchon du flacon. Donc, avec la valve Fillmore, vous devrez là encore modifier vos habitudes de montage, il vous faudra un petit flexible au bon diamètre, voire une seringue, pour injecter le préventif dans le pneu.

Pour terminer la liste des contraintes inhérentes aux valves Fillmore, sachez qu’elles n’existent pour l’instant que dans une longueur de 50 mm, ce qui limitera leur usage à des jantes de 28 mm de hauteur maximum.

Reserve Fillmore Tubeless high flow valve
Cette valve Fillmore a fière allure – photo Dan de Rosilles

Nobel de médecine

Ceci étant dit, j’utilise maintenant les valves Fillmore sur un vélo qui roule beaucoup depuis plusieurs mois et elles me satisfont tout à fait. Avec la Fillmore, Reserve propose un matériel qui ne deviendra peut-être pas un standard, mais qui est véritablement innovant, efficace et de qualité. Je suppose que la majorité des cyclistes qui roulent en tubeless ne passeront pas à la Fillmore, mais ceux qui le feront ne seront pas déçus. La Fillmore est une belle invention, qui contribue à la richesse de l’offre matérielle dans le domaine du tubeless et améliorera le confort des utilisateurs qui souhaitent des valves fiables et durables, sans souci de débit d’air.

Reserve Fillmore Tubeless high flow valve
Le joint rouge situé à la base des valves Fillmore épouse parfaitement différents profils de fond de jantes – photos Dan de Rosilles

Caractéristiques techniques des valves Fillmore :

• Haut débit : le débit d’air est 3 fois supérieur à des valves traditionnelles, permettant un gonflage/dégonflage rapide et un claquage facilité
• Pas de colmatage : la construction des valves Fillmore évite le colmatage par le préventif à la base de la valve et dans le conduit
• Micro-ajustement : le bouchon permet de réduire précisément le débit d’air lors de la purge du pneu
• Direct-Inject : Le corps de valve est creux pour une injection du préventif par la valve sans risque d’obstruction.
• Compatibilité : Les valves font 50 mm de long, elles peuvent être utilisées sur des jantes de 18 à 28 mm de hauteur.

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