Le marché du Vélo à Assistance Electrique ou VAE est en pleine croissance, à 2 chiffres de surcroît. Un vélo que nous regardions de loin il y a encore peu et que nous avons essayé lors du dernier Roc d’Azur. Ce fut une première rencontre, un premier contact plein de curiosités, sans préjugé. Un premier essai au guidon du  VTT Lapierre Overvolt FS900, un modèle haut de gamme sur lequel nous avons surtout joué avec l’assistance électrique.

L’électrique s’emballe, si bien qu’il a eu droit à ses premières Assises Nationales en ce début novembre. Localisée à Chambéry (73), orchestrée de main de maître par l’association GTA-Move Your Alps, cette première a fait salle comble. Une longue journée très instructive durant laquelle des intervenants de tous horizons ont fait un point sur l’état de l’art. Des sujets aussi variés que le matériel, les tendances du marché, les idées fausses, ou encore les infrastructures pour la mobilité douce et les modèles économiques ont été abordés.

Les Premières Assises Nationales du VAE

Les informations marquantes

Le Marché du VAE (Source Univélo)

  • 500 000 VAE vendus en Allemagne en 2014
  • 80 000 VAE en France en 2014 + 37% (6000 VTT AE). Prix moyen : 900 €
  • 1er semestre 2015 : VAE + 30% en volume et + 45% en valeur

Les technologies utilisées

  • Moteur pédalier, moteur moyeu
  • Freinage regénératif
  • Batteries Lithium, Hydrogène et pile à combustible

Les réglementations en vigueur

  • Vitesse : au-delà de 25 km/h l’assistance doit s’arrêter, la vitesse maximale de déplacement n’est pas bridée, cela reste du vélo et il faut pédaler pour avancer.
  • Puissance : 250 W

Les utilisateurs

  • Néo-cyclistes / Occasionnels
  • Pratiquants assidus, encadrants pour suivre les jeunes, accompagnants pour suivre son/sa conjoint(e)
  • Compétiteurs

Les pratiques et les perspectives de développement économique

  • Parc de VAE en libre service dans les agglomérations
  • Tourisme à vélo et itinérance
  • Mobilité douce

Infos sur ces premières Assises du VAE

http://les-rencontres-moveyouralps.fr

Nos impressions sur le VTT électrique

C’est durant le dernier Roc d’Azur que nous avons eu l’occasion d’essayer un VTT à assistance électrique, le modèle Lapierre Overvolt FS 900. Une première pour nous, il s’agissait donc plus de découvrir l’assistance électrique que les spécificités du VTT ainsi équipé, d’autant plus que l’essai fut de courte durée et sur un terrain pas vraiment technique. De  quoi tout de même entrevoir le potentiel d’un VTT de ce type.

Pierre sur le Lapierre Overvolt 2016 - photo © Track & News
Pierre sur le Lapierre Overvolt FS 900, version 2016 – photo © Track & News

Présentation du LAPIERRE Overvolt FS900

Nos ressentis

Pierre : Rien à voir avec l’essai de la roue électrique que nous avions réalisé avec Patrick précédemment. Pas séduit par le concept du VTT VAE au départ, l’utilisation en VTT étant vraiment différente au regard d’une utilisation urbaine, j’avoue que j’ai été bluffé par l’engin. C’est vraiment une assistance dans le bon sens du terme, tu ne pédales pas il ne se passe rien. Dommage que l’essai a été trop court pour voir les limites de l’engin surtout sur des passages plus techniques que ce petit bout de bord de mer. À l’essai le surpoids ne se sent pas, pas plus qu’il n’entraîne une lourdeur dans le pilotage. On a une sensation de facilité de passage d’obstacles étonnante, la question que je me pose est où se trouve la limite… s’il y en a une ? Je n’ai évidemment pas eu le temps avec cet essai très court de faire le tour de la question.

Patrick : La seule expérience que j’avais en matière de VAE était l’essai de la roue Rool’in que nous avions fait Pierre et moi en 2013. L’essai de l’Overvolt m’a vraiment étonné. Tout d’abord par la facilité de prise en main d’un tel vélo. Une manette pour déterminer la puissance de l’assistance, un coup de pédale et hop ça part … L’assistance électrique sur un VTT est particulièrement appréciable. On le ressent lors des franchissements où il n’y a pas le « temps mort » induit par la relance musculaire. On avale mieux les obstacles. Les pentes se montent facilement et on se prend à rêver que l’on est devenu « bon » car on finit par oublier totalement le système d’assistance… Attention néanmoins à l’autonomie car il faudra ramener avec vos muscles une machine un peu lourde.

Eric : La prise en main de l’Overvolt a été à la hauteur de l’accélération apportée par ce VAE, rapide. Après avoir joué avec les différents modes d’assistance (en commençant par le Turbo) pour bien ressentir l’effet du moteur, j’ai oublié finalement assez vite que l’assistance était présente. Elle s’est rappelée à moi quand il a fallu franchir de petits obstacles où la réserve de vitesse permet de gommer certaines faiblesses techniques et de les passer sans peine. Avec un VTT classique, des obstacles de ce type en montée me contraignent souvent à poser le pied à terre si je ne veux pas mordre la poussière. Le terme « Assistance » a tout son sens pour qualifier un VTT électrique dans les portions de plat (en deçà de la limite des 25 km/h) et dans les parties montantes. En descente, c’est le poids du VAE (entre 15 et 20 kg) qui peut jouer un rôle en stabilisant le VTT, mais ça c’est une autre histoire…

Conclusion

En France, l’image du vélo est très souvent associée au Tour de France et malheureusement à tous ses travers, la compétition, la dureté du sport et évidemment au dopage. Et puis faute d’infrastructures suffisantes – pour s’en convaincre il suffit de jeter un oeil chez nos voisins suisses, allemands, hollandais, etc. – la pratique est loin d’être encouragée.

Les choses changent heureusement, l’arrivée du Vélib et des initiatives similaires ont amorcé une « petite » transformation. Le VAE promet quant à lui de révolutionner la façon de se déplacer, du déplacement urbain (vélotaf) à l’itinérance en passant par les balades touristiques et l’accès sans peine au relief. Le matériel est prêt, il se différencie pour se spécialiser en fonction de l’usage et c’est une bonne chose. Au guidon du VTT Lapierre Overvolt FS 900, lors du dernier Roc d’Azur, nous avons vraiment apprécié l’intégration de l’assistance électrique sur un VTT, qui reste sans aucun doute un VTT.

Le marché se développe rapidement, même l’état pousse à l’usage du vélo avec la mise en place de l’Indemnité Kilométrique Vélo (voir le plan vélo https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/actualites/008283). Le VAE semble intéresser élus et décideurs, il faut dire que l’enjeu économique est de taille à l’heure de la promotion des mobilités douces et d’une COP21 à ne pas « rater ». Toutes les solutions alternatives à l’utilisation des moteurs thermiques ont le vent en poupe. Espérons que cette volonté perdure et que la France se dote des infrastructures qui permettent de se déplacer à vélo en toute sécurité. Rendez-vous est pris pour faire le point dans quelques années…

4 COMMENTAIRES

  1. J’ai fait ma première sortie VTT de l’automne avec mon club de cyclo.
    Un collègue possède un VTT VAE et il nous a souvent déposé, alors qu’avant avec son VTT  » normal » sans assistance il était souvent en queue de peloton.
    Sinon avant le Vélib à Paris, il y a eu le Vélo’v….à Lyon !
    Michel

    • Oui effectivement Lyon était en avance … comme La Rochelle qui a été je crois la première ville à s’ouvrir au vélo … Avec les mollets que tu as Michel pas besoin d’électrique pour toi …

  2. Excellente initiative ces Assises du vae. Cette nouvelle mobilité est gagnante à tous points de vue. Les ventes montrent bien que, une fois les idées reçues, les gens l’adoptent sans hésiter. Reste effectivement à aménager significativement la voirie pour que chacun puisse envisager sereinement cet usage, et que les automobilistes comprennent que le vélo, électrique ou pas, c’est aussi bon pour eux.

    Petite remarque, il me semble que vous ne faites pas mention des « speed bike » qui sont assistés jusque’à 45 km/h. C’est un segment très intéressant qui prend des parts de marché significatives dans les pays du nord et en suisse (où la législation est moins contraignante, mais c’est un autre sujet).

    • Le S-Pedelec, c’est comme cela qu’est désigné le VAE « rapide », permet d’atteindre des vitesses de 45km/h grâce à l’assistance électrique. Ils sont autorisés en France mais rentre dans la classification des vélomoteurs (thermique), ce qui implique : immatriculation, port du casque et circulation interdite sur les voies cyclables.
      La vitesse sur un VAE n’est pas limitée, mais l’assistance jusqu’à 25km/h peut être un frein à un usage vélotaf par exemple. Aux Etats-Unis, la limitation est de 20mph (soit 32km/h). Ce qui semble assez raisonnable, mais pour moi, usager des voies cyclables, je trouve que 25 km/h est déjà trop rapide pour certaines personnes qui ne maîtrisent pas cette vitesse. C’est un autre débat et c’est pour cela que je ne l’ai pas évoqué…

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