On vient de parler, dans un épisode précédent, de Max et Shervin et de leur périple à travers le continent Américain. On a abordé rapidement le sujet du vélo : très, trop rapidement sans doute pour beaucoup d’entre-vous. Quels pneus, quels développements choisis, quel éclairage ? … Ce sont probablement des questions que vous vous posez, tout comme moi. J’aborderais ce sujet un peu plus tard. Pour être très honnête je n’ai pas encore toutes les réponses à mes questions sur le matériel choisi et les motivations qui les ont poussés à prendre telle option plutôt qu’une autre. Aussi je vous avoue que dans le fond, savoir s’ils roulent sur un pneu GP 4 saisons en 700/28 ou en G-one 700/33, n’est pas ma première préoccupation. Je reviendrais dessus donc mais plus tard … Promis.

Quand on parle de matos sur un voyage au long court on peut dire qu’il y a matos et matos, ou plutôt monture et harnachement. Harnachement, et ce qu’il y a dedans. Qu’est-ce qu’on peut bien emmener et à quoi faut-il renoncer ?

Vous le savez, chaque gramme supplémentaire emporté compte. À l’inverse, faire l’impasse sur du matériel jugé inutile – au chaud – dans un appartement métropolitain, sous prétexte de se soulager de quelques grammes ou centimètres cubes peut, une fois sur place manquer dramatiquement, et signer le début des galères une fois sur place. Intéressant de constater qu’ils ont catégorisé leur barda autour d’une classification très pragmatique:

L’élémentaire, le nécessaire, l’utile et le superflu.

L’élémentaire – comme dirait Oreslan dans sa chanson Basique -, c’est… basique.

Un vélo, un opinel, une pierre à feu, du fil de pêche, des hameçons, une boussole sans oublier le passeport, le porte-monnaie, le carnet de vaccination aussi. Tout ça pour un peu moins de 17 kg. Mike Horn ne va pas les renier.

Rien que cela c’est déjà 60% du poids emporté. Le vélo pesant 99% du poids du matériel élémentaire. À l’opposé de l’élémentaire, le superflu, pour ne pas dire le futile, d’après Max et Shervin : chemise manches longues (il n’est pas précisé si le col est italien ou français), jean (slim ? … je ne crois pas), un appareil photo numérique (en doublon, des smartphones), un trépied (qui n’est pas la même chose qu’une perche à selfie, l’honneur est sauf), des rustines universelles, un harmonica, une flûte à bec. Tout ça, pour à peu près 2 kilos. En puisant dans ma mémoire, Sylvain Tesson et Alexandre Poussin, dans leur livre « On a roulé sur la terre« , tour du Monde à vélo bouclé en 1995 ou 1996, ils nous racontaient l’importance de l’instrument de musique. La musique étant un langage universel qui permet aisément de rencontrer et communiquer avec les populations croisées en chemin. Sylvain avait apporté avec lui aussi 3 (ou 4) balles de jonglage. Autre très bon moyen selon lui, de communier avec les locaux. À l’époque point d’électronique, ou si peu. En 2019, Max place dans l’utile, un peu plus de 3 kilos d’électronique, Shervin environ 1,5 kg. C’était donc la Go pro ou les balles de jonglage. La communication avec les réseaux sociaux ou avec les locaux serais-je tenté d’écrire. Mais j’y renonce finalement, comme si, j’insinuais que c’était mieux avant. Comme si j’insinuais que la richesse d’un tel voyage est bien de rencontrer des autochtones, et non d’accumuler des followers sur Instagram ou Facebook.

Entre le futile et l’indispensable, il faut intégrer de quoi être autonome pour réparer une chaîne, une crevaison, de quoi dormir, manger.

Anchorage to Ushuaia Part 3
Anchorage to Ushuaia Part 3

Se laver … Comment prendre soin de son petit corps ? C’est dans leur classification utile mais pas indispensable. Shervin identifie comme utile, 3 kilos de produits d’hygiène quand Max se contentera d’une brosse à dents et d’une serviette en microfibre. Le cochon ! … L’électronique plutôt que l’hygiène ? Mon petit doigt me dit qu’ils vont s’organiser entre eux. Qu’il va y avoir une négociation quotidienne. « Je te filme si tu me prêtes ton savon ? » ou même « Je te prête mon savon et en vérité, ça m’est bien égal que tu me filmes« . Prenez un chewing-gum Emile.

Ils emmènent avec eux près de 90 kg. C’est beaucoup sur 25 000 km et 250 000 m de dénivelé. Ce n’est rien, quand cela représente ta vie, et tes besoins pendant un an. Pour ma part, je m’étonne de ne pas voir certains objets dans l’élémentaire du matériel de sécurité ou trousse de survie. Pas de miroir, pas de couverture de survie, pas de sifflet, pas de balise de détresse (ou fusées). J’aurais naturellement emmené tout ceci pour traverser l’Alaska et le Canada à la fin de l’hiver. J’aurais naturellement ajouté du spray anti-moustique (et une moustiquaire) pour les parties plus tropicales. Si vous avez l’âme de Bear Grylls allez vous préparer ici https://youtu.be/ehHaTH60hzk

Anchorage to Ushuaia Part 3
Anchorage to Ushuaia Part 

On peut imaginer que le matériel embarqué évoluera au fil des mois, des routes, des latitudes traversées. Les vélos eux, devront être fidèles au poste du premier au dernier jour. Parce que ce qui est futile en Alaska peut s’avérer indispensable au milieu du Mexique. Aussi en 2019, même si les voies empruntées sont reculées, on peut imaginer qu’ils ne seront jamais vraiment à plus de 100 km d’une ville. Pourquoi alors s’encombrer de matériel qui peut être trouvé un peu plus loin.

Pour entendre Maximilian, et savoir comment il prépare et aborde cette aventure vous pouvez écouter le podcast d’Arnaud Manzanini qui lui est consacré, ici.

LEAVE A REPLY