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Sélection Route, Gravel & Vélotaf – Décembre

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Nouveautés vélo décembre 2022
Nouveautés vélo décembre 2022

Dans nos pratiques hivernales, bien choisir nos équipements est un acte important. Route, Gravel et Vélotaf… ces choix sont généralement faits dans un souci de polyvalence permettant de croiser ces différentes pratiques. Se protéger du froid et rouler confortablement, voilà les thèmes qui ont orienté cette sélection de produits.

Sac à dos Urban Backpack Zefal

Découvert et adopté par Olivier

Olivier, du café vélo La pince à Vélo, a découvert ce sac dans la gamme Zefal et ne le quitte plus ! Il cherchait un sac pratique, modulable et permettant d’accueillir son ordinateur portable de grande taille. Ce sac rassemble ces trois qualités et même plus. Présentation.
Tout d’abord ce Backpack est à la fois sobre mais original et élégant. Son tissu gris moyen « chiné » est réhaussé de touches de gris anthracite et surtout de courroies en cuir marron « Christophe », produit historique de Zefal, lui apportant une touche vintage classe et bienvenue. Le mélange du moderne et de l’ancien en quelque sorte.
Son volume de 27 litres est idéal et ses dimensions de 30 x 45 x 13 cm sont parfaites pour y loger vos affaires de la journée et votre ordinateur portable jusqu’à 15 pouces.

ZEFAL
Des dimensions parfaites pour vos objets et affaires du quotidien – photo Zefal

La fermeture se réalise par enroulement et vient se parfaire par les deux courroies en cuir. L’intérieur du compartiment principal est également accessible par le côté pour faciliter l’accès au PC. Un rangement supplémentaire est disponible mais aussi une poche extérieure avant avec zip étanche. Sur le côté, des sangles permettent de transporter un antivol en U.
Pour le transport, deux options : soit sur le dos avec des sangles réglables en hauteur, larges et ergonomiques, soit sur le porte-bagage grâce à un système de fixation universel caché derrière une doublure molletonnée.

Enfin, en cas de pluie importante, un sac de pluie jaune fluo logé sous le sac se déroule pour le couvrir.

Le sac est en RPET recyclé à partir de bouteilles plastiques. Affiché au tarif de 99,95 €, ce sera un beau cadeau de Noël qui vous suivra dans votre quotidien.

Toutes les infos sur le site de Zefal

Tenue Scrapper Urban Taff

Testée par Laurent

Scrapper, la marque de Go Sport, continue de proposer des produits très abordables et plutôt intéressants. C’est le cas de cette tenue destinée au Vélotaf, comme son nom le laisse suggérer. Commençons par la veste Urban Taff JKT. Celle-ci est une veste déperlante urbaine, ayant un indice d’imperméabilité de 10000 Scmherber et de 10000 gr/m2/24h pour la respirabilité (mesure MVTR). Celle-ci est dotée de logos réflectifs et de bandes réfléchissantes.

Go Sport

Composition : 70% nylon , 30% polyester
Lien fabricant :
https://www.scrapperbike.fr/equipment/urban-taff-jkt/
Prix :
49.99 €

Concernant le pantalon Scrapper Urban Taff, vendu distinctement de la veste, celui-ci utilise strictement le même composé que la veste. Il se veut donc déperlant, avec un indice d’imperméabilité de 10000 Scmherber et de 10000 gr/m2/24h pour la respirabilité (mesure MVTR). Il présente aussi des logos réflectifs et des bandes réfléchissantes. Il est doté de couvre-chaussures amovibles (par boutons pressions).

Go Sport

Composition : 70% nylon , 30% polyester
Lien fabricant :
https://www.scrapperbike.fr/equipment/urban-taff-jkt/
Prix :
49.99 €

A l’essai, cet ensemble est effectivement plutôt élégant, léger et discret. Presque trop, puisque ses coloris ne favorisent pas la visibilité. Mais l’aspect urbain est réussi et permet de revêtir facilement cet ensemble dans un environnement professionnel. J’ai trouvé que l’ensemble coupe bien et se montre même plutôt qualitatif, ce qui est rare dans cette gamme de prix ! L’étanchéité est réelle, même sous de belles averses, contrairement à la respirabilité, que je trouve en retrait. Cependant, pour un usage Vélotaf sur des distances et un engagement physique faibles, c’est tout à fait acceptable. La capuche, ainsi que les couvres chaussures sont bien adaptés au vélotaf. En revanche, j’ai noté une fragilité des boutons pressions des couvres chaussures (amovibles). En somme, voilà un ensemble abordable, globalement bien réalisé et cohérent avec la saison.

Veste Nakamura Led 360

Testée par Laurent

Dans le même esprit que la tenue précédente, Nakamura – propriété de Intersport – propose également des produits très abordables et intéressants, notamment dans le domaine du vélotaf “hivernal”. Cette veste réfléchissante est équipée de 11 LED, et elle est faite autour d’une membrane censée assurer imperméabilité et respirabilité. Les 11 LED situées dans le dos (rouges) et sur les bras (blanches) ont 2 modes de fonctionnement : fixe ou clignotant (choix via le bouton poussoir sur la batterie). Elles sont alimentées par une batterie amovible rechargeable par USB de 1200 mAh.

L’indice d’imperméabilité est de 8000 Scmherber et de 8000 gr/m2/24h pour la respirabilité (mesure MVTR). Les coutures sont étanches, tout comme les 4 poches.

A l’essai, cette veste est effectivement très visible. Difficile de faire plus visible à vrai dire, puisque hormis la couleur fluo, celle-ci est dotée de nombreux inserts réfléchissants. Certes peu discrète, cela n’empêche pas cette veste d’être bien coupée, d’un bon compromis entre liberté et sportivité. Les LED sont réellement efficaces de nuit, mais plutôt inutiles de jour car pas assez puissantes. L’autonomie est cohérente avec une utilisation vélotaf puisque j’ai pu tenir sans problème 3h00 en mode clignotant par une température d’environ 10 degrés. La notice annonce carrément 42h00 ! Le temps de charge est cependant lent, plusieurs heures sont nécessaires selon le chargeur. L’imperméabilité est de bon niveau, et la respirabilité également, notamment grâce aux zip sous les bras qui sont les bienvenus quand le cardio s’accélère. La partie dorsale mériterait cependant un peu plus d’aération. Finalement, voilà une bonne veste pour du vélotaf nocturne, abordable et qui semble assez durable au regard de la qualité de fabrication.

Composition : 100% polyester
Lien fabricant :
Veste De Cyclisme Homme Veste Led 360 JAUNE NAKAMURA | INTERSPORT
Prix :
89.99 €

Veste détectable URBAN CIRCUS X CONTINENTAL

Testée par Laurent

Bien plus innovant (et couteux), Urban Circus, spécialiste des vêtements à haute visibilité pour usagers des mobilités douces, a récemment dévoilé sa nouvelle collection créée à partir de tissus recyclés. La volonté d’Urban Circus est d’allier sécurité, style et éco-conception. Toutes les pièces de la collection sont éco-conçues à partir de polyester recyclé provenant de matières plastiques collectées dans les mers et les décharges. Ces tissus sont certifiés par le label GRS (Global Recycled Standard) garantissant le respect de critères environnementaux et sociaux (consommation d’eau, production responsable, traçabilité…). Au sein d’une gamme qui s’est bien agrandie depuis que Patrick vous l’avait présentée dès 2016, Urban Circus a franchi un cap en matière d’innovation en s’associant avec Continental pour créer DETECTABLE, la 1ère veste détectable par les caméras embarquées des véhicules. Dotée d’un tissu rétro-réfléchissant UrbanReflect®, la veste combine de manière inédite deux critères : la visibilité (par l’œil humain) et la détectabilité (par les systèmes d’aide à la conduite des véhicules motorisés).

DETECTABLE : le fruit de la collaboration d’Urban Circus et Continental

“Après des heures de test et de calculs, les ingénieurs de Continental ont détaillé les exigences à respecter dans la conception de la veste pour faciliter la détection par les systèmes d’aide à la conduite et ainsi créer la veste la plus détectable au monde. Nous avons ensuite, chez Urban Circus, développé avec nos propres technologies un design sur-mesure tout en gardant en tête les différentes attentes des cyclistes en termes de fonctionnalités comme par exemple la respirabilité et l’imperméabilité” explique Quentin Xavier, co-fondateur d’Urban Circus.

Imperméabilité et respirabilité restent au centre de la conception de la veste DETECTABLE

Concernant la visibilité, le cahier des charges respecte la norme Haute Visibilité EN17353 (efficacité de la veste de jour comme de nuit). Le tissu rétro-réfléchissant UrbanReflect® enduit de milliers de microbilles de verre, permet à la veste de réfléchir la lumière des phares des véhicules jusqu’à 300 m contre moins de 50 m pour un vêtement blanc. La veste assure également une visibilité oculaire de jour par ses empiècements de tissus technologiques fluorescents placés stratégiquement.
« Le taux de réflectivité des parties rétroréfléchissantes a été optimisé pour éviter l’éblouissement des capteurs (LiDAR et caméra) des systèmes d’aide à la conduite. Cela a été obtenu par l’ajout d’un monogramme fluorescent du plus bel effet sur le tissu. Le risque d’un halo lumineux autour de la veste pouvant perturber l’identification par les capteurs est ainsi éliminé. La détection est ainsi améliorée quelles que soient les conditions d’éclairage. L’emplacement et la taille des différents empiècements de tissu sont stratégiquement choisis pour obtenir une parfaite symétrie et accentuer la silhouette d’un piéton. Par exemple, les surfaces sombres sous les bras aident à différencier les bras du reste du corps”, détaille Niklas Pettersson, expert en systèmes d’aide à la conduite chez Continental.

DETECTABLE by Urban Circus X Continental

La veste DETECTABLE, fruit de ce partenariat inédit, est détectée jusqu’à deux fois plus loin par les capteurs (Lidar et caméras). Le dispositif de Freinage Automatique d’Urgence (FAU) peut alors être déclenché plus tôt et ainsi éviter les risques de collision. « Les fonctions d’aide à la conduite se basent sur l’IA pour détecter les personnes (piétons, cyclistes…), estimer leurs trajectoires, leurs vitesses, leurs positions et adaptent le mouvement du véhicule et son comportement si l’IA estime qu’il y a un risque. » explique Boris Lugez, expert en systèmes d’aide à la conduite chez Continental.

A l’essai du vélotaf

Premièrement, ce qui saute aux yeux, c’est la finition, résolument haut de gamme et donc conforme au tarif, plutôt élevé. Deuxièmement, la coupe est un bon compromis entre aisance et ajustement, et rend cette veste bien coupée, et presque élégante sous certains angles ! Coutures et sérigraphie spécifique distinguent cette veste Urban Circus du reste des productions destinées à la mobilité urbaine. Là-dessus, le poids n’est pas le point fort de ce modèle qui accuse tout de même 750 g sur la balance pour cet exemplaire en taille M. Cependant, il est vrai que je suis plus habitué à tester des produits à la destinée plus sportive, donc bien plus légers (et bien moins visibles aussi). Le climat de cette fin d’automne m’a rapidement permis d’enfiler cette veste sous la pluie. Lors d’un trajet de 1h15 avec celle-ci, sous une pluie de faible à modérée, j’étais toujours au sec. La capuche s’enfile aisément par-dessus le casque, mais peut s’avérer un peu gênante pour la visibilité, notamment à cause d’une visière certes très protectrice, mais aussi de mon point de vue, trop longue.

Urban Circus
Visible et imperméable, comme ici sous la pluie et de nuit (photo Laurent BIGER)

J’ai apprécié également la chaleur de cette veste, qui permet largement du vélotaf hivernal. D’ailleurs, les mitaines intégrées peuvent être suffisantes pour de courts trajets urbains, selon la température évidemment… La respirabilité est en léger retrait de certains produits qui peuvent être en concurrence, bien que différents puisque peu d’entre eux intègrent une matière isolante comme celle-ci (ce sont souvent des hardshell, à compléter par une couche isolante en dessous). Peu de poches équipent cette veste, mais finalement elles sont bien disposées, ce qui est bien l’essentiel.

Urban Circus
Une veste bien coupée, et presque élégante sous certains angles (photo Laurent BIGER)

Pour conclure, la marque française Urban Circus propose avec la veste Detectable un produit résolument innovant, notamment à travers ce partenariat avec un mastodonte de l’automobile comme Continental. Le produit est certes couteux, mais qualitatif et même élégant. Aussi, cette veste ne devrait pas avoir de mal à s’imposer chez une certaine clientèle de grandes villes, avide d’une mobilité douce mais qui soit aussi “branchée”.

Urban Circus Detectable

Caractéristiques :
La face réfléchissante est 100% en polyester avec un traitement déperlant. Elle est dotée d’empiècements réfléchissants jusqu’à 300 m et d’une membrane imperméable 10.000mm Schmerber et micro-perforée 5.000 gr/m2/24h MVTR pour la respirabilité.

Lieu de fabrication : Province de Jiangxi – Chine du Sud-Est

Poids : 750 g en taille M

Composition : 100% polyester
Lien fabricant :
https://urban-circus.fr/products/veste-detectable
Prix :
235€

Chaussures Gravel Shimano RX8

Testées par Eric

Shimano RX8
Shimano RX8, des chaussures performantes dédiées au gravel – photo Hugues Grenon

Shimano, outre ses transmissions spécifiques, développe une gamme « RX » de composants et de vêtements dédiés au gravel. RX comme « Road Crossover ». Les chaussures RX8, modèle référencé RX800 exactement, présentées ici, en font partie. Eric a pu les tester dans différentes conditions, voici son retour.
Les caractéristiques sont les suivantes :

  • Constitution : cuir synthétique et inserts mesh pour la respirabilité
  • Système de serrage BOA IP1
  • Semelle en carbone composite très légère
  • Indice de rigidité de 10
  • Technologie Dynalast
  • Crampons en TPU léger résistants à l’abrasion
  • Système conçu avec des pédales SPD
  • Poids de la paire en taille 44 : 598 grammes
  • Tailles : du 38 au 48

Tout d’abord, la couleur bronze camouflage est originale et bien en rapport avec la pratique gravel. La prise en mains (en pieds plutôt) est facile malgré la rigidité des chaussures dues aux semelles en carbone avec un indice de rigidité maximum.
Le chausson est bien étudié car le couvrant du coup de pied est en deux parties superposées qui, associé au serrage Boa positionné sur le côté, permet un bon serrage sans déformer la chaussure. La partie intérieure du coup de pied glisse sur la partie extérieure assurant ainsi un serrage uniforme sans point de compression particulier.

Shimano RX8
Un serrage millimétrique grâce au système de fermeture à deux languettes serrées via le Boa et au scratch en partie avant. La boue ne rentrera pas ! photo Eric Guzman

C’est un plus je trouve par rapport aux chaussures où le Boa se trouve centré sur le dessus. La languette du coup de pied peut dans ce cas se trouver déformée ou le Boa peut avoir tendance à serrer le coup de pied en fonction de la souplesse de la languette.
La languette scratch en bout de pied a une fonction plutôt de libération au déchaussage car elle n’apporte pas trop au niveau du serrage.

La semelle intérieure est plutôt confortable et est livrée avec deux adaptateurs de voûte plantaire (medium et haut).

Shimano RX8
Une semelle intérieure livrée avec deux adaptateurs de voûte plantaire – photo Eric Guzman

La voûte médium est installée de base sur les semelles et était adaptée à ma morphologie de pied. Les personnes ayant un pied plus creux pourront utiliser l’insert rouge, plus haut, un plus pour le maintien et le confort.

Au niveau largeur, ayant un pied relativement standard, rien de spécial à signaler. J’ai juste ressenti à la première utilisation un point de compression tout autour du pied, mais qui n’a duré qu’une petite heure, le temps que la chaussure se fasse un peu. La mise en place des cales SPD n’a pas posé de problème particulier.

Au pédalage, la puissance est parfaitement transmise. On ne sent pratiquement pas de déformation de la chaussure, même lors de la phase de remontée. Elles sont extrêmement légères et se font oublier. Car elles sont également respirantes.

Shimano RX8
Des chaussures légères et respirantes qui se feront oubliées – photo Hugues Grenon

A la marche, lors des poussages ou portage du vélo, il conviendra d’être attentif sur les sols durs et glissants. Les crampons sont assez hauts et durs et l’appui n’est pas très large. Gare aux chevilles car le pied peut avoir tendance à vriller si l’on n’y prête pas une attention particulière.

Shimano RX8
Une semelle assez étroite et rigide assortie de crampons hauts : vigilance à la marche pour la cheville mais belle accroche en terrain gras – photo Hugues Grenon

J’ai pu les tester aussi en terrain très gras. Dans ce cas, la hauteur des crampons permet une bonne accroche. Dans ces conditions boueuses, le pied est resté au sec. D’ailleurs, l’intérieur de la chaussure est resté propre ce qui traduit un ajustement parfait comme dit plus haut.

Shimano RX8
Des chaussures adaptées aux conditions sèches et boueuses, vos pieds resteront au sec – photo Eric Guzman

La chaussure se nettoie et s’entretient très facilement. Un coup brosse et de chiffon humide et elles seront comme neuves.

En conclusion, ces RX8 sont performantes et confortables. Elles sont clairement plutôt dédiées à une pratique race mais s’accommoderont aussi de sorties plus loisirs si les phases de portages sur terrain accidenté ne sont pas trop fréquentes.
Elle sont disponibles en trois couleurs : bronze (ici testée), argent et noir.

La gamme RX8 existe aussi en version femme.

Shimano RX8
Une version femme est également disponible

Affichées à 235 € PP, vous les trouverez beaucoup moins chères en fouillant un peu. D’autant que des versions RX801 viennent de sortir récemment avec quelques améliorations supplémentaires (Boa, demi-taille, choix de la largeur) et une version RX801R pour les conditions plus humides.

ODYSSEY la collection hivernale gravel de PEdALED

Repérée par Patrick

La marque nippo-italienne m’a toujours intéressé. Je l’avais découverte en 2016 lors d’une visite à l’Eurobike et depuis j’observe avec intérêt la sortie de ses nouvelles collections, toujours inspirées. Le mariage du design japonais associé au savoir-faire textile italien fonctionne plutôt bien. La marque joue la carte de l’ultra, elle est notamment partenaire de la Transcontinentale Race. Elle conçoit des vêtements cyclistes faits pour durer et cette collection d’endurance Odyssey en est un excellent exemple.

ODYSSEY la collection hivernale gravel de PEDALeD
Photo PEdALED

S’habiller pour tenir la distance, que ce soit en sortie ou en course, nécessite une attention particulière.” Cette phrase qui annonce la présentation de cette collection résume l’intention. Les vêtements de vélo d’hiver Odyssey présentés associent des tissus techniques et polyvalents à des détails intelligents et réfléchissants, conçus pour les jours et les nuits interminables sur la selle.

Extrait de la collection Odyssey – site internet de PEdALED

Cette collection hivernale propose des vestes isolantes en Polartec aux maillots de vélo respirants fabriqués avec des tissus approuvés par Bluesign.

Infos sur le site de PEdALED

Look endurance 765 Optimum

Présenté par Patrick

La marque de Nevers, bien connue dans l’univers de la conception carbone, dévoile son nouveau vélo : le 765 Optimum. L’évolution de sa gamme de vélos d’endurance bénéficie d’une disposition innovante des fibres de carbone et d’une géométrie spécifique, équilibrant rigidité et flexibilité. Cette alchimie entre confort et performance est destinée aux cyclistes passionnés afin qu’ils puissent rouler confortablement sur de longues distances, sans compromettre l’efficacité.

Le nouveau LOOK 765 Optimum
Le nouveau LOOK 765 Optimum – Photo Look

Entièrement redessiné, le cadre 765 OPTIMUM utilise des fibres de carbone de différents modules combinées à une fibre
développée spécifiquement pour l’endurance et permettant une dissipation des vibrations, beaucoup plus rapidement et efficacement qu’avec tout autre matériau. La nouvelle géométrie du 765 OPTIMUM, optimisée pour l’endurance, utilise la technologie 3D wave, pour une souplesse 20% plus importante que le modèle précédent, tandis que le boitier de pédalier au standard T47 assure légèreté, fiabilité et un transfert de puissance ultra efficace.

Avec la possibilité de monter des pneus pouvant aller jusqu’au 700×34 mm, le 765 OPTIMUM permet aux cyclistes de choisir un pneu large pour un confort accru. Le routage intégré des câbles a été conçu pour un entretien simple et intuitif ; les câbles entrent dans le cadre sous le guidon, ce qui permet de retirer la potence et le guidon sans avoir à déconnecter les durites hydrauliques. Le nouveau 765 OPTIMUM offre la possibilité aux cyclistes au long cours d’ajouter une protection supplémentaire avec des garde-boues sans compromettre l’esthétique du vélo.

Le design

Le nouveau LOOK 765 Optimum
Le design du nouveau 765 Optimum – photos Look

La nouvelle potence Intégrée LS3 combinée au léger slooping du tube horizontal vient volontairement plonger dans les haubans 3D Wave accentuant ainsi un harmonieux galbe pour une allure particulièrement souple et élégante.

Les haubans

Le design des haubans enrichi de la technologie 3D WAVE apporte au vélo une efficacité latérale optimisée et un confort amélioré grâce à leurs formes spécifiques et au choix du carbone qui les composent. La technologie 3D WAVE accentue la filtration des vibrations pour obtenir un gain de confort de 20% par rapport à des haubans traditionnels.

Le nouveau LOOK 765 Optimum
Les haubans du nouveau LOOK 765 Optimum laissent imaginer un excellent confort – photos Look Cycles

Géométrie

Le nouveau LOOK 765 Optimum


 XSSMLXL
Stack534558582606630
Reach359369379389399
I – Tube de direction (°)70.870.870.870.870.8
J – Tube de selle (°)470490510535560
A – Tube de selle601.3601.3601.3601.3601.3
B – Tube horizontal511.8528.7545.5562.4579.3
C – Front Center576594613630650
D – Trail6767676767
F – Déport de fourche5050505050
G – Bases415415415415415
K – Tube de direction93118146172200
L – Fourche385.5385.5385.5385.5385.5
HAV767673.573.571
Standover742766790814838

Spécificités techniques :


• Géométrie endurance
• Disposition des fibres de carbone spécifique à l’endurance
• Technologie 3D Wave
• Cadre et fourche – poids de 1400 g (en taille M)
• Pneumatiques jusqu’à 700×34 mm
• Boitier de pédalier T47
• Passage de câbles intégré via potence LOOK Cycle LS3
• Compatible garde-boues

Prix et disponibilités :
Le 765 OPTIMUM est disponible en 5 tailles (XS, S, M, L et XL), avec 5 options de montage en vélo complet et 2 coloris en version cadre :

Le nouveau LOOK 765 Optimum
765 OPTIMUM – SHIMANO ULTEGRA 2×11 – BLACK SATIN – PVC 3790 €



Le nouveau LOOK 765 Optimum
765 OPTIMUM SRAM RIVAL ETAP 2×12 – CHAMELEON GREEN BLUE – PVC 4690 €


Le nouveau LOOK 765 Optimum
765 OPTIMUM – SHIMANO 105 DI2 2×12 – CHARCOAL METALLIC SATIN – PVC 5390€


Le nouveau LOOK 765 Optimum
765 OPTIMUM – SHIMANO ULTEGRA DI2 2×12 – CHARCOAL METALLIC SATIN – PVC 6290 €

Gamme Look Route Endurance 765 Optimum


Le nouveau LOOK 765 Optimum
765 OPTIMUM FRAMESET – METALLIC TRUE BLOOD SATIN ou BLACK SATIN – PVC 2150 €

Hinault…

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Hinault Prolongation Ouest France
Hinault Prolongation Ouest France
Hinault Prolongation Ouest France

Les Éditions Ouest-France célèbrent Bernard Hinault, le plus grand cycliste français de l’après-guerre, en lui consacrant un livre événement. Cet ouvrage, de 112 pages baptisé Hinault, retrace l’histoire d’un champion, d’un sport, d’une époque et raconte le destin hors-norme de ce Breton dur au mal qui possède le plus beau palmarès français. Photo de couverture ce livre, posé sur un maillot collector créé par Mavic qui avait commencé une collection en hommage à de grands champions (Patrick VDB)

Cet ouvrage est une sorte de “Mook” à mi-chemin entre magazine et livre. Ce grand format (32 x 24 cm) permet une belle mise en page présentant agréablement un très bon choix photo. C’est le premier ouvrage d’une nouvelle collection “Prolongation” qui raconte les légendes du sport de l’Ouest comme vous ne les avez jamais lues. Ce premier titre dévoile Bernard Hinault dans sa vie, mais aussi dans la vie des autres avec des entretiens fleuves, des témoignages, de belles photos, des contributions surprenantes et populaires. Prolongation, c’est l’histoire d’un champion, d’un sport, d’une époque.

Dans le monde du vélo Hinault est mon idole. Il a démarré son incroyable carrière au même moment où, âgé de 30 ans, je reprenais goût au sport sur un vélo Peugeot acheté d’occasion. J’ai aimé le champion, l’homme sans le connaître, mais pour moi son authenticité était tellement flagrante, que je lui vouais une admiration inconditionnelle. Il me rendait bien cette admiration en nous offrant ses victoires “à la pédale” et ses réactions parfois vives et sincères, qui révélaient l’image d’un grand sportif au caractère affirmé.

Hinault Prolongation Ouest France
La carrière sportive de Bernard Hinault est revisitée dans cet ouvrage – photo Patrick VDB

Ce livre m’a comblé… Il est écrit par des journalistes de talent, qui ont réalisé un vrai travail de recherche. Ils ont recueilli de nombreux témoignages de personnalités, ne venant pas uniquement du monde du vélo. Ils ont réalisé la meilleure interview de Bernard Hinault que j’ai pu lire depuis que le “Blaireau” s’est retiré dans son terrier. Derrière le champion il y a l’homme et sa femme Martine, ses petits-enfants. Ce livre est un beau cadeau pour tous les gens de ma génération, qui ont voué à ce grand champion une profonde admiration. C’est aussi pour les plus jeunes un exemple de vie qui donne du sens à la fameuse formule : “dans la vie et dans le sport, ne lâche rien”.

Hinault Prolongation Ouest France
Les petits-enfants de Bernard lui ont fait arrêter sa collaboration avec ASO sur le Tour de France… photo Patrick VDB

Informations

  • Titre : Hinault
  • Auteur(s) : Jean-Luc Gatellier – Vincent Coté – Mathieu Coureau – Clément Commolet
  • Editeur : Ouest France
  • Site web éditeur : https://editions.ouest-france.fr/hinault-9782737387098.html
  • Nombre de pages : 112
  • ISBN : 9782737387098
  • Date de publication : septembre
  • Prix TTC : 19,90 €

Pitch de l’éditeur

Hinault Prolongation Ouest France
Bernard et Hinault… les 2 périodes de vie de ce grand champion – photo Patrick VDB

Pendant de longs mois, les journalistes de la rédaction du premier quotidien de France sont allés à la rencontre de Bernard Hinault, cette légende du cyclisme originaire de Bretagne. À l’issue d’un travail d’écriture ponctué d’échanges et de confidences, les Éditions Ouest-France publient un recueil sur son incroyable carrière, jalonnée de victoires, de remises en causes, de coups de sang et d’exploits majeurs.

Baptisé Hinault, ce livre est une rencontre exceptionnelle avec ce Breton authentique et franc qui continue de fasciner toutes les générations.

Entre entretiens intimes, révélations émouvantes et belles images, le quintuple vainqueur du Tour de France se confie sur sa vie d’après au fil des pages. De nombreuses personnalités se sont prêtées au jeu des témoignages comme Eddy Merckx, Frédéric Lopez, Bixente Lizarazu, Laurent Gerra ou encore Philippe Brunel pour ne citer qu’eux. Cet ouvrage : Hinault est issu de “Prolongation”, la collection des Éditions Ouest-France qui raconte les grands champions de l’Ouest d’hier et d’aujourd’hui.

 

 

Quel est l’avenir du format pneumatique 650 en gravel ?

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Allroad
Je descends sans souci des monotraces rugueuses avec un sentiment de sécurité et l'envie de passer partout - photo Mavic-Jérémie Reuiller

En observant l’offre de pneumatiques gravel, je constate que le format 700 est en train de creuser l’écart par rapport au 650 B (27.5 pouces). Je me pose carrément la question de l’avenir de cette taille de pneumatiques. Avec l’arrivée de cadres de vélos plus permissifs en matière de passage de roue, le contexte matériel rend possible l’usage de largeurs 45 ou 50 en 700. Désormais, ces dimensions de pneus se sentent plus à l’aise dans les fourches et les bases de ces nouveaux cadres. Quelle est la vision des manufacturiers du pneu de vélo et celle d’un grand distributeur sur ce sujet ? – photo de couverture Dan de Rosilles sur un Caminade Allroad (Mavic-Jérémie Reuiller).

Test du Salsa Warbird équipé XPLR
Matthieu sur un Salsa Warbird en Zipp G40 XPLR et Patrick en 650 x 43 Panaracer Gravelking sur son WishOne Sub… la différence est subtile, sauf le roulant – photo Philippe Aillaud

Le 650 a toujours été une niche depuis le début du gravel, mais j’avais remarqué il y a 5 ans une tendance qui poussait certains pratiquants à rechercher avec ce format (cf. mon article de 2017) la possibilité d’installer sur leurs vélos un plus gros ballon, pour gagner en confort. L’alternative proposée par les marques de vélos était 700×40 ou 650×47… C’était une sorte de “standard de fait” induite principalement par les gros volumes de commande en OEM (Original Equipment Manufacturer) passées par les constructeurs de vélos. J’ai l’impression que les parois de la niche, déjà étroites du 650, se resserrent encore plus. Des marques comme Schwalbe ou Hutchinson renoncent, sur leurs nouveautés, à produire symétriquement le format 650. Comme dans le VTT, où le 29 pouces est pratiquement devenu standard, va-t-on également sur une croissance des circonférences ? Un 700 monté en 50, ça commence à faire un beau tour de roue.

Chez Hutchinson

Tundra Hutchinson
Le nouveau pneu Tundra a été testé cette année sur Bike Café. Il ne sera pas produit en 650 – photo Hugues Grenon

Chez le fabricant français de pneus il existe 3 modèles gravel : Overide, Touareg et Tundra. Le Tundra ne sera pas produit en 650. Pour les Overide et Touareg le format 47 est présent dans cette taille de roue, mais il n’existera pas dans les nouvelles versions 45 et 50 qui arrivent en 2023. “Effectivement, l’an prochain nous n’aurons plus que 5 références gravel en 650, contre plus d’une dizaine en 700. Les grosses sections que nous allons sortir ne seront pas disponibles en 650“, me confirme Sylvie Woroniecki, Global Communications Manager. “La demande en matière de 650 est plus faible. Elle se justifie par le montage sur des petits vélos comme chez Canyon par exemple ou pour des personnes qui ont une utilisation plus off-road“, précise Sylvie, pour signifier que ce format n’est pas inutile notamment en OEM. Le gros de la demande gravel chez Hutchinson est quand même centré sur du 700 “On est sur des pratiques où on va chercher à rouler et pas forcément faire du single technique“, conclut Sylvie.

Hutchinson produit 3 pneus de gravel
Hutchinson produit 3 pneus gravel : le Overide, le Touareg et le Tundra – photo Hutchnison

De la même façon que Schwalbe, les possesseurs de roues de 650 ne seront pas abandonnés et franchement la différence en 47 et les futurs pneus en 50 n’est pas énorme. Par ailleurs il faut également regarder l’offre VTT de la marque avec des largeurs plus importantes dans la gamme 27.5 dans laquelle les amateurs de “gros ballons” pourront trouver leur bonheur.

La gamme gravel chez Hurchinson.

Chez Schwalbe

Usage Schwalbe Overland
La gamme gravel Schwalbe, tableau de choix en fonction de l’usage – illustration Schwalbe
Schwalbe Overland
Les pneus Overland récemment testés par Hugo – photo Hugues Grenon

En 2022 nous avons sorti plusieurs pneus de gravel le G-One RS, le R et Overland qui ont tous les 3 des vocations différentes, mais aucun n’est disponible en version 27.5“, me précise Guillaume Vrignaud de Schwalbe France, en ajoutant qu’il reste le Bite l’UltaBite et le Allround dans ce format. Sur les ventes le volume en 27.5 reste confidentiel. “Pour ceux qui veulent du ballon, on peut l’avoir chez nous en 700 sur du One Speed en 50 ou 60“. Ceux qui cherchent des solutions pneumatiques se tournent parfois vers les pneus de VTT qui marchent aussi en gravel. “Ceux qui veulent rester en 650 peuvent trouver leur bonheur dans la gamme VTT en petites sections“. Guillaume évoque les montes possibles, avec notamment le Thunder Burt qui est un semi-slick dispo en 2.1. Les possesseurs de roues en 650 ne risquent pas de se retrouver démunis.

On peut comprendre que le RS plutôt taillé pour la course ne soit pas dispo en 650, mais il faut reconnaître que l’offre de Schwalbe est tellement large avec le nouvel Overland, que ce coût de production supplémentaire pour cette cible réduite ne s’imposait pas.

La gamme gravel Schwalbe.

Chez Cycle Tyres

Le gravel chez Cycle Tyres
Un choix important de pneus gravel avec des prix intéressants

Si l’on se place sous l’angle des ventes, on constate également une baisse de proportion des achats sur le format 650 en gravel. Charles Boschetto, le patron de Cycle Tyres m’a communiqué quelques chiffres qui montrent cette baisse progressive du volume des ventes sur plusieurs années. En fait, le volume global des ventes gravel progresse, Cycle Tyres possède 150 références dans cette catégorie, mais la progression se fait plutôt remarquer sur le diamètre 700. “Effectivement on vend moins de 650 et on a tendance à faire moins de stock…” Certains pneus comme le WTB Horizon, qui était leader des ventes, ne se vend presque plus. La meilleure vente sur l’année en gravel est le Touareg en 700 x 40. On note une augmentation de la demande sur les pneus cramponnés. Pour le 650, il ne s’agit pas forcément d’une baisse du nombre de pneus vendus : Cycle Tyres constate surtout une montée du 700. Pirelli a fait une belle percée sur ce marché du pneu de gravel.

On voit nettement la baisse en 2022 (sur 11 mois)

L’offre gravel sur Cycle Tyres.

Casques audio à conduction osseuse : Du nouveau chez Shokz

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Shokz Openrun Pro casque à conduction osseuse bone conduction headphones
Le casque Shokz Openrun Pro a désormais un arceau plus court - photo Dan de Rosilles

Il y a quelques mois, j’avais testé un casque audio à conduction osseuse, l’Openrun de chez Shokz. Ce casque, qui laisse les oreilles complètement libres puisqu’il se porte en appui sur les tempes, m’avait vraiment convaincu dans son usage cycliste et péri-cycliste. Aussi ai-je décidé de tester un autre modèle de la gamme, l’Openrun Pro, qui est désormais disponible avec un arceau plus court et qui revendique une qualité audio supérieure à celle de l’Openrun. Voici donc mon verdict !

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Il y a quelques mois, j’ai testé pour Bike Café l’Openrun de Shokz – photo Dan de Rosilles

Bref rappel juridique et domaines d’utilisation

Depuis le 1er juillet 2015, l’article R412-6-1 du Code de la Route fixe les modalités de l’interdiction des écouteurs en voiture, en moto et à vélo. Mais comme le casque à conduction osseuse ne couvre pas les oreilles, une certaine « zone grise » persistait quant à son utilisation par les cyclistes.
Or, le texte a été remanié depuis, et la version en vigueur depuis le 22 mai 2020 ne laisse plus aucune place à l’interprétation : « Est interdit le port à l’oreille, par le conducteur d’un véhicule en circulation, de tout dispositif susceptible d’émettre du son, à l’exception des appareils électroniques correcteurs de surdité. »

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Utiliser des écouteurs en roulant est une source supplémentaire de danger – photo Dan de Rosilles

Cela veut dire par exemple que si vous utilisez des applications sportives (Strava, Komoot, Openrunner…) pour vous guider, vous pouvez sans problème les consulter en regardant l’écran de votre téléphone ou votre GPS fixé sur un support de guidon. Mais si vous voulez utiliser un guidage vocal, du guidon à vos oreilles, avec les bruits ambiants, il faudra une ouïe particulièrement fine et mettre le volume à fond ! Car non seulement les dispositifs audio fixés à la tête sont prohibés, mais il est aussi interdit de tenir GPS ou téléphone à la main. Autre interdiction : aucun appel téléphonique ne peut être passé à vélo.
Si vous vous faites prendre sur le fait, on ne pourra pas enlever de points à votre permis, mais vous vous exposerez, tout comme un automobiliste ou un motard, à une amende de 135€.

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En gravel, sur les chemins, j’adore écouter mes musiques favorites – photo Dan de Rosilles

Ceci étant dit, il reste bien des contextes où le cycliste intensif peut utiliser un casque à conduction osseuse (à ses risques et périls bien sûr) : En gravel par exemple, sur les pistes cyclables, au bivouac le soir, ou en mettant pied à terre le temps de passer ou recevoir un coup de fil.
En ce qui me concerne, je respecte globalement le code de la route, ayant bien conscience qu’utiliser un casque audio (même à conduction osseuse) dans le trafic automobile, ne peut que perturber mon attention et donc augmenter les risques. Mais j’avoue qu’il m’arrive d’écouter de la musique ou des podcasts lors de longues sorties nocturnes et/ou sur des routes à très faible circulation. J’ai d’ailleurs l’impression que la nuit, cela m’aide au contraire à rester éveiller et à mieux maintenir mon attention. Sur les pistes de gravel un peu techniques, j’ai aussi l’impression que ça m’aide à me concentrer, même si je suis et serai toujours un bien piètre pilote !

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Sur les petites routes désertes, j’avoue qu’il m’arrive de déroger à la loi et d’utiliser mes écouteurs – photo Dan de Rosilles

Il m’arrive aussi d’être hors-la-loi, lorsque j’utilise mon casque à conduction osseuse pour un guidage vocal, pour traverser de grosses agglomérations que je ne connais pas. Dans cette situation, je considère cet usage moins dangereux que d’avoir les yeux rivés sur l’écran de mon GPS.
Enfin, pour passer ou recevoir des coups de fils importants, je m’arrête brièvement au bord de la route (car lorsqu’on va vite de toute façon les bruits parasites générés par le vent gênent l’écoute des deux interlocuteurs) et j’utilise le casque Shokz en décrochant directement dessus via le commutateur situé sur le pad gauche, c’est très pratique car ça m’évite de sortir le téléphone du bikepacking.

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La nuit, j’ai l’impression qu’ écouter de la musique m’aide à maintenir mon attention – photo Dan de Rosilles

Kif-kif ou pas kif-kif ?

Vérifions maintenant en détail les caractéristiques des deux modèles proposés par Shokz, l’Openrun Pro et l’Openrun. Tous les deux sont équipés d’un arceau en titane, du Bluetooth 5.1, et d’une très pratique fonctionnalité de charge rapide : 5 minutes de charge seulement offrent 1h30 d’écoute aux plus pressés d’entre nous.

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À gauche, la boîte de l’Openrun Pro, à droite, celle de l’Openrun – photo Dan de Rosilles

En ce qui concerne les caractéristiques sonores, on notera que les deux modèles proposent la même bande passante (20Hz-20kHz) et la même puissance sonore maximum : 105dB SPL (Le dB SPL, ou decibel Sound Pressure Level, est une indication de la sensation de pression acoustique maximale que l’on éprouve à l’audition, ndlr).
Seul, un test d’écoute nous permettra donc de savoir si la qualité sonore est meilleure sur le modèle Pro et justifie son prix plus élevé.

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À gauche, l’étui rigide du modèle Pro, à droite, la pochette souple du modèle standard – photo Dan de Rosilles

Pour ce qui est de l’aspect, à première vue, ils sont assez semblables. Mais en y regardant de plus près, on peut constater plusieurs différences visuelles : l’angle incliné du port de recharge sur le modèle pro, mais surtout les pads d’écoute, qui sont équipés sur le Pro de deux petites zones grillagées de forme ovale, sortes de mini hauts-parleurs que Shokz nomme « réhausseurs de basses » (bass enhacers).

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Le boîtier de transport rigide de l’Openrun Pro est très chic – photo Dan de Rosilles

Il s’agit du ou d’un des dispositifs spécifique à la « Technologie TurboPitch de 9ème génération » telle que la nomme le fabricant, qui est sensée améliorer notablement la précision des moyennes et hautes fréquences et renforcer la restitution des basses.

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La zone magnétique de recharge est inclinée sur le modèle Pro pour ne pas que le doigt la confonde avec les boutons de volume – photo Dan de Rosilles

Le bouton situé sur le pad gauche, qui sert à décrocher lors d’un appel téléphonique et/ou mettre en pause/relancer l’écoute musicale, est légèrement plus protubérant sur le modèle pro. C’est très discret visuellement, mais nettement plus pratique au contact du doigt, surtout en hiver quand on porte des gants.

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Le commutateur situé sur le pad gauche est légèrement plus protubérant sur le modèle Pro – photo Dan de Rosilles

Pour aller au bout de la comparaison et de ce qui distingue les deux modèles, on peut noter que le modèle Pro est plus lourd de trois grammes (29 g contre 26 pour l’Openrun), mais surtout, que son temps de charge est plus rapide (1h contre 1h30). L’autonomie de l’Openrun Pro est annoncée à 10h, contre 8h pour l’Openrun. Enfin, une dernière caractéristique les distingue : le modèle Pro coûte quand même cinquante Euros de plus !

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Le bouton commutateur sur le pad gauche du modèle Pro est plus accessible, surtout avec des gants – photo Dan de Rosilles

Plic plic plic ou plouf !

On remarque que l’indice de protection (IP) n’est pas le même pour l’Openrun et pour l’Openrun Pro… au détriment de ce dernier : IP55 contre IP67. C’est sans doute dû aux petits « hauts parleurs » et trous de micro supplémentaires qu’arbore le modèle Pro. Vecteurs d’une meilleure qualité de son, ils sont sans doute aussi des portes d’entrée supplémentaires susceptibles d’être forcées par l’humidité…

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Quel que soit le modèle que vous choisirez, il ne sera pas détérioré par la sueur – photo Dan de Rosilles

Pour comprendre ce que signifie l’indice de protection IP, il faut se reporter aux deux chiffres. Le premier indique le niveau de protection que l’enceinte fournit contre la pénétration de corps étrangers solides. Cette numérotation va de 0 à 6.
0 correspond à « Pas de protection contre le contact et la pénétration d’objets », 5 à « Protection partielle contre la poussière », 6 à « aucune pénétration ». Mais dans le cas de l’Openrun Pro, 5 est déjà un très bon indice : La pénétration de la poussière n’est pas entièrement empêchée, mais elle ne peut pas entrer en quantité suffisante pour interférer avec le bon fonctionnement de l’équipement. À 6, la protection est totale contre les corps étrangers, ce qui est le cas de l’Openrun.

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La rosée et la pluie n’affecteront pas le bon fonctionnement de l’Openrun Pro et sa protection IP 55 – photo Dan de Rosilles

Le second chiffre indique le niveau de protection de l’équipement contre les infiltrations nocives de l’eau. Dans le cas de l’Openrun Pro, 5 correspond à une protection contre les jets d’eau. Le protocole utilisé pour établir cette norme consiste à projeter de l’eau sur l’appareil à l’aide d’une buse de 6,3 mm depuis toutes les directions, sans que cela ait d’effets nocifs sur l’appareil.
Le 7 de l’Openrun correspond à une protection contre les immersion jusqu’à 1 m. La pénétration d’eau en quantité nocive ne doit pas être possible lorsque l’enceinte est immergée dans l’eau dans des conditions définies de pression et de temps. On peut donc en conclure que même si la protection du modèle Pro est suffisamment efficace pour l’usage qu’on peut en faire à vélo ou au bivouac, il est très loin de la protection quasi absolue que garantit l’Openrun.

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Ne le faites pas, mais l’Openrun doit résister à un passage sous le robinet grâce à son classement IP 67 – photo Dan de Rosilles

Mini ou Standard

L’une des autres nouveautés pour l’Openrun Pro, c’est qu’il existe maintenant, en plus de la version d’arceau « standard », une version « mini », 21 mm plus courte. Jusqu’alors, seul l’Openrun proposait ces deux options.
J’ai utilisé l’Openrun avec l’arceau « standard », me voici maintenant en test avec la version « mini » du Pro. Les deux versions me conviennent et s’adaptent parfaitement sur mes tempes. Personnellement, je préfère quand même la version « mini », esthétiquement surtout, parce que je la trouve plus discrète et moins protubérante derrière la tête. Attention néanmoins à ceux qui auraient une largeur sous-occipitale supérieure à 23,5 mm, il faudrait alors choisir impérativement la version standard. Idem pour ceux qui ont un cou large et qui voudraient, comme moi, porter le casque en « tour de cou » lorsqu’ils ne l’utilisent pas. Mon cou mesure 39,5cm de circonférence, l’arceau « mini » s’y adapte, mais pour des cous plus larges je conseille l’arceau « standard ».

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Pour savoir quelle longueur d’arceau vous conviendra, il suffit de mesurer la distance qui sépare vos deux oreilles – captures d’écran site web Shokz

Pour savoir quelle est la taille d’arceau qui vous convient le mieux, il faut mesurer la largeur de votre sous-occiput, c’est à dire la distance qui sépare les points situés juste derrière vos deux oreilles. Si votre mesure est supérieure à 23,5 cm, choisissez la taille d’arceau « standard ». Sinon, préférez la taille « mini ».
Attention, lors de l’achat, la sélection de la taille d’arceau s’effectue en bas à droite sur la page de présentation du casque (modèle Openrun ou Openrun Pro). Dès les étapes suivantes, il ne sera plus possible de changer d’option (voir capture d’écran ci-dessous).

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On choisit la taille de l’arceau dès la page de présentation du produit – capture d’écran site web Shokz

Tu devineras jamais d’où je t’appelle

Shokz annonce aussi une autre spécificité intéressante : le double microphone anti-bruit pour prendre des appels téléphoniques sur le modèle Pro.
J’avais noté, en passant des coups de fil à vélo avec l’Openrun, que les communications étaient perturbées à cause du vent, aussi bien pour moi-même que pour les interlocuteurs. En annonçant une réduction des fuites sonores de 50% et avec le double microphone anti-bruit, restait à vérifier si, malgré la vitesse de pédalage, le modèle Pro améliore « l’expérience utilisateur ».

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Si vous avez le cou large, préférez l’arceau long pour pouvoir porter votre casque autour du cou – photo Dan de Rosilles

Mon premier test « dans la vraie vie » a donc consisté à passer un coup de fil depuis l’Openrun puis l’Openrun Pro, en pédalant à 25 km/h et de comparer la qualité de communication, dont la qualité de réception de mon interlocutrice, Anne en l’occurrence.
En fait, la différence n’est pas notable… si on téléphone en roulant, ce qui est formellement interdit, comme expliqué plus haut ! Effectivement à l’arrêt, ou en marchant à côté du vélo, le gain de définition est clairement perceptible sur le modèle Pro. À l’écoute, la voix de mon interlocutrice est nettement plus détaillée et plus proche de sa “vraie voix”. De son côté, Anne m’a affirmé que notre conversation était de meilleure qualité.

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Au téléphone, si on va vite, les bruits extérieurs parasitent la communication – photo Dan de Rosilles

En roulant, rien ne change : le système de micro du modèle Pro n’est pas mieux protégé du vent que son prédécesseur. Pour Anne, lorsque je roule à 15 km/h, le bruit de fond créé par le vent est très perceptible et gêne beaucoup la compréhension de ce que je dis. Mais les casques Shokz n’ont pas été conçus pour qu’on téléphone en roulant. Ça sera une excellente raison pour ralentir lorsqu’on téléphone, ou mieux encore, de s’arrêter et respecter le Code de la Route !

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À pleine vitesse, il serait illusoire de profiter pleinement des qualités audio d’un casque Shokz, quel que soit le modèle ; autant donc le quitter ! – photo Adrien Moniquet

Restitution sonore : Les basses mon ami, les basses…

Passons maintenant aux choses sérieuses : Shokz promet, avec la version Pro, une expérience auditive largement supérieure à celle de l’Openrun. J’avoue que je suis impatient de faire cette comparaison, d’autant plus que les limites de qualité audio constatées avec l’Openrun, concernaient essentiellement deux points : la pollution sonore extérieure et la restitution des basses.

Les fréquences restituées par les deux casques Openrun s’étendent entre 20 Hz et 20 kHz… C’est très large ! – capture d’écran session Ableton Live

Effectivement, comme un casque à résonance osseuse ne couvre pas du tout les oreilles, les bruits ambiants (le vent de la vitesse à vélo, l’environnement urbain…) perturbent l’audition, dans toutes les gammes de fréquences, bruits ambiants qui viennent concurrencer, via les oreilles, ce qu’on perçoit via la résonance osseuse. C’est particulièrement un problème pour les fréquences basses, car elles sont omniprésentes dans l’environnement, et sont de surcroît beaucoup plus difficiles à restituer avec la technologie de la résonance osseuse que les fréquences medium ou aigües.

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Les timbres les plus riches et complexes, comme ceux émis par un steel-drum par exemple, seront mieux restitués par l’Openrun Pro – photo Dan de Rosilles

C’est beaucoup moins problématique avec les fréquences médiums et aigües, comme par exemple avec la voix humaine, que ce soit au téléphone, pour écouter un podcast ou comprendre les paroles d’une chanson. Ce n’est pas un problème non plus pour bon nombre d’instruments : guitares, vents, caisses-claires ou cymbales (encore que toutes les voix et tous les instruments intègrent des fréquences basses, qui colorent et réchauffent leur timbre), mais c’est problématique pour les grosses caisses, les basses, d’autant plus si on écoute des musiques actuelles, particulièrement riches dans les registres graves et qui s’appuient essentiellement sur ce type de fréquences pour le soutien rythmique.

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J’ai résumé dans ce tableau les caractéristiques techniques qui différencient les deux modèles – réalisé avec l’aide de captures d’écran site web Shokz

Cocon boum-boum

Mon protocole de test s’est effectué en deux étapes : une comparaison des deux casques en intérieur, dans les meilleures conditions de silence, puis un test à vitesse moyenne sur le vélo.
Pour la comparaison en intérieur, j’ai utilisé deux smartphones diffusant le même morceau de musique, avec un volume de sortie équivalent pré-réglé sur les smartphones et sur les deux casques. J’ajoute que je me suis appliqué à positionner les pads exactement au même endroit sur mes tempes, pour garantir le plus d’objectivité possible lors de cette comparaison. Puisque les deux smartphones étaient des modèles différents, j’ai ensuite interverti l’appairage casque/smartphone pour éviter toute ambigüité.

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Voici le moment de comparer la qualité sonore des deux casques – photo Dan de Rosilles

Je ne peux nier que le son de l’Openrun Pro est meilleur, mais à mon avis, il faut quand même une oreille avertie pour entendre la différence ! Pour ma part, bien qu’ayant travaillé plusieurs années dans le milieu musical et dans des salles de spectacle et avoir eu la chance d’exercer mon oreille au contact de musiciens et d’ingénieurs du son, j’ai dû me concentrer et intervertir plusieurs fois les casques pour être sûr de mon ressenti. Il y a bien une différence, en faveur de l’Openrun Pro, mais cette différence est plutôt subtile. C’est toujours assez difficile de traduire par le vocabulaire de tous les jours des sensations auditives, mais je peux confirmer ce qu’affirme Shokz : Les basses sont mieux restituées, les voix plus réalistes et plus chaudes (grâce aux basses)… mais la différence n’est pas révolutionnaire !

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Les amateurs de musiques actuelles préfèreront le rendu des basses sur l’Openrun Pro… dans les situations où elles ne seront pas concurrencées par l’environnement sonore – photo Dan de Rosilles

Et puis, il y aussi d’autres différences sonores entre les deux modèles… qui ne sont pas forcément en faveur du modèle Pro !
D’abord, dans le silence du salon à la maison, l’Openrun Pro est plus sonore et gênant pour le voisinage. Quand on écoute un morceau très rythmé, l’entourage entend plus des fréquences mediums et aigües qui s’échappent du casque. Ce ne sera pas un problème bien sûr dans la solitude du cycliste, ou dans un environnement bruyant, mais à plusieurs au bivouac ou dans une chambre d’hôtel, cela peut gêner les personnes situées à proximité.

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Dans les endroits calmes, l’arceau court est parfait pour s’allonger mais l’Openrun Pro est plus sonore que l’Openrun pour l’entourage – photo Dan de Rosilles

D’autre part, à volume égal, l’Openrun Pro vibre plus sur les tempes que l’Openrun, sans doute à cause de ses petits hauts-parleurs réhausseurs de basse. Cela m’a gêné plus qu’autre chose, sans m’apporter réellement plus de plaisir dans la perception des basses. La « qualité sonore premium avec des basses Technologie Shokz Turbo PitchTM », ne m’a pas complètement séduit. À mon avis, les basses ne sont pas de meilleure qualité, elles sont juste plus agitées… et pas spécialement plus graves.

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La restitution des basses est très compliquée, les inventions pour y parvenir (comme ce caisson de basses qui accompagne les petites enceintes) se succèdent avec plus ou moins de réussite – photo Dan de Rosilles

C’est finalement sur l’écoute de voix sur une longue durée, par exemple de longues émissions de radio ou des podcasts, que j’ai trouvé un réel intérêt à la technologie “Turbo Pitch” : Les voix ne sont plus du tout nasillardes, l’écoute est beaucoup plus reposante sur la durée.
Voilà un vrai plus qui distingue l’Openrun Pro de son petit frère ! Il est temps maintenant d’aller à l’extérieur pour continuer le test.

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À vélo je n’utilise pas le casque audio en permanence, il faut savoir faire des pauses – photo @jaywaijaywai / Original Montpellier Gravel

94 BPM

J’ai continué mon test sur le vélo, à une vitesse constante de 25 km/h, à plat pendant une sortie sans vent. Le protocole de test a juste consisté à changer de casque et d’appairage en essayant de conserver ma vitesse pour ne pas “quitter” le bruit ambiant entre chaque essai de casque.
Dans ce contexte, la qualité d’écoute est altérée de toute façon, quelque soit le modèle utilisé. Il y a le bruit du vélo, le vent de déplacement qui créent un “écran sonore”. Ce n’est pas dérangeant pour comprendre et suivre parfaitement un podcast, pourvu que le volume sonore soit suffisant bien sûr.

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Il est très difficile d’expliquer par écrit ou par l’image ce que l’on ressent à l’écoute – photo Dan de Rosilles

On peut aussi tout à fait écouter de la musique, pour passer le temps, ajuster son rythme de pédalage à celui de la musique (c’est diablement efficace, surtout pour la longue distance ! Je me suis fait des playlists avec les tempos qui me conviennent le mieux…). Mais franchement, il serait illusoire de parler de qualité audio lorsqu’on roule !
N’oublions pas que l’Openrun Pro et l’Openrun ont été conçus essentiellement, comme leur nom l’indique, pour des coureurs à pied… Dans un tel contexte, c’est pertinent de préférer le modèle Pro pour sa qualité sonore supérieure. À vélo, je considère que cela ne change rien, ou pas grand chose. Au bivouac ou à l’hôtel, par contre, les audiophiles prendront plus de plaisir avec le modèle pro.

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Lequel choisirez-vous ? L’un et l’autre sont d’excellents appareils – photos Dan de Rosilles

Un beau cadeau de Noël

S’il fallait dresser le portrait-robot de l’utilisateur de chaque modèle, je dirais que l’Openrun ravira les adeptes de la rusticité et des sorties en toutes saisons, l’Openrun Pro les audiophiles perfectionnistes et amateurs de high-tech. Tout dépendra aussi quel genre d’auditeur vous êtes : Plutôt France Info ou plutôt France Musique ?
Bien sûr, le modèle Pro fera gagner deux heures d’autonomie et économiser une demi-heure de temps de charge aux cyclistes pressés et sans moyeu dynamo, mais pour obtenir ce confort, il faudra débourser cinquante Euros supplémentaires…
À vous de voir si le jeu en vaut la chandelle !

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Certains ont de bons yeux, d’autres de bonnes oreilles – photo Anne Fontanesi

Ceci dit rassurez-vous : Quel que soit le modèle que vous demanderez au Père Noël, il s’agit dans les deux cas d’équipements de qualité, parfaitement adaptés aux pratiques sportives d’extérieur, cyclisme ou autre : randonnée, course à pied, escalade… il existe même un modèle adapté à la natation, l’Openswim ! Mais celui-ci fera – peut-être – l’objet d’un autre test ?

Casque Openrun Pro 190€
Casque Openrun 140€
Câble de charge spécifique Openrun ou Openrun Pro 11€

À la recherche du soleil perdu

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Garmin Edge 1040 Solar
Vue plongeante sur l'Etang du Pourra, avant de basculer sur Martigues.

Les Grands reportages sont des commandes passées à l’équipe rédactionnelle de Bike Café par des marques qui souhaitent présenter leurs produits (vélos, équipements, vêtements ou accessoires) dans un contexte original. Ce grand reportage a été réalisé avec le soutien de Garmin France.


Rappelez-vous, le dimanche 30 octobre dernier, nous passions à l’heure d’hiver. À 3 heures du matin, il fallait enlever 1 heure pour passer à 2 heures. Personnellement, j’ai toujours trouvé ce changement assez fascinant dans ce sens car je l’analysais comme une heure “gratuite” donnée pour faire tout ce dont vous aviez envie… la contrepartie étant d’avoir à subir un passage du jour à la nuit plus tôt le soir. Cette date du dimanche 30 octobre correspondait aussi à celle choisie par notre chroniqueur de Bike Café, Dan de Rosilles pour son Arles-Marseille en gravel ou ARL-MRS#4. Photos : François Deladerrière –grimpette.cc

L’épreuve était conjointement organisée avec Manivelle.cc (clubs organisateurs : Arles Gravel et Boomerang.cc). 140 km de trace concoctée aux petits oignons entre terre, marais salants, chemins roulants, cols bitumés et portions plus caillouteuses pour finir en beauté dans la cité phocéenne.

Dan étant musicien, il me comprendra peut-être aussi dans mon association d’idée. Son parcours me fait penser à une chasse au soleil, mais inversée puisque nous avons roulé vers une tombée de la nuit plus rapide, une sorte de Search of Sunrise, une compilation qui a bercé mes jeunes années, notamment lorsque je m’entraînais en intérieur. Cette dernière ne doit pas être étrangère non plus à notre chroniqueur et associé Laurent (alias ZeDarkRobot) et que l’on aurait pu programmer en playlist pour nous accompagner musicalement.

Test Specialized Diverge STR

Arles-Marseille était aussi l’occasion de rouler sur un beau parcours totalement inconnu pour moi et de prendre en main le nouveau Garmin Edge 1040 Solar, qui avait déjà été testé par notre chroniqueur Jean-Louis.

Test Specialized Diverge STR
Au départ, devant les Arènes d’Arles, nous étions près de 80 à avoir répondu présent à l’appel de Dan de Rosilles.

Dan de Rosilles, avec lequel j’ai eu le plaisir de rouler pendant une bonne partie de ce périple, revient sur la genèse de cet événement.

Dès la première édition, il y a 6 ans, il nous paraissait logique de contourner l’Étang de Berre par le Nord, en raison de la présence de la zone industrielle de Fos-sur-Mer et d’une zone côtière au sud extrêmement urbanisée. Dans un coin de notre tête, on fantasmait quand même sur le fait de pouvoir passer par le Sud. Ce qui a changé la donne et permis de faire sauter un verrou, est de parler à un copain vététiste, Yannick (Yayabike sur Strava), habitant à Mouriès et qui allait travailler à Fos-sur-Mer en vélo. Ce dernier m’a confié qu’il y avait beaucoup de vélotaffeurs qui se rendaient dans la zone à vélo. Il existait donc des passages privilégiés“, explique Dan de Rosilles.

Après avoir quitté Arles, nous nous sommes retrouvés en moins de 10 kilomètres sur la digue du Grand Rhône.

Garmin Edge 1040 Solar
De jolis chemins de halage longeant le Rhône pour laisser Arles derrière nous.

Sur ces 140 km, j’ai eu la chance d’être un des premiers à rouler sur le nouveau Specialized Diverge STR, le tout dernier gravel de la marque américaine, qui était équipé d’une sacoche de top tube Fjällraven, et sur lequel j’avais ajouté une sacoche de selle Missgrape. Un chargement light car le soir même, je reprenais le train de Marseille pour repartir à Aix.

Après avoir traversé l’Etang du Galabert, nous arrivons au Salin-de-Giraud et passons devant le Bar des Sports, bien connu de la locale de l’étape, Julie de MyBetterWay. Nous traçons pour rejoindre l’embarcadère et attraper le bac, mais pas de bol, ce dernier vient de partir, nous aurions eu le temps de prendre un petit café…

Garmin Edge 1040 Solar
La traversée du Rhône à Salin-de-Giraud, un moment magique sur cette journée gravel !

Comme me l’explique Dan, dans quelques années, cette traversée bucolique risque de n’être plus qu’un souvenir car le bac pourrait être remplacé par un pont. De même, la traversée “gravel” de la zone de Fos va bientôt laisser place à une piste cyclable qui complètera le tracé de la ViaRhôna. Cela permettra aux cyclotouristes de poursuivre leur trace vers le Sud-Est et Marseille au lieu de tous filer vers Montpellier.

Une fois le bras du Rhône franchi, c’est parti pour une belle ligne droite sur une piste caillouteuse de près de 8 kilomètres, avec vue sur les éoliennes en arrière-plan et le mistral qui commence à souffler crescendo. Puis, c’est l’entrée dans la zone industrielle de Fos-sur-Mer, tout de suite reconnaissable avec ses énormes cuves d’industries pétrolières et ses torchères brûlant l’excédent de gaz produit.

Nous empruntons ici la trace découverte par Yannick et reconnue par Dan. Tout passe à vélo, rouler dans cet environnement industriel n’est pas désagréable, bien au contraire.

Nous arrivons ensuite à Martigues, pile pour l’heure du déjeuner, après avoir eu la chance d’admirer l’Étang du Pourra. Depuis 1504, cet étang a connu une succession de périodes d’ennoyage et d’assèchement. Aujourd’hui, il est la propriété privée des Salins du Midi et est maintenu en eau et géré pour la chasse au gibier d’eau. Les roseaux qui s’avancent dans l’eau marquent l’emplacement de la sortie de la galerie construite en 1774 pour évacuer l’eau du Pourra vers celui de l’Engrenier. Ce petit single technique a été répéré par Christophe pour l’événement “Le Tour des Etangs” de Arles Gravel que Bike Café avait présenté en début d’année..

Garmin Edge 1040 Solar
Vue plongeante sur l’Etang du Pourra, avant de basculer sur Martigues.

Au niveau distance, il nous reste encore une cinquantaine de bornes à avaler et c’est là qu’il va falloir s’accrocher car nous allons maintenant traverser la chaîne de l’Estaque et avaler la majorité du D+ de la trace initiale.

Garmin Edge 1040 Solar
Le Garmin Edge 1040 Solar offre l’avantage d’une grande lisibilité avec un écran entièrement personnalisable.

La traversée de la chaîne de l’Estaque est peu pratiquée par les Marseillais. Pour trouver la bonne trace, j’ai utilisé OpenRunner (une nouvelle version de l’application française de création et de suivi de traces avait été présentée sur notre site) qui, contrairement aux fonds de carte Open Street Map (Strava, Komoot), permet d’accéder à la nomenclature des chemins (mono-traces, chemins plus ou moins pratiqués). Dès mon premier repérage, j’ai trouvé une piste qui permettait de rallier Marseille sans problème“, nous explique Dan de Rosilles.

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La traversée de l’Estaque, un terrain cassant mais un cadre magnifique.

Cette traversée s’est avérée très agréable, avec une alternance de pistes roulantes et techniques. Arrivé à Ensuès-La-Redonne, il nous reste une dernière montée au niveau du Rove pour éviter la route bitumée. Dans le début d’une descente, il ne fallait pas louper le virage à gauche entre deux maisons sur un petit chemin bien raide, appelé à juste titre “Chemin des Chèvres”. Ca monte entre 10 et 15 % pendant 200 mètres avant de rejoindre un petit sentier qui va serpenter sur la colline. Un petit check sur mon Garmin Edge 1040 Solar pour vérifier que je suis bien sur la bonne trace et je récupère aussi deux autres concurrents avec qui je vais retourner dans la civilisation, à savoir le 16ème arrondissement de Marseille et l’Estaque.

Comme sur la fin de la première édition de la MASSILIA trilogy, organisée en mai dernier par Sébastien Morin de Boost Cycles, je réalise mes derniers kilomètres en compagnie de Julien, qui a réussi le défi de boucler les 130 km de gravel avec des chaussures et pédales plates.

Après avoir renoncé à prendre l’autoroute du littoral (!) sur une erreur d’aiguillage, je m’envoie une dernière montée avec le Chemin de la Madrague puis traverse La Cabucelle et les Crottes avant de rejoindre le 3ème arrondissement et de finir en roue libre sur le Boulevard National qui croise en son extrémité le Boulevard Longchamp.

Après avoir réalisé un tel parcours, il faut savoir se faire mousser…

C’est le Longchamp Palace que Dan a choisi pour réaliser l’après-course : récupérer via une ou plusieurs boissons houblonnées (ou pas) et surtout pouvoir facilement reprendre le train grâce à la gare Saint-Charles toute proche.

Au global, plus de 140 kms de sorties près de 6h30 d’effort, mais un dénivelé limité (1 008 m), essentiellement concentré sur la fin de parcours. Au niveau intensité, le GPS Garmin vous indique en fin d’entraînement le Training Effect ou impact de ce dernier sur votre forme. Sur cette sortie, l’intensité a permis de faire travailler à la fois les filières aérobie et anaérobie, pour une charge d’entraînement de 605, jugée optimale par l’appareil, le genre de sortie qui permet de progresser !

Vivement la 5ème édition, qui est déjà prévue pour 2023, mais Dan ne lâchera rien à son sujet… si ce n’est que le parcours sera en grande partie inédit !

Fizik Tempo Artica GTX : chaussé pour l’hiver

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s'abiller pour l'hiver
Test Fizik Tempo Artica GTX

Malgré le réchauffement climatique général, les pieds des cyclistes restent plus particulièrement la cible du froid et de l’humidité. Il existe quelques solutions allant des sur-chaussures parfois munies de dispositifs chauffants, à des chaussettes épaisses… jusqu’aux chaussures d’hiver (voir notre sujet). Le problème étant de trouver chaussure à son pied, car nous ne roulons pas tous de la même façon ni sous les mêmes climats.

Fizik propose cette année un modèle équipé d’une fibre Gore-tex qui pourra vous convenir pour une pratique route régulière. Le challenge pour ce genre de produit est d’offrir une bonne étanchéité tout en offrant une bonne respirabilité. Voyons si ce modèle route Tempo Artica GTX coche toutes ces cases.

Test des chaussures d'hiver Fizik Tempo Artica GTX
Les Fizik Tempo Artica GTX, esthétique irréprochable… on est loin des chaussures de “Charlot” – photo Patrick VDB

Est-ce que je deviendrais frileux ?

Habituellement je passe l’hiver avec des bonnes chaussettes mérinos dans mes chaussures normales avec éventuellement des sur-chaussures. Cette année j’ai été très tenté par ce modèle Artica GTX qui reprend le chaussant du modèle Tempo Decos que j’adore. J’ai l’impression que mon accoutumance aux températures chaudes de ma région, m’ont rendu frileux. Dès que les premiers froids arrivent, je les ressens plus vivement sitôt que la température descend en dessous de 10°C.

Les Artica GTX

Test Fizik Tempo Artica GTX
Je suis devenu frileux – photo Patrick VDB

Artica pour le froid et GTX pour Gore-Tex… Ça ne veut pas dire que vous pourrez aller rouler au pôle nord, mais le nom du modèle nous met sur la piste de l’usage de ces chaussures. L’argument fort avancé par Fizik est : “Étanchéité et respirabilité”. Le modèle que je vais tester est destiné à la route. Pour ceux qui roulent sur les pistes de gravel, ils pourront s’orienter vers le modèle Terra Artica GTX que mon ami Hugo est en train de tester et qui adopte les mêmes solutions, sur une semelle différente. Il se fera un plaisir de vous parler de ce modèle, quand il aura suffisamment barboté avec dans le bourbier Sarthois.

Test Fizik Tempo Artica GTX
Anatomie de la membrane Gore-tex utilisée dans la tige de cette chaussure

Dotée d’une membrane Koala isolée de GORE-TEX, l’Artica GTX est entièrement étanche. Cette fibre, qui permet de protéger les pieds par temps humide, est technologiquement optimisée pour offrir une bonne respirabilité. Cela signifie que même si l’humidité extérieure est stoppée à la surface, celle qui est produite par la condensation et la sueur à l’intérieur de la chaussure, peut facilement s’échapper par les minuscules pores de la membrane. Un gage de confort, pour garder les pieds au chaud et plus secs, lors de nos sorties hivernales froides et humides.

Les Fizik Tempo Artica GTX
L’apparence extérieure laisse apparaître de petits trous qui pourtant sont étanches – photos Patrick VDB

La chaussure est élégante, et on ne dirait pas une chaussure d’hiver. C’est d’ailleurs ce look qui m’a séduit, en me disant aussi, que je n’aurais plus à me contorsionner pour enfiler et retirer mes sur-chaussures, surtout avec les doigts gelés. L’apparence extérieure laisse voir de petits trous, qui sont pourtant étanches : j’ai trempé la chaussure dans l’eau et je vous affirme qu’elle ne s’infiltre pas. Attention néanmoins à l’arrivée d’eau par le haut. L’eau qui ruissèle le long de la jambe rentrera à l’intérieur. Il faut dans ce cas utiliser un pantalon de pluie dont le bas sera fixé au-dessus du Velcro.

Le système de fermeture se compose d’une bande Velcro pour serrer la chaussure à la hauteur de la cheville. Un seul cadran Boa L6, assure le serrage du coup de pied et Fizik annonce qu’il facilite les ajustements, même avec de gros gants d’hiver… On vérifiera.

Un intérieur est du style cocooning… La doublure en polaire brossée tapisse l’intérieur du chassant pour apporter confort et isolation.

Les Fizik Tempo Artica GTX
Les patins avant et arrière sont striés, il n’y pas de ventilation ni de glissières pour les vis de fixation des cales : la semelle doit être étanche – photo Patrick VDB

En observant la chaussure on remarque cette semelle sans aération qui reprend la forme de celle de la Tempo Decos. Les patins avant et arrière sont striés pour un meilleure accroche lors de la marche sur sol glissant. Cette fois la semelle est en nylon, comme les modèle R5 de la marque. Elle est moins rigide que le carbone unidirectionnel du modèle Decos et lors de l’essai je l’ai senti immédiatement.

Les Fizik Tempo Artica GTX - photo Patrick VDB
322 g en taille 41,5, pour une annonce à 319 g… on ne va pas chipoter – photo Patrick VDB

Le poids du modèle annoncé par Fizik est de 319 g, ce qui est raisonnable pour une chaussure d’hiver.

Installation des cales

Les Fizik Tempo Artica GTX
Placement de la cale Look sur la base du dernier symbole de la grille de réglage graduée sur 2 cm – photo Patrick VDB

J’ai repris les mesures que j’avais adoptées sur les Decos. Contrairement à ce modèle, il n’y a pas de glissière pour les vis de fixation des cales sur la semelle de l’Artica : étanchéité oblige. Le réglage se fera grâce aux lumières oblongues de la cale. Les Decos m’avaient permis un réglage des cales plus reculé, pour placer l’appui sous l’articulation tarso-métatarsienne. J’ai pu appliquer de cette façon ce même sur-engagement, qui convient bien à mon angle de pédalage. J’adapte le réglage “à fond de cales” en utilisant les petites graduation intégrées à la semelle. Chacun choisira le sien en fonction de son type de pédalage ou des données issues d’études posturales.

Parlons confort et ergonomie

Test Fizik Tempo Artica GTX
Je fais mes premiers essais, qui serviront également de réglage fin de l’alignement des cales, sur mon home-trainer – photo Patrick VDB

Avant d’affronter le froid qui tarde à venir cette année, je vais faire mes premiers essais – qui serviront également de réglage fin de l’alignement des cales – sur mon home-trainer. J’ai toujours eu des doutes sur les chaussures à tige haute dans une pratique où la liberté de la cheville a son importance. À l’approche de ce test, je suis plutôt dans une phase “Je demande à voir…“, car le seul souvenir que j’ai dans ce domaine remonte à loin : années 80, c’était avec mes chaussures de Cyclo-cross Rivat, équipées de 2 crampons type chaussure de foot sur le talon. Pas terrible pour courir à côté du vélo sur certains passages. Depuis cette époque je n’ai jamais réessayé les chaussures montantes.

Sur la route

Fizik Tempo Artica GTX
Froid sec bien couvert en danseuse : aucune gène au niveau de la cheville – photo Patrick VDB

Dès les premiers frimas, je saute dans mes Tempo Artica… Le froid bien sec arrive accompagné d’un petit Mistral qui apporte un ressenti hivernal. La transition a été brutale : la semaine passée je roulais en court et sans gants. Petite sortie de 40 km histoire de voir ce que ça donne. Je craignais que cette chaussure, qui monte au niveau de la cheville, entraine une gêne lorsqu’on se met en danseuse. Il n’en est rien, la tige montante ne nuit pas au mouvement circulaire de pédalage.

Fizik Tempo Artica GTX
La semelle est moins rigide – photo Patrick VDB

La semelle est moins rigide que celle de mes Tempo Decos route, mais l’appui reste ferme. Le poids ne constitue pas non plus un réel handicap. J’ai apprécié immédiatement le confort intérieur du chaussant tapissé de polaire.

Et sous la pluie 

Depuis que je suis installé à Aix-en-Provence je choisis de ne pas rouler lorsqu’il pleut, sachant que le lendemain la route sera sèche et que le soleil sera de retour. Mais voilà 2 jours de suite que les nuages nous arrosent, et je me suis dit que maintenant que j’avais des chaussures étanches et chaudes, autant en profiter. Les Artica ont bien joué leur rôle, même si je n’ai pas affronté des torrents d’eau mais plutôt de petites averses. Pas de remontée d’eau par la semelle et une bonne protection de l’humidité par la tige de la chaussure protégée par la membrane Gote-Tex Kaola.

Bilan 

Test Fizik Tempo Artica GTX
Essayées et adoptées ces chaussures Fizik Tempo Artica GTX – photo Patrick VDB

J’adopte… Après quelques sorties effectuées entre 2 et 10°C, routes sèches et mouillées, mon choix est fait : j’abandonne les sur-chaussures. Pratiques à chausser, étanches et chaudes… ces chaussures m’ont convaincu. Lorsque la température n’est pas trop basse je roulais aussi en hiver avec 2 paires de chaussettes et des chaussures normales. Ce ne sera plus nécessaire, en dessous de 10°C je mettrai ces Fizik Tempo Artica. Le coût d’achat est certes plus important, mais je vais amortir la dépense sur plusieurs années, au lieu de changer chaque année mes sur-chaussures qui finissent par se déchirer.

Caractéristiques et prix

  • Membrane GORE-TEX isolée Koala
  • Doublure molletonnée douce
  • Tige en PU haute densité + tissu Ripstop
  • Cadran L6 BOA® D Fit System
  • Semelle extérieure en nylon R5 indice de rigidité 6
  • Poids : 319 grammes
  • Tailles : 36-48 (37 à 47 également en demi-pointures)
  • Couleurs : Blanc / Noir
  • Prix : 259 €

Infos sur le site

Bertin C134 : le Gravel carbone au juste prix ?

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En août 2020, j’avais pu vous présenter le Bertin C117. Un Gravel en aluminium que j’avais testé lors de la randonnée More Gravel sur le Ventoux. Pour mémoire, cette marque a été fondée par André Bertin en 1946, lui-même coureur cycliste. Bien plus tard, Bertin deviendra Shimano France, délaissant les cycles Bertin. Finalement, en 2016 Mickaël Bertin relance, en famille, la marque. Pour les dénominations de ses modèles, Mickaël puise directement dans l’historique de Bertin. Ainsi, les vélos de Gravel se voient estampiller des dénominations de la série « Randonneur », notamment pour le C133 testé en 2021. Aujourd’hui, le C134 a la mission de rendre abordable un Gravel fait de carbone. Affiché à 2 099€, le C134 a un tarif aussi agressif que son design. J’ai pu mettre la main sur cet exemplaire de présérie, qui préfigure à 90% le modèle de série qui devrait être disponible autour de février 2023.

Bertin
Le nouveau Bertin C134, prévu pour février 2023 (photo Laurent BIGER)

Présentation du Bertin C134

C’est donc avec une certaine continuité que le C134 incarne aujourd’hui l’entrée de gamme du Gravel chez Bertin. Assemblé en Europe de l’Est et doté d’un cadre fabriqué en Asie, le fabricant Breton a usé d’ingéniosité pour tenter de trouver le bon compromis prix-prestation.

Le Kit Cadre C134

Tout d’abord, ce cadre est réalisé dans une fibre dite “T800”. Ainsi, le nombre suivant la lettre T(Toray) indique la résistance à la traction en kgf/mm² ou ksi. Par exemple, la fibre T800 a une résistance en traction d’environ 800 ksi. Là-dessus, Bertin propose le C134 en vélo complet à 2099€, que je vais détaillé plus bas, ainsi qu’en kit cadre, vendu 1499€. Proposé en 4 tailles, celui-ci est composé du cadre, de sa fourche, mais aussi de sa tige de selle au profil particulier et propre à ce cadre. Les trois éléments sont fait du même carbone de fibre T800.

Bertin C134 (ici dans un autre type de montage, plus onéreux)

Mentionnons qu’une seule couleur est proposée pour le moment, un gris plutôt brillant, que je trouve un peu clinquant mais qui colle bien aux formes agressives du cadre.

Outre cela, la géométrie est bien plus classique que les formes des tubes de ce cadre. Ainsi, les angles et dimensions sont tout à fait dans les standards actuels. J’ai trouvé intéressant les discrets inserts à l’intérieur des haubans et de la fourche destinés à accueillir des garde-boues, bien que je peine à les imaginer sur un cadre au dessin si sportif !

Géométrie du BERTIN C134

Par ailleurs, ce cadre est conçu pour accueillir un boitier de pédalier fileté au standard BSA. Sur le plan de la facilité d’entretien et de la fiabilité, c’est là une excellente nouvelle.

Boitier fileté BSA et clearance généreuse ! (photo Laurent BIGER)

Là-dessus, j’observe une finition conforme pour un cadre dans cette gamme de prix. Les axes traversants sont de 12×142 mm derrière et 12×100 mm pour la fourche.

Des haubans d’une rare agressivité, permettant également une belle clearance (photo Laurent BIGER)

Enfin, je constate que le routage des gaines n’est pas très intégré au regard de la tendance actuelle, mais n’en demeure pas moins bien réalisé et fonctionnel. La clearance au cadre et à la fourche permet de belles montes, le 700×40 mm étant ici à son aise !

Une clearance généreuse et une intégration partielle des gaines (photo Laurent BIGER)

La transmission du Bertin C134

En tout premier lieu, il me parait évident de rappeler que pour proposer un Gravel en carbone à un tarif agressif, il faut faire preuve d’imagination. Aussi, je constate un mix d’équipements autour de leviers de freins mécaniques et dérailleurs Shimano 105 de la série R7000, tout comme la cassette 11-30. Là-dessus, c’est un gage de fiabilité à toute épreuve et une manière judicieuse de proposer un groupe 2×11 vitesses. Quant au pédalier, c’est un Prowheel Victor au format semi-compact (50-34).

Pédalier Prowheel VICTOR-621C-TT (photo Laurent BIGER)

Plus précisément, ce pédalier d’origine chinoise est fait d’aluminium 6061-T6 et possède une classique ligne de chaine de 43.5 mm. En revanche, j’ai constaté un Q-Factor important lors de ma première sortie. Une sensation confirmée par le chiffre de 158 mm (pour exemple, un pédalier route est habituellement plutôt autour de 146 mm). L’association de ce pédalier avec son boitier fileté Prowheel sur la transmission Shimano 105 s’est montrée fiable et d’un fonctionnement onctueux, malgré les conditions météo difficiles de mon essai.

Le freinage du Bertin C134

Quant au freinage, Bertin a équipé le C134 d’étriers hybrides. Ainsi, les plaquettes fonctionnent grâce à un système hydraulique fermé (à l’huile minérale) actionné par une commande par câble. Cela permet d’utiliser des leviers standards sans avoir à investir dans un système hydraulique bien plus couteux. Ici, ce sont donc deux étriers FunnOne PRO5.0 qui viennent pincer des disques 140 mm du même fabricant.

Bertin a équipé le C134 d’étriers hybrides (photo Laurent BIGER)

Le résultat est un freinage que j’estime suffisant mais en deçà d’un système hydraulique et finalement à peine mieux qu’un bon système mécanique. Cependant, le réglage s’avère simple et le modèle de série devrait disposer de plaquettes plus efficientes, ainsi que d’un disque de 160 mm à l’avant, ce qui devrait apporter un supplément de mordant non négligeable.

Les roues, pneus et périphériques du Bertin C134

Troisièmement, les roues sont constituées de moyeux NOVATEC (dont la roue libre fonctionne dans un silence impressionnant !) et de cercles DR30 en aluminium de fabrication taiwanaise. Ceux-ci sont étroits (18,5 mm de largeur interne) mais arrivent à loger les pneus CST Tirent en dimension 700×40 mm montés en chambres à air. CST pour Cheng Shin Tire, est un des plus gros fabricants au monde de pneumatiques, distribué dans plus de 150 pays.

Quant aux périphériques, et sans revenir sur la tige de selle spécifique évoquée avec le kit cadre, j’ai trouvé intéressant la présence de la selle Fizik Antares, appréciée par beaucoup d’entre nous ! Concernant la potence, celle-ci devrait revoir sa longueur à la baisse sur le modèle de série, à l’inverse du cintre qui va lui gagner en largeur.

Le test terrain du Bertin C134

J’ai pu tester ce vélo aussi bien sur routes secondaires que sur les pistes très roulantes du nord de la Meuse. Pour cela, j’ai laissé ce Bertin C134 dans une configuration “chambres à air”.

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Le test terrain du Bertin C134 (photo Laurent BIGER)

On the road

Sur la route, le Bertin C134 ne fait pas trop sentir ses 10 kg tout rond. Mieux, son rendement est bon. Toujours sur cet aspect, et spécifiquement sur fortes sollicitations, je peux néanmoins remarquer que ce C134 n’a pas la rigidité latérale de certains vélos Gravel plus exclusifs (et bien moins confortables). Une caractéristique que j’avais déjà remarqué sur le C133. Seuls les chasseurs de KOM s’en plaindront, puisque ce C134 permet déjà une belle aisance routière qui permettra d’entreprendre de solides sorties à bon rythme, et sans être trop exigeant physiquement pour le commun des mortels. Seules ses roues marquent le pas dans les ascensions, où leur dynamisme platonique grève la performance globale du C134. Malgré cela, ce Bertin relance bien, grâce notamment à un boitier de pédalier suffisamment rigide pour transmettre sans trop de déperdition la puissance musculaire.

Bertin
Un boitier de pédalier suffisamment rigide pour transmettre sans trop de déperdition la puissance musculaire (photo Laurent BIGER)

Off road

Sur les pistes, je vais commencer par évoquer le confort, de très bon niveau. Ce Bertin C134 filtre bien les irrégularités du terrain, grâce à un triangle arrière pas aussi rigide que son aspect sportif pourrait le laisser penser. Une filtration à mettre aussi au crédit des pneus CST Tirent, aux flans très souples. J’ai d’ailleurs bien apprécié leur grip, rassurant même sous la pluie.

Un triangle arrière confortable, pas aussi rigide que son aspect sportif pourrait le laisser penser (photo Laurent BIGER)

Evidemment, la transmission quelque peu “routière” de cet exemplaire de présérie cantonne le C134 à des parcours roulants. Cependant, cela n’empêche pas de prendre déjà du plaisir au guidon de ce vélo.

Oui, il est possible de se faire plaisir avec un vélo en carbone à 2090€ (photo Laurent BIGER)

Le cintre s’avère bien adapté à un usage Gravel, aussi bien que routier. Ce cintre ne comporte pas de flare excessif, ce qui rend la position des mains sur les cocottes naturelle et efficace. La géométrie classique du cadre rend ce Bertin à la fois maniable et stable. Un bon compromis qui prône ainsi la polyvalence et qui conviendra bien aux débutants dans notre pratique.

Confortable et relativement efficace (photo Laurent BIGER)

Pour conclure

En somme, il n’est pas facile pour moi de trouver à redire sur ce C134 proposé à un tarif très agressif de 2099€. Finalement, Bertin propose un Gravel en carbone confortable et suffisamment efficace pour la plupart d’entre nous. Alors oui, le C134 n’est pas parfait, notamment au niveau de certains choix d’équipements. Mais il constitue une base saine pour qui veut investir progressivement au fil des ans, en fonction de son budget, pour personnaliser et améliorer son vélo de Gravel. Une démarche vertueuse voulue par Mickaël Bertin, qui prouve que même dans une période d’inflation généralisée, on peut proposer un vélo agréable et abordable, et ce même en carbone.

Caractéristiques du Bertin C134

  • CADRE : CARBON UD T800
  • FOURCHE : CARBON UD T800, pivot carbone, axe 12×100 mm
  • DÉRAILLEUR ARRIÈRE : Shimano 105 R7000 longue chape
  • DÉRAILLEUR AVANT : Shimano 105 R7000
  • LEVIERS : Shimano 105 R7000
  • PÉDALIER : Prowheel VICTOR-621C-TT 50/34 dents
  • BOITIER DE PÉDALIER : fileté, Prowheel PW-BB6
  • CHAÎNE : KMC
  • ETRIERS DE FREINS : FunnOne PRO5.0 (hydro-mécaniques)
  • DISQUES DE FREIN : FunnOne PRO, 140 mm
  • TIGE DE SELLE : spécifique au cadre, CARBON UD T800
  • JEU DE DIRECTION : semi-intégré, conique
  • MOYEU AVANT : NOVATEC, axe 12×100 mm
  • MOYEAU ARRIÈRE : NOVATEC, axe 12×142 mm
  • RAYONS : en acier
  • JANTES : Aluminium DR30, 30mm de hauteur, 22,5mm de largeur externe, 18,5mm de largeur interne
  • PNEUS : CST Tirent, 700×40 mm
  • POIDS annoncé : vérifié à 10,0 kg (taille 54)
  • TAILLES DE CADRE : 47/51/54/56 cm
  • Prix public : 2 099,00 €
  • Site fabricant : Cycles Bertin – GRAVEL CARBON C134 (cycles-bertin.com)

Schwalbe G-One Overland, le pneu gravel aventure sans frontières

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Schwalbe Overland
Les pneus Overland récemment testés par Hugo - photo Hugues Grenon

La gamme Gravel de Schwalbe, déjà très fournie, s’enrichit d’un nouveau pneu, l’Overland. Schwalbe réalise le grand écart en cette année 2022 entre le RS présenté au printemps orienté performance et ce nouvel Overland orienté aventure bikepacking / voyages / vélotaf / E-Bike. L’accent a été mis sur la solidité et la durabilité. Le profil polyvalent permet-il tout de même un rendement correct ? Verdict ci-dessous après avoir roulé environ 1000 km avec ces Overland montés sur un Kona Sutra LTD parfaitement adapté à ce programme.

Le montage

Schwalbe Overland
Des pneus tubeless Ready presque prêts pour l’aventure, reste à valider le montage tubeless, photo Hugues Grenon

Les pneus – de section 700×50 (28×2.00) – ont été montés sur le Gravel Kona Sutra que j’ai en test équipé de roues WTB alu de section interne large de 27 mm et habituellement équipées de pneus en 29×2.25. Le montage a été réalisé sans difficultés. Les pneus ont claqué aisément et l’étanchéité réalisée de suite. Pas de perte de pression à déplorer, du tout bon.

Montage tubeless validé, rien à signaler, un claquage aisé et une étanchéité rapide, photo Hugues Grenon

Sur cette jante et à une pression de 2,3 bars, les pneus ont été mesurés à 47,2 mm au ballon et 48 mm aux crampons.

Annoncés à 625 g, ils ont été pesés à 662 g soit un écart significatif. Il est cependant plutôt sans surprise et dans le haut du panier. Et néanmoins logique vu le programme annoncé et les caractéristiques anti-crevaisons qui seront détaillées après.

Schwalbe Overland
Un poids de 662 g, pas un poids plume mais trop étonnant vu les caractéristiques et les dimensions généreuses, photo Hugues Grenon

Le profil

Le profil général est polyvalent. La bande de roulement est moyennement cramponnée afin de ne pas trop obérer le rendement. Les crampons périphériques sont plus prononcés afin d’apporter une certaine accroche.

Schwalbe Overland
Un profil polyvalent avec une bande de roulement faiblement cramponnée et des crampons périphériques plus prononcés, photo Hugues Grenon

La conception et la gamme

Compte-tenu du ou plutôt des programmes annoncés – voyage, bikepacking, vélotaf et E-bike – Schwalbe a mis le paquet sur la résistance aux crevaisons.
La technologie Superground a été utilisée pour contrer au mieux les crevaisons grâce à la superposition de trois couches au niveau de la bande de roulement. Les flancs bénéficient d’une protection SnakeSkin. L’indice global de protection élaboré par Schwalbe est de 6/7.
La gomme Adix Speedgrip utilisée permet d’avoir une durabilité accrue tout en bénéficiant d’un rendement et d’un grip très correct.
Ces technologies engendrent donc un poids plutôt conséquent qui est également dû à la section généreuse.
Le pneu existe en 3 largeurs : 40, 45 et 50 mm par 700. Ils sont de couleur noire, pas de version flanc beige.

Les tests terrain

Schwalbe Overland
Les tests terrains ont été réalisé sur environ 1000 km de longues sorties et week-end bikepacking, photo Hugues Grenon

Ces pneus tombaient à pic puisque j’avais plusieurs longues sorties et week-end bikepacking planifiés pour des reconnaissances de futurs évènements gravels, sur des terrains plutôt secs et roulants à cette époque. Une section de pneu plutôt généreuse sans tomber dans les sections « monstercross / VTT » couplée à un profil plutôt roulant ; néanmoins suffisamment cramponné pour rouler sereinement sur chemins secs et singles forestiers.

Le rendement est tout à fait correct. Malgré le poids du vélo, des bagages et du pilote, le profil polyvalent permet d’avancer sans s’employer exagérément ni dépenser son énergie inutilement.

Schwalbe Overland
Un rendement tout à fait correct sur des terrains secs et lisses, photo Hugues Grenon

Le bruit au roulement est feutré et ne vous dérangera pas lors des instants de plénitude sur revêtement bitumé. Un bon point.

Schwalbe Overland
Un bruit au roulement feutré qui vous permettra de profiter de vos moments de plénitude sur revêtements lisses, photo Hugues Grenon

Au niveau de l’accroche, difficile de se prononcer en ce qui concerne les terrains humides, l’été et le début de l’automne ayant été très secs. Par contre, pour avoir emprunté de nombreuses portions sablonneuses et également des chemins et singles, l’accroche est rassurante. La direction est franche et met en confiance.

Schwalbe Overland
Une accroche rassurante sur terrain sablonneux et meuble, certainement bien moindre en terrain boueux, photo Hugues Grenon

Au niveau du confort, avec une section généreuse couplée à une qualité de gomme moelleuse malgré les trois couches composant la carcasse, ces Overland sont très bien placés. La pression à adopter, entre 2,2 et 2,3 bars pour ma part, sera évidemment une variable d’ajustement comme de coutume.

Schwalbe Overland
Un confort appréciable et une accroche rassurante, photo Hugues Grenon

Derniers points à valider : la résistance et la durabilité.
Aucune crevaison à déplorer. Comme d’ailleurs avec tous les Schwalbe Gravel que j’ai eu à tester depuis quelques années. Même si c’est aléatoire, cette constance est rassurante, surtout chargé. C’est toujours embêtant de réparer ou mettre une chambre à air dans un pneu tubeless, surtout en voyage à vélo…

La durabilité sera à confirmer mais après plus de 1000 km la gomme est toujours comme neuve.

Schwalbe Overland
Aucune crevaison à déplorer et une gomme toujours pimpante comme au premier jour, photo Hugues Grenon

En conclusion

Schwalbe Overland
Les Overland vous emmèneront loin sur tout type de terrain, photo Hugues Grenon

Avec cet Overland, Schwalbe propose un des pneus voyages / bikepacking les plus polyvalents. Tous les ingrédients sont réunis pour en faire un best-seller pour ceux qui recherchent confort, résistance et durabilité pour les aventures au long cours sur terrains plutôt secs ou légèrement humides. Vous pourrez le monter aussi bien à l’avant qu’à l’arrière. Un mix G-One Allround arrière un poil plus roulant et un Overland à l’avant pourrait aussi être un choix judicieux sur terrains secs. Le prix de 62,90 € est plutôt dans la fourchette haute mais vous le garderez longtemps et le dénicherez sur le net à une cinquantaine d’euros. Chacun trouvera également son format le plus adapté. Un sérieux et fidèle compagnon d’aventures cet Overland !

Toutes les infos sur le site de Schwalbe

Reportage : 48h en immersion dans l’écosystème Caminade

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Brice Epailly Caminade La Fabrica
Brice Epailly, le fondateur de Caminade, fait visiter La Fabrica à Anne - photo Dan de Rosilles

Depuis un peu moins de deux ans, l’atelier Caminade a déménagé. Sans quitter Ille-sur-Têt, petit bourg de cinq mille habitants, niché sur le flanc nord du Canigou à vingt-cinq kilomètres de Perpignan, Caminade a investi un nouveau lieu : La Fabrica, un bâtiment vieux de deux siècles, où se déroulent désormais bon nombre d’événements et d’expériences originales.
Intrigué par le projet et par le lieu, notre reporter Dan de Rosilles est allé passer deux jours sur place pour ramener de la Fabrica un récit exclusif, qui parle de vélo bien sûr, mais pas seulement…

Ille-sur-Têt Caminade
J’arrive à Ille-Sur-Têt, une bourgade de 5000 habitants, située à 25 km de Perpignan sur le versant nord du Canigou – photos Dan de Rosilles

Sur un coup de Têt ?

Jeudi 17 novembre / 09h00 – Non, ce n’est pas sur un coup de tête que je me rends à Ille-sur-Têt (pronnoncez : “iye”). J’avoue avoir une affection particulière pour cet endroit et pour Caminade, la marque de vélo installée ici. C’est plutôt un retour aux sources, la continuité d’une série d’allers-retours qui ont commencé en 2015, lorsque j’ai organisé le premier événement d’Arles Gravel, la Boucle d’Oreille. À cette occasion, Sylvain de Caminade était venu à Arles avec son drôle de vélo en acier, le premier Allroad de la marque, tout en rondeurs.

La Fabrica Caminade
Anne pénètre dans La Fabrica par l’imposante porte en bois à double battant – photo Dan de Rosilles

Patrick Van Den Bossche n’avait pas tardé à écrire un premier article sur Caminade et l’audacieux design de ses vélos. J’avais ensuite visité Caminade en participant à leur Gravel de Fer en septembre 2016, à une époque où bon nombre de cyclistes, de détaillants et de fabricants ne connaissaient même pas le mot gravel… D’ailleurs, les événements gravel étaient encore rares en France ! Je n’avais plus raté la moindre occasion de me rendre sur place ; avec Patrick pour leur Gravel 66 en mars 2017, puis pour un press camp Mavic en avril 2018, où nous découvrions avec stupeur le premier Allroad titane manchonné collé. Aussi, n’ai-je pas hésité une seconde à répondre à l’invitation de Brice, le fondateur de Caminade, lorsqu’il m’a proposé de venir découvrir La Fabrica !

Sunn Titanium MTB 29" conversion Caminade Erwan Brice
Brice et Erwan réfléchissent à l’implantation d’un frein à disque sur un ancien cadre titane Sunn – photo Dan de Rosilles

25, rue de la Neige

Jeudi 17 novembre / 12h00 – Brice me donne rendez-vous au 25, rue de la Neige. De neige, point, mais des briques de terre rouge, à l’instar de celles qui composent la voûte de la porte qui troue les fortifications de la ville. Il suffit de passer dessous, puis de remonter une ruelle courbe, étroite et pentue. Là, juste derrière l’Église des Carmes, se trouve une imposante porte en bois à double battant, encore cernée de briques. C’est l’entrée de La Fabrica, un ancien moulin à huile, puis fabrique de limonade, devenue ensuite un théâtre pendant plus de vingt ans.
C’est juste avant le Covid que l’entreprise Caminade en a fait l’acquisition, bien décidée à redonner vie à ce lieu, y développer son ingénierie cycliste, avec d’autres projets en sus.

Portrait laura La Fabrica
À La Fabrica, c’est Laura qui gère et coordonne les différentes activités – photo Dan de Rosilles

Dès la porte poussée, on découvre un large et haut vestibule, qui accueille un marché de producteurs le jeudi soir et une co-cantine (végétarienne et à prix libre) le vendredi midi. Je comprends immédiatement qu’on a affaire ici à autre chose qu’un simple atelier de cycles, que s’y développent des activités complémentaires, en prise avec le territoire et la réalité économique et sociale du moment. Hélène, qui cuisine, Laura, qui gère l’accueil et le programme d’activité, Geoffrey, qui brasse la bière, insistent tous sur le caractère accueillant et convivial qui prévaut ici.

Marché de producteurs produits locaux La Fabrica Ille-sur-Têt
Tous les jeudis soir, La Fabrica accueille un marché de producteurs locaux – photo Dan de Rosilles

D’alcôves en symbiose

Jeudi 17 novembre / 14h00 – Plusieurs structures cohabitent dans l’ancien moulin à huile : Chacune des alcôves de la façade nord abrite une activité. Ici la micro-brasserie, là la cuisine, sur la galerie supérieure les stocks de l’épicerie solidaire, au balcon l’espace concert… C’est Laura qui gère cette cohabitation, programme les groupes de musique, sert au bar et coordonne les évènements ponctuels : expositions, projections, conférences…

portrait Hélène La Fabrica
La cuisine de La Fabrica est le domaine d’Hélène, qui y prépare de délicieux crakers – photo Dan de Rosilles

Hélène cuisine et organise chaque vendredi midi une co-cantine végétarienne, ouverte à tous. Le prix du repas est libre, on peut aussi venir donner un coup de main en échange d’un repas, sur un principe de solidarité auquel Hélène tient beaucoup. Pas de gaspillage ici, mais plutôt une mise en réseau : Hélène s’est entendue par exemple avec les maraîchers locaux pour récupérer les légumes invendus et les utiliser dans ses recettes. Pour le repas du vendredi, la grande table de l’espace central de La Fabrica accueille indistinctement les membres de l’équipe Caminade, des habitués, des vignerons locaux, des touristes de passage…

La Fabrica co-cantine
Tous les vendredis midi, La co-cantine de La fabrica ouvre à tous un repas végétarien à prix libre – photo Dan de Rosilles

Tout le monde se mélange, les discussions fusent, autour du vélo bien sûr, de la soudure du titane, des sentiers de randonnée, des méthodes de vinification, mais aussi du bon équilibre entre houblon et malt… Il faut dire que Geoffrey, ingénieur de formation, est le brasseur attitré de la Garoutade, la bière brassée in situ dans l’une des alcôves de la Fabrica. Rousse ou blonde, légère et portée sur les malts, c’est la bière qu’on déguste ici, à table le vendredi ou le jeudi soir en direct à la tireuse du bar.

portrait Geoffrey Buisan La Fabrica Garoutade craft beer Ille-sur-Têt
Geoffrey brasse lui-même La Garoutade, la bière artisanale produite et servie à La Fabrica – photo Dan de Rosilles

Une épicerie collaborative, “Al’ Terres Natives 66” a aussi pris ses quartiers à La Fabrica. Les adhérents donnent un peu de leur temps pour bénéficier de prix préférentiels sur des produits bios et locaux. Hélène et Brice tenaient absolument à héberger cette initiative à La Fabrica, c’était nécessaire à leurs yeux de proposer des achats groupés de produits locaux, au prix le plus juste pour les producteurs et les consommateurs. Bientôt, c’est une école de couture qui va s’installer dans la mezzanine encore vacante… Pour y créer entre autres, pourquoi pas, des sacoches pour les vélos Caminade ?

La garoutade local craft beer La Fabrica organic recipe
Hélène prépare ses crakers bio avec les drêches issues du brassage de la Garoutade, la bière de La Fabrica – photo Dan de Rosilles

Juste en dessous, dans la cuisine, l’infatigable Hélène finit tout juste de préparer les planches végétariennes de l’apéro du soir, qu’elle est déjà est en train d’étaler la fine pâte des crackers maison à base de farine bio et des drêches (résidus de malt issus de la fabrication de la bière, ndr), qui seront servis le lendemain midi. Comme un symbole, ces crackers illustrent le fait qu’à La Fabrica tout se transforme, dans un équilibre entre respect des ressources et pragmatisme économique. Ici, comme dans un écosystème, tout est lié, tout fonctionne en symbiose, dans le respect des partenariats et des interdépendances.

La fabrica apéritif planche végétarienne
Les planches apéro végétariennes servies à La Fabrica le jeudi soir sont délicieuses – photo Dan de Rosilles

L’atelier Caminade, la pièce maîtresse

Jeudi 17 novembre / 14h00 – Toute la partie gauche du bâtiment, l’ancienne salle de théâtre en fait, est occupée par l’atelier Caminade. Mais Brice me souligne qu’il y a deux siècles, ce fut un lieu où on fabriquait des canons de mousquets. Déjà une histoire de tubes métalliques… Dans ce large espace, très haut de plafond, je découvre plusieurs postes de travail, en particulier l’établi de soudure titane d’Erwan, l’atelier de mécanique et de collage structurel des Allroad manchonnés-collés de David, mais aussi le nouveau bureau d’étude développé par Quentin sous la direction de Brice.

Quentin Chort portrait Caminade R&D
Quentin est responsable du bureau d’étude – photo Dan de Rosilles

L’espace est découpé par de grands plans de travail, comme des îlots dans un atoll corallien, à la fois séparés les uns des autres, mais reliés par le même socle, le même objectif : la production des vélos Caminade. Sous l’un, le stock de tubes en titane. Sur les autres, qui des centreuses de roue, des bouteilles de gaz inertant, des cintreuses, des presses… L’atelier ressemble plus à une fabrique artisanale de précision qu’à une unité industrielle de production de masse.

Ultima Multipath VAE frame and fork
Le cadre et la fourche du VAE Multipath Ultima ont été dessinés par le bureau d’étude Caminade – capture d’écran site web Ultima

Mais le nombre de vélos qui sortent de cet atelier est impressionnant :”On est à dix manchonnés-collés par mois, et quatre ou cinq cadres soudés… on cherche d’ailleurs à ralentir la production” m’explique Brice. “Le rachat et les travaux de La Fabrica ont été très coûteux, mais maintenant on veut se consacrer aussi à d’autres projets. Notre objectif pour cette année serait de ne pas dépasser quatre cadres soudés par mois, et six manchonnés-collés”.

Erwan Caminade titanium H-Bar
Erwan nous présente les H-Bar en titane qu’il soude à l’atelier – photo Dan de Rosilles

Il faut dire que les nouveaux projets de recherche et développement, menés par Quentin, foisonnent : Par exemple, Caminade a créé pour la marque Ultima Mobility le cadre et la fourche du Multipath, un VAE urbain, produit en France à base de fibres de carbone recyclées et de plastique de récupération. “La relocalisation de la fabrication des cadres Ultima en France est exemplaire” déclare fièrement Brice. “On a montré qu’on pouvait recycler l’outil industriel automobile français en faveur du vélo. On obtient en trois minutes un cadre en matière recyclée injectée qui peut concurrencer un cadre fabriqué en Asie”.
En plus d’exporter son savoir-faire, le bureau d’étude Caminade crée aussi des prototypes pour des projets en interne, comme par exemple un tricycle, un cargo, un vélo pliable et une lampe sur dynamo qui sont actuellement en cours de développement.

Allroad Titanium Caminade gravel Bike Pinion C12
C’est Quentin, responsable du bureau d’étude Caminade, qui a dessiné le manchon en carbone qui accueille la boîte Pinion C12 sur le Allroad manchonné-collé – photo Geoffrey Buisan / @caminadebikes

On s’avance plus avant dans l’atelier. Sur un étau, Erwan modifie un VTT Sunn Exact Revival 26″ en titane qu’un client souhaite transformer en gravel. Erwan rallonge les pattes arrières et les passe en axe traversant, il crée les passages internes de durite… le vélo sera désormais en 29″ avec des freins à disque. “On ne répond pas favorablement à toutes les demandes de modification, mais cette démarche s’inscrit totalement dans notre philosophie” me confie Brice. Puis, il me présente les deux versions du Allroad manchonné-collé en titane que je vais tester le lendemain. Il y a bien sûr un modèle “sportif”, léger et vif, équipé du groupe Ekar 1X13 vitesses (groupe que j’ai déjà pu essayer sur un Cinelli lors d’un press-camp Q36.5 en 2021). Mais Caminade propose aussi une version plus orientée voyage/loisir, avec une boîte Pinion C12 et un H-bar en titane, créé ici même. Voilà donc les deux machines que je vais tester le lendemain, et je m’en lèche déjà les babines !

Portrait Erwan Caminade titanium Bikes
Erwan est le maître soudeur de l’atelier Caminade – photo Dan de Rosilles

L’underground de la Fabrica

Jeudi 17 novembre / 17h00 – L’après-midi touche à sa fin, mais la visite n’est pas terminée, je ne suis pas au bout de mes surprises !
Car si on descend quelques marches, le sous-sol recèle bien des trésors. J’y découvre les sableuses et le banc de peinture qui équipaient déjà l’ancien atelier, le stock de pièces détachées et de pneus nécessaires pour le montage et l’entretien des vélos Caminade, mais aussi les bases de la nouvelle ressourcerie-recyclerie gérée par Mika. Ce projet de “recyclerie 2.0” (comme la surnomme Brice) va bien au delà d’un simple atelier de réparation et de remise en état de vélos anciens. En lien avec le bureau d’étude sis à l’étage supérieur, c’est ici que se précise un projet – encore un peu secret – de vélos cargos du futur, accessibles à tous et bon marché.

portrait Mika Caminade
Recycler, stocker et répertorier des pièces… Mika accumule un trésor pour les années à venir – photo Dan de Rosilles

“Tout le monde peut rénover les vélos” me confie Brice, “mais moi je veux pouvoir les transformer en vélos cargos. Le grand boom du vélo aura lieu sur le vélo urbain. Aujourd’hui, en France, il n’y a que 2,5% des gens qui se déplacent à vélo, mais on parle de 8% pour 2025. C’est un marché énorme, mais c’est con de vendre des vélos neufs alors que tout le monde a un vélo dans le garage qui peut remplacer la bagnole. Chez Caminade, avec notre savoir-faire, on veut être capables de transformer en cargos les vieux vélos facilement et rapidement, donc là on est en train de bosser dessus”.

portrait David Caminade Bikes
David est le gardien du secret du collage structurel des Allroad manchonnés – photo Dan de Rosilles

Le jeudi soir, y’a before à la Fabrica

Jeudi 17 novembre / 19h00 – Les soirées concert-apéro-marché-de-produits-locaux du jeudi soir ont lieu dans la salle et au comptoir du bar l’hiver, en terrasse l’été : avec l’aval de la mairie, l’équipe Caminade a construit, face à la porte d’entrée, une étroite terrasse en bois le long de l’église. Cela a permis de chasser naturellement les voitures qui y stationnaient à l’année, les dépôts sauvages de poubelles et de proposer un espace extérieur convivial pour les jeudis soirs.

La Fabrica concert
Tous les jeudis soirs, il y a aussi un concert sur la mezzanine de La Fabrica – photo Dan de Rosilles

Le jeudi soir, l’idée n’est pas de proposer une soirée festive jusqu’au bout de la nuit, mais plutôt une entrée en matière, un “before” comme on dit à Paris.
Le marché et le bar ferment à 21h, le concert a lieu à l’heure de l’apéro. Les habitués apprécient cet horaire précoce. Ils débarquent entre chien et loup pour assister au concert, faire coucou aux copains, déguster une planche végétarienne avec un jus de fruit frais, une bière-maison ou un verre de vin local, font le plein de légumes au marché avant de rentrer sagement à la maison, ou de partir vers des destinations plus noctambules et festives, c’est selon.

La Fabrica organic vegan
Au bar de La Fabrica, les ardoisent annoncent les prix et la couleur – photo Dan de Rosilles

Le choix de faire sa (propre) bière

Jeudi 17 novembre / 20h00 – Le marché de producteur et le bar tournent à plein. À l’étage, le groupe programmé pour la soirée donne à entendre des chansons françaises, appuyées par une solide section de cuivres.
Je discute houblon avec Geoffrey. “On a d’abord créé le lieu, on voulait voir ce qu’on était capable de servir pour dimensionner ensuite l’outil de production”. Ici, au bar, on crée du lien social, de la convivialité, on pousse des vins de producteurs locaux, on aurait pu très bien vendre de la bière achetée à des copains brasseurs” affirme Geoffrey.

La Fabrica Garoutade local beer craft beer
La Garoutade brassée par Geoffrey est à l’image du lieu : conviviale et bien équilibrée – photo Dan de Rosilles

“Mais en servant la bière des copains brasseurs” poursuit Geoffrey, “je me suis rendu compte que je racontais leur histoire. Du coup, en faisant notre propre bière, en la servant ici et en l’exportant ailleurs, c’est notre propre histoire qu’on raconte”. Il poursuit : “J’ai créé un métier qui est cool. C’est valorisant, ça fait sens, ça s’inscrit parfaitement dans le projet global”.
Après quelques bières, il est temps d’aller se coucher ; la journée du lendemain s’annonce bien remplie : Brice m’a donné rendez-vous à l’aurore pour aller essayer les deux versions du Allroad sur les pistes sableuses qui surplombent la rive gauche du fleuve Têt, à proximité des Orgues de Ille

Anne Fontanesi gravel riding Canigou Caminade Titanium gravel bike Campagnolo Ekarbike
Face au Canigou, le réseau de pistes gravel autour des Orgues de Ille est immense – photo Dan de Rosilles

Le match Italie-Allemagne

Vendredi 18 novembre / 9h00 – Ce matin, on rentre dans le vif du sujet cycliste, car il s’agit d’aller rouler sur les vélos manchonnés-collés équipés des nouvelles configurations de groupes.
Je connais déjà bien l’Allroad, car je l’ai testé dès sa création en 2018, avant et pendant un press-camp Mavic. J’avais alors roulé sur le pré-série numéroté 007 ; à cette époque, tous les Allroad étaient montés en Sram…
Brice nous explique la transition, ou plutôt la rupture, qui s’est produite depuis :
“Pendant le Covid, il y a eu pénurie de pièces et d’équipement. Ça nous a touché, comme les autres, mais ça nous a aussi permis de prendre des décisions. Les vélos que tu vas rouler sont le fruit de ces décisions”.

Plus de Sram sur les Allroad sportifs donc, mais du Campagnolo, fabriqué en Italie. Quant aux boîtes de vitesse Pinion (prononcez : “Pinione”), que je vais tester aujourd’hui pour la première fois, elles sont fabriquées en Allemagne. Désormais, les deux-tiers des vélos produits par Caminade sont équipés de boîtes de vitesses. “On croit au produit, ça fonctionne bien, c’est indestructible, ça va dans le sens du produit durable. Bien sûr, il faut assumer : quand un client te dis, moi je veux du Di2, vous n’en avez pas, je ne vous prends pas de vélo… Eh bien tant pis !”

Les deux-tiers des vélos produits par Caminade sont équipés de boîtes de vitesses – photo Dan de Rosilles

Le groupe Ekar 1X13 de chez Campagnolo n’a plus besoin de faire ses preuves. Nous l’avons roulé maintes fois à Bike Café et personne aujourd’hui ne remettrait en doute la pertinence de cette transmission. C’est différent avec la boîte Pinion, qui rencontre encore pas mal de résistances et d’a priori dans le monde du vélo, particulièrement chez les sportifs.

Pinion C12 gearbox
Un moyeu singlespeed asymétrique et une chaîne 1/8″ complètent le montage Pinion – photo Dan de Rosilles

C’est Quentin qui a dessiné pendant son stage le manchon qui manquait pour accueillir la boîte Pinion sur le manchonné-collé. Équipé de la C12 (il y a douze vitesse sur cette boîte Pinion), le vélo est plus lourd, de 900 grammes quand même…
Ce qu’on perd en légèreté, on le gagne en tranquillité d’esprit. Pas d’entretien ou presque, si ce n’est un réglage de tension de chaîne de temps en temps (moi qui roule en pignon fixe ça ne m’effraie guère) et une vidange conseillée une fois par an ou tous les 10 000 km, à faire soi-même tellement l’opération est simple.

Pinion C12 gearbox
Le tendeur Pinion permet d’obtenir la tension idéale de la chaîne – photo Dan de Rosilles

Pour être tout à fait complet sur la prise en main de ce “nouveau” Allroad manchonné-collé, je me dois d’évoquer une évolution majeure : le passage de roues en 700 X 45.
Effectivement, lorsque j’avais roulé le Allroad en 2018, le passage maximum de pneus était de 40 mm en 700, parce que la fourche TRP qui équipait alors le vélo ne permettait pas de passer plus gros. Désormais équipé d’une fourche Columbus et avec des bases arrières légèrement plus longues, le Allroad supporte allègrement des Hutchinson Overide en 45mm et peut s’adapter ainsi à toutes les pratiques et à tous les terrains.

Caminade titanium H-bar
Vu de dessus, le Allroad équipé de son H-Bar et de pneus de 45 mm a de la gueule – photo Dan de Rosilles

Et Caminade créa son H-Bar en titane

Toute l’équipe est très fière de cette réalisation ; Erwan en est le soudeur. Ce H-Bar ne ressemble que très peu à la version de Jones : il n’existe qu’en titane, il est ouvert à l’avant et la partie “plat du cintre” est aplatie justement, pour offrir une meilleure zone de contact à cet endroit et dans la zone “cocottes”. Ce cintre équipe tous les vélos montés en boîte Pinion, car le sélecteur de vitesse de la C12 n’existe qu’en poignée tournante. Impossible donc (pour l’instant en tout cas), de monter sur le même vélo une boîte Pinion et un cintre route ou gravel.
Par contre, le H-Bar peut aussi se monter sur un vélo équipé d’un groupe conventionnel type VTT, on peut d’ailleurs l’acheter directement sur le site de Caminade pour le monter sur un vélo d’une autre marque.

Caminade titanium H-Bar positions
Le H-Bar offre plusieurs positions confortables et efficaces – photos Dan de Rosilles

Chaos de granit et sables du Pliocène

Vendredi 18 Novembre / 10h00 – Nous voici sur les pistes sableuses encadrées de granit rose, sur les collines qui surplombent la Têt. Je commence par “le” Pinion ; c’est forcément celui qui m’intrigue le plus. Pendant ce temps, Anne roule “le Ekar”, nous échangerons les vélos plus tard dans la journée. Curieux de notre ressenti, Brice et Geoffrey nous accompagnent.

Brice Epailly Geoffrey Buisan Caminade Bikes
Geoffrey (au c.) et Brice (à d.) sont très curieux de savoir ce que je pense de ces deux versions du Allroad – photo Anne Fontanesi

Immédiatement, je remarque le surpoids du Pinion (900 g de plus pour la boîte de vitesse par rapport au groupe Ekar et 430 g de H-Bar là où un cintre pèse entre 250 et 300 g) mais cela ne me choque pas, bien au contraire. À la différence d’un vélo ultra-léger en mono-plateau dont l’essentiel du poids est porté sur l’arrière à cause de l’énorme cassette à 12 vitesses, ici le poids est au centre, très légèrement sur l’avant. Cela donne au vélo un comportement extrêmement sain et sympathique, aussi bien en montée qu’en descente, sur les secteurs roulants ou plus techniques. Le pilotage du H-Bar est… cool. On se sent très confort, positionné haut pour profiter du paysage, mais avec une grande variété de positions possibles, la saisie “aéro” à l’avant du H-Bar permettant tout à fait de se profiler lorsqu’on envoie sur la route.

Dan de Rosilles Caminade gravel bike titanium H-Bar Pinion C12 Assos of Switzerland cyclin apparel
Le large poste de pilotage du H-Bar n’est pas un handicap pour les montées abruptes, bien au contraire – photo Geoffrey Buisan / @caminadebikes

Dans les descentes chaotiques, le généreux backsweep des poignées en bout de cintre donne énormément de confiance et ménage les poignets, ce qui est certainement le cas aussi sur les longues distances. La position “plat du cintre” ressemble tout à fait à… une position “plat du cintre” sur un guidon de route ou de gravel. La quatrième position est très intéressante, elle consiste à appuyer ses paumes à la jonction du plat et des prolongateurs. C’est celle qui ressemble le plus à la prise des cocottes sur un cintre classique, on peut y rester des heures… sans l’accès direct aux freins et au sélecteur de vitesses bien sûr.

Huile et gaz à tous les étages

Anne Fontanesi Caminade Allroad gravel titanium bike H-Bar Pinion C12
La large prise en main et le backsweep du H-Bar donnent de l’assurance sur les chemins de sable et de gravier – photo Dan de Rosilles

Le sélecteur de vitesse ? Parlons-en ! c’est là que j’ai eu le plus de mal à m’adapter. Certes, cette poignée tournante, en dehors du fait qu’elle commande deux câbles d’un coup (un pour monter les vitesses, l’autre pour les descendre), est identique à celle d’un VTT. Mais si on peut passer toutes les vitesses à l’arrêt, dans un sens comme dans l’autre, on ne peut pas passer sur une vitesse plus petite lorsqu’on est en prise. Il faut donc anticiper un peu plus qu’avec un dérailleur, lorsqu’une montée soudaine se présente, au risque de forcer sans aucun résultat sur la poignée.

Dan de Rosilles Caminade gravel bike titanium H-Bar Pinion C12 Assos of Switzerland cyclin apparel
Le H-Bar et la boîte Pinion, c’est à la fois cool et efficace – photo Anne Fontanesi

Pour une fluidité totale de la commande, il faut arrêter de pédaler (ne serait-ce qu’une seconde), pour passer une ou plusieurs vitesses d’un coup. Avec un dérailleur et de l’expérience, on peut changer de vitesse en souplesse, dans le creux du pédalage. Avec la C12 pignon, ce n’est pas plus compliqué, mais ce n’est pas au même moment, ni la même méthode… Tout est question d’habitude !

Pinion C12 Shifter titanium H Bar Caminade Allroad gravel bike
L’avant du Allroad et son H-Bar ressemble à un épervier en piqué – photo Dan de Rosilles

Pour un usage gravel, Caminade monte la transmission Pinion en 30 X 24 et en 30 X 30 en VTT. Pour ce qui est des ratios, la plage est énorme. Là où la cassette la plus étendue propose une amplitude de 520%, on atteint 600% avec la Pinion.
Autre caractéristique, l’étagement des vitesses, qui contrairement à celui d’une cassette, ne présentent pas de “saut”, mais un “pas” régulier, à savoir 8% entre chaque. C’est déroutant au début, on se surprend à changer de vitesse à des endroits où on se serait mis en danseuse avec un dérailleur… ou réciproquement parfois. Globalement, je dirais que la boîte Pinion influence la façon de rouler. Un pédalage plus sage, mais diablement efficace, à mon avis plus adapté aux déplacements quotidiens et aux voyages au long cours qu’à un tirage de bourre entre copains.

Caminade Allroad gravel titanium Bike Pinion C12
Les Allroad en boîte Pinion sont équipés en 30 X 24 – photo Geoffrey Buisan / @caminadebikes

Pour ceux qui souhaiteraient des détails techniques supplémentaires, on pourrait ajouter que la chaîne de largeur 1/8″ (comme sur un pignon fixe) entraîne un moyeu singlespeed asymétrique, que la tension de chaîne se fait grâce à des vis de réglage sur les pattes horizontale du Allroad soudé et grâce à un tendeur de chaîne Pinion situé près de la boîte de vitesse sur le modèle manchonné-collé et ses pattes verticales.
Mais n’en déplaise aux geeks, avec une boîte Pinion la technologie est là pour se faire oublier ; ne reste que le plaisir de rouler !

Dan de Rosilles Caminade gravel bike titanium Campagnolo Ekar Assos of Switzerland cyclin apparel
Dès que je me dresse sur les pédales, le Allroad en version Ekar bondit sur la route – photo Anne Fontanesi

Italie – Allemagne, 1 à 1, balle au centre

Vendredi 18 Novembre / 14h00 – J’échange de vélo avec Anne, je prends en main le modèle équipé en Ekar. Bien sûr, la sensation est toute autre : Me voici clairement sur un vélo sportif, qui pèse un bon kilo de moins que le Pinion et dont le cintre et le dérailleur me sont tout à fait familiers. Inutile que je vous décrive dans le détail les quelques kilomètres qui s’en sont suivis et les sensations que j’ai éprouvées, je vous engage plutôt à aller vous-même essayer un Allroad manchonné-collé… L’équipe de Caminade saura vous accueillir à la Fabrica et vous faire essayer les vélos, vous proposer de déjeuner avec eux, et bien plus encore : à l’atelier, on peut réaliser une étude posturale, amener un vélo à réparer ou à repeindre, et découvrir les pistes de gravel et de VTT qui foisonnent tout autour, des traces sont d’ailleurs en libre accès sur le compte Komoot de Caminade.

Dan de Rosilles Caminade gravel bike titanium Campagnolo Ekar Assos of Switzerland cyclin apparel
La longue montée du coteau aura raison de mes moyens, pas de ceux du Allroad – photo Anne Fontanesi

Ce que je retiens surtout de ces deux essais, c’est la complémentarité des deux montages. Avec un cadre, des roues et des pneus rigoureusement identiques, j’ai vécu deux expériences radicalement différentes avec deux cintres et deux groupes qui donnent à chaque version un caractère bien particulier, pour deux façons de rouler qui ne s’opposent pas, mais se complètent. Serait-ce indécent d’imaginer de posséder non pas un, mais deux Allroads, pour n’avoir pas à choisir quel type de vélo on veut pratiquer ?

Caminade gravel titanium bike Campagnolo Ekar Pinion C12 H-Bar
Qu’il soit équipé du groupe Campagnolo Ekar ou de la boîte Pinion C12, le Allroad manchonné-collé est parfait pour le gravel – photo Geoffrey Buisan / @caminadebikes

Caminade invente son tiers-lieu… et les vélos du futur

À ceux qui émettent des doutes sur le design des vélos manchonnés collés et leur look industriel assumé, Brice répond : “Dans le vélo comme pour le reste, il faut partir d’une fonction, d’un besoin, et c’est la fonction qui crée le design. C’est les objets les plus simples qui sont les plus beaux finalement. Dans l’avenir, il n’y aura que ça : des produits simples avec très peu de fonctions, très peu gourmands en énergie pour les fabriquer et les faire fonctionner. Pour y arriver, ce qu’il faut prouver avant, c’est par exemple qu’une presse capable d’injecter un pare-chocs de bagnole est capable d’injecter un cadre de vélo”. “L’idée chez Caminade”, dit-il, “c’est de ne pas faire comme les autres, d’aller sur des pistes où ne sont pas les autres et de faire fabriquer en France”.

Portrait Erwan Caminade titanium Bikes
Souder le titane est un art subtil et délicat dont Erwan est passé maître – photo Dan de Rosilles

Et puis les “activités croisées” menées par les différents secteurs de l’atelier Caminade sont développées en prévision de l’évolution de la situation écologique et des nouveaux enjeux économiques. Le surcyclage par exemple, (électrification de vélos existants, réparations et modifications de cadres, transfert de pièces de vélo tiers sur un cadre Caminade) et les projets de développement interne (cargos, vélos pliants) vont dans le sens des nouvelles contraintes qui attendent fabricants et cyclistes dans les années à venir.

Erwan Caminade titanium H-Bar
Le H-Bar en titane soudé par Erwan est un objet d’artisanat… mais super efficace et confortable pour piloter un vélo – photo Dan de Rosilles

La fenêtre et la vitrine

Samedi 19 / 9h00 – En reprenant la route d’Arles après ces deux journées riches d’expériences humaines, cyclistes et sensibles, je ne peux m’empêcher de penser que La Fabrica revêt une double fonction pour Brice et son équipe : C’est un espace d’expérimentation, parfaitement inscrit dans le territoire et ouvert à tous, où s’appliquent au quotidien les valeurs qui prévalent à l’atelier. Un cadre rassurant et maîtrisé, une sorte de fenêtre pour regarder le monde tel qu’il est et s’y intégrer à leur façon.
Mais La Fabrica est aussi une vitrine, éclairée et inspirante, charismatique ambassadeur de la qualité et de la pertinence des productions Caminade.

portrait Brice Epailly Caminade Bikes Ultima
Brice défend autant les cadres en titane soudés à l’unité, que la production industrielle de modèles composite… pourvu qu’ils soient fabriqués en France ! – photo Dan de Rosilles

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All road Caminade Titanium Bike Ekar Campagnolo
Après 48h en immersion dans l’écosystème Caminade, la tentation est grande de repartir en pédalant sur un Allroad ! – photo Anne Fontanesi

Cyfac cultive le Paradox… et change de braquet

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Une nouveau venu dans l'atelier de la Fuye
Cyfac déménage à Tours et lance son modèle carbone Paradox

Cyfac quitte ses ateliers historiques de La Fuye, situés à Hommes au Nord-Ouest de la Touraine, pour s’installer à Tours. Simultanément, Aymeric Le Brun – le patron de l’entreprise – nous présente un nouveau vélo carbone 100% fabriqué en France. Double paradoxe, pour cette société, installée depuis 40 ans “à la campagne” qui va s’installer dans une grande ville et pour ce spécialiste de l’acier, qui élargit sa production de cadres en carbone. Il faut voir dans ces paradoxes un raisonnement logique, et un axe de progrès pour cette entreprise qui a survécu à la période “noire” du beau vélo français. Les valeurs, les équipes et l’ensemble des savoir-faire de Cyfac, labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant depuis 2012, continueront à être le moteur des fabrications de vélos d’excellence.

Symbole de cette stratégie de développement, le vélo présenté le 25 novembre lors d’une conférence de presse à Tours s’appelle “Paradox”. “Le 25 novembre 2002, je commençais mon aventure chez CYFAC, aux côtés de son fondateur Francis Quillon. Le 25 novembre 2022, à l’occasion de 2 journées mémorables, je fête mes 20 ans dans les ateliers de La Fuye, mais surtout les 40 ans de ce Fabricant Artisanal de Cadres de Cycles“, rappelle Aymeric Le Brun. “C’est sans doute le vélo le plus moderne que l’on ait jamais fait en 40 ans. Malgré notre âge avancé on est de plus en plus jeune à l’image de notre équipe“.

Un beau cadeau d’anniversaire

40 ans, ça se fête ! Et il est vrai que beaucoup d’entreprises artisanales n’ont pas eu ce plaisir. CYFAC est une des rares entreprises à avoir survécu à la période de désintérêt pour le beau vélo artisanal qui a marqué le monde du vélo dans les années 1990-2000. Aujourd’hui c’est reparti, mais il a fallu tenir, pour ne pas disparaître. Lors de la conférence de presse annonçant l’arrivée de Cyfac à Tours, Aymeric Le Brun a annoncé la signature d’une convention et s’est vu remettre les clefs du nouveau bâtiment par Emmanuel Denis, le maire de la ville. Les activités de distribution et de production de CYFAC seront transférées progressivement au cours de l’année 2023.

Cyfac déménage à Tours et lance son modèle carbone Paradox
Aymeric Le Brun – photo Cyfac

L’arrivée de notre nouveau modèle carbone Paradox : 100% Moderne, 100% artisanal, 100% sur Mesure, 100% personnalisable et 100% Made in France, jusqu’au bout des tubes, grâce au savoir-faire de l’Atelier des Composites, marquera cette installation à Tours“, précise Aymeric Le Brun.

Objectif : 2 millions de vélos assemblés en France en 2030.

Cette arrivée est liée à une ambition commune entre la Ville de Tours et CYFAC pour développer un véritable pôle vélo d’excellence, porté par l’expertise des artisans de Cyfac et réunissant le maximum d’entreprises autour du vélo qui partagent les valeurs de productions locales, durables et éco-responsables. Elle apportera sa pierre locale à l’édifice national de relocalisation industrielle du maximum de fabrications de vélos et composants sur le territoire. La Filière Régionale Cycle Grand Ouest, s’inscrit également dans cette ambition en mutualisant toutes les énergies, passions et talents des acteurs du cycle du Grand Ouest. Les États Généraux de la filière vélo qui se sont tenus au Ministère de l’Économie et des Finances le 15 Novembre 2022 ont fixé comme objectif que 2 millions de vélos soient assemblés en France en 2030. Souhaitant apporter sa pierre locale à cet édifice national, l’ambition commune entre la ville de Tours et Cyfac sera de développer un véritable pôle vélo d’excellence, porté par l’expertise des artisans de Cyfac et réunissant le maximum d’entreprises autour du vélo partageant les valeurs de productions locales, durables et éco-responsables.

Un changement de braquet

Cyfac déménage à Tours et lance son modèle carbone Paradox
Aymeric Le Brun reçoit les clés de ses nouveaux locaux de la main du Maire de Tours, Emmanuel Denis – photo Matos Vélo

La Ville de Tours et la Société d’Équipement de Touraine (SET), avaient annoncé à l’occasion du Congrès de la Fédération Française des Usagers de la Bicyclette (FUB) – qui s’est déroulé au Palais des Congrès, à Tours, en février 2022 – son ambition de créer un pôle d’entreprises et porteurs de projets autour de la filière vélo dans le quartier du Menneton sur les bords du Cher. Dans le cadre de son développement et de sa course en tête du peloton du vélo artisanal made in France, Cyfac avait confirmé son souhait de s’inscrire dans ce futur écosystème autour du vélo. De nombreux échanges, rencontres et discussions passionnés ont eu lieu avec le Maire de Tours ces derniers mois, sur la structuration de la filière vélo à Tours et sur les belles perspectives et évolutions futures du Vélo Made in Tour(s)aine !

Une entreprise spécialiste de l’insertion par l’activité économique partagera les locaux pour re-conditionner des vélos à assistance électrique. Le déménagement se fera donc en plusieurs phases. L’objectif sera de transférer sur le premier trimestre 2023 l’activité ORTLIEB, marque allemande et leader sur le marché de la bagagerie de vélo étanche, dont CYFAC est le distributeur depuis plus de 10 ans. C’est sur le second semestre 2023 que les activités de fabrication, peinture et montage rejoindront le quartier du Menneton. La volonté de l’entreprise sera d’être 100% tourangelle en 2024.

Les anciens locaux de la société MELTIS vont accueillir CYFAC
Les anciens locaux de la société MELTIS vont accueillir CYFAC en 2023

C’est donc dans les anciens locaux de la société MELTIS et facilité par le travail de la SET que Cyfac occupera ici une surface de 2000 m2.

Un déménagement programmé à Tours

Je ne vais pas vous retracer l’histoire de Cyfac, un article entier n’y suffirait pas, tant les anecdotes sont nombreuses et parfois croustillantes. J’ai eu l’occasion de visiter en voisin les locaux de la Fuye à plusieurs reprises. C’est toujours un plaisir de fouler ces locaux historiques, situés en pleine campagne tourangelle. Pour ceux qui ne connaissent pas bien l’histoire de cette entreprise artisanale mythique, classée Entreprise du Patrimoine Vivant, je vous invite à relire notre test des Gravel Hansel et Gretel qui annonçait le renouveau de la marque emblématique Meral, elle-même à l’origine de la naissance de Cyfac.

Une nouveau venu dans l’atelier de la Fuye… Le Paradox prépare ses valises pour Tours en 2023, photo Peter Skelton

Ces dernières années, et depuis ma dernière visite en 2018, j’ai vu l’entreprise grandir. D’abord en doublant presque ses effectifs, passant de 12 salariés à 21 grâce au développement de ses activités : cadres acier, cadres et tandem carbone sur mesure, service “Paint by Cyfac”, petite série avec Meral, distribution de la marque Ortlieb en France… Mais également la réalisation de cadres pour le lancement de marques de qualité et désormais établies dans le paysage vélo français : Wish-One et Dilecta en particulier. Plus récemment, Cyfac remportait le Concours de Machines à Roubaix avec son vélo Paradox utilisant des solutions techniques originales et novatrices.

Cyfac va s'installer à Tours
L’équipe est passée de 12 salariés à 21 grâce au développement de ses activités – photo Cyfac

Pas de crise de la quarantaine chez Cyfac donc, mais de nombreux changements et évolutions annoncés, déjà entamés depuis quelques années et qui vont se poursuivre. Le truculent quadragénaire (lui aussi !) Aymeric Le Brun, chef d’orchestre de Cyfac depuis 2002, a donc fêté ses 20 ans à la tête de l’entreprise. Patrick a eu l’occasion de l’interviewer lors de cet événement sur les évolutions à venir. À écouter dans ce Bla Bla #55 :

Certes les ateliers de la Fuye font partie de l’histoire de la marque. Mais il devenait nécessaire d’envisager un déménagement dans des locaux plus adaptés à la croissance de l’entreprise. Difficile de pousser les murs, l’espace était déjà contraint ! Les nouveaux locaux permettront d’optimiser les flux, l’organisation et les postes de travail. Les conditions de travail en seront améliorées. De plus, pour attirer et garder les jeunes talents, la ville de Tours, distante de 35 km de la Fuye, sera plus attractive en termes de localisation géographique.

Le Paradox, le carbone français sur-mesure by Cyfac

Seconde bonne nouvelle, la conception et la fabrication d’un cadre carbone 100% français réalisé avec des tubes carbone produits à moins de 250 km de Cyfac par l’Atelier des Composites. Avec ce nouveau modèle, Cyfac présente un cadre résolument moderne intégrant de nouvelles caractéristiques, tout en s’appuyant sur un savoir-faire artisanal d’excellence.

Une nouveau venu dans l'atelier de la Fuye
La réalisation de ce cadre aura nécessité plus de 18 mois d’études et de développement – photo Cyfac

Le Made in France et le sur-mesure n’auront jamais été aussi poussés pour un cadre 100% carbone. D’un point de vue fonctionnel, le Paradox sera compatible avec la totalité des systèmes de transmissions du marché, quels que soient les dentures, les plateaux, le type de freinage ou la technologie du changement de vitesse. La réalisation de ce cadre aura nécessité plus de 18 mois d’études et de développement. Un partenariat étroit pour la fabrication des tubes avec un expert français dans l’industrie du cycle et du carbone et un choix spécifique des fibres ont ainsi permis de concevoir un cadre d’une grande robustesse, tout en optimisant son poids, réduit de 19% par rapport à un Absolu V3.

Fidèle à son attachement au sur-mesure, Cyfac proposera au client une géométrie et un cahier des charges totalement personnalisable permettant de maximiser le confort ou d’accroître la rigidité. Le Paradox garantit donc une compatibilité maximale avec les standards du marché pour offrir aux clients la plus grande liberté possible.

Le process de fabrication du Paradox

La technique utilisée par Cyfac, s’appuie sur un montage par stratification de différents tressages de carbone. Patrick avait testé le Méral Louison conçu de la même manière mais avec des tubes et éléments qui n’étaient pas français. Les tubes pour ce modèle Paradox sont fabriqués par l’Atelier des composites. Le “kit” de tubes fabriqués selon les critères définit par Cyfac en fonction de l’usage du vélo arrive à l’atelier de montage. Ils sont positionnés (pontés) sur une table de montage, sur laquelle les angles sont définis par rapport aux côtes du futur propriétaire de ce vélo. Après un collage de positionnement, un nappage des éléments réalisé par 3 couches la première en Kevlar et les 2 autres en carbone qui viennent stratifier les raccords.

Une nouveau venu dans l'atelier de la Fuye
Les parties carbone du Paradox sont pointées sur la table de montage – photos Cyfac
Une nouveau venu dans l'atelier de la Fuye
Le cadre en cours de finition – photo Cyfac

Le Paradox en détail

Une nouveau venu dans l'atelier de la Fuye
Le serrage du tube de selle est noyé, les bases arrières légèrement arrondies, les tubes de différentes formes et dimensions s’harmonisent pour créer un ensemble cohérent – photos Cyfac

Le résultat visuel de ce Paradox est plutôt réussi. L’aspect final laisse penser qu’il s’agit d’un cadre moulé. La finition élimine les raccords. Cette technique permet la réalisation d’un vélo totalement sur-mesure : positionnement des haubans, angles, taille, équipements… ce qui serait impossible avec des moules.

Cyfac déménage à Tours et lance son modèle carbone Paradox
Le Paradox – photo Cyfac

Cyfac a confié le premier test de ce « vélo mystère » à Matos Vélo qui a eu la primeur d’essayer ce nouveau vélo d’exception. D’autres suivront et on vous dévoilera les caractéristiques techniques de ce nouveau cadre dès que nous les aurons.