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Liv Avail, le vélo endurance qui invite les femmes au cyclisme

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photo Dan de Rosilles

Les Grands reportages sont des commandes passées à l’équipe rédactionnelle de Bike Café par des marques qui souhaitent présenter leurs produits (vélos, équipements, vêtements ou accessoires) dans un contexte original. Ce grand reportage a été réalisé avec le soutien de Liv Cycling / Giant France.

Liv Cycling est une marque du groupe Giant, conçue par des femmes, exclusivement dédiée aux femmes. Pour chaque pratique cycliste, Liv propose un vélo adapté : vélos de route, VTT, gravel et cyclocross.
En 2020, j’avais déjà testé leur vélo gravel, le Devote. Ce fut une belle expérience, donc j’ai bondi sur l’occasion de rouler sur leur modèle « endurance », le Avail. Cela vous permettra, chères lectrices, de découvrir un autre vélo de cette marque vraiment intéressante.
J’ai pu utiliser le Avail pendant deux mois, sur plus de 700 km : dans un premier temps, pour des sorties courtes et intensives, principalement sur route, mais aussi avec quelques sections de chemins agricoles et de pistes blanches. Puis, au mois de décembre, j’ai profité de ma participation au Challenge “Festive 500” pour enchaîner pendant plusieurs jours des sorties longues de 100 à 150 km, à l’occasion d’un trip hivernal qui m’a conduit de Montpellier à Sanremo, sur la Riviera italienne.

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Liv Cycling est une marque du groupe Giant, conçue pour les femmes – photo Dan de Rosilles

La gamme route Liv, un vélo pour chaque pratique

Sur son site, Liv propose quatre modèles de vélo de route : le Langma, particulièrement destiné aux compétitrices, le Enviliv, pour celles qui aiment les sorties à haute intensité du dimanche matin, et bien sûr un vélo de triathlon, le Avow.
Le Avail est le modèle « endurance » : il est destiné à celles qui privilégient le confort et aiment les aventures à la journée.
Tout en étant léger et réactif (il est d’ailleurs homologué par l’UCI), il propose des roues tubeless et un généreux dégagement pour des pneus jusqu’à 35 mm, un poste de pilotage accueillant et globalement une géométrie et des équipements plus détendus que les modèles prévus uniquement pour la compétition.

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Le Avail Advanced et son généreux dégagement pour des pneus de 35 mm s’adapte à des pratiques typées “endurance” – photo Dan de Rosilles

La famille Avail

Liv propose 11 modèles de Avail pour tous les budgets et tous les goûts :
Il y a d’abord le Avail AR avec son cadre en Aluxx-Grade Aluminium, qui se décline avec trois groupes Shimano en 9, 10 et 11 vitesses. Les groupes Sora, Tiagra et 105 ont été choisis pour leur excellent rapport qualité/prix et leur grande fiabilité. Ces Avail AR coûtent de 1300 à 1900 Euros, ce qui conviendra parfaitement à des cyclistes occasionnelles ou débutantes qui recherchent un premier vélo à la fois fiable, confortable et sécurisant.

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Avec ses freins hydrauliques puissants et progressifs, le Avail Advanced 2 garantit des descentes en toute sécurité – photo Dan de Rosilles

Vient ensuite la gamme Avail Advanced, qui propose des modèles milieu de gamme en carbone, de 2300 à 3700 Euros.
Trois d’entre eux sont équipés de roues en aluminium et de groupes mécaniques : Tiagra, 105 et Ultegra (respectivement 10,11 et 12 vitesses).
Le plus cher, le Avail Advanced 1, est équipé de jantes en carbone et du groupe électrique 105 Di2. La gamme Advanced est parfaite pour celles qui ont une pratique avancée et/ou qui veulent un second vélo en complément de leur gravel ou de leur vélo de route aéro. Pour les sorties longues, c’est une excellente alternative à des vélos aéros rigides et exigeants ou aux gravels lourds et patauds quand il faut enchaîner les kilomètres sur la route.

Dans la famille Avail, et parmi ses nombreux modèles, le Advanced 2 se situe en milieu de gamme – Capture d’écran site Liv Cycling

Enfin, le haut-de-gamme Avail s’appelle Advanced Pro. De 4300 à 5600 Euros, on pourra choisir entre trois groupes Shimano luxueux : L’Ultegra mécanique et les électriques 105 Di2 et Ultegra Di2. Enfin, on notera la présence du seul modèle monté avec un groupe Sram, le Sram Rival Etap AXS, fameux groupe électronique qui équipe le Advanced Pro 2 AXS. Ces quatre modèles séduiront les cyclistes intensives et exigeantes, qui veulent, pour une cyclosportive par exemple, allier confort et performance.

Focus sur le Avail Advanced 2

En ce qui me concerne, j’ai choisi pour ce reportage un modèle milieu de gamme, le Avail Advanced 2, monté avec des roues en aluminium et le groupe 105 mécanique 11 vitesses.
Effectivement, c’est toujours assez facile de rouler un vélo haut-de-gamme et d’être emballée par ses caractéristiques et son comportement, Aussi ai-je préféré essayer un modèle au rapport qualité/prix inattaquable (le vélo « sort » à 2600 Euros) et voir si je pouvais prendre du plaisir à son guidon pour mon trip hivernal de plus de 500 km. Mais avant de partir en vadrouille, si on parlait un peu des caractéristiques du vélo, au sortir du carton ?

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À la sortie du carton, je découvre avec plaisir le Avail Advanced 2 – photo Dan de Rosilles

La couleur crépuscule « twilight mauve »

La couleur d’un vélo est un aspect important pour les femmes. Quand je parle d’un vélo avec mes amies, nous nous attardons d’abord sur la couleur avant les aspects techniques : la teinte est-elle passe-partout ? est-elle assez féminine ? un peu trop masculine ? Le Avail Advanced 2 est disponible en deux coloris : Twilight Mauve ou Fantatic Teal (traduire par « crépuscule mauve » ou « sarcelle fanatique »). Liv a puisé dans le champ sémantique de la « Nature » pour nommer ses couleurs. En ce qui me concerne, j’ai choisi le Twilight Mauve, plus intrigant à mon avis que le Fanatic Teal. Le rendu métallique du mauve est aussi changeant que son nom l’indique, selon l’exposition du soleil, il réfléchit avec plus ou moins de brillance, voire de paillettes. Il couvre une palette subtile de dégradés variant du vieux rose au mauve métallisé, mat ou brillant. Mon ami italien Luigi, qui est un cycliste esthète, ne s’est pas trompé et m’a dit en italien : « il est couleur « tortora » traduire (tourterelle). Cette teinte, un tantinet « girly » reste néanmoins discrète.

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La couleur crépuscule “twilight mauve” aux multiples reflets changeants – photo Dan de Rosilles

D-FUSE + Tubeless = confort garanti !

Pour rendre ce vélo exceptionnellement confortable, Liv a choisi d’équiper le Avail Advanced avec le système D- FUSE, une technologie déjà présente sur le gravel Devote. Cette technologie est particulièrement opérante au niveau de la tige de selle et du cintre. Cela permet d’absorber une bonne partie des vibrations qui, à la longue, sont néfastes pour le bassin, le dos, les poignets et les épaules. C’est d’autant plus pertinent, que les « gros » pneus tubeless du Avail vous amèneront sans soucis sur des routes secondaires et leurs goudrons abîmés. C’est évident, comparé à mon vélo de route aero en carbone plutôt rigide et ses pneus de 25mm, les sorties longues au guidon du Avail n’ont pas laissé de traces sur mes articulations.

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La technologie D-Fuse offre souplesse et confort – photo Dan de Rosilles

Les pneus Giant Gavia Gran Fondo 1, parfaitement roulants

Le vélo est équipé des pneus Gavia Fondo 1, développés par la marque Giant. Ce sont des pneus Tubeless (sans chambre à air) d’une section de 32 mm. Certaines pourront s’étonner de trouver des pneus d’une telle section sur un vélo de route, bien plus imposante que les traditionnels 23, 25 ou 28 mm.
Mais il s’agit d’un standard de plus en plus courant sur les vélos de route typés endurance, une section de pneu qui permet d’affronter tous les types de goudrons, mais aussi d’emprunter quelques passages gravel : chemins blancs, routes dégradées sans voitures, pavés, secteurs sablonneux ou boueux.

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Les pneus Giant Gavia Fondo 1 de section 32 mm, montés en tubeless, font toute la différence – photo Dan de Rosilles

En ville, les trottoirs se franchissent sans sourciller. Cela offre une polyvalence de pratique entre route et gravel léger, par tous les temps et en toutes saisons. Le pneu est légèrement cramponné sur les côtés, la bande de roulement est lisse et offre un excellent rendement. Le choix du Gavia Gran Fondo me paraît donc tout à fait cohérent pour un vélo aussi polyvalent que le Avail.

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Cramponnés sur le côté, les Gavia Fondo 1 permettent une pratique polyvalente entre route et gravel léger – photo Dan de Rosilles

Selle Approach, un périphérique de qualité

J’ai pour habitude de rouler sur des selles plates. Or, la selle « Approach » du Avail est très creuse, un peu comme les selles SMP. Il m’a fallu plusieurs petites sorties de réglage pour trouver le bon recul, qui doit être très précis car il n’y a pas moyen de s’avancer sur le bec de selle ou de reculer les ischions vers l’arrière. Mais après quelques tâtonnements et doutes, je dois dire que je me suis parfaitement sentie à l’aise sur cette selle bien adaptée à la morphologie féminine, avec, entre autres, son centre ajouré. On peut aussi noter l’excellent système à deux vis pour le réglage d’angle, avec la vis centrale au réglage permanent, qui permet de monter et démonter la selle sans crainte de perdre la bonne inclinaison.

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Le système de vis centrale de la selle Approach permet un réglage précis – photo Dan de Rosilles

De toute façon, trouver sa selle idéale est pour chacune d’entre nous une quête sans fin, d’autant plus qu’au fil des années de cyclisme notre morphologie évolue et notre posture aussi ! Mais les plus expérimentées d’entre nous auront sans doute le réflexe d’installer leur propre selle. Et que les autres se rassurent : pourvu qu’on s’applique à régler finement le recul de la selle Approach, toutes devraient rapidement se sentir à l’aise sur cette selle.

Le groupe 105

Le groupe 105 est le 11 vitesses de la gamme Shimano. Il est réputé pour son excellent rapport qualité-prix, sa robustesse et sa fiabilité. La transmission des vitesses est à câbles, facile à régler. Chaîne, cassette et plateaux sont d’un coût accessible lorsqu’il s’agit de les remplacer. Le freinage hydraulique à disques est remarquable de progressivité et de précision. C’est un choix idéal pour un vélo milieu de gamme comme l’Advanced 2. Mais le Avail est proposé aussi avec des groupes électriques Shimano prestigieux, le 105 Di2 et l’Ultegra Di2, ou un groupe électronique à transmission sans fil, le Sram Rival eTap AXS.

La Festive 500, un voyage en Italie de Montpellier à Sanremo

Vous connaissez bien sans doute ce challenge inventé par Rapha et relayé par Strava. Quelles que soient les conditions météo, je me mets chaque année au défi, entre Noël et le Jour de l’An, de réussir ce challenge, à une période de l’année ou de nombreuses tentations pourraient me détourner du cyclisme !

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J’embarque le Avail dans le train, prête pour une Festive 500, munie d’une seule petite sacoche de selle pour rester légère – photo Dan de Rosilles

Tester le Avail sur 500 km en quatre jours m’a permis de me faire une idée objective de son comportement et de ses qualités. À son guidon, j’ai pu répéter des efforts, avec des météos variables, des routes plus ou moins abîmées, sinueuses et accidentées.
Vue d’en haut, la « ligne droite » tracée par Dan de Rosilles entre Montpellier et Sanremo paraissait toute simple. Sur le terrain, le parcours s’est révélé bien plus varié et difficile que ce que j’imaginais !

Jour 1 : Le Gard, en toute simplicité

Les premières sensations sont excellentes, pour une première étape de 105 km de Montpellier à Arles. Rémy et Jean-Yves, deux amis cyclistes Montpelliérains nous accompagnent sur ce parcours vallonné à travers le Gard et ses petites routes sans voitures, où le vélo se révèle ludique et gracieux. Nous déroulons à allure modérée, en passant par Saint Drézéry, Saint Christol, Villetelle, Aigues Vive, sous un soleil radieux. Le vélo est maniable, aisé à piloter, il encaisse la moindre bosse, bouches d’égout et petits nids de poule… À l’arrivée, aucune douleur dans les bras, les épaules ou la nuque, alors que c’est ma première « longue » sortie avec le Avail. Voilà qui présage bien de la suite !

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Pour ce premier jour de festive, le soleil est radieux – photo Dan de Rosilles

Jour 2 : Provence, lignes droites et vent de face

Cette deuxième étape nous fera traverser la Provence, de Arles à Aups. Le vent sera de face, glacial et épais toute la journée : à travers la Crau jusqu’à Salon de Provence, dans le long faux-plats jusqu’à Lambesc puis dans la plaine de Peyrolles jusqu’à Rians, des passages qui m’ont paru interminables !

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Face au vent, les relais s’enchaînent – photo Dan de Rosilles

Heureusement, j’ai partagé les relais avec Dan et Adrien Moniquet qui s’est joint à nous pour cette étape. À cette occasion, j’ai pu tester de longs moments avec les mains en bas du cintre Contact SL D-Fuse, qui se révèle tout à fait ergonomique pour affronter le vent dans les meilleures conditions d’aérodynamisme. Je m’applique à trouver le bon ratio, sans mettre trop de puissance et sans mouliner non plus. Le bon étagement de la cassette me permet d’assurer quelques relais et de ne pas perdre la roue de mes camarades. Sur ce type de parcours ingrat et long, il faut gérer l’effort et anticiper les kilomètres ascendants à venir. Heureusement, les coups de cul des quarante derniers kilomètres jusqu’à Aups ont l’avantage de nous abriter un peu du vent !

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Les premières montées du Haut-Var nous protègent enfin du vent – photo Dan de Rosilles

Jour 3 : De Aups à Grasse, un parfum de liberté

Une légère pointe au genou gauche me fait revoir de deux millimètres le recul de la selle. Après quelques kilomètres, la gêne disparaît, il semble que j’ai enfin trouvé l’exact réglage pour cette selle qui nécessite, ça se confirme, un réglage de recul ultra précis. À partir de Aups, on traverse le haut Var sur des routes vallonnées et sinueuses. Cela me permet de tester les qualités de relance en danseuse de l’Avail et sa grande fiabilité en descente. Le paysage est splendide, la tenue de route du vélo est impeccable, dans les courbes en descente les pneus Gavia Gran Fondo adhèrent et procurent une grande stabilité et un grand confort.

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Sur les routes du haut Var, en danseuse, j’ai pu ressentir l’extrême réactivité du Avail – photo Dan de Rosilles

Le pilotage du Avail est sécurisant et ludique, la géométrie du vélo est un parfait compromis à mon goût. En approchant de Grasse, sur une voie verte qui est une ancienne voie ferrée qui serpente dans les collines, les routes étroites qui ne voient pas le soleil de l’hiver sont humides et couvertes de mousse sur les bords. Là encore, rassurée par la bonne accroche des pneus, je passe sans appréhension. En cette fin de troisième jour de vélo et 350 km, je n’ai aucune douleur aux mains et aux fesses, les périphériques sont validés ! La largeur du cintre est parfaitement ajustée à mon envergure et l’amorti et le grip du ruban de cintre sont excellents. L’odeur des citronniers nous caresse dès les faubourgs de Grasse : Demain, c’est la Côte d’Azur !

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Mains en bas du cintre, la position me fait gagner en vélocité et le ruban de cintre procure une sensation moletonnée – photo Dan de Rosilles

Jour 4 : le long des golfes clairs

La suite de la Festive se fera en duo, l’ami Adrien nous a quitté pour rentrer dans ses Alpilles chéries. Nous allons avec Dan continuer notre périple en dévalant jusqu’à Nice, puis longer la mer jusqu’en Italie. C’est clair : Rouler sur la Côte d’Azur est toujours un moment paradoxal, ou se confrontent la la beauté des paysages et l’agression permanente des voitures de grosses cylindrées. Heureusement, le temps est magnifique, il n’y a plus de vent, un pique-nique en bord de mer et un café à la boutique du Café du Cycliste contribuent à rendre cette étape inoubliable !

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Un pique-nique en bord de mer en décembre, what else ? – photo Dan de Rosilles

Sur ces routes fréquentées et souvent piègeuses sur les bords, un pilotage précis s’impose et les pneus tubeless sont un bon atout anti-crevaison. À part avoir respiré pas mal de particules fines et de gazole, j’ai pris plaisir à alterner descentes et montées sur la route qui serpente entre criques et caps. La traversée de Monaco dans les tunnels du Grand Prix est aussi un souvenir marquant de cette étape… Heureusement, un peu après la frontière, une piste cyclable tracée sur une ancienne voire ferrée fait de la partie italienne de cette fin d’étape un bon sas de décompression sans voitures.

Jour 5 : bonus, sur les traces du Milan-Sanremo

Mais l’aventure Festive ne s’arrête pas là ! Nous retrouvons à Sanremo des amis italiens, Luigi et Dora, cyclistes expérimentés qui nous ont concocté une « journée du lendemain » 100% vélo et 100% italienne. Il s’agit de grimper trois montées mythiques du fameux Milan Sanremo, cette course emblématique nommée la « Primavera ».

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Sur les hauteurs de Sanremo, chaque vue est une carte postale – photo Dan de Rosilles

Cette classique Printanière est l’un des cinq Monuments du cyclisme. Le tour proposé par Dora et Luigi est une boucle de 60 kilomètres et 779 D+ autour de Sanremo, qui emprunte successivement la Cipressa, la Pompeiana et le fameux Poggio. À noter que la Pompeiana, qui devait apparaître comme une nouvelle difficulté du Milan – Sanremo 2014, a finalement été supprimée au dernier moment car jugée dangereuse à cause de la météo et d’effondrements. Sur cette montée, des raidillons à 19% ne m’ont pas fait mettre pied à terre pour autant ! En danseuse, je mets « tout à gauche » et passe tranquillement, malgré un goudron en très mauvais état. Certes, avec ses roues en aluminium, le Avail Advanced 2 n’est pas le plus léger de la gamme, mais il est vif, les pneus rendent bien, et le slooping du cadre offre une excellente rigidité latérale : Le Avail n’est pas seulement un vélo-plaisir, c’est aussi une vraie machine sportive et dynamique.

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En haut du Poggio, je ressens une grande émotion en pensant à la “Primavera” – photo Dan de Rosilles

« Endurance » : une transition parfaite entre une pratique aéro et ultra-distance

Le Avail est à classer dans la catégorie « endurance », de plus en plus populaire chez les fabricants et les cyclistes. Avec son montage tubelless et son système D-Fuse, le Liv Avail permet à la fois de rouler vite, voire intensivement, mais confortablement, à l’occasion d’une cyclosportive par exemple sur des distances variant de 100 à 150 kilomètres. Homologué UCI, ce vélo permet de participer à des courses officielles, mais aussi de partir entre ami.es pour un grand fondo par exemple. Sa grande polyvalence lui permet même une utilisation quotidienne, pourquoi pas en vélotaf. D’ailleurs, les haubans disposent de vis qui permettent la pause d’un garde-boue arrière. Cela témoigne de l’usage « intermédiaire » du Avail, ni aéro, ni ultra, mais bien endurance, pour une pratique agréable qui conviendra aussi parfaitement à des débutantes.

Il ne faut donc pas confondre “endurance” et “longue distance”, une pratique qui consiste à parcourir des distances au-delà de 150 kilomètres, parfois pendant plusieurs jours sans rentrer à la maison. Dans ce cas-là, on a besoin de bikepacking et de ratios assez petits pour enchaîner de longues montées avec un vélo chargé. Avec ses ratios « route » sportifs (34-50 / 11-34), on ne chargera pas le Avail, lui préférant pour un usage bikepacking/voyage le Liv Devote et son pédalier subcompact en 31-48.

Un vélo disponible pour les femmes

Je confirme l’intention donnée par le nom de ce vélo – Avail – qui veut dire « disponible ». Dans ce sens, il est « à la disposition » à « la portée des femmes » qui s’en emparent librement et à leur guise. Ses qualités se vérifient jusque dans les détails : l’accueil de la selle et du cintre, la douceur et l’amorti du ruban de cintre, la suave couleur mauve, le look sportif du cadre compact et confortable, et toutes les technologies discrètement embarquées et l’intégration des câbles qui contribuent à une esthétique sobre, et enfin, pour celles qui roulent sous des cieux pluvieux, la possibilité d’installer des garde-boues pour ne pas se salir.

Le Avail confirme l’ADN de la marque Liv qui est dédiée exclusivement aux femmes. Tous les aspects techniques, de confort et d’esthétique sont conçus pour que les femmes se sentent libres, aventureuses, sportives, endurantes, compétitives… Le Avail peut répondre à toutes ces exigences à la fois. Il se positionne exactement pour une pratique cycliste que je définirais « d’intermédiaire » : entre le ride aéro et le ride ultra-distance, ce vélo se montre polyvalent. En fonction du modèle choisi, il conviendra aussi bien aux débutantes qu’aux cyclistes expérimentées et intensives, qui veulent allonger les distances dans les meilleures conditions possibles.

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Avail Advanced invite toutes les femmes au cyclisme ! – photo Dan de Rosilles

Avail Advanced 2 2022 – 2600 €

FICHE TECHNIQUE

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Géométries

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Peinture : la poudre c’est magique

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Peinture poudre
photo Simon Coulombier

La peinture des cadres de vélo est un sujet dont vous avez suivi les différents épisodes sur Bike Café, dans notre rubrique atelier. Cet article pourrait bien en être la conclusion, en abordant le thermolaquage ou la peinture poudre. Une proposition de visite chez Paul‘s Workshop, tombait à pic pour vous faire découvrir cette technique de peinture. Paul, le maître des lieux, de par sa qualité d’accueil et sa maîtrise du sujet, nous a permis d’y voir plus clair. (droits photos de ce reportage Simon Coulombier)

Le thermolaquage ou peinture poudre

Le revêtement en poudre est un type de revêtement appliqué sous forme de poudre sèche fluide. Contrairement à la peinture liquide conventionnelle qui est délivrée via un solvant qui s’évapore, le revêtement en poudre est généralement appliqué de manière électrostatique puis durci sous la chaleur ou avec une lumière ultraviolette. La poudre peut être un polymère thermoplastique ou thermodurcissable. Il est généralement utilisé pour créer une finition dure plus résistante que la peinture conventionnelle. Le revêtement en poudre est principalement utilisé pour le revêtement des métaux, tels que les appareils électroménagers, les automobiles… et les cadres de vélos (source Wikipedia).

Ce qui différencie le thermolaquage poudre de la peinture liquide, qu’elle soit solvantée ou à l’eau, c’est la cuisson. Le processus peut paraître simple : on décape l’objet, on projette dessus de la poudre de peinture et on le passe au four.

Cette apparente simplicité rencontre très vite un premier obstacle cependant : l’équipement nécessaire ne se trouve pas en promo chez le premier “Bricomarché” du coin. Le second sera la maîtrise de l’équipement : un pistolet peinture liquide fait appel à 3 réglages de vis (débit d’air, largeur de projection, débit de peinture), celui du pistolet poudre se règle sur un console, avec des paramètres qui varient en cours de séance, suivant les endroits à peindre. Sans formation au maniement de ce matériel, les échecs peuvent être nombreux.

Une envie de poudre

Peinture poudre
Paul à été scaphandrier dans une première partie de sa vie.

Paul à été scaphandrier dans une première partie de sa vie professionnelle. Ce sont les contraintes de cette profession, peu compatibles avec une vie de famille, avec en marge un intérêt pour la restauration de vélos et de motos, qui l’ont guidé vers cette nouvelle activité professionnelle. Après des premiers essais, d’abord très modestes, dans sa cave avec un premier four qui occupait la majorité de l’espace, Paul convient que cette activité nécessite une solide maîtrise du process. Il passe alors par la case formation, suivi d’un stage en entreprise dans le domaine industriel.

Je suis allé chez Paul avec un cadre en acier qui m’avait déjà servi pour expérimenter la peinture à la bombe. Comme vous pouvez le voir sur ces photos, la peinture a déjà bien vieilli.

L’atelier

L’atelier de Paul se trouve dans une zone d’activité de la banlieue de Caen. L’espace est lumineux, bien ordonné et suffisamment grand pour y disposer les équipements, pour certains encombrants. La “tasse de thé” de Paul n’est pas de peindre des tôles de plusieurs mètres carrés, mais plutôt des objets que d’autres ne savent pas, ou ne veulent pas peindre. Il aime pouvoir répondre aux projets particuliers que lui soumettent ses clients.

Peinture poudre
L’espace lumineux, bien ordonné et suffisamment grand pour y disposer les équipements pour certains encombrants, comme cette cabine de grenaillage.

La visite des lieux s’ordonne suivant les étapes du process : description de l’étape, équipements utilisés, examen des pièces en cours. Il y a trois grandes étapes dans le thermolaquage : tout d’abord la préparation, suivi du poudrage et pour finir la cuisson ; l’ensemble des étapes peuvent se succéder sur la durée d’une journée.

Les 3 étapes

Étape 1 : Préparation

Décrassage / dégraissage chimique

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Ce bac à une contenance de 300 litres, le passage d’ultrasons favorise l’opération qui dure en moyenne un peu moins d’une heure pour obtenir un bon résultat.

Dans cette étape au-delà de la salissure, l’ennemi c’est le gras. Il faut donc dégraisser. Les pièces à peindre sont traitées par lot. C’est un c’est un décrassage / dégraissage chimique, qui s’effectue dans un bac à ultrasons. Les pièces montent et descendent sur un plateau, dans un bain d’eau osmosée (eau pure à 99,9%), à laquelle est ajouté un produit décapant pour les peintures et les graisses (lessive de soude en majorité). Ce bac à une contenance de 300 litres, le passage d’ultrasons favorise l’opération, qui dure en moyenne un peu moins d’une heure pour obtenir un bon résultat.

Rinçage

Les pièces ressortent du bain parfaitement propres et elles sont ensuite rincées à l’eau sous pression. Après rinçage les pièces passent en étuvage au four afin d’éliminer toute trace de liquide.

Masquage

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La préparation avant grenaillage

Avant l’étape suivante du grenaillage, Paul pratique un masquage, épargnant les surfaces usinées tels que filetages et alésages. Cette opération permettra d’éviter le léger marquage résultant du grenaillage.

Grenaillage

Le grenaillage est réalisé dans une cabine, par projection sous pression au pistolet de grenaille d’acier. La cabine de 1,5 m³ permet le travail sur de nombreuses pièces de bonne envergure qu’elles soient de provenance auto, motos, vélos… mais ça peut être tout aussi bien un radiateur de chauffage d’un autre siècle. C’est une cabine en surpression, alimentée par un compresseur d’air à vis de 15Kw de 2300l/min à 12 bar : rien que du costaud. La grenaille d’acier est privilégiée au corindon car elle offre un décapage plus fin. Le résultat est efficace comme vous pouvez le voir sur ces photos du cadre après grenaillage.

Poudrage d’apprêt 

Peinture poudre
Application d’un poudrage d’apprêt

Avant l’opération suivante et pour le cas de pièces anciennes soudées – caractéristique des cadres motos et vélos – Paul va procéder à un poudrage époxy multifonction anticorrosion/anti dégazage. Cette opération coupe court à tout risque de dégradation du revêtement dans le temps, appose un film super lisse sur un métal un peu dégradé en surface avec une meilleure résistance aux éclats.

Masquage avant peinture

Peinture poudre
Préparation des masquages avant poudrage

Une nouvelle opération de masquage à lieu, mais cette fois pour épargner les parties qui ne doivent pas recevoir de peinture. Cette étape doit être soigneusement réalisée car elle conditionne le résultat final. Il est possible lors de ces travaux de rattraper certains joints ou défauts, grâce à un mastic conducteur.

Étape 2 : Poudrage

Ressuage

On opère cette première opération préliminaire au poudrage. Il s’agit d’un ressuage dans le four de séchage. L’opération évitera au peintre la situation calamiteuse d’une pièce peinte de façon imparfaite en raison de nouvelles remontées de gras, lorsque la pièce n’a pas été apprêtée.

Application du poudrage

Cette seconde étape consiste à projeter au pistolet la poudre de peinture face à un écran d‘aspiration. Les objets sont suspendus sur un portique roulant et mis à la masse du pistolet. Par un phénomène électrostatique, la poudre se trouve attirée sur l’objet et se maintien par la suite même après déconnexion de la masse.

L’attraction électrostatique n’est jamais homogène, quelque soit la forme de l’objet à peindre, et c’est au final l’expérience qui évite les « manques » de peinture et les variations d’épaisseur. Dans cette étape on peut encore procéder aux derniers masquages en soufflant la poudre des endroits qui doivent rester sans peinture (exemples : boîtier de pédalier et tube de direction).

L’équipement de projection poudre se compose du pistolet, d’une console et d’un écran sur lequel figurent tous les paramètres (vitesse de projection, quantité de poudre, fluidité à partir du réservoir de poudre…). Ces réglages devront varier au cours du poudrage.

Étape 3 : Cuisson

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Passage au four

C’est la dernière étape, les objets sur leur portique sont amenés dans le four qui aura été préchauffé à la température préconisée par le fournisseur de la poudre (environ 180°C) et pour une durée indiquée de 10 à 20 minutes.

Pour de nombreuses pièces le processus se termine avec la sortie du four.

Marquage : stickers et pochoirs

Pochoirs : ils sont posés avant la projection de poudre et il suffit de les décoller après la sortie du four.

Stickers : on procède à la pose du sticker sur une pièce d’essai, afin d’évaluer sa tenue en température avant d’en poser un nouveau sur la pièce définitive. Un ultime poudrage d’une fine couche de vernis apportera la protection finale.

Coloris

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Les coloris avec 6500 références : tout est possible ou presque.

Difficile d’imaginer toutes les déclinaisons : effet pailleté, aspect brillant, mat, satiné, textures : sablé, marbré, martelé, fracturé… Toutes les teintes sont possibles avec plus de 6500 références de coloris. Paul est d’une aide précieuse dans ce choix ; comme il a pu me le prouver pour le cadre que nous lui avons confié.

Opération complémentaire

Soudure : l’atelier est équipé d’un poste de soudure TIG professionnel alu/inox /acier, qui permet des travaux de reprise sur des parties endommagées, comme c’est souvent le cas des jantes.

En conclusion : peinture thermolaquée vs. peinture liquide

Peinture poudre
Fin de l’opération : le cadre a retrouvé une belle jeunesse – photo Simon Coulombier

Si la peinture liquide est largement utilisée notamment encore dans l’automobile, encore faut-t-il frapper à la bonne porte : l’atelier de carrossier qui acceptera vos conditions. L’artisan, dont c’est la spécialité, c’est souvent le cas de cadreurs, et en dernier recours le faire soi-même.

Choisir une peinture poudre thermolaquée, c’est la garantie de passer par un professionnel expérimenté, qui aura investi dans des équipements coûteux. Là encore les industriels seront moins à l’écoute sur votre cadre de vélo ou de moto et avec souvent un résultat loin de votre attente. Les coûts sont très variables, tout autant que les résultats ; pour le cas le bouche à oreille fonctionne assez bien.

Peinture thermolaquée

Sa réputation de résistance aux rayures et sa tenue aux éclats n’est plus à faire ; on peut débattre du tendu, mais après cuisson, un lustrage reste possible pour un parfait résultat ou une reprise de rayure.

Peinture liquide

Elle est désormais largement remplacée sur les chaînes de peinture des grandes marques par la peinture thermolaquée. Mon ancien cadre de triathlon CBT Italia tubes Colombus, reflète définitivement tous les mauvais traitements qu’il a subi dans sa carrière. Si je décidais de lui donner une nouvelle jeunesse pour le suspendre dans le salon, pas d’autre choix qu’une peinture liquide avec ses autocollants d’origine.

Paul‘s Workshop
10 rue des Bourreliers
14123 IFS
Infos sur le site

Mussara Hunting Dogs, un festival gravel sur la Costa Brava

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Mussara Hunting Dogs gravel festival event Spain Catalunya Costa Brava
Photo Mussara Hunting Dogs

Sur le modèle de ce qui se pratique depuis longtemps aux U.S.A, où les week-ends conviviaux autour d’événements vélo sont légion, des festivals gravel fleurissent dans toute l’Europe. Après le cyclocross et le VTT, il était temps que le gravel devienne lui aussi un alibi pour les aficionados de bières artisanales, concerts et autres food trucks.

Mussara Hunting Dogs gravel festival event Spain Catalunya Costa Brava vineyards sea side
Les paysages autour de Sant Martí d’Empúries sont sublimes – photo Mussara Hunting Dogs

Inutile de vous dire qu’à Bike Café, on suit l’affaire de près ; on a bien sûr noté depuis plusieurs années l’activisme joyeux du très fameux BAM à Mantova (Mantoue), capitale incontestée du gravel en Lombardie. On a même vu passer d’un œil amusé le très branché Gather Festival organisé par des anglais dans l’Ariège. Bien sûr, on peut citer aussi Nature Is Bike, mais qui tient sans doute plus de la grande foire et du salon que du festival à proprement parler.

Mussara Hunting Dogs gravel festival event Spain Catalunya Costa Brava city ride
Le gravel est aussi un excellent moyen de découvrir les cités balnéaires – photo Angel Enguita / Mussara Hunting Dogs

En Espagne, et plus particulièrement sur la Costa Brava en Catalogne, c’est Mussara Hunting Dogs qui nous intéresse particulièrement aujourd’hui. Parce que l’Espagne est sans doute le pays d’Europe le plus agréable à rouler à vélo quand on a un problème avec les automobilistes, parce que la Catalogne propose un réseau de routes et de chemins tout à fait incroyable et parce que la Costa Brava au mois de mai, c’est cool.

Mussara Hunting Dogs gravel festival event Spain Catalunya Costa Brava sun fun
Rouler en Catalogne au mois de mai, c’est cool – photo Mussara Hunting Dogs

Mussara Hunting Dogs

Mussara Hunting Dogs… Drôle de nom pour un festival de vélo ! Julián Velasco, responsable de la communication de l’événement, s’en explique :
” Le nom de l’événement se réfère aux chiens de chasse et leur formidable instinct. Ils ont des sens très développés comme l’ouïe, l’odorat, le toucher, et ils se déplacent avec tellement de naturel que pour nous, ça correspond complètement à notre façon de comprendre le gravel : Un puissant et sensuel lien avec le vélo, en connexion avec le terrain. L’expérience gravel est l’opportunité de faire corps avec le gravier, se concentrer sur la piste et profiter pleinement de la nature, tous les sens en éveil”.

Mussara Hunting Dogs gravel festival event Spain Catalunya Costa Brava Gravel tracks race
Les tracés du week-end offrent un terrain de jeu pour y aller à fond -Photo Angel Enguita / Mussara Hunting Dogs

Voilà une originale mais pertinente vision, sensuelle et intuitive, de ce que le gravel permet et apporte à ses pratiquants. Mais la métaphore animale ne s’arrête pas là, puisque le site du festival est le camping la Ballena Alegre – la baleine joyeuse, tout un programme !

La première édition de ce jeune festival a eu lieu dans l’été 2021, dans un moment difficile à cause des contraintes liées à la pandémie de COVID-19. Mais les choses sont revenues à la normale dès l’année suivante, et cette année sera donc la troisième édition du festival.

Le camping Ballena Alegre à Sant Martí d’Empúries est l’épicentre du festival gravel Mussara Hunting Dogs – capture d’écran Openrunner.com

Un programme à s’en lécher les babines

Le festival se déroule pendant deux jours, sur un Week-end, les 13 et 14 mai prochains, juste à côté de Sant Martí d’Empúries, petite ville médiévale située sur la côte Catalane, entre Figueres et Girona.
Le programme du festival est assez simple à comprendre. Pour la journée du samedi, les participants choisissent entre deux boucles gravel, de 45 ou 78 kilomètres. Une boucle « famille » de 8 kilomètres est également proposée.
Vient ensuite un ride nocturne de 45 km pour ceux qui ne souhaitent pas cesser de rouler, une concert rock et des grillades pour ceux qui préfèrent faire la fête.

Mussara Hunting Dogs gravel festival event Spain Catalunya Costa Brava BBQ evening dinner
Les amateurs de bières artisanales et de grillades s’en donneront à cœur joie – photo Angel Enguita / Mussara Hunting Dogs

Le dimanche, deux boucles sont également proposées, 45 et 130 km. Comme le lieu du festival est un camping, couchage, douches et repas sont facilement accessibles.
Il s’agit donc bien d’un week-end complet autour du vélo, mais avec des moments forts de convivialité et l’occasion de découvrir des espaces naturels d’exception.

Mussara Hunting Dogs gravel festival event Spain Catalunya Costa Brava mass start
Plusieurs boucles sont proposées pendant ces deux jours de festival – photo Angel Enguita / Mussara Hunting Dogs

Le gravel, un mode de vie

Gemma Gerbolés, Directrice de Mussara Hunting Dogs, nous livre sa vision du gravel : « Pour nous, le gravel est plus qu’une discipline cycliste, c’est un mode de vie. C’est l’aventure, la nature et la communauté ». Cette athlète barcelonaise, coureuse à pied et organisatrice d’événements sportifs, a bien compris la dimension conviviale que véhicule le gravel et le potentiel attractif de la côte Catalane.

Mussara Hunting Dogs gravel festival event Spain Catalunya Costa Brava concert music rock
Le soir, après le vélo, y’a concert de rock – photo Angel Enguita / Mussara Hunting Dogs

Car le Gravel est une discipline en plein essor, dans le monde entier, et attire de plus en plus de public, aussi bien chez les amateurs enthousiastes (ce n’est plus à prouver, Bike Café en atteste tous les jours) que chez les professionnels, avec l’apparition de la Coupe du Monde UCI.
Il est donc normal que des événements all inclusive se développent, proposant une offre complémentaire aux seuls aspects cyclistes.

Mussara Hunting Dogs gravel festival event Spain Catalunya Costa Brava beautiful landscapes
La Costa Brava est un espace naturel où il fait bon rouler – photo Mussara Hunting Dogs

Vous l’aurez compris, cet événement mérite l’attention… Ne reculant devant aucun sacrifice, il est fort possible que je me rende sur place pour vous rapporter de la Costa Brava le récit de mon expérience Mussara Hunting Dogs !

MUSSARA HUNTING DOGS
Festival Gravel
13 et 14 mai 2023

Sant Martí d’Empúries, Costa Brava, Espagne
Les inscriptions sont déjà ouvertes, à retrouver ici !

Mussara Hunting Dogs gravel festival event Spain Catalunya Costa Brava finish
Qu’on termine après 45 ou 130 km, on est toujours fier de franchir la ligne d’arrivée – photo Angel Enguita / Mussara Hunting Dogs


Découvrez le Graxx Explore

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Graxx Explore
Graxx Explore - photo Origine

Origine a toujours mis au centre de ses priorités le choix d’un vélo 100% personnalisable, adapté à votre pratique, votre morphologie. C’est dans cette logique que la marque nordiste répond avec le Graxx Explore à une pratique engagée du gravel. L’idée est d’améliorer le confort et la liaison au sol, avec ce Graxx, dans sa version Explore équipée de la fourche suspendue RockShox Rudy Ultimate XPLR.

Graxx Explore
Photos Origine Cycles

Cette fourche suspendue, développée spécifiquement pour la pratique du gravel, offre 40mm de débattement et permet d’absorber les chocs et les vibrations pour offrir un maximum de confort, tout en restant légère et précise au pilotage. Nous avions testé cette fourche lors du test du gravel performance Salsa Warbird équipé full Sram XPLR.

Dès la conception du Graxx (voir notre test de l’Origine Graxx 2), le bureau d’études d’Origine a développé ce cadre pour que sa géométrie puisse s’adapter à une fourche suspendue, en termes de débattement et de déport. Maintenant que l’offre des fourches gravel est stabilisée, cette option sera proposée aux clients. Le Graxx Explore reste ainsi compatible avec des roues de 700 ou de 650, et des sections pneus maximum de respectivement 45 mm et 47 mm. 

Graxx Explore
Photo Origine Cycles

Le Graxx Explore est présenté par Origine comme l’allié idéal des pilotes qui s’engagent sur des terrains difficiles ou qui souhaitent davantage de confort. Pour ceux qui recherchent davantage de fluidité dans leur pratique, Origine propose également le Graxx Explore en version flatbar.

Graxx Explore
Photo Origine Cycles

Rendez-vous sur le configurateur en ligne pour choisir le Graxx qui vous convient

Le Kask Mojito 3 Camo, en avant-première sur notre boutique

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Casque Kask Mojito 3 Camo
Kak Mojito 3 Camo - photo Patrick VDB

Le best-seller de la marque Kask nous en a déjà fait voir de toutes les couleurs. Et bien, ce n’est pas fini, car voici l’arrivée de la nouvelle série “camo” qui se décline en 3 couleurs. Si ce casque vous plaît, comme cela a été le cas pour moi, nous vous le proposons en avant-première sur notre boutique. Soyez les premiers à vous la jouer “Camo” en passant commande de votre casque ici.

Casque Kask Mojito 3 Camo
Un choix de couleurs particulièrement riche

Du “camo” pour ne pas passer inaperçu 

Casque Kask Mojito 3 Camo
Kask Mojito 3 Camo, même Cézanne a remarqué que j’avais changé de casque – photo Patrick VDB

J’avais réalisé le test du Kask Mojito 3 en février 2021 et il m’avait fait une excellente impression. Deux ans plus tard, me voici séduit par le design de ce nouveau coloris original, qui fonctionnera parfaitement en mode gravel ou sur route comme en mode urbain. Il a été baptisé Camo par Kask, mais il épure le camouflage classique évitant de tomber dans le cliché du casque militaire. Les petites rayures brisées lézardent harmonieusement les parties pleines du casque. Son poids léger vous fera oublier que vous portez un casque, seuls les regards attirés par son look se tourneront à votre passage, pour vous rappeler qu’il est sur votre tête.

Casque Kask Mojito 3 Camo
Kak Mojito 3 Camo – photo Patrick VDB

Par ailleurs, ce Mojito 3 conserve bien sûr les qualités que j’avais évoquées en 2021, à savoir : un design aux lignes fluides, l’efficacité du système d’ajustement Octo Fit, la jugulaire que j’avais déjà appréciée sur le modèle précédent. Cette fois j’ai choisi une taille L. Ce n’est pas parce que j’ai attrapé la grosse tête, mais étant à la frontière M/L, une taille plus large me permet de porter des casquettes en-dessous.

Pour contrôler l’efficacité du casque en cas de choc, Kask a mis au point le protocole WG11 qui consiste à mesurer les performances de ses produits contre les impacts de rotation. Le Mojito 3 a passé tous ces tests avec succès pour garantir une bonne protection en cas d’impact. Pour la visibilité, le logo de la marque et des marquages réfléchissants sont placés à l’arrière et sur les côtés.

Bike Café accueille cette série “capsule” sur sa boutique au prix public de 149 €. Il sera proposé en exclusivité sur notre boutique pendant 15 jours !

Disponible en 3 tailles : S/M/L et en 3 couleurs : gris/noir – blanc/noir – vert olive/noir

Tenue vélo femme Shimano Kaede et Beaufort, prête pour affronter l’hiver

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Tenue Shimano femme hiver

SHIMANO : quel cycliste, amateur ou plus aguerri, n’a pas entendu parler de cette marque japonaise spécialisée dans la fabrication de pièces et composants de vélos ?

Pratiquant régulièrement le vélo depuis quelques années maintenant, je connaissais évidemment la marque, les composants qu’elle fabrique et commercialise partout dans le monde. Par contre, je ne m’étais pas encore intéressée à sa production textile. Je connaissais les chaussures, puisque je roule depuis toujours avec les chaussures, pédales auto et cales Shimano. J’ai cette fois consulté le catalogue pour composer et tester une tenue complète hiver femme.

J’ai donc choisi une sous-couche, une veste et un collant long car au mois de novembre en Sarthe les conditions commençaient à être un peu fraîches, humides et venteuses. Shimano propose 6 catégories de classe de températures extérieures, de gel à très chaud.

Tenue Shimano femme hiver
6 catégories de classe de température

La veste est dans la catégorie frais (5/10°C) et le cuissard et la sous-couche sont dans la catégorie gel et froid (-5/5°C).

Le test s’est déroulé lors de différents types de déplacements, à savoir : vélotaf, sortie Gravel de 2-3 heures ou à la journée et dans des conditions météorologiques différentes allant de -4°C sur une journée de 80 km de ride à des sorties plus courtes mais plus humides et avec du vent.

Le sous-vêtement à manches longues BEAUFORT

Tenue Shimano femme hiver
Ce sous-vêtement porte bien son nom, chaud et efficace contre le vent – photo Hugues Grenon

Ce sous-vêtement manches Longues Beaufort s’est vite révélé hyper efficace dans le maintien au chaud et le côté respirant. Sa coupe ajustée près du corps le rend incroyablement confortable et agréable. Taille M commandée, taille M adoptée.

Ayant tendance à transpirer, la présence de laine le rend chaud et le polyester lui assure un côté respirant pour évacuer la transpiration rapidement, le dos reste au sec en permanence. Le sous-vêtement est composé de 2 matières : l’avant et les épaules sont en polyester et élasthanne qui assurent un effet coupe-vent et empêchent d’avoir froid. Le dos est en laine, donc léger, respirant et assurant un maintien à bonne température du corps.

Les coutures, entre ces deux parties, sont extrêmement bien finies et plates donc elles ne génèrent aucun frottement ou gêne quelconque.

Détail très important par temps hivernal, le col montant permet d’avoir le cou protégé des courants d’air.

Tenue Shimano femme hiver
Les coutures plates et le col montant rendent ce Beaufort confortable – photo Hugues Grenon

Testé en mode Vélotaf ou sortie Gravel par -4°C, ce maillot est efficace, que l’on roule 1h ou 5h. Il permet un maintien constant de la température corporelle. Fini les frissons en fin de sortie avec le dos trempé.

S’il y avait un point négatif à lui trouver, ce serait le manque de choix au niveau de la couleur. Du noir et c’est tout !

Prix public : 100 €, mais vous le trouverez bien moins cher en fouillant un peu.

Page Produit : Sous-vêtement manches longues Beaufort.

La veste KAEDE WIND Isolant

Tenue Shimano femme hiver
La veste Kaede Wind Isolant, parfaite pour ces températures hivernales – photo Hugues Grenon

Elle a connu des débuts plus difficiles : en effet, taille M commandée, mais aussitôt renvoyée car cette veste taille vraiment petit. Il faut donc bien prendre ses mensurations et se reporter au tableau des tailles.

Une fois la veste reçue en taille L donc, couleur Bleu Océan Profond avec des motifs blancs sur les manches (qui s’avèrent être aussi réfléchissants) me voilà partie en mode Vélotaf par des températures fraîches (5/6°C) et un peu de vent.

Tout de suite quand on enfile cette veste on se sent au chaud. En roulant on ne sent pas le vent venir vous piquer les bras ou les épaules. Le tissu déperlant isole parfaitement du vent et de l’humidité.

Le col montant, doux et chaud, est parfait pour protéger le cou des courants d’air et un rabat évite les frottements du menton sur la fermeture éclair.

La bande en silicone dans le bas du dos permet un maintien optimum de la veste qui ne glisse pas sur la matière du dessous et permet de garder le dos couvert et au sec.

Tenue Shimano femme hiver
La bande silicone en partie basse permet un parfait maintien – photo Hugues Grenon

La veste est légère et agréable à porter, les 3 poches arrières (toutes de même taille) permettent d’emporter quelques encas, clés et autres ustensiles que vous jugerez utiles. La poche centrale est agrémentée d’une petite bande réfléchissante discrète et plutôt jolie.

Sur chaque manche, au niveau des bras, le tissu est imprimé avec des demi-cercles réfléchissants qui s’avèrent esthétiques, pratiques et relativement efficaces quand on roule entre chien et loup.

Tenue Shimano femme hiver
Une bande en demi-cercles réfléchissants, design et sécuritaire – photo Hugues Grenon

Enfin, la fermeture éclair est épaisse mais se fond très bien dans l’ensemble.

Vous l’aurez compris, hormis le problème de taille au départ, vite résolu par un service client réactif et efficace, cette veste m’a conquise, tant par son côté esthétique que par son efficacité face aux conditions hivernales. Testée entre -4° et 8/9°C, par temps sec, venteux, humide et souvent sans soleil pour nous réchauffer, je n’ai pas eu froid. Combinée avec le sous-vêtement Beaufort, ces deux seules couches suffisent dans la plupart des sorties.

Proposée en 5 couleurs, cette veste à la coupe féminine, trouvera sans problème sa place dans les pelotons féminins.

Juste une petite frayeur à la sortie de la machine à laver, le tissu semblait être taché de partout… Pas de panique, une fois sec tout à disparu.

Prix public : 150 € mais vous la trouverez moins chère en fouillant un peu.

Page Produit : Maillot Kaede Wind isolant

Le collant à bretelles KAEDE

Tenue Shimano femme hiver
Un collant à bretelles de saison – photo Hugues Grenon

Ce collant à bretelles Kaede présente les mêmes avantages que la veste de la gamme. Hormis un seul coloris (noir) les tailles correspondent mieux à la stature (bien vérifier dans le tableau des tailles avant de commander).

Ce collant à bretelles se présente avec une partie basse en tissu recyclé, agréable à porter, chaud mais pas trop et qui protège de la pluie et du vent. Pas de poche latérale pour la version femme mais une bande de tissu qui suit le cours de la cuisse et qui lui donne un côté bien fini. Les coutures plates sont bien faites et ne provoquent pas de frottements.

Le collant pose bien sur le bas des jambes grâce à une bande en silicone à l’intérieur.

Tenue Shimano femme hiver
Une bande silicone efficace qui maintiendra parfaitement le collant en partie basse – photo Séverine Taquet

Pas de zip mais, comme la veste, le tissu est imprimé avec les demi-cercles réfléchissants sur les mollets ce qui permet de trancher un peu avec la couleur noire, unique couleur malheureusement proposée pour ce collant Kaede.

Tenue Shimano femme hiver
Un motif réfléchissant qui apporte un peu d’originalité à ce collant noir – photo Hugues Grenon

La partie haute du collant est en matière mesh, les bretelles sont assez larges pour bien se poser à plat sur les épaules et ne plus bouger lors de mouvements du haut du corps. Le dos est entièrement couvert. Seules les omoplates ne le sont pas. À l’avant, le ventre est aussi bien couvert et protégé des courants d’air. La jonction des deux tissus est faite par une couture qui ne procure aucun frottement.

Tenue Shimano femme hiver
Des empiècements bien conçus composés de différentes matières – photo Hugues Grenon

Là où le bât blesse, c’est au niveau de la peau de chamois qui se révèle être un peu trop « consistante » sur la partie arrière et pas assez sur l’avant de la selle. Après à peine 2h, un inconfort s’installe et des irritations se font sentir. Utilisé sur une journée complète à -4°C, ce collant m’a bien protégé du froid, du vent et de l’humidité mais m’a procuré quelques petites gênes, désagréables et inconfortables, au niveau de l’avant de la selle.

Tenue Shimano femme hiver
La répartition des appuis de la peau de chamois n’a pas été idéale pour ma morphologie – photo Séverine Taquet

Prix public : 140 € mais à prix plus doux également en fouillant un peu.

Page Produit : Collant à bretelles Kaede

Conclusion

Tenue Shimano femme hiver
Une tenue complète hiver qui remplit bien son rôle – photo Hugues Grenon

Globalement, je suis très satisfaite de cette tenue SHIMANO qui propose des vêtements de qualité et utilise des matières recyclées pour élaborer des gammes de vêtements sobres mais efficaces et durables dans le temps.

Malgré quelques détails à améliorer, comme la variété des couleurs ou la peau de chamois pour le collant, le confort, la qualité des matériaux et un savoir-faire bien présent rendent ces trois éléments performants, confortables et durables.

Le prix total public de la tenue est de 390 € ce qui n’est pas une paille. En fouillant sur le net vous pourrez faire baisser la note d’une centaine d’euros.

Toutes les infos sur Shimano

Les vélos en bois : branchés et efficaces …

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Cadre de vélo en bois

Depuis ma première rencontre en 2017 sur le Paris Bike Festival avec un menuisier constructeur de cadre de vélo, je constate que le vélo fait feu de tout bois. Le choix des cadres en bois s’élargit : frêne, noyer, acajou, chêne… le bois va t-il remplacer le carbone, l’acier, le titane ? Va t-on ranger le chalumeau pour se lancer dans l’assemblage tenon et mortaise de nos cadres ? Après les cadres en bambou, qui ne nous surprennent plus, voici les cadres en bois qui apportent un nouveau choix de matériau dans une forêt de possibilités.

Je suis étonné par cette nouvelle offre “branchée” qui s’affirme chaque année un peu plus. Les formes, les géométries audacieuses montrent une faisabilité que je ne soupçonnais pas. Les vélos sont beaux et la matière naturelle apporte un style à part, qui fera assurément tourner les têtes. J’ai fait un tour de l’offre actuelle… Quelques noms de constructeurs sont rapidement apparus. J’ai peur de ne pas être exhaustif : et si j’en ai oublié n’hésitez pas à réagir en commentaire. L’arbre de ma sélection a peut-être caché la forêt de tous les autres constructeurs que je n’aurais pas trouvés 😉

On avait coutume de dire, en parlant des vélos trop rigides : “Ce vélo est une vraie planche !“. Et bien, après cette série d’entretiens, je raye définitivement cette expression de mon vocabulaire cycliste …

De quel bois êtes-vous fait ?

Le bois est utilisé depuis longtemps dans le domaine du sport. Le ski et la luge en montagne et surtout aujourd’hui le skateboard tirent profit des qualités techniques et mécaniques de ce matériau naturel. On en fait également des arcs et des raquettes de tennis. En raison de sa composition cellulaire, le bois amortirait beaucoup plus les vibrations que les autres matériaux. Cette propriété le rend intéressant pour le vélo, sur lequel on recherche toujours à réaliser cette difficile alchimie permettant d’associer rigidité et confort.

Pour tous les cadreurs que j’ai pu interviewer, il est évident que le bois provient d’une ressource locale. Beaucoup de ces entreprises se sont créées dans la période Covid qui a engagé une réflexion sur les circuits courts. Ces constructeurs sont installés à proximités de forêts où ils peuvent trouver leur matière première. Les essences utilisées sont le frêne, le noyer, le chêne et le hêtre pour Axalko, qui associe ce bois moins résistant à un montage composite.

Le frêne

Cadre de vélo en bois

Le frêne est une essence claire qui fonce en séchant. Il est symbole de solidité. Avec son fil droit et sa faible quantité de nœuds, il a longtemps été utilisé pour fabriquer des manches de haches, de marteaux et de pelles. Sa flexibilité et sa résilience élevée en font un bois idéal pour le cintrage (pliage du bois). Vu ses propriétés mécaniques très intéressantes, les fabricants de raquettes, d’arcs et de skis s’y intéressent aussi.

Le noyer

Cadre de vélo en bois

Le noyer est un bois veiné qui possède une grande variété de couleurs ; de teintes brun-chocolat à brun-violet. Cette essence élégante possède un grain fin et un fil relativement droit. Il est résistant aux chocs et est stable dans le temps. Les cadres en noyer sont un peu plus légers que les cadres en frêne. Ceci est dû à la masse volumique plus élevée de ce dernier.

Le chêne

Cadre de vélo en bois

Le chêne est connu pour sa durabilité naturelle. Il est utilisé en charpente et en ameublement. Sa densité et le bon rapport entre la souplesse et la dureté en font un bois intéressant pour la fabrication d’un cadre.

L’acajou

Cadre de vélo en bois

L’appellation bois d’acajou peut être utilisée pour englober différentes espèces d’arbres d’origine tropicale. C’est un bois tendre qui se révèle résistant. Facile à découper, à usiner et à travailler, il présente ainsi autant de qualités qui font tout son succès chez les ébénistes. Ses couleurs offriront un atout esthétique indéniable.

Quelques bonnes adresses

Constructeurs, artisans, créateurs, artistes… je ne sais pas comment les qualifier. Ils se sont lancés dans la production de vélo en bois avec conviction et ils rencontrent actuellement un vrai succès auprès d’une clientèle en quête de confort. Le phénomène gravel a servi sans doute ce développement du bois dans le monde du vélo. Le cycliste moderne est devenu plus curieux. Il s’est éloigné des anciennes “légendes” véhiculées depuis des années dans le monde un peu conventionnel du vélo : l’alu c’est ceci, l’acier c’est cela, le titane c’est encore autre chose… Et le bois alors : c’est quoi ? Curieux de connaître ces nouveaux artisans, j’ai pris mon téléphone et j’ai appelé ces cadreurs, pour en savoir plus. Je peux vous affirmer que je ne suis pas tombé sur des hurluberlus. Ces “menuisiers” du cycle savent ce qu’ils font et pourquoi ils le font.

Ces artisans, avec lesquels j’ai pu échanger, partagent l’amour du bois. Ils l’expriment de façon différente entre l’artisanat de l’ébéniste – illustré par le travail d’Eddy Jeantet (Gastaboy) – et la conception d’ingénieurs comme pour Vène, Zafi, Axalko… Finalement les résultats convergent vers une belle solution, pour ceux qui recherchent des vélos d’exception qui leur apporteront confort et rigidité.

Sila, le canadien

Sila Cycles
L’émotion est intense lorsque le gravel retrouve son milieu naturel. Le gravel en frêne testé par Hugo – photo Hugues Grenon

J’ai rencontré, lors du Festival Nature is Bike 2022, Loïc Dehoux le patron de la marque canadienne Sila qui s’appelait précédemment Picolo. Par ailleurs, notre chroniqueur Hugo a pu tester pour Bike Café leur modèle gravel.

Produire un cadre Sila c’est 50 à 60 heures de travail, il y a encore beaucoup de travail manuel. Toute la découpe se fait avec des machines à commandes numériques, mais l’assemblage se fait à la main : ces cadres sont des pièces uniques. La finition aspect bois est protégée par 5 couches de vernis pour assurer une bonne protection contre l’humidité.

Infos sur le site

Gastaboy, le gaspilleur de bois

Ce nom Gastaboy, prend son origine de “Gastaboï”, mot issu du patois languedocien signifiant « Gaspilleur de Bois ». C’est ce surnom qui a été donné amicalement à Eddy, créateur de vélo en bois, magicien pratiquant la fusion improbable de la tradition et de la modernité. Comme Sila, Gastaboy n’est pas inconnu des lecteurs de Bike Café. Jean-Yves Couput possesseur d’un Gastaboy en noyer, nous avait livré cet article élogieux.

Cadre de vélo en bois
photo Gastaboy

L’atelier d’Eddy Jeantet est situé sur la propriété familiale. C’est dans cet atelier que sa passion pour le bois est née, en regardant travailler son grand-père avec ses yeux de gamin. Eddy a grandi dans une famille d’ébénistes : son grand-père, son père et son oncle étaient tous menuisiers ébénistes. Eddy a suivi la tradition familiale en passant un CAP, puis un bac Pro dans l’ébénisterie d’art. Par ailleurs, sportif il pratique le vélo et finalement il a réuni son savoir-faire manuel et la recherche d’améliorations dans son sport en imaginant et en fabriquant des cadres de vélo en bois. 

Cadre de vélo en bois
L’atelier de l’artiste – photo Gastaboy

En 2018, il décide de lâcher son travail dans une entreprise viticole, pour se consacrer uniquement à la construction de ses vélos. La présentation de son projet professionnel va surprendre son banquier, mais Eddy va le convaincre en lui apportant une de ses premières productions. Gastaboy venait de naître et aujourd’hui Eddy travaille dans la grande tradition de l’artisanat, en transformant manuellement, la matière brute qu’est le bois, en œuvre d’art cycliste.

Attention le bois ce n’est pas pour faire joli, mais bien pour rouler et même performer. Le bois possède des qualités qui associent de façon intéressante ce que l’on recherche pour un vélo, à savoir la rigidité et le confort. Ces deux qualités sont difficilement compatibles, mais il se trouve que les fibres du bois répondent bien à ces critères antagonistes. Il faut 200 heures de travail à Eddy pour produire un vélo. Il travaille le bois avec des outils conventionnels et se passe de machines à commande numériques. C’est pas son truc… Sa production est de 1 vélo par mois. Il utilise généralement le frêne et le noyer, mais il a également travaillé le chêne et l’acajou. 
Ses vélos sont magnifiques et surtout pensés pour chaque client, on peut parler véritablement de sur-mesure. Je vous laisse découvrir Eddy, dans cet échange que j’ai trouvé passionnant.

Pour découvrir l’univers de cet artiste du bois écoutez l’entretien en podcast que j’ai réalisé avec lui.

Infos sur le site

Vène, le bois du Vercors

Dans la Drôme, au pied du massif du Vercors, Baptiste Orard a posé ses bagages pour concevoir de magnifiques cycles en matériau organique. Passionné par le bois depuis la tendre enfance, il nous raconte comment il a monté sa marque de vélo : Cycles Vène.

Cadre de vélo en bois
Le vélo de gravel interprété par Vène Cycles

Vène, ce nom choisi par Baptiste pour sa marque est un clin d’oeil qui vient de l’appellation du Palissandre du Sénégal. 

Dans notre série des cadreurs sur bois, je vous entraîne dans la forêt du Vercors. Baptiste, est un jeune ingénieur amoureux du bois depuis l’enfance. Il voyait son père apiculteur construire ses propres ruches et cette odeur de copeaux, imprimée dans sa mémoire, comme une Madeleine de Proust, l’a ramené à ses origines dans le Vercors et au bois. Il s’est lancé dans la construction de cadres en bois, inspiré par de belles réalisations découvertes sur internet comme celles de Renovo aux US.

Cadre de vélo en bois
Photos Vène

Baptiste a commencé par construire des géométries gravel et il aime associer le frêne et le noyer pour des raisons esthétiques mais également pour tirer parti des vertus complémentaires de ces 2 essences. Bien équipé de matériel à commande numérique et d’un outil de conception en 3D, il modélise ses cadres dans son atelier. Sa production actuelle est de 1 vélo et demi par mois, mais il envisage de monter en cadence et peut-être de recruter en 2023 pour développer de nouveaux modèles.

Je vous laisse écouter notre échange très intéressant qui conforte les précédents témoignages que m’apportent ces cadreurs, qui sortent du bois.

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Zafi, le bruxellois

Le nom de ma marque Zafi vient de Madagascar. Les Zafimaniry sont une communauté dépositaire d’une culture originale de travail du bois, autrefois très répandue dans toute l’île“, m’explique Simon Malvaux, qui a créé sa marque en 2020. Ce jeune ingénieur, après avoir terminé ses études en biologie du vivant, s’est lancé dans l’aventure de la construction de cadres en bois. La production a réellement démarrée en janvier 2021 dans l’atelier où Zafi est maintenant installé, non loin de la forêt de Soignes au sud-est de Bruxelles.

Cadre de vélo en bois
photo Zafi

La prise de conscience de Simon et son intérêt pour le bois, un matériau local, est née pendant la période du Covid. Le frêne qu’il utilise vient de la forêt voisine de Soignes. Il utilise également le noyer d’Amérique qui pousse en Belgique aussi et un peu de chêne. “Ce qui est génial avec le bois c’est que ça laisse énormément de liberté pour le design. Ce que je voulais sur ce vélo-là, c’est avoir une courbe qui descend du tube de direction jusqu’au moyeu de la roue arrière. Je voulais supprimer les angles droits pour répartir les forces sur l’ensemble du cadre“, me dit Simon. Les cadres sont dessinés sur un logiciel 3D qui pilote ensuite une machine à commande numérique. La fraiseuse permet d’usiner le tube de direction, le tube de selle et le boitier de direction. Le reste du travail demeure manuel, assemblage, ponçage… Les cadres pèsent environ 2 kg ce qui permet d’obtenir un gravel au alentours de 9 kg si on choisit des équipements légers. “Avec des matériaux durables on peut faire des belles choses, mais également des vélos qui sont fonctionnels et qui roulent très bien“, affirme Simon en guise de conclusion.

Cadre de vélo en bois
La galerie de Zafi

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Axalko, créé dans la forêt basque

C’est au coeur du pays basque qu’est installé Axalko. Cette entreprise existe depuis plusieurs années mais c’est en 2020 à la suite d’une campagne de crowdfunding que la société a investi pour se développer grâce à un nouveau site internet, une possibilité de custom en ligne de son vélo. La technologie d’Axalko est sensiblement différente de celle des autres constructeurs. Elle fait appel à un composite de hêtre et de fibre de lin. J’ai appelé Iban Lizarralde, un des 4 associés de cette entreprise.

Cadre de vélo en bois
Un gravel Axalko équipé de la fourche lefty Oliver – photo Axalko

On a fait un choix un peu différent du bois brut. On a choisi le composite à base de fibre de bois en lamelle et de fibre de lin pour constituer un lamellé / collé très très fin. On oriente ces fibres de lin comme on le souhaite en utilisant des moules en bois. Le principe est le même que pour les cadres en carbone, le tout est assemblé par de la résine. Grâce à cette technologie, on obtient des cadres qui font moins de 2 kg”, m’explique Iban. Les cadres étant moulés il y aura des tailles et des angles standards, comme pour les cadres en carbone.

Par contre, chaque cadre pourra être customisé ou personnalisé, comme ce vélo équipé de la fourche Lefty Oliver. Le design pourra être agrémenté d’inclusion de bois de couleur avec du merisier par exemple et la fibre de lin pourra apparaitre. Les cadres pourront être peints et “tatoués” selon le désir du client. La personnalisation de la fabrication sera établie après une étude faite par des kinés experts en bio mécanique. La conception tiendra compte de cette analyse spécifique des paramètres physiques du client.

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Atelier Suji, fabriqué en Isère

L’atelier Suji a été créé en 2013 par Edouard Delbove qui était autrefois graphiste web designer et aujourd’hui, ébéniste créateur. Ce mordu de vélo, de skate et d’à peu près tout ce qui roule ou qui glisse a été très tôt attiré par le bois.

Edouard a démarré son aventure avec le bois à Lille dans un garage en créant un premier skateboard. Le bois est pour lui une histoire de famille venant de ses souvenirs d’enfance et de son grand-père. Il se forme à l’ébénisterie en Belgique, et concrétise ce qu’il a appris en donnant vie aux produits qu’il utilise lui même pour glisser et rouler.  

Cadre de vélo en bois
photos Atelier Suji

Suji propose plusieurs modèles de vélo : VTT, Urbain, Draisiène… le gravel est venu récemment compléter cette gamme.

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Monas, le rookie

Thomas Monasteirio est le rookie de la bande de cadreurs que j’ai rencontré. Pour tout dire, il se lance tout juste et dans son garage de 10m2, près d’Arcachon, il fabrique ses premiers vélos. Il a déjà produit 5 exemplaires, dont un pour son oncle que je connais et qui m’a passé l’info. Le profil de Thomas ressemble singulièrement à celui d’autres cadreurs rencontrés : ingénieur ayant une attirance prononcée pour le bois et cycliste.

Cadre de vélo en bois
Le vélo Monas monté – photo Thomas Monastério

Thomas a fait ses débuts de cadreur sur bois alors qu’il était en Bretagne et il a construit son proto lors du premier confinement avec des outils qu’on lui avait prêté. “C’est un vélo qui n’a pas très bien tenu car il avait trop de pièces métalliques issues d’un vieux cadre en acier. Le vélo était massif j’avais tout sur-dimensionné pour être sûr que ça tienne. Ça m’a permis de comprendre qu’il suffit de faire de beaux assemblages bois solides …“, me dit Thomas en évoquant sa première expérience. Malgré sa formation d’ingénieur, Thomas n’a pas adopté la modélisation 3 D, ni l’usinage numérique. Il dessine ses gabarits à la main et utilise des outils conventionnels pour tailler le frêne.

Cadre de vélo en bois
L’atelier garage de Thomas – photo Thomas Monastério

Pour l’instant Thomas n’a pas de site internet, ni de pages sur les réseaux sociaux. Il veut se donner le temps de maîtriser son processus de création. Il veut rester dans un coût de cadre nu à 3000 € et pour cela il faut maîtriser la production. Il cherche également un atelier dans sa région, pour y être plus à l’aise que dans le garage qu’il occupe.

L’Échappée Bois, un pionnier

J’ai bien sûr retrouvé Amauryn Longuere, que j’avais rencontré en 2017. À l’époque il travaillait dans la construction navale et c’est dans son appartement à Bordeaux qu’il avait fabriqué ses premiers vélos : un piste et un vélo urbain. Après ce festival parisien, où il était venu tester le concept auprès d’une potentielle clientèle, il avait mesuré la difficulté de percer sur le marché du vélo. Depuis, il est devenu artisan menuisier à son compte et il réalise des agencements pour ses clients. Le projet vélo est resté en jachère. “C’est toujours une passion, mais me relancer dans cette activité prendrait du temps. Il faudrait reprendre le processus : ça fait longtemps que j’en ai pas fait.

Cadre de vélo en bois
Le vélo d’Amaury que j’avais découvert en 2017 – photo Amaury Longuere

Le vélo que j’avais vu à l’époque était un piste, fabriqué en frêne. Amaury l’a toujours “Il est plus en décor dans mon salon en ce moment. Je l’utilise toujours mais j’hésite à le prendre pour aller en ville, sauf quand je vais chez des amis où je sais qu’il sera à l’abri des convoitises.” Amaury aime bien le ressortir de temps en temps pour rouler à Bordeaux en pignon fixe. Il possède deux autres vélos : un alu et un carbone.

Cadre de vélo en bois
Amaury (à droite sur la photo) sur son stand du Paris Bike Festival avait reçu la visite de François Pervis, multiple champion du monde et médaillé olympique de cyclisme sur piste. photo Amaury Longuere

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En 2017 c’était trop tôt pour Amaury. Il apprécie la rigidité de son vélo taille 61, qui fait 10kg. Il est plus lourd que son carbone ou son alu, mais il est plus confortable.

Twmpa, le gallois

Andy est cycliste depuis longtemps et il n’a jamais vraiment choisi entre la montagne et la route. L’arrivée des vélos de gravel qui ouvrent cela lui ont montré qu’il n’a plus à faire de choix.

Cadre de vélo en bois
photo Twmpa

Andy a une formation en génie mécanique et dirige sa propre entreprise de fabrication de meubles depuis vingt ans. Sa compréhension du bois et sa familiarité avec la conception et la fabrication numérique modernes lui ont donné les compétences nécessaires pour créer des vélos en bois performants.

Il a des idées de création plein la tête pour les futurs vélos et accessoires et est convaincu que pour le cyclisme, le bois et la durabilité sont une combinaison gagnante.

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Renovo US

C’est Baptiste – le créateur de Vène – qui m’a cité cette marque qui a été pour lui une source d’inspiration. Renovo appartient à Christo Mroz, également propriétaire de Pure Timber LLC. Canadien, mais basé à Gig Harbor Washington, États-Unis, Christo produit des fabrications en bois de haute qualité à grande échelle depuis 20 ans.

Cadre de vélo en bois
photo Renovo

Il se concentre sur le travail du bois cintré. Tout ce qui est courbé peut être fabriqué en bois. Cela comprend de grandes fabrications architecturales, la production d’instruments de musique, des pièces de meubles incurvées et un produit en bois d’ingénierie très unique appelé bois compressé que Mroz fabrique exclusivement et utilise pour plier le bois à l’extrême. C’est ce bois qui crée une partie de la magie des cadres de vélo Renovo.

Pour en savoir plus sur le travail architectural de Christo, rendez-vous sur www.puretimber.com 

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Hannibal Rider, un merveilleux voyage

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Hannibal Rider
Hannibal Rider
Hannibal Rider
Hannibal Rider

J’ai commencé la lecture de l’ouvrage d’Olivier Januario avec prudence, à la fois tenté par la découverte de cette épreuve d’ultra distance, mais avec également un à priori négatif, lié aux récits d’exploits vélos que je trouve souvent ennuyeux à lire. Je vous rassure, concernant cet ouvrage, ce n’est pas le cas. C’est sans doute à cause du style choisi par Olivier qui nous livre une histoire, qu’il ne raconte pas à la première personne.

Hannibal Rider est un Superbrevet qui doit être parcouru en 300 heures maximum. Il s’agit de 40 000 mètres de dénivelé positif de 2 500 km agrémentés de 160 km de gravier. Les participants franchiront 52 cols, dont quinze culminent à plus de 2 000 m d’altitude et un à plus de 3 000 m. Voilà pour la toile de fond du récit d’Olivier, qui après Paris-Brest-Paris en 2019 et le Tour de France Randonneur en 2021 se lance dans cette nouvelle aventure…

Dès le début de ma lecture, je découvre dans ce récit un personnage : Olivier qui aborde avec ses doutes cette épreuve cycliste, au départ d’une commune de la banlieue nord de Rouen : Pavilly. Mais que vient faire Hannibal dans cette région de la Seine Maritime ? Quel contraste entre ce point de départ anonyme pour la plupart des cyclistes et la promesse d’atteindre, à un moment donné sur le parcours, le col du Sommelier à plus de 3000 mètres d’altitude. Olivier a choisi de se placer comme un acteur du récit de cette aventure, qui du coup devient un roman.

Ce roman devient rapidement l’histoire d’une tribu “Oui c’est là que c’est magique !“, me dit Olivier “On ne se connaissait pas, on s’est rencontré, on est parti ensemble et nous sommes restés tous les 4 jusqu’au bout“. L’histoire prend alors une autre dimension et ce récit nous sort de l’aventure auto-centrée avec ces nouveaux personnages aux caractères différents qui pour chacun apporteront leur complémentarité à ce groupe soudé et déterminé à atteindre les Alpes. Philippe le roi de la mécanique, va aider le groupe en prodiguant ses conseils et apportant son support notamment quand il faudra à Olivier revoir son ratio de braquet et passer de 32 x 25 à 32 x 28, pour franchir les pentes les plus raides. “Charles est le super compagnon de vélo. Avec lui on peut discuter de tous les sujets sans jamais se prendre la tête“, me confie Olivier. Eric, ancien militaire sera, grâce à ses talents logistiques, l’organisateur des bivouacs.

Écoutez le podcast avec l’auteur

Olivier, que j’ai appelé, et avec qui j’ai fait un podcast que vous pouvez écouter ici, a revécu cette aventure en écrivant ce livre. Il n’est pas parti d’un journal de bord et ce sont ses souvenirs qui sont remontés lorsqu’il a repris ses traces ; survolé avec Google Earth les paysages qu’il avait traversés avec ses compagnons de route. C’est sans doute cette vision aérienne de la trace qui a fait qu’il est devenu un des personnages de ce cycling trip.

Je vous conseille ce livre qui m’a fait revoir mon opinion sur les récits d’aventures vélos. C’est bien écrit et jamais ennuyeux et par moment on se met à rouler avec cette fine équipe sur les pentes de ces fameux cols des Alpes.

Hannibal Rider est le 3ème ouvrage d’Olivier qui, n’ayant pas trouvé d’éditeur “classique”, a choisi de se charger lui-même de l’édition. “Le récit fait souvent partie de l’aventure vélo. Les publications servent à ceux qui veulent tenter eux aussi l’aventure, de bénéficier de l’expérience. Dans le cyclotourisme il n’y a pratiquement pas d’éditeurs. Pour la partie édition je fais comme lorsque je prépare mes équipements, je gère ça tout seul. Il y a des systèmes qui éditent comme Amazon, il suffit d’écrire son livre, de faire la couverture, Amazon se charge de la diffusion“, précise Olivier qui peut ainsi sortir un ouvrage tous les 6 mois, alors qu’en passant par le canal de l’édition classique, ça pourrait prendre plus d’un an.

Hannibal Rider
Quelques passages off-road sur Hannibal Rider – photo Olivier

Informations

Pitch de l’éditeur

2 500 km de randonnée à vélo, des sommets dans les Alpes italiennes, des pistes poussiéreuses, un col au-dessus de 3 000 m d’altitude, telle est la description du brevet de longue distance dans lequel Olivier s’engage. De retour d’un périple à vélo et en autonomie autour de la France, il se dit préparé voire rompu à ce type d’effort, même en solitaire.
La randonnée, dont le départ se situe en Seine-Maritime, traverse la France via des petites routes et des grands cols Alpins. L’Oisans, le Dévoluy ou le Vercors recèlent de merveilleuses difficultés que les randonneurs découvriront, tout comme les 160 km inédits en gravel sur les pistes des spectaculaires cimes italiennes.
Ah tu roules avec des cales de route ! remarque un des participants la veille du brevet.
Certain de sa préparation et de son vélo de route, Olivier prend tout de même le départ. Va-t-il seulement apercevoir le massif du Mont-Blanc ou parviendra-t-il, tel qu’il s’y attend, à vaincre toutes les difficultés de cette première édition de l’Hannibal Rider ?

Hannibal Rider
Olivier dans la montée du Sommelier – photo Olivier

À propos de l’auteur

Olivier Januario est un auteur franco-canadien. Passionné de longue distance à vélo et en course à pied, il aime préparer de belles aventures et conter ses périples avec entrain. Il est heureux lorsqu’il a des projets en tête et de belles pages à partager. Après s’être essayé à la course à pied sur route allant jusqu’au marathon et tentant même les 100 km, Olivier commence à pédaler dans la région de Marseille où il réside alors. Progressivement les distances augmentent pour l’amener sur Paris-Brest-Paris. C’est cette approche progressive de la longue distance qui va inspirer son premier ouvrage.

 

Q36.5 Woolf 2.0, un tissage d’intuitions dans des vêtements cyclistes techniques

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Test Q36;5 Woolf 2.0
Test Q36;5 Woolf 2.0

Q36.5 enchaîne les innovations en matière d’équipements techniques pour les cyclistes exigeants. Dans ma quête de produits légers et performants, j’ai immédiatement repéré, à l’approche de l’hiver, la série Woolf 2.0. La marque italienne bouleverse les codes des vêtements cyclistes imaginant une “seconde peau”, qui utilise une alchimie de textiles techniques. J’ai voulu instinctivement me glisser dans celle de cet ensemble Woolf 2.0…

Test de la tenue Woolf 2.00 Q36.5
L’arrivée d’une livraison de produits Q36.5 est toujours synonyme de cadeau – photo Patrick VDB

Le mot “Woolf” qui se rapproche à une lettre près de wolf, m’a fait penser au loup. Cet animal totem, symbole de liberté possède une intuition sans faille et je trouve que cette symbolique s’accorde bien aux vêtements que je viens de recevoir. Lorsqu’on choisit un équipement sur un catalogue en ligne, on ne peut pas le toucher et parfois, à l’arrivée, c’est la surprise. Ayant déjà utilisé des équipements Q36.5 mon a priori sur la qualité était plutôt favorable. En dehors du packaging, toujours soigné comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessus, les finitions sont cette fois encore remarquables.

La surprise est le poids ! Je savais que le cuissard était light (180 g en taille S), mais c’est en le prenant en main que j’ai vraiment mesuré cette extrême légèreté. Il devrait me faire oublier mes anciens cuissards en tissu Roubaix, car (sur le papier), malgré cette apparente finesse, il permet de supporter les mêmes fraîcheurs. Comme mon cuissard Gregarius, ce cuissard à bretelles Woolf 2.0 est garni d’un pad Elastic Interface anatomique.

Test Q36;5 Woolf 2.0
Ce cuissard devrait me faire oublier mes anciens cuissards en tissu Roubaix… photo Patrick VDB

Le maillot est également surprenant. Il est bourré de technologies et pour un maillot de demi-saison il est lui aussi particulièrement léger. Le tissu UF Active possède une double couche : lisse et doux à l’extérieur, légèrement granité à l’intérieur.

L’ensemble Woolf 2.0

Le maillot

Une couche d’isolation légère pour les conditions de mi-saison, le maillot de vélo à manches longues Woolf X offre la meilleure thermorégulation de sa catégorie pour un entraînement actif, lors de sorties fraîches en automne et au printemps. Doux au toucher et ajusté grâce à une coupe près du corps, des poignets extensibles et un col haut hermétique, le maillot s’adapte au corps du cycliste, comme une seconde peau, offrant une très bonne liberté de mouvement lorsqu’on est en selle.

Créé en utilisant UF Active, un tissu à double couche qui combine des fils super fins de mérinos et de polyamide, le maillot à manches longues Woolf X s’adapte à l’intensité de pédalage pour garder une régulation à tout moment. À l’intérieur, l’élément mérinos du tissu UF absorbe la transpiration et retient la chaleur, même dans des conditions humides, alors que le tissu extérieur en polyamide aide à expulser l’humidité. A seulement 175g/m2, le tissu UF Active offre plus d’efficacité thermique que les tissus tricotés traditionnels de densité beaucoup plus élevée. Tout cela contribue à rendre le faible poids de 195 g du Woolf encore plus impressionnant.

Au dos du maillot, trois poches intégrées offrent suffisamment d’espace pour les collations et les accessoires, tandis qu’une quatrième poche zippée offre un espace de rangement pour les objets de valeur. Une réflectivité bien placée sur les poignets, les poches et le dos complète le vêtement.

Test de la tenue Woolf 2.00 Q36.5
Poids du maillot taille M, 213 g vs. 195 annoncés pour la taille S – photo Patrick VDB

Composition : 44% Polyamide – 28% Wool – 28% Elastane

Poids : 195 g

Prix : 206 €

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Le cuissard

Il vous gardera au chaud lors de températures entre 5 et 15° C, il vous protégera de la pluie et pèse 180 g.

Le cuissard à bretelles, la Salopette Woolf 2.0 est la version améliorée du précédent modèle conçu pour augmenter le confort sur le vélo. Q36.5 a intégré une nouvelle construction des bretelles. L’introduction d’un “panneau anti-stress” à l’avant de la zone de l’entrejambe, réduit la pression à cet endroit et augmente la mobilité.

La construction de type salopette est de plus en plus appréciée pour les sorties hivernales et envoie les collants trois quarts au placard. Pour les coureurs très compétitifs, toutes les saisons, à l’exception de la saison de course, restent la saison des prévisions. Les pros roulent la plupart du temps en cuissard avec jambières ou genouillères.

Le nouveau pad, le Super Moulded, est un chamois extrêmement performant conçu pour une sensation ferme et enveloppante. Sa forme conviendra aux cyclistes « amateurs » plus droits sur la selle dans les montées à la position « route » qui place plus de pression sur la zone périnéale, jusqu’aux angles extrêmes d’une position contre la montre plus en bec de selle.

Test de la tenue Woolf 2.00 Q36.5
Poids du cuissard taille M, 194 g vs. 180 annoncés pour la taille S – photo Patrick VDB

Composition : 62% Polyamide – 35% Elastane – 2% Silver – 1% Carbon Fibre (PAC)

Poids : 180 g

Prix : 216 €

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Les jambières

Pour les sorties un peu fraîches qui pourraient se réchauffer plus tard, ou pour tous ceux qui préfèrent porter des jambières au lieu de collants complets, les jambières Woolf se marient parfaitement avec le cuissard à bretelles Woolf 2.0.

Fabriquées à partir du tissu exclusif UF Active avec un mélange de laine mérinos, ces jambières ont la technologie pour garder vos jambes au chaud et au sec pendant les sorties hivernales.

Ces jambières Woolf combinent les qualités de la laine mérinos et celle du polyamide dans un seul tissu conçu pour la performance. Légères mais chaudes, ces jambières tissées offrent néanmoins une efficacité thermique supérieure à celle d’un matériau tricoté beaucoup plus épais, surtout lorsqu’il est humide.

Elles sont conçues avec une coupe ergonomique préformée, des ourlets coupés bruts et des pinces qui maintiennent sans serrer. Elles restent bien en place et offrent la meilleure isolation de leur catégorie.

Matière : 44% polyamide / 28% wool / 28% elastane

Poids : 195 g

Prix : 83 €

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Les gants

Créé à la base comme un gant de pluie, il est également devenu notre gant d’hiver préféré en raison de ses propriétés de thermorégulation et de sa coupe seconde peau ; celle-ci est créée par une construction sans couture qui maintient également un taux de respirabilité élevé.

Conçu avec un tissu à trois couches qui comprend une membrane imperméable, entre deux couches de polyamide, ce gant de pluie est de ce fait plus respirant et empêche le processus de condensation près de la peau qui pourrait se produire avec un matériau néoprène.

Dans la collection Q36.5 c’est le seul produit qui n’est pas fabriqué en Italie. Ces gants de pluie d’hiver ont été développés en collaboration avec un partenaire taïwanais qui est le principal fabricant de cette technologie.

Composition : extérieur : 78% Nylon – 11% Polyester – 9% Spandex – 2% Conductive fiber / intérieur : 77% Acrylic – 20% Polyester – 3% Spandex

Poids : 69 g

Prix : 59 €

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Sur la route en mode Woolf

Le cuissard est une véritable réussite. À l’instar de ma fameuse selle 3D Fizik, le pad offre un rembourrage différencié entre la position au niveau des ischions ou du périnée. Dès qu’on bascule le buste en position plus verticale, mains en haut du cintre, la partie arrière mise en contact avec la selle est plus amortie. À l’inverse lorsqu’on est en fond de cintre, plus à plat sur la machine, on vient en appui sur le périnée et à cet endroit le pad est plus ferme et galbe bien cette partie, afin d’accompagner le mouvement alternatif des jambes. J’aime vraiment la coupe salopette avec ses bretelles bien larges qui ne cisaillent pas les épaules.

Les jambières sont parfaitement isolantes et leur pouvoir calorique est étonnant par rapport à la finesse du textile. Elles surpassent largement d’autre produits hivernaux que je possède. Par contre, l’élastique de serrage à la cheville est trop serré. L’avantage est que ces jambières sont bien maintenues, mais j’aurais préféré un serrage plus large et plus plat.

Le maillot est bien coupé et il possède quelques détails raffinés comme le placement d’un insert de visibilité sur le bas de la manche. Vers les poignets, un biseautage du tissu habille une partie de la main. Les poches sont accessibles et leur contenance suffisante pour y glisser un coupe-vent, un téléphone et ma mini pompe. Une poche zippée assez large permet de ranger ce qui est le plus précieux. Le seul souci a été la fermeture éclair difficile à positionner, problème de montage je pense. Comme le cuissard, son isolation est remarquable pour ce maillot hyper light.

J’ai été bluffé par ma technicité de cette tenue qui fait appel à des textiles très techniques. Le cuissard est au dessus du lot. Je pourrai l’utiliser sur une grande partie de la saison car il est léger, mais également très protecteur. Pour les jambières, il faut repérer la jambe droite et la gauche afin de placer la partie réfléchissante à l’extérieur pour assurer une bonne visibilité latérale. L’insert luminescent que l’on trouve sur la manche du maillot se retrouve sur la partie arrière des 2 jambières.

J’ai adoré les gants bien isolants et confortables grâce à la matière tissée curieusement étanche. Les inserts graphiques sur le dos des gants contribuent à la visibilité dans le pinceau des phares des voitures.

Gravel BAAM Argh ! Le cri de l’acier

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Gravel BAAM Argh

Le Gravel que je vous présente aujourd’hui s’appelle ARGH, qui signifie : All Road Gravel History. Il est l’œuvre de la marque française BAAM. Ce Gravel BAAM Argh est fait d’acier et, plus précisément, de tubes Reynolds 853. Un vélo attachant à plus d’un titre que j’ai eu l’honneur de pouvoir essayer durant plusieurs semaines.

BAAM Argh

BAAM Argh, une histoire de passionnés

Mohawk’s qui jusqu’à présent se contentait de distribuer les marques des autres, se lance dans l’arène de la concurrence sous sa propre marque : BAAM, traduisez Bike Across A Mountain. Cette marque est le fruit de l’imagination de l’équipe de Mohawk’s qui œuvre depuis plus de dix ans dans ce domaine. « Il était temps de marquer un tournant et d’écrire un nouveau chapitre de notre histoire, ensemble” , nous dit-on chez Mohawk’s. Pour ce projet Argh que Bike Café vous a dévoilé dés l’année dernière, BAAM a choisi l’acier. Et pas n’importe lequel, puisque les tubes proviennent de chez Reynolds, bien connu des passionnés et de Bike Café puisque nous avons déjà testé des vélos utilisant de tels tubes, comme le Niner ou encore ce Sobre.

BAAM, une histoire de passionnés (photo Laurent BIGER)

Les tubes Reynolds

Récemment, en 2018, la société Reynolds fêtait ses 120 ans ! Alors que l’histoire de Reynolds Technology remonte à la première moitié du XIXe siècle, The Patent Butted Tubing Co. Ltd. a été officiellement créée à Birmingham (Royaume-Uni) le 20 décembre 1898. La société a publié son premier catalogue de tubes de vélo en 1902. Cependant, lorsque la Première Guerre mondiale a éclaté, l’entreprise s’est tournée vers la production de tubes pour vélos et motos militaires. Puis, en 1923, ils ont changé leur nom en Reynolds Tube Co. Ltd, tout en introduisant des tubes à haute teneur en manganèse dès l’année suivante.

L’avènement du Reynolds 531

Puis, c’est en 1935 qu’Austyn Reynolds et Max Bigford ont présenté le Reynolds 531, ainsi nommé pour le rapport 5-3-1 des éléments clés composant cet alliage d’acier au manganèse. Ce tube allait être connu par des cyclistes du monde entier, y compris les vainqueurs du Tour de France comme Charly Gaul en 1958, Jacques Anquetil sur un Gitane en 1964 ou encore Eddy Merckx sur DeRosa en 1969.

Reynolds, Aciers et titanes


Puis, en 1976, l’entreprise a introduit le premier tube traité thermiquement dans l’industrie : le 753. D’ailleurs, les fabricants devaient obtenir une accréditation avant d’être autorisés à travailler avec ce tube, en envoyant à Reynolds un exemplaire de cadre pour un contrôle qualité.

Reynolds et le succès

Là-dessus, d’autres victoires sur des vélos utilisant des tubes Reynolds suivirent, par les icônes du Tour de France tel que Bernard Hinault, Greg LeMond et Miguel Indurain. Parallèlement Reynolds lance en 1995 le premier acier “commercial” et polyvalent : le Reynolds 853. Ainsi, ce tube devient rapidement populaire, notamment dans le milieu du VTT en plein essor à cette époque.

Reynolds
Guide Reynolds à l’usage des cadreurs

Premièrement, l’acier Reynolds 853 se durcit à l’air. Contrairement à d’autres alliages, la résistance de celui-ci augmente après un refroidissement à l’air immédiatement après le soudage, de sorte qu’elle devient ainsi plus forte dans la zone de soudure. Cela en fait une caractéristique forcément intéressante pour des zones sous fortes contraintes mécaniques, notamment la zone du boitier de pédalier.

Données d’élasticité et de résistance (modifiées par Laurent BIGER)

Selon Reynolds, l’interaction entre les composants métalliques se traduit par l’élaboration d’une structure qui se forme durant le refroidissement à l’air, sans la traditionnelle trempe (refroidissement dans de l’eau ou de l’huile). Puis, le traitement thermique selon la spécification 853 augmente la limite d’élasticité de l’ensemble du tube, ce qui se traduit par une plus haute résistance aux chocs. Par ailleurs, ce traitement thermique permet d’utiliser des parois minces, mais réellement résistantes à la fatigue mécanique. De par ses caractéristiques, l’acier Reynold 853 est prisé par de nombreux fabricants, qui vantent ses qualités dynamiques et sa grande robustesse. Enfin, cet acier est décliné en plusieurs versions : 853 “Pro Team” (mentionné dans le logo, en dessous du chiffre) et 853 “DZB” (Double Zone Butted).

Reynolds 853
Logo Reynolds 853

BAAM Argh : présentation de la bête

Le Cadre du BAAM Argh

Comme expliqué ci-dessus, le cadre de ce Gravel BAAM Argh est fait d’acier Reynolds 853. Par ailleurs, BAAM précise que ce cadre bénéficie d’un traitement dit de cataphorèse. La cataphorèse est une technique de peinture qui consiste à immerger la pièce dans un bain de peinture hydrosoluble, en mettant la pièce en cathode, reliée au pôle -, (d’où le nom de cataphorèse), et en faisant migrer les particules de résines et de peinture (chargées positivement) en suspension dans le bain électrolytique au moyen d’un courant électrique. Une cuisson entre 180 et 200°C termine le traitement. Cette dernière étape aboutit à l’obtention d’une couche organique inerte qui, grâce à sa passivité chimique, permet de protéger le cadre contre la corrosion, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, y compris les alésages et filetages.

BAAM Argh
Kit cadre du BAAM Argh

Là-dessus, fabriqué à Taïwan, le résultat est un cadre particulièrement bien fini, simple et pourtant classe. Sans fioritures ni véritables innovations quant à sa géométrie, il n’en demeure pas moins que le cadre du BAAM Argh dégage une évidente élégance, grâce notamment à un bel équilibre des formes et volumes de ses tubes.

Géométrie du Gravel BAAM Argh

Le Stack est relativement important, permettant d’envisager autre chose qu’une pratique uniquement sportive. Les autres données de la géométrie sont classiques, avec des bases de 425 mm et un empattement de 1015 mm en taille M.

BAAM Argh
Géométrie BAAM Argh (corrigée pour la valeur des bases)

Les inserts sont nombreux puisque, hormis les deux emplacements classiques pour les portes bidons, je note deux inserts sur le Top-tube, et deux autres sous le tube oblique. Là-dessus, d’autres inserts plus spécifiques permettent la fixation d’un porte bagages et de garde-boue.

format T47
Boite de pédalier format T47 (photo Laurent BIGER)

La boite de pédalier est au format T47. Une solution technique de filetage à M47x1.0mm imaginée par Chris King qui se retrouve de plus en plus puisqu’elle réunit le meilleur des deux mondes : un boitier de pédalier fileté qui peut accueillir sans sourciller les plus gros axes de pédalier. En somme, une sorte de super BSA, dans un but ultime de fiabilité et de rigidité (et de silence…).

La fourche ENVE G-Serie

C’est une fourche de la série Gravel de chez Enve qui trouve sa place sur le BAAM Argh. Intégralement en carbone, elle dispose d’un déport de 50 mm et peut accueillir un pneumatique de 50 mm en roue de 700 et jusqu’à 2″25 pour une roue de 27″5 (650B). Remarquablement finie, elle accueille un étrier de frein au format flat-mount et un axe de 12×100 mm la traverse.

Le groupe Campagnolo EKAR

Ce Gravel BAAM Argh que j’ai pu essayer est équipé d’un groupe complet (transmission et freinage) EKAR de Campagnolo. Celui-ci se compose d’un pédalier de 40 dents dont les manivelles sont réalisées en fibre de carbone UD (équipées de protection amovibles) et dotées de demi-axes en acier AISI 630. Le plateau est en aluminium 7075. Les quatre branches, disposées de manière asymétrique, présentent un BCD de 123 mm. Comme souvent sur un vélo en taille M, les manivelles sont en 172,5 mm. Enfin, le Q-factor de ce pédalier est de 145,5 mm.

BAAM ARGH
Pédalier Campagnolo EKAR de 40 dents (photo Laurent BIGER)

Le système hydraulique de freinage ampagnolo Ekar utilise de l’huile minérale. Là-dessus, on retrouve des leviers très bien finis et à l’ergonomie si particulière et bien connue des aficionados de la marque italienne.

Etrier Flat Mount et disque Campagnolo EKAR. Notez la belle finition du cadre (photo Laurent BIGER)

Il me semble intéressant de préciser que la cassette démarre à 9 dents, gage de belle polyvalence ! Son étagement de 9-42 dents (9-10-11-12-13-14-16-18-21-25-30-36-42) ne l’empêche pas d’être vraiment légère pour une telle cassette de 13 vitesses : seulement 390 g.

La vaste cassette 13 vitesses de 9 à 42 dents (photo Laurent BIGER)

Les roues DT Swiss et pneus WTB

Équipées d’un corps de roue libre Campagnolo N3W et de moyeux DT 350, ces roues DT SWISS GR 1600 trouvent naturellement leur place sur ce BAAM Argh. D’une largeur interne de 24 mm, elles sont chaussées de généreux pneus WTB RIDDLER en 700×45 mm montés en tubeless.

Roues DT SWISS GR 1600 chaussées de WTB RIDDLER en 700×45 mm. Notez la confortable Clearance de la fourche (photo Laurent BIGER)

Les périphériques

USE Ultimate fournit potence et tige de selle. Cette société anglaise propose des périphériques résolument haut de gamme, comme le prouve l’exceptionnelle finition de la potence Race faite en aluminium 7075.

Potence Ultimate Race (photo Laurent BIGER)

La tige de selle Duro Carbon possède un déport de 10 mm et s’intègre bien avec la ligne de ce Gravel BAAM Argh, classique et moderne à la fois. Le cintre est une production BAAM, d’un dessin cohérent avec un usage Gravel, sans flare exagéré (9°) et un drop de 125 mm favorisant une position basse des mains. En revanche, la finition est bien en dessous des périphériques USE Ultimate précités. Enfin, une confortable selle WTB Koda surplombe le tout.

Cintre Gravel BAAM (photo Laurent BIGER)

Le Gravel BAAM Argh sur le terrain

Pour commencer, le dernier Gravel en acier haut de gamme que j’ai pu tester était l’excellent Cadence l’Orée. La comparaison s’arrêtera là, puisqu’il serait assez hasardeux de les comparer, tant leurs caractères diffèrent. Une fois en selle, j’ai apprécié immédiatement l’excellente ergonomie du poste de pilotage, notamment la dimension parfaite du cintre BAAM. À l’usage, celui-ci se révèle adapté à notre usage axé sur la polyvalence entre la route et les pistes.

Fruit d’une conception rigoureuse, la position idéale se trouve rapidement sur le BAAM Argh (photo Laurent BIGER)

De l’énergie à revendre

La zone du boîtier de pédalier affiche une excellente rigidité. Le résultat est un comportement rigoureux et surtout des plus efficaces en terme de rendement. C’est même plutôt surprenant car les bases ne sont pas spécialement courtes. Ainsi, le BAAM Argh est capable de faire jeu égal avec certains cadres en carbone en terme d’efficience.

Un comportement des plus efficaces en terme de rendement (photo Laurent BIGER)

Là-dessus, le poids maîtrisé (10 kg) est un atout pour emmener à bon rythme le BAAM Argh. En cela, les roues DT SWISS GR 1600 participent pleinement aux belles aptitudes dynamiques de ce vélo en acier REYNOLDS 853. D’ailleurs, même sur route, les larges pneus WTB en 45 mm ne viennent pas trop perturber cette énergie. Enfin, tout comme la fourche, le cadre apporte un dégagement largement suffisant, où même en condition hivernale, la monte en 700 x 45 mm est à son aise.

Un confort enviable

Quoique classique, l’angle de direction de 71° degrés, associé à un déport de 50 mm, apporte un bon compromis entre stabilité sur les pistes et vivacité dans les sentiers. La bonne combinaison du stack conséquent et du reach bien pensé me fait aborder tout en confiance de rapides pistes en descente. La fourche ENVE affiche un excellent compromis entre rigidité et filtration des aspérités, parfaitement en adéquation avec le cadre qu’elle équipe. Un cadre qui se défend très bien en terme de filtration verticale, mais aussi pour dissiper les vibrations. Je constate que le triangle arrière, grâce aux qualités intrinsèques de l’acier utilisé et à une géométrie bien pensée, exprime des capacités de filtration verticale tout à fait remarquables. Outre cela, la tige de selle en carbone de chez Ultimate n’est probablement pas étrangère non plus à cette performante filtration.

BAAM ARGH
Dynamique, le BAAM sait aussi se montrer confortable (photo Laurent BIGER)

Le groupe Campagnolo EKAR sur le terrain

Enfin, un mot sur le groupe Campagnolo EKAR qui équipe ce Gravel BAAM Argh. Le groupe italien brille par une amplitude peu habituelle grâce à une vaste cassette de 9 à 42 dents. De plus, échelonnée sur 13 vitesses. Là-dessus, il faut admettre que Campagnolo a frappé fort pour son premier groupe dédié à notre pratique favorite. Si le freinage n’appelle aucun reproche, l’ergonomie des leviers reste particulière : on aime ou pas… Par ailleurs, je trouve tout de même que l’unique levier pour actionner le dérailleur manque un peu de précision. Selon moi, son jeu mécanique latéral est trop important pour s’avérer précis en toutes circonstances. Le groupe EKAR regroupe de belles pièces, à l’image du pédalier, et constitue une alternative aux géants japonais et américains !

Le groupe 13 vitesses Campagnolo EKAR apporte une amplitude rare sur une transmission mono plateau (photo Laurent BIGER)

Pour conclure sur le Gravel BAAM Argh

Pour conclure, j’ai pris beaucoup de plaisir à piloter ce vélo de Gravel. Pas tant que ce BAAM Argh est beau (même si c’est important), mais surtout parce que j’ai été surpris d’une telle polyvalence. A vrai dire, au regard de la géométrie et du choix de l’acier, je m’attendais à trouver un vélo avant tout confortable. Et c’est effectivement le cas. Mais la vraie bonne surprise fut de constater que ce BAAM Argh était également performant, et pas qu’un peu ! A la fois souple et prévisible dans son comportement, le BAAM Argh sait aussi se montrer incisif pour aller chercher les émotions en descentes ou encore les KOM dans les ascensions. Finalement, c’est un vélo que j’aurais bien voulu garder encore un peu…

BAAM Argh équipé en Campagnolo EKAR (photo Laurent BIGER)

Caractéristiques du Gravel BAAM Argh

  • Cadre : Tubes Acier Reynolds 853
  • Boitier de pédalier : format T47
  • Tube de selle : 27,2 mm, USE-Ultimate Duro carbon
  • Selle : WTB KODA Cromo BAAM
  • Potence : USE-Ultimate Race
  • 2 inserts sur le top tube
  • Possibilité de monter des gardes boues et porte bagage arrière
  • Compatible mono et double plateaux
  • Câbles et durites hydrauliques partiellement internes
  • 3 coloris disponibles : Bleu Turquoise, gris anthracite métallique et violet
  • Trois tailles : S, M et L
  • Poids du cadre : 1890g en taille Medium
  • Poids du vélo testé (vérifié) : 10 kg
  • Fixation des étriers de freins : format Flat Mount
  • Axes traversants 12×100 mm à l’avant et 12×142 mm à l’arrière
  • Dégagement offert pour les pneus (clearance) : 50 mm à l’avant et 45 mm à l’arrière en roues de 700c. 2.25’’ à l’avant et 2.1’’ (53 mm) à l’arrière en roues de 650b
  • Fourche Enve G-Series (déport de 50 mm)
  • Jeu de direction ChrisKing ZS44/EC44
  • Groupe complet : Campagnolo EKAR 1×13 vitesses (pédalier 40 dents, cassette 9-42 dents)
  • Cintre : BAAM Gravel en Alu A6061-T6, Reach de 75 mm, Drop de 125 mm, Flare de 9°, 44 cm
  • Porte bidon : Arundel Stainless
  • Pneus : WTB Riddler 700×45 mm
  • Roues : DT SWISS GR 1600 SPLINE

Info fabricant : BAAM Cycle | Gravel Bikes

Prix du kit cadre avec fourche et jeu de direction Chris King : 2 299€