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Le Lesotho en mode bikepacking, bienvenue en terre inconnue …

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The Great Lesotho Traverse - bikepacking en Afrique du Sud
The Great Lesotho Traverse - bikepacking en Afrique du Sud

,Pour beaucoup d’entre-nous, le royaume du Lesotho est totalement inconnu. Les Français, c’est bien connu, sont nuls en géographie. Cet état indépendant depuis 1966 est situé en Afrique du Sud. C’est un ancien protectorat britannique (Basutoland), et c’est aujourd’hui une monarchie constitutionnelle dont le souverain est Letsie III. Sa capitale et seule grande ville est Maseru. Le Lesotho compte environ deux millions d’habitants. Les Sothos (qui ont donné leur nom au pays), y sont majoritaires (source Wiképédia).

Jean-Baptiste Wiroth, qui a vécu 3 ans au Cap, avait inscrit cette destination dans sa liste de voyages. Pour que cette aventure soit plus fun, il l’a organisée à vélo en mode bikepacking avec son épouse et ses 2 filles Léna 14 ans et Capucine 16 ans. Une aventure  familiale qu’il a baptisé   : “The Great Lesotho Traverse”.

« L’idée de ce bike trip familial au Lesotho a commencé à germer début septembre 2020. Je me suis donc mis à réfléchir au parcours, à la logistique et au matériel. Il faut tout optimiser pour pouvoir faire ce voyage en autonomie avec nos 2 filles …», explique Jean-Baptiste qui nous a envoyé cette “carte postale” du Lesotho. Bienvenue en terre inconnue…

Étape 1 : Ladybrand – Roma

60km / 860m D+ / 4h13 « The Kingdom in the Sky ! »

Le 24 décembre vers midi, nous débarquons à Ladybrand après 14h de bus. Je monte nos 4 vélos et les premiers tours de roue sont donnés en direction du poste frontière de Maseru, où nous devons entrer au Lesotho.
Les 15 km de route sont rapidement avalés et nous voilà devant la douane sud-africaine. Il n’y a pas grand monde, et les formalités se font relativement rapidement. La traversée de Maseru s’avèrera assez mouvementée avec beaucoup de circulation dans tous les sens. Une heure plus tard, nous retrouvons la campagne et les premières pistes. Les paysages sont magnifiques et la lumière étincelante… ce Pays porte bien son nom : The Kingdom in the Sky.

The Great Lesotho Traverse - bikepacking en Afrique du Sud
Les paysages sont magnifiques et la lumière étincelante … ce pays porte bien son nom : The Kingdom in the Sky – photo Jean-Baptiste Wiroth

En fin d’après-midi, nous arrivons enfin à Roma où nous partons faire quelques courses dans la seule épicerie du village, située tout en haut d’une longue côte.
Le menu de Noël sera assez frugal avec un œuf dur, un peu de riz et quelle rondelles de concombre. On se souviendra longtemps de ce réveillon de Noël 2020 !

Étape 2 : Roma – Ramabanta

38km / 987m D+ / 2h46

En ce jour de Noël, après une nuit réparatrice de plus de 10 heures, nous reprenons la route pour la seconde étape qui doit nous mener à Ramabanta. Compte tenu de la fatigue induite par le voyage, de la première étape, et surtout de la légère déshydratation de la veille, nous faisons le choix de rester sur la route sans nous aventurer sur les chemins ardus de la région. Mais à la sortie de Roma, c’est une côte de 4 km à plus de 8 % qui nous attend. De nombreux taxis-bus surchargés sont arrêtés en surchauffe sur le bord de la route.

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Nous nous ravitaillons dans une petite échoppe de bord de route – photo Jean-Baptiste Wiroth

À mi-étape, nous nous ravitaillons dans une petite échoppe de bord de route. Avec l’achat de huit bananes, deux poires et dix sachets de mélange cacahuète / raisins secs, nous sommes élus « best customers of the day ». La transaction s’agrémente d’une discussion animée autour du football tant européen qu’africain. Le vendeur connaît l’Olympique de Marseille, je suis content.

En fin de matinée, nous arrivons à Ramabanta où Elisa nous attend au Maluti Stay Lodge. Nous sommes les seuls clients de ce grand hôtel. Après une courte négociation, elle nous prépare un lunch fort apprécié : poulet au curry, riz et épinards. L’après-midi est dédié à une sieste fort bienvenue, et à la préparation des vélos pour la troisième étape : petits réglages, nettoyage des chaînes, ajustement des pressions des pneumatiques …

Étape 3 : Ramabanta – Semonkong

42km / 1346m D+ / 6h41 « Baboons Pass »

Cette étape pourrait s’intituler « Enfer et Paradis », tant elle était dure, mais aussi révélatrice de la force mentale de nos filles.  En effet, nous décidons de faire la première partie du parcours en mode tout-terrain en passant Baboons Pass. Or, ces 20 km de VTT se sont avérés être beaucoup plus durs qu’envisagé sur la carte. Outre les forts pourcentages du départ, il nous a fallu franchir d’innombrables pierriers défoncés par les récentes pluies.

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Ces 20 km de VTT se sont avérés être beaucoup plus durs qu’envisagé sur la carte – photo Jean-Baptiste Wiroth

Ces portages sont véritablement épuisants avec des vélos chargés de 10 à 20 kg d’équipements divers. À 16h, nous arrivons finalement au sommet du col. L’orage gronde et la tension monte d’un cran, car nous ne voyons pas la fin de cette piste interminable… On commence à envisager l’option de bivouaquer en montagne si nous ne faisons pas rapidement la jonction avec la route de Semonkong. Fort heureusement vers 18 heures au détour d’un énième petit col, nous apercevons enfin la route : joie, larmes, délivrance ! Nous arrivons finalement au Semonkong Lodge dans la nuit noire après 12h dans la montagne.

Étape 4 : Semonkong Falls

5km / 157m D+ / 1h11 « The Place of Smoke »

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Les chutes de la rivière Maletsunyane, les Semonkong Falls, qui seraient les plus hautes d’Afrique avec une hauteur de 186 m – photo Jean-Baptiste Wiroth

Nous décidons d’aller visiter les chutes de la rivière Maletsunyane, les Semonkong Falls, qui seraient les plus hautes d’Afrique avec une hauteur de 186 m. Pour cette « étape », nous décidons cependant de changer de monture en optant pour des Basotho Horses, ces petits chevaux parfaitement adaptés aux montagnes locales. Après 30 minutes de Horse Riding, nous atteignons les chutes. Le paysage est sublime. Tout au fond de la gorge, le nuage permanent de gouttelettes permet de mieux comprendre le nom du lieu : the Place Of Smoke (ou Semonkong).

Étape 5 : Semonkong – Latsetse

69km / 1446m D+ / 6h « Rendez-vous en terre inconnue »

À 7h, le départ de l’étape est donné, nous enchaînons les montées et de descentes dans des paysages somptueux. Au km21, il faut prendre une décision stratégique sur notre itinéraire : soit rester sur la piste principale, soit s’enfoncer dans les gorges de la Maletsunyane et remonter sur l’autre rive. Après avoir interrogé quelques locaux je décide de quitter l’itinéraire GPS, préconisé par Logan Watts dans Backpacking.com, et de rester sur la piste principale. Avantage : c’est plus roulant et nous ne risquons pas de nous perdre (l’épisode Baboon Pass m’a un peu refroidi). Inconvénient : ce sera plus long. Vers 17 heures, nous sommes encore très loin de notre objectif. Je propose donc au reste de la famille de demander l’hébergement au prochain village rencontré.

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Nous arrivons à Latsetse, un joli village perché en hauteur au-dessus de la piste – photo Jean-Baptiste Wiroth

Finalement, nous arrivons à Latsetse, un joli village perché en hauteur au-dessus de la piste. Le berger assis au bord du chemin ne comprend pas un mot d’anglais. Nous adoptons alors le langage universel des signes : « dodo » , « manger » , « money ». Après moult échanges entre eux, les villageois acceptent finalement de nous accueillir pour la soirée. Nous comprendrons a posteriori qu’ils n’ont jamais accueilli de voyageurs étrangers dans leur village. Débute alors l’épisode « rendez-vous en terre inconnue de notre aventure » ! Tout le village vient nous saluer, puis nous accompagne à notre Rondavel (petite case traditionnelle de forme circulaire avec un toit de chaume)… Un moment fort.

Étape 6 : Latsetse – Thaba Tseka

61km / 1691m D+ / 5h50 « Wasp attack »

Au moment de partir, nous échangeons nos contacts et nous apprenons alors que certaines des jeunes femmes du village sont sur Facebook. Sidération ! C’est dans ce genre d’instant que vous réalisez la puissance du concept.

Nous reprenons la piste avec l’objectif de rallier Thaba Tseka en fin de journée. Nous continuons à enchaîner les montées assassines et les descentes rapides jusqu’à Mantsonyane où nous allons vivre la péripétie la plus marquante (et douloureuse) de notre aventure : en nous arrêtant dans une épicerie pour acheter quelques fruits, nous sommes attaqués par un nid de guêpes cachées dans un carton, qui nous piquent à de multiples reprises. Dans la panique, nous sommes obligés de nous réfugier dans une case du village face à l’agressivité des guêpes. Finalement, les guêpes se calment un peu et nous pouvons récupérer nos vélos.

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Nous reprenons la piste avec l’objectif de rallier Thaba Tseka en fin de journée – photo Jean-Baptiste Wiroth

Coup de bol, le chef du village qui était à l’épicerie au moment de l’attaque vient à notre secours et nous propose très gentiment de nous transporter avec son 4×4 jusqu’à notre hébergement situé 45 km plus loin. Pendant le trajet, nous décompressons enfin (les filles sont en larmes), et savourons le fait d’être en voiture, car la pente est rude et l’orage gronde. D’ailleurs, nous effectuons la fin du trajet cernés par les éclairs, les coups de tonnerre, et sous les trombes d’eaux.

Étape 7 : Mokhontlong – Sani Pass

48km / 1413m D+ / 3h40 « Jour de l’an à Sani Pass »

Après 2 jours de repos, nous nous sentons mieux en ce 1er janvier. Nous décidons donc de nous élancer vers Sani Pass et ses 3240 m d’altitude. Au sommet, il fait 6-7°C et il pleut : la descente vers la frontière ne va pas être une partie de plaisir. Après 45 minutes de descente sous une pluie battante, nous arrivons au poste-frontière grelottants et trempés jusqu’à l’os.

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Au sommet, il fait 6-7°C et il pleut – photo Jean-Baptiste Wiroth

J’ai beaucoup de mal à extraire les passeports du sac à dos dans ces conditions. Les douaniers lesothiens nous informent alors que le Sani Mountain Lodge est ouvert. Nous y trouvons un poêle ronflant et des chocolats chauds qui nous permettent de nous réchauffer rapidement. Voyant qu’il continue à pleuvoir, et que le brouillard s’est levé, il est impossible d’envisager la fin de la descente de Sani Pass (qui devient une piste) dans des conditions de sécurité optimale. Nous décidons de passer la soirée dans ce Lodge très accueillant et confortable.

Étape 8 : Sani Pass – Himeville

24km / 57m D+ / 1h30 « Retrouvaille avec la COVID »

Au réveil, nous avons le plaisir de constater que la pluie a cessé et que nous sommes au-dessus d’une mer de nuages. Après un petit déjeuner reconstituant, nous profitons du réseau wi-fi pour répondre à divers messages et animer notre compte Instagram The Bicycling Family (@thebicyclingfam). Vers 10 heures, nous nous élançons pour la fameuse descente de Sani Pass, connue de tous les sud-africains amoureux de nature.

La première partie de la piste est en très mauvais état et nous apprécions d’avoir des bons VTT semi-rigides équipés de fourches Rock Shox. Après 9 km, nous arrivons finalement au poste frontière sud-africain, où nous allons devoir faire la queue pour réaliser un test Covid que nous espérons tous être négatif. L’attente est assez longue, car il y a une trentaine de personnes qui attendent devant nous pour obtenir ce sésame et entrer en Afrique du Sud. Finalement, vient notre tour et quelques minutes après, nous obtenons les résultats : négatif ! Ouf… nous allons pouvoir poursuivre notre périple au Kwazulu-Natal.

Étape 9 : Himeville – Nottingham Road

102km / 2105m D+ / 7h « Record de distance battu pour les filles ! »

Cette dernière grosse étape, de plus de 100 km, doit nous faire traverser une partie du sud Drakensberg pour nous amener jusqu’au Midlands. Malheureusement, il se met à pleuvoir pendant notre petit déjeuner. Nous pressentons que la journée risque d’être difficile sur le vélo. Je décide donc de préparer des bidons de thé chaud et de couvrir nos jambes d’huile chauffante afin de résister à ces conditions fraîches et humides. Fort heureusement, la pluie se calme au moment du départ donné sur une partie de route asphaltée. Après 10 km, nous tournons à gauche et c’est parti pour 60 km de piste boueuse. Quelques 4×4 nous doublent et nous aspergent d’eau boueuse. Les filles ne sont pas contentes ! Comme la pluie redouble, nous sommes obligés d’enfiler nos « Gore Tex » une nouvelle fois. Elles seront rapidement maculées de boue mais offre une bonne protection contre l’humidité. Finalement après 70 km parcourus, nous retrouvons la route. Celle-ci est assez accidentée, cela monte et cela descend sans cesse. Nous atteignons néanmoins Nottingham Road en fin de journée où nous nous installons au Notties Hotel, véritable institution dans la région. En effet cette hôtel existait déjà au XIXe siècle, car situé sur l’axe stratégique Durban – Johannesbourg.

Étape 10 : Nottingham Road – Pietermaritzburg

51 km / 451 m D+ / 2h31 « Nelson Mandela Capture Site »

En imaginant notre itinéraire, j’ai pris soin de nous faire passer devant le musée Nelson Mandela Capture Site que nous espérons pouvoir visiter. Arrivé sur place, nous parquons nos vélos sans cadenas, espérant qu’ils seront toujours là après la visite. Le musée en lui-même n’est pas très grand, mais il est très bien structuré et nous passionne tous. On y apprend que c’est à cette endroit précis de la R103 que Nelson Mandela a été arrêté le 6 août 1962 lors d’un banal contrôle routier mis en place par la police de l’apartheid. l’issue de cette arrestation il sera jugé et condamné à 27 ans de prison. Cette visite passionnante et émouvante, nous permet de mieux comprendre l’histoire mouvementée de l’Afrique du Sud à cette époque.

Nous finissons cette étape en suivant la R 103 qui va nous mener jusqu’à quartier de Hilton sur les hauteurs de Pietermaritzburg où nous attendent Charles, Leslie et Bentley (le chien), nos hôtes du soir contactés via le site Internet warmShowers.org

Étape 11

« Décompression »

Nous profitons du petit déjeuner avec nos hôtes pour réfléchir aux différentes options pour cette dernière étape qui doit nous emmener jusqu’à Durban. Les filles sont assez fatiguées et pas motivées pour faire les quelques 100 km de route qui nous séparent de la troisième plus grande ville d’Afrique du Sud. De notre côté, Emmanuelle et moi sommes conscients qu’il va falloir évoluer dans la circulation entre les voitures, les taxi-bus et les poids-lourds… avec la fatigue et la chaleur, le risque d’accident est assez élevé. Nous décidons donc de faire le gros de cette étape en taxi-bus.

Arrivés à Durban, nous remontons les vélos et prenons la direction de a plage pour faire la photo finish et piquer une tête dans l’océan indien. C’est magnifique, et on est tous les quatre très heureux d’être là.

The Great Lesotho Traverse - bikepacking en Afrique du Sud
L’aventure The Great Lesotho Traverse se termine. Au total, nous aurons roulé pendant lus de 50h et parcours 650m pour 15.000m de D+ – photo Jean-Baptiste Wiroth

Deux jours plus, tard, voilà enfin venu le jour du retour vers notre maison de Cape Town. L’aventure The Great Lesotho Traverse se termine. Au total, nous aurons roulé pendant plus de 50h et parcouru 650m pour 15.000m de D+. Au dela des chiffres, que de souvenirs emmagasinés … en famille !

Remerciements

  • Nos sponsors : DT Swiss France, Zéfal, Meltonic, Urge, WTS – The Coaching Company
  • Les Villageois de Latsetse pour leur accueil
  • Charles et Leslie pour la soirée Warmshowers à Pietermaritzburg
  • Johann et Dana qui nous ont conseillé sur le Lesotho

Vous pouvez nous contacter et suivre nos aventures sur Instagram : @thebicyclingfam

Jean-Baptiste Wiroth

Dis, combien il pèse ton vélo ? …

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Le poids des vélos
Quel est le premier geste réalisé par un client dans une boutique de vélo ? photo Bike Café

Quel est le premier geste d’un client, qui se trouve dans un magasin à la recherche de sa nouvelle monture ? Il soulève le vélo qui lui a tapé dans l’oeil, pour évaluer son poids. Quelle sera la note obtenue dans le test d’un magazine spécialisé, si le vélo testé, qui coute 5000 €, pèse plus de 7 kg ? Quelle est la première question de vos copains de club, lorsque vous arrivez au point de rendez-vous un matin avec un vélo tout neuf ?

Mais qu’avons nous tous avec ce fichu poids de nos vélos ?

Un argument de poids

Le marketing vélo nous a rabâché en boucle un flot d’arguments en faveur de l’aérodynamisme et du POIDS. Quelle marque ne s’est pas vantée d’avoir un vélo, avec freins à patins, dont le poids s’affiche en dessous de la barre fatidique de la la norme de l’UCI : 6,8 kg ? On vit en ce moment la même quête, avec l’apparition des disques, qui a créé un nouveau challenge.

Vélos la guerre du poids
Dans toute sa splendeur minimale, le vélo léger Spin Custom de 2,7 kg ; un record du Monde  – photo Tririg.com

Les prototypes haut de gamme fleurissent, et le combat des grammes n’a pas de cesse : « Le mien fait 5,4 kg … Et moi j’en ai fait un 4,8 kg … Non c’est pas vrai ? Si, si ! … » Je vous laisse imaginer le coût d’un tel combat de coqs, sachant que les derniers grammes du vélo vont coûter une fortune à son propriétaire. Carbone, titane, fibres de plus en plus sophistiquées : le C.V. de ces vélo est là pour nous en mettre plein les mirettes. La promesse derrière est donc : plus c’est léger, mieux c’est. Il faudrait également l’appliquer à soi-même, et s’inspirer de l’IMC (Indice de Masse Corporelle) des Bardet, Barguil, Froome pour affirmer : plus je suis léger, plus je vais vite.

Le poids des vélos et des cyclistes
Romain Bardet un des cyclistes du peloton ayant un IMC le plus faible – Ici lors du Tour d’Oman – photo AFP

Est-ce que je vais aller plus vite ?

Lorsque je pense à cette promesse, liée à la légèreté, plusieurs questions me viennent à l’esprit : est-ce que je vais aller plus vite avec ce vélo plus léger ? Est-ce que le poids est l’argument suprême lors de l’achat d’un vélo ? Est-ce que j’ai besoin d’aller plus vite ? Si tel est le cas pour faire quoi ?

Première réponse : rien n’est moins sûr. Ce qui est certain, c’est que sur un vélo très léger j’aurais clairement une sensation de facilité lors des relances pour faire le cabri en montagne. Ok … mais arrivé en descente, il me manquera un peu de poids pour stabiliser le vélo.

En plaine, il me faudra vraisemblablement des jantes à hauts profils pour gagner en inertie. À puissance égale j’aurais un sentiment de facilité, mais est-ce que je serais capable d’aller plus vite ? Ce n’est pas certain. Je constate d’ailleurs qu’une marque comme Trek a laissé tomber le combat du superlight à tout prix. Colnago fait dans le léger, mais ce n’est pas l’argument suprême de sa communication. BMC parle sur son site d’un « équilibre parfait entre poids rigidité et souplesse ». Pour Specialized et son Aethos dont le cadre pèse 565g, ce qui est mis en avant n’est pas forcément son poids, mais plutôt le plaisir de conduite. Tant mieux, c’est une bonne nouvelle !

Le poids des vélos
Photo BMC

Les BMC comme Colnago n’ont jamais été reconnus pour la légèreté de leurs cadres. Pour la marque italienne, en ce qui concerne le C64, le discours est basé sur l’exclusivité du Made in Italy (le V3R-S parle tout de suite de légèreté et aérodynamisme).

Dis, il pèse combien ton vélo ?
Chez Giant des pneus de 28 tubeless en série et même ce Defy Advanced Pro capable de recevoir des pneus jusqu’à 35mm – photo Giant

Le discours mettant en valeur le critère du poids a tendance à s’essouffler. Désormais le mot clé qui ressort le plus souvent est : le confort ! Et comment, avec des pneus de 28 mm montés sur des jantes de 27 mm de large (sur le Pinarello F12, peut-on faire avancer ce vélo. Chez GIANT on aura des pneus de 28 mm tubeless de série et là des 32 mm sur le Trek Domane. Rien que ça ! Le nouvel Origine Axxome GTR Evo pourra utiliser des pneus de 32 …  Le discours serait-il en train de changer ?

Le scepticisme règne encore largement dans le monde du vélo parmi les cyclosportifs et les cyclistes du dimanche. Serions nous actuellement dans un temps suspendu où tout le monde retient son souffle prêt à hurler : quoi … le poids ne fait pas tout, il faut maintenant viser le confort ? Je vais me traîner avec des pneus de 28 mm et un vélo de 8.5 kg …

Dis, il pèse combien ton vélo ?
n ne se traine pas forcément avec un vélo de 8,5 kg en acier et des pneus de 28 – photo Bike Café

Doucement l’ami, on se calme. Assis toi tranquillement sur ta selle et détend-toi. Respire profondément et expire, et si justement après 150 km sur un vélo équipé ainsi tu rentres chez toi aussi vite, qu’avec un vélo anorexique, en étant plus détendu et heureux consultant ton Strava  … Et si finalement le confort était de la performance car, tout au long de ton parcours ton vélo t’aura ménagé. Désolé de mettre à mal tes anciennes certitudes.

Allons plus loin

Continuons donc cette exploration en revenant à la base. Nos vélos supportent leur propre poids additionné au nôtre entre 2 points de contact avec le sol. Essayez de déplacer 100 kg de pierres posées sur un diable ou sur un Fenwick et quelque chose me dit que ce sera plus simple avec le Fenwick. Pourquoi ? parce la surface sur laquelle repose les 100 kilos est plus grande que celle d’un diable. Idem sur nos vélos. Plus notre corps est bien réparti sur l’ensemble de la distance entre les deux points de contacts des roues, plus la force dont je vais avoir besoin pour déplacer ma monture sera moindre. Second point : la force de la gravité s’exerce sur les deux points de contacts des roues.

Lorsque je monte sur mon vélo, la même force s’exerce sur moi. Lorsque je pose mes poignets sur le cintre j’applique une force verticale sur la roue (qui me permet d’ailleurs de stabiliser mon vélo pour rouler droit). La première dépense d’énergie sur un vélo est celle qui me permet de le faire avancer. La seconde est celle qui me permet de le stabiliser : c’est-à-dire ne pas se casser la margoulette et avancer droit sur la route. C’est super important : prenez n’importe quelle vidéo de pros, ou de non pros, et regardez le mouvement des vélos sur la route : ils serpentent de droite à gauche et inversement ; ils tracent des lacets. Et maintenant si mon poids était mieux réparti sur l’ensemble de la longueur, et si en plus mon vélo ne zigzaguait plus, qu’est ce que je gagnerais en d’énergie et en efficacité ?

Concernant le confort : Jan Heine, de René Herse, l’a très bien formulé il y a déjà quelques temps. Le confort est un mix entre : la matière des pneus (tout le monde sait que Continental ne donne pas la même sensation que les Corsa de Vittoria par exemple ou les Fusion d’Hutchinson), la matière du cadre et la largeur des pneus. Voir le diamètre des roues par rapport à la taille du cycliste. Je suis convaincu que bon nombre d’entre-nous seraient bien plus à l’aise sur des pneus de 650b en 38 mm. Voir plus efficace. Il est d’ailleurs intéressant de constater que le V3RS de Colnago parle de confort et que vous pouvez monter des pneus de 30 mm dessus, que le Domane de Trek permet d’installer des pneus de 38 mm de section (l’ancienne version n’autorisait que 32 mm), sur le Tarmac jusqu’à 30 mm etc.

Lectures vélo inspirantes
Quelques lectures inspirantes avec notamment Bicycle Quaterly de Jan Heine – photo Jean-Lin Spriet

Même question que dans le paragraphe ci-dessus : si je suis moins secoué, si mes pneus et les qualités d’absorptions de mon cadre me permettent de me sentir « moins cassé » ? Est ce que je serais plus efficace ? plus longtemps ? Est ce que je serais capable d’appuyer plus longtemps plus fort sur les pédales ? Donc trois facteurs me semblent beaucoup plus pertinents : la répartition des masses, le confort (qui n’est pas lié qu’aux qualités du cadre mais aussi à votre position et la carcasse de vos pneus) et la stabilité du vélo.

Révisons nos classiques.

Le poids des vélos
Quel est le premier geste réalisé par un client dans une boutique de vélo ? photo Bike Café

Je continue … Quel est le premier geste réalisé par un client dans une boutique de vélo ? Je vous donne dans le mille : il le soulève ! Son poids fait-il de lui un bon vélo ? Sérieusement … je ne peux pas acheter ce discours. Le temps est au questionnement. Allons-y. Nous sommes séduits par une émotion qui provient de quelque part. Lorsque j’ai vu/essayé ce vélo j’ai eu des étoiles dans les yeux … oui moi le premier. Je ne vous cacherais jamais que la version H1.5 du Domane rouge (parce que le rouge va plus vite c’est bien connu ! ) me fait méchamment de l’oeil. Je m’égare, et c’est de cela dont je parle. Les étoiles dans les yeux parce que le vélo de nos rêves est BEAU, c’est le LE plus BEAU. Et ça suffit ! C’est la joie que l’on ressent lorsqu’on part sur la route avec, lorsqu’on le regarde simplement, l’excitation de le voir trôner chez nous et d’imaginer toute la sortie que vous allez faire avec, essayer de battre son pote à la pancarte, son compagnon de voyage sur de longues distances. etc.

Evidemment s’en suit une ribambelle de questions sur la rigidité, les fonctionnalités, le geste commercial du magasin etc. Restons un instant sur la rigidité, l’autre argument bien connu ici et là. Avant de faire du vélo je faisais de la planche à voile. Un jour j’ai changé mon wishbone le « truc que vous tenez dans les mains et qui fait le tour de votre voile ». Mon premier était en alu mon second en carbone. À la fin de ma première sortie avec mon wish en carbone, j’avais des courbatures partout dans le haut du corps. J’appelle le shop : qu’est ce que c’est que ce truc : je suis flingué j’ai des courbatures partout, bref reprenez moi votre bout de carbone et rendez moi mon wish alu ! Réponse du shop : t’es pas suffisamment costaud tu vas devoir faire des pompes ! … J’ai ravalé ma fierté, fait de pompes et ça allait mieux. Tout ça pour dire qu’un cadre trop rigide pour un pilote trop souple et vice-versa, ça ne marche pas. Il y a besoin d’avoir une forme d’harmonie entre les deux à mon sens. C’est ce que je lis souvent en fin d’article de test : « si vous n’avez pas les cannes dans le col, montez au train, vous vous ferez moins mal ». Certains cadres demandent plus de watts tout simplement et nous ne sommes pas tous prêts à cela, moi le premier.

À vélo j’aime particulièrement les longues distances. Je m’entraine sur 2 ou 3 heures et quelques blocs d’endurance. Je ne cherche pas la vitesse maxi tout le temps, je cherche la régularité surtout. Ce qui ne m’empêche pas de faire des entraînements en force comme en ce moment. J’écris ça parce que plus je roule, plus je me dis : et si demain je m’étais 3 heures de plus à arriver. Si j’en ai le temps pour quoi je me précipite à pédaler plus vite ? Pour la performance ? pour faire mieux que Dupond ou Durand ? Pour me prouver quoi ? De quoi je me gratifie en faisant telle route ? telle perf’ ? etc. Je vais le formuler différemment : qu’est ce que ça nourrit chez moi ? Quel manque cela vient combler chez moi ? De la confiance ? une idée sous jacente de type : il faut être fort.e pour survivre ? Ou encore : plus je vais vite plus j’ai de chance d’être aimé ? Personnellement je me suis posé 1000 fois la question. Ma réponse est toujours la même : la fierté de ce que j’ai accompli. Je suis plus dans la notion : je peux m’aimer parce que j’ai réalisé ceci. Voilà comment cela me nourrit. Pour faire simple, il y a beaucoup de ressort psychologique derrière tout cela aussi. Comme dans tous les sports d’ailleurs. Faire le choix entre le renforcement de son ego ou la construction de son fort intérieur. La frontière est fine, le choix parfois ambigu.

Le poids des vélos
Nous étions à deux doigts d’acheter un nouveau vélo pour 300 grammes de moins … Attention 6,5 k ce magnifique Trek Emonda SLR9 est limité en deçà des normes UCI de 6,8 kg … photo Bike Café

Nous parlions donc du poids de nos montures. Nous en sommes loin n’est-ce pas ? Et pourtant nous étions à deux doigts d’acheter un nouveau vélo pour 300 grammes de moins. La question qui reste est : avec quelle intention j’achète un nouveau vélo ?

J’ai été très fort : je n’ai pas acheté de nouveau vélo. Pourtant, après 100 bornes mes potes me sont passés devant, et je les ai retrouvés quelques minutes plus tard en haut du Tourmalet.

Ca va ? …
– Tu n’as pas les jambes aujourd’hui ?
– Tout c’est bien passé ?

Oui merci tout va bien, je me sens très bien. À ce moment là je ressens de la joie. J’en suis presque ému. Vraiment. Je me rend compte que j’ai simplement lâché cette norme chez moi, qui me faisait pédaler plus vite pour valider cette idée bien ancrée que si j’arrivais premier ou à tel niveau de puissance je pourrais être fier de ce que j’ai réalisé comme niveau de performance. J’ai découvert, à ce moment là, une autre satisfaction : celle d’avoir pris soin de moi. Celle qui m’a permis de détendre une tension interne,Jan Heine qui faisait pédaler comme ceci ou comme cela. J’ai véritablement ressenti une détente musculaire au niveau du ventre pour être précis. J’avais 38 ans, j’en ai 41 aujourd’hui et je me dis que c’est de ça dont je me souviendrais toute ma vie et à quel moment j’ai réalisé ça en compagne de qui, avec quel vélo. Par contre, je ne me souviens pas du poids de ma monture.

Et vous, de quoi voulez vous vous alléger ?

Jean-Lin Spriet

2021 : une nouvelle étape pour Bike Café

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Bike Café vous souhaite une Bonne Année 2021
Bike Café vous souhaite une Bonne Année 2021

L’équipe de Bike Café vous présente ses meilleurs voeux pour 2021 !

En 2021, Bike Café change de braquet et ÉLARGIT son équipe ! …

Après une année 2020 un peu compliquée, le gravel et le voyage à vélo n’ont jamais été aussi populaires. Besoin de liberté, de rouler dans des espaces naturels, sans contrainte ni pression de circulation, le gravel est le vaccin naturel tout trouvé contre la Covid-19 ! Du moins, c’est que nous croyons chez Bike Café !

Les chiffres

Nous vous remercions d’être toujours de plus en plus nombreux à nous lire. Avec près de 3 millions de pages vues en 2020, Bike Café s’affirme comme le média de référence sur les univers du gravel, bikepacking, voyage à vélo et fixie ! Entre 2017 et 2020 la progression en nombre de pages vues est de 310%, passant de 891 000 à 2 755 000.

Evolution de Bike Café en 4 ans
Evolution de Bike Café en 4 ans

En 2021, Bike Café va se doter de moyens pour vous apporter toujours plus de contenus spécifiques et différents. Le média s’ouvre à la publicité afin de pouvoir supporter les coûts de développements informatiques nécessaires, les frais de reportages et de fonctionnement général. Tout ceci pour produire plus de reportages, de tests et d’immersions dans l’univers du gravel.

Un fonctionnement en SAS

L'équipe de Bike Café SAS : Colin, Matthieu, Patrick et Jérôme
L’équipe de Bike Café SAS : Colin, Matthieu, Patrick et Jérôme

Patrick Van Den Bossche, blogueur et journaliste depuis 10 ans dans le domaine du sport outdoor a créé Bike Café fin 2016. Il vient de s’associer à trois personnes d’expériences professionnelles complémentaires pour fonder Bike Café SAS.

  • Matthieu Amielh, journaliste dans le monde du cycle depuis plus de 10 ans, devient Rédacteur en chef de Bike Café et il pilotera la rédaction avec l’aide de Patrick.
  • Colin Gosse, designer et webmaster, sera responsable du développement informatique du site.
  • Jérôme Armand, fondateur de la web radio Radio Cyclo, est partenaire de Bike Café. Avec lui, nous proposerons des solutions de communication (stands, couverture radio live) aux organisateurs d’épreuves.

La nouvelle structure sera domiciliée dans l’espace de co-working Spotee situé à Eguilles, près d’Aix-en-Provence.

Qu’est-ce que ça va changer ?

Peu et beaucoup …

Du côté éditorial, l’équipe de chroniqueurs / testeurs fidèles à Bike Café restera présente. En dehors de ce “noyau dur” de chroniqueurs réguliers, nous accueillerons les articles de cyclistes d’expérience “guests”, qui viendront s’asseoir, comme des clients de passage, au bar du Bike Café afin de partager avec nous leurs expériences.

L’arrivée de la publicité sur le site, ne changera en rien notre philosophie. Nous choisirons de parler de tout ce qui nous semble pertinent, en mettant en avant autant les grandes marques que les petites structures, et nous continuerons d’écrire de manière passionnée et critique, sans aucune pression commerciale. La régie publicitaire sera externalisée, pour éviter le mélange des genres.

« Matthieu, Colin et Jérôme vont apporter leurs qualités professionnelles à Bike Café dans leurs domaines respectifs. Ce sera un véritable coup de “boost” pour le site, que je n’arrivais plus à gérer seul compte tenu de  l’évolution de son trafic. Ce renfort, et le fait de travailler ensemble sur ce projet de développement, sont vraiment enthousiasmants pour moi. Depuis plusieurs années je suis convaincu que le digital a une belle carte à jouer parmi les médias vélo. À nous de le prouver, en vous offrant encore plus de contenus de qualité », déclare Patrick.

« Journaliste professionnel pour plusieurs médias spécialisés vélos grand public (Cyclist, Trimag) et professionnel (BIKÉCO) et pratiquant régulier de vélo de route, je me suis pris de passion il y a quelques années pour le bikepacking et le vélo longue distance. J’ai également découvert avec bonheur le gravel, permettant d’allier le côté sportif et la découverte de nouveaux territoires. Rouler autrement, sur bitume ou sur les sentiers, aller et rencontrer les autres, partager… est notre credo chez Bike Café. Je suis ravi de rejoindre ce média afin de le professionnaliser et développer son audience, au sein d’une équipe de 8 contributrices et contributeurs passionnés », déclare Matthieu.

Cette nouvelle organisation va nous permettre de développer de nouveaux projets autour de notre passion commune. L’année 2021 vous les dévoilera …

La vidéo de notre auto-interview

Contact

Gravel GT Grade : la relève est assurée

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Test du vélo de gravel GT Grade
Le Gravel de GT offre une filtration redoutable (photo Fabrice Boddaert)

Depuis les années 70, la marque GT, fondée par Gary Turner, n’a eu cesse de nous faire rêver. Même si l’ADN reste ancré dans le BMX, GT a été un des précurseurs dans le milieu émergent du Mountain Bike aux USA. Je suis l’un de ceux qui rêvaient dans les années 90 sur le ZASKAR et son cadre triple triangle, ce fameux VTT à tout faire qui domina sa génération, et dont le nom figure toujours au catalogue, au rayon XC et Trail.

 

Gary Turner (crédit photo : Jeff Zielinski)
Gary Turner (crédit photo : Jeff Zielinski)

L’épisode routier de la marque californienne est bien moins connu (du moins en Europe), mais non dénué d’intérêt, avec notamment une course à l’innovation perpétuelle, particulièrement visible avec les vélos « Aéro » de l’équipe américaine aux jeux olympiques.

L’histoire des vélos de route GT
L’histoire des vélos de route GT

Tout cela nous amène en 2014 où la firme présente le concept du Grade. GT met alors en avant une pratique sur toutes les routes, quelque soit le revêtement, et avec la notion centrale d’endurance. On est donc absolument pas dans une démarche d’adaptation d’un cyclo-cross, mais bien dans un projet totalement nouveau, que GT baptise Enduroad.  

Le Grade de 2015 en carbone n’était d’ailleurs pas homologué pour les épreuves UCI. Une approche globale dans un timing parfait : la pratique Gravel commence doucement à s’exporter hors des pistes américaines. La force du réseau de distribution, la réputation de GT, et la large gamme du GRADE pour (presque) toutes les bourses fera le reste : le succès est mondial et durable. Le GT GRADE devient un des tout premiers Gravel « de masse », que l’on retrouve aux quatre coins du monde, dans de nombreuses déclinaisons en aluminium et carbone. Au sein du team Bike Café, nous sommes d’ailleurs trois à avoir commencé le Gravel sur un GT Grade : Sébastien et Philippe sur le Carbone, et moi-même sur un aluminium. Notre équipe l’a également utilisé sur la première épreuve du Roc Gravel en 2016. Un vélo sur lequel il est facile de trouver sa bonne position, qui permet bien des fantaisies grâce à une géométrie très bien pensée, et qui se veut avant tout rassurante et confortable.

Une bête de somme aussi robuste que polyvalente, que j’ai amené aussi bien au sommet du Ventoux, qu’en cyclo-cross, que sur des épreuves Gravel chronométrées ou bien sûr en vélotaf.

Un nouveau GT Grade très attendu 

Test du nouveau gravel GT Grade
Le nouveau GT Grade – photo Laurent BIGER

Remplacer un best-seller n’est jamais chose facile, tant il faut concilier l’héritage du précèdent tout en le réactualisant. Si le précédent Grade flirtait entre les pistes roulantes et le domaine de l’endurance route, son remplaçant déplace le curseur bien plus du côté de l’Off-Road. Une volonté dans l’air du temps et finalement tout à fait conforme au savoir faire de GT, indéniablement reconnu dans ce domaine. Le concept maison du triple triangle semble cette fois libéré de toutes contraintes, en se permettant de ne plus toucher le tube de selle. C’est esthétique, mais surtout, comme nous allons le voir, diablement efficace.

Les haubans, particulièrement fins, sont d’une composition spécifique mélangeant deux types de fibres légères : le carbone et la fibre de verre. Le noyau en fibre de verre assure la résistance et l’amortissement tandis que les couches externes en fibres de carbone contrôlent la rigidité, ce qui créé la technologie dite Dual Fiber Dynamics.

Test du vélo de gravel GT Grade
La technologie GT du Triple Triangle. Le concept maison du triple triangle semble cette fois libéré de toutes contraintes, en se permettant de ne plus toucher le tube de selle – photo – Laurent BIGER

Cette souplesse verticale des haubans se traduit par un amortissement supérieur, que GT traduit littéralement par « bases flottantes ». Un qualificatif qui n’est pas exagéré, puisque l’on arrive sans peine à déformer à la main les haubans, et nous verrons plus bas que le test terrain confirmera cette souplesse verticale recherchée.

Si le tube de selle du Grade originel était classique, celui du nouveau est particulièrement travaillé dans sa forme, avec notamment une partie inférieure permettant aussi bien un flex enviable, qu’un dégagement confortable pour le pneumatique arrière.  Ce tube est également prévu pour accueillir le câblage destiné à la tige de selle télescopique, de série sur cette version Pro. 

Plus en avant, la fourche est l’autre changement majeur de cette nouvelle version. Si celle du premier Grade ne pouvait accueillir un pneumatique de plus de 38 mm, celle-ci accepte officiellement du 700 x 42 mm ou 650 x 47 mm. Livré monté en 700 x 40 mm le vélo possède une clearance généreuse, et permet ne pas redouter les terrains gras.

Test du vélo de gravel GT Grade
Un dégagement confortable (Photo Laurent BIGER)

La fourche de ce nouveau GRADE embarque une technologie permettant de faire le choix entre plusieurs déports, en l’occurrence de 55 mm ou 70 mm. Le système est très proche de celui vu chez RONDO, mais GT communique différent sur le concept. Alors que la marque polonaise joue sur le choix entre nervosité et stabilité, la firme américaine préfère aborder ce changement de déport vis-à-vis de l’utilisation et surtout du chargement du vélo.

L’objectif étant de retrouver, même lourdement chargé, des réactions prévisibles et saines dans la direction. On est cependant sur des technologies extrêmement proches, avec sensiblement les mêmes opérations techniques à effectuer. Le système RONDO agit cependant sur un plan plus vertical, notamment sur l’angle de direction, le GT reste plus sur un plan horizontal et quasi exclusivement sur la variation du déport de la fourche. Le temps pour passer de l’un à l’autre est à peu prés similaire au système RONDO, comptez environ 15 minutes. La variation de comportement est assez flagrante, mais sans réel intérêt si vous ne voyagez pas “chargé”, la position “vélo non chargé” restant de loin la plus polyvalente pour la plupart d’entre nous.

Test du vélo de gravel GT Grade
La fourche Flip Chip, ici dans son réglage “non chargé” (photo montage Laurent BIGER)

Avant de quitter cette fourche, il est intéressant de noter que celle-ci est conçue pour accueillir un disque de 160, mais aussi de 180 mm. Dans un but cohérent avec le système Flip Chip : pouvoir freiner efficacement, même lourdement chargé. Vous l’aurez compris : la vocation bikepacking ou Aventure est clairement mise en avant. Et c’est également visible partout sur le cadre, avec de très nombreux inserts filetés permettant une multitude de combinaisons d’aménagements.

À noter également que GT a choisi de conserver le routage externe des gaines. Un choix clairement expliqué par GT, qui privilégie la facilité de maintenance. Autre avantage, que j’avais remarqué sur le Grade premier du nom : les trois gaines passant sous le tube oblique protègent efficacement celui-ci des projections de la roue avant.

Test du vélo de gravel GT Grade
Le GT Grade prêt pour le voyage en mode bikepacking (photo GT)

Si le tube de selle du Grade originel était classique, celui du nouveau est particulièrement travaillé dans sa forme, avec notamment une partie inférieure permettant aussi bien un Flex enviable, qu’un dégagement confortable pour le pneumatique arrière.  Celui est également prévu pour accueillir le câblage destiné à la tige de selle télescopique, de série sur cette version Pro.  Un tube de selle incliné autour des 74 degrés, associé à une géométrie dans l’air du temps malgré des bases relativement longues (445mm !), mais qui seront ainsi plus propices à exploiter la filtration des haubans « flottants ». Une logique d’endurance avant tout.

Test du vélo de gravel GT Grade
Géométrie et dimensions du gravel GT Grade

La tendance à l’allongement du Reach se confirme sur ce Grade. Il en résulte nécessairement une potence plus courte. Une approche très actuelle, qui marque une importante évolution en comparaison de la précédente génération.

Test du vélo de gravel GT Grade
Stack et Reach du GT GRADE en comparaison du modèle 2015 et de vélos concurrents

Les équipements

Côté équipement, cette version PRO est le haut de gamme, mêlant habilement un groupe Shimano GRX 800, une cassette Shimano de la gamme XT de 11-42 dents, et un valorisant pédalier Praxis Zayante Carbon-S armé d’un unique plateau de 42 dents.

Test du vélo de gravel GT Grade
Pédalier PRAXIS Zalente Carbon sur ce gravel GT Grade Pro (photo Laurent BIGER)

Cette version PRO du GT GRADE n’était pas encore équipée de la manette gauche Shimano, incluant la commande de la tige de selle télescopique (TransX). Ce qui explique le montage d’un petit levier de type VTT sur le dessus du cintre. La version livrée en clientèle sera bien équipée du levier adéquate … Les roues ne sont pas en reste avec un montage de la marque Stan’s NoTubes, constitué de jantes Crest MK3 et de moyeux Neo, bien évidemment en axes traversants. La largeur interne de 23 mm de ces cercles, au profil très bas, favorisera là aussi la filtration et la robustesse. La monte pneumatique est assurée par WTB, et leurs bien connus NANO en 700 x 40 mm.

Test du vélo de gravel GT Grade
Roues STAN’S CREST MK3 (photo Laurent BIGER)

Côtés périphériques, je retrouve avec plaisir l’excellente selle Fabric Scoop Shallow Elite, que mon postérieur appréciera tout au long du test. Le cintre est estampillé GT, identique au cintre de la première génération de Grade. Il offre un très bon compromis dans ses angles et dimensions. Ah oui, j’allais oublier ce détail : le collier de selle (Promax) est exactement le même que celui du précédent GT. La potence n’est pas un exemple de finition, sur cette version Pro, on serait en droit d’attendre un effort sur ce point. Même remarque pour la tresse de guidon du cintre, très basique et bien trop fine pour un usage sérieux sur les pistes.

En selle maintenant…

Après les quelques réglages habituels, il est grand temps de passer à la phase dynamique de ce test, en essayant autant que possible de rester objectif ! Un test hivernal d’environ 500 km sur les pistes et sentiers qu’offre le champ de batailles historique de Verdun. J’ai choisi pour cet exemplaire de test de prendre strictement la même taille que la génération précédente de Grade, que je connais bien : 55.

L’allongement du Reach est flagrant une fois en selle, et même si la potence est plus courte de 20 mm à taille de cadre équivalente, je suis encore trop « loin ». J’en arrive déjà à un jugement, précoce, mais qui finalement ne se démentira pas jusqu’à la fin du test : GT aurait dû aller au bout de cette démarche de longer reach en montant directement une tige de selle sans déport (qu’elle soit télescopique ou pas) ! Connaissant les NANO de WTB et leurs flans plutôt souples, je les ai légèrement et volontairement sur-gonflés afin de mieux ressentir le comportement du cadre face aux aspérités rencontrées. Le ressenti est immédiat : sur des routes puis des pistes que je connais bien, le Grade filtre très efficacement les irrégularités du terrain et se permet même d’améliorer significativement ce qui était déjà le point fort de la précédente génération. Un confort de roulage redoutable !

Test du vélo de gravel GT Grade
Le Gravel de GT offre une filtration redoutable (photo Fabrice Boddaert)

Ce concept de « bases flottantes », grâce au triple triangle, permet non seulement d’apporter ce confort de filtration, mais également d’améliorer la motricité grâce à ce triangle arrière qui est plus souvent en contact avec le sol. Là où certains cadres carbones, peu permissifs rebondissent, avec pour conséquences non seulement une détérioration du confort mais aussi une perte de motricité, de vitesse, et donc de rendement, le GT Grade s’en sort beaucoup mieux.

GT semble maitriser parfaitement son concept : le Grade est particulièrement confortable, tout en restant d’une redoutable efficacité en relance et accélération brutale. C’est presque étonnant au regard des cotes particulièrement longues de ses bases ! Les roues ne sont bien évidemment pas étrangères à cet excellent dynamisme … Sur la route, les pneus d’origine WTB NANO sont clairement trop énergivores, bruyants, gommant un peu l’excellent dynamisme intrinsèque de ce vélo.

Test du vélo de gravel GT Grade
Le GT Grade à son aise sur les pistes Gravel de Verdun (photo Fabrice Boddaert)

Dans les descentes, j’ai apprécié la bonne rigidité de la fourche, qui reste suffisamment confortable malgré tout. Le guidage est précis, et l’arrière du vélo suit bien la trajectoire grâce à ses belles qualités d’adhérence, évoquées précédemment. Le freinage du groupe Shimano GRX reste un régal de dosage : impérial et rassurant. Le grip des WTB NANO est appréciable, et renforce le sentiment de sécurité et d’assurance au guidon de ce Grade. Un guidon où une guidoline plus qualitative et plus épaisse aurait été néanmoins appréciée.

Dans les étroits sentiers forestiers, le Grade reste joueur et efficace, même si l’on trouve des vélos de Gravel bien plus habiles dans cet exercice : le Grade étant finalement bien éloigné d’un cyclo-cross. La transmission est restée imperturbable malgré des conditions parfois très difficiles durant ce test en Lorraine.

Test du vélo de gravel GT Grade
Une transmission imperturbable, malgré des conditions parfois très difficiles durant ce test en Lorraine. (photo Laurent BIGER)

Dans les sentiers, on use régulièrement de la tige de selle télescopique dans les descentes. Une fois descendue, et le centre de gravité avec, le Grade devient encore plus joueur, et plus efficace aussi, en permettant bien plus de mobilité sur le vélo. Ma dernière saison de VTT XC en compétition remonte à 2018, et les automatismes pour utiliser cette tige de selle télescopique reviennent très vite : on la baisse à l’abord de la descente, puis on la remonte ensuite pendant que l’on relance derrière en danseuse.

Une gymnastique bien rôdée par les VTTistes, qui seront ici en terrain connu. Cette tige améliore drastiquement les capacités de franchissement en descente. Sur ce point, il n’y a pas débat : c’est d’ailleurs l’évolution majeure de ces dix dernières années en VTT. Libre à chacun ensuite, en fonction de sa pratique, de son expérience, et de sa localisation de déterminer si un tel accessoire à sa place ou pas sur son vélo de Gravel.

Test du vélo de gravel GT Grade
Tige de Selle télescopique du GT Grade (photo Laurent BIGER)

Pour conclure …

C’est avant tout le confort qui surprend sur ce GT Grade. Ne nous méprenons pas, le confort n’est plus un argument associé exclusivement à la pratique cycle de loisir, ou utilisé pour convaincre des pratiquants blessés ou plus âgés. Non ! De nos jours, le confort est essentiel dans la quête de la performance.

Une monture plus confortable, en ménageant son hôte, lui permettra de rester « frais » plus longtemps. L’inconfort n’a pas qu’un impact psychologique il agit également sur le physique. Le corps encaisse des sollicitations nuisibles aussi bien à sa santé, qu’à sa performance globale, à cause de cet inconfort énergivore. Si l’on écarte les quelques détails de périphériques, ce GT Grade en est le parfait exemple : une géométrie moderne, au confort exceptionnel, tout en étant d’une redoutable efficacité.

Caractéristiques :


Tailles48,51,55,58,61
CadreGT Grade Carbon, EnduRoad design, triple triangle avec bases flottantes, support amovible pour garde-boue, compatible Shimano Di2 et tige de selle télescopique à routage interne, étriers flatmount comptabiles avec disques jusqu’à 180 mm Inserts pour sacoche (toptube), portes-bidon (fourche, downtube et tube de selle) Axe traversant 12×142 mm
Fourche Carbone, pivot conique carbone, axe traversant 12×100 mm Compatible garde-boue et porte-bagages (6 inserts) Axe flip chip (2 positions)
ChaineShimano HG601, 11-speed
PédalierPraxis Zayante Carbon-S, 42 dents
Boitier de pédalierPraxis M30 en PressFit
DérailleurShimano GRX RX810 Shadow Plus
LeviersShimano GRX 800
CassetteShimano XT, 11-42 dents, 11 vitesses
RouesStan’s NoTubes Crest MK3, 28h, Tubeless Ready
PneusWTB Nano TCS Light, 700 x 40c, Tubeless Ready
Moyeux avantStan’s NoTubes Neo 12×100, 28h, Centerlock
Moyeux arriéreStan’s NoTubes Neo 12×142, 28h, Centerlock
RayonsAcier, 14g
FreinsShimano GRX 810 Hydro Disc, 160/160mm MT800 Rotors
CintreGT DropTune Super Light, Double Butted 6061 Alloy, 16° Flare
PotenceGT 3D Forged SL Alu, 31.8mm, 6°
GuidolineGT Gravel Grip Premium Tape
Jeu de directionFSA No.44, Integrated, Sealed Bearing (UPR : 1-1/8 in, LWR : 1-1/4 in)
SelleFabric Scoop Shallow/ Elite, Cr-Mo Rails
Tige de selle télescopiqueTransX YSPI01, débattement de 50mm, 27.2mm
Poids maximal total :
Poids du vélo (vérifié):
129 kg (cycliste et son chargement)


8.9 kg (sans pédales ni portes bidons, avec liquide préventif)


Infos sur le site GT Bikes (gtbicycles.com)

Prix du modèle testé : 3 299,00 € TTC

Emmener son vélo en voyage : la solution BUDS

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Buds Ultimate Bag
Buds Ultimate Bag

Pourquoi n’ai je pas continué à faire de la course à pied ? C’était quand même plus facile de trimbaler ma paire de baskets plutôt que ce bardas cycliste qu’il me faut maintenant. Ce n’est quand même pas simple d’emmener son vélo en voyage, sans compter qu’avec il y a le casque et tout l’équipement qui prend de la place. Dans certains trains (TER) il y a des crochets, mais pas toujours et notamment dans les TGV c’est galère … Alors comment faire ? Cet article fait suite à celui que nous avions publié en 2018.

BUDS a répondu à la demande

Créée il y a 4 ans, la société grenobloise BUDS a sauté en marche dans le train du transport des vélos. Ce train a même été un TGV pour la société qui s’est rapidement développée, poussée par la forte demande de ce marché. Vendues en ligne ou par des grandes enseignes telles que Allticks et Nordauto, les housses de transport BUDS sont appréciées par les cyclistes voyageurs en train voiture, autocar, … Conçues en France et fabriquées pour l’instant au Vietnam (dans les même unités de production que Lafuma) ces produits sont d’un bon rapport qualité / prix.

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Train et vélo : complémentaires

La crise sanitaire a eu pour effet de développer l’usage vélo dans le domaine du quotidien comme dans celui des loisirs. L’intermodalité se développe et même si, comme d’habitude nous avons “un train de retard” (c’est le cas de le dire), le besoin va pousser les moyens et nos déplacements vont intégrer le vélo. Ce n’est pas encore gagné, mais déjà, il n’est pas impossible de s’organiser de temps en temps un petit voyage pour s’éloigner de la grande ville pour rejoindre une gare distante dans une de nos belles régions pour se faire un week-end en vélo backpacking. Geoffroy Sébline pratique ça depuis 20 ans et si vous n’avez pas encore lu son livre je vous le recommande.

Vélo démonté ou non démonté ?

Quel que soit le train emprunté, la SNCF vous offre la possibilité de voyager avec votre vélo (démonté ou non démonté), pour les trajets du quotidien, les escapades du weekend ou les vacances : en TGV INOUI, OUIGO, en TER, Transilien et Intercités, en Europe.

Le voyage avec le vélo démonté étant de loin la pratique la plus courante et c’est là que la housse de transport intervient.

Buds Ultimate Bag
Dans un TGV la housse doit mesurer au maximum 120 x 90 cm – photo BUDS le modèle Trainbag Original le plus vendu de la gamme

Si vous transportez votre vélo plié ou démonté dans une housse, votre vélo compte comme un bagage à main et doit être placé dans les emplacements prévus pour les bagages. La housse doit mesurer au maximum 120 x 90 cm.

Buds … ultimate bag

Pour chaque type de transport la société BUDS a imaginé et propose des solutions. La gamme est très complète et se décline en plusieurs catégories de produits possédant des niveaux de protection, poids, prix, matière, … différents. Je vous invite à la découvrir sur le site de BUDS.

Personellement j’ai retenu 2 produits qui me semble un peu plus intéressants dans la gamme light car ils permettent le transport itinérant du vélo. La housse qui pèse seulement 1 kg est en nylon ; une fois pliée elle pourra trouver sa place dans le sac à dos ou fixée sur un “cage” de fourche. Vous pouvez poursuivre votre voyage et reprendre un train ou un autocar pour le retour ou le transfert vers une autre destination.

Buds Ultimate Bag
Une fois pliée la housse ne pèse que 1 kg et présente un volume à peine supérieur à un bidon – photo BUDS

Bien sûr 1 kilo ça reste du poids lorsqu’on veut optimiser son chargement. Ce sera un choix à faire et lorsqu’on a un point de chute à destination où l’on peut laisser son bagage on peut utiliser la gamme Original en PE 600D (polyéthylène) qui offre pour le double du poids (2 kg) une meilleure protection. Ce modèle étant d’ailleurs le best seller de la marque. 

Train ou Road   

TRAINbag : une housse Vélo respectant le standard SNCF

La nouvelle housse de transport TRAINBag est dédiée au transport ferroviaire, dont les dimensions respectent le standard SNCF (120 x 90 cm), et qui permet également le portage et le stockage d’un vélo de route, d’un VTT ou d’un E-bike en toute sécurité.
Il suffit de retirer  les deux roues et de les placer dans les deux poches intérieures dédiées avec protection centrale pour les axes de roues et le matériel sera parfaitement protégé.

La hauteur suffisante du sac permet de conserver la hauteur de selle. Un support vélo universel en option permet d’ajouter une protection supplémentaire à la transmission. C’est une sorte de sabot fixé sous la boîte de pédalier  D’autres options existent pour assurer une protection totale comme le protège fourche (voir image plus haut).

La housse de rangement pourra accueillir votre équipement et vos outils à l’intérieur du sac.

ROADbag : pour le transport routier

Pour les voyageurs empruntant un véhicule (voiture, autocar, …), la solution Roadbag permet de d’emballer son vélo dans une housse sans avoir à démonter la roue arrière. Cette solution simplifie la mise en oeuvre et la housse garde une dimension limitée qui permet d’optimiser le rangement dans un coffre ou dans une soute. C’est une exclusivité de la marque BUDS qui a séduit bon nombre de cyclistes. 

Ces différentes solutions se déclinent pour les Mountains Bikes … Consultez le site. 

Découvrir toutes ces solutions sur le site de BUDS 

Gravel Bertin C133 : l’art du compromis

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Test du gravel BERTIN C133
Roues ZIPP 303S : mariage idéal avec le Bertin C133 (photo Pascal Colomb)

En août dernier, j’avais eu l’occasion de vous présenter le Bertin C117. Un vélo de gravel fait d’aluminium que j’avais pu tester lors de la randonée Ventoux Gravel . Pour mémoire, cette marque a été fondée par Andrée Bertin en 1946, lui-même coureur cycliste. Bien plus tard, Bertin deviendra Shimano France, ce qui concordera également avec la fin progressive des cycles Bertin. Et c’est finalement en 2016 que Mickaël Bertin relance, en famille, la production des cycles du même nom. Pour les dénominations commerciales de ses modèles, Mickaël puise directement son inspiration dans l’historique de la marque. Ainsi, les vélos de gravel se voient estampiller des dénominations de la série “Randonneur”, où Mickaël a simplement ajouté +1 au C132, qui était déjà utilisé pour le Gravel C132 “actuel” amené à disparaître prochainement au profit de ce nouveau C133.

Bertin : une marque historique

Cycles André Bertin
Cycles André Bertin … Tarifs 1976

Une entreprise familiale, aujourd’hui implantée en Bretagne, plus précisément à Quimper. Quand Mickaël Bertin m’a proposé ce test, j’étais enthousiaste pour plusieurs raisons. D’une part, car c’est souvent avec un intérêt particulier que l’on aborde une relation avec une marque française, mais également (et surtout) parce que je gardais un très bon souvenir de mon dernier test au guidon d’un Bertin.

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Un breton dans le Vaucluse

Comme pour le C117, c’est majoritairement le Vaucluse qui a été le terrain retenu pour évaluer ce nouveau gravel venu de Bretagne. Je vous propose de partager mon expérience au guidon de ce C133 que j’ai roulé sur les pistes du Mont Ventoux, des Dentelles de Montmirail et pour finir du Luberon. Des randonnées effectuées aussi bien en solo, qu’en compagnie de quelques amis locaux du collectif More Gravel, durant ces fêtes de fin d’année 2020.

Test du gravel BERTIN C133
Le gravel BERTIN C133 aux abords du Mont Ventoux (photo Laurent BIGER)

Si le C117 abordait une ligne très classique et un brin classieuse, le C133 joue la carte de la sportivité. Racé, voire “racing”, le design du C133 se veut incisif. La peinture de ce modèle de pré-série, réalisée dans les ateliers français de CYFAC, n’est pas étrangère à cette agressivité assumée.

Une peinture offrant une belle finition et dont la qualité s’est vérifié durant ce test. Les inévitables projections de pierres en descentes rapides sur les pistes de Provence n’ont pas marqué durablement cette “peinture de guerre”, aux effets brossés très travaillés. Pour ceux qui n’aiment pas, rassurez-vous : chez BERTIN, il y a un grand choix de couleurs et de personnalisations possibles … 

Test du gravel BERTIN C133
Géométrie et tailles du gravel BERTIN C133

Afin de limiter le prix de vente proposé, Mickael Bertin a fait le choix de faire réaliser la fabrication en Asie. La géométrie du cadre est néanmoins spécifique. Un examen plus détaillé du cadre, révèle la complexité de ce moule, notamment dans la zone de jonction entre les haubans, le tube de selle, et le “top tube”. Une zone cruciale, qui nous le verrons plus bas et qui a une incidence notable sur le comportement du C133.

Test du gravel BERTIN C133
Un cadre au moule complexe, non sans incidences sur le comportement… (photo Laurent BIGER)

Les haubans, de sections rectangulaires, leurs donnent cet aspect “plat” qui joue beaucoup dans la filtration de ce triangle arrière. L’imposante douille de direction participe à la ligne racée de ce vélo. Elle arbore la nouvelle identité visuelle de la marque bretonne, qui gagne en modernité.

Test du gravel BERTIN C133
L’imposante douille de direction arbore la nouvelle identité visuelle de la marque bretonne (photo Laurent BIGER)

La fourche n’a aucun mal à accueillir de larges pneumatiques, le pneu Vittoria Terreno Mix en 700 x 40 mm est tout à son aise dans cette large fourche. Pas moins de huit inserts permettront aux aventuriers d’y monter leurs habituels accessoires (portes-bidons et autres supports). Sur la photo ci-dessous, vous remarquerez également que le cadre peut accueillir la câblerie nécessaire à un montage en double-plateau via un passage interne, ici obturé par un cache étanche. 

Test du gravel BERTIN C133
Une imposante fourche armée de huit inserts pour le voyage (photo Laurent BIGER)

Le passage de roue côté cadre est plus ajusté, tout en permettant néanmoins d’accueillir sans problème le même pneu Vittoria Terreno Mix en 700 x 40 mm. Une valeur qui me semble maximale si l’on roule parfois sur du terrain gras, un pneumatique de 42 mm s’y logera malgré tout en conditions sèches …

Test du gravel BERTIN C133
Le pneumatique de 700 x 40 mm est également à son aise dans ce cadre en carbone (photo Laurent BIGER)

Un compromis intéressant

Le C133 testé, est doté d’un équipement cohérent, qui respire lui aussi la sportivité et le dynamisme. À commencer par les roues ZIPP 303s de 45 mm de hauteur qui possèdent d’une belle largeur interne de 23 mm. Des roues spécifiquement tubeless qui conviennent à merveille avec l’esprit du C133 : du dynamisme, mais aussi du confort !

La transmission est assurée par un groupe Shimano GRX-600 mono plateau (de 40 dents), associé à une cassette de la même marque, de la gamme XT, en 11 – 40 dents. Des rapports plus orientés Off-Road que routiers, qui feront merveille dans les forts pourcentages de mon terrain de test ! Ce vélo accuse 8,3 kg sur la balance, incluant pédales et deux portes bidons. Un beau résultat, rendu possible entre autres par l’utilisation de périphériques de qualité (FSA et Prologo). 

Test du gravel BERTIN C133
Roues ZIPP 303S : mariage idéal avec le Bertin C133 (photo Pascal Colomb)

Les bases de 423 mm de long offre un compromis intéressant, qui offrent à ce C133 de belles prédispositions aux relances efficaces, sans nuire au confort et à la motricité qui sont essentiels sur ces sols dégradés. C’est appréciable de constater ce compromis maitrisé, entre performance et confort. Un accord indispensable quand on envisage des sorties à la journée (ou plus…), que semble maitriser parfaitement BERTIN sur ce C133.

Test du gravel BERTIN C133
Des bases bien pensées qui participent à l’excellent compromis confort / performance (photo Pascal Colomb)

Ce confort, ou pour être plus précis, cette belle maitrise de la filtration verticale, est à mettre au crédit à la géométrie travaillée du moule du C133, notamment dans la zone de jonction entre les haubans et le tube de selle, évoquée plus haut. La rigidité latérale n’est pas pour autant mis en défaut : ce BERTIN relance très bien et facilement, grâce notamment à un boitier de pédalier suffisamment rigide pour transmettre sans trop de déperdition la puissance musculaire.

Test du gravel BERTIN C133
La géométrie, le poids maitrisé, et l’équipement rendent ce C133 très dynamique sur les pistes (photo Pascal Colomb)

Sur les routes, la bonne rigidité de la fourche permet un excellent guidage dans les descentes de cols, rendant ce vélo rassurant et très facile à piloter. Toujours sur routes, et spécifiquement sur fortes sollicitations, on peut néanmoins remarquer que ce C133 n’a pas la rigidité latérale de certains vélos Gravel transalpins plus exclusifs (et bien moins confortables).

Seuls les chasseurs de KOM s’en plaindront, puisque ce C133 permet déjà une belle aisance routière qui permettra d’entreprendre de solides ascensions à bon rythme, et sans être trop exigeant physiquement. Je ne vais pas m’en plaindre en cette période de fêtes de fin d’année !

Test du gravel BERTIN C133
Une belle aisance routière qui permettra d’entreprendre de solides ascensions à bon rythme, et surtout sans être trop exigeant physiquement… (photo Pascal Colomb)

Pour conclure

On a ici un Gravel qui cache bien son jeu. Derrière une ligne très sportive, le C133 se dévoile finalement d’une grande polyvalence grâce à un bon confort qui permettra d’utiliser ce vélo pour bien des usages, à commencer sur les pistes où son compromis dynamisme/confort fait merveille. La personnalisation possible de l’équipement et de la peinture, tout comme un kit cadre proposé à un prix cohérent vis à vis de la concurrence, fait de ce BERTIN C133 une alternative pertinente aux grandes productions.

Spécifications :

Kit Cadre : Carbone, mélange de fibres haut module T800 (75%), intermédiaires T700 (22%) et 3K (3%), boitier de pédalier PressFit.
Standard Flatmount pour les étriers de freins, axes traversants (avant 12 x 100mm, arrière 12 x 142mm).

  • Poids du cadre (taille S) : 950 gr
  • Poids de la fourche : 460 gr
  • Transmission : groupe SHIMANO GRX-600 mono plateau (40 dents), cassette XT 11-40 dents
  • Roues : ZIPP 303s
  • Pneus : Vittoria Terreno Mix 700 x 40mm
  • Potence : FSA V-Drive
  • Cintre : FSA SL-K
  • Selle : Prologo Dimension AGX
  • Tige de selle : FSA SL-K

Prix du kit cadre (avec jeu de direction et axes): 1699 € TTC

Prix du montage complet testé : 4699 € TTC

Rendez-vous sur le site des cycles BERTIN   

 

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Bcyclet Inferno Race

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Bcyclet Inferno Race
Bcyclet Inferno Race

Bcyclet Inferno Race n’est pas une épreuve cycliste comme les autres. D’abord elle entraîne les participants dans une traversée nord – sud des Alpes avec un départ à Annecy et une arrivée à Nice, ensuite elle se déroule en duo. Ce duo devra être indissociable tout au long de l’épreuve.

Bcyclet Inferno Race
Bcyclet Inferno Race, une épreuve en duo.

Si vous aimez grimper des cols vous serez servis :

  • le premier jour : Tamié, Madeleine, Télégraphe, Gallibier et Izoard
  • le deuxième jour : Vars, Bonette, Saint Martin et Turini pour finir.

Cette année ce sera la 2ème édition.

Le programme

Jour 1 – 29 Juillet 2021

Accueil à l’aéroport de Genève et transfert à votre hôtel à Annecy (exclusivement pour le package Premium).

Réglage des vélos et préparation avant de partir dans l’après midi pour une petite ride en groupe le long du lac.

Dîner tous ensemble avant de s’installer pour une douce nuit (dîner inclus pour tout le monde mais nuit non incluse pour le package Standard 2 nuits).

Jour 2 – 30 Juillet 2021 Inferno #1

Réveil très tôt pour un petit-déjeuner tous ensemble à 4h du matin.
Début en douceur le long du lac avec 20km de plat – les seuls de tout le séjour !
Le reste de la journée inclus l’ascension du Col de Tamié (907m), le Col de la Madeleine (1993m), le Col du Télégraphe (1570m), le Col du Galibier (2580m) et le Col de l’Izoard (2363m).

 

Nuit à Arvieux.

Total 250km avec 5800m+ et 5200m-.

Ecyclet Inferno #1

Jour 3 – 31 Juillet 2021 Inferno #2

Un autre réveil matinal vous attend avec un départ à 5h00 du matin. Direction le Col de Vars (2105m), avant de s’attaquer à la Cime de la Bonnette (2715m), la route pavée la plus haute d’Europe !
Les deux cols suivants vont probablement tester votre force mentale : Col de Saint Martin (1510m) et Col de Turini (1607m).
Vous l’avez fait et méritez bien la longue descente vers Nice avant de célébrer tous ensemble un repas tout aussi mérité.

 

Total 230km avec 5000m+ et 6100m.

Ecyclet Inferno #2

Jour 4 – 01 Août 2021 Départ

Aucun doute vous avez mérité une petite grasse matinée !

Après un petit déjeuner tous ensemble, nous offrons un service de navette vers l’aéroport de Nice.

Transfert retour à Annecy en mini van également possible en option (départ midi, 49€, transport du vélo inclus)

Informations et inscriptions sur le site

Vélo vintage : des décalques pour redessiner le passé

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Les décalques du passé pour vélo
Les décalques du passé pour vélo

L’histoire du vélo est riche, et depuis le brevet de son invention enregistré en 1843 par Alexandre Mercier, cet objet doté de deux roues alignées a été le point de départ de la création de nombreuses entreprises. Les marques de vélos s’identifiaient grâce à des plaques de cadres apposées fièrement sur le tube de direction. C’étaient de véritables créations artistiques, qui font encore le bonheur des collectionneurs. Le nom des marques étaient parfois peints directement sur les tubes et plus tard ils ont été collés par transfert sur les cadres. Le temps a terni leurs couleurs, la rouille les a rongés, les décalques se sont décollés … mais l’histoire se perpétue grâce à des reproductions que l’on peut dénicher sur Internet.

Plaques de cadres de vélo
Aux côtés de marques célèbres : Bianchi, Colnago, Gazelle, … on trouve d’autres marques complétement inconnues – photos Pinterest

Les couleurs des vélos, les logos de ces marques oubliées, les maillots souvent mités, … sont les témoins de la naissance du marketing à l’époque où la pub s’appelait “réclame”. Certains graphismes sont devenus cultes, mais beaucoup de marques n’existent plus et ce n’est pas facile aujourd’hui de retrouver les décalcomanies d’époque, lorsqu’on souhaite parfaire la restauration d’un vieux vélo.

Ils sont forts ces anglais

Les champions toutes catégories de la préservation du patrimoine cycliste sont indéniablement les anglo-saxons et en particulier nos amis d’Outre-Manche. Leur attachement aux choses du passé s’exprime d’ailleurs dans différents domaines industriels : auto, moto, avions, … et bien sûr vélo.

Bicycle Decals a été fondée en 2011 pour répondre à l’absence sur le marché du vélo des décalcomanies nécessaires à la restauration, et la remise en état des cadres de vélos. Le catalogue de Bicycle Decals est impressionnant et pourra satisfaire les nombreux passionnés et collectionneurs qui souhaitent remettre en état dans leur style d’origine des vélos modernes, vintage ou classiques.

Les décalcomanies sont difficiles, voire impossible, à trouver pour certaines machines et lorsque qu’on a fait refaire une belle peinture on aimerait bien aller jusqu’au bout pour remettre en état d’origine son vélo collector.

Transferts décalques pour cadres de vélos anciens Bicycle Decals
Le marquage Bernard Carré disponible sur le catalogue de Bicycle Decals – photo Bike Café

Chez Bicycle Decals le catalogue s’agrandit régulièrement et le site est mis à jour pour proposer l’ensemble des décalcomanies re-dessinées dans le respect des originaux. Si vous ne trouvez pas ce que vous voulez immédiatement, il y a de fortes chances que ça viendra bientôt. Bien sûr, avec autant de décalcomanies différentes ayant été produites dans l’histoire du cyclisme, il sera impossible de les trouver toutes, mais les créateurs du site visent à en obtenir le maximum possible.

Décalques de marques de vélos
Les voici posées sur mon vélo devenu une randonneuse sportive. Elle était en cours d’évolution dans l’atelier de Dynamo Cycle Repairs à Aix-en-Provence avec ses décalques Bicycle Decals fraichement posées – photo Bike Café

Découvrir le site 

Mon B. CARRÉ

Vélo Vintage Bernard Carré
Mon vélo 1978 était bleu avec des petites pattes chromées et sur le tube diagonal il y avait la marque : L.B. CARRE – photo souvenir de l’auteur.

Oui ce nom est étrange … Carré pour un cadre de vélo évoque des cotes identiques : longueur et hauteur. C’est ce que je croyais au début lorsqu’on me parlait des cadres “Carré”. On m’a expliqué que c’était le nom du cadreur, et un jour je suis allé à Montreuil pour rencontrer Bernard Carré pour commander le mien. Ce n’est pas d’hier : on était fin des années 70. Mon vélo était bleu avec des petites pattes chromées et sur le tube diagonal il y avait la marque : L.B. CARRE.

Les décalques qui font revivre le passé
Ce vélo n’est n’est pas à sa première version … single guidon moustache, course mono plateau, course double plateaux, … le voici randonneuse légère avec gardes-boue et porte paquet.

Je vous ai déjà parlé de mon vélo qui est pour moi ma “madeleine de Proust”. Ce vieux biclou vient d’atteindre son ultime transformation, (enfin j’espère). Après avoir été un single speed avec guidon moustache, il est redevenu “déraillé” en mono plateau avec un guidon de course. Cette année un double plateaux Shimano a refait son apparition 52 – 38 avec les 5 vitesses à l’arrière.

Les décalques qui font revivre le passé
Version “randonneuse” en retrouvant de beaux freins Mafac polis par Pierre, un pédalier TA offert par Jean Malfati, des gardes-boue martelés, un porte paquets avant … et une belle sacoche de cintre Ostrich – photos Gabriel Refait

Le voici devenu “randonneuse” en retrouvant de beaux freins Mafac polis par Pierre, un pédalier TA offert par Jean Malfati, des gardes-boue martelés, un porte paquets avant … et une belle sacoche de cintre Ostrich fournie par Dynamo Cycles Repairs.

Les stickers B. CARRÉ ont été collés sur le cadre – photo Gabriel Refait

Pour parachever cette nouvelle évolution les décalques B. CARRÉ ont été collés sur le cadre. C’est Gabriel Refait de Dynamo Cycles Repairs qui s’en est chargé. Il le fait régulièrement pour certains vélos qu’il restaure à neuf à la demande de ses clients. En ce moment il a un Peugeot années 70 en cours de restauration. L’an dernier il a fait le Gitane de Luc Royer de Chilkoot. Avec ces quelques décalques on peut faire revivre le passé … On a tous cette “Madeleine de Proust” cyclopédique à vous de la faire revivre.

Les décalques qui font revivre le passé
Préparation du Tour du Vaucluse historique de Chikoot avec Gabriel Refait sur son Pinarello, Luc Royer sur son Gitane et moi sur mon B. Carré pas encore mué en randonneuse – photo Philippe Aillaud

Autres sites éditeurs de stickers :

Gravel : Freddy, un bien beau “Monster”

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Freddy un Monster Gravel
Freddy un Monster Gravel

Fabian Tilquin est un cycliste belge qui se passionne pour le gravel. Ses posts sur facebook sont intéressants et il y a un côté décoiffant dans la prose de Fabian, qui n’hésite pas à entreprendre des constructions de vélos originales, mais en même temps très réfléchies. Ses vélos sont loin de ressembler aux productions de série, marquetées jusqu’au bouchon de valve. En 2020 il a fait fort avec l’acquisition de 4 nouveaux vélos et le petit dernier est un Monstergravel qu’il a baptisé “Freddy”. Rien à voir avec le personnage effrayant de Freddy Krueger … Ce vélo a été construit par un artiste du chalumeau : le jeune cadreur Thomas Roba des Cycles Rouge Gorge. 

Bike Café a invité Fabian dans sa rubrique “Sur le zinc”, pour qu’il nous parle de l’histoire de Freddy. Fabian ne sera pas dépaysé, puisqu’il s’exprime déjà régulièrement devant un comptoir sur la page facebook du Comptoir du Gravel.

Freddy un Monster Gravel
Voici deux mois maintenant que mon beau Freddy trône dans mon salon – Photo Fabian Tilquin

Voici deux mois maintenant que mon beau Freddy trône dans mon salon ; il est donc temps de vous faire part d’un petit compte-rendu sur sa gestation …“, commence Fabian en guise d’introduction.

Sur mesure, mais sans commune mesure …

Raconter l’essai d’un vélo sur-mesure semble, à priori, n’avoir que très peu d’intérêt, sauf pour son propriétaire …. Mon « Freddy », conçu avec Amour par Thomas, ne se trouve pas dans le commerce. Désolé vous ne pourrez pas l’acheter d’un coup de clic rageur, après avoir lu cet article. Je pense pourtant que certains choix peuvent aider les lecteurs en recherche d’une monture idéale, fût-elle sur mesure ou standard. J’ai essayé de mettre un peu d’ordre dans mes idées, en vous proposant quelques explications.

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Le cadre

Bienvenue dans ce premier chapitre où l’on parle de cadre, de fourche et un peu (beaucoup) de chiffres. En gros, un cadre c’est un matériau et une géométrie. L’acier s’impose lorsqu’il s’agit de sur-mesure : les tubes ne coûtent pas les yeux de la tête et surtout ce matériau est « aisé » à travailler. Il ne faut pas être dentiste pour « se payer » un cadre acier sur-mesure, les prix démarrent aux alentours des 1000 € pour des cadres façon « fabriqué à côté de chez soi ».

Freddy un Monster Gravel
L’acier s’impose lorsqu’il s’agit de sur-mesure. La cadre a pris forme dans l’atelier de Thomas – Photo Fabian Tilquin

Je voue un amour pour l’acier, et qui dit amour dit irrationnel. Je ne vais pas vous laver le cerveau avec les poncifs tels que « steel is real » ou « rien ne vaut le confort de l’acier ». J’aime l’acier … Point ! Je ne suis pas un professionnel (loin de là), mais j’ai la chance d’avoir quelques vélos disséminés un peu partout dans ma maison, et j’ai pu également en essayer un « certain » nombre. Je n’ai jamais été à même de « ressentir » d’où provenait le confort d’un vélo : cadre, pneu, tige de selle, … Je vous mentirais donc en disant que j’ai choisi l’acier pour son incroyable confort … mais je m’égare …

Thomas, mon cadreur, a l’habitude de travailler avec du Columbus ; je lui fais confiance et le laisse choisir les tubes de mon cadre. J’ai une affection pour le Reynolds 853, qui équipe mon Kona Kapu, mais Columbus c’est bien aussi !

Thomas me connaît un peu de réputation : j’aime le gravel engagé. Vous me direz : « Quelle est la différence entre du gravel engagé et du VTT ? » … et je vous répondrai « C’est une excellente question ! » Thomas n’a pas trop envie de retrouver son cadre, cassé, disons dans une vidéo de la French Divide par exemple. On va donc partir sur du costaud et tant pis pour le poids. Ce sera du Columbus 29er, une version des tubes Zona, mais renforcés pour subir les contraintes liées à une pratique tout terrain du vélo.

Pouvoir transformer mon vélo en single speed, était un élément non négociable du cahier de charge. Des pattes Paragon® ont donc été intégrées, avec un passage de roue au standard 12*142 et des étriers Postmount.

Freddy un Monster Gravel
Les angles, tant du tube de selle, que de la fourche, se rapprochent méchamment d’un Kona Unit (VTT iconique de la marque) avec 74 et 69 degrés- Photo RG / Fabian

Au niveau de la géométrie, un Monstercross est à la croisée des genres, mi route/cyclocross et mi VTT. Et les chiffres vont dans ce sens. Les fameux « stack » et « reach » (respectivement de 609 et 390) sont quasi identiques à un Kona Rove en taille 56 (la taille qui convient à mes 181cm) ; par contre les angles, tant du tube de selle, que de la fourche, se rapprochent méchamment d’un Kona Unit (VTT iconique de la marque) avec 74 et 69 degrés (75 et 68 pour le Unit).

L’empattement, évidemment, en prend un coup. Il y a l’angle de fourche qui place la roue avant plus loin, mais également le passage d’une section de pneu conséquente à l’arrière (le cadre accepte du 29*2.35). Au final, cela donne un empattement de 1082 mm, qui est à mi-chemin presque entre un gravel et un VTT (type XC).

Freddy un Monster Gravel
Le cadre accepte du 29*2.35 – Photo RG

Pour des questions autant d’ordre esthétiques que pragmatiques, je voulais un cadre le plus droit possible, comprenez avec le moins de slooping possible. Le gros avantage est de pouvoir caser une « énooooorme » sacoche de cadre. Ce vélo, ayant pour vocation première, le voyage tout terrain, c’était un autre incontournable du cahier de charge.

Un petit mot sur la fourche et puis, promis, j’arrête avec la « rébarbatifitude » des chiffres. Afin d’avoir une position type « gravel » proche d’un vélo de route ou de cyclocross, avec un cintre tordu et un corps basculé vers l’avant, il me fallait une hauteur de fourche aux alentours des 400 mm. Or les fourches rigides qui acceptent les gros pneus (Monstercross oblige) ont des hauteurs aux alentours de 500 mm.

Après des soirées à m’exploser les yeux sur l’écran brillant de mon ordinateur, j’ai enfin trouvé mon bonheur chez Sour bike, avec une fourche carbone annoncée à +-400mm pour une clearance de 29*2.25max. Bingo ! À l’autopsie, la fourche fait 406 mm de hauteur.

Freddy un Monster Gravel
J’aurais pu demander à Thomas de m’en fabriquer une en acier ? Sortie de l’atelier de Rouge George à Liège – Photo Fabian Tilquin

Pourquoi une fourche carbone ? J’aurais pu demander à Thomas de m’en fabriquer une en acier ! Certes, Mais pour moi, un avant léger est primordial. Sans suspension, il est important de pouvoir rouler en délestant la roue avant ; et plus l’avant est lourd, plus le « délestage » en question est compliqué évidemment !

Bon ! C’est bien beau les chiffres, mais en vrai ça veut dire quoi … et ça donne quoi ?

Les premiers tours de roue ont eu lieu au début de l’automne, en Belgique. Pas besoin de vous faire un dessin, c’est humide, pluvieux, boueux et j’en passe. J’ai presque honte à l’écrire ; pourtant, si je dois être honnête, je ne ressens pas du tout le coup de foudre annoncé, lors de cette première sortie. Le vélo me semble pataud, genre paquebot. Je suis confortablement installé (presque trop ?!). Le vélo est stable, comme sur un rail.

Je roule en alternance avec mon Cotic (paix à son âme !), et la comparaison est cruelle ; le Cotic est un jouet, qui change de direction en un fraction de seconde, qui saute par-dessus les obstacles avec une facilité déconcertante, qui permet toutes les fantaisies. Je me raisonne ; j’ai construit ce vélo pour enchaîner les heures de selle (pas pour faire le c… sous la pluie et dans la boue pendant 2-3 heures).

Puis, au fur et à mesure, je commence à prendre la mesure de mon Freddy. Il ne devient pas agile comme par magie, il reste long à manœuvrer, mais en faisant glisser l’arrière, il se met à drifter avec une stabilité imperturbable. Ce n’est pas le roi de la danseuse (il vaut mieux rester assis) ; pourtant, la puissance passe « facilement » au sol, et je prends de plus en plus de plaisir à monter en force, mains dans les drops, les raidards qui croisent mon chemin.

Freddy un Monster Gravel
Une petite sortie bikepacking avec mon amoureuse  … Photo Fabian Tilquin

Une petite sortie bikepacking avec mon amoureuse, a laissé entrevoir tout son potentiel. Chargé, il se joue de tous les pièges, tant en montée qu’en descente. Que ce soit la boue, les feuilles piégeuses, les roches et autres cailloux, il reste imperturbable. Ça secoue parfois évidemment (c’est inévitable sans suspension, ou énormes boudins) mais la position fait que tant les bras que les jambes jouent à merveille leurs rôles d’amortisseurs. Sur les parties roulantes, bien calés dans les drops, je peux rouler des kilomètres presque sans me rendre compte du vent qui souffle.

Freddy un Monster Gravel
J’ai pensé ce vélo pour le voyage, les longues distances – Photo Fabian Tilquin

La transmission

Je suis plutôt du genre tout ou rien en ce qui concerne les développements de nos chers pignons et plateaux. Soit, je n’ai qu’une seule vitesse et je me débrouille avec, soit j’ai un groupe qui me permet d’avoir exactement la vitesse dont j’ai besoin. Sur ce vélo, je voulais les deux, des vitesses à tous les étages mais aussi la possibilité de rouler en single speed (j’y reviendrai plus tard).

Freddy un Monster Gravel
J’ai donc un double plateau Shimano SLX en 38/28 – photo RG 

Jusqu’à présent, je n’ai pas trouvé mieux que le double plateau pour combler le premier besoin. Et quand on me parle de la simplicité du mono-plateau, je rétorque qu’en ce qui concerne la simplicité, j’ai ma dose avec le single speed ! 😊 Comme je l’ai déjà expliqué plus haut, Freddy est un vélo de voyage tout terrain ; sa tâche est de rouler, de crapahuter pendant des heures, chargé, dans des chemins rarement lisses. La transmission a été pensée dans cette optique bien précise.

Devant, j’ai donc un double plateau Shimano SLX en 38/28. N’avoir que 10 dents d’écart entre les deux plateaux est pour moi le must absolu pour une transmission tout terrain. Sur terrain vallonné, cela permet de se retrouver quasiment sur le bon rapport rien qu’en montant ou descendant la chaine sur les plateaux avant. Ça permet un pilotage fluide et reposant, pleinement adapté à un mode bikepacking où il faut la jouer tortue plutôt que le lièvre (en tous cas en ce qui me concerne). Derrière, une cassette Sunrace 11 vitesses 11- 42, avec un étagement très serré en milieu de cassette, permettant de trouver la vitesse parfaitement adéquate pour les longues parties roulantes monotones où il faut enquiller les bornes, et deux gros pignons (36 et 42) en haut, pour mouliner gentiment dans les gros pourcentages. Ceux qui vont trouver que le 38 – 11 est trop court auront raison bien entendu, mais une fois encore, en mode bikepacking tortue, tu profites des descentes pour laisser la gravité bosser à ta place et admirer le paysage. Pour actionner tout ce beau monde, une solution un peu désuète vient orner les bouts de mon cintre, des bar-end shifters Microshift.

Freddy un Monster Gravel
Pour actionner tout ce beau monde, une solution un peu désuète vient orner les bouts de mon cintre, des bar-end shifters Microshift … photo RG

J’avais la crainte de toucher la manette en danseuse ; ça n’arrive pas (j’ai même essayé de faire exprès de les toucher…en vain !). Le « flare » du cintre y est pour beaucoup. Le passage des vitesses se fait en douceur. Déplacer ses mains tout en bas du cintre devient très vite un geste naturel et évident. Bien entendu, la manipulation n’est pas aussi aisée qu’avec des brifters. Pour une conduite agressive et toute en muscle, cela pourrait poser problème, mais, au risque de me répéter, Freddy n’est pas fait pour ça. Cette transmission incite à flâner, à prendre son temps (encore et toujours ce mode tortue). Je pense que mes doigts me remercieront également (je sais que changer les vitesses des brifters peut s’avérer douloureux après un certain temps). Je verrai à l’usage.

Seul ombre à ce tableau idyllique, je « cogne » souvent la manette lorsque je mets pied à terre. C’est plutôt ennuyeux, car, avec ma jambe droite, j’abaisse le levier, et donc lorsque je veux repartir, les vitesses descendent, me laissant sur un rapport souvent trop difficile. Cela coupe ma progression lorsque je me trouve dans des pentes raides et compliquées. À part, faire attention, je ne vois pas trop quelle parade trouver.

Freddy un Monster Gravel
Les pattes arrières horizontales Paragon vont permettre de passer en single speed – photo RG

Comme vous pouvez le voir sur les photos, mon cadre est doté de pattes horizontales. Cela me permettra le moment venu de passer Freddy en single speed. Le voyage au long cours avec un seul pignon m’a toujours fasciné. Cela permet aussi de passer en single speed forcé en cas de casse de dérailleur. Sur un vélo de voyage tout terrain, cela a donc toute sa raison d’être.

Freinage

Freddy un Monster Gravel
Avec les gaines Jagwire toutes neuves encore, la pression à exercer pour freiner est proche du toucher qu’on a avec de l’hydraulique – photo RG

Je ne vais pas épiloguer sur le freinage, les TRP Spyre me comblent pleinement. Avec les gaines Jagwire toutes neuves encore, la pression à exercer pour freiner est proche du toucher qu’on a avec de l’hydraulique. Je sais que cela ne durera pas et qu’avec le temps, les gaines vont s’encrasser…j’en profite donc 😊. Les leviers, également des TRP, ont une belle ergonomie, et conviennent parfaitement à mes mains ; la position sur les cocottes est confortable ; attraper les freins est un jeu d’enfant. Je ne vais pas entrer dans la polémique « mécanique versus hydraulique » ; j’ai pesé le pour et le contre de chacune des solutions et pour ma pratique, les freins à câbles l’emportent haut la main. Après, chacun sa religion !

Roues, pneus et selles

Pas de moyeux dynamo pour moi, je n’aime pas les solutions qui rajoutent de la complexité. Des moyeux Hope, beaux et durables, sur des jantes VTT alu de feu American Classic en 24mm. Du solide sans être trop lourd (pesés à 1610 grammes). Elles se fondent merveilleusement dans le vélo. Rien à redire !

Freddy un Monster Gravel
Un grand classique dans le monde du bikepacking, les Vittoria Mezcal – photo RG

Le tout est chaussé par un grand classique dans le monde du bikepacking, (surtout de l’autre côté de l’Atlantique), à savoir les Vittoria Mezcal. Ici, ils sont en 2.1 pouces, mesurés à 54 mm. Ils seront sans doute plus efficaces sur le sec ; pour le moment, ils ne connaissent que la boue et on ne peut pas dire qu’ils adorent ça (ils se débrouillent sans plus). Montés en tubeless et gonflés aux alentours des 2 bars (un peu plus à l’arrière, un peu moins à l’avant), ils participent grandement au confort du vélo, et à cette sensation d’être sur un tapis volant.

Freddy un Monster Gravel
La selle, une Brooks B17 en cuir véritable, est fidèle à sa réputation, elle est aussi lourde que confortable – photo RG

En parlant de tapis volant, la selle, une Brooks B17 en cuir véritable, est fidèle à sa réputation, elle est aussi lourde que confortable 😊. Les débuts avec la Brooks sont un peu particuliers dans le sens où votre séant semble coincé « dans la selle », il ne s’agit pas de bouger de gauche à droite, de faire glisser vos fesses vers l’avant ou l’arrière. Non, Non, Non ! Vous êtes comme vissés 😊. C’est en parfaite adéquation avec la philosophie du vélo, qui n’est en rien faite de nervosité, de dynamisme. Freddy est là pour m’emmener le plus loin et le surtout le plus longtemps possible. Alors, on s’installe confortablement et on ne bouge plus !

Un petit bémol, elle semble cependant souffrir énormément des conditions climatiques ; après un peu plus de 500 kilomètres (principalement dans la boue), elle ressemble à une selle qui a traversé les deux guerres mondiales.

Pour conclure

Freddy n’est pas un gravel polyvalent, certains diront que ce n’est même pas un gravel du tout ! Je n’imagine pas le prendre pour une sortie nerveuse, où on termine rincé comme Matthieu Van der Poel, après le cyclocross de Namur. Je ne le vois pas non plus comme un bon vélotaf, j’aime m’amuser quand je pars travailler, me lancer des défis, rattraper un VAE qui roule au loin, monter ce petit raidard grand plateau. Et Freddy, lui, il a son propre rythme (ce n’est pas à vous de lui dicter son rythme !).

Freddy un Monster Gravel
Freddy, c’est simple, c’est du confort à tous les étages – photo Fabian Tilquin

Freddy, c’est simple, c’est du confort à tous les étages :

  • Confort, grâce à l’acier et à la géométrie sur mesure.
  • Confort, grâce au rebondi des 54 mm de caoutchouc de se pneus.
  • Confort pour les nerfs grâce sa stabilité exceptionnelle dans les descentes (chargé ou pas).
  • Confort musculaire et cardiaque enfin, grâce à l’étagement des vitesses (les quadriceps ne forcent jamais, tant ils sont à chaque fois aidés par la transmission qui propose à chaque fois une vitesse où la force et la cadence conviennent à merveille).

Freddy n’est pas parfait, mais lorsque je le vois là, pavanant dans mon salon, sûr de sa beauté, il me donne envie de rouler, et lorsque je roule, je n’ai plus envie de le quitter.

Freddy un Monster Gravel
Lorsque je roule, je n’ai plus envie de le quitter – photo Fabian Tilquin

J’ai pensé ce vélo pour le voyage, les longues distances … je n’ai entrevu que le début de son potentiel …vivement les prochaines aventures (dont la Gravel Tro Breizh) pour confirmer tout ça.

À suivre …

Fabian Tilquin

Le parcours de la Transcontinental Race 8 se dévoile

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Le parcours de la TCR#8, course d'ultra-cyclisme sur route la plus célèbre
Le parcours de la TCR#8, course d'ultra-cyclisme sur route la plus célèbre

Après une année “blanche” pour la reine des courses d’ultra-cyclisme, la Transcontinental Race (TCR) reprend du service l’an prochain, pour son 8e opus, avec un grand départ prévu de Brest le 27 juillet prochain.

Pourquoi de Brest ? Parce que c’était l’arrivée de la dernière édition de la TCR#7 qui avait vu l’Allemande Fiona Kolbinger s’imposer en août 2019 au terme d’un périple de plus de 4 000 kms parcourus en un peu plus de 10 jours (10 jours, 2 heures et 48 minutes, pour être exact).

Fiona Kolbinger TCR
L’Allemande Fiona Kolbinger s’imposer en août 2019 au terme d’un périple de plus de 4 000 kms – photo TCR

Notre confrère Jérôme avait interviewé la lauréate de la TCR, dans un échange assez sympathique à retrouver sur Radio Cyclo.

La TCR est la plus célèbre des courses d’ultra-cyclisme en autonomie, se caractérisant par un lieu de départ, un lieu d’arrivée et des points de passage obligatoires à valider avec des fenêtres temporelles assez exigeantes. Ici, pas question de rouler en mode cyclotouriste si l’on souhaite être classé et finisher. Il s’agit bien d’une course et pendant toute la durée de l’épreuve, c’est un véritable contre la montre pour bon nombre de concurrents souhaitant passer les barrières horaires dans les temps. Généralement, les concurrents parcourent entre 250 et 400 km par jour, pendant une dizaine de jours pour les plus rapides et presque 3 semaines pour les plus “lents”.

L’édition 2019 de la TCR#7 avait réuni 264 concurrents et la TCR#8 est déjà annoncée comme complète.

En 2021, les concurrents s’élanceront donc de Brest le 27 juillet dans la soirée et tenteront de rallier Thessalonique, en Grèce, situé à plus de 3 500 kms. En raison du contexte actuel, les organisateurs ont dû faire preuve de souplesse et renoncer à ne pas traverser autant de pays que sur d’autres éditions, afin de limiter au maximum les risques sanitaires.

Fait unique l’an prochain, les concurrents devront valider des parcours plutôt que des destinations spécifiques.

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Voici les passages obligatoires de la TCR#8 :

TCRN°8 Parcours 1- Pavés de Roubaix

Les concurrents devront emprunter les derniers 58,6 km du parcours du célèbre Paris-Roubaix.

Transcontinental 8 : les pavés de la mythique classique en guise d'hors d'oeuvre
Transcontinental 8, 1er passage obligatoire : les pavés de la mythique classique en guise d’hors d’oeuvre

TCRN°8 Parcours 2- Col du Petit Saint-Bernard

Direction ensuite les Alpes françaises via une grande diagonale et la montée obligatoire du col du Petit Saint-Bernard. Gravi depuis Bourg-Saint-Maurice, il est long de 26,5 kms et représente un dénivelé positif de 1348 m, pour un pourcentage moyen de 5,1 %. Les cyclistes basculeront ensuite sur Morgex en Italie dans la Vallée d’Aoste.

Transcontinental 8 : le Col du Petit Saint-Bernard est le 2e passage obligatoire
Transcontinental 8 : le Col du Petit Saint-Bernard est le 2e passage obligatoire

TCRN°8 Parcours 3- Bocchetta di Forcola & Pedenolo

Proche du Stevio, le troisième parcours empruntera un parcours montagnard en gravel de 16,5 km alternant sentier et chemin pour un dénivelé positif de 390 m. Ce passage sera relativement délicat puisque les pneumatiques y seront soumis à rude épreuve. Rappelons-le, en cas de crevaison ou de toute autre problème mécanique, vous devez vous débrouillez seul pour réparer, sous peine de disqualification. La bonne stratégie sera peut-être de partir avec des pneus de 28, 30, voire des sections de 35 mm ou supérieures.

Transcontinental 8 : 3e passage obligatoire en gravel
Transcontinental 8 : 3e passage obligatoire en gravel

TCRN°8 Parcours 4- Gli Appennini

Les TCRiens descendront ensuite toute la botte italienne, direction le sud-est du pays, en longeant d’assez loin tout de même la mer Adriatique. Dernier passage obligatoire, un parcours de 147 km dans les Apennins, avec plus de 3 200 m de D+ au programme.

Transcontinental 8 : 4e passage obligatoire
Transcontinental 8 : 4e passage obligatoire

Enfin, les concurrents devront rallier l’arrivée à Thessalonique, en Grèce, ouf !