Comme tous les cyclistes, nous constatons l’accroissement des comportements dangereux sur les routes, que les automobilistes ont de plus en plus de mal à partager avec nous. Bien souvent, celui ou celle qui est sur le vélo est considéré comme un “promeneur” anachronique, sur des routes qui appartiendraient exclusivement aux voitures. Le vélo est pourtant un moyen de transport et son intégration à une circulation, routière ou urbaine, est à considérer. Pour le vélo, le danger vient souvent de ses arrières. Depuis 2015, Garmin propose un système d’alerte basé sur un radar qui détecte l’approche de véhicules et qui analyse leur comportement afin de déclencher une alerte pour le cycliste, qui n’a pas des yeux dans le dos. Nous l’utilisons pour nos trajets, voici un reportage qui le prouve. (photo de couverture Philippe Aillaud – photos de l’article Philippe Aillaud, Colin Gosse et Matthieu Amielh)
Les Grands reportages sont des commandes passées à l’équipe rédactionnelle de Bike Café par des marques qui souhaitent présenter leurs produits (vélos, équipements, vêtements ou accessoires) dans un contexte original. Ce grand reportage a été réalisé avec le soutien de Garmin France.

Depuis son lancement en 2015, des cyclistes ont choisi la solution Varia de Garmin, pour protéger leurs arrières. Pour illustrer l’usage que nous en faisons au Bike Café, nous avons réalisé ce reportages qui relate un déplacement pour une réunion de travail de l’équipe. Patrick utilise son Varia RTL500 appairé au boitier RDU (matériel qui a 8 ans) et Matthieu le modèle actuel le RTL515 appairé à son Edge 1040. Il s’agit dans ce sujet, d’un grand trajet en mode Vetotaf en campagne et en ville. Nous sommes dans les Bouches-du-Rhône, une région où les déplacements à vélo ont du mal à trouver sereinement leur place. Pistes de bord de route mal entretenues, comportement parfois agressif des automobilistes, voies étroites parfois bordées de platanes : le contexte n’est pas favorable à l’adoption du vélo comme mode de déplacement.
Il était une fois Varia
C’est en 2015 que Patrick découvre le radar Varia dans sa première version RTL500. Nous étions alors parmi les premiers média à tester ce produit révolutionnaire, issu du rachat début 2015 par Garmin de la start-up iKubu, qui avait développé un prototype. Huit mois plus tard, en septembre, Garmin lançait ce Varia suite à cette acquisition et nous le testions en octobre. Dans son test à l’époque, Patrick disait :
“C’est sur la route que j’ai trouvé son utilisation la plus intéressante. Si vous êtes cyclistes, vous connaissez tous l’état lamentable de nos pistes cyclables qui ne sont que des « bas-côtés » dépotoirs de la chaussée. Il peut être agréable d’emprunter la voie réservée aux autos qui est plus roulante dès lors que le voyant du RDU Varia est au vert. À l’approche d’un véhicule, vous aurez le temps de revenir vous protéger sur la piste cyclable.”

Déjà très au point il y a 8 ans, le Varia a reçu au fil des années des améliorations et les dernières versions RTL515, utilisée par Matthieu, et le RCT715, avec une caméra intégrée, illustrent les bénéfices de cette longue expérience. C’est également sur la route et dans la traversée de villes, que nous avons décidé d’utiliser Varia.

Appairer le Varia RTL515 avec l’Edge 1040 Solar est très facile et ne prend quelques secondes : il suffit d’allumer l’éclairage/radar, vérifier qu’il clignote en bleu au niveau de sa LED, indiquant qu’il communique en ANT+ avec le GPS et sélectionner “Ajouter un nouveau capteur” sur le GPS, l’appairage est effectué.

Surveiller ses arrières
Cette expression, issue de principes militaires, prend un véritable sens pour le cycliste qui ne voit pas le danger arriver par derrière. Majoritairement, l’antagoniste heurte le cycliste par l’arrière, comme cela a été constaté par différentes études des accidents routiers.
Les routes anxiogènes des Bouches-du-Rhône
Pour nous rendre en ligne directe à Mouriès, où nous avions rendez-vous, nous n’avons pas le choix. Il faut emprunter, au départ d’Éguilles – le fief de Bike Café – la D17 (1) qui est une des plus périlleuses routes des Bouches-du-Rhône. Cette départementale avait été le lieu d’un drame il y a un peu plus de 2 ans avec le décès d’un cycliste, heurté de plein fouet par une automobiliste dépassant sans aucune visibilité. Le second cycliste avait été épargné mais marqué à vie par ce type d’accident, de plus en plus fréquent.
C’est également une des plus belles route de la région qui traverse de magnifiques paysages. Cela augmente les risques, en détournant l’attention des conducteurs contemplatifs de l’environnement. Cette RD17, qui traverse les Bouches-du-Rhône, s’étire d’Arles à Puyloubier, jusqu’à la frontière avec le Var. Elle traverse en ligne droite les Alpilles, puis serpente dans la trépidante ville de Salon-de-Provence, pour nous conduire ensuite sur Aix-en-Provence, où elle porte le nom de “route Cézanne” au pied du massif de la Sainte Victoire. Elle s’arrête finalement dans les vignes du Var, où elle devient la D57D. Les parties historiques de cette route, anciennement voie romaine, et la traversée de villages provençaux font qu’elle est naturellement étroite, ce qui accentue sa dangerosité.




Dès le départ sous la grisaille, nous abordons la partie la plus fréquentée par les voitures entre Aix-en-Provence et Salon-de-Provence. Nous passons le dangereux croisement des 4 Termes, franchissons le petit pont qui permet de laisser passer une seule voiture à la fois, pour plonger vers Pélissanne où nous zigzaguons dans la vieille ville, pour trouver la sortie vers Salon.

Le radar Varia est particulièrement efficace sur les routes étroites de cette D17. Il signale la voiture qui arrive mais prévient également si elle est suivie par une autre ou plusieurs. Le réflexe du cycliste est de se serrer à droite à l’approche d’un véhicule et une fois celui-ci passé, il a tendance à reprendre sa place et c’est à cet instant que le second véhicule, souvent collé au précédent, risque de le faucher. Varia permet d’éviter cette situation.





En ville, le système est intéressant, mais notre attention en éveil permanent prend le pas sur l’assistance radar. La traversée de Salon sous la pluie a été relativement sûre. Par contre, les pistes cyclables urbaines sont ici par endroit plutôt délabrées.




La sortie de cette grande ville nous conduit vers Eyguières et la D17 s’élargit, avec ce que l’on observe beaucoup dans notre département : une piste faite d’un revêtement d’une autre couleur, plus rugueux et généralement dégradé. Cette bande latérale est souvent jonchée d’objets qui peuvent aller des enjoliveurs de roues en quête de liberté et surtout de branches tombées des arbres lors des fréquents épisodes de grand vent. Dans ce contexte, Varia est particulièrement intéressant car il permet au cycliste de rouler sur la chaussée des voitures lorsque la voie est libre, pour revenir à l’abri de la piste dès que le radar l’alerte de l’arrivée sur ses arrières d’un ou plusieurs véhicules. C’est également un moyen pour nous de rouler côte à côte pour échanger un peu lors de notre long périple.
Sur le vélo de Matthieu, le couplage du Varia RTL515 avec le GPS Garmin Edge 1040 Solar, permet de concentrer toutes les informations sur le même écran. Il est également facile de personnaliser le réglage du radar à sa convenance.



Sur le modèle “historique” de Patrick, les alertes du radar apparaissent sur un dispositif RDU posé sur le guidon. Ces deux générations montrent l’évolution et l’intégration qui a été réalisée en 8 ans. Pareil pour le feu arrière : alors que le feux du RTL500 de 2015 est plutôt discret, celui du RTL515 est visible de très loin.

Arrivés à Mouriès, nous retrouvons nos associés pour notre réunion autour d’un bon repas. Après ces kilomètres en partie sous la pluie nous avons besoin de recharger les batteries pour le retour.




Nous aurions pu choisir de faire le retour sur la même route, mais comme le but de cette sortie de 100 km était de valider la pertinence de ce système, nous avons pris l’autre route possible en plongeant par la D5, vers la D113, qui est une ancienne nationale déclassée en 2006. Cette route est généralement évitée par les cyclistes. Elle longe l’autoroute et reçoit un trafic alternatif à la A54 qui est payante. Après Salon, que nous allons à nouveau traverser en passant par la gare, nous prendrons la D572 (2), assez large, car c’est également une ancienne nationale. En fin d’après-midi, cette partie qui longe La Barben pour arriver à Saint-Cannat est peu empruntée et le soleil est revenu après cette journée bien grise.
Le bilan de cette journée sous les radars

On peut regretter d’être obligé d’avoir recours à des systèmes qui répondent à un comportement agressif qui ne devrait pas exister. Il faudrait remonter aux causes d’un mal sociétal installé depuis la généralisation du “tout-voiture”. L’Espagne, où le cycliste est mieux considéré par les autres usagers de la route, a pris ce virage. Il y a beaucoup de travail encore à faire du côté des aménagements routiers. En attendant que les mentalités et les infrastructures évoluent, Varia est une réponse intéressante. On peut se contenter d’un rétroviseur, il en existe désormais des modèles adaptés au vélo, et ajouter un petit feu arrière rouge clignotant. Mais Varia apporte un plus en concentrant le regard du cycliste sur un seul point sur son guidon et avec l’avantage de détecter les dépassements multiples.
Un autre avantage du Varia est qu’il tranquillise le cycliste qui souhaite consulter son téléphone ou fouiller dans une poche arrière. Qui, dans ce cas, n’a jamais fait d’écart sur la route, involontairement ? Grâce au Varia, vous pouvez choisir le bon moment pour sortir votre smartphone ou saisir une barre pour vous ravitailler.

(1) Un peu d’histoire : la D17 ou RD17 que nous empruntons pour nous rendre dans les Alpilles est issue du chemin vicinal de grande communication n° 5, ou Gc5 (13) (créé en 1836), allant d’Arles à Salon, par Fontvieille, Maussane, Mouriès et Eyguières. Elle reprend le tracé du chemin vicinal d’intérêt commun n° 10, ou Ic10 (13) (créé en 1885), allant de Venelles à Éguilles et à Aix, et celui de l’Ic35 (13) allant d’Aix au département du Var. Sur plusieurs sections, notamment entre Arles et Mouriès, ainsi qu’entre Pélisanne et Eguilles, il reprend le tracé de la Via Aurelia. Depuis le 1er janvier 2017, le tracé situé sur le territoire de la Métropole d’Aix-Marseille-Provence reste exploité par convention par le département des Bouches-du-Rhône (13).
(2) Un peu d’histoire : La RN 572 à sa création, en 1933, est définie comme la route qui va de Montpellier à Aix-en-Provence. En 1949, la section Arles – Salon-de-Provence a été reprise par la RN113. En 2006, l’intégralité de la route nationale 572 a été déclassée dans le réseau départemental, à l’exception du morceau de voie rapide (sortie 3 et 4) dans la continuité de l’autoroute A54 et de la RN113.






























































































































