On lit régulièrement dans la presse vélo des articles sur le retour du 26 pouces. Dans le jargon du journalisme, on nomme “serpents de mer” ce genre de thématiques récurrentes. À Bike Café, nous ne considèrons pas du tout que les 26 pouces soient de retour, pour la bonne et simple raison qu’ils n’ont jamais disparu de nos rues et de nos garages ! Certes, les années 90 sont loin, quand les “petites roues” équipaient 100% des VTT. Les mountain bikes d’aujourd’hui et le diamètre de leurs roues ont beaucoup changé… mais les 26 pouces ont la peau dure et n’en finissent pas de faire parler d’eux. Pourquoi ? Comment ? Dans cette série de l’été, partons donc à la rencontre de quelques-uns de ces cyclistes qui délaissent les grandes roues et leurs itinéraires de route, de gravel ou de “Twenty Niner”, pour un détour et un tour de 26 pouces.
Cet étrange hauban en arbalète est l’une des particularités du Muddy Fox Seeker – photo Dan de Rosilles
Le détour du 26 pouces (épisode 3) : Rencontres du troisième type
Certains cyclistes “intensifs” sur route ou de gravel adoptent parfois un 26 pouces pour une utilisation alternative, bien éloignée de leur pratique habituelle et hors d’un usage strictement utilitaire. Ils n’ont pourtant pas le profil de collectionneurs, ne sont pas forcément d’anciens vététistes. Qu’est ce qui peut donc motiver cette adhésion soudaine au 26” ? S’agit-il d’un élan de compassion, un choc esthétique, une prise de conscience écologique, un parti-pris technique ou sportif ? Il faut aller y voir de plus près et tirer cela au clair !
Anne, l’amateure
Anne et son Muddy Fox Seeker – photo Dan de Rosilles
Gros cailloux, petites roues – Anne, qui contribue régulièrement à Bike Café, a elle aussi franchi le pas du 26 pouces. Elle en a essayé un, un peu par hasard, délaissant son gravel pour la sortie “Une tielle à Sète” organisée par Original Montpellier Gravel. L’’essayer, c’est l’adopter… Suite à cette belle rencontre, Anne s’est immédiatement mise en quête d’un 26 pouces tout rigide. Afin d’avoir un vélo “plus compact, plus maniable, plus sécurisant” pour des sorties courtes sur terrains caillouteux.
“Seeker” signifie “chercheur”, “explorateur” – photo Dan de Rosilles
La potence nipponne est de même provenance que les tubes Tange – photo Dan de Rosilles
Les roues Mavic Crossride UB 26, de fabrication récente, ont redonné toute sa fluidité au vélo – photo Dan de Rosilles
Les leviers de frein Shimano Deore LX à tirage variable – photo Dan de Rosilles
En gros-plan, la patte du renard boueux – photo Dan de Rosilles
Le Muddy Fox, commercialisé au Royaume-Uni, était fabriqué en tubes japonais – photo Dan de Rosilles
Pédales MKS MT-Lite et porte-bidons Eltin Chump en inox complètent le montage – photo Dan de Rosilles
“C’est Akim de Granplato qui me l’a trouvé, et Frédéric (bicyclerepairman48) qui me l’a monté” précise-t-elle, pas peu fière. “Avec les roues de 26 je maîtrise mieux la situation, je domine le vélo, alors qu’avec les grandes roues, je me fais parfois déborder.” Ce Muddy Fox Seeker, aux couleurs girly, est épuré et rond en même temps. “Il est hyper beau, je peux frimer avec quand je vais boire un café en ville” dit-elle. Elle ajoute : “Un beau 26 pouces vintage, c’est un vélo de collec’, un vélo de frimeur, ça ferait rigoler les vététistes, mais ça peut aussi être sportif : il n’y a pas de fourche suspendue, pas de freins à disques… quelques graviers, un trottoir, et on a l’impression de faire du vrai tout-terrain”.
Brent, le gravelizeur
Brent et son Specialized de 1997 “gravelisé” – photo Dan de Rosilles
Un Américain à Montpellier – Cette fine lame, aussi à l’aise et rapide sur route ou sur chemins, est toujours souriant et tiré à quatre épingles. Il a choisi de concevoir son vélo de gravel à partir d’un 26 pouces Specialized de 1997 acheté 70 € sur Le Bon Coin, “just for fun”, dit-il en riant. Puis, il s’est pris au jeu… entretenant ainsi la tradition du club très fermé des “gravelizers”, ceux qui se lancent dans la transformation d’anciens VTT en vélos de gravel uniques et originaux. Soucieux du moindre détail, Brent a fait repeindre le vélo qui était piqué de rouille par une société qui peint à la poudre les éoliennes géantes. Puis, il a patiemment assemblé les pièces du puzzle : la fourche rigide de son ancien vélo, un Rockhopper de 1998 qu’il avait ramené des U.S.A ; une potence montante pour adapter au mieux le vélo à sa taille…
Le mono plateau est un modèle “Narrow Wide”pour éviter de dérailler lors des changements de vitesse – photo Dan de Rosilles
Des cercles Mavic haut-de-gamme de la fin des années 90 – photo Dan de Rosilles
Le collier de selle Specialized est d’origine – photo Dan de Rosilles
La sacoche de cintre a été commandée chez Wizard Works – photo Dan de Rosilles
Un dérailleur GRX tout récent assure le changement de vitesses – photo Dan de Rosilles
Les Schwalbe Urricane, des pneus 26″ adaptés au gravel – photo Dan de Rosilles
Brent apprécie ce vélo, plutôt petit pour lui, pour son caractère vif, qui le rend joueur dans les descentes. Pour les montées, la recherche du juste équilibre devient une discipline proche des arts martiaux, mais le bagage technique de Brent facilite l’exercice. Même s’il utilise ce “Gravelised Specialized” pour des sorties courtes et rapides (un autre gravel, en 28 pouces, lui sert pour enchaîner les kilomètres), il voue à la machine une adoration sans fard, le bichonnant, lui offrant des cadeaux, comme cette sacoche de cintre originale, cousue à la main chez Wizard Works par un néo-zélandais de Londres. Brent n’est pas seulement un cycliste affûté, c’est aussi un esthète…
Timothé, le dessinateur
Timothé et son 26″ de voyage dans les rues de Montpellier – photo Dan de Rosilles
Architecture du voyage – Sur la route, dans la Drôme, Thimothé a acheté un Peugeot Explorer 200 pour 50€. Il était en pleine rédaction d’un mémoire d’architecture sur le voyage à vélo, “pour mieux comprendre le monde et me comprendre moi-même” résume-t-il. Il lui fallait donc un vélo pour voyager confortable, simple, économique. “Quand tes parents t’offraient un vélo, c’était un 26 souvent” ajoute-t-il. Et puis dans le contexte de la pandémie de COVID-19, il y avait pénurie de pièces… Une raison supplémentaire d’opter pour un 26 pouces.
La potence japonaise ultra-courte et haute influence la silhouette globale du vélo – photo Dan de Rosilles
Le levier de changement de vitesses est situé à l’extrémité du cintre course – photo Dan de Rosilles
Les fameuses pédales plates Mallet de Crankbrothers – photo Dan de Rosilles
Les pneus Schwalbe Smart Sam Plus sont très cramponnés, pour rouler partout et par tous les temps – photo Dan de Rosilles
Le dérailleur Shimano STX est d’origine – photo Dan de Rosilles
Tour de roue après tour de roue, Timothé s’est remis au dessin à la main, un peu oublié en école d’architecture, d’abord pour dessiner les paysages croisés en route, puis, un peu par hasard, dessiner des vélos. “Dessiner l’architecture d’un vélo, c’est mieux le connaître ; dessiner un dérailleur, c’est comprendre comment il fonctionne” dit-il. C’est tout naturellement qu’est né Atlas du Cycle, son projet d’illustrateur vélo. Thimoté dessine pour son plaisir mais aussi à la commande, comme pour le Concours de Machines 2022 par exemple, pour lequel il a réalisé un abécédaire avec tous les vélos du concours. C’est cet abécédaire qui lui a permis d’être remarqué par les journalistes du site américain Bikepacking.com, ce qui lui offre aujourd’hui une belle visibilité.
Tiré de l’abécédaire du voyage à vélo, à la lettre U, Ultraromance – illustration Timothé Girard
En fin d’entretien, Thimoté me confie : “Pour l’anecdote, un jour, je suis passé sur un 700, et ça l’a pas fait. J’ai acheté un Mercian, un cadre anglais. Moins de confort, plus de nervosité, ça ne me convenait pas.” Nous finissons notre café, Thimothé enfourche son 26 pouces, déjà en route pour de nouveaux desseins et de nouveaux dessins…
Retrouvez les autres portraits de cyclistes et leurs vélos 26″ de cette série ici : épisode 1 (Rien ne se perd, tout se transforme) et épisode 2 (La madeleine de Proust)
Le Concours de Machines est chaque année l’événement phare de l’Association des Artisans du Cycle Français. Il est la résurgence d’une ancienne tradition et a pour but de privilégier l’innovation, mais aussi de couvrir le spectre le plus large possible de la pratique cycliste. Le thème et les contraintes imposées aux différents participants changent chaque année.
Ainsi, tous les quatre ans l’Association des Artisans du Cycle profite du mythique Paris-Brest-Paris pour orienter le concours sur la fabrication de randonneuses légères. Si les randonneuses sont pensées et utilisées par les cyclotouristes depuis les années vingt, il est toujours intéressant de découvrir les choix et les améliorations techniques proposées par les artisans d’aujourd’hui. Évolution des matériaux et des géométries, utilisation d’imprimantes 3D, électrification ou intégration de la transmission… (Texte et photos Gabriel Refait).
Le concours de Machines 2023
Cette année, 16 artisans proposaient leur interprétation et leur vision de la randonneuse légère idéale. Celle-ci devant être ensuite roulée par leur pilote sur l’exigeant parcours de 1200 km du Paris-Brest-Paris. Voici dans les grandes lignes le cahier des charges de cette édition du concours des machines.
FABRIQUER UN VELO PERMETTANT DE RÉALISER PARIS-BREST-PARIS
PERMETTRE LA SECURITE ET L’AUTONOMIE DU PILOTE
FACILITER L’ACCESSIBILITE DES OBJETS UTILES
FAVORISER LE CONFORT DU PILOTE
ASSURER LA TRANSPARENCE DU RAPPORT QUALITE-PRIX
PRESENTER UNE MACHINE POLYVALENTE
CONCEVOIR UNE MACHINE AISEMENT TRANSPORTABLE
CREER L’ELEGANCE
OSER L’ORIGINALITE
LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Cette année les organisateurs avaient donné carte blanche aux concurrents, au niveau du style des vélos et du choix du sexe des pilotes. Pour autant, la plus grosse contrainte était celle inhérente à la réussite d’un Paris-Brest-Paris complet.
J’ai eu la chance d’être sur place durant deux jours, pour contempler les machines et rencontrer leurs fabricants. Voici un résumé de mes découvertes, constructeur par constructeur, de chaque vélo présent sur ce Concours de Machines 2023.
Les artisans du concours
Cycles Itinérance
Itinérance
Poids : 9,5 kg
Plus connu pour la fabrication de vélos de voyage, François Copponet réalise ici une machine performante qui se change aisément en Gravel à section généreuse une fois équipée de roues en 27,5.
Les choix de peinture sont simples mais de bon goût.
Sûrement le modèle le plus versatile du concours.
Cadre : 2 tubes inox Reynolds 953, arrière Columbus Life, passage possible en section 2.2”.
La randonneuse de chez Singer est dans la plus pure tradition de la maison, avec des choix techniques simples et éprouvés. La peinture et les finitions chromées sont superbes. Le rack arrière maison qui s’installe sur le filetage des freins Mafac permet l’utilisation d’une sacoche Berthoud.
L’utilisation d’une ancienne selle Idéale en rail Fortal est également du plus bel effet. Un vélo aux lignes intemporelles.
Cadre : Reynolds 531.
Roues : Cercle Grand bois/moyeu SON.
Détails du groupe : Freins Mafac compétition, manettes shimano, dérailleur Arrière microshift r10, pédalier TA horizon triple.
Selle : Selle Idéale 90 rails Fortal.
Purple Dog custom
Purple Dog
Un vélo en aluminium démontable et de grande taille. La géométrie est classique et cohérente. La finition est correcte si on prend en compte les boursouflures inhérentes à la soudure Tig sur l’Aluminium (mais on est très loin des soudures Cannondale ou Klein des années 90).
Poids : 10,5 kg
Les choix de déco et de typo semblent également un peu datés. La transmission s’effectue avec un Shimano Alfine, accentue encore des choix privilégiant une certaine rusticité.
Cadre : alu 7005 et fourche Reynolds.
Groupe : Shimano Alfine.
Roues : DT Swiss – moyeu SON.
Norka
Norka
Poids : 11 kg
La randonneuse proposée par Norka est construite avec de l’acier Columbus Pegorichie et des raccords maison de toute beauté. S’ajoutent à ça, une potence et un rack maison. Mention spéciale pour leur peinture « galaxie » qui est également très réussie. La cerise sur le gâteau est bien évidemment l’anodisation violette, réalisée sur les garde-boues martelés Honjo.
Un vélo aux lignes classiques tout en étant très moderne.
Cadre : Columbus Pegorichie/manchon maison.
Groupe : Shimano GRX/Ultegra.
Roues : DT Swiss, moyeu Shutter précision.
Gran Finesse Cycles Works
Gran Finesse
Beaucoup de travail et des choix osés sur la randonneuse proposée ici. Le tube de selle vient suivre les courbes de la roue arrière pour augmenter la réactivité. Associé à des haubans croisés, ce choix technique permet d’avoir des bases arrières de seulement 380 mm de longueur.
La périphérie est résolument orientée route pour permettre une utilisation plus sportive du vélo, une fois débarrassé de ses accessoires. Le travail de peinture est également très innovant par l’utilisation d’une peinture par électrolyse cuivrée.
Un vélo qui présente de nombreux détails esthétiques et mécaniques intéressants.
Nouveau venu sur la scène des artisans cadreurs, Quokka cycles nous a proposé une version très sportive et exclusive du vélo idéal pour Paris-Brest-Paris. Avec son groupe Campagnolo super Record, ses magnifiques prolongateurs intégrés (mais démontables) et ses haubans croisés, la ligne du vélo est superbe. La peinture et les petits détails choisis sont également sans fausse note.
Une machine pour avaler le bitume avec style.
Cadre : Deddacai zero / Columbus Max.
Groupe : Campagnolo Super Record 11 EPS.
Roues : Tunes forty two/ moyeux Son av/ Hope arrière.
Avalanche Cycles
Avalanche Cycles
Poids : 11,5 kg
Le vélo Avalanche dispose d’une fourche Truss maison, avec un joli porte-paquet abattable. De nombreuses petites pièces ont été créées à partir d’une imprimante 3D. L’esthétique potence à double corps, ainsi que les gardes boues en carbone maison sont également du plus bel effet.
Mention spéciale pour la peinture au vert plein de petits détails graphiques très réussis.
Le Tandem démontable des cycles Pierre Perrin a pour particularité d’être équipé d’une boîte de vitesses PINION. Il a ainsi fallu créer une manivelle gauche spéciale pour l’occasion. La machine est freinée par deux énormes disques de 200 mm.
L’ensemble est élégant avec de nombreux détails sympathiques comme l’intégration des éclairages arrières et un très joli rack avant maison. l’éclairage high tech Llum récemment proposé par Caminade renforce encore l’esthétique néo-rétro. Dans cette configuration et avec ce choix de pneumatiques je l’ai trouvé cependant plus adapté au cyclo-camping qu’à une épreuve longue distance chronométrée.
Cadre : Reynolds 631.
Transmission : Pinion.
Section pneus 650x42B /650x50B.
Cycles Gamory
Cycles Gamory
Poids : cadre 2,2 kg – fourche 1 kg
Ces dernières années de nombreux artisans se sont lancés, avec plus ou moins de réussite, dans l’aventure du vélo en bambou. Mais, qu’on soit clair, le vélo proposé par Gamory cycles est de loin celui qui a poussé à son sommet l’expertise sur ce matériau.
Les raccords carbone/bambou sont superbes. La fourche Truss maison est une œuvre d’art et je ne vous parle même pas de la belle intégration du petit feu arrière.
De quoi faire douter les plus fervents défenseurs des vélos en métal, dont je fais partie.
Une randonneuse classique et équilibrée avec potence et rack avant maison.
Ici c’est bien l’exceptionnel travail de peinture qui saute au yeux. Chaque touche de couleur a été réalisée à la main, créant un dégradé de couleurs très harmonieux. Un exercice délicat, mais très réussi.
Cadre : Columbus Life.
Groupe Sram Rival Axs.
Roues : jantes Mavic XC / moyeux Dynamo SON.
Peinture technique encre alcool ink .
Oldfield Cycles
Oldfiel Cycles
Poids : 10,5 kg
Un cadre au carré classique équipé avec de nombreuses pièces maison usinées CNC. Freins, potence, plateau… Ici, il y a une inspiration claire venue des randonneuses de l’âge d’or (Années 40, 50, 60), tout en gardant un côté très moderne avec ce choix de la couleur rose “Malabar”. Mention spéciale pour la modification des manettes Campagnolo qui permet, grâce à des boutons qui remplacent les traditionnels shifters intérieurs, de faire fonctionner un dérailleur Sram électronique.
Un savant mélange Neo-rétro dont les Anglo-saxons sont désormais spécialistes.
Cadre : Columbus.
Groupe : dérailleur arrière Sram Rival AXS / leviers freins Campagnolo centaur modifiés pour fonctionner avec SRAM AXS.
Pédalier maison, mâchoires freins maison.
Les ateliers Gonnel
Ateliers Gonnel
Poids : 9 kg
Ce vélo en bois et fibre de carbone est superbement fini. Le mélange carbone/bois permet d’augmenter la rigidité de la machine tout en gardant les propriétés filtrantes du bois. Une fourche carbone permet d’alléger encore l’ensemble.
Un vélo qui a beaucoup plu aux visiteurs du salon.
Cadre : bois Peupliers / Paulownia / fibre carbone. Cadre nu : 1,650 kg.
Groupe : Shimano GRX.
Roues Zipp 303/moyeu SON.
Cycles Rouge Gorge
Cycles Rouge Gorge – Deroy
Poids : 10,5 kg
Le vélo des cycles Rouge Gorge pousse très loin l’upcycling, qui consiste à réutiliser des pièces d’époque, tout en leur donnant un coup de jeune. Avec notamment le Pédalier Stronglight 49D et les freins Mafac re-anodisés en noir ou encore le dérailleur Shimano XTR VTT des années 90.
Petit coup de cœur sur la potence maison très bien finie.
Cadre : Columbus Spirit/Zona.
Groupe : dérailleur arrière Shimano XTR.
Pédalier Stronglight 49D.
Dérailleur : av Xenon Campagnolo.
Freins : Mafac racer anodisés en noir.
Roues : cercles Velocity / moyeux SON.
Arko Bici
Arko Bici
Poids : 11 kg
L’artisan slovaque n’en est pas à sa première réalisation, ni à sa première participation. Il livre ici un vélo cohérent et extrêmement bien fini. Mélange de jolis petits détails artisanaux (potence, câblage intégré, pompe sur hauban gauche, pédalier maison usiné CNC…) le tout sublimant un vélo aux lignes intemporelles.
Selon moi, le vélo idéal pour affronter Paris-Brest-Paris
Cadre : Columbus Spirit / Haubans Reynolds 953.
Potence, fourche, rack maison.
Groupe : Shimano GRX 810, prototype pédalier usiné CNC.
Freins : Paul Components.
Roues artisanales avec moyeux Hope.
Rossman Cycles
Rossman Cycles
Poids : 9,3 kg
Chez Rossman, on a privilégié l’efficacité. Rien n’est superflu et tout a un sens. L’ensemble est très léger, le groupe Sram Red et les roues carbone Duke, n’y sont pas pour rien évidement. Une potence et un rack maison, associés à une tige de selle télescopique (pour être moins penché dans les descentes, les mains dans les drops selon le fabricant et pilote).
Du cohérent et de l’efficace. Nul doute que ce vélo ira au bout.
Cadre Columbus.
Groupe Sram Red eTap AXS.
Potence / rack maison
Cycles Cattin
Cycles Cattin
Tandem démontable
Poids : 19,8 kg
Les grenoblois des cycles Cattin proposent depuis longtemps des vélos de voyage pour tous les budgets. Ici, ils présentent un joli tandem artisanal équipé d’une fourche Truss. Un tandem polyvalent et cohérent.
Podium du Concours de Machines 2023
Après délibération le jury a délivré les prix.
Les membres du jury 2023 : autour de Florence Gall – Déléguée Générale de la filière Vélo, Présidente d’honneur du jury (jupe rose) Jean-Louis Frechin – Claude Droussent – Sébastien Klein – Clémence Legrand – Jean-Pierre Mary – Victor Brion – Jean-Yves Couput – Cédric Le Men – photo Magali Paulin (Grimpette)
1er : Gamory Cycles
2ème : Purple Dog Custom
3ème : Quokka Cycles
Prix Spéciaux :
Prix du Jury : RossMan Cycles
Prix du meilleur travail artisanal : Cycles Perrin
Prix de l’Innovation : Purple Dog Custom
Prix de l’Originalité : Ateliers Gonnel
Prix de la Polyvalence : Purple Dog Custom
Prix de la meilleure peinture : Avalanche Cycles
Prix de la machine la plus légère : RossMan Cycles
Prix de la meilleure intégration : RossMan Cycles
Prix de la meilleure solution de bagagerie : Gamory Cycles
Prix de la Création Responsable : Cycles Rouge Gorge
Prix du meilleur temps sur Paris-Brest-Paris : Cycles Itinérances
Prix du Jeune Talent : Quokka Cycles
Prix des Constructeurs : Avalanche Cycles
Prix du Public : Ateliers Gonnel
Podcast avec un des membres du Jury : Claude Droussent
L’ambiance a été exceptionnelle ce week-end à Rambouillet, grâce notamment à l’effervescence provoquée par les plus de 6000 participants du Paris-Brest-Paris.
L’exposition des Machines était ouverte au public.
L’exposition des machines avait lieu juste à côté du départ ce qui a permis d’amener une vraie affluence sur le salon, mettant ainsi un beau coup de projecteur sur l’artisanat du cycle Français.
Côté concours, les choix techniques et esthétiques furent très divers et intéressants.
Côté sportif, si le concours récompense des choix techniques audacieux et fonctionnels corrélés à une performance correcte, il n’est pas là pour juger de l’efficacité sportive réelle de tel ou tel vélo. Cependant, il est intéressant de voir que cette année encore c’est le vélo avec la conception la plus simple, qui a franchi la ligne d’arrivée le premier. Avec 40 h d’écart entre le premier et le dernier, il est difficile de juger les vélos sur un pied d’égalité.
Paris-Brest-Paris 2023
Il serait à mon sens intéressant à l’avenir d’avoir un plateau de coureurs de niveau homogène, comme c’était le cas dans les années 50, pour avoir une idée plus nette de l’intérêt réel des choix techniques de chacun. Car il est clair qu’un vélo qui roule à 30 ou à 13 km/h de moyenne ne subit pas les mêmes contraintes et ne révèle pas complètement ses potentielles faiblesses de la même manière.
Alors oui bien sûr ce n’est pas une course, et le principal est de valoriser le travail et les avancées techniques où pratiques. Ce que je souligne plus haut est également de bien moindre importance quand le concours a pour thématique le voyage au long cours ou le VTT en itinérance par exemple. Mais cela mériterait d’être étudié quand le concours s’adosse à des épreuves chronométrées comme Paris-Brest-Paris, notamment.
Ce week-end, on a pu voir une réelle énergie et une belle dynamique chez les cadreurs – photo Association des Artisans du Cycle
Globalement, j’ai ressenti ce week-end-là une réelle énergie et une belle dynamique chez les cadreurs, comme chez les visiteurs. Énormément d’échanges, de questions techniques et d’entraide. Preuve – s’il en fallait – qu’il existe encore une vraie demande et un vrai engouement chez les cyclistes pour le savoir-faire artisanal.
Ce concours 2023 a été un vrai bel événement avec une organisation bien huilée et des vélos esthétiquement et techniquement très réussi.
Vivement le prochain !
Gabriel Refait (à gauche) a profité de son passage à Rambouillet pour faire de belles rencontres. Ici avec l’archiviste du célèbre club cyclotouriste, Rough Stuff Fellowship
Merci à Gabriel Refait, qui a réalisé pour nous ce reportage très complet sur ce passionnant Concours 2023. Etant le créateur de l’atelier Dynamo Cycle Repairs à Aix-en-Provence. Spécialisé dans la restauration et la vente vélos anciens, avec un penchant assumé pour les belles randonneuses classiques. Il a pu jeter son regard d’expert et de passionné sur l’événement . Autant dire qu’il était l’homme de la situation pour nous faire cet article très fourni et parfaitement illustré. Merci Gab (La rédaction de Bike Café)
Le marché du vélo fait face actuellement à un “faux plat”. L’engouement post-covid pour la petite reine dans un contexte de ralentissement industriel avait dopé la demande. Depuis les stocks se sont remplis : trop, visiblement ! Même si le VAE et l’urbain réalisent de bons scores, le marché du vélo mécanique et sportif pique du nez. Le Gravel, même si son volume reste modeste, est le seul segment en progression. Va-t-il monter sur la plus haute marche du podium face aux vélos de route et aux VTT non électriques ? (photo de couverture Philippe Aillaud)
Il était une fois un “vilain petit canard”, appelé Gravel Bike. Il est né aux US, en marge des lignées traditionnelles de la route ou du VTT. La naissance de ce “sans-famille” a intrigué le petit monde du vélo et certains soupçonneux le voyaient comme un vélo marketing, inventé outre atlantique pour envahir le commerce du cycle du vieux continent. Le bilan de l’année 2022 et les perspectives des prochains millésimes prouvent qu’il s’est fait une place bien réelle, sur un marché dominé par le VAE.
Eurobike 2017 … le gravel s’affiche un peu partout dans les allées du salon, ici chez Rabbit Cycles.
Dès la première apparition du gravel, les “experts” du vélo m’avaient prédit sa fin rapide. Effet de mode disaient-ils ! Ils ont depuis retourné leurs vestes, ou plutôt leurs maillots, en devenant les chantres d’une pratique qu’ils avaient vouée à l’échec. Une étude, réalisée par l’Union Sport & Cycle, nous a présenté début avril son observatoire du cycle pour l’année 2022. Elle nous apporte un premier indice chiffré, qui nous laisse penser que ce vélo n’a rien d’éphémère. Dans un contexte des ventes à la baisse, comment se situe notre cher vélo de gravel ? Retours sur l’évolution de ce “poil à gratter” commercial, qui a chahuté un marché “pépère” et qui par ailleurs déstabilise institutions et organisations.
Pourtant l’histoire semblait écrite
Ce qui m’étonne à propos du manque de vision du monde du vélo sur le phénomène naissant du gravel bike, c’est que son histoire naissante flottait pourtant dans l’air du temps. C’était comme une évidence. Le contexte sociologique du début des années 2000, portait en lui une quête de liberté et un besoin d’aventure qui correspondaient à ce type de vélo. L’épisode “Covid”, agissant comme un accélérateur, a porté le coup de grâce à ce monde qui vivait dans une tranquille dualité de convenance : route/VTT.
John Tomac sur un Raleigh avec lequel il a remporté le championnat du monde de cross-country en 1991.
En 1989, alors qu’il combinait la course sur route avec l’innovante course cross country, John Tomac a décidé d’adapter un guidon de route à son Yeti afin de conserver la posture aérodynamique, plus conforme au cyclisme sur route. Et ça ne s’est pas mal passé. Quelques années plus tard, sur un Raleigh, il a remporté le championnat du monde de cross-country de 1991 et a été vice-champion du monde de descente de 1991 sur un vélo rigide équipé d’un guidon de route. (source Santafixie)
Pour moi, le début de l’histoire du gravel moderne se situe plus sûrement en 2006. Sur la ligne de départ de la première Dirty Kanza 200, au milieu des 34 participants, on remarque un curieux vélo de cyclocross. Ce vélo construit en acier par Brent Steelman et piloté par Dan Hughes, va remporter l’épreuve et de fait inspirer une nouvelle génération de vélos, ni route, ni VTT : juste un peu cyclocross. Aujourd’hui, cette course mythique, qui a changé de nom pour s’appeler Unbound Gravel, voit chaque année éclore de nouvelles générations de cyclistes fans de cette pratique symbole de liberté.
Roc d’Azur 2015 – Pierre, Patrick et Eric – photo Soprtograf
En France, les bouillonnants associés de Caminade (Brice et Sylvain), ont organisé les premières randos gravel en 2015 au pied du mont Canigou. Lorsque ASO s’est emparé de l’affaire en 2016 en organisant un premier Roc Gravel, j’ai su que c’était gagné et que ce vélo ne serait pas un “pétard mouillé”. Nous étions de la partie et nous avons vécu de l’intérieur cet enthousiasme naissant. Je me souviens de la clameur des spectateurs en haut du Bougnon sur notre passage “Regardez, c’est les Gravel !” Aujourd’hui, les organisations d’épreuves gravel se multiplient : WishOne organise à Millau une manche qualificative de championnat UCI créé en 2021, le Festival Nature is Bike réunit tous les ans un large public et de nombreux cyclistes… Pour vous aider à choisir, nous avons mis en ligne un calendrier des épreuves que nous avons repérées et sélectionnées pour vous.
Le gravel, personne n’y croyait
Les “experts” du vélo m’avaient prédit une fin rapide du phénomène Gravel… Effet de mode, disaient-ils !
Dans un monde partagé et bien organisé entre la route et le VTT, peu de “spécialistes” voyaient un avenir à cet “hybride”. La vision de l’avenir n’est pas le point fort de ceux qui vivent dans un système qui “ronronne” bien. En août 2019, j’avais écrit un article “Le gravel, est-il un phénomène de mode ?”. La parution des chiffres de vente 2022, me donne l’occasion de vous offrir une suite en forme de réponse à ce billet.
Un regard sur les chiffres du marché du cycle en 2022
Les ventes de VAE ont fait exploser le marché du cycle. En 2022, leurs ventes ont représenté 28 % du marché en volume (source Union Sport & Cycle)
Si on regarde les courbes de progression des 2 gros segments que représentent les vélos classiques et les électriques, on voit où se situe l’évolution du marché du cycle principalement tiré par l’électrique et même l’électrique plutôt urbain. On constate entre 2019 et 2022 une hausse de 110% pour le VAE et une presque platitude de la courbe des vélos classiques, à peine augmentée par l’effet du remplacement du freinage sur jante par les disques dans le monde sportif.
738 454 VAES vendus en 2022 contre 65 000 vélos de gravel. Ce dernier est encore un petit marché mais avec une croissance importante.
Si on retire les VAE et tous les vélos urbains pour ne garder que les vélos de route, les VTT et les gravel, on constate dans les chiffres que c’est le gravel qui tire légèrement vers le haut cet univers du vélo sportif et de loisir. Le phénomène de remise dans le circuit des vélos reconditionnés a contribué à la baisse des ventes.
Les VTTistes glissent vers l’électrique. Dans ce domaine, l’apport de watts offre plus de plaisir dans le technique et le ludique l’emporte sur l’effort. Ce contexte a fait régresser les achats de VTT classiques de 65 000 unités environ en 2022.
Sur route on constate surtout, depuis la période post-covid, qu’il y a moins d’intérêt pour cette pratique. J’ai bien aimé une phrase de Marc Madiot, parlant de la retraite de son coureur Thibaut Pinot : “C’est sans doute un des derniers coureurs romantiques…” Cela résume la distance qui s’est installée entre les jeunes et l’image projetée par le vélo de compétition. Ce vélo populaire et médiatique agit moins sur eux que sur le grand public qui se délecte du spectacle. Par ailleurs, le danger que l’on constate sur les routes, éloigne de cette pratique exclusive sur l’asphalte, les cyclos du dimanche.
L’enthousiasme de la nouveauté oriente les cyclistes vers le Gravel avec 64 000 vélos vendus en 2022 (dont 10 000 gravel/route à assistance électrique – source Union Sport & Cycle). De fait, ce segment apparaît comme le seul à être en progression. L’ultra-cyclisme, également en hausse, contribue à maintenir un marché route stable. Ces nouveaux pratiquants échappent aux radars des fédérations qui ont du mal à intégrer ce nouveau cyclisme. Par contre, ils n’échappent pas au marketing qui puise largement son stock d’images dans ces nouvelles façons de faire du vélo. Le Gravel est un petit poucet dans le monde du vélo, mais avec le bikepacking et l’ultra c’est lui qui remplit les colonnes des médias. Ce n’est pas nous qui allons nous en plaindre, et cela prouve après avoir été les premiers à en parler, que nous avions vu juste.
Présenté pour la première fois en 2014, le Canyon Endurace testé en 2017 par Patrick, est une référence dans la catégorie des vélos d’endurance, depuis près d’une décennie. Canyon a dévoilé mi-août ses nouveaux Endurace dotés de nouveaux cadres carbone présentant de nouvelles fonctionnalités, un dégagement des pneus accru et un aérodynamisme amélioré.
Photo Canyon
Ces nouveaux Endurace illustrent l’évolution du vélo d’endurance sportif, granfondo, capable de rouler sur des surfaces dégradées. Il se rapproche de plus en plus d’un gravel, dans la mesure ou le cycliste ne sera pas arrêté par une piste “blanche”.
Canyon Endurace 2023 : les principales améliorations
Tube de direction plus étroit et nouvelle fourche profilée sur ce nouveau Endurace – Photo Canyon
Le cadre présente des améliorations aérodynamiques qui, selon la marque, feraient gagner 7 watts à 45 km/h. Certains de ces gains proviennent du tube de direction plus étroit et d’une nouvelle fourche profilée. L’autre contribution à l’aérodynamisme vient du cockpit intégré CP0018. Ce combo guidon / potence a fait ses débuts sur l’Aeroad en 2020 et il est arrivé sur l’Ultimate l’année dernière, on le retrouvera désormais sur l’Endurace.
Canyon mise sur un ajustement parfait de la position du cycliste grâce à l’Aerocockpit CP0018 qui offre un réglage de 40 mm de largeur et 15 mm de réglage en hauteur, sans aucune coupe nécessaire, pour obtenir un ajustement parfait simple à réaliser.
Côté pratique, un rangement “LOAD Top Tube” permet de ranger dans la partie supérieure du cadre les outils qu’il faut avoir pour se dépanner sur la route. Un manchon à outils en néoprène abrite le mini-outil Canyon 3-en-1, une cartouche de CO2 et des démonte-pneus Canyon Slim. Canyon n’est pas le premier à créer ce type de compartiment de rangement à l’intérieur d’un tube de cadre, mais ils sont les premiers à le proposer dans le tube supérieur.
Un rangement “LOAD Top Tube” permet de ranger dans la partie supérieure du cadre les outils – photos Canyon
Ce tube étant plus étroit que le tube diagonal, le manchon “contrebandier” que l’on pourra y glisser adopte la forme d’une saucisse. Le volume restreint de ce LOAD Top Tube ne permettra pas de loger une chambre à air de secours ou un coupe-vent.
Un passage de pneus élargi
C’est ce qui étonnera sans doute une clientèle de cyclosportifs pas encore convaincus par les pneus larges. Pourtant, il était temps de marquer la différence avec une gamme “pro” (Ultimate et Aeroad), réservée à des compétiteurs capables d’emmener ce type de vélo. Conçu pour toutes les routes avec un dégagement de pneus jusqu’à 35 mm, cette gamme Endurace part à la conquête de cyclistes qui ont compris que le confort est également de la performance.
Photo Canyon
Aujourd’hui, il est prouvé que des pneus plus larges avec des pressions plus basses en tubeless, offrent plus de vitesse, d’adhérence et de confort, avec une meilleure protection contre les crevaisons (retrouvez notre série de pneus test d’endurance de 32 mm de section). Pour en profiter, l’Endurace est livré avec des pneus de 30 mm à l’avant et des pneus de 32 mm à l’arrière sur des jantes larges tubeless-ready.
Le confort apporté par ces choix pneumatiques est complété par la tige de selle confort révolutionnaire S15 VCLS 2.0 de Canyon qui offre un design atypique. Sa construction, magnifiquement simple, à ressorts de lames en carbone permet un fléchissement jusqu’à 20 mm, pour offrir une incroyable souplesse avec un look élégant et léger. Nous avions pu l’apprécier en 2017 lors de notre test de l’époque.
Géométrie et caractéristiques
Canyon Endurace
La gamme Canyon Endurace 2023
Deux niveaux de cadres sont proposés, mais la différence est relativement mince. Le haut de gamme : CFR est plus léger (100 g) grâce à ses composites de carbone. Ces 100 grammes sont obtenus par le cadre (930 g taille M) et sa fourche (350 g). Le CF SLX est légèrement plus lourd (cadre, 980 grammes en taille M et fourche 400 g).
Les Canyon Endurace CFR
Canyon Endurace CFR Di2
photo Canyon
Shimano Dura-Ace
Roues : DT Swiss ERC 1100 Dicut Poids : 7.38 kg Prix : 9.499 €
Canyon Endurace CFR WRL
photo Campagnolo
Roues : Bora Ultra Poids : 7.28 kg Prix : 9.999 €
Canyon Endurace CFR AXS
Roues : DT Swiss ERC 1100 Dicut Poids : 7.38 kg Prix : 9.499 €
On lit régulièrement dans la presse vélo des articles sur le retour du 26 pouces. Dans le jargon du journalisme, on nomme “serpents de mer” ce genre de thématiques récurrentes. À Bike Café, nous ne considérons pas du tout que les 26 pouces soient de retour, pour la bonne et simple raison qu’ils n’ont jamais disparu de nos rues et de nos garages ! Certes, les années 90 sont loin, quand les “petites roues” équipaient 100% des VTT. Les mountain bikes d’aujourd’hui et le diamètre de leurs roues ont beaucoup changé… mais les 26 pouces ont la peau dure et n’en finissent pas de faire parler d’eux. Pourquoi ? Comment ? Dans cette série de l’été, partons donc à la rencontre de quelques-uns de ces cyclistes qui délaissent les grandes roues et leurs itinéraires de route, de gravel ou de “Twenty Niner”, pour un détour et un tour de 26 pouces.
C’est peut-être des détails pour vous, mais pour les collectionneurs, ça veut dire beaucoup – photos @poufthecascadeur
Le détour du 26 pouces (épisode 2) : La madeleine de Proust
Après avoir, dans un premier épisode, rencontré de géniaux transformateurs, réparateurs et rénovateurs, nous allons aujourd’hui nous intéresser à des cyclistes qui entretiennent avec les 26″ une relation affective. Quel adulte, après tout, pourrait prétendre avoir définitivement renoncé à ses rêves d’enfants ? Qui n’a jamais fait appel à un objet transitionnel ? Qui n’a jamais souhaité revoir son premier amour ou retrouvé, grâce au grincement d’un V-brake, la délicieuse terreur de ses premières descentes dans les cailloux ? Ainsi en est-il des collectionneurs de vélos, des adorateurs de la roue libre, des fétichistes du dérailleur. Il faut dire que les 26 pouces qui ont bercé leurs rêves de baby cyclistes, vélos de papier glacé dans des catalogues scintillant d’étoiles américaines, valent désormais une misère sur le marché d’occasion… Raison de plus pour se précipiter de façon compulsive, mais toujours avec de bonnes excuses, sur l’éternel objet de leurs désirs.
Jean-Pascal “Pouf The Cascadeur”, le vélotafeur
Jean-Pascal et son Gitane Cascade – photo @poufthecascadeur
Détours et digressions – Hors de question de laisser Jean-Pascal décrire dans le détail la douzaine de VTT 26″ de collection qu’il possède, il y en aurait pour des heures ! Cet ancien compétiteur de haut niveau, collectionneur passionné, m’a donné à choisir, pour illustrer son portrait, entre un klunker Motobecane/MBK de 1986 et un Gitane de 1990. J’ai opté pour le Gitane, en raison de sa peinture d’un dégradé très photogénique et parce que ce vélo a la particularité d’être monté avec un des très rares groupes VTT qui n’ait jamais été produit par Campagnolo.
Un Gitane répondant au doux nom de Cascade… Tout un programme ! – photo @poufthecascadeur
De fort beaux et rares leviers de frein, ma foi ! – photo @poufthecascadeur
Pour ce groupe VTT, Campagnolo avait opté pour le tirage central – photo @poufthecascadeur
Un moyeu d’une autre époque – photo @poufthecascadeur
Les morsures du temps – photo @poufthecascadeur
Des détours, Jean-Pascal en fait presque tous les jours, puisqu’il rallonge souvent son trajet direct de vélotaf (plutôt plat et court) par la montée et la descente du Mont Faron qui surplombe Toulon, histoire de borner, garder la forme et honorer chaque jour une monture différente, un peu comme on honorerait des maîtresses à tour de rôle, pour éviter toute rancœur entre elles.
Jean-Pascal est passé maître dans l’art du détour – capture d’écran Strava Pouf le Cascadeur
Jean-Pascal est passé maître dans l’art du détour – capture d’écran Strava Pouf le Cascadeur
Mais la comparaison s’arrête là : Jean-Pascal n’est pas un macho, mais un cycliste fin et sensible, un artiste du détour et de l’échappée belle, aussi attentif aux mécanismes de ses vélos qu’aux paysages qu’il a la chance de contempler chaque jour au dessus de la Rade. Il est connu sur les réseaux en tant que Pouf le Cascadeur ; vous pourrez aussi suivre les frivolités 26 pouces quotidiennes de Jean Pascal sur son fil Strava.
Jean-Yves “Jaywai”, le conservateur
Jean-Yves “Jaywai” au milieu d’un troupeau de Kona – photo Dan de Rosilles
Kona, Sutra, Hahanna – Ne cherchez pas autre chose que ces vélos canadiens dans le garage de jean-Yves, vous ne trouverez rien d’autre que des Kona, si possible dans leur jus, pas question de modifier quoi que ce soit. Juste un entretien minimum pour les rouler, et encore, certains n’ont pas encore été remis en état depuis leur acquisition. Si “Jaywai”, le fondateur du club Strava “Original Montpellier Gravel” les collectionne, c’est parce que son adolescence a été bercée de BMX, d’enduro, de all-mountain, toutes ces pratiques qui lui donnent encore aujourd’hui un air d’éternel adolescent. Il ne fait pas de mystère de son addiction aux Kona, il en rigole, adepte de l’auto-dérision qu’il est, conservateur d’un musée qui n’a souvent d’autre visiteur que lui-même.
Jean-Yves s’attache à conserver les pièces du montage original – photo Dan de Rosilles
On remarquera la poulie sous potence qui permet d’actionner le cantilever avant – photo Dan de Rosilles
Joe Murray, idole d’un autre siècle – photo Dan de Rosilles
Les anciens head-badges Kona autocollants mettent Jean-Yves en extase – photo Dan de Rosilles
Le noir et le jaune de la fourche et des pneus sont assortis – photo Dan de Rosilles
Ce conducteur de trains trace aussi sa voie à vélo. Pédaleur infatigable, c’est un fin connaisseur de territoires, excellent traceur d’itinéraires, qui partage ses trouvailles en organisant des sorties pour cyclistes de gravel bien sûr, mais aussi depuis peu pour les adeptes du VTT “vintage”. Quoi de plus amusant que d’aller manger une tielle à Sète, en 26 pouces bien sûr ? Un aller-retour magique par des voies détournées et improbables, comme un jeu d’enfant, pour des cyclistes souriants et insouciants. Joie d’offrir, plaisir de recevoir, la boucle est bouclée, merci Jean-Yves !
Dan, le narrateur
Le pédaleur-narrateur avec son Sunn Revolt de 1996 – photo Anne Fontanesi
Dire que je n’ai jamais fait de VTT de ma vie, et que je suis un piètre pilote, n’est pas un vain mot. Mais j’ai toujours eu l’œil aguiché par les rutilants VTT Sunn chromés de la période “Max Commençal”, les années 90 de la marque de Saint-Gaudens, une période que collectionne fiévreusement mon ami Nicolas. Il m’a fallu plusieurs années pour amadouer Nicolas et le convaincre de me dégoter un VTT Sunn. J’ai enfin pu obtenir un cadre nu et noir de Revolt, piqué de rouille, qu’il avait déniché au fond d’une cave. De l’occasion naît le larron. Libéré de la contrainte du vélo “de collection”, j’ai donc pu me laisser aller au vertige créatif de la transformation.
Les fameuses pédales MKS “Bear Trap” – photo Dan de Rosilles
Le head-badge en titane a été réalisé par Adrien Moniquet – photo Dan de Rosilles
Une paire de roues Mavic Cross Link grises achèvent délicieusement le montage – photo Dan de Rosilles
Une tige de selle Thomson et une selle Brooks, toutes les deux de seconde main, s’adaptent parfaitement au look hybride du Revolt rénové – photo Dan de Rosilles
Sur le Revolt, les câbles courent sur le côté droit du tube horizontal – photo Dan de Rosilles
C’est Jacob Garet, dans l’atelier Menhir Cycles de Yohann Loncle, qui a remplacé le pivot de fourche fileté par un tube lisse, enlevé le pontet arrière qui recevait la butée de gaine du cantilever et son tirage central. Le joailler Adrien Moniquet a parachevé le sacrilège en réalisant un head-badge en titane qui ferait sans doute hurler de rage les gardiens du temple, s’il n’était pas tout simplement magnifique. J’assume parfaitement le délit, je me rends pieds et poings liés à la vindicte sunnophile, peu m’importe, je peux profiter à chaque sortie de la vivacité du Revolt et m’extasier à la vue des câbles courant sur le côté du tube, qui m’évoquent une guitare basse à trois cordes, instrument de musique expérimentale de world-musique cycliste ou de jazz-fusion à roue libre.
Dans le troisième épisode de cette série, il sera question de faible hauteur, de gros cailloux et de crayons. Ne le ratez pas !
Avec son look et sa conception unique, la Lefty Oliver Carbon ne vous laissera pas indifférent, photo Hugues Grenon
En 2023, dans l’univers du gravel, l’adjonction d’une suspension avant est de plus en plus courante. De nombreux constructeurs ont introduit des versions suspendues dans leur gamme. En avril dernier, nous avons publié un sujet sur cette nouvelle tendance.
Venant du VTT, recherchant un maximum de confort avec un dos et des cervicales récalcitrants et aimant les montées impossibles en recherchant la meilleure adhérence, mais aussi pour engager un peu en descente, j’étais curieux de tester la version suspendue d’un gravel. J’ai eu l’occasion de tester la Lefty Oliver, disponible en “aftermarket”, en l’adaptant au gravel Cannondale Topstone 1 en aluminium que j’avais en test. Certains diront qu’on réinvente le VTT, d’autres qu’une fourche suspendue n’a rien à faire sur un gravel. Si c’est votre cas, passez votre chemin ou… soyez curieux ! Car chacun aura ses convictions et ses arguments et tous sont respectables. Il n’existe pas de parole d’évangile en la matière, mais rien ne vaut un test pour se faire une idée plus précise.
La lefty, une fourche iconique, adulée ou rejetée !
La Lefty est une fourche iconique dans le monde du vélo. On aime ou on déteste le design et le concept « décalé », mais force est de constater qu’elle ne nous laisse pas indifférents.
Cannondale a toujours été à la pointe dans le développement de technologies innovantes, différenciantes et efficaces. La marque s’intéresse de près aux suspensions dès son arrivée dans le VTT. Elle développe le système Headshock en 1992, un amortisseur installé entre la douille de direction et la fourche rigide. Ce système avait pour vertu de maintenir la rigidité de la partie avant, cette caractéristique n’étant pas le point fort des fourches télescopiques classiques de l’époque. Des roulements à aiguilles sont également utilisés afin d’apporter une sensibilité et une douceur dans le fonctionnement, deux caractéristiques chères à Cannondale et précieuses dans le fonctionnement d’une suspension.
Le mythique Delta V avec sa suspension Headshock à l’avant, l’ancêtre de la Lefty, photo Génération Mountain Bike
Sept ans plus tard, en 1999, les ingénieurs Cannondale, en s’inspirant de la fourche Moto Dowhnhill, tout en conservant le principe de la Headshock, ont l’idée de diviser la fourche en deux pour ne conserver que la partie gauche afin de gagner en légèreté sans pour autant perdre en rigidité grâce à son système spécifique de fixation sur la douille de direction mais aussi au moyeu maison. La Lefty était née.
Le mythique Raven équipé des premières Lefty à grand débattement
Petit à petit la Lefty s’améliore, gagne encore du poids en adoptant rapidement une structure en carbone. Le système de fixation à la douille de direction, comme vous le voyez sur la photo ci-dessus, est très exclusif et ne peut s’adapter aisément à tous les vélos.
En 2018, la Lefty fait sa révolution en pouvant enfin s’adapter à des vélos plus conventionnels en proposant une fixation traditionnelle à la douille de direction. C’est donc le cas pour cette Lefty Oliver dédiée au gravel.
La fourche a pu être adaptée très simplement sur le vélo car désormais sa douille de direction est un classique pivot conique 1 1/8″-1,5″. Plus besoin de jeu de direction spécifique qui freinait parfois les envies.
Une douille de direction conique adaptable à l’immense majorité des gravels et jeux de direction actuels, photo Hugues Grenon
Il faudra cependant l’équiper d’une roue dotée d’un moyeu spécifique ce qui fera encore monter la facture déjà salée puisque la Lefty Oliver s’affiche à un tarif public de 1869 €, le prix de l’exclusivité. Vous la trouverez cependant moins chère en fouillant sur le net, mais le tarif restera élevé.
Une roue spécifique pour une compatibilité parfaite avec la Lefty Oliver, photo Hugues Grenon
Avant un montage sur votre gravel, comme pour toute fourche, vérifiez bien la compatibilité avec votre monture. A savoir, vérifiez que le Té de fourche ne touche pas le tube diagonal en tournant le guidon, que le système de fixation des freins est bien du Flat-Mount, et enfin que la hauteur et le déport ne modifient pas trop la géométrie de votre vélo.
Les caractéristiques techniques
Le débattement est de 30 mm ce qui permet d’amortir les petits chocs et de filtrer les imperfections. Rappelons que ce n’est pas une fourche de VTT aux débattements bien plus importants. Sur les roues de 650, il peut passer à 40 mm avec modifications chez un spécialiste.
Un débattement de 30 mm permettant d’encaisser les petits chocs et imperfections du terrain, photo Hugues Grenon
Une des caractéristiques mises en avant par Cannondale est sa rigidité en réduisant au maximum les déformations et les mouvements de rotation. Pour contrer ces phénomènes, le secret de la Lefty est d’utiliser une structure interne “carrée” avec des roulements à aiguilles ce qui constitue une interface carré sur carré entre le fourreau et le plongeur.
Une rigidité obtenue grâce à une conception structure “carré sur carré” avec des roulements à aiguilles apportant de la souplesse
On comprend aisément que cette conception réduit fortement les mouvements de rotation et flexion par rapport à des tubes coulissants ronds. En interne, on trouve un ressort à air dont la courbe peut-être ajustable chez un spécialiste.
Le pivot est conique donc aux standards 1 1/8″-1,5″.
Le format de fixation de l’étrier est le désormais classique et répandu Flat-Mount. Le système pour ôter la roue et dégager l’étrier est très simple et rapide à mettre en œuvre. Une fois l’étrier dégagé vous pourrez tirer la roue dévissée préalablement. Le disque de frein est d’un diamètre de 160 mm. L’installation d’un disque de 180 mm maximum est possible.
Un système simple et efficace pour verrouiller/déverrouiller l’étrier et ôter la roue, photos Hugues Grenon
La fourche est réglable en compression et verrouillable via une molette simple à manipuler grâce à sa taille respectable.
Un réglage et verrouillage aisés grâce à une molette de taille respectable, photos Hugues Grenon
Le rebond se règle par le dessous de la fourche par une molette à 10 crans simple à manipuler.
Réglage aisé du rebond avec une molette crantée de taille également adaptée, photo Hugues Grenon
La pression d’air se réalise par une classique valve Shräder positionnée à l’abri juste derrière l’étrier et la fourche. Les pressions admissibles en fonction du poids et les clics de rebond sont indiquées par un sticker.
Une valve de pression d’ajustement de la pression d’air protégée derrière l’étrier et le fourreau et agrémentée du tableau de préconisations sur la fourche, photo Hugues Grenon
La fourche existe pour des roues de 700c ou 650b. La taille de pneus admissible est de 45 mm en 700 et 47 mm en 650.
Le déport de fourche est de 55 mm. La structure et le pivot sont en carbone. La finition et les usinages sont vraiment très qualitatifs, on n’en attendait pas moins dans cette gamme de prix. Le poids annoncé de 1340 g est respecté à quelques grammes près.
Un poids léger mesuré à 1360 g, photo Hugues Grenon
Seuls les stickers et les guides de durite collés ne sont pas en rapport avec le niveau très haut de gamme de l’Oliver. A ce tarif on pourrait s’attendre à un gravage durable et des guides en alu fixés solidement et non juste collés.
Des stickers et des guides de durite en plastique jurant quelque peu avec le reste de la finition très haut de gamme de la fourche, photo Hugues Grenon
Un montage sur un Cannondale Topstone 1 en aluminium, photo Hugues Grenon
Comme pour toute fourche à suspension, il vous faudra d’abord bien la régler par rapport à votre poids, votre pratique, votre terrain de jeu et vos préférences. On peut avoir une fourche haut de gamme, ou pas d’ailleurs, si les réglages sont mal effectués, l’expérience utilisateur peut-être très décevante. Les réglages restent la base de l’intérêt d’une bonne suspension. Personnellement, j’ai l’habitude de légèrement moins gonfler que préconisé (sans talonner tout de même évidemment) et régler la détente assez rapide. C’est ce que j’ai fait pour ce test. Chacun fera et trouvera ses réglages petit à petit en partant des préconisations. La pression et la taille des pneus joueront également sur le ressenti. Idem, j’ai l’habitude d’assez peu gonfler mes pneus en tubeless pour des questions de confort, d’adhérence et de pratique assez orientée VTT et chemins.
La sensibilité et la souplesse sont de haut niveau. Je n’ai pas de base de comparaison en gravel car c’est la première fourche et gravel suspendue que je teste et le cadre y fait également beaucoup. J’ai par contre une expérience VTT en semi-rigide me permettant de comparer quelque peu même si les possibilités et l’usage sont différents. Et j’ai pu comparer le comportement du vélo avec sa fourche rigide carbone d’origine et cette fourche à suspension. Sur le terrain la fourche filtre parfaitement les petites aspérités et également les plus gros chocs ou cailloux. Un plus par rapport à la fourche carbone rigide.
Une excellente filtration des aspérités, petits et plus gros cailloux, photo Hugues Grenon
En descente, on gagne réellement en confort et sécurité donc on peut logiquement plus lâcher les freins. En gravel rigide, les terrains vraiment caillouteux, engagés ou autres « champs de patates » sont usants et au final pas très agréables au bout d’un moment. Cela oblige à être sur les freins. Certains parleront du pilotage d’antan en VTT tout rigide et qu’il faut d’abord « savoir » piloter. C’est certain, mais la fourche apporte tout de même sécurité et confort. Elle permet donc d’explorer d’autres terrains de jeu sereinement et de rester frais plus longtemps. Le placement de la roue est très efficace et précis. Pas de phénomène de torsion. L’objectif est atteint grâce à la conception décrite plus haut.
Le test terrain réalisé sur tout type de terrain, photo Hugues Grenon
En montée, elle permet aussi une adhérence supplémentaire en restant collée au terrain sans rebondir sur le moindre caillou.
Sur le plat, hé bien la fourche se fait oublier ou plutôt fait oublier le terrain, c’est ce qu’on demande à une bonne fourche. De plus, vous pouvez la bloquer très aisément si vous désirez vraiment rouler “rigide”. Notez tout de même que le poids apporte quelques centaines de grammes supplémentaires sur le train avant. Cela ne se ressent pas outre mesure avec cette Oliver au poids plutôt bien placé. Une petite remarque, quand vous lâchez les deux mains, le vélo a logiquement tendance à s’incliner très très légèrement vers le côté opposé à la fourche. Pas gênant du tout ni dangereux si vous avez l’habitude de lâcher les deux mains pour boire par exemple, mais à souligner.
Les avantages
L’adaptation sur des gravels « standards » grâce à son pivot conique
Une sensibilité de haut niveau
Des réglages simples et efficaces
Un blocage de fourche intégral bien pratique sur le bitume
Un placement et un contrôle de la roue excellents grâce à un excellente rigidité
La qualité de fabrication
Le look exclusif bien qu’il puisse aussi déplaire, question de goût
Les deux versions pour des roues de 700 ou 650
Le démontage aisé de la roue avant
Les points d’attention
La compatibilité avec votre cadre : Té de fourche par rapport au tube diagonal et hauteur et déport de fourche pouvant modifier la géométrie
L’exclusivité des solutions techniques : la fourche doit être entretenue chez des spécialistes Lefty qui ne courent pas les rues
L’ajout de quelques centaines de grammes par rapport à une fourche traditionnelle rigide en carbone
L’impossibilité de monter des cages et sacs étanches pour le bikepacking
Le moyeu spécifique obligeant à acquérir une roue avant spécifique. Bon point, vous trouverez ces moyeux chez les principaux fabricants de moyeux (Dt Swiss, Aivee etc.) y compris Cannondale évidemment à des prix “classiques”
Les stickers et guides de durite peu en rapport avec le reste de la finition et le tarif
Le tarif haut de gamme de la fourche auquel il faut adjoindre le tarif d’une roue avant avec le moyeu spécifique
Plus globalement, le sujet gravel suspendu vous touchera – ou pas – mais soyons curieux et ouverts d’esprit. Ce thème est un bon sujet de papotages autour d’un bon café ou d’une bonne bière au café vélo 😉 😊 On voit d’ailleurs de plus en plus de suspensions arriver sur des gravels lors d’épreuves bikepacking. Par exemple, sur la Silk Road Mountain Race, il est vrai très typée VTT.
Pour qui ?
Celles et ceux s’intéressant aux innovations et techniques alternatives
Celles et ceux désirant un supplément de confort et de sécurité
Celles et ceux aimant engager un peu plus en descente ou s’amuser en montée impossible
Celles et ceux pratiquant le gravel en région montagneuse. La fourche vous permettra d’explorer d’autres terrains et d’aller plus loin en conservant une certaine fraîcheur
Celles et ceux, comme moi, ayant des problèmes de dos et désirant soulager leur organisme.
Passez votre chemin
Celles et ceux qui pensent que l’on réinvente le VTT en adjoignant une suspension
Celles et ceux qui font la chasse au moindre gamme et les adeptes de l’ultralight. La fourche engendre de fait quelques centaines de grammes supplémentaires
Celles et ceux qui recherchent de la simplicité dans leur pratique et l’entretien de leur vélo.
Conclusion
Une excellente fourche apportant souplesse et précision de pilotage, photo Hugues Grenon
Comme à son habitude, Cannondale ne fait pas comme les autres et ne déroge pas à la règle avec sa Lefty Oliver. Ces inventions « à part » ne sont pas faites pour se démarquer mais sont réellement très efficaces sur le terrain et apportent un plus à la pratique. Mais au fait, pourquoi Oliver ? Réponse : un jeu de mot avec “All Over”, une fourche qui vous permettra de passer sur tout type de terrain. L’iconique et légendaire fourche mono-bras adaptée au gravel apportera un plus à ceux recherchant un confort supplémentaire quelque soit le type de terrain, puisque ses 30 mm de débattement filtrent parfaitement les irrégularités aussi bien en compression qu’en détente ainsi que les chocs un peu plus importants. Logiquement, son apport sera supérieur sur des terrains accidentés typés montagneux où il sera alors aisé et sécurisant de lâcher les freins en descente et où la roue restera collée au sol en montée. Mais cette suspension ne remplacera en aucun cas une suspension VTT et son débattement de 100 à 140 mm par exemple. L’usage et les possibilités sont bien différentes sur le terrain. Reste le tarif haut de gamme réservée aux amoureux de beaux et bons matériels innovants exclusifs. Le coût final reviendra moins cher si vous prenez un gravel déjà équipé comme le Topstone Carbon2 Lefty. Vous devrez adopter un nouveau gravel pour une somme proche de 5000 €, pas une paille non plus, mais il vous donnera accès à toutes les innovations Cannondale très efficaces et performantes.
Lors de mes sorties majoritairement route, je roule classiquement avec un ensemble cuissard/maillot relativement ajusté. Pratiquant également le vtt typé montagne, j’apprécie la liberté de mouvement que procurent short et maillot plus amples utilisés pour cette discipline. C’est encore plus vrai avec les températures estivales actuelles. Pioché dans la gamme vtt d’Odlo, l’ensemble short et maillot X-Alp a-t-il du sens en gravel ? Nous allons le découvrir.
Née en Norvège, la marque Odlo existe depuis plus de 70 ans. Ses objectifs ont toujours été de créer des vêtements de haute qualité, pouvant être efficaces dans les conditions météo les plus difficiles. Récompensée pour de nombreux “Awards”, l’innovation fait partie de l’ADN de la marque. Odlo a inventé les sous-vêtements fonctionnels de sport et continue d’innover depuis 1946 en créant des produits pour tous les modes de vie, à utiliser toute l’année. La marque capitalise sur son héritage Norvégien et son expertise Suisse, pour façonner des vêtements de sport modernes, fonctionnels et confortables.
En statique
Le short
Présenté comme « un sur-short » fait pour l’exploration, confectionné avec soin pour les aventures en VTT et plus encore », la marque précise :
« Léger, composé à 90 % de fibres recyclées et complété d’un enduit résistant à l’eau, le sur-short de VTT OLDO X-Alp Explorer est conçu pour les grandes ambitions. Bénéficiant d’une matière à double tissage particulièrement résistante et pourtant très extensible, ce short présente deux poches zippées, deux poches pour les mains et une taille ajustable, assurant confort et capacité de transport sur les sentiers. Il est pensé pour se porter par dessus un cuissard lors des sorties en montagne, raison pour laquelle il ne possède pas de chamois. Un sur-short résistant pour le VTT, composé de fibres recyclées ».
La ceinture, remonte légèrement au niveau des reins et se boucle via deux boutons pressions secondés par un crochet. Elle est ajustable à l’aide de deux pattes scratchables : j’ai utilisé ce réglage car pour mes 60 kg en 1,8 m, le 40 est un peu grand. Le short avec un cuissard boxer « tombe » bien sans serrer le ventre, ni offrir un sourire de plombier. Les poches latérales verticales sont orientées vers l’arrière, ce qui permet de les charger (modérément bien sûr) comme des poches cargos. La matière est très agréable avec sa fine texture et son élasticité. La teinte vert amande apporte une note d’élégante gaîté.
Le tee-shirt
Le tee-shirt est constitué de « Fibres techniques recyclées et lin naturel pour un confort frais à vélo ».
Présenté ainsi par ODLO :
« Conçu en Suisse et confectionné dans notre propre usine européenne, le t-shirt de VTT ODLO X-Alp Linencool est un essentiel pour la pratique par temps chaud. La composition de ce modèle naturellement rafraîchissant qui évacue l’humidité présente 82 % de fibres recyclées associées à du lin, pour un toucher souple et très doux. Ce t-shirt est doté d’éléments réfléchissants pour une meilleure visibilité, tandis que la chamoisine intégrée permet de nettoyer les lunettes sans les agresser. Enfin, la matière bénéficie de la technologie ZeroScent, un traitement antibactérien d’origine végétale qui évite la prolifération des odeurs déplaisantes, même pendant les longues journées dans la poussière. Ce modèle présente une coupe classique un peu plus longue dans le dos ».
En action
J’ai utilisé l’ensemble Odlo tant en vtt qu’en gravel, donc mon retour d’expérience porte sur de nombreuses sorties mais toutes par temps sec et entre 20 et 30 degrés, voire un peu plus.
Le short
De par sa coupe recherchée, son port au roulage est excellent. La longueur au dessus du genou et les encoches sur le bas de l’extérieur des cuisses permettent un pédalage sans gêne. La bande de fond, allant en continu d’une cuisse à l’autre, élimine l’accrochage intempestif du short au bec de selle lors d’un passage derrière la selle et évite la surépaisseur, due à la superposition des panneaux d’une construction classique.
Par temps très chaud, la construction en tunnel de la ceinture accentue un peu la transpiration avec un sac à dos. Si je n’ai pas tenté de le tester lors de chutes, la rencontre avec d’espiègles buissons cherchant à retenir prisonnier n’ont laissé aucune trace sur le short.
Le tee-shirt
Si la coupe du T-shirt est très classique, de subtils détails apportent de l’agrément : l’empiècement aux épaules donne de la tenue, le dos est légèrement plus long et le col est doublé au niveau de la nuque par une bande élastique, pour l’empêcher de bailler. Car le matériau qui constitue le T-shirt est très léger, on voit presque comme au travers d’une moustiquaire. Il est aussi fluide, d’un contact doux typé coton mais ne retenant pas la transpiration, ni les odeurs. Par contre je pense qu’il doit être sensible à l’accroche des buissons ; toujours est-il que cela ne lui est pas arrivé lors de mes sorties. Et le port du sac n’a laissé aucune trace de frottement.
Conclusion
Un tel ensemble a tout son sens en gravel estival où légèreté, évacuation de la transpiration et liberté de mouvement s’invitent sous le soleil. Après deux mois de sorties sur routes, pistes et en montagne, l’ensemble ne présente aucun signe de maltraitance. Le short a séduit ma compagne, qui a profité des soldes pour en acquérir un, après avoir utilisé celui du test. Et le maillot est si agréable à porter que je l’utilise en ville.
La communauté OpenRunner compte plus de 1,4 millions d’utilisateurs passionnés. Parmi eux, nous trouvons de nombreux cyclistes amoureux des traces qui aiment partager leurs découvertes. Bon nombre de clubs cyclos utilisent ce logiciel de tracés pour élaborer et partager leurs parcours. Il manquait à ces présentations de parcours une dimension documentaire : c’est désormais disponible sur Openrunner.
Effectivement la trace GPX, sur un fond de carte sans détail, est souvent insuffisante pour donner envie de partir à la découverte. L’outil Openrunner, créé et développé en France, se hisse à la hauteur des “grands” du monde du tracé de parcours, en offrant à ses abonnés et même à tous les utilisateurs qui ne le sont pas, des fiches parcours documentées par un texte et illustrées de photos. Bien évidemment tout repose sur l’auteur, qui devra renseigner ces éléments sur l’éditeur. Nous vous proposons de découvrir cette fiche parcours disponible sur ordinateurs, tablettes et mobiles. Bike Café utilise Openrunner pour intégrer les parcours de ses reportages aux articles publiés sur le site.
La fiche parcours
La fiche parcours contient toutes les informations essentielles pour préparer une sortie. Cette fiche bien renseignée fera la différence parmi la multitude de parcours proposés. Sa présentation a été améliorée dans cette dernière version d’Openrunner pour la rendre plus détaillée, plus qualitative et valorisante pour son auteur, afin de la partager avec la communauté. Voici un exemple qui correspond à un reportage que nous avons fait concernant l’essai sur Trek Domane+ SLR6. Nous avions choisi le Luberon pour tester l’efficacité de ce vélo de route électrique, doté d’un moteur hyper silencieux. C’est toujours intéressant pour nos lecteurs, qui souhaiteraient découvrir nos parcours, de pouvoir en récupérer la trace enrichie de nos commentaires et quelques photos.
Source Openrunner
Structure de la fiche parcours
L’entête
L’entête résume le contenu qui va suivre. Le titre du parcours, le type de vélo, les villes de départ et d’arrivée, l’auteur et la date de création du parcours. Cette date est importante notamment pour les parcours gravel qui peuvent évoluer dans le temps. Phénomènes météos et autres caprices de la nature peuvent avec le temps modifier fortement la qualité des revêtements. Pour les parcours sur route les descriptions seront plus stables.
Sur la ligne suivante, on trouve les avis (laissés par ceux qui s’exprimeront), les vignettes des photos d’illustration et des outils importants comme le téléchargement du parcours, le partage du parcours, la possibilité de mettre une appréciation, l’impression du parcours.
Le tracé
Pour le tracé, les familiers d’Openrunner ne seront pas surpris : un cartouche résumant toutes les données chiffrées du parcours et sur la droite des outils permettant, si vous êtes abonnés à Openrunner, d’agir sur la carte du parcours.
Sous cette carte, le profil altimétrique correspondant à ce tracé vous permettra de situer les points altimétriques que vous cliquez. La “roue” située à gauche vous indiquera les types de voies qui constituent ce parcours. Ici en rouge une partie piste forestière et DFCI car il s’agit d’une trace gravel.
La partie documentaire
Enfin, cette valeur ajoutée documentaire, illustrée de photos qui vous donnera peut-être envie d’aller mettre vos roues sur cette trace et peut-être également de venir sur notre site consulter le reportage qui a motivé ce parcours.
Sur l’appli smartphone
Les informations de la fiche sont également disponibles sur l’application pour Smartphone d’Openrunner.
On lit régulièrement dans la presse vélo des articles sur le retour du 26 pouces. Dans le jargon du journalisme, on nomme “serpents de mer” ce genre de thématiques récurrentes. À Bike Café, nous ne considérons pas du tout que les 26 pouces soient de retour, pour la bonne et simple raison qu’ils n’ont jamais disparu de nos rues et de nos garages ! Certes, les années 90 sont loin, quand les “petites roues” équipaient 100% des VTT. Les mountain bikes d’aujourd’hui et le diamètre de leurs roues ont beaucoup changé… mais les 26 pouces ont la peau dure et n’en finissent pas de faire parler d’eux. Pourquoi ? Comment ? Dans cette série de l’été, partons donc à la rencontre de quelques-uns de ces cyclistes qui délaissent les grandes roues et leurs itinéraires de route, de gravel ou de “Twenty Niner”, pour un détour et un tour de 26 pouces.
Frédéric Paulet peaufine le réglage des vitesses d’un Muddy Fox Seeker – photo Dan de Rosilles
Le détour du 26 pouces (épisode 1) : Rien ne se perd, tout se transforme
Le VTT 26 pouces est partout. Ce qui était il y a 30 ans un vélo parfois haut-de-gamme réservé à l’élite des cyclistes tout-terrain, est désormais un biclou de seconde ou de troisième main, cantonné à des déplacements urbains et des tâches subalternes. C’est le véhicule de base des collégiens et des étudiants, des ouvriers agricoles, des vélotafeurs, parfois abandonné à son triste sort, sans selle et sans roue avant, quand il a été laissé trop longtemps attaché à un lampadaire. Mais les disgrâces du 26 pouces sont aussi ses qualités, pour le plus grand plaisir de géniaux créatifs, qui savent transformer et valoriser ce vélo pratique, polyvalent et protéiforme.
Caminade, les ingénieurs
Geoffrey nous présente non sans fierté un 26 pouces transformé en vélo cargo – photo Dan de Rosilles
À chacun son cargo bike – Brice, le fondateur de Caminade, la marque de vélo Catalane et militante sise à Ille-Sur-Tet, à côté de Perpignan, en est persuadé : on vit une époque particulièrement déraisonnable. Dans une fuite en avant toute entière consacrée à l’ultra-consommation et au gaspillage des ressources, notre société ne pourra plus, dans un avenir très proche, se survivre à elle-même sans remettre fondamentalement en question l’ensemble de ses paradigmes. La disparition – programmée – de la voiture, la sur-utilisation suicidaire des énergies fossiles et la passion des déplacements longue distance devraient logiquement laisser place sans tarder à l’humble usage du vélo utilitaire.
Le plateau du haut est immédiatement accessible – photo Dan de Rosilles
Le plateau du bas peut supporter des charges de 150 kg sans nuire à la maniabilité – photos Dan de Rosilles
L’ancienne fourche a été tout bonnement remplacée par un module cargo – photo Dan de Rosilles
La direction à transmission par tringle est une solution universelle et fiable – photo Dan de Rosilles
La selle SAC est fabriquée à la main par Essax en Espagne – photo Dan de Rosilles
Encore faut-il pouvoir disposer de moyens de transport pratiques et à la portée de tout le monde. “ On a tous un vieux VTT dans le garage” rappelle Brice. D’où l’idée d’inventer un cargo “Low Tech” qui se greffe tout simplement et en quelques minutes à la place de la fourche d’origine de n’importe quel 26 pouces. Le bureau d’étude de Caminade l’a fait ; Geoffrey nous le présente à deux pas de la Fàbrica Vélo, dans une ruelle du bourg. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire ingénieux, pourquoi faire polluant quand on peut faire doux et durable ?
Frédéric, le docteur
Frédéric et son Cannondale CAAD5 utilitaire – photo Dan de Rosilles
Éthique, résilience et décroissance – Désireux de vivre et travailler en adéquation avec ses convictions, Frédéric a stoppé son activité de vélociste commerçant pour installer son atelier-laboratoire dans une grange haut-perchée en Lozère, au dessus du lac de Villefort, au cœur des Cévennes. Il y développe une économie solidaire, un atelier de mécanique vélo et du tournage sur bois. Ce virtuose du montage de roues et de l’adaptation de pièces de seconde main remonte et réinvente avec minutie et virtuosité des vélos de voyage, des destriers pour la course longue distance et des cargos électrifiés par ses soins, pour de chanceux cyclistes triés sur le volet. Il préfère soigner, réparer et réassembler plutôt que vendre du neuf et du prêt-à-rouler.
L’ingénieuse fourche Head Shock Fatty, avec son amortisseur inventé par Cannondale – photo Dan de Rosilles
Schwalbe Big Apple et fourche Fatty, un duo imposant – photo Dan de Rosilles
American pride – photo Dan de Rosilles
Un moyeu Alfine boulonné sauve ce vieil CAAD à la patte cassée – photo Dan de Rosilles
La vieille selle Brooks en cuir qui trône sur le Cannondale aurait sans doute pas mal d’histoires à raconter – photo Dan de Rosilles
Pour le 26” que Anne lui a demandé de remettre en service, il a combiné des pièces d’occasion (à l’instar des poignées de frein à tirage variable : long pour le V-Brake à l’avant, court pour le U-Brake à l’arrière) et des pièces neuves, comme les roues 26” à freinage sur jante Mavic Crossride UB 26, que Mavic continue de produire pour répondre à une demande incessante. Il est vrai que si l’on trouve facilement des cadres anciens en bon état, les roues d’époque ont souvent beaucoup souffert.
Les roues Mavic Crossride UB 26 sont parfaites pour rénover un ancien VTT – photo Dan de Rosilles
La roue Mavic Crossride UB 26 accepte les cassettes de 8 à 11 vitesses grâce à des entretoises – photo Dan de Rosilles
Les pneus d’un 26 pouces méritent eux aussi la juste pression – photo Dan de Rosilles
Frédéric a aussi sauvé du naufrage, pour son usage personnel, un Cannondale CAAD5 en aluminium qu’il utilise pour descendre faire ses courses à Villefort. Ce “26 puces”, condamné à une mort certaine à cause d’une patte arrière cassée, est désormais incapable d’accueillir un dérailleur et une attache rapide. Qu’à cela ne tienne ! Un moyeu Alfine de récupération, avec son axe boulonné et ses vitesses intégrées, a redonné une nouvelle vie au CAAD5.
Akim, le customizeur
Akim, le fondateur de granplato.cc et son GT Outpost de 1994 — photo Dan de Rosilles
Élégance et belles pièces – Akim est graphiste, musicien, et pilote de pignon fixe. Il est aussi connu pour être l’infatigable animateur du très célèbre rendez-vous “Le Mardi, C’est Fixie” qui réunit chaque semaine depuis 7 saisons à Arles des cyclistes buveurs de bières artisanales et amateurs de convivialité. Non content de s’adonner au pignon fixe (breakless s’il vous plaît, sinon rien), Akim s’est pris de passion pour les 26 pouces, qu’il traque inlassablement sur les internets et dans les vide-greniers.
La page d’accueil du site web granplato.cc – capture d’écran site web granplato.cc
Sur le blog de granplato, on retrouve les précédentes réalisations d’Akim – capture d’écran site web granplato.cc
Dans son atelier, Akim prépare les vélos qui seront bientôt en vente sur son site – photo Dan de Rosilles
Talentueux mécanicien et esthète, il a créé Granplato, un site web où l’on peut acheter les 26 pouces qu’il “Recycle, Rebuilt, Ressurect” en ”Néo-Rétro Commuter Bikes”, aussi efficaces en ville pour transporter des pizzas que pour enfiler les singletracks comme des perles dans les Alpilles. Sa signature : des peintures d’origine lustrées avec amour, des pneus-ballons surdimmensionnés, des transmissions mono-plateau “wide-narrow”. Les 26 pouces qu’il a déjà “repimpés” sont visibles sur le blog de Granplato ; de belles pièces détachées sont aussi disponibles au détail.
Détails d’un GT repimpé par Akim – photos Dan de Rosilles
Détails d’un GT Grade repimpé par Akim – photos Dan de Rosilles
Détails d’un GT Grade repimpé par Akim – photos Dan de Rosilles
Détails d’un GT Grade repimpé par Akim – photos Dan de Rosilles
Détails d’un GT Grade repimpé par Akim – photos Dan de Rosilles
Son savoir-faire en matière de customisation s’inscrit dans la même veine que ce qu’il démontre dans sa musique et ses travaux graphiques : un sens aigu de la mesure et de l’équilibre, une bonne dose de créativité et le respect de ce qui a fait date, de ce qui a existé, a marqué une génération, et perdurera comme un classique, une référence.
Dans le deuxième épisode, il sera question de nostalgie, d’addiction, d’itinéraires et de petits détails qui font la différence. Ne le ratez pas !
Voilà plusieurs années que Cannondale a lancé son modèle Topstone. Nous avons eu l’occasion de le tester au cours de ses différentes évolutions depuis 2019 et dernièrement dans sa configuration carbone. Ce Topstone nous a toujours séduit, Cannondale proposant des solutions techniques différenciantes et apportant un plus à la pratique en termes de confort. J’ai eu cette fois l’occasion de tester un modèle plus abordable de la gamme, le Topstone 1 en aluminium qui permet d’entrer dans l’univers Cannondale pour un budget plus contenu. Cerise sur le gâteau, j’ai pu le tester en deux configurations. Avec fourche carbone rigide et en option avec la fameuse fourche suspendue Lefty Oliver qui est désormais disponible depuis quelques mois en aftermarket et qui peut maintenant s’adapter facilement sur de nombreux vélos de gravel. Ce test suspendu fera l’objet d’un article ultérieur. Voyons si ce Topstone est toujours aussi attachant dans cette configuration aluminium.
Topstone 1 : les caractéristiques techniques
Le Topstone 1 coiffe pratiquement la gamme aluminium Topstone en termes d’équipements, ce qui est plutôt cohérent et en rapport avec le tarif proposé à 2399 €. Seule la version LTD propose un peu mieux côté équipements.
Le cadre est en aluminium Smart Form C2, la version haut de gamme de chez Cannondale. Avec des formes et épaisseurs différentes aux endroits où le cadre est le plus sollicité et a besoin de rigidité et résistance. Les soudures sont imposantes et plutôt lisses, ça respire la solidité. Mais elles sont assez grossières à certains endroits comme au niveau de la jonction haubans / tube de selle.
Des soudures lisses mais imposantes, photo Hugues Grenon
La fourche est en carbone, de belle facture et équipée de tout ce qu’il faut désormais pour le bikepacking (inserts, possibilité de fixation d’éclairage, de garde-boue, etc.), avec des passages de câbles en interne esthétiques et protecteurs, mais ne facilitant pas l’entretien.
Une fourche carbone de belle facture et équipée bikepacking, photos Hugues Grenon
Concernant la transmission, place à du sérieux et de l’éprouvé : un mix de Shimano GRX810 / GRX 600 / GRX 400, hormis le pédalier double plateau FSA 46/30 couplé à une cassette 11/34. Une belle polyvalence pour ce braquet, même si je suis plus habitué et adepte du monoplateau.
Un mix GRX 800/600/400 et un pédalier FSA, une transmission fiable et éprouvée, photos Hugues Grenon
Boitier fileté FSA, parfait pour un entretien facilité.
Un boitier fileté, parfait pour un entretien facilité, photo Hugues Grenon
Les roues sont également cohérentes avec ce montage : cercles WTB 28 avec une largeur interne de 23 mm, permettant une monte de pneus généreuse. Ce cadre et cette fourche peuvent accepter des 45 mm, sans sourciller, et même plus au vu de l’espace restant. Étonnant donc que ce vélo soit livré avec des pneus « fins » de 35 mm. Je les remplace immédiatement par des Hutchinson Touareg en 45 mm plus en adéquation avec le programme de ce vélo.
Un espace généreux donné pour monter des pneus de 45 mm voire un peu plus, photos Hugues Grenon
Les périphériques sont en alu, “Made in Cannondale”, du moins siglés Cannondale et de belle facture. La tige de selle est en diamètre 27,2 mm, parfait pour apporter un peu de confort. À noter qu’un passage interne est prévu pour une tige de selle télescopique. On pense à tout chez Cannondale ! La selle est une classique éprouvée Fizik Aliante Delta. Mais le choix est tellement personnel qu’il faudra la tester avant de l’adopter ou pas.
Des périphériques de belle facture siglés Cannondale, photos Hugues Grenon
Les passages de gaines se font en interne dans le tube diagonal puis en externe à partir du boîtier de pédalier. C’est propre et donne un air épuré et sportif au Topstone 1.
Des passages internes proprement réalisés au niveau du tube diagonal puis des passages en externe pour le reste, photos Hugues Grenon
Un très bon point, les inserts sont très nombreux et permettent d’adapter la bagagerie mais aussi les hauteurs de bidons. Un Topstone prêt pour vous emmener très loin.
Des inserts multiples qui permettront d’adapter votre chargement à votre sortie et voyage, photo Hugues Grenon
Au niveau de la géométrie, Cannondale a joué la stabilité tout en ne négligeant pas l’agilité. Désormais la norme, le top-tube est assez long. On sent l’inspiration VTT, avec un tube de selle assez court également et donc un sloping prononcé. Les haubans se reprennent sous le tube de selle, pour plus de nervosité. Bien vu car cela va compenser les bases assez longues de 435 mm et un angle de fourche assez ouvert, avec un déport important de 55 mm pour conserver une belle stabilité. Une géométrie réussie donc, efficace et adaptée au programme assigné, qui ne vous empêchera pas cependant de filer à très bonne vitesse.
Une géométrie alliant stabilité mais aussi agilité
Esthétiquement, ce gravel renvoie une impression de dynamisme et de sérieux avec sa couleur gris argenté et sa fourche noire. Il existe également dans une couleur plus fun, « Cinnamon », cannelle en français, qui se marie très bien avec des pneus à flancs beiges.
Une couleur Cinnamon, « cannelle » qui lui va à ravir
Pour finir le vélo a été pesé à 10,6 kg en pneus d’origine 35 mm montés en tubeless. Pas un poids plume donc, mais en rapport avec son programme, équipement et budget. Le poids n’est pas un critère prépondérant sur ce type de vélo et de pratique, où nous ne sommes pas à quelques centaines de grammes près.
10,6 kg, pas un poids plume, mais ce n’est vraiment pas le plus important sur ce type de vélo bien conçu et au tarif/équipements cohérent, photo Hugues Grenon
Place au test terrain.
Le test terrain
Un test sur différents terrains, photo Hugues Grenon
L’aluminium revient en force depuis quelques années chez les constructeurs. Moins onéreux que le carbone et plus léger que l’acier, sa réputation de bout de bois est désormais derrière lui. Car le travail des tubes et des alliages, associé à des pneus généreux offrent finalement du confort en gardant du dynamisme.
Ce Topstone se veut polyvalent vu son équipement, sa géométrie et ses nombreux inserts. Un vélo parfait pour partir à l’aventure.
Testé sur terrain roulant et boueux également car le test a été réalisé en début d’année dans des conditions humides, le Topstone 1 est très agréable à piloter. Sa géométrie sloping, ses haubans raccourcis et la qualité du cadre lui confèrent une belle réactivité. Il est également stable à haute vitesse, grâce à ses bases généreuses et son angle de direction. On se sent donc en sécurité dans un confort tout à fait appréciable qui, il est vrai optimisé avec les pneus de 45 mm, qui sont pour moi parfaits pour ce type de programme. Un appel du pied à Cannondale pour le livrer d’origine avec des pneus plus généreux que les pneus de 35 mm, d’un autre temps en gravel. Bon point cependant au montage tubeless d’origine qui apporte aussi du confort.
Du confort, de la sécurité mais aussi du fun à son guidon, le Topstone1 vous emmènera loin, photo Hugues Grenon
Cette monte tubeless généreuse permet également de baisser en pression ce qui est positif pour augmenter le confort de la partie avant, une fourche carbone étant en général assez peu confortable.
La transmission vous emmènera loin également. Elle est très polyvalente avec son braquet et sa plage élevée. Les plateaux de 46/30, couplés à une cassette 11/34 vous permettront aussi bien de filer à très bonne vitesse sur piste roulante, que de grimper de belles cotes même avec le vélo chargé en bikepacking. On aurait aimé un groupe complet GRX, avec un pédalier Shimano GRX mais les disponibilités et coûts ont certainement eu raison de ce choix. Rien à dire sur le freinage éprouvé du groupe Shimano de la série 400.
Les roues WTB et moyeux Formula sont tout à fait corrects. Dans cette gamme de prix c’est souvent sur ce poste de coût que le bât blesse. Vous pourrez toujours remplacer les roues plus tard, quand elles seront HS ou quand vous aurez le budget. Cela vous fera gagner en dynamisme et poids. Même si je ne les ai pas pesées, vous pouvez facilement gagner quelques centaines de grammes, un point important sur le train roulant.
Le cintre gagnerait à être un peu plus large et évasé, même si le flare est à 16°. Ce serait plus en rapport avec ce vélo baroudeur mais aussi avec lequel on peut s’amuser dans les singles et qui demande donc un certain bras de levier.
Un cintre évasé mais qui pourrait être un poil plus large et évasé encore, photo Hugues Grenon
L’adhérence en montée est excellente grâce à sa géométrie axée stabilité et son empattement long.
Verdict
Topstone1, un beau gravel, cohérent et efficace, photo Hugues Grenon
J’ai été séduit par ce Topstone 1 en aluminium, même s’il n’est pas comparable à la version carbone équipée du système Flex Kingpin, laquelle apporte encore plus de confort. Ce vélo est cohérent et a tout ce qu’il faut pour partir barouder longuement et en sécurité. Il apporte également une bonne dose de fun et vous pourrez envoyer dans les singles ou sur les grands chemins. Son tarif permet d’entrer dans l’univers particulier de Cannondale, avec un équipement très cohérent et éprouvé. Vous pourrez le faire évoluer plus tard avec une paire de roues plus haut de gamme pour gagner en dynamisme. Le Topstone 1 existe en 5 tailles, 2 coloris et est proposé au tarif de 2399 €. À noter que la gamme est très complète et s’étend du LTD à 2699 € au Topstone 4 à 1299 €. Une gamme large et répondant aux aspirations et budget de chacun. Tout en conservant le même cadre et fourche carbone ! Une belle proposition, donc.
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