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En gravel, la montagne ça nous gagne

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Gravel en montagne à Arêches Beaufort
Gravel en montagne à Arêches Beaufort

La montagne est un terrain de jeux extraordinaire pour pratiquer des activités outdoor. La saison d’hiver est bien remplie par les sports d’hiver, mais dès que la neige est fondue, on passe à autre chose. Dans cette nouvelle temporalité sportive montagnarde, le vélo a pris une large place sous ses formes, route et VTT… Une place parfois très large, au point de saturer les montées de col, creuser les sentiers de descente, créer des files d’attente au niveau des remontées mécaniques… L’arrivée du gravel en montagne va permettre au vélo de jouer avec ces deux univers : les cols et les sentiers.

Gravel en montagne à Arêches Beaufort
Depuis, ce vélo de gravel, que l’on a baptisé “couteau suisse”, s’est adapté à notre pays particulièrement varié – photo Origine 

Lorsque le gravel est arrivé dans notre vie cycliste, nous lui avons collé l’image d’une pratique venant des U.S. là où les pistes sont larges et les territoires immenses. Depuis, ce vélo de gravel, que l’on a baptisé “couteau suisse”, a pris du “caractère” en s’adaptant à notre pays particulièrement varié. On le fait rouler sur nos pavés du nord, les chemins de campagne bordant nos labours, nos forêts, nos DFCI, nos friches industrielles… sans oublier les zones intermédiaires de nos régions montagneuses. Au départ nous étions hésitants concernant l’espace montagne, tant le VTT s’était imposé sur cette partie de notre territoire. Progressivement, le gravel est venu s’immiscer dans ce petit monde convenu. Cet été vous allez être nombreux à choisir le gravel pour découvrir ces régions sous un autre angle. Le pratiquant de gravel pourra prendre son vélo, les stations sont prêtes à vous accueillir, les loueurs proposent désormais des vélos de Gravel, les offices de tourisme vous proposeront de supers itinéraires.

Les marques de vélos et les régions y croient

Pour me conforter dans cette réflexion, qui me vient souvent en tête, je découvre dans les nombreux communiqués que je reçois, celui de la marque Origine qui est fière de s’associer avec la Station de ski d’Arêches pour contribuer au développement du gravel dans cette partie du Massif du Beaufortain.

Gravel en montagne à Arêches Beaufort
Arêches est un village, avec ses habitants, ses agriculteurs, ses pâtures – photo Origine.

On connait les belles pistes d’alpage situées au pied du mythique Cormet de Roselend, du col du Pré. On peut se réjouir de voir Arêches-Beaufort devenir également une “terre de gravel” qui vous permettra de rouler dans ce cadre spectaculaire. On découvrira des dizaines de kilomètres balisés dans des paysages absolument sublimes entre contreforts de la Pierra Menta, du Cormet de Roselend et des lacs de haute montagne.

Origine, une marque nordiste qui aime la montagne

Chez Origine, nous croyons dur comme fer que le gravel n’est pas un simple effet de mode, mais une réelle nouvelle façon de faire du vélo. À nos yeux, le gravel est un profond changement dans notre société. Le vélo au sens large a enfin trouvé son moyen de démocratiser l’aventure et le rapport à la nature. C’est pour cette raison que nous nous sommes impliqués dès l’émergence de la discipline avec le Graxx, puis le Trail et à chaque fois que nous en avons l’occasion, nous essayons d’apporter notre modeste pierre à l’édifice pour promouvoir cette pratique.”, déclare François-Xavier Plaçais qui a mis en place ce partenariat.

Gravel en montagne à Arêches Beaufort
On découvrira des dizaines de kilomètres balisés dans des paysages absolument sublimes ) photo Origine

Concrètement Origine propose des rendez-vous pour vous retrouver dans la bonne humeur, le 20 juillet et le 17 août pour deux randonnées gravel en montagne, sur le terrain de jeu d’Arnaud, de Gravel Bike des Savoies. Il roulera avec vous et vous pourrez échanger avec lui le 20 au matin sur le stand Origine qui sera installé place du marché à Beaufort.

Des partenariats qui ont du sens

Les stations, comme certaines régions, ont compris l’intérêt de voir arriver le gravel chez eux. La polyvalence de ce vélo qui peut s’exprimer aussi bien sur les montées de cols que sur les pistes ouvre de nouveaux domaines. Ceux qui pratiquent ce vélo liberté sont avides de découvertes. Ils prennent le temps de s’arrêter pour admirer, pour se restaurer, pour séjourner.

Gravel en montagne à Arêches Beaufort
Une forte volonté de développer un tourisme vertueux – photo Origine

La station d’Arêches est une station familiale, accessible et ayant une forte volonté de développer un tourisme vertueux. Arêches est un village, avec ses habitants, ses agriculteurs, ses pâtures et arrive à subtilement doser tourisme, respect et protection de la nature et de la vie locale. Développer le gravel dans cet espace protégé est donc une évidence.

Espérons que cet exemple fera école dans d’autres stations, d’autres régions. Nous en avons déjà parlé dans le Vaucluse et un peu partout, en montagne, sur les plateaux, sur les Causses en Aveyron… le territoire gravel progresse et on aime bien ça.

Voir les circuits proposés

Tendance short en mode gravel avec 7Mesh

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Tendance gracel avec 7Mesh
Tendance gracel avec 7Mesh

Le short est devenu un accessoire vestimentaire apprécié par ceux qui pratiquent le gravel. Si cela est quasi évident pour les ex-VTTistes – qui ont fait leur “coming out” du vélo suspendu – c’est moins naturel pour les routards qui l’ont adopté, le préférant parfois à leurs cuissards bien moulants. Pour ma part, venant plutôt de la route, j’ai fait un choix de “normand” : alternant selon l’humeur du moment le short et le cuissard cargo.

Le short, marque une certaine décontraction et s’associe bien à la pratique “off road”. Cette pièce d’étoffe, complétée par en haut un tee-shirt, est devenue l’emblème d’une pratique ni VTT, ni route. L’an dernier j’avais apprécié la tenue Gore All Road et cette année j’ai trouvé mon bonheur chez 7Mesh.

Les produits 7Mesh testés
C’est avec confiance sur la qualité des produits 7Mesh, que je déballe les produits commandés.

7Mesh, est une marque canadienne, basée à Squamish en Colombie-Britannique, non loin de Vancouver. Cette région, qui bénéficie d’un environnement nature exceptionnel, inspire les concepteurs de la marque qui élaborent dans ce cadre des produits techniques, efficaces et sobres. Leurs équipements sont chics et sans fioriture. Cet hiver j’ai pu apprécier un collant sans brettelle, un maillot manches longues et c’est avec confiance sur la qualité des produits 7Mesh, que je déballe les produits commandés. 

Pourquoi le short ?

Les produits 7Mesh testés
En short j’ai l’impression d’être un autre cycliste… photo Patrick

Je ne sais pas pour vous, mais moi lorsque je pédale en short j’ai l’impression d’être un autre cycliste. On dit souvent que l’habit ne fait pas le moine, et pourtant : lorsque je porte un short, je constate que je pédale plus cool. C’est sans doute que ce short me rend moins cycliste, moins CX fendeur de zéphir, plus “urbain” aussi lorsque je descends de vélo pour entrer acheter un croissant dans une boulangerie… Le seul “hic” avec ce vêtement, qui peut être très technique et adapté au pédalage, se résume à un questionnement “fondamental” : qu’est-ce qu’on met en dessous ?

Les produits 7Mesh testés
photo Patrick

Je vous déconseille de “monter à cru” avec un short, comme vous le faites avec un cuissard équipé d’un pad. Un slip boxer coton sera pas mal si vous vous contentez de courtes distances, mais si vous allongez les parcours, ou si vous êtes un peu fragile au niveau du périnée, il faut chercher une autre solution. Lors de précédentes expériences avec des shorts, je mettais généralement un cuissard en dessous… C’est pas terrible, car du coup on a juste le look, sans avoir les bienfaits, comme par exemple la légèreté et l’aération. On est enfermé dans le cuissard équipé de bretelles. Pour contourner le problème, 7Mesh propose deux solutions avec des “sous-shorts” : le bib Foundation, qui est un sorte de couche de base en maille, et le boxer Foundation, tous les deux étant équipés d’un pad très mince. 

Les produits 7Mesh testés
Je me sens plus “aventurier” : illusion ou réalité ? photo Patrick

Le combo short et tee-shirt exprime plutôt le début d’une expérience “outdoor”. Lorsque je m’habille de cette façon, je me sens plus “aventurier” : illusion ou réalité ? Côté pratique, l’absence de poches dites “cargo” : dorsales sur le maillot de vélo et latérales sur le cuissard, nous oblige à réfléchir autrement au transport des objets personnels. 

Sur le terrain

Équipé de la tête aux pieds, me voilà sillonnant les belles pistes et les DFCI de ma région. La chaleur est intense et il faut surveiller l’autorisation d’accès qui peut être levée à cause des risques d’incendies. Le tee-shirt, ce n’est pas une surprise vu son poids, est agréable à porter, le mérinos joue parfaitement son rôle de régulateur thermique. Le short présente un fit moyen, pas trop serré. J’ai bien fait de prendre du S, 7Mesh taille à l’américaine : il sont costauds outre-atlantique. En principe je prends du M dans les marques italiennes et même du L chez Sportful en cuissard. Un conseil : vérifiez à chaque fois le tableau des tailles présent sur les sites internet des marques, avant de passer commande. Le M japonais n’a pas la même valeur que le M aux U.S….

Les produits 7Mesh testés
Cet habillage improvisé est juste pour vous montrer la légèreté du Bib Foundation, mon téléphone est dans une poche dorsale du bib ; malgré cette taille S, je ne suis pas serré dans ce short, j’enfile le tee-shirt particulièrement léger – photos Patrick

Du fonds pour du fond…

Cela nous ramène à la célèbre fable de La Fontaine, pour porter un short à vélo il faudra investir car avec cette tenue, c’est le fond qui manque le plus et il faudra investir. Grâce aux 2 solutions “Foundation”, nous sommes sauvés. Comme vous pouvez le voir sur mon “strip-tease” photographique ci-dessus, le bib est un concentré d’astuces permettant de contourner la chose. Ce cuissard est en mailles très aérées, comme vous pouvez voir sur la photo 1. Ce n’est pas pour faire sexy lors de soirées coquines, mais c’est pour apporter une aération maximum, à l’instar de certains maillots de première couche. Le pad est d’origine Elastic Interface Performance Force. J’ai le même sur un de mes cuissard Gore préféré. Les bretelles sont également aérées et minimales, laissant le dos bien dégagé (cf photo 2). La dernière astuce est la présence de 3 poches plaquées au dos de ce cuissard base layer. Elles permettent de transporter vos objets en allégeant les poches du short. 

Cette solution est très intéressante, même si ça fait monter la facture (130 €). Cette sous-couche représente le prix d’un vrai cuissard, et d’ailleurs techniquement ça en est un. C’est le prix d’un confort assuré pour vos voyages un peu longs, pour les sorties à la journée. Léger (168 g) il sera également facile à laver le soir à l’étape et il séchera facilement pour repartir le lendemain. Les poches dorsales sont intéressantes, mais cette zone est celle qui recueille le plus de transpiration, alors attention si vous y placez des objets craignant l’humidité. 

L’autre solution est celle du Boxer Foundation… Dans ce cas, c’est un simple slip qui assure un excellent maintien et qui est muni d’un fond mince mais néanmoins protecteur. Disons que cette solution est celle qui correspond le mieux aux sorties gravel de plus courte durée. C’est celle que je préfère et d’ailleurs je l’ai même utilisée sous un short coton, pour mes sorties en vélo vintage assis sur ma selle en cuir Idéale. 

Les produits 7Mesh testés
7Mesh en général ne fait pas dans l’originalité en matière de design… sauf ces chaussettes dégradées et ce slogan “N’importe quel 2 roues …” – photo Patrick

Chaussettes et tour de cou sont également de belle facture. Je ne vous cache pas qu’en ce moment je n’utilise pas le tour de cou, mais l’ayant essayé, je le trouve doux, confortable et il sera le bienvenu lorsqu’au petit matin je sentirai le froid sur mon visage.

Caractéristiques des produits testés 

Les produits 7Mesh testés
Les produits 7Mesh testés

1 – Tee Shirt Desperado

Caractéristiques

  • 53 % polyester, 47 % laine mérinos
    Poids : 126 g
    Polyvalent : fonctionne à la fois sur et hors du vélo
    Mélange laine mérinos/polyester thermique / sans odeur
    Col rond

Prix : 70 €

Infos sur le site 

2 – Short Farside

Les produits 7Mesh testés
Fermeture pression et bouche de réglage bien fichue pour ce Farside. On peut également mettre une ceinture, il possède des passants – photo Patrick

Caractéristiques

  • Deux poches pour les mains
  • Une poche latérale zippée
  • Passants de ceinture ainsi que des ajusteurs de taille verrouillables
  • Braguette zippée avec fermeture à pression 
  • Détails réfléchissants
  • Coutures d’entrejambe renforcées
  • Ourlets laminés
  • Tailles : XS/S/M/L/XL/XXL
  • Couleurs : noir/bleu/porto 

Prix : 120 €

Infos sur le site

3 – Bib Short Foundation

Caractéristiques

  • Matière : 78 % nylon, 22 % élasthanne
  • Chamois : Elastic Interface Mens Performance Force (fabriqué avec du contenu recyclé)
  • Poids : 168 g
  • Trois grandes poches arrière façon jersey
  • Maille ouverte hautement respirante
  • Peau de chamois avec découpe frontale innovante pour plus de respirabilité
  • Ourlet coupé net avec bande en silicone
  • Logo réfléchissant

Prix : 130 €

Infos sur le site

4 – Tour de cou Elevate

Caractéristiques

  • Composition : 86 % polyester, 14 % lyocell
  • Absorbe l’humidité, procurant un refroidissement par temps chaud
  • Léger
  • Traitement antimicrobien
  • Respirant
  • Prix : 25 €
  • Couleurs : noir/bleu/gris

Infos sur le site

5 – Boxer Foundation

Caractéristiques

  • Matière : Corps : 62 % nylon, 18 % polyester, 20 % élasthanne – Doublure : 100 % polyester
  • Entrejambe : 12 cm
  • Boxer rembourré ergonomique
  • Découpe avant pour la respirabilité
  • Protection légère
  • Ceinture élastique

Prix : 50 €

Infos sur le site

6 – Chaussettes Fading Light 

Les produits 7Mesh testés
Les chaussettes dégradées portent fièrement le nom de la marque – photo Patrick

Caractéristiques

  • Matière : 100 % polyester
  • Hauteur de 7,5″ (19,05 cm)
  • Talon et pointe renforcés
  • Tailles S/M/L
  • Couleurs dégradées : 7 couleurs au choix

Prix : 20 €

Infos sur le site

Mon avis

J’aime bien la marque 7Mesh qui est également la préférée de cyclistes que je connais comme Pierre-Arnaud Le Magnan (Chiru Bikes) et Sébastien Morin (Boost Cycles). Les produits sont qualitatifs et bien pensés. La seule critique que je pourrais faire tient dans la ligne graphique et les couleurs souvent trop classiques. Côté technique, c’est du sérieux et la durabilité est remarquable. Attention aux tailles… vérifiez bien la vôtre par rapport au tableau présent sur le site. 

J’ai aimé le short qui est ni trop serré, ni trop large. Même en plein effort avec des poches chargées il n’entrave pas le pédalage – photo Patrick

J’ai aimé le short qui est ni trop serré, ni trop large. Les serrages, permettant d’ajuster la taille, sont parfaits, faciles à manœuvrer même en roulant. Dans la poche profonde à droite j’ai pu loger ma GoPro, dans les poches je glisse mes clés, un peu d’argent et ma carte bleue. Adepte du boxer, j’évacue dans une petite sacoche de guidon mon coupe-vent, ma petite pompe. Mes outils et mon kit de réparation prennent place dans une boîte Zéfal sur un porte-bidon. 

J’AI AIMÉ
  • La qualité des produits
  • Le concept “foundation” bien traité par 7Mesh 
  • Le look “class” et sobre
  • Produits garantis (voir info sur les conditions)
J’AI MOINS AIMÉ
  • Le tarif élevé
  • Le sizing nord américain des produits
  • Les couleurs pas très fun

Sauvage LeMonstre : le Monster Gravel !

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Après 1500 km parcourus à son guidon, je vais vous partager mon expérience au guidon d’un vélo atypique : le Sauvage LeMonstre. SAUVAGE se veut une déclinaison standardisée des vélos sur mesures LÉON, de façon à proposer des vélos en titane plus abordables. Ainsi, ils sont vendus directement en ligne, ou via Alsatrade, revendeur officiel Sauvage. Comme vous l’avez sûrement deviné grâce à son nom, c’est en Alsace que ce dernier opère et il est l’auteur du montage que j’ai pu tester. 

Sauvage Le Monstre
Sauvage Le Monstre, montage Alsatrade (photo Laurent BIGER)

Présentation du Sauvage LeMonstre

Pour commencer, je dois avouer que je suis heureux de retrouver à nouveau un Sauvage à tester. Il faut dire que mon long test du Sauvage La Piste m’a laissé d’excellents souvenirs. Ainsi, je retrouve sur ce cadre le même soin de réalisation avec des soudures de belle facture. En revanche, plus de sérigraphie, mais « seulement » des stickers. A noter que les tubes sont d’origine américaine et sont soudés en Asie. 

Cependant, la finition du cadre n’amène aucune critique et se montre au même niveau que celle des vélos Léon. Par ailleurs, la finition du montage est là aussi au-dessus de beaucoup d’autres réalisations du marché. Là-dessus, aucun doute, Alsatrade fait partie des vélocistes les plus maniaques que je connaisse. Que ce soit dans le choix pertinent des périphériques, que dans le routage des gaines ou tout simplement dans la pose de la guidoline, c’est du grand art. 

Les roues Alsatrade 

La spécialité d’Alsatrade, ce sont les roues et cela se voit. Sur ce Monstre, Ignace inaugure ses nouvelles roues dédiées au Gravel. Articulées autour de solides moyeux DT Swiss 350, les cercles en carbone ne font que mettre en valeur le savoir-faire de cet artisan alsacien.

Dotées d’un profil asymétrique de 19,5 mm de hauteur et d’une largeur de 23,5 mm entre crochets, celles-ci valorisent grandement ce montage. Notamment avec ces larges entraxes au format BOOST de 15x110mm et 12x148mm que permet ce kit cadre. Là-dessus viennent se greffer des Pirelli Scorpion XC H en 29” x 2.2”. 

La transmission du Sauvage Le Monstre 

Quant à la transmission, elle est animée par un pédalier aux manivelles en carbone PRAXIS GIRDER, du plus bel effet. Cependant, les stickers ne brillent pas par leur longévité…

Là-dessus, on trouve à l’arrière une cassette Shimano XT en 11-42 (une valeur sûre) et un dérailleur de la gamme GRX-800. A l’opposé, côté cintre, je retrouve des leviers Shimano de la gamme GRX-600. 

Le couple Shimano GRX-800 et cassette Shimano XT : une valeur sûre (photo Laurent BIGER)

Les périphériques du Sauvage LeMonstre 

En ce qui concerne les périphériques, le choix d’Alstrade s’est porté sur la gamme WCS de chez Ritchey. Ainsi, le cintre VentureMax WCS se veut bien adapté au programme du Sauvage Le Monstre, tout comme la courte potence de la même série.

En dessous, j’ai trouvé très intéressant le choix d’un jeu de direction Cane Creek, ce qui confirme une nouvelle fois l’expertise d’Ignace d’Alsatrade. Quant à la selle WTB SL8, elle participe elle aussi au poids contenu de ce montage résolument exclusif.

Le test terrain du Sauvage LeMonstre 

J’ai pu tester ce Sauvage Le Monstre durant exactement 1504 km en Lorraine. Aussi, je pense avoir pu me construire une idée assez précise de la personnalité de ce Monstre. 

1504 km de test, sous toutes les météos (photo Laurent BIGER)

Géométrie et comportement du kit cadre 

En premier lieu, je vous propose de jeter un œil sur la géométrie du Monstre. De surcroit atypique, elle va bien évidemment jouer un rôle fondamental dans le comportement global de ce Sauvage :

Géométrie du Sauvage Le Monstre

Premièrement, la douille de direction, imposante et haute, surplombe une fourche intégralement en carbone d’une hauteur égale à un modèle suspendu de 100mm de débattement. D’ailleurs, c’est un montage envisageable pour les pratiques les plus engagées.

Puis, vous remarquerez les bases de 440 mm, ce qui est très court pour un cadre acceptant de telles dimensions de pneumatiques. Par conséquent, cela participe aux relances franches et efficace de ce modèle. Cependant, ce dynamisme provoque une victime collatérale : le confort.

Sauvage LeMonstre : le dynamisme avant le confort (photo Laurent BIGER)

En effet, si cela reste tout à fait acceptable, le triangle arrière privilégie le dynamisme au détriment de la filtration. Enfin, j’ai noté la relative hauteur de ce vélo. Si cela facilite certains franchissements, il en résulte un centre de gravité haut placé. En cela, j’avoue que j’ai parfois regretté l’absence d’une tige de selle télescopique dans certaines conditions…

Playtime ! 

Quel que soit le terrain rencontré, le Sauvage LeMonstre propose une solution. Durant ce test, j’ai allégrement utilisé LeMonstre pour faire mes reconnaissances (parfois hasardeuses) de la Verdun More Gravel#2. En cela, ce vélo est parfait car il m’a permis de confirmer ou infirmer des pistes et single-track sans devoir faire demi-tour.

Quel que soit le terrain rencontré, le Sauvage Le Monstre propose une solution (photo Laurent BIGER)

Ainsi, avec ses pneumatiques de 29 x 2.2 issus de la gamme XC, Le Monstre avale tout sur son passage. Là-dessus, le large cintre Ritchey VentureMax ne fait qu’accroitre mon assurance dans certaines descentes habituellement chaotiques sur un Gravel plus classique. D’ailleurs, peut-on encore parler de Gravel ? Je serai tenté de répondre par l’affirmative car ce Sauvage ne se traine pas sur la route. Loin de là. Bien aidé par ses excellentes roues Alsatrade, le Monstre peut ainsi se montrer véloce et surprendre plus d’un routier en perdition le dimanche matin (Eddy Ficile par exemple !). 

Le Sauvage Le Monstre, lors d’une randonnée en Moselle (photo Laurent BIGER)

Pour conclure 

Finalement, la description du Monstre sur le site web Sauvage n’est pas galvaudée : « Deux heures de libre devant vous ? Une envie de s’aventurer hors les sentiers battus et du bitume ? LeMonstre est votre partenaire dans le crime, une géométrie engagée, un comportement généreux en sensation, pour aller vite, sans trop de calcul quant au terrain ou l’itinéraire. Gaz ! » Serait-ce donc ça la définition du Monstercross : ne pas se prendre la tête ? Je pense que oui et qu’Alsatrade l’a parfaitement compris en libérant ce Monstre avec un montage exclusif. Plus joueur que confortable, surprenant à bien des égards, ce Monstre est une créature résolument attachante !

SPECIFICATIONS : 

Cadre : Titane 3/2.5 double butted (0.9/0.7/0.9) pour les tubes principaux et boitier de pédalier en titane 6.4. 

Hauteur de fourche : 490 mm 

Douille de direction : 44 mm

Jeu de direction : Cane Creek zs44/ec44 

Tube de selle : diamètre 31.6 

Collier de selle : diamètre 34.9 

Axe traversant arrière : 148 x 12 mm

Monte pneumatique max : 29” x 2”35 

Boite de pédalier : fileté BSA 73mm 

Emplacements pour portes bidons : 3 (6 inserts)

Poids du cadre seul en taille M : 1690 g (non vérifié) 

Poids du vélo testé : 9,75 kg (vérifié) 

Fourche : carbone 88, Postmount, axe traversant de 110 x 15 mm 

Transmission : Shimano GRX 800 1 x 11v 

Cassette : Shimano XT 11-42 

Pédalier : Praxis Girder Carbon , plateau de 36 dents 

Freins : Shimano GRX800 

Potence : RITCHEY WCS

Cintre : RITCHEY WCS VentureMax 

Selle : WTB SL8 

Roues Alsatrade : 

Hauteur : 19,5 mm (profil asymétrique) 

Largeur entre crochets : 23,5 mm 

Moyeux : DT SWISS 350 

Pneus : Pirelli Scorpion XC H LITE en 29” x 2.2” (622 – 55) 

Prix du cadre seul : 1180€ 

Prix du vélo testé : 4280€ 

Site Sauvage : https://www.sauvagebicycles.com/le-monstre/ 

Site Alsatrade : https://www.alsatrade.fr/ 

Adresse Alsatrade : 107 Rue Principale67630 NIEDERLAUTERBACH 

Mail Alsatrade : ignace.loehr@alsatrade.fr 

Gravel et compétition … est-ce compatible ?

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Gravel et compétition
@F-BOUKLA

Le challenge TREK UCI Gravel World Series, lancé cette année avec l’objectif d’aboutir à un championnat de cette jeune discipline cycliste, créé du remous dans la communauté gravel. La compétition s’installe officiellement dans ce monde bouillonnant, qui échappait jusqu’alors aux sanctions du chronomètre. Est-ce une bonne chose ? Cela va t-il influencer l’esprit gravel ? J’entends déjà certains commentaires négatifs, venant de ceux qui avaient trouvé dans le gravel, une pratique plus apaisée et plus contemplative que la compétition.

Gravel et compétition
Est-ce qu’un dossard sur le guidon du vélo change la donne ? photo @F-BOUKLA

La compétition est en nous…

La compétition va sans doute apporter dans le gravel comme un air de discorde. Le philosophe anglais Thomas Hobbes dit que : « Nous trouvons dans la nature humaine, les principales causes de discorde : tout d’abord, la Compétition : en second lieu, la Défiance ; et en troisième lieu, la Gloire »

La compét est dans l’inné de la race humaine…

L’Homme (au sens espèce humaine) est un compétiteur, on n’y peut rien, c’est ainsi. La compét est dans l’inné de la race humaine. Installée très tôt sur les bancs de l’école, elle suit l’homme à tous les moments de sa vie. Elle génère souvent des débordements et des excès poussant certains à utiliser des stratagèmes pas toujours honnêtes pour être les meilleurs. Notre société de l’image valorise les vainqueurs et crée parfois des excès. C’est sans doute ce côté noir qui déplaira à ceux qui ont trouvé dans le Gravel un havre de paix cycliste.

Trek UCI Gravel World Series, Millau capitale française du Gravel
Un beau vainqueur pour une première – photo Philippe Aillaud

Je comprends que le brouhaha médiatique, l’ingérence des marques et le décorum qui colle aux modèles habituels de la compétition, troublent la quiétude et l’esprit de liberté qui prévalait dans le monde gravel. Je reste persuadé que la compétition a, malgré tout, des aspects positifs. Sans elle, la société n’aurait sans doute pas progressé comme elle l’a fait. L’absence de challenge nous aurait enfermés dans un monde du passé. On peut voir le verre à moitié plein et se dire que le gravel apportera un air de fraîcheur au cyclisme.

Un thème de débat

Gravel Summit Nature is Bike
Stéphane Bonsergent (ancien cycliste pro) et Matthieu Amielh (Bike Café) qui participaient à la conférence “Peut-on concilier esprit gravel et compétition ?” du Summit de NAture is Bike photo Régis Crpisé

Le débat est lancé, et ce fut un des thèmes des conférences Summit, lors du Festival Nature is Bike. J’ai suivi attentivement cette conférence à laquelle participait Matthieu notre Rédacteur en Chef. La position de la Fédération Française de Cyclisme, représentée par Pierre Idjouadiene (coureur et référent gravel FFC) est encore floue et démontre que le positionnement ou plutôt l’absence de positionnement du gravel déstabilise le monde du vélo. En effet, Pierre confirme ce que Michel Callot m’avait déjà déclaré à l’arrivée de la manche Treck UCI Gravel World Series à Millau : “On observe le phénomène qui se développe sur les axes compétition et loisir et on le laisse grandir. On privilégie les événements loisirs et découvertes.”

Conférence Summit Nature is Bike
De gauche à droite : Guillaume Brassod (SRAM), Pierre Idjouadiene (coureur et référent gravel FFC), Anne Oddru (journaliste), Yves Blanc (journaliste), Thimothée Pétrault (DT Swiss), Stéphane Bonsergent (ancien cycliste pro) et Matthieu Amielh (Redacteur en Chef de Bike Café) – photo Patrick

Je suis convaincu qu’il y a une grande attente de la part des compétiteurs“, déclare Stéphane Bonsergent (ancien cycliste pro) qui a participé à la Gravel of Legend Plus instinctivement les marques y voient un développement du marché. Thimothée Pétrault de DT Swiss et Guillaume Brassod de SRAM, autour de cette table ronde (qui ne l’était pas), se réjouissent de ce dynamisme insufflé par ce segment sportif qui attire une nouvelle population, plus jeune. “Le côté amateur et la compétition ne sont pas antinomiques, sur la gravel Sram chrono 150, nous proposons des secteurs chronométrés et des jonctions entre ces secteurs à l’allure choisie“, explique Guillaume. “C’est par la compétition que l’on créé l’amusement lorsqu’on est petit, et ça commence dans la cours de récré. Il faut voir la compétition en gravel comme un exhausteur, pour pousser un peu plus loin notre plaisir dans cette pratique“, nous dit Thimothée ; et effectivement la compétition est une jeu et le gravel est un vélo joueur.”C’est clair qu’il y a un aspect business dans cette ouverture vers la compétition, mais cela va emmener le vélo sur une autre discipline ludique et plus fun, et créer une porosité qui va attirer à la fois les routiers et les VTTistes qui vont se confronter“, explique Matthieu. Effectivement, pour nous média vélo au sens large, ce sont de nouvelles expériences et de nouvelles histoires qu’il nous faudra raconter.

Le gravel : un nouveau cyclisme

Au risque de subir des critiques sur les réseaux sociaux, j’affirme que la compétition dans le monde du gravel n’est pas un “gros mot”, qui insulte notre pratique. On m’a reproché, il y a quelques années d’invoquer “l’esprit gravel”, je vais maintenant me faire taper sur les doigts par ceux qui sont devenus les gardiens du temple de ce fameux esprit. Tant pis ! … J’ai été compétiteur : dans le vélo, puis de façon plus engagée en course à pied. J’ai vécu l’avènement du trail running, et après nos premiers trails entre potes, j’ai vu poindre les Teams puis un championnat du Monde. Les réactions de méfiances ont été les mêmes, et aujourd’hui, nous pratiquons le trail en compétition et en mode “off” sans déclencher de guerre de tranchées. 

Le monde du vélo a toujours su s’organiser pour s’adapter aux évolutions de la société. Le progrès fut lent et les “forçats de la route”, ont subit le prix de cette lenteur comme par exemple l’utilisation en compétition des dérailleurs, bien longtemps après leur invention. Autrefois les coureurs “indépendants” pouvaient participer aux compétitions des professionnels. Ce que j’ai vu à la première coupe du Monde gravel UCI de Millau me rassure sur cette mixité de niveau. Dans la montée du Poncho, les amateurs ont serré les dents pour suivre le train. D’ailleurs ce ne sont pas les pros qui sont entrés en premier dans le Causse Noir. Dans les marathons internationaux, les premiers tournent en 2 h et 05 minutes et derrière, ils sont des milliers à suivre de plus ou moins près ces champions.

Trek UCI Gravel World Series
Trek UCI Gravel World Series Millau – photo Philippe Aillaud

l faudra bien sûr inventer de nouveaux moyens de retransmission. On va oublier les caravanes publicitaires, la cohorte de véhicules chargés de vélos de secours. On va inventer de nouveaux moyens : drones, motos électriques, caméras postées, caméras connectées sur les vélos… Je suis optimiste sur les moyens et peut-être que l’on reviendra à un cyclisme moins scénarisé, plus authentique avec moins d’oreillettes, de capteurs permettant de “téléguider” les coureurs. Pourquoi pas ! Je rêve d’un nouveau cyclisme… 

La preuve par Teams

Trek UCI Gravel World Series, Millau capitale française du Gravel
Le Team WishOne, une équipe qui sait rigoler – photo Philippe Aillaud

Dans le joyeux monde créatif du gravel, nous voyons se constituer des “Teams”, ça sent la compét, mais je vous assure que l’ambiance qui règne dans ces groupes de jeunes est plutôt décontractée et rigolarde.

Le Team Wish One, les filles du Team CDC GT (Café du Cycliste Gravel Team), nos amis suisses du Team Velosophe, le Team Look Gravel… ils ont tous la banane et plaisantent sur la ligne de départ des épreuves auxquelles ils participent. On est loin du stress et des visages fermés d’autres compétiteurs dont les enjeux pèsent des tonnes sur leurs épaules musclées. Ces teams sont une nouvelle preuve que la compét a toute sa place dans le gravel.

Trek UCI Gravel World Series, Millau capitale française du Gravel
Professionnels et indépendants mélangés dans cet horizon d’un nouveau cyclisme – photo Patrick

Et d’ailleurs peut-on encore parler de Gravel ? Existe t-il vraiment une “case” Gravel dans laquelle on rangerait une discipline bien codée ? Je ne crois pas : cette pratique exprime sa liberté, sa tolérance et se complaît dans une fusion un peu “bordélique” de différents genres… Bienvenue à la compétition, dans cette famille Addams du vélo.

Et de 4 : Gravel by Le Cycle est en kiosque

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Hors Série Gravel du magazine Le Cycle
Hors Série Gravel du magazine Le Cycle

Cela fait un moment que l’idée trottait dans la tête de Cédric Leroy. Nous avions échangé sur le sujet dès 2016, mais lorsqu’on est la référence française de la presse vélo, le bateau est plus difficile à manoeuvrer pour suivre les petits cours d’eau. “C’est vrai que j’y pensais depuis un moment, mais le travail de la rédaction était déjà important et lancer un hors-série demande une grande préparation, on ne voulait pas se louper sur cette parution”, me déclare Cédric sur le stand Le Cycle installé sur le salon de Nature is Bike.

Hors Série Gravel du magazine Le Cycle
Un sommaire qui donne envie

Le journal Le Cycle a bercé une partie de ma jeunesse cycliste, et je suis heureux que ce hors-série Gravel vienne rejoindre les 3 autres titres déjà “en piste” sur les linéaires des marchands de journaux. Cette offre très large prouve qu’il y plein de choses à dire sur le thème du gravel et du bikepacking, et c’est très bien que Le Cycle vienne prendre la parole sur cette pratique cycliste en plein essor.

Hors Série Gravel du magazine Le Cycle
J’ai adoré cet article…

Ce magazine est une réussite et la rédaction a eu raison de prendre le temps de réunir le fond et la forme avant de sortir cette publication. Le gravel donne envie et dynamise actuellement un monde du vélo en plein changement, c’est le sens de la motivation de l’équipe très pro des journalistes du Cycle. J’ai adoré le papier de S. Pigeau illustré par les superbes photos de J. Dorol “Sur les routes des Forçats“, une belle façon de faire le lien entre le passé héroïque de notre cyclisme et la naissance d’un nouveau monde du vélo que les jeunes adorent. Je suis jaloux de n’avoir pas eu cette idée avant eux 😉 Le Tour des Alpes est également un beau sujet avec une belle façon de permettre aux lecteurs de scanner le QR code des cartes proposées sur l’excellente application de tracés Openrunner pour télécharger les itinéraires. Enfin je retrouve la plume de mon camarade Yves Blanc, l’ancien rédac chef du Cycle, qui met en valeur sa région : l’Aveyron qui joue à fond la carte du Gravel. Je confirme après mes deux voyages dans cette belle région.

Avec ses reportages, ses découvertes, ses sujets techniques… le numéro GRAVEL du Cycle fait une belle entrée dans le peloton des magazines gravel français et les passionnés de cette nouvelle discipline n’auront que l’embarras du choix. Comme l’indique Cédric dans son édito “Le gravel est pluridisciplinaire, et c’est tant mieux“, avec ce 4ème titre en kiosque le gravel est pluri-publication et c’est tant mieux également.

Informations

Hors Série Gravel du magazine Le Cycle
Une belle sélection de vélos

 

 

Bikingman : Véronique et Bruno, de Nouméa à Faro

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Bikingman Portugal ultra-cyclisme
Bruno et Véronique au départ, motivés !

J’ai eu la possibilité de participer à la dernière édition du Bikingman Portugal qui a eu lieu du 2 au 6 mai à Faro, Portugal. Au gré de la course, j’ai rencontré des athlètes, participant comme moi à leur premier Bikingman ou des habitués du circuit ultra-distance créé par Axel Carion. De belles rencontres approfondies à chaque coup de pédale. Sur Bike Café, je publie une série de trois portraits. Aujourd’hui, épisode 2, Véronique et Bruno Le Chaudellec.

Véronique et Bruno Le Chaudellec

99h56′ (62e au général et 13e dans la catégorie Duo)

J’ai rencontré Véronique et Bruno lors du briefing de course, alors que l’effervescence était à son comble, quelques heures avant le début de la course. J’ai tout de suite sympathisé avec ce couple résidant à Nouméa et qui avaient quitté leur “caillou” pour venir participer en duo à l’épreuve portugaise. Dans leur vie en dehors du vélo, Véronique (58 ans et demi) est infirmière coordinatrice de prélèvement et greffe au Médipôle de Nouméa tandis que Bruno (56 ans) travaille dans la logistique.

Autour d’une bière, Bruno et Véronique m’ont raconté pourquoi ils s’étaient décidés à venir au Portugal et comment ils avaient géré leur préparation à Nouméa. Je les ai retrouvés ensuite sur la finish-line, bronzés et fatigués, pour compléter cet entretien.

Bikingman Portugal ultra-cyclisme
Bruno et Véronique au départ, motivés ! Un sourire aux lèvres qui ne les quittera pas pendant plus de 1000 km ! Photo : David Saintyves

La particularité de Véronique et Bruno était qu’ils participaient à l’épreuve dans la catégorie Duo. Une organisation différente puisqu’il faut impérativement s’attendre, s’adapter au rythme de l’autre mais aussi valider les check-points ensemble (2 sur le parcours portugais). Le fait de rouler en duo offre aussi des sensations décuplées, puisqu’à chaque moment, vous pouvez partager et vivre à deux les émotions intenses que l’on ressent sur une course d’ultra.

Un défi relevé pour ce couple uni dans la vie et sur le vélo, comme je le comprendrai au travers de nos discussions.

Alors, Véronique et Bruno, comment s’est passée l’épreuve ?

Merveilleusement bien ! Cela a été un réel bonheur du début à la fin, nous avons éprouvé un sentiment de liberté totale. Il faut relever et saluer le travail remarquable effectué par l’ensemble du “Team” du BikingMan et de son génial organisateur Axel Carion. Ensuite, nous avons beaucoup apprécié les rencontres avec les autres participants.

Bikingman Portugal ultra-cyclisme
5h du matin, lundi 2 mai 2022, Véronique se lance sur les 1000 km du Bikingman Portugal. Photo : David Saintyves

Qu’est ce qui vous a motivé à participer au Bikingman ensemble ?

C’était naturel. Nous roulons pour le plaisir et roulons toujours ensemble sur les courses. Que cela soit sur une course VTT de 60 km, ou à la Port To Port en Australie. Ne sachant pas comment nous allions être sur ces 1000 km, pendant un temps, nous avons hésité à s’inscrire en solo. Dans le seul but que si l’un de nous devait abandonner, l’autre pourrait terminer et être classé. Les différents échanges avec des participants d’éditions précédentes nous ont réellement motivés et les nombreux conseils nous ont permis de nous préparer au mieux. 

Bikingman Portugal ultra-cyclisme
Véronique et Bruno m’ont toujours impressionné par leur “banane” permanente ! Vive le vélo en duo ! Photo : David Saintyves

Qu’avez-vous ressenti durant les 4 jours en termes d’émotion ?

Les émotions sont nombreuses sur ce genre d’épreuve ! Après avoir refait nos sacoches on ne sait plus combien de fois, s’être interrogé sur la pertinence de tel ou tel équipement, une fois que la cloche du départ retentit, tous vos sens sont en éveil. La joie, le plaisir sont présents sur tous les visages et ne vont plus nous quitter durant ces 5 jours.

Sur le Bikingman Portugal, chaque journée vous apporte son lot de couleurs, d’odeurs, de saveurs, de rencontres…

Les levers de soleil comme les couchers vous font oublier la fatigue. On se découvre une résistance incroyable et le sentiment très fort d’être en vie ! Le soutien des proches, des amis est aussi quelque chose de très fort !

Bikingman Portugal ultra-cyclisme
Le duo quitte le CP1 de Vila Vicosa (Km 341), sous un ciel menaçant. Photo : David Saintyves

Chaque soir vers 23h, nous découvrions les messages d’encouragement qui nous en donnent encore les larmes aux yeux… et bien sûr, nous voudrions aussi saluer l’accueil extraordinaire que nous avons reçu aux différents check-points ou sur la route, de tous les Race Angels, nous avons été accueillis comme un roi ou une reine ! 

A partir du 800ème kilomètre, une chanson ne m’a plus quitté jusqu’à l’arrivée

Bruno Le Chaudellec, happy Bikingman finisher !

Comment avez-vous réussi à vous préparer à Nouméa ?

En Nouvelle-Calédonie, il n’y a pas beaucoup de routes donc, on “tourne” un peu en rond. Il faut alors faire preuve d’imagination pour casser cette sensation. Maintenant, au regard de comment s’est passé notre premier Bikingman, on va dire que notre préparation a été la bonne. A partir du moment où l’on a su que les vols au départ de la Nouvelle-Calédonie reprenaient sans restriction et que nous avons vu le calendrier 2022 des BikingMan, nous avons entièrement axé nos sorties vers cet objectif.

Nous étions en saison cyclonique, donc cela signifie forte chaleur, humidité et pluie. en tenant compte de ces paramètres, nous avons réussi à effectuer presque 6000 km entre décembre et avril.

Véronique Le Chaudellec

En semaine, nous allions rouler en fin de journée. Nous faisions un peu de vélotaf et le WE, à partir du vendredi soir, nous réalisions des enchaînements, par exemple : entre 80 et 100 bornes le matin de bonne heure puis en fin de journée, on repartait pour la même chose, tout en respectant le ratio minimum de 100 m D+ pour 10 km.

Bikingman Portugal ultra-cyclisme
Bruno vérifie les GPS… “Mais, tu as 500 mètres de plus que moi”, s’étonne t-il. Ce qui fait beaucoup rire Véronique. Photo : David Saintyves

Pensez-vous participer à d’autres épreuves de ce type à l’avenir ?

Après cette première expérience, participer à d’autres épreuves de ce type est prévu. Cela devrait être le Bikingman Corsica 2023. A moins, qu’Axel Carion ne propose une épreuve plus près du Caillou !

Bikingman Portugal ultra-cyclisme
Au CP2 (Sagres – Km 729), il reste encore 250 bornes à parcourir et ce ne sont pas les plus faciles. Mais il en faut plus pour que Véronique et Bruno perdent leurs sourires ! Photo : David Saintyves
Bikingman Portugal ultra-cyclisme
Mais oui, elle est bien réelle, cette médaille de finisher, Véronique ! Photo : David Saintyves

SUUNTO PEAK 9 : la synthèse de l’Outdoor

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Suunto PEAK 9
Suunto PEAK 9, une élégance rare pour un produit aussi sportif (photo Laurent BIGER)

1939, un soldat finlandais est pris pour cible par un tireur d’élite russe. Contre toute attente, il survit au tir. Entre-temps, la balle a été arrêtée par sa boussole Suunto M-311 qui était dans sa poche. Fait d’arme qui nous ramène tristement à l’actualité. D’ailleurs, ce n’est pas le seul à mettre au crédit de SUUNTO, marque finlandaise fondée en 1936 par Tuomas Vohlonen, qui a fourni quantité de boussoles aussi précises que solides aux artilleurs pendant la seconde guerre mondiale.

Quant à moi, j’ai découvert SUUNTO en 2000 avec la désormais légendaire montre Vector que j’ai utilisée dans les Chasseurs Alpins durant 8 ans. D’abord marque de référence dans l’alpinisme, SUUNTO a progressivement ouvert son horizon en même temps que sa numérisation. Ainsi, la première application SUUNTO vit le jour en 2018. Davantage outdoor, la gamme s’agrandit et propose aujourd’hui de nombreux modèles. Aussi, je me suis penché sur la montre PEAK 9, censée représenter la synthèse du savoir faire de SUUNTO.

Quelques dates marquantes, avec la légendaire Vector (source Suunto)

Pour commencer, j’ai eu la chance de pouvoir faire une visio avec deux responsables de SUUNTO. Très enrichissant, cet échange m’a permis de mieux cerner les contours de cette PEAK 9, tout en m’instruisant sur l’éthique défendue par la marque finlandaise :

SUUNTO SPIRIT
L’esprit Suunto à travers une boussole

Le Software : SUUNTO App


Rapidement, le sujet du numérique s’invite et avec lui l’inévitable application SUUNTO, qu’il convient de télécharger afin d’appairer la montre avec mon smartphone. Dorénavant, on n’échappe pas à la numérisation et la SUUNTO Peak 9 ne fait pas exception à la règle. Ainsi, l’application permet avant toute chose le fonctionnement correct de la montre, notamment en étant l’interface de mise à jour du firmware. Mais en réalité, l’application permet bien plus que cette fonction utilitaire. Aussi, je fais le choix de vous parler dès à présent de cette partie software, représentant finalement la partie immergée de l’iceberg Peak.

Suunto App

Gestion d’itinéraires

L’application SUUNTO permet de préparer de plusieurs façons des itinéraires. Principalement, cela peut se faire via deux méthodes. Premièrement, la plus classique est de sélectionner “importer un itinéraire” une fois sur le champ dédié à la carte. Ainsi, le navigateur s’ouvre et vous devrez lui indiquer où trouver sa trace au format GPX. Puis, une fois chargé, je peux le retrouver tracé sur la cartographie de l’application. Là-dessus, rien à redire, c’est conforme à la plupart des applications ou sites habituels de tracés d’itinéraires. Deuxièmement, toujours sur la carte, je peux sélectionner une autre méthode, “créer un itinéraire”. De cette façon, je peux, directement avec mon doigt, tracer facilement un itinéraire. Sincèrement, c’est bluffant de facilité tant l’ergonomie de cette fonction est bien pensée !

Suunto Android
Le tracé d’itinéraire : un point fort de cette application

je peux, avec mon doigt, tracer facilement un itinéraire. C’est bluffant de facilité tant l’ergonomie de cette fonction est bien pensée !

Dorénavant, quelque soit la méthode utilisée, il suffit ensuite d’enregistrer son itinéraire en cochant “utiliser dans la montre” pour retrouver les indications de guidage dans celle-ci.

Guidage

Ensuite, une fois l’itinéraire chargé, je peux le retrouver dans le menu de la montre nommé “Navigation”. Puis, une fois validé, la PEAK 9 se comporte comme un GPS (sans fond de carte) indiquant les directions à emprunter, en plus des indications d’une boussole et d’un altimètre embarqués.

Suunto PEAK 9
Suunto Peak 9 en mode Guidage (photo Laurent BIGER)

Globalement, le guidage est efficace car simple et visuellement plaisant. L’exemple le plus significatif est que lors d’une randonnée en famille pour laquelle j’avais préparé et chargé une trace, j’avais confié à ma fille de 8 ans la mission de nous guider grâce aux seules indications de la montre. Après de rapides explications sur les pictogrammes de la Suunto PEAK 9 désormais sur son frêle poignet, elle nous a guidés sans peine malgré d’incessants changements de direction. Tant et si bien que cela lui a bien plu comme activité. A cet âge, un système peu ergonomique aurait eu rapidement raison de sa patience… Ce n’est clairement pas le cas ici !

Exploitation des données

Après cela, j’ai naturellement pris pour habitude d’enregistrer mes sorties, pédestres ou à vélo, effectuées avec cette Suunto Peak 9 au poignet. A cette fin, l’appairage avec l’application est bien sûr indispensable afin que la montre puisse exporter en Bluetooth ses données. D’ailleurs, c’est extrêmement rapide et la synchronisation avec les “partenaires” (Strava, etc.) se fera automatiquement ou pas, selon vos choix préalablement définis.

Les autres fonctions

La Suunto PEAK 9 et son application regorge d’autres fonctions. Néanmoins, nous sommes tous différents dans nos façons d’utiliser nos systèmes numériques. Quoi qu’il en soit, chacun trouvera probablement un intérêt à utiliser certaines fonctions : secondaires pour certains, inutiles pour d’autres et pourtant si importantes pour leurs voisins…

Hammerhead et SUUNTO

Notons que la seule création d’un compte Suunto – via l’application dédiée – vous offre la possibilité de le lier à votre compteur Karoo 2 de Hammerhead et ainsi bénéficier des cartes de chaleur (Heatmaps). Précédemment testé par Jean-Louis pour Bike Café, je ne reviendrai pas sur les excellentes prestations de ce compteur, afin de me concentrer sur les liaisons avec Suunto. Les cartes de chaleur SUUNTO affichent les itinéraires les plus “populaires” directement sur l’écran du Karoo 2. Ainsi, on retrouve la même légende de couleurs que sur l’application précédemment évoquée. Nul doute que c’est un procédé innovant (même si déjà connu sur d’autres plateformes), où chacun sera juge de l’intérêt pour sa pratique personnelle.

Dès lors que j’ai pris mes aises avec d’une part, l’application SUUNTO, et d’autre part l’Hammerhead Karoo 2, je reconnais que le couple fonctionne bien et que beaucoup trouveront un intérêt à ces Heatmap (cartes de chaleurs) SUUNTO. D’ailleurs, les deux sociétés utilisent la même cartographie MAPBOX, que l’on retrouve sur beaucoup de systèmes du marché actuel.

Le Hardware de la SUUNTO PEAK 9

Comparativement au légendaire modèle Vector, que de chemin parcouru depuis ! A l’inverse de cette dernière, la Suunto Peak 9 affiche une réelle élégance. Ainsi, son boitier en titane renforcé de fibre de verre est d’une finesse singulière, jamais vu sur un modèle aussi sportif.


Définitivement, le design finlandais prend ici tout son sens : épuré et néanmoins efficace.

De plus, la semi intégration des boutons poussoirs est un parfait compromis entre ergonomie et esthétique. Par ailleurs, SUUNTO propose des solutions de personnalisation à travers un catalogue de bracelets plutôt bien rempli. D’ailleurs, le bracelet (en silicone sur ce modèle) peut se changer sans aucun outil.

Quant à la qualité des capteurs embarqués, je les ai trouvés extrêmement précis et surtout très réactifs. Pour autant, le capteur GPS (d’origine Sony) n’est pas des plus rapides pour l’acquisition initiale du signal. Concernant l’autonomie, elle est compatible avec la plupart des activités que l’on peut envisager. Outre cela, j’ai pu constater que la désactivation du cardio fréquencemètre peut permettre de gagner environ 30% d’autonomie. Là-dessus, la charge peut se faire rapidement (moins d’une heure) via le mini “socle chargeur” USB.

Suunto PEAK 9 Bike Café
Suunto PEAK 9, une élégance rare pour un produit aussi sportif (photo Laurent BIGER)

Pour conclure sur la SUUNTO PEAK 9

En résumé, la SUUNTO PEAK 9 a cette capacité, finalement rare, d’être une synthèse du monde de l’Outdoor. À la croisée des chemins entre la montre multifonctions et le système GPS dédié, cette SUUNTO excelle dans bien des domaines. Comparativement à d’autres produits concurrents, j’ai vraiment apprécié son design élégant qui permet son port dans toutes les situations professionnelles et sportives. Enfin, la qualité de fabrication indéniable et les fonctionnalités proposées font de cette PEAK 9 la digne héritière de ses illustres aînées.

SPÉCIFICATIONS

Dimensions43 x 43 x 10,6 mm (bracelet de largeur 22 mm)
Poids52 g 
Composition de la lunetteTitane Grade 5
Composition du verreCristal de saphir
Composition du boîtierTitane Grade 5, polyamide renforcé de fibre de verre
Composition du braceletSilicone
Composition du coffretSuunto 9 Peak, câble de charge USB, documentation
Systèmes de localisationGPS, GLONASS, GALILEO, QZSS, BEIDOU
Lieu de fabricationFinlande
Étanchéité100 m
Résolution d’affichage240 x 240 px
Autonomie avec GPS actifDe 25 à 170 h selon les modes
ConnectivitéBluetooth 5
Température de fonctionnement-20 à +55 °C
Autres caractéristiquesSuunto 9 Peak Granite Blue Titanium – Montre de sport GPS ultra-fine, compacte et résistante
Prix Public constaté599€
Site fabricantAll Sport Watches-FR (suunto.com)

Nature is Bike : le gravel puissance deux à Angers

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Nature is Bike - Gravel of Legend Angers
Arromanches-Les-Bains, 6h du matin, les participants ont dû affronter un mur pavé dès le départ. Photo : Fabien Boukla

La seconde édition de Nature is Bike a démarré vendredi 24 juin au petit matin, avec un événement phare, la Gravel of Legend et ses 317 km de vélo reliant les plages d’Arromanches-les-Bains à Angers. Nouveauté 2022 : La Gravel of Legend version race pouvait être courue, au choix, d’une traite ou en version bikepacking sur deux jours.

Même si Benjamin Pascual et Hervé Loy ont marqué les esprits en remportant l’épreuve en 12 heures et 2 minutes, ce sont bien les 500 cyclistes présents au départ à 6h sur la plage d’Arromanches-les-Bains qui ont prouvé l’ampleur prise par l’épreuve et démontré le fort engouement de la pratique vélo “nature”.

Retour en images sur cette seconde édition du Gravel of Legend – 317 kms. Photos : Fabien Boukla.

Quelques images prises sur le parcours, au gré des 317 km du parcours mélangeant chemins de campagne, pistes forestières, chemins de halage…

Nature is Bike - Gravel of Legend Angers
Des chemins assez roulants et plus secs vers le sud du parcours mais le vent a été assez défavorable tout au long de la journée ! Photo : Fabien Boukla.

Nature is Bike - Gravel of Legend Angers
Les derniers concurrents de la Gravel of Legend sont attendus samedi 25 juin vers 4h du matin ! Photo : Fabien Boukla.

Hutchinson Tundra, parés pour l’aventure gravel

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Tundra Hutchinson
Des pneus parés pour l’aventure, photo Hugues Grenon

Hutchinson a été l’un des premiers manufacturiers à proposer des pneus Gravel avec l’Overide puis le Touareg, des pneus de qualité et au rapport qualité/prix intéressant. Il manquait dans la gamme un pneu au profil plus marqué adapté aux sorties plus engagées et aux terrains plus cassants ou boueux. Bienvenue au Tundra qui comble ce créneau. Ce nouveau venu devrait pouvoir très bien s’en sortir dans les terrains plus difficiles, le technique, la boue, le sable tout en gardant un certain rendement au vu de son profil général. Après quelques mois de tests et quelques centaines de kilomètres, voyons si ce Tundra répond au programme assigné. Présentation.

Les caractéristiques

Hutchinson a voulu concevoir un pneu permettant d’évoluer dans des terrains engagés tout en gardant un rendement correct. Pour répondre à ces critères, le pneu a les caractéristiques suivantes.

Le profil des crampons

L’expérience d’Hutchinson dans le VTT et le cyclocross a servi à concevoir le profil en s’inspirant entre autres du modèle Black Mamba, testé par Laurent en 2019, permettant d’optimiser le grip à plat, en courbe et au freinage tout en conservant une surface centrale roulante afin de ne pas trop perdre en rendement.

À y regarder de près, les différents crampons sont effectivement très travaillés en fonction des zones d’appui.

Tundra Hutchinson
Une multitude de crampons travaillés selon les zones d’appui et les caractéristiques requises, photo Hugues Grenon

Un schéma explicatif vaut mieux qu’un long discours.

Tundra Hutchinson

La structure et la gomme

Le Tundra est composé d’une carcasse en 127 TPI soit une carcasse flexible et légère apportant souplesse et rendement.

Tundra Hutchinson


Au-dessus de cette carcasse, se positionne un renfort Hardskin tringle à tringle pour la version Tan wall et Reinforced+ pour la version noire afin d’apporter une protection optimale contre les coupures et les crevaisons.

Tundra Hutchinson

Pour finir, la partie extérieure est constituée d’une bi-gomme, les crampons extérieurs étant un poil plus flexibles afin d’optimiser l’accroche en courbe.

Tundra Hutchinson

Le Tundra est évidemment tubeless ready.

La gamme

Le Tundra est proposé en version flanc beige ou noir, en 700×40 à 490 g ou 700×45 mm à 580 g. Notons que la version flanc beige est fabriquée en France, toujours bon à savoir.

Tundra Hutchinson
Une version à flanc beige fabriquée en France et une autre à flanc noir
Tundra Hutchinson
Contrat respecté, 576 g pour 580 annoncés, photo Hugues Grenon

Le Tundra est proposé au prix de 44,90 € en noir et 54,90 € en tan.
Après cette présentation détaillée, place au montage et aux tests terrain.

Le montage

Tundra Hutchinson
Un montage tubeless aisé, un très bon point, photo Hugues Grenon

Comme ses deux grands frères, le montage tubeless s’est réalisé très aisément ce qui est toujours agréable. La qualité de fabrication est au rendez-vous. Claquage à la pompe à pied sur des jantes Hope en 21 mm de large. Idem sur des jantes WTB en 23 mm car j’ai monté ces pneus successivement sur deux gravels différents pour optimiser le test. Les pneus ont parfaitement tenu la pression durant le test. J’ai monté les deux pneus dans le même sens de rotation bien que j’ai pour habitude de monter le pneu arrière à l’inverse en général afin d’orienter les crampons pour avoir plus de grip dans les terrains difficiles et en montée en particulier.

Au niveau de la largeur, il faudra être attentif à l’espace disponible sur votre cadre même si cette mesure dépend de votre jante et de la pression de gonflage.
Donnés pour 45 mm, je les ai mesurés aux flancs sur la jante de 21 mm de large à 46,4 mm et à 50,3 mm aux crampons avec une pression de 2,2 bars.
Les crampons latéraux étant assez évasés, il faudra prendre en compte cette mesure. Attention en terrain gras que la boue et les graviers ne viennent pas frotter sur le cadre. Sur mon Niner donné pour 45 mm ça passait tout juste, sur le Topstone Cannondale, ça passait à l’aise.

 
Les tests terrain

Tundra Hutchinson
L’accroche des Tundra va-t-elle croquer les différents terrains rencontrés ? photo Hugues Grenon

Pour avoir longuement roulé les deux autres modèles de la gamme – l’Overide et le Touareg – j’avais hâte de tester ce Tundra. Venant du VTT, il correspond bien à ma pratique du gravel : terrains plutôt techniques, sableux l’été et boueux l’hiver. De plus, si je peux avoir un pneu unique et polyvalent pour toute l’année, je signe de suite afin d’éviter les changements de trains de pneus selon les saisons. J’ai choisi la version 45 mm en flanc beige pour la belle largeur confortable, le look et la fabrication française.

J’ai roulé le Tundra dans différents types de terrains : chemins, singles, descentes techniques, petites routes… Et sur terrain plutôt secs en majorité. Deux sorties un peu humides en mars mais il est vrai que l’absence de pluie n’a pas permis de trop rouler dans des conditions très boueuses.

Gonflés à 2,2 bars, j’ai petit à petit diminué la pression à 2 bars et même moins. La largeur généreuse apportant déjà un certain confort, cela m’a permis de gagner encore plus en confort et en grip sans trop perdre en rendement.

Premier constat, le grip attendu est au rendez-vous que ce soit dans les fortes montées ou dans les virages relevés ou serrés. Les crampons latéraux et la gomme apportent une très bonne accroche. Pour tout vous dire, je les ai testés aux limites de l’adhérence en terrain sec. Un trop grand optimisme dans un virage flip flap pris à belle vitesse où j’ai senti les deux roues partir pendant un centième de seconde a été rattrapé in extremis par les trains roulants. Merci les Tundra et les roues de 700 aussi.

Tundra Hutchinson
Une belle accroche et un bon rendement sur chemins, photo Marc Planchenault

Même si j’ai assez peu roulé en terrain gras, le grip a été aussi présent sur mes sorties plus humides. Assez logique au vu des crampons et de la conception. Je n’ai pas pu trop juger le débourrage à part sur une sortie un peu boueuse où il m’a semblé correct.

Aucune entaille ni crevaison à déplorer malgré des descentes engagées dans des terrains techniques et rocailleux.

Tundra Hutchinson
Du solide ces Tundra, vous pouvez y aller ils ne vous laisseront pas crever, photo Marc Planchenault

La précision de pilotage est au rendez-vous grâce à une forme et une orientation des crampons adéquates.

Tundra Hutchinson
Une belle précision de pilotage et un grip excellent, photo Marc Planchenault

Concernant le rendement, au vu de la structure cramponnée, on pourrait craindre de se retrouver avec des pneus de tracteurs. Ce n’est pas le cas. La bande de roulement avec ses crampons moins hauts, la qualité de la gomme, la carcasse en 127 TPI et un poids maîtrisé permettent un rendement tout à fait correct. Evidemment ce dernier sera moins élevé qu’un pneu semi-slick. Qui plus est en largeur de 45 mm certainement un peu plus dur à tirer que la version en 40 mm. Le bruit au roulement se fait quant à lui oublier.

Le retour d’Alexandre sur les Tundra utilisés sur le Gravelman Auvergne

Afin d’avoir un autre retour d’expérience, Alexandre Mouratille nous partage ses impressions sur ces Tundra qu’il a utilisés pour réaliser son Gravelman Auvergne de 350 km.

Tundra Hutchinson
Alexandre et son Girs chaussé des Tundra pour une belle « balade » de 350 km en Auvergne, photo Alexandre Mouratille

« Chaussé de mes nouvelles roues carbone Levante Campgnolo, j’avais besoin de pneus adaptés à un terrain gras et technique pour cette épreuve gravel engagée. La météo devait être pluvieuse. Finalement, après 36 h d’épreuve sous un beau soleil et un terrain très technique, les Tundra en 700×45 se sont avérés confortables, rassurants, accrochants et un tantinet lourd sur le tarmac. Honnêtement j’ai été agréablement surpris. D’ailleurs une combinaison Tundra à l’avant et Touareg à l’arrière pourrait être un combo parfait ».

Pour conclure

Tundra Hutchinson
Le Tundra est un pneu très polyvalent et adapté à tous les terrains, même ceux assez peu empruntés ! photo Marc Planchenault

Hutchinson dispose désormais d’une gamme complète adaptée à tous les terrains et usages. Le Tundra jouit d’une très belle qualité de fabrication et vous emmènera loin et longtemps. Parfait pour une Divide par exemple en largeur de 45 mm si votre cadre l’accepte. Ses caractéristiques sur le papier se retranscrivent parfaitement sur le terrain pour ceux qui recherchent un pneu rassurant au profil adapté aux terrains techniques ou boueux sans chercher à faire la course au rendement. Et si vous désirez gagner un peu en rendement, ce peut être une bonne idée de mettre un Tundra de largeur de 45 mm à l’avant et une largeur de 40 mm à l’arrière ou de mixer un Tundra à l’avant avec un Touareg arrière. Le prix, au vu des caractéristiques et de la qualité/solidité/longévité, est tout à fait correct et vous aurez le plaisir de rouler sur une fabrication française en flanc tan.

Toute les infos sur le site Hutchinson

Bike-packing en gravel au Pays des Lavandes

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Avec tous les récits de bike-packing qui jalonnent les magazines et autres blogs, vous avez sûrement déjà pensé à vous lancer dans l’aventure. Etablir un tracé adéquat, bien équilibrer route/chemins, trouver un point de chute pour la nuitée, etc. mais, faute de temps, vous n’avez pas encore franchi le pas.

Eh bien, sachez qu’un Office de Tourisme a pensé à vous : celui du Val de Durance, pour vous faire découvrir les Alpes de Haute-Provence, l’un des départements les plus vastes de France… mais aussi parmi les moins peuplés ; immersion dans la nature garantie !

Déjà pionnier depuis 2012 sur les parcours VTT en itinérance, l’Office de Tourisme et Base VTT du Val de Durance propose désormais un parcours Gravel sur 2 jours, un package complet avec traces et nuitée en chambre d’hôtes incluant repas et petit déjeuner.

Bike Café a eu le plaisir de tester en avant-première cette proposition. On vous emmène entre lavandes et pré-Alpes, prenez notre roue…

Jour 1, sur la piste des senteurs…

Le départ s’effectue depuis Château-Arnoux. Un conseiller de l’office du Tourisme nous prodigue les derniers conseils et nous voilà partis, Camille et moi. Beau temps et chaleur annoncés en ce week-end de juin. Les premiers kilomètres nous amènent à longer la Durance et le canal EDF, aucun dénivelé, idéal donc pour se mettre en jambes. On arrive aux Mées, et ses fameux Pénitents – formation géologique en poudingue – dont je vous laisse découvrir la légende à l’origine cette appellation. On passe littéralement aux pieds de ces fameux rochers et même si je les pratique depuis de nombreuses années, je suis toujours aussi impressionné.

On longe le canal EDF en vue des Mées, après avoir traversé la Durance – photos Jean-Louis PAUL

Le village passé, on traverse durant plusieurs kilomètres des champs d’oliviers puis… une première montée sur route, qui nous surprend par son fort pourcentage, sans transition ni répit, nous rappelant qu’on est venu pour crapahuter. On arrive sur un plateau couvert de pommiers. Après cette traversée fruitière, petite descente puis nouvelle montée sur piste, plus longue mais aussi plus progressive. Cette ascension effacée, nous sommes aussitôt récompensés : nous voilà sur le plateau des Plaines, avec un panorama à 360° : le Mont Ventoux, la montagne de Lure et des lavandes tout autour. On se pose et on savoure.

S’en suit une vertigineuse descente sur route, nous traversons le vieux village de Bras d’Asse et arrivons au bourg actuel. Pause repas.

Grimpette direct sur la digestion, pour se hisser sur le plateau de Valensole, le fameux ! C’est un festival de senteurs : les lavandes bien sûr, mais pas seulement ; sauge et immortelle, dont on fait aussi des huiles essentielles. En arrivant à Puimoisson, c’est un mélange des deux dernières senteurs qui nous enivre, chacune d’un côté de la piste ; cocktail de parfums floral et épicé. Descente, puis remontée sur une calade vers la chapelle ND de Bellevue, où un regard par-dessus l’épaule alors que nous poussons nos montures, nous offre une vue carte postale sur Puimoisson.

Vue sur Puimoisson – photo Jean-Louis PAUL

Nous multiplions les pauses fraicheur, à la faveur d’une fontaine… ou d’un débit de boisson local.

Ambiance très particulière sur ce plateau de Valensole, où les senteurs accueillantes et les couleurs éclatantes contrastent avec l’aridité du lieu, balayé par le vent et sans ombre aucune pour se protéger d’un soleil de plomb. Sa traversée sur les chemins de galets fut éprouvante en cette fin de journée chaude, très chaude. La fin de la piste avec Moustiers en vue nous a soulagé.

Le plateau de Valensole – photo Jean-Louis PAUL

Encore une grimpette, sur le bitume cette fois-ci, et nous voilà rendu à la chambre d’hôtes.

Au vu de l’énergie dépensée lors de cette première étape et du programme qui nous attend le lendemain, l’accueil chaleureux de notre hôtesse et la beauté du lieu nous requinquent déjà.

Le confort de la chambre, le repas partagé avec nos hôtes d’un soir et le petit déjeuner nous ont comblés ; mention spéciale à la bière locale de Moustiers tout autant parfumée que les champs précédemment traversés.

Nous saluons et remercions notre hôtesse et nous voilà repartis.

Jour 2, où l’on se souvient que 04 signifie Alpes de Haute-Provence

Autre journée, autre ambiance. Moustiers est aux portes du Parc du Verdon et les montagnes alentours nous rappellent que les Alpes sont proches.

Les premiers kilomètres sur le bitume donnent vite le ton de la journée, avec leur pourcentage positif. Nous arrivons au petit village de Saint-Jurs, que nous traversons par quelques ruelles escarpées, puis la piste prend le relais de la route. La pente est régulière mais soutenue, aux alentours de 10%. La forêt du Montdenier est la bienvenue pour nous apporter un peu de fraicheur durant cet effort. L’ascension se poursuit jusqu’au col de Saint-Jurs, situé à la cote de 1315 m. Nous achevons les 26 km d’ascension et 900 m de D+ bien entamés par un tel démarrage matinal.

Quelques autres soubresauts nous feront grimper encore de quelques mètres jusqu’au Col de la mort de l’homme, qui n’aura pas notre peau, mais le coup est passé près, avec cette chaleur…

Photos Camille GALLO (1 & 2) et Jean-Louis PAUL (3)

La beauté de l’endroit est saisissante, une herbe verte, des résineux, le sommet du Montdenier qui nous domine, aucune habitation à des kilomètres à la ronde : la nature sous son meilleur jour.

Nous résistons à la tentation de la micro-sieste sur la pelouse accueillante, on s’accorde une collation et l’on repart.

On entame alors un parcours descendant qui va durer plus de 30 km, toujours en pleine nature, « au milieu de nulle part », comme on dit chez moi, en traversant seulement quelques villages ou lieux-dits ; notamment Majastres – 4 habitants au dernier recensement – où il y avait « foule » ce jour-là, pour cause d’élections.

Près des gorges de Trévans – photo Camille GALLO

On se laisse glisser ainsi jusqu’à Mezel, où l’on va refaire les pleins. Repas et surtout boisson, car nous avons épuisé tout notre stock d’eau. A noter qu’il y a une fontaine à Majastres, mais nous avions fait l’impasse.

On repart par une portion de la D17 – menant à Digne – que nous quittons rapidement pour longer la rive gauche de la Bléone par une charmante route ombragée et peu fréquentée.

Arrivée à Malijai et on se dirige vers notre point de départ en passant cette fois-ci par la plaine. On y trouve encore des lavandes avec une floraison plus avancée que sur le plateau de Valensole, ce qui complète idéalement notre palette de couleurs. Pause photos obligatoire et l’on repart pour quelques kilomètres encore jusqu’à Château-Arnoux. La boucle est bouclée !

Bilan de ce bike-packing

Voilà un parcours qui permet de découvrir le département des Alpes de Haute-Provence dans toute la variété qu’il recèle, dans ses paysages, routes, chemins, panoramas et cultures. Ces 2 jours de périple sont un vrai concentré, tout à fait dans l’esprit Gravel, au plus près de la nature, avec une dimension sportive bien présente.

Bref, tout ce qu’on aime au Bike Café !

Je tiens à remercier toute l’équipe de l’Office de Tourisme et Base VTT du Val de Durance pour leur aide dans la préparation de ce séjour.

Informations pratiques

J1 : 83 km / 1600 m D+

J2 : 81 km / 1200 m D+

Traces fournies au format GPX avec liste des points de restauration.

Prix : 85€ / personne, de 2 à 12 personnes, accessible d’Avril à Novembre sur 2 jours à votre convenance (sous réserve de disponibilité).

Contacts : Office De Tourisme, Provence Alpes Digne-Les-Bains, Bureau Du Val De Durance – 04160 Château-Arnoux – 04 92 64 02 64.

Fiche descriptive sur le site

Lavande à la floraison optimale, en plaine de la Durance – photo Jean-Louis PAUL
Photos Camille GALLO (1) et Jean-Louis PAUL (2 & 3)